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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 02:00
A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Lorsque le corps expéditionnaire siamois débarqua à Marseille le 30 juillet 1918, le sort de la guerre était déjà joué après l’échec de l’offensive allemande du printemps qui faillit bien changer le cours des événements malgré l’arrivée massive des Américains. Il n’en était de loin pas de même lorsqu’un an plus tôt le roi prit la décision de faire entrer son pays en guerre. La contribution de Siam fut certes mineure en termes d'effectifs envoyés au front, ne comprit pas de pertes au combat mais constitua cependant une étape cruciale dans la longue route de l’admission du Siam dans ce qu’il est convenu d’appeler « le concert des nations ». Le prix à payer fut celui de 19 morts, tous de jeunes hommes, tous volontaires, membres de la force expéditionnaire envoyée en France par le roi Rama VI en 1918. Leur souvenir perdure gravé dans la pierre du « monument des militaires volontaires » (อนุสาวรีย์ ทหาร อาสา anusawari thana asa) situé au centre de Bangkok, à l'angle nord-ouest de Sanam Luang (สนามหลวง – « le terrain royal »).

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Ce monument est un chedi à quatre faces en pierre blanche polie. Selon l'enseigne historique située à proximité, a été conçu par สมเด็จพระเจ้าบรมวงศ์เธอ เจ้าฟ้าจิตรเจริญ กรมพระยานริศรานุวัดติวงศ์ (Somdet Phrachao Borommawong Thoe Chaofa Kromphraya Naritsara Nuwattiwong), demi-frère du roi Rama VI plus connu sous le nom de Prince Narit

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

… qui voulut ou aurait voulu en faire en faire  « un stupa bouddhiste Srivijaya » et « un hymne artistique au militarisme », ce que ne traduisent d’ailleurs pas les inscriptions. Les cendres de dix-neuf morts ont été inhumées dans les fondations du monument par le roi Rama VI le 24 Septembre 1919, trois jours après le retour du corps expéditionnaire de France.

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Il fut dévoilé au public le 22 Juillet 1921, jour du quatrième anniversaire de la déclaration guerre, en présence de plusieurs pilotes français venus de Saigon pour y déposer des couronnes (2). Il est gravé sur chacune de ses quatre faces, la face nord et la face sud expliquent l'histoire de la participation de Siam à la Première Guerre mondiale, en particulier l'envoi en France d’un corps expéditionnaire de 1.300 hommes (en réalité, 1284). Les deux autres faces répertorient le nom de ces 19 morts mais à l’inverse de la plupart des monuments commémoratifs français (et occidentaux) sur lesquels les morts sont répertoriés par ordre alphabétique indépendamment de leur grade…

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

… il les répertorie par ordre hiérarchique décroissant et au sein de chaque rang, dans l’ordre chronologique de leur disparition.

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Face sud

 

 

 

Il y est rappelé que le 22 juillet 1917 le roi
« Phrabatsomdet Phra Ramathibodhi Sisintaramaha Vajiravudh Phra Mongkut Klao Chaoyuhua » a ordonné à son ministre des armées de déclarer la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie, deux pays qui sont, depuis le 1er Août 1914, en guerre avec les pays formant les puissances alliées, dont l'Angleterre, la France, la Russie, la Belgique et la Serbie rejoints plus tard par l'Italie et les pays d'Amérique du Nord. Le roi a estimé en effet que l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie ignoraient les lois de la guerre et menaient les combats de manière immorale et qu’il voulait veiller au respect de ces normes considérées comme sacro-saintes et s'est donc opposé à ceux qui combattaient de la sorte. Le 21 septembre 1917, le roi a ordonnéau ministre de la Guerre de faire appel à des volontaires pour rejoindre la guerre qu’il menait en en Europe. Il y eut beaucoup de volontaires, militaires et civils, en sorte que les officiers purent effectuer une sélection en fonction des besoins. Après cette sélection, fut formée une unité d’aviation, une unité d’automobilistes et une unité médicale, envoyées comme contribution du Siam à la Grande Guerre.  Le 19 Juin 1918 les soldats quittèrent Bangkok par bateau en direction de l'Europe. Ils débarquèrent à Marseille, le 30 Juillet sur un vaisseau anglais « Empire ».

La transcription phonétique des noms de lieux en caractères thaïs est parfois (plus pour les noms français que pour les noms allemands) plus ou moins fantaisistes (3). Les dates sont évidemment données en années de l’ère bouddhiste, nous les donnons selon l’ère chrétienne.

 

Face sud

 

Il y est rappelé que le 22 juillet 1917 le roi
« Phrabatsomdet Phra Ramathibodhi Sisintaramaha Vajiravudh Phra Mongkut Klao Chaoyuhua » a ordonné à son ministre des armées de déclarer la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie, deux pays qui sont, depuis le 1er Août 1914, en guerre avec les pays formant les puissances alliées, dont l'Angleterre, la France, la Russie, la Belgique et la Serbie rejoints plus tard par l'Italie et les pays d'Amérique du Nord. Le roi a estimé en effet que l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie ignoraient les lois de la guerre et menaient les combats de manière immorale et qu’il voulait veiller au respect de ces normes considérées comme sacro-saintes. Il s’est donc opposé à ceux qui combattaient de manière immorale. Le 21 septembre 1917,
le roi a ordonné au ministre de la Guerre de faire appel à des volontaires pour rejoindre la guerre qu’il menait en en Europe. Il y eut beaucoup de volontaires, militaires et civils, en sorte que les officiers purent effectuer une sélection en fonction des besoins. Après cette sélection, fut formée une unité d’aviation, une unité d’automobilistes et une unité médicale, envoyées comme contribution du Siam à la Grande Guerre.  Le 19 Juin 1918 les soldats quittèrent Bangkok par bateau en direction de l'Europe. Ils débarquèrent à Marseille, le 30 Juillet sur un vaisseau anglais « Empire ».

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Ensuite, les groupes ont été séparés pour suivre une formation continue dans différentes villes.

 

Face nord

 

… Puis le 14 octobre 1918 le corps des automobilistes a été envoyé au front. Du 26 au 31 octobre ils ont assisté les troupes françaises dans une zone soumise à un fort bombardement d'artillerie. Ils l'ont fait avec tant de courage que le gouvernement français leur a accordé un emblème pour leur pavillon : Cet emblème a été appelé la Croix de Guerre.  

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Quand l'ennemi a été vaincu et qu’a été signé l'armistice le 11 Novembre, les puissances alliées occupèrent  la rive gauche du Rhin en Allemagne. Le corps de transport du moteur a été adjoint aux forces alliées. Ils sont restés en territoire ennemi jusqu'à la signature du traité de paix (de Versailles) le 24 Juin 1919. Mais l'escadron d'aviation n'a pas vu le combat faute d’avoir pu terminer sa formation avant la défaite ennemie.  Les aviateurs sont revenus au Siam et sont arrivés à Bangkok le 1 mai 1919. Le corps des transports à moteur est arrivé à Bangkok le 21 Septembre 1919, et le roi leur a remis la médaille de l'Ordre de Rama pour les récompenser de leur bravoure (4).

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Ce monument porte le nom des volontaires qui se sont joint à la « guerre du roi » (พระราช สงคราม Phrarat Songkhram). Deux d'entre eux sont morts avant de quitter Bangkok, les autres sont morts en Europe en service actif. Ils ont donné leur vie pour le roi et pour le prestige de la force des thaïlandais et du Siam et pour faire respecter la morale internationale. C’est pourquoi ce monument a été érigé à contenir leurs cendres en sorte que tous les Thaïlandais puissent se souvenir d’eux et suivent leur exemple à perpétuité.

Leurs cendres ont été enterrées ici le 24 Septembre 1919.

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Face ouest

 

Y sont gravés les noms de :

1 - สงวน ทันด่วน le lieutenant (chef d’escadrille) Sanguan Thanduan, né le 11 décembre 1894 et mort à la base de Don Muang avant le départ, le 11 février 1918.

2 - สังข์อยุทธ le sergent-major Yuean Sangayut né le 29 février 1897, mort à l’hôpital américain de Paris le 15 février 1919.

3 - อิศรเสนา ณกรุงเทพ le sergent-major Isarasena Nakrungthep, né le 31 octobre 1893, mort  « dans la rue » (accident ?) à Neustadt (Allemagne) le 4 mars 1919 (5).

4 - เจริญ พิรอด le sergent-major Charoen Phirotm né le 4 avril 1892, mort à l’hôpital de  Godramstein (Allemagne) le 26 janvier 1919 (6).

5 - ปุ้ย ขวัญยืน le sergent Pui Khwanyun, né le 8 avril 1898, mort le 22 janvier à l’hôpital de  Mußbach (Allemagne) le 22 janvier 1919 (7).

6 - นิ่ม ชาครรัตน le caporal des lanciers Nim Chakhrirat, né le 21 novembre 1891, mort à l’hôpital américain de Paris le 2 février 1919.

7 - ชื่น นภากาศ le caporal des lanciers Chuen Naphakat, né le 21 juillet 1898, mort à l’hôpital de Marseille le 6 avril 1919.

8 – ตุ๊ le soldat Tu  sans nom de famille (8) né le 4 juillet 1898 et mort à l’hôpital Chulalongkornm lui aussi avant le départ, le 1er mars 1918.

9 - ซั้ว อ่อนเอื้อวงษ์ le soldat Chua Onueanwong,  né le 11 juin 1894 et mort à l’hôpital de Châlons le 21 octobre 1918 (9).

 

Face Est

 

10 - พรม แตงเต่งวรรณ le soldat Phrom Taengtengwan, né le 4 mars 1895 et mort le 14 novembre 1918 dans un garage (accident ?) à Jubécourt (10).

11 – ชุก พ่วงเพิ่มพันธุ์ le soldat Suk Phuangphoemphan, né le 17 mai 1896 et mort à Neustadt (Allemagne) le 29 janvier 1919.

12 - เนื่อง พิณวานิช le soldat Nueang Phinwanit, né le 5 janvier 1898 et mort à l’hôpital militaire d’Avord le 3 février 1919.

13 - นาค พุยมีผล  le soldat Nak Phuimiphon, né le 8 juillet 1897 et mort à l’hôpital de Neustadt (Allemagne) le 6 février 1919.

14  -  บุญ ไพรวรรณ le soldat Bun Phraiwan , né le 8 juin 1892 et mort à l’hôpital américain de Paris le 7 février 1919.

 15 - โป๊ะ ชุกซ่อนภัย le soldat Po Suksonphai, né le 10 juin 1895 et mort à l’hôpital américain de Paris le 7 février 1919.

16 - เชื่อม เปรมปรุงใจ le soldat Chueam Premprungchai, né le 10 octobre 1896 et mort à l’hôpital américain de Paris le 9 février 1919.

17 -  ศิลา นอมภูเขียว le soldat Sila Nomphukhiao, né le 26 août 1894 et mort à l’hôpital de Neustadt (Allemagne) le 2 mars 1919.

18 - ผ่อง อมาตยกุล le soldat Phong Amatayakun, né le 1er février 1894 et mort à l’hôpital de Geinsheim (Allemagne) le 29 avril 1919 (11).

19 - เปลี่ยน นุ่มปรีชา le soldat  Plian Numpricha, né le 19 mars 1896 et mort à l’hôpital de Landau (Allemagne) le 13 juin 1919 (12).

 

***

 

Curieusement, il n’y a pas d’officiers de rang supérieur, un seul officier subalterne (Lieutenant- chef d’escadrille), cinq sous officiers et de simples soldats. Le plus jeune de tous était âgée de 19 ans et 8 mois et le âgé de 27 ans et 2 mois, un âge moyen de 23 ans 5 mois.Deux d’entre eux sont morts à Bangkok au cours de la formation précédant le départ (le lieutenant Sanguan Thanduan et Tu, le soldat sans nom. Neuf sont morts en France sauf une dans des hôpitaux et huit sont morts en Allemagne partie dans des hôpitaux. Tous sont morts après que le clairon de la victoire ait sonné l’armistice, sauf le soldat Chua Onueanwong,  mort loin du front à l’hôpital de Châlons le 21 octobre 1918. On peut penser que ceux qui sont morts en dehors des hôpitaux le furent d'accidents et les autres d’accident ou de maladie. Ils eurent probablement tous des difficultés à supporter le climat de l’hiver 1918-1919 en France et plus encore en Allemagne ?

 

***

La presse thaïe a annoncé enfin la disparition le 9 octobre 2003 à 106 ans à l’hôpital de Phitsanulok de Yod Sangrungruang,  le dernier vétéran volontaire qui a tardivement (en 1999 mieux valant tard que jamais) été décoré de la Légion d'Honneur (13) par l'ambassadeur de France en Thaïlande, Gérard Coste, dans sa ville natale de Phitsanulok.

 

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Né en 1897, engagé volontaire à 20 ans, il servit jusqu’à la fin de la guerre comme mécanicien d’aviation. Il revint dans son pays en juin 1919. Notons que cette décoration lui procura le bénéfice de l’allocation annuelle au simple légionnaire d’un peu plus d’un peu plus de 6 euros par an.

***

Il existe enfin un autre monument aux morts de la Première Guerre mondiale, celui de Don Muang au nord de l’aéroport (อนุสรณ์ สถาน แห่ง ชาติ - Anuson Sathan Haeng chat).

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Il existerait aussi un autre petit monument aux victimes de la guerre devant le QG 4ème Division d'infanterie à Phitsanulok (14).

 

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Le ministère thaï de la défense détient probablement les dossiers des membres du corps expéditionnaire. La liste des membres du contingent siamois se trouve par ailleurs aux archives militaires de Vincennes. Il dort certainement dans les familles des trésors de correspondances et de photographies … Le centenaire de la déclaration de guerre est intervenu en 2014 et l’on pouvait espérer que des historiens thaïs établissent l’historique de la participation du Siam à la guerre, la liste de ceux qui ont servi, leurs états de service, les causes réelles de la mort des 19 soldats figurant sur le monument… leurs souvenirs, un aspect plus humain que la sécheresse des inscriptions lapidaires et des larmoyantes et pathétiques déclarations officielles : « Ah les braves petits Siamois, qui dira tout le courage, toute l’endurance, tout le désintéressement caché dans le sourire de leurs dents blanches dont ils ont fait preuve. Aucun effort ne leur coûtait, aucune difficulté ne pouvait les arrêter. Ils seraient morts à la tâche plutôt que de faillir et, de fait, ils ont laissé là-bas pas mal des leurs… » (15). Un travail qui reste à faire (16) !

 

Notes

 

Les photos anciennes sont extraites du site http://www.thainationalmemorial.org/3_1_1.html

***

(1) Notre article 169 « Le Siam participe à la première guerre mondiale ».

(2) Il figure sur une première série de timbres-poste mise en circulation le 1er juin 1943

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

et sur une autre imprimée – était-ce un symbole - entre le 15 janvier et le 4 mars 1944 célébrant l'annexion par la Thaïlande de plusieurs Etats malais pendant la Seconde Guerre mondiale, toutes deux de qualité médiocre.

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(3) ainsi Avord devient อาวอด์ Awon,  Châlons est  ชาลองส์ Chalong, Landau est plus correctement transcrit ลันเดา Landao. Ne cherchez pas Marseille, c’est มาร์เซย Masoei. Neustadt devient นอยสตัดท์ Noisatat et Jubécourt est transformé en
ยูเบครูต์ Youbékhrou. Geinsheim  est un curieux ไกนะชายม Kainachayom. Godramstein est transformé en un tout aussi singulier กอรัมสติน Kodramsatin et pour en terminer,  Mußbach est devenu มสสบัฆ Motsabak.

(4) Cet ordre a été créé par le roi Rama VI en Avril 1918 a également été décerné aux maréchaux Foch, Pétain et Douglas Haig.

(5) Neustadt est une extension de la ville de Strasbourg voulue par Guillaume II et promue après l’annexion de 1870 capitale du « Reichsland Elsaß-Lothringen ».

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(6) Godramstein est une ville de la Rhénanie occupée par les alliées et située au bord du Rhin.

(7) Mußbach est également une ville de Rhénanie située au bord du Rhin.

(8) Nous savons par notre article 169 (« RamaVI crée l’état civil siamois ») que si l’utilisation d’un nom de famille devint obligatoire en 1913, l’usage ne se généralisa que bien plus tard.

(9) Châlons (en Champagne) était et est toujours le siège d’un important camp militaire. Elle garde le souvenir de l’occupation allemande en septembre 1914 au cours de laquelle cinquante mille bouteilles de vin de Champagne disparurent des maisons de champagne de la rive gauche. L’hôpital était spécialisé dans le traitement des maladies contagieuses.

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(10) Jubécourt,  petite commune de la Meuse aujourd’hui rattachée à Clermont-sur-Argonne, est située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Verdun.

(11) Geinsheim est un écart de Neudstadt.

(12) Landau dans le Palatinat occupé est le capitale des fameux vins du Rhin.

(13) « The Nation » du 10 octobre.

(14) Selon « THE INSCRIPTIONS ON THE FIRST WORLD WAR VOLUNTEERS MEMORIAL, BANGKOK », article de Brendan and Suthida Whyte, in « Journal of the Siam society », 2008, volume 96.

(15) Article dans « Le Gaulois » du 22 janvier 1919.

(16) Sur le plan purement militaire, nous avons quelques précisions dans un article de Hart Keith (« A NOTE ON THE MILITARY PARTICIPATION OF SIAM IN THE FIRST WORLD WAR » publié en 1982, volume 70 du Journal de la Siam society. Il nous laisse toutefois un peu sinon beaucoup sur notre faim. L’auteur affirme que « comme tous les autres états du monde » le roi fut « outré » de la guerre sous-marine totale décrétée par l’Allemagne en février 1917.  C’est une affirmation un peu hâtive puisque Guillaume II souhaitait rompre le blocus dont son pays était l’objet et que les Anglo-américains ne firent pas mieux après eux (et pire lors de la seconde guerre mondiale). N’épiloguons pas. Les alliés reprochèrent avec véhémence aux Allemands du torpiller des navires battant pavillon neutre. Les Allemands rétorquaient que ces bâtiments étaient en réalité affrétés pour transporter subrepticement des armes et des munitions en direction des ports alliés, les civils n’étant que des « boucliers humains » et que ces torpillages étaient conformes aux « Lois de la guerre ». Ce n’était probablement pas faux, notamment pour le fameux Lusitania  …..

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… dont les cales auraient été bourrées de quelques dizaines de tonnes de munitions et d’explosifs … Mais la mauvaise foi (démontrée en l’occurrence et dans ce cas précis)  est toujours du côté des vaincus Vae Victis !

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La première conséquence de la déclaration de guerre siamoise en juillet 1917 fut de s’emparer des navires allemands réfugiés dans les ports siamois, de rassembler les ressortissants des pays belligérants (Allemands et Autrichiens), de mettre leurs biens sous séquestre et de les interner au Siam avant de les envoyer aux Indes, l’auteur ne nous dit pas dans quelles conditions ? Le Siam lança ensuite un « appel aux volontaires » tout en prenant la décision d’entrer activement dans le conflit après avoir pris langue avec les autorités diplomatiques françaises de Bangkok. Un accord avait ou aurait été conclu pour que Bangkok envoie une unité de transports automobiles, une unité médicale et des aviateurs…

«  L’effort d'un peuple animé
par les plus hauts sentiments à l'égard de France
 »

… ce qui constitue peut-être une qualification un peu angélique ! Les volontaires se seraient alors présentés « par milliers », militaires et civils. Une première sélection fut opérée dans les premiers mois de 1918. 1.200 hommes, tous soldats professionnels (le chiffre exact reste aléatoire) ont ainsi été sélectionnés pendant que les autorités militaires françaises préparaient leur arrivée sur les conseils d’une une mission militaire de cinq hommes envoyée à Paris. Il fut convenu que les frais de transport seraient à la charge du Siam, que les unités seraient par contre nourries par les Français que Bangkok rembourserait « plus tard ». Il avait été précisé qu’aux rations de nos poilus serait ajouté le riz, nécessaire aux Siamois. Le contingent des aviateurs devait suivre un enseignement de pointe dans une base aérienne française et les forces terrestres envoyées directement à l’avant après avoir subi  une formation préliminaire.  La force aérienne était composée de 370 hommes dont 113 pilotes. Mais aucun d’entre eux n’était formé aux conditions des combats aériens et ils durent subir des contrôles médicaux « en vue de déterminer, plus précisément, si oui ou non ils étaient sensibles aux effets de vol à de grandes altitudes ». Il n’y avait pas de barrière linguistique puisque tous les pilotes du contingent parlaient français. Il fut donc décidé de les envoyer en formation à la base d’Istres.

 

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En ce qui concernait leur affectation ultérieure, et avant de les envoyer en première ligne avant de connaître leurs capacités, il fut envisagé de les placer sous le commandement de la marine au sein des escadrons de la côte soit de les envoyer sur des théâtres d’opération où l’altitude de vol est sans importance, c’est-à-dire en Afrique du nord (Algérie, Maroc, Tunisie). Les Siamois arrivèrent fin juillet 1918, les forces terrestres, équipés par les autorités militaires françaises, subirent « une brève formation » en furent envoyés directement à l’avant à la mi-septembre sous un uniforme kaki semblable à celui de l’armée britannique. Ils participèrent (comment ?) aux batailles de Champagne et d’Argonne où ils auraient servi d’ « excellente façon ». Cette force composée de 850 hommes, continue notre auteur – a eu 19 tués. Affirmation totalement fantaisiste puisque, nous l’avons vu, aucun des 19 morts du contingent n’a été tué au combat, que ceux qui sont morts en France sont morts dans des hôpitaux français (maladie ou accident) et les autres (neuf) en Allemagne après la fin des hostilités ! Les aviateurs de leur côté étaient prêts au combat et il fut décidé de les attacher à des escadrons français pour parfaire leur connaissance du combat aérien. Las ! Ils étaient en train de terminer leur formation lors de la signature de l’armistice et les forces aériennes siamoises n’eurent pas l’occasion  d’avoir leur Guynemer. Les aviateurs furent alors renvoyés dans leurs foyers et les troupes terrestres servir aux côtés de l’armée alliée d’occupation, essentiellement à Neustadt-sur-Arendt

 

A 176 - Le mémorial de Bangkok à la mémoire des 19 militaires siamois morts au cours de la grande guerre

Nous ne savons malheurement rien de la tâche accomplie par nos « braves petits Siamois » au sein de l’armée française d’occupation ? Comment étaient-il rémunérés et par qui, sous quel commandement étaient-ils placés ? Nous avons feuilleté les 19 exemplaires disponibles sur Internet du « Bulletin de l’armée d’occupation du Palatinat » (du 5 janvier au 11 mai 1919) sans y rien trouver au sujet des troupes siamoises. Il ne s’agit que de règlements d’ordre purement matériel (ravitaillement, régime postal, change des monnaies etc..) ou de consignes de bonne conduite données tant aux populations qu’aux troupes d’occupation. Les Siamois ne constituaient qu’une infime partie des troupes composées pour l’essentiel de quelques dizaines milliers de soldats des troupes coloniales (Sénégalais, Malgaches, Algériens et Marocains) qui ont laissé le triste souvenir de nombreuses exactions qui eurent un retentissement énorme dans la presse occidentale et largement amplifiées par la propagande nationaliste allemande. Pour ceux qui avaient passé quatre ans dans les tranchées, le plus souvent en première ligne, ce fut évidemment le « repos du guerrier ». Nous ne faisons pas de l’ « auto flagellation » dans la mesure où les exactions des armées allemandes dans la Belgique et le nord de la France occupés pendant quatre ans furent certaines. « Die schwarze schande » pour les Allemands, la « Honte noire » pour les français.

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PeNotons, à l’honneur de ces quelques centaines de volontaires siamois, que l’on ne parla pas de honte jaune, gelb schande.

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