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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 18:00
A182. Une journée d’élections peu ordinaire !

Nous sommes un soir du 15 novembre, un mercredi, la température est  clémente dans tout le pays. Il est 15 heures, les bureaux de votre viennent de fermer leurs portes et commence le dépouillement sous l’œil vigilant des scrutateurs des candidats. 1.773.532 électeurs se sont présentés aux urnes, 41.50 % des 2.339.963 titulaires du droit de vote. Hommes ou femmes, majeurs,  – les femmes ont le droit de vote – mais ils ont tous du justifier qu’ils savaient lire et écrire car il est tout de même normal que le choix des destinées d’un pays soit effectué par des citoyens ayant un minimum incompressible d’éducation ; on ne veut pas d’analphabètes. Dans chaque arrondissement nos électeurs (lettrés) ont élu leurs délégués qui se sont ensuite rendu au chef lieu des 70 provinces pour élire leurs représentants, un par province et deux si la population dépasse 150.000 habitants. Car le suffrage est universel, certes, mais à deux degrés (tout comme le scrutin de nos Etats généraux de mai 1789, le premier scrutin qui se soit déroulé, en France, au suffrage universel mais sans femmes tout de même). Nos délégués ou « grands électeurs » seront 5.036 pour élire leurs 78 représentants. Il y a pléthore de candidats mais ils sont tous « indépendants », pas d’étiquette de parti politique ou de comité électoraux et nul ne semble le regretter.

A182. Une journée d’élections peu ordinaire !

Ainsi donc, au jour et à l'heure fixés, candidats et électeurs se sont réunis dans un local mis gracieusement à leur disposition par l'administration, souvent une salle de cinéma lorsqu’il y en a une. La foule est d'ailleurs autorisée, dans la mesure des places disponibles, à entrer dans la salle comme pour un spectacle. Pas de campagne électorale, par de distribution de tracts, pas d’affichage, pas de bagarres entre colleurs d’affiches, pas de réunions « publiques et contradictoires », ça manque un peu d’animation mais on a ainsi évité beaucoup de perte de temps et de gaspillage d’énergie 

A182. Une journée d’élections peu ordinaire !

Il est donné à chaque candidat ou candidate, un quart d'heure, montre en main, pour exposer son programme. Des promesses ? Il ne doit évidemment pas en manquer (« demain ou rasera les hommes et on épilera les femmes gratis, promis, juré ») Quand tous ont parlé, on procède au vote, séance tenante, mais un temps raisonnable est laissé aux électeurs pour discuter ensemble ou avec les candidats. Inutile de perdre du temps en conciliabules ou vaines discussions politiques toujours stériles. L'heure de la clôture du scrutin a été indiquée d'avance. Le scrutin clos, les membres du bureau de vote ouvrent les urnes, comptent les voix et proclament l'élu : il n'y a pas ni ballottage ni second tour, le meilleur gagne. Une guirlande de fleurs est passée au cou du vainqueur. Tout se déroule dans cette atmosphère de placidité souriante et un peu narquoise qui se dégage de la population.

Dans la capitale, il y a eu pléthore de candidats. Dans l’un de ses gros faubourgs, 124 électeurs ont eu à choisir entre 13 candidats, dont une femme. Les voix se sont passablement divisées, puisque l'heureux élu n'a réuni que 34 suffrages sur 122 exprimés. En voilà un qui ne pèse pas bien lourd !

Parmi les 78 représentants ainsi très démocratiquement choisis par nos 5.036 grands électeurs, on comptera 18 petits fonctionnaires retraités, 15 avocats, 8 fonctionnaires retraités d'un rang moyen on supérieur, 3 révolutionnaires condamnés pour complot il y a vingt ans, 3 journalistes et 2 professeurs de condition modeste. C’est décidément, tout comme en France, la « république » des avocats et des instituteurs. Grace au ciel, nous n’y trouvons pas de rescapés de quelque haute école d’administration ou autre institut d’études politiques. 

A182. Une journée d’élections peu ordinaire !

Cet heureux pays n’en connaît pas. Mais face à cette piétaille élue au suffrage universel, nous trouverons 78 autres « représentants du peuple », 49 officiers (dont 19 capitaines, 28 officiers supérieurs et 2 officiers généraux) et 19 fonctionnaires (dont 11 de rang moyen et 8 de rang supérieur), 5 officiers sur les 49 appartiennent à la marine. Ceux-là ont été moins démocratiquement élus mais nommés directement par le chef d’état dont la voix pèse tout de même plus lourds que celle d’un grand électeur. A suivre la simple arithmétique, la voix du chef de la nation pèse 78 donc presque 65 fois plus que celle d’un « grand électeur » (5036 / 78 = 64,564), il faut tout de même respecter la hiérarchie !

A182. Une journée d’élections peu ordinaire !

Et voilà donc un harmonieux mélange de 156 représentants du peuple entre les mains desquels se trouvent désormais les destinées de tout un pays.

Mais pardonnez-nous, nous venons de nous apercevoir que nous avons oublié l’essentiel, cela ne s’est passé dans le royaume des Patagons dont nous n’avons pas vocation à écrire l’histoire, mais tout simplement il y a 82 ans au Siam le 15 novembre 1933.

Un peu moins de 11 mois auparavant, le pays avait été en effet, le 10 décembre 1932, doté de sa première constitution écrite, nous en fêtons toujours l’anniversaire tous les 10 décembre, le watthathamnoun (วันรัฐธรรมนูญ), le « jour de la constitution ». Nous reviendrons naturellement longuement sur cette constitution dont certains ne craignent pas de dire qu’elle a ouvert au Siam un processus « démocratique ». Il faut tout de même de temps à autre savoir ce que parler veut dire et faire la différence entre un régime constitutionnel et un régime démocratique ! Que les cendres de Jean-Jacques Rousseau s’éparpillent dans son cénotaphe. 

A182. Une journée d’élections peu ordinaire !

Elle est par contre un élément fondamental dans l’histoire ultérieure du pays, précédée d’une provisoire, elle fut suivie, jusqu’en 2014, de (sauf erreur mais erreur ne fait pas compte) de 17 autres.

 

Monument à la démocratie ou monument célébrant le coup d'état d'état civil et militaire ? Déconcertante logique siamoise  : 

A182. Une journée d’élections peu ordinaire !

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