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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 18:02
192. LE DEUXIÉME GOUVERNEMENT DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM DE PHRAYA  PHAHON (24 JUIN 1933 - 11 SEPTEMBRE 1938).

1/ Du 21 juin 1933 à l’abdication du roi Rama VII, le 2 mars 1935.

 

Le gouvernement de Phraya Manopakon de la nouvelle monarchie constitutionnelle installée  après le Coup d’Etat n’avait duré qu’un an, du 28 juin 1932 au nouveau coup d’Etat du 21 juin 1933, fomenté par Phot Phahonyothin (Phraya Phahon). Il allait devenir le 2ème premier ministre de la monarchie constitutionnelle du 24 juin 1933 au 11 septembre 1938.

 

5 années importantes de l’histoire du Siam, où les crises ministérielles ne manqueront pas, où aura lieu une tentative de coup d’Etat royaliste mené par le Prince Boworadet en octobre 1933, 

192. LE DEUXIÉME GOUVERNEMENT DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM DE PHRAYA  PHAHON (24 JUIN 1933 - 11 SEPTEMBRE 1938).

l’abdication du roi Rama VII le 2 mars 1935, et où deux forces vont animer la vie politique et se partager le pouvoir, avec un premier ministre assurant l’équilibre,  à savoir les « civils » menés par Pridi (qui sera ministre de l’intérieur et des Affaires étrangères)*,  

192. LE DEUXIÉME GOUVERNEMENT DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM DE PHRAYA  PHAHON (24 JUIN 1933 - 11 SEPTEMBRE 1938).

et les militaires représentés par Phibun, qui en septembre 1934, devint ministre de la défense, et succédera à Phraya Phahon, le 16 décembre 1938, en conservant le ministère de la défense et en prenant celui de l’intérieur, pour commencer une belle carrière de dictateur (1er ministre du 16/12/1938 au 1/8/1944 et du 1/3/1948 au 16/9/1957).

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Mais n’anticipons pas, et reprenons le fil de « notre » Histoire.

 

Pierre Fistié, in « L’évolution de la Thaïlande contemporaine » et  B. J. Terwiel in « Thailand’s Political History », constitueront de nouveau nos principales sources pour traiter cette période de l’histoire du Siam.**

192. LE DEUXIÉME GOUVERNEMENT DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM DE PHRAYA  PHAHON (24 JUIN 1933 - 11 SEPTEMBRE 1938).

Nous avions vu qu’après le coup d’Etat du 21 juin 1933, la loi martiale fut proclamée et un télégramme fut envoyé au roi l’informant que l’Armée et la Marine prenait en main  le contrôle de l’administration du pays dans le seul but de rouvrir l’Assemblée du Peuple  et en le rassurant sur leur loyauté à son égard. Le télégramme était signé par Phraya Phahon, Luang Phibun (devenu lieutenant-colonel), et Luang Supha Chalasai (capitaine de frégate). 

 

« Le 24 juin, Phraya Phahon, se rendit à Hua Hin auprès du roi Prachathipok qui légitima le coup d’Etat, abrogea le décret prononçant la clôture de l’Assemblée et approuva la composition du nouveau gouvernement, présidé par Phraya Phahon lui-même. » (Fistié p. 149)

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Le nouveau gouvernement se composait de huit hauts fonctionnaires de l’Ancien régime à qui on avait confié des ministères, et huit conseillers d’Etat sans portefeuille dont cinq militaires (Dont Phibun, et - comme par hasard - Phraya Song Suradet, Phraya Rit Akkhanaï, ainsi que  le lieutenant-colonel Phraya Prasat qui avaient démissionné avec Phahon du gouvernement Manopakon le 13 juin).

 

Le 26 juin, une déclaration présentait la politique économique et sociale du gouvernement en termes généraux et rassurants.

 

Elle affirmait : « Non seulement le gouvernement fera tout son possible pour le bien-être du public en général (…) mais il entreprendra de promouvoir la confiance mutuelle et l’unité au sein du peuple. Il réprimera donc rigoureusement toute doctrine communiste ». (Cité par Fistié (p. 149), citant Bangkok Times Weekly Mail du 3 juillet 1933)

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Le même jour, le 26 juin, à l’Assemblée, les 56 membres présents votaient la confiance au gouvernement Phraya Phahon, qui allait être le 2ème premier ministre de la nouvelle monarchie constitutionnelle au Siam.

 

Outre les élections à préparer, le gouvernement s’attela à définir sa politique économique. Il en présenta les principes directeurs le 30 août au Conseil économique réorganisé, et en publiera le 19 septembre le programme détaillé.

 

Fistié nous dit que ce programme se voulait volontariste et prévoyait une diversification de l’économie, avec le développement des voies de communication, la création d’un secteur industriel semi public, la recherche de  marchés à l’étranger pour les  produits siamois, et l’amélioration des conditions de production et de commercialisation de l’agriculture. Son inspiration était plus nationaliste que socialiste, avec l’objectif de développer la participation des Siamois à la vie économique de leur pays, comme salariés ou comme entrepreneurs.

 

(On regrette ici de n’avoir pas encore trouvé des exemples de mesures plus concrètes)

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Mais ce qui allait aussi dominer la vie politique à cette période du pays fut le retour de Pridi au Siam.

 

Si Phraya Manopakon avait réussi, après son coup de force politique du 1er avril, d’exclure Pridi et quatre de ses partisans du nouveau Conseil d’Etat, et à l’envoyer en exil à Paris, le nouveau coup d’Etat du 20 juin de Phaya Phahon allait remettre en selle politiquement Pridi, qui avait de nombreux soutiens à Bangkok. Après que le roi et le gouvernement aient obtenu l’assurance qu’il coopérait et renoncerait à ses « idées économiques », il se vit offrir une place de conseiller d’Etat. Dès le 31 août, il embarquait à Marseille, et le 29 septembre 1933, il était de retour à Bangkok, « accueilli par une délégation d’étudiants en droit et le 9 octobre la Goverment Gazette annonçait sa nomination comme conseiller d’Etat à compter du 1er courant. » (Rapporté aussi par le Bangkok Times du 9 octobre 1933) (Fistié).

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Dès le 5 octobre, il était déjà opérationnel pour présider une commission qui avait pour objectif d’améliorer la Constitution afin que le « coup d’Etat » du 1er avril ne soit plus possible. Cette commission avait peut-être été pensée pour  apaiser et répondre à ceux qui réclamaient des sanctions contre les responsables de ce coup d’état de Phraya Manopakon. On pense à une pétition en juin signée par 400 étudiants en droit et en administration, une autre de l’Association des  employés du tramway, et un vote du 3 août à l’Assemblée réclamant une commission d’enquête. Mais le 30 juin, Phraya Phahon avait déjà répondu aux étudiants que le Conseil d’état n’avait aucun esprit de revanche contre ceux qui avaient violé la Constitution.

 

Mais le retour de Pridi ne pouvait que donner un argument de plus à ceux qui préparaient un nouveau coup d’Etat.

 

La tentative de coup d’Etat royaliste du 11 octobre à fin octobre 1933 du Prince Boworadet.

 

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En réaction contre le nouveau coup d’Etat du nouveau Premier ministre Phraya Phahon, et  outré par le droit donné à quiconque de pouvoir poursuivre le Roi, le Prince Général Boworadet, soutenu par les royalistes « constitutionnels »  vont tenter de renverser le pouvoir.

 

Le Prince Boworadet avait été, vous en souvenez, ambassadeur du Siam en France, et ministre  de la Défense du Conseil suprême de Rama VII. Il avait été contraint de démissionner en octobre 1931 à l’occasion d’une crise de régime qui l’avait opposé au ministre des finances et au Prince Phucharat, ministre des communications (demi-frère du roi). Le litige portait sur l’invalidation d’une décision du Prince Boworadet qui avait promu 92 officiers en mai 1931, malgré la volonté du gouvernement de limiter les dépenses du pays pour faire face à la grave crise économique.

 

(Terwiel évoque la promotion de plus de 200 officiers, et de l’augmentation des salaires de 90 officiers)

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  • Dans la nuit du 11 au 12 octobre 1933.
  • Une partie des troupes de Korat et des troupes du génie stationnées à Ayutthaya sont transportées par voie ferrée et prennent position à Bang Khen (près de la  capitale) et à Don Muang (principal aérodrome du pays).

 

  • Le 12 à 14 h, une lettre signée du colonel Si Sit Songkhram est remise à Phraya Phahon.

Elle reprochait au gouvernement son attitude envers le roi et le retour de Pridi qui allait « reprendre ses activités communistes ». Elle donnait une heure au gouvernement pour démissionner avant l’usage de la force. Elle annonçait la nomination par le roi d’un gouvernement dans lequel il n’y aurait aucun militaire. (In, Le Bangkok Times du 13 octobre 1933)

(Le colonel Si Sit Songkhram avait été, vous l’avons déjà dit, nommé commandant en chef de l’armée par Phraya Manopakon, lors de la démission de Phraya Phahon, quelques jours avant son coup d’Etat. 

On peut être aussi étonné que le Bangkok Times puisse donner ainsi des informations sur un coup d’Etat en cours.)

 

  • Le 12 encore, le gouvernement répond par la proclamation de la loi martiale et un communiqué réfutant les arguments avancés et la condamnation de cette révolte.
  • Le 13, une lettre signée de Boworadet le présentait comme le défenseur de la Constitution et des prérogatives royales ; il exigeait le retrait des militaires de la vie politique et réclamait une loi d’amnistie.
  • Phraya Phahon envoya un rapport au roi, qui était à Hua Hin, réfutant les arguments de Boworadet et répondit à celui-ci en le désignant comme le seul responsable de la situation.
  • Le roi dans un télégramme répondit à Phahon et condamna la révolte. (Quand exactement ?)

Luang Phibun fut désigné pour commander les troupes loyalistes et dès le 13 au soir, ordonna une violente charge d’artillerie contre les positions tenues par les rebelles. Pendant trois jours les combats furent acharnés. Mais l’arrivée de troupes fraiches, permit aux troupes loyalistes de reprendre l’aéroport et de forcer les troupes royalistes à se retirer sur Khorat « en espérant pouvoir arrêter les forces adverses dans la passe montagneuse de Pak Djong, située au sud-ouest de la ville. 

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Mais le 23 octobre, un communiqué officiel faisait état de combats violents à la hauteur des kilomètres 140 et 142 de la vie ferrée de Bangkok à Korat où l’avant-garde gouvernementale fit son entrée le 27 au soir. » Le lieutenant-colonel Phibun arrivait le lendemain avec le gros des troupes. Les forces rebelles tentèrent alors de se retirer en direction de Ubon, mais la garnison, restée fidèle au gouvernement vint à leur rencontre. Elles rebroussèrent chemin vers Korat pour se rendre. (Surtout, nous dit Terwiel, que la tentative de faire venir des troupes de Phetchaburi pour aider Boworadet avait échoué.)

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  • Les « civils » favorables à Pridi, avaient manifesté leur volonté de combattre.

Les civils favorables à Pridi, composés surtout d’étudiants et d’ouvriers (avec les syndicats dont Fistié nous dit qu’ils comprenaient 3.000 membres environ), s’étaient retrouvés dans une opposition de gauche en réclamant des sanctions contre les responsables du coup d’Etat du 1er avril mené par Manopakon. Mais, lors de la tentative du coup d’Etat de Boworadet, ils avaient spontanément proposé au gouvernement de s’engager pour participer à la lutte contre les « contre-révolutionnaires ». Le Bangkok Times du 17 octobre rendait publique une lettre de Praya Phahon qui déclinait pour l’instant leur offre et les invitait à « insuffler au peuple la confiance au gouvernement ». (Cité par Fistié) Toutefois, toujours le Bangkok Times du 18 notait que des étudiants en droit volontaires avaient reçu un équipement militaire et que des civils s’étaient également portés volontaires et avaient été autorisés à combattre. (Sous la direction de Nai Sanguan Tularak (avait été membre du Sénat provisoire et porte-parole du Parti du Peuple), de Nai Sim Wirawaitthaya (Ces deux derniers connus pour être des disciples de Pridi) et de Nat Bunlom Boengsunthon

 

Bref, en cette fin d’octobre 1933 la révolte était vaincue, même si quelques combats sporadiques eurent encore lieu jusqu’à la fin du mois. De nombreux leaders de la tentative du contre-coup d’Etat avaient été tués, dont le colonel Phraya Si St Songkhram, et le Prince Boworadet avait fui (le 25 octobre ?) avec 32 officiers par avion en Indochine. (Terwiel)

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  • Les conséquences.

La répression envers ceux qui avaient soutenu la révolte put s’exercer. Dix-sept officiers furent arrêtés et condamnés à mort, mais leur peine fut commuée en prison. De nombreux membres de la famille royale furent arrêtés, condamnés,  exilés, ou mis en résidence surveillée. (Mais Fistié et Terwiel ne donnent ni le nombre ni des noms) D’autres, comme le Prince Damrong prirent les devants et quittèrent le royaume. Le roi et la reine quittèrent Hua Hin pour rejoindre Songhla à la frontière malaise. (Quand exactement ?)

 

Toute l’opposition princière avait été neutralisée et l’armée avait renforcé sa position d’arbitre avec un homme qui désormais émergeait, Phibun, qui sera nommé colonel (à 38 ans), et commandant en second de l’armée. (Sera ministre de la Guerre en septembre 1934) ; Il était devenu le numéro 2 du gouvernement.

 

Quant-au roi ?

 

Pour Terwiel, le prestige du roi avait pâti. Ils étaient nombreux dans le camp royaliste à chercher à comprendre ses choix, surtout qu’il avait appris que les supports de la révolte étaient plus importants que ceux que Phahon lui avait communiqués, et que de nombreuses garnisons de province dont celle de Phetchaburi, proche de Hua Hin, auraient pu se joindre au Prince Boworadet, sur l’une de ses injonctions. Mais justement, suggère Terwiel, le roi n’avait peut-être pas voulu se mettre à la merci de Boworadet. De même ceux qui avaient soutenu le gouvernement pouvaient regretter que le roi ne leur avait pas apporté un soutien bien effectif.

 

L’attitude du roi sera plus claire, en décembre, après les élections quand il manifestera son désir de quitter le royaume pour aller se faire soigner les yeux. Le gouvernement lui proposera de faire venir un grand  spécialiste, mais le roi insista et partit en janvier 1934. Il ne reverra plus son royaume.

 

Son dernier acte royal fut le discours du Trône qu’il prononça le 10 décembre 1933, à l’occasion du premier anniversaire de la promulgation de la Constitution, devant la nouvelle assemblée élue.

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Des élections.

 

En effet, après l’échec de la tentative du coup d’Etat du Prince Boworadet et l’épuration politique des opposants, le gouvernement avait procédé à l’élection de 78  représentants du peuple pour la moitié des membres de l’Assemblée, l’autre moitié avait été nommé par le roi sur une liste et comprenait donc 78 membres également dont 45 officiers militaires et cinq de la Marine. Le 15 octobre Chao Praya Thammasak devenait le Président de l’Assemblée. (Il avait déjà occupé ce poste en 1932).

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Une réorganisation administrative ?

 

Le gouvernement voulut réaliser une plus grande centralisation et par la loi du 9 décembre 1933 avait aboli les monthon de l’Ancien régime pour redéfinir 10 provinces  divisée en 70 changwat. Les anciens gouverneurs furent remplacés par des « commissaires » dirigeant des « commissions provinciales, composée de chefs des différents services. Mais si la loi avait certes supprimé un échelon administratif, elle se réduisit finalement aux nouvelles nominations.

 

Mais l’oeuvre législative de Pridi, contenue dans la loi du 31 mars 1934, eut une toute autre portée, même si son efficacité fut relative. (In Fistié)

 

Mais auparavant, Pridi dut être blanchi de l’accusation de communisme dont l’avait accusé le gouvernement Praya Manopakhon et le roi. En février 1934, une commission  ad hoc présidée par le prince Wan Waitaya Worawan (Petit-fils du roi Mongkut et doyen de la faculté de Droit, un des rares de la famille royale intégrée au nouveau régime) avec deux « experts », un Anglais, Sir Holland et un Français, M. R. Guyon (conseillers juridiques du gouvernement) fut chargée de juger Pridi.

 

La méthode choisie fut plutôt curieuse, car après avoir défini les critères du communisme,

 

ils procédèrent à l’interrogatoire de  Pridi ; lequel  dut répondre aux questions posées, du style « Souhaitait-il instituer un gouvernement par des soviets d’ouvriers, de paysans et de soldats ? Voulait-il nationaliser et confisquer les banques ? Etablir la dictature du prolétariat ? Etait-il membre de l’Internationale communiste ? etc. 

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Pridi fut lavé de toute accusation et fut intégré au gouvernement en tant que ministre de l’Intérieur. Il put mettre en œuvre un vaste plan de réforme de l’administration contenu donc dans sa loi du 31 mars 1934.

 

La loi était assez complexe et se voulait comme un apprentissage de la démocratie et du régime démocratique. Elle instituait une « assemblée provinciale » au niveau du changwat. Ses membres devaient être élus pour 4 ans, à raison d’un élu par district. Elle devait surtout examiner les finances provinciales et établir un rapport sur le budget, ses délibérations et ses observations qu’elle devait envoyer au ministre de l’intérieur, qui n’était pas tenu  de les suivre. Le texte prévoyait d’envoyer des « conseillers » chargés de guider les membres des Assemblées provinciales.

 

Mais Fistié remarque que les Assemblées de changwat  ne purent se réunir qu’en octobre 1936. Les résultats étaient si décevants qu’en 1937, l’Assemblée du Peuple dut repousser une proposition demandant leur suppression. La loi voulait aussi créer certaines municipalités décentralisées (Comme Bangkok, Chiengmai, Ayutthaya, mais aussi des bourgades rurales, mais la liste n’est pas donnée).  « Elle prévoyait l’élection au suffrage universel d’une assemblée qui choisirait son propre président et devant laquelle serait responsable un conseil exécutif dont les membres seraient désignés par le Commissaire de la Province. »

 

(Nous n’avons pas (pour l’instant) d’évaluation de cette réforme importante dont le succès dépendait d’hommes compétents. Aussi Pridi va fonder le 27 juin 1934, une université des sciences morales et politiques (l’Université de Thammasat) ).

 

 

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L’abdication du roi Rama VII.

 

Le roi était donc parti le 12 janvier 1934 pour soigner ses problèmes oculaires. Notre article « Le roi Rama VII, un grand voyageur » raconte entre autre ce grand périple, où soit disant  « Sur le chemin, il a également fait des visites d'observation pour étudier divers modèles de démocratie pratiquée dans les différents pays, et de rencontrer de nombreux dirigeants et dignitaires de ces pays à l'époque ». Pour y apprendre le fonctionnement d’une démocratie de première main ? » (Notre article 183 ***)

 

Ce grand périple  le verra à Londres début mars. Il visitera ensuite l’Italie,  Vatican, la France avant l’opération chirurgicale effectuée le 10 mai 1934, et puis le Danemark, l’ Allemagne, la Belgique, la Tchécoslovaquie, la  Hongrie et la Suisse, pour y « rencontré des monarques européens et d’anciens rois,  des chefs d'Etat et des chefs de gouvernement, des politiciens de tous bords », comme par exemple le premier ministre britannique,  Ramsay Mac Donald, S.S. le Pape Pie IX, le prince héritier Humbert d’Italie, le chancelier Hitler le 14 juillet 1934 et son ministre des affaires étrangères Konstantin Von Neurath,  le président Lebrun en France, etc. (Cf. 183*** pour les détails et commentaires)

 

 

192. LE DEUXIÉME GOUVERNEMENT DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM DE PHRAYA  PHAHON (24 JUIN 1933 - 11 SEPTEMBRE 1938).

Nul doute que toutes ces rencontres lui avaient permis de vérifier qu’il était reçu en tant que roi et que les politiques menées en Europe étaient fort diverses.

 

Certes un roi qui n’était plus un monarque absolu, mais qui tenait aux prérogatives que lui accordait la Constitution. Or, en septembre 1934, trois lois furent votées qui amendaient le Code pénal, le Code de procédure et le Code pénal militaire, dans lesquelles le roi voyait une atteinte à ses prérogatives. Le roi renvoya les lois avec ses observations, mais l’Assemblée confirma son vote par 75 voix contre 36.

 

Le 27 octobre le roi menaça d’abdiquer si l’Assemblée ne voulait pas tenir compte de ses vœux.

 

Un processus allait s’engager qui allait aboutir à son abdication le 2 mars 1935, et son exil en Angleterre jusqu’à sa mort,  que nous allons vous  raconter dans notre prochain article.

192. LE DEUXIÉME GOUVERNEMENT DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM DE PHRAYA  PHAHON (24 JUIN 1933 - 11 SEPTEMBRE 1938).

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* Puis plus tard, ministre des Finances, régent, et 1er ministre (24 mars 1946-23 août 1946))

**  Nos principales sources :

Pierre Fistié, in « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », Armand Colin, 1967

Il s’appuie lui-même abondamment sur le  Bangkok Times de l’époque.

Et B. J. Terwiel, in « Thailand’s Political History », River Books, 2011 

 

*** 183. Le roi Rama VII, un grand voyageur.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/183-le-roi-rama-vii-un-grand-voyageur.html

 

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