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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 18:00
A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

Nous avons dans notre article précédent (1), présenté l’étude du professeur Bernard Formoso (2) intitulée :« Symbolique du corps et hiérarchisation sociale, l’exemple de quelques postures dans le Nord-Est de la Thaïlande » publiée dans la revue  « Peninsule » (3). Elle a le mérite de révéler très partiellement un aspect de la culture traditionnelle de la Thaïlande du nord-est en partie inconnu au moins des ouvrages français ou anglais (4).

 

Elle fait suite à notre article  « Quelques notions de bonnes  manières en Thaïlande », qui décrivait  deux gestes fondamentaux du savoir-vivre thaï, le waï (ไหว้), le salut les mains jointes et le krap (กราบ), la triple prosternation (5). 

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

Il nous a paru intéressant de vous proposer quelques observations.

 

***

 

L’article du Pr. Formoso  s’articule autour de deux paramètres qui sont effectivement les éléments de base d’un certain nombre de traditions, le premier est strictement objectif (le corps humain) et le second essentiellement subjectif (la hiérarchie sociale) :

 

Le corps humain.

 

Nous nous gardons de parler pompeusement d’ « agencement des différents segments du corps » et encore moins de « symbolique du corps humain » (6). Le corps humain est une réalité concrète, tout simplement. Au plus haut se trouve la tête, organe noble par excellence puisqu’elle est le siège de la pensée, de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, du goût et du parler et en outre de l’âme pour ceux qui croient à son existence. Plus bas se situent nos bras et nos deux mains, organe de la préhension et du toucher (7). Nous trouvons ensuite ce qu’il est coutume d’appeler « les parties honteuses » que le Saint Coran par exemple situe entre le nombril et les genoux. Nous arrivons jusqu’aux pieds, cet organe qui véhicule la poussière et la boue (8). Avant la généralisation de la chaussure au Siam, il était de coutume de se laver les pieds dans une bassine installée à l’entrée d’une demeure avant d’y pénétrer. Aujourd’hui, c’est la même coutume qui nous fait ôter nos chaussures lorsque nous entrons dans un temple, un domicile et bien des commerces. 

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

Toujours encore, lors de la cérémonie du mariage traditionnel qui a lieu au domicile de la fiancée, avant d’y pénétrer, le fiancé doit se laver les pieds (9).

 

Le pied est donc dans le cadre d’une évidente hiérarchie des organes de notre corps, un organe inférieur dont les caractéristiques (ramasser la boue et la poussière) expliquent de toute évidence la position du savoir-vivre à son égard, sans qu’il soit nécessaire de faire appel à une quelconque « symbolique » en allant chercher midi à quatorze heure (10). 

 

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

La hiérarchie sociale.

 

Le sens exacerbé des Siamois pour la hiérarchie – autre réalité du quotidien encore au XXIème siècle - est-il venu de l’Inde brahmanique ? Les ethnologues et les anthropologues glosent sur les origines du système des castes dont chacune a son identité culturelle, Au plus haut, les Brahmanes, les prêtres, au-dessous les Kshatriyas, les guerriers, puis les Vaishyas, artisans ou artistes et enfin les Shudras, serviteurs ou gens de peu, les intouchables sont laissés en dehors (11). Le bouddhisme est une religion née en Inde et les principaux textes bouddhistes ont été composés à une époque où le système de castes était en place. 

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

Si Bouddha a critiqué le système des castes et leur hiérarchie, il ne faut pas y voir une défense de l'égalité. Il réfute la supériorité des hautes castes sur un plan métaphysique : après la mort, tous renaissent en fonction de leur karma et pas de leur caste. Il ne s'agit pas pour autant d'un rejet du système : les castes sont reconnues mais pour Bouddha c'est la conduite d'une personne plutôt que sa caste qui détermine si elle est bonne ou mauvaise. La caste n'est pas déterminée par la naissance mais par le karma des vies passées : les bouddhistes considèrent les distinctions de castes de la vie présente comme le produit des vies passées et non comme un accident de naissance (12). 

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

La combinaison de ces deux constantes explique à suffisance et sans qu’il soit nécessaire d’aller chercher d’ésotériques symboles, ces us et coutumes ประเพณี praphéni  dont Bernard Formoso nous donne un aperçu partiellement inédit comme nous l’avons dit en tête de notre article (13).

 

***

 

On peut toutefois regretter que son étude se soit limitée à vingt pages et ne comporte aucune photographie. Il nous dit lui-même « Au terme de cette brève présentation, il convient de préciser que les matériaux regroupés et analysés ici ont été collectés dans deux villages de la province de Khon Kaen, d’octobre 1984 à février 1986 et ce dans le cadre d’une mission financée conjointement par le C.N.R.S. et le Ministère des Relations Extérieures ». Nous ignorons quels sont ces villages, mais regrettons qu’une mission ayant duré 17 mois complets, plus de 500 jours, financée par la puissance publique (c’est-à-dire vous et moi) n’ait abouti qu’à ce résultat partiel (14).

 

***

 

Sa bibliographie nous a paru par ailleurs tout à fait sommaire surtout pour occuper 17 mois de lecture :

 

N’épiloguons pas sur le choix de ses dictionnaires, celui de Mary HAAS (Thaï-américain, rappelons-le)  

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et le MAC-FARLAND, Thaï-anglais, qui reste une référence universitaire.

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L’article de Charles ARCHAIMBAULT « Contribution à l’étude du rituel funéraire lao » (Journal of the Siam Society, Bangkok, 1963, vol. LI, 1, p. 1-63) est un volumineux article de 68 pages (et non 63) mais concerne essentiellement la région de Bassac qui nous apparaît plus proche du Cambodge que de l’Isan ?

 

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

Nous n’avons pas pris connaissance de l’ouvrage de CHARPENTIER S. & CLÉMENT P. (« L’habitation lao dans les régions de Vientiane et de Louang-Prabang, Paris, E.P.H.E. VIe section, thèse de 3e cycle, 1975, 2 vol., 753 p.) ni de celui de J. DROUIN (« De quelques postures usuelles et rituelles, notes d’ethnolinguistique touarègue », Geste et Image, n° 5, p. 67-89, 1985) mais nous vivons en Isan et ni à Luangprabang ni au Sahara.  

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L’ouvrage de J. MASSARD (« Nous gens de Ganchong, environnement et échanges dans un village malais », Paris, Éditions du C.N.R.S., 1983, 443 p.)  concerne la Malaisie.

 

L’ouvrage de Anuman RAJADON («  Life and Ritual in Old Siam », New Haven, H.R.A.F. Press, 1961, 190 p.) décrit la vie quotidienne en Thaïlande et recouvre très partiellement une partie de l’étude de Formoso (15).

 

Nous n’avons pas non plus eu connaissance de deux ouvrages de fond  (B.J. TERWIEL « Monks and Magic, an Analysis of religious Ceremonies in Central Thailand  »  London/Malmö, S.I.A.S. Monograph Series n° 24 (1ère éd. 1975), 1979, 297 p.) mais « central Thailand » ce n’est pas l’Isan nous semble-t-il ?

 

Et pas plus de M. ZAGO (« Rites et cérémonies en milieu bouddhiste lao », Roma, Universita Gregoriana ed., 1972, 408 p.) mais cet ouvrage est peut-être (un peu) hors sujet puisque présenté comme « une thèse de missiologie à L'Université Grégorienne de Rome, visant à donner une première connaissance globale du bouddhisme lao enfin d'entreprendre un dialogue authentique entre chrétiens et bouddhistes ». L’œcuménisme nous est, dans le cadre de ce blog, totalement indifférent.

 

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

Formoso ne cite que quelques lignes de « ประเพณีพิธีมงคลไทยอิสาน Prapheniboranthaiisan » de PARINJAJO (Ubon Ratchatani, Sirithom ed., 1982, 591 p.) auquel il a probablement fait d’énormes emprunts ?  Nous avons sous les yeux un ouvrage similaire de Parian  ประเพณีพิธีมงคลไทยอิสาน Prapheniphithimongkhonthaiisan qui ne fait « que » 329 pages (publié à Bangkok en 1989). L’un et l’autre nous semblent un inventaire probablement exhaustif de tous ces us et coutumes non seulement en ce qui concerne le savoir vivre proprement dit que la vie d’un paysan au quotidien, la construction d’une maison et de la maison des esprits, le rituel relatif à la culture du riz jusqu’à sa cueillette, la construction des temples, la vie monastique, l’éducation des enfants, etc. (Voir notre note 5).

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

Regrettons enfin l’absence pesante de deux personnages fondamentaux dans la hiérarchie siamoise : S.M. le Roi d’abord, omniprésent pourtant, dont l’absence est totale : si les habitants de l’Isan ne sont pas conduits à le rencontrer, ils sont du moins conduits à en parler et cela même obéit à un rituel précis ; 

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Bouddha ensuite, plus omniprésent encore,  dont la figuration ne se fait pas seulement couché sur son flanc droit. Sa position et ses gestes ont été en quelque sorte « normalisés » (16). 

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

Mais restons-en là de nos critiques. Rendons-donc à César ce qui revient à César, C’est grâce au professeur Formoso que nous avons (enfin) appris que les femmes de l’Isan pissaient accroupies.

 

 

 

Gravure de Rembrand "la femme qui pisse"

Gravure de Rembrand "la femme qui pisse"

Observations sur la forme.

 

Nous avons utilisé dans notre article précédent (1) le mot de « jargon ». Il y a quelques raisons. L’utilisation par cet éminent professeur d’un style ampoulé peut parfois susciter un certain sourire ou même une certaine irritation. Est-il bien nécessaire de parler de « hiérarchisation », une espèce de néologisme d’origine anglo-saxonne alors que le mot de « hiérarchie »  nous semble largement suffisant ? N’est-il pas un peu pédant de parler d’ « agencement des différents segments du corps » comme si le corps humain était divisé en « segments » ou de « règles posturales » ? Mais restons-en là même si la forme laisse évidemment à désirer (et plus encore ?).

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Il est par ailleurs singulier que notre professeur, diplômé de l’INALCO en langue siamoise, nous dise froidement qu’il utilise le système phonétique de Mary Haas qu’il date de 1964, et qu’il a modifié pour « faciliter la dactylographie ». On utilise, sauf erreur, à l’INALCO, le système de transcription phonétique universel (l’alphabet phonétique international dit API) qui est affaire de spécialiste mais qui a le mérite d’être universel et que nous retrouvons dans des ouvrages universitaires. Quelle mouche a donc piqué notre auteur d’utiliser en la modifiant (en mal) une méthode publiée en réalité en 1955 mais utilisée depuis 1941 par cette dame pour enseigner le thaï à l’université de Berkeley  ? C’est ainsi, la belle affaire, ne citons que cet exemple, que le ? (consonne muette chez Madame Haas) devient un 9.

 

 

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Nous relevons aussi quelques évidentes horreurs, comme « saw 9Eek » เสาเอ็ค «phuu jaj » et « phuu nOOj », dans lesquels nous reconnaissons avec beaucoup de bonne volonté ผู้ใหย่  et ผู้น้อย.  Ne parlons pas d’un grotesque « thaj 9iisaan » qui nous semble un ไทยอีสาน. Nous renonçons par contre à interpréter « Khyy j00ng j00 » qui ressemble peu ou prou au nom du président de la Corée du nord mais ce n‘est certainement pas lui. 

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Nous aurions donc pardonné l’utilisation pure et simple du système phonétique international que tous les linguistes connaissent dans la mesure où cet article s’adresse aux spécialistes mais que tous les néophytes (dont nous sommes) peuvent comprendre en utilisant les tableaux que l’on trouve partout sur Internet. Si l’auteur considère son article comme un article de « vulgarisation » (19), l’utilisation du système officiel de transcription de l’Académie royale nous aurait permis de lire sans difficultés (mais ça aurait été trop simple ?)  เสาเอ็ค Saoek (le premier pilier), ผู้ใหย่  Phuyai (personne importante),  ผู้น้อย Phunoi (personne de peu d’importance) et enfin ไทยอีสาน Thai isan que nous nous dispensons de traduire, ne considérant pas nos épouses comme des « thaj 9iisaan ».

 

L’utilisation enfin du système de transcription de Mary Haas nécessite d’avoir sous les yeux ses ouvrages, son ouvrage sur l’écriture publié en 1955 ou son dictionnaire Thai-English Dictionary, publié en 1964 (en réalité thaï-américain), ils ont plus d’un demi-siècle et ne se trouvent pas sur tous les rayons de librairie en Thaïlande !

 

                                                                                                                   

Notes

 

(1) A183 « De la tête et des pieds en Thaïlande ».

 

(2) Né en 1957 à Athènes, Bernard Formoso est un ethnologue de haut niveau, docteur en ethnologie et diplômé (en particulier) en langue siamoise de l’INALCO (les Langues O »). Il est professeur d’’ethnologie à l’université Paris-Ouest-Nanterre- La Défense depuis 1989 et directeur du Département d’ethnologie, de préhistoire et d’ethnomusicologie de l’université Paris-Ouest entre 1997 et 2000.

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(3) La revue semestrielle Péninsule (« revue d'études interdisciplinaires sur l'Asie du Sud-Est péninsulaire ») est éditée par l’université Paris IV – Sorbonne.


Elle se présente comme se voulant, au sein des disciplines de Sciences Humaines, résolument « pluridisciplinaire et décloisonnée dans le rapport au terrain ». L’article a été publié en 1994, n° 28, p. 25-44.

 

 

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(4) Ils ne le sont pas d’ouvrages en langue thaïe qui n’ont apparemment à ce jour pas été traduits ni totalement analysés.

 

(5) A 164 « quelques notions de bonnes  manières en Thaïlande ».

 

(6) Si vous utilisez le moteur de recherches de Google V° « Les symboles du corps humain » vous trouverez  973.000 réponses et V° « la symbolique du corps humain » un challenge,  6.770.000 réponses, et en anglais « symbols of the human body » plus de 50 millions, le plus souvent des délires fuligineux, chez les francs-maçons, chez les Rose-Croix, chez les templiers, chez les Patagons, chez les martiens, chez les druides etc…etc. On peut par exemple lire sous la plume d’un professeur au Collège de France (hélas !) des propos du style «  …Si l'on admet que l'agencement du social dérive de la représentation et du travail de la psyché sur la réalité, il s'ensuit que la structure  implique nécessairement le corps et les affects puisque ceux-ci, ainsi que la psyché elle-même … », sans autre commentaire sur ce charabia.

 

(7) Elles peuvent avoir un contenu sacré et symbolique puisque ce sont nos dix doigts qui sont à la base du système de numérotation décimal venu au Siam depuis les Indes en des temps archaïques. Les dix chiffres thaïs, qui sont malheureusement de moins en moins utilisés, sont eux, porteurs de symbole, c’est ainsi que le zéro, est représenté par un cercle vide ศูนย์ soun mais le mot prend en philosophie le sens de « néant » et le chiffre un, ๑ เอ็ด ét est représenté par la spirale de l’infini dont il est le début.

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(8) « Tous ce qui rampe est une abomination » (Sainte Bible, le lévitique, 11-38).

 

(9) Le pied ne trouve valeur de symbole qu’en la personne du roi dont la titulature commence par พระบาท … phrabat où le mot บาท bat  (pied en  thaï archaïque) prend le sens de « fondement ». La formule rituelle pour s’adresser au monarque était « je ne suis qu’un cheveu sous la poussière de vos pieds ». N’ayons garde d’oublier le « pied de Bouddha » dont la sainte empreinte est le symbole de la marche vers le Nirvana.

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(10) Nous retrouvons le caractère négatif du pied souillé dans la cérémonie au cours de laquelle le Christ, en signe de profonde humilité lave les pieds de ses disciples. Le fils de Dieu lave les pieds souillés des humains, le Seigneur accepte le service de l’esclave et l’accomplit (Saint Jean, 13, 1-38). Pour l’avoir refusé (« Tu ne me laveras pas les pieds; non, jamais ! », Saint Pierre ira jusqu’au reniement. Nous retrouvons également ce rituel dans le Coran (sourate 5 – 6).

 

 

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(11) Certains (Georges Dumézil en particulier) y voient les triples fonctions de toute société, le sacré et la souveraineté, la fonction guerrière et la fonction de production, organisation en trois fonctions que l’on retrouve en particulier dans la division de la société d'Ancien Régime en clergénoblesse et tiers-état, totalement dépravée à la veille de la révolution de 1789.

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(12) Nous sommes aux antipodes de la vision chrétienne : « Il n’y a plus ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car vous être tous Un en Jésus-Christ » (Saint Paul, épitre aux Galates). 

 

(13) Citons la table des matières d’un manuel de savoir-vivre Thaï-Isan que nous avons sous les yeux มารยาทไทย Manyathai et uniquement les têtes des chapitres (divisés en de multiples sections et sous-sections) :

«  La manière de marcher, de s’asseoir et de se reposer, la manière de se comporter avec les personnes supérieures en âge, la manière de montrer son respect en  toutes circonstances, à l’égard de la personne royale, la façon de parler, la manière de manger, la manière de recevoir les invités, lorsque l’on quitte sa maison, politesse des hommes et politesse des femmes, à l’égard des personnes de tous les sexes, manière de s’habiller, manière de faire les présentations, lors des cérémonies religieuses ».

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(14) Heureux ces ethnologues qui ont la chance de bénéficier d’un tel séjour effectué aux frais de la société. Ils ne choisissent évidemment pas d’autres régions de l’Asie, Mongolie extérieure, désert de Gobi ou Sibérie, n’est pas Teilhard de Chardin qui veut.

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(15) Ethnologue et anthropologue, il est l’infatigable collecteur des traditions, us et coutumes de la Thaïlande dont beaucoup sont en passe de devenir obsolètes. Il est l’auteur jusqu’à sa mort en 1969 d’une vingtaine d’articles publiés dans le journal de la Siam society sur les sujets les plus divers. C’est une mine d’or d’autant qu’il a un regard souvent critique et ironique sur ses compatriotes mais lorsqu’il parle de l’Isan, il dit qu’il ne le fait que par ouï-dire puisque, en bon citadin, il n’y a jamais mis les pieds. Ce que nous appelons « traditions populaires » s’approchent plus dans son esprit d’un pittoresque folklore qu’il a tendance à traiter avec dérision. Par contre, tous ses articles sont soigneusement illustrés d’un crayon un peu malhabile mais toujours d’une grande précision. Nous avons cru reconnaître dans les dessins qui illustrent l’article de Formoso son coup de crayon assez caractéristique ? Que ce modeste larcin, si c’en est un, lui soit pardonné !

A184  -  QUELQUES OBSERVATIONS SUR L’ÉTUDE DU PROFESSEUR BERNARD FORMOSO , DE QUELQUES POSTURES TRADITIONNELLES EN ISAN.

(16) Poursuivant son programme de restauration des temples, le roi Rama III demanda à un dignitaire de l’église bouddhiste, lui-même fils de Rama Ier, de collationner les textes bouddhistes et d’établir une liste illustrée des gestes et des attitudes pouvant servir d’exemple aux artistes. Quarante figures furent retenues et servirent de modèle aux statues fondues à cette fin qui sont conservées dans deux pavillons situés derrière le sanctuaire du temple du Bouddha d’émeraude. Cette série fut modernisée par la fonte de soixante six statues toutes lourdes de symbole représentant les soixante-six positions installées tout au long du Wat Pathom Chedi dans la province de Nakhon Pathom.

 

Voir évidemment «  พระพุธรูปปางต่างๆ ในสยามประเทศ Phraphutruppangtang tangnaisayamprathet » Les statues du Buddha en Thaïlande (Siam) par le professeur Khunyingkhaisrisriaroon. Ce luxueux ouvrage difficile d’accès puisqu’ayant fait l’objet d’un tirage très confidentiel (mais l’un d’entre nous a eu le privilège d’avoir été destinataire d’un exemplaire) a été publié par le ministère de la culture en 2552 (2008). Il présente pour nous l’avantage d’être trilingue (thaï – français – anglais). 

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commentaires

Georgium 09/06/2015 07:53

Bonjour messieurs,
"Est-il bien nécessaire de parler de « hiérarchisation », une espèce de néologisme d’origine anglo-saxonne alors que le mot de « hiérarchie » nous semble largement suffisant ? "
En ce qui me concerne je trouvais que le terme hiérarchisation, était bien approprié, car dans mon esprit, plus précis. Je l'entends comme une organisation de la hiérarchie, ce qui est bien le cas en Thaïlande. Je n'en dirais pas plus mais ça m'avait "chatouillé" :-) que ce ne soit pas perçu comme ça aussi. Cordialement Georges Beaujean (qui n'en reste pas moins admirateur de votre travail toujours si intéressant et "rafraîchissant")