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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 18:02
A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

En ce début de mai 2015, la junte a lancé une vaste opération de police  contre les trafiquants d’êtres humains dans la province de Songkhla, près de la frontière avec la Malaisie. Le 1er ministre a fait de multiples déclarations montrant la volonté du gouvernement de faire face à cette vague d’immigration clandestine qui a doublé depuis l’année dernière, comme le confirme un rapport du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) à Bangkok qui indique que, « quelque 25.000 Rohingyas et Bangladais ont pris la mer pour émigrer grâce à des passeurs entre janvier et mars de cette année - presque le double par rapport à l'an dernier. » 

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

Le chef de la junte a même pris l’initiative d’organiser un sommet le 29 mai consacré à l'immigration clandestine dans la région. 

 

Au niveau international, la presse relate chaque jour des drames, et  s’alarme des milliers de migrants clandestins bangladais et rohingyas, abandonnés par leurs passeurs en pleine mer près des côtes indonésiennes et malaises, et dont beaucoup périssent avant d’être secourus. On attribue ce nouvel afflux au « durcissement de la lutte contre l’immigration illégale en Thaïlande. » 

 

(Cf. par exemple l’ONG Arakan Project, « ces raids ont conduit les trafiquants à remplacer désormais leurs camps dans la jungle par des bateaux-prisons, dans les eaux internationales au large de la Thaïlande » et « Qui sont les Rohingyas, peuple le plus persécuté au monde selon l'ONU », in  Le Figaro.fr du 12/5/2015*)

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

En Thaïlande, de nombreux journaux, magazines, reportages de télévision, reprennent les déclarations des autorités thaïlandaises qui sont censées montrer l’efficacité  de la répression des trafiquants de chair humaine, avec la découverte des camps-prisons, l’arrestation de trafiquants, de fonctionnaires corrompus, des poursuites contre des policiers, et le transfert d’autres policiers « suspects ». (Cf. « Le Petit Journal »* )

 

Pour le chef de la junte, il  s’agit  bien de lutter contre  « (les migrants qui) doivent passer par la Thaïlande lors de leur voyage. (…) Nous sommes le pays du milieu, que devons-nous faire? ». *

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

La Thaïlande ne serait donc qu’un pays par où « Chaque année, des dizaines de milliers de candidats à l'exil transitent par le sud de la Thaïlande, vers la Malaisie et au-delà, pour fuir la pauvreté au Bangladesh ou les persécutions dans le cas des Rohingyas de Birmanie, minorité musulmane considéré par l'ONU comme l'une des plus persécutées au monde. » (*PJ du 8 mai 2015)

 

Un pays de transit des migrants bangladais et rohingyas !

 

 

 

 

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

Certes, de nombreux Bangladais et Rohingyas musulmans espèrent une vie meilleure en Indonésie et en Malaisie et tentent  « l’aventure » via des réseaux mafieux, qui sera fatale pour nombre d’entre eux,  mais il est d’autres migrants comme les Birmans, les Cambodgiens, les Laotiens, et les réfugiés « montagnards » au Nord, qui eux, sont bien concernés par les différents trafics d’êtres humains qui sévissent en Thaïlande.

                                                          

 

 

 

 

 

 

 

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

Nous leur avions  consacrés trois articles à la fin de 2013. (Cf. les liens **)

 

  • Le premier, intitulé  Le travail forcé sur les bateaux de pêche thaïlandais

évoquait un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui dénonçait une fois de plus les "graves abus" exercés sur les immigrés illégaux cambodgiens et birmans, travaillant sur les bateaux de pêche thaïlandais. ( « Graves abus » ? Un euphémisme pour désigner travail forcé, violences et meurtres)

 

Un rapport qui venait après bien d’autres qui constataient, année après année, le trafic d’êtres humains, et le peu d’entrain du gouvernement, pour mettre fin à cette nouvelle forme d’esclavage qui s’exerçait sur les chalutiers thaïlandais, où les pires exactions étaient commises (marins achetés, violences courantes, meurtres), et où on pouvait voir des hommes travailler 20 heures par jour, sept jours sur sept, avec certains bateaux-mères qui se déplaçaient pour faire le plein des navires, en fuel et en personnel, et  pouvaient être ainsi piégés des mois, jusqu'au large de la Somalie, (Selon l'Office international des migrations (OIM).)

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

Nous avions cité de nombreuses sources dénonçant  ce  système, fondé sur le travail forcé dans une industrie qui génère plusieurs milliards de dollars, pour un marché axé sur l’exportation. (Les exportations de poissons, crustacés et mollusques représentaient 2,2 milliards d’€ en 2012 et étaient le deuxième fournisseur de produits de la mer des Etats-Unis)

 

Un crime qui avait amené les USA à classer la Thaïlande  en 2012 au niveau 2 de la liste du Département américain des pays à surveiller en matière de lutte contre le trafic humain, avec le risque de se voir interdire l’accès de  certains produits au territoire américain, et la Communauté Européenne à envisager le boycott de ces produits de la mer.

 

(Depuis, il ne semble pas que les efforts fournis par les différents gouvernements aient été efficaces, car en  2014 la Thaïlande a régressé dans la catégorie Tier 3, la catégorie la plus basse.)

 

De fait, pour revenir en 2012, le gouvernement était impuissant face à la complexité du système et la corruption. On vit peu d’arrestations, peu de personnes jugées ; On vit même la première ministre Yingluck Shinawat, dans le cadre d’un reportage télévision de Cyril Payen pour France24, nier même l’existence de cette dramatique exploitation. (Pour voir le reportage***).

 

Pire encore, nous avions alors appris que le travail forcé ne touchait pas que la pêche hauturière thaïlandaise, mais s’exerçait au sein d’un système de trafics d’êtres humains généralisé qui touchait près de cinq millions de travailleurs étrangers légaux et illégaux, employés dans de nombreux secteurs de l’économie thaïlandaise, comme l’aquaculture de la crevette,  les usines de transformation du poisson, les plantations d’hévéas, le bâtiment, la prostitution, etc. 

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE
  • Le deuxième article intitulé  « Travailleurs illégaux ou « birmanisation » du sud de la Thaïlande ?», se servait de l’étude de Jacques Ivanoff, Histoire des migrations et ethnicité à partir d’une réflexion en Asie du Sud-Est, Vers une anthropologie des frontières ?****, pour nous aider à mieux comprendre la situation globale, en replaçant cette dramatique réalité  dans le contexte (historique, économique et politique) plus large des migrations transfrontalières, voire dans une ethno-histoire.

 

Ivanoff nous rappelait la nécessité de comprendre le passé pour comprendre le présent, et de repenser la notion de frontière, avec l’ancrage historique des réseaux et de leurs structures, fondées sur les relations transfrontalières ; de prendre conscience des difficultés des gouvernements de contrôler ces frontières, voire même de leur impuissance face aux réseaux anciens qui se « reconstruisaient », se « modernisaient » en intégrant les nouvelles réalités politiques et économiques.

 

 

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

« Ce passé –disait Ivanoff- explique aisément les populations transfrontalières et les « fluidités ethniques » ; la facilité pour les Khmers du Cambodge à se déplacer vers des régions khmérisées du Nord-Est, et les Malais de Patani à retrouver leurs familles dans le Kelantan, par exemple. » et « comment les nouveaux réseaux ont pu s’établir,  dirigés par les forces locales des « puissances sombres » (itthipan muet) comme les appellent les Thaïs », et par certains militaires et « officiels » corrompus, et les réseaux mafieux.

 

Ensuite, le développement de ces régions a favorisé, si on peut dire, l’immigration des Birmans et des Cambodgiens, moins chers que les paysans du Nord-Est,  pour arriver à un phénomène d’une importance majeur :

 

En trente ans, le nombre de réfugiés, et de travailleurs immigrés (légaux et surtout illégaux) est passé de quelques centaines de milliers à environ 5 millions dans le sud de la Thaïlande.

 

Une situation telle, qu’il y voit même la « birmanisation » du Sud de la Thaïlande, avec l’extension des réseaux de trafic humain. 

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

Et une question :

 

Le gouvernement peut-il  contrôler ces millions de migrants, mettre à terme à ces réseaux de maffieux, dont bénéficient l’économie thaïlandaise et les potentats locaux.

 

Pour Ivanoff, la réponse est  non.

 

« Certes, il existe des travailleurs réguliers, des tentatives de régularisation des travailleurs (qui à chaque fois pousse davantage de travailleurs dans l’illégalité), des descentes de police, -il faut bien répondre aux attaques internationales (USA, rapports des agences des Nations-Unies, les campagnes des ONG), défendre l’image de la Thaïlande pour ses exportations-, mais les différents gouvernements thaïlandais sont impuissants face au nombre (comment gérer les déplacements de 4 millions de Birmans ?**), et à la corruption généralisée de ses propres agents » (in notre article 129)

 

Et ceci d’autant plus, qu’au-delà du problème des réfugiés, des travailleurs « illégaux », des réseaux maffieux, du système corrompu, nous dit Ivanoff, les gouvernements ne semblent pas avoir vu que :

 

« Nous assistons (alors) à la première colonisation adaptative, celle qui assimile les premiers habitants des zones de passage et jette une passerelle entre deux pays.

 

Entre le laxisme ou l’autoritarisme des gouvernants des pays dont elles relèvent, les populations des frontières construisent leurs nouveaux territoires d’expansion spatiale et d’expression sociale. » En effet, « Ils vivent aux frontières, ont leur langue et leurs traditions, sont rattachés à des groupes « frères » de l’autre côté de la frontière ce qui permet des échanges, ils s’adaptent et construisent des objectifs de solidarité locale pour survivre en tant que groupe. »

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE
  • Ce qu’il a appelé la « birmanisation du sud de la Thaïlande », dont nous avons rendu compte dans notre article A130.Nous avons alors beaucoup appris en lisant l’étude de Jacques Ivanoff et de Maxime Boutry,  intitulée « La Monnaie des frontières, Migrations birmanes dans le Sud de la Thaïlande, réseaux et internationalisation des frontières »*****

Ils nous ont aidés à comprendre ce qui se joue au sud de la Thaïlande, dans cet espace particulier des frontières, et à identifier les différents éléments des filières clandestines, les différents acteurs de cet espace régional, légaux et illégaux qui profitent du système, et qui assurent le développement du sud de la Thaïlande.  

 

Cette étude, disent-ils, « s’intéresse à la vision de la frontière et à la structure des récits des gens trafiqués. Elle interroge les personnes impliquées, passeurs et passées, elle ne juge pas, mais essaie de définir la structure de la filière et des réseaux. Elle essaie donc de donner une idée concrète de la « marche » birmane vers le sud et de sa dynamique ; elle est en cela aussi historique. »

 

On est loin de la Thaïlande comme pays de transit pour les migrants clandestins, comme le dit Prayut, surtout que depuis les années 80  la Thaïlande est devenue une destination d’immigration, surtout dans le Sud. Après les Chinois, les Malais,  le pouvoir central envoya la main d’œuvre isan, et les Birmans vinrent répondre à la demande de main d’œuvre nécessaire au développement, avec ses différentes vagues de migration et ses différentes ethnies (Môns, Birmans, Arakanais).

 

Ils ont su en 20 ans s’organiser, se structurer, mettre en place, par ethnie, des réseaux villageois, familiaux et régionaux, dans un système, où les migrants construisent des nouveaux territoires, des villages, des  quartiers, comme à Ranong par exemple, que les auteurs ont surtout analysé; et ensuite, à Samut Prakan, Chon Buri, Phèpha à côté de Kura Buri, ou certains quartiers de Phuket, etc, en fonction des besoins du marché.

Une main d’œuvre (légale et illégale) introduite en Thaïlande par des filières et des réseaux le plus souvent mafieux, venant répondre aux besoins exprimés  par les grandes familles chinoises (les Chinois/Thaïs, les Chinois/Birmans), qui ont le pouvoir politique, administratif et économique, et qui savent via les multiples intermédiaires (courtiers, recruteurs, trafiquants), gérer l’illégalité au quotidien avec la complicité des « officiels » et des policiers et militaires corrompus, la légalité n’étant pas rentable.

 

En effet, nous disent Ivanoff et Maxime Boutry,  le gouvernement ne peut pas légaliser 4 millions  de Birmans vivant en Thaïlande et reconnaître l’existence d’une autre minorité ethnique dans une région déjà menacée par des velléités séparatistes. Les tentatives de légalisation dans les années 2000-2009 ont échoué et n’ont fait que renforcer l’illégalité et la rentabilité des filières. Le contrôle plus strict des frontières produit des effets pervers, développent des contraintes qui institutionnalisent l’illégalité. (Voire les cargos-prisons)

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

(Concernant la légalisation (connue sous le nom de processus de Vérification Nationale), un progrès évident a cependant été accompli puisqu’on passe de moins de 100,000 travailleurs légaux en 2007 à près de 900,000 en janvier 2013 (Statistiques du Ministère de l’emploi, cité par Supang Chantavanich et Jacques Ivanoff ******)

 

Et il est difficile, pour les différents gouvernements, dans une période d’instabilité politique, d’affronter la puissance des grandes familles « chinoises ».

 

(Cf. par exemple Jean Baffie in, « Femmes prostituées dans la région du Sud de la Thaïlande », qui montrait que quatre grandes familles chinoises, en les nommant,  étaient à l’origine du développement de Hat Yai, avec les  liens qui existaient entre le pouvoir politique, le développement économique et la prostitution.)

 

                                                -----------------------------------

Après ce bref rappel, il n’est pas sûr qu’une seule opération de police engagée en ce mois de mai, avec la découverte de quatre camps-prisons désertés, l’arrestation de quelques trafiquants, de quelques fonctionnaires corrompus, et des poursuites contre quelques dizaines de policiers, soit à la hauteur du trafic d’êtres humains dans le royaume. Les opérations de police ont d’ailleurs montré dans le passé leur inefficacité.

 

Et encore, nous n’avons pas évoqué les trafics humains qui fournissent les bordels, massages, karaoké et autres bars à bière du royaume.

 

Le chef de la junte arrivera-t-il à convaincre les USA, l’Union Européenne, les Natons-Unies, les multiples ONG entre autres, que les actions engagées en ce mois de mai 2015, sont un début de réponse efficace pour lutter contre tous les trafics humains qui minent le royaume ? (Cf. ******)

 

Nous pouvons en douter.  Mais ce n’est pas en ignorant le problème comme le fit Madame Yinluk Shinawat et d’ailleurs aussi ses prédécesseurs, que l’on peut le résoudre. Que valent les solutions de la junte ? L’enfer est pavé de bonnes intentions.

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

La Thaïlande a déjà eu à faire face au douloureux problème des réfugiés « clandestins »  Vietnamiens en 1975 après la chute de Saigon, qu’elle fut partiellement incapable de résoudre autrement qu’en refoulant des milliers de « boat people », envoyant ainsi ses malheureux passagers à une mort certaine. (Cf. *******).

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

L’Europe, éternelle donneuse de leçon, est elle-même actuellement dans l’incapacité manifeste de faire face au triste et poignant problème de l’afflux des réfugiés venus des pays du sud autrement qu’en citant à suffisance (en la travestissant  - ignorance ou malhonnêteté intellectuelle ou les deux cumulées ?) la phrase de Michel Rocard : « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde  ».    (Cf. ******** )

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Notes

 

*Cf. Le « Petit Journal »

Ainsi par exemple, les autorités ont découvert « quatre camps secrets (des camps –prisons) dans la jungle depuis le 1er mai, ainsi que 33 corps » ; «  199 victimes ont été retrouvées dans la seule province de Songkhla", qu’il a été procédé à 11 arrestations. 

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

On a appris également que des poursuites ont été engagées « contre plus d’une douzaine de responsables de l’Etat, parmi lesquels des policiers et un haut gradé de la Marine », « que plus de  50 policiers, parmi lesquels des officiers supérieurs, ont été transférés pour complicité ou pour n’avoir pas agi contre ce sinistre commerce. »

http://www.lepetitjournal.com/bangkok/societe/actualite/214923-trafic-humain-la-chasse-aux-camps-prison-s-accelere-mais-de-nouveaux-dangers-emergent

http://www.lepetitjournal.com/bangkok/societe/en-bref/215178-trafic-humain-quatre-camps-prison-decouverts-200-migrants-retrouves-a-songkhla

Et le :

http://www.lefigaro.fr/international/2015/05/11/01003-20150511ARTFIG00259-qui-sont-les-rohingyas-peuple-le-plus-persecute-au-monde-selon-l-onu.php

**Les trois articles déjà publiés :

·   A128. Le travail forcé sur les bateaux de pêche thaïlandais.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a128-le-travail-force-sur-les-bateaux-de-peche-thailandais-120167502.html

 

  • A129. Travailleurs illégaux ou « birmanisation » du sud de la Thaïlande ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a129-travailleurs-illegaux-ou-birmanisation-du-sud-de-la-thailande-120218930.html

Et une question :

 

  • A130. La « birmanisation » du sud de la Thaïlande est-elle inéluctable ?

 

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a130-la-birmanisation-du-sud-de-la-thailande-est-elle-ineluctable-120323933.html

 

***  http://www.france24.com/fr/20120719-profession-pecheur-esclave-thailande-cambodge-laos

****8/9 | 2010 : Des migrations aux circulations transnationales Dossier : Des migrations aux circulations transnationales. http://transcontinentales.revues.org/791

Transcontinentales [En ligne], 8/9 | 2010, document 6, mis en ligne le 31 décembre 2010

 

*****Carnet de l’IRASEC, Série observatoire 02, déc. 2009.

 

******Pour une mise au point récente, voir : Supang Chantavanich et Jacques Ivanoff, « Le trafic humain en Thaïlande : situation actuelle et défis », L'Espace Politique [En ligne], 24 | 2014-3, mis en ligne le 12 janvier 2015, consulté le 07 mai 2015. URL : http://espacepolitique.revues.org/3205 ; DOI : 10.4000/espacepolitique.3205

 

« Et lorsque pour éviter d’être encore classée dans la catégorie infamante Tier 3 la Thaïlande fait des efforts pour appliquer la loi, on découvre que sur 1000  inspections à bord de bateaux de pêche, la marine royale n’a pas identifiée un seul cas de trafic, on s’aperçoit qu’on est encore loin d’une réelle application des nouvelles règles et que la volonté politique n’est pas là. »

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*******  Au début de l’exode indochinois en 1975, aucun pays de la région n’était partie à la Convention de 1951 sur les réfugiés ni au Protocole de 1967.  Beau prétexte : aucun des pays recevant des « boat people » vietnamiens ne les autorisa à s’installer de manière permanente et certains ne leur accordèrent même pas le refuge temporaire. Singapour refusa de débarquer tout réfugié qui n’avait pas de garantie de réinstallation dans les quatre-vingt-dix jours. La Malaisie et la Thaïlande procédèrent systématiquement au renvoi des bateaux hors de leurs zones côtières. Lorsque les bateaux de Vietnamiens se multiplièrent en 1979 (plus de 54.000 nouveaux départs pour le seul mois de juin), les renvois furent courants, précipitant des milliers de Vietnamiens vers une mort certaine. Fin juin 1979, cinq membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande, firent savoir qu’ils avaient « atteint la limite de leurs capacités et décidèrent de ne plus accepter de nouveaux arrivants ». Le principe de l’asile étant menacé, le Secrétaire général des Nations Unies réunit une conférence internationale sur « les réfugiés et les personnes déplacées en Asie du Sud-Est », à Genève, en juillet ». L’Asie du Sud-Est connaît une grave crise », rapporta le Haut-Commissaire Poul Hartling dans une note de référence préparée pour la conférence, ajoutant que pour « des centaines de milliers de réfugiés et personnes déplacées les droits fondamentaux à l’existence et à la sécurité étaient menacés ».  

A185. LA JUNTE MILITAIRE FACE AUX TRAFICS D'ÊTRES HUMAINS EN THAÏLANDE

********  Citons les propos exacts que le premier ministre Rocard a eu le courage de tenir à l’Assemblée nationale : «  Il y a, en effet, dans le monde trop de drames, de pauvreté, de famine pour que l'Europe et la France puissent accueillir tous ceux que la misère pousse vers elles. Aussi bien, et si pénible que cela soit pour les fonctionnaires quotidiennement confrontés à des situations humaines déchirantes, nous faut-il résister à cette poussée constante. Pour autant, nous savons tous que nul gouvernement n'a le pouvoir, quand bien même il en  aurait l'intention, de faire de notre pays une sorte de bunker parfaitement étanche ». (Séance du 8 juin 1989 in J.O « débats de l’Assemblée nationale », page 1797).

 

 

 

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Ivanoff 20/07/2015 16:08

Bonjour,

Je vous signale aussi que nous avons coordonné (avec Maxime Boutry et le Pr. Supang) un numéro sur les migrations illégales, revue L'Espace Politique (début d'année je crois, sur Internet) où Maxime nous a régalé d'un excellent article sur la situation Rohingya.


Cordialement,


Jacques Ivanoff

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 21/07/2015 02:08

Tout d'abord, nous tenons à vous remercier pour tous vos travaux et écrits sur la "Thaïlande " et les Mokens qui nous ont aidé à comprendre certaines "réalités " de ce pays que peu ont analysés.

Nous avons essayé, à notre modeste niveau, de partager certains de vos travaux dans notre blog, et nous espérons ne pas trop vous avoir trop trahi ou trop simplifié.

Sachez que c'est un honneur pour nous de transmettre votre message.

Votre article conjoint avec Supang Chantavanich peut être lu au lien suivant : https://espacepolitique.revues.org/3205
et celui de Maxime Boutry au http://www.reseau-asie.com/article/archive-des-articles-du-mois/les-articles-du-mois-du-reseau-asie/bouddhistes-musulmans-arakan-birmanie-maxime-boutry/