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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 18:00
R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Nous avions le 4 janvier 2011 présenté le livre de Pornpimol Senawong « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »* alors professeur de la Faculté d’Archéologie de l’Université Silpakorn, qui avait le projet, disait-elle dans sa préface, de fournir aux apprentis-guides du tourisme « des connaissances fondamentales sur les caractéristiques sociales et culturelles thaïes ».

Nous commencions alors notre blog et étions curieux d’apprendre ce que  Mme Pornpimol Senawong considérait comme fondamental. 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

La table des matières nous donne l’importance que l’auteure accorde aux éléments constitutifs de sa  culture.  Ainsi, elle consacre  66 pages sur 170, aux croyances, traditions bouddhistes, cérémonies et festivals.

 

C'est aussi  la vision la plus évidente pour chacun. On ne sera donc pas surpris  par la description des objets  des temples, des rituels, par l’évocation par exemple des moines bouddhistes dans leur robe safran recevant le matin leurs aumônes dans leurs bols, la participation  aux jours « sacrés » bouddhistes et aux  événements/fêtes comme par exemple le Loy Krathong et Songkran … et la cérémonie si typique du mariage.

 

 

 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Par contre, on sera plus étonné que l’auteure commence son livre par les amulettes et charmes, la maison des esprits et les superstitions, à moins, bien sûr, qu’elle considère que l’animisme avec sa croyance aux  esprits constitue le socle culturel fondamental  commun à tous les Thaïs. Elle  constate au moins : « Bien que la majorité des Thaïlandais soit bouddhiste, l’animisme a une grande influence sur leur vie ».

 

 

 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Ensuite 44 pages sont consacrées à ce que l’on peut considérer comme le fonds de commerce du genre, à savoir la nourriture thaïe et l’artisanat.

 

La nourriture thaïe est présentée avec ses plats les plus typiques : le kaeng-curry, le nam phrik et ses ingrédients, les phat-plats frits/sautés, les différentes tom-soupes, les yams-salades thaïes et som tam et toute la richesse des herbes utilisées comme dans le tom yam par exemple. On ne peut éviter  la culture du riz « au centre des coutumes et des pratiques traditionnelles nationales ». L’auteure insiste à juste titre, mais sans vraiment développer, sur le caractère « sacré » et « symbolique » de cet aliment de base, dont de nombreuses coutumes associées demeurent encore aujourd’hui.

 

 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Ensuite vient l’artisanat, qui commence avec l’évocation des « produits Bencharong » qui sont en fait les céramiques émaillées anciennes vernies à cinq couleurs (bencha  cinq, rong  couleur) qui étaient utilisées à la Cour. Mais elle remarque que ces ustensiles anciens sont « à nouveau produits pour un usage quotidien et pour l’exportation ». Ils sont redevenus un marqueur culturel. 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Ensuite quelques pages sont consacrées à l’artisanat populaire avec le masque Khon porté par les personnages du Ramakien, les produits laqués, les articles « Nielle »** et l’art de décorer  les ustensiles en argent.

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Par contre ensuite pour la première fois, l’auteure décrit un projet gouvernemental : l’OTOP, un tambon, un produit. Ce projet vise surtout à « renforcer le développement communautaire » en générant des revenus. 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Elle  termine sur l’argenterie, les objets en bronze et la soie.

 

 

 

 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Aux 2/3 du livre (p.119) l’auteure se devait d’aborder ce qui est le «  lien » fondamental de toute culture : la langue.

Après le rappel classique de l’origine et du caractère infléchi tonale de la langue (les 5 tons), l’auteur adopte la présentation officielle qui renvoie les langues du sud, du nord et du nord-est à des dialectes régionaux. Elle  précise que la société thaïe est très hiérarchisée et que des termes spécifiques sont requis pour s’adresser aux différentes personnes, selon le statut social, l’âge, la richesse, le lien de parenté, d’amitié… avec un vocabulaire particulier pour le roi et la reine et la famille royale.

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Elle  évoque ensuite (p.124), le système des noms qui est lié à « l’astrologie ». On voit là le désir « religieux »  (« superstitieux » ?) de se protéger en se mettant sous les bons auspices du « ciel ». Le livre commençait, on s’en souvient, par les amulettes, l’offrande à la maison des esprits. Il y a, je crois, dans ce désir de protection, un trait « culturel » fondamental.

 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Le chapitre suivant intitulé « Identité nationale » (pp.127-145) fait l’impasse sur ce qui en  constitue souvent les « fondamentaux » (la langue ayant été traitée dans le chapitre précédent), à savoir l’Histoire et ses valeurs  pour ne décrire que ses symboles « nationalistes » : l’hymne national, le drapeau, les trois emblèmes nationaux  (la fleur « jaune » (rathaphruek), l’éléphant et le sala thaï (pavillon de style thaï), et l’hymne royal. En effet, on ne peut échapper à l’hymne national et nous avons tous été étonnés la première fois, quand dans la rue à 8 h et à 18 h les gens s’arrêtent pour écouter l’hymne national, ou bien, en passant devant une  école assister au début des cours à la levée des couleurs et d’écouter les élèves chanter l’hymne national, ou bien encore dans une salle de cinéma, avant la projection du film, voir tout le monde se lever pour écouter l’hymne avec la photo du roi à l’écran. Je suis plus surpris ensuite par le choix des processions de barges royales (sic).

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Par contre, le chapitre sur le sourire est intéressant et révèle un véritable système de communication. J’en étais encore au  pays du sourire et ne savais pas que derrière se cachaient en fait 18 types de message  (voire plus ?) répondant à des situations et sentiments codés, du style : grand, penaud, méprisant, sec, embarrassé, amical non reconnu (sic), joyeux, triste, encourageant, épanoui, doux, honteux, encourageant, provocant, dédaigneux, contenu. 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Le chapitre se termine sur l’usage du waï. Il n’est pas propre à la Thaïlande, mais souvent le premier geste « coutumier » que l’on apprend.

 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Ensuite le livre aborde les arts du spectacle (pp. 145-163) avec les danses et pièces de théâtre, chansons interprétées lors des festivals et /ou cérémonies (le li-ké, le cam tat, le mo lan dans le nord-est, le nova dans le sud, la danse masquée Khon, et bien sûr le célèbre ramakien dérivé du Ramanaya (si important dans l’enseignement populaire bouddhiste))…

 

 

 

 

 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Le livre se termine par le chapitre « styles de vie » (pp. 163-179), avec un curieux rappel du mâchement passé de la noix de bétel, et un catalogue disparate qui va du pagne au poisson de combat, à la boxe, aux cerfs-volants, et pour la fin : les massages et saunas aux herbes.

 

 

R4. « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »

Conclusion

 

Le livre qui se présentait comme un manuel qui devait fournir les « connaissances fondamentales » sur les coutumes et  la culture thaïe ne dit rien sur la culture actuelle. Il n’y a aucune référence à la littérature, peinture, cinéma, chansons, séries TV, et sur les nouveaux modèles culturels et styles de vie  de la société de consommation et du numérique … sur cette « confrontation  » entre les coutumes, traitées ici de façon « classique » voire idéologique, et les nouvelles aspirations culturelles et « modernes ».

 

De plus, il est a-historique et présente comme identitaire, -commun à tous-, ce que nous avons vu dans l’article précédent sous le nom de thainess. ***

 

Il est vrai que Pornpimol Senawong a bien écrit « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture »  et non « Les liens qui unissent les Thaïlandais ». **** (Cf ; Notre article : Qui est Thaï ? Qui est Thaïlandais ?)

 

Un livre pour les guides touristiques, certes ; mais qui s’est construit sur l’oubli volontaire du passé et du présent.

 

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Mais en recherchant ce qui est commun à une société, « les liens qui unissent » Mme Pornpimol Senawong pouvait-elle faire autrement ?

La republication de notre article consacré au livre de   Jean Baffie et de Thanida Boonwanno, intitulé : R5. « Dictionnaire insolite de la Thaïlande » semble le montrer.

 

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*Gope,  Paru le 09/2010.

 

**Le nielle est une incrustation décorative d'une substance de couleur noire sur un fond de métal incisé, alliage fait de plomb, d'argent, de cuivre et de soufre que les orfèvres versent dans les ciselures d'objets en argent ou en or, sur les services à café ou à thé par exemple.

 

*** « La Thainess  a servi aux «aristocrates» et aux élites urbaines des Thaïs siamois à construire « l’unité » de la Nation thaïe et à légitimer leur pouvoir sur le dos des identités régionales, que l’on considérait comme « cadettes » dans le meilleur des cas mais le plus souvent inférieures, incultes, « paysannes ». »

 

Cf. aussi par exemple : A.57 Qui est Thaï ? Qui est Thaïlandais ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-57-qui-est-thai-qui-est-thailandais-99435771.html

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Republication
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Georgium 10/05/2015 07:56

Bravo pour ce souffle d'intelligence constamment renouvelé qui nous change agréablement de ce qu'on peut lire (ou entendre) sur ce pays. Grâce à vous la vision que j'avais de mes compatriotes expatriés est bouleversée positivement :-) J'ai contacté les éditions GOPE pour commander ce livre et savoir s'ils peuvent l'expédier en Thaïlande. Et merci pour tout ces travaux que vous partagez régulièrement avec vos lecteur

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 10/05/2015 17:11

Merci.
Effectivement, nous sommes curieux et cherchons à comprendre ce pays, le questionner, le raconter, et surtout partager -c'est votre mot et le nôtre- ce que nous avons crû découvrir.