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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 18:01
190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Le gouvernement de Phraya Manopakon  Nitada  (Phya Manopakon) du 28 juin 1932 au nouveau coup d’Etat du 21 juin 1933, fomenté par Phot Phahonyothin (Phraya Phahon), 2ème premier ministre de la nouvelle monarchie constitutionnelle au Siam (21 juin 1933-11 septembre 1938).

 

Notre chronologie de « notre » histoire de la Thaïlande allait désormais changer après ce coup d’Etat du 24 juin 1932 qui instaurait une monarchie constitutionnelle et qui allait confier le pouvoir du Siam à des gouvernements ayant à leurs têtes des 1ers ministres. (Nous en sommes au 37 ème)

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

(Si Phraya Manopakon n’eut pas le titre de 1er ministre, il en eut la fonction et fut Président du Comité du Parti du peuple avec la Constitution provisoire du 27 juin 1932, et Président du Conseil d’Etat après la Constitution du 10 décembre 1932)

Nous avions vu précédemment que la constitution provisoire, signée par le roi le 27 juin 1932, fixait le cadre juridique de la nouvelle monarchie constitutionnelle. Les auteurs du coup d’Etat réunis au sein du Parti du Peuple (Le Khana Ratsadon) nommèrent le 28 juin 1932, une Assemblée  de 70 membres, qui mit à sa présidence  Chao Phraya Thammasak, ancien ministre de l’Instruction publique de 1917 à 1926, et à l’exécutif, un Comité du Parti du Peuple avec 15 membres, avec comme président Phraya Manophakon, qui était alors premier juge à la Cour d’Appel.

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Le 29 juin, un cabinet restreint de 7 ministres était annoncé en son sein. Il comprenait, selon Terwiel*, Phraya Prasoetsongkhram (Défense), Chaopraya Wongsanupraphan (Agriculture et commerce), Phraya Chasaenbodi (Intérieur), Phraya Pramuanwichchapun (Instruction publique), Phraya Siwisanwacha (Affaires étrangères) Phraya Manophakon (Finances), et Phraya Thepwitun (Justice), les autres restant sans portefeuille comme Pridi ..... 

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

et Phibun.  (In Fistié **) 

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Un nouveau pouvoir était né dans le royaume de Siam, surtout que la Constitution provisoire du 27 juin n’accordait plus aucun pouvoir effectif au roi, même si celui-ci, nous dit Lingat***,  restait le chef suprême du pays et que c’est en son nom, que les lois étaient faites et les  décisions rendues.

 

Le nouveau Pouvoir : le Parti du Peuple.

 

La Révolution avait chassé du pouvoir tous les membres de la famille royale. Le Conseil suprême avait été bien sûr dissous, et son Chef, le Prince Boriphat, avait été contraint à l’exil. Le pouvoir était désormais au sein du Parti du Peuple. 

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Si le nouveau président de l’Assemblée Chao Phraya Thammasak, et Phraya Manophakon, le président du Comité du Parti du Peuple, avaient été choisis pour des raisons tactiques, les autres postes avaient été accordés à des membres éminents du Parti.

 

(Terwiel*, nous dit que Phraya Manophakon, qui occupait le poste de  premier juge à la Cour d’Appel dans l’ancien régime,  s’était distingué en demandant à l’ancien Conseil suprême de diminuer le montant de la liste du roi. Wikipédia nous rappelle qu’il siégeait au Conseil privé du roi Rama VI).

 

Mais que pouvait représenter ce nouveau Parti du Peuple ?

 

Nous avions vu que le Parti du Peuple (le Ratsadon Khana), qui n’était alors qu’un groupe « révolutionnaire » avait été fondé  le 17 février 1927, dans un hôtel parisien, par sept étudiants siamois, à savoir : le Lieutenant Prayoon Pamornmontrise, le Lieutenant Plaek Khittasangkla (alias Phibul ou Phibun), étudiant de l’Ecole de l’ Artillerie de Paris, le Lt Thatsanai Mitphakdi, étudiant à l’Académie de Cavalerie française, Tua Lophanukrom, étudiant les  sciences en Suisse, Luang Siriratchamaitri, diplomate à l’ Ambassade du Siam à Paris, Nauep Phahonyotin, étudiant en Angleterre, Pridi Panomyong, étudiant en droit à la faculté de Paris et à l’ « Ecole libre des sciences Politiques », « Sciences-Po ». 

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Ils s’étaient donnés 6 objectifs : «  Le pouvoir au Peuple, la sécurité nationale, le bien-être pour tous, l’égalité, des droits de liberté  pour le peuple, et l’enseignement public pour tous » ;  et se disaient prêt si nécessaire, à renverser le gouvernement et le système de la Monarchie absolue. (Cette proclamation sera reprise dans le tract distribué à la population lors du coup d’Etat de 1932. )

 

De ce groupe émergera deux leaders qui joueront un rôle fondamental dans l’histoire du Siam, à savoir Pridi  Phanomyong (ou Pridi) et  Phibulsonggram  (ou Phibul ou Phibun.)

 

Fistié nous avait appris que Pridi était venu en France, grâce à une bourse d’Etat, poursuivre  ses études à Caen où il obtint sa licence, puis à Paris, où il devait décrocher son doctorat en droit privé le 4 février 1927. De retour au Siam en 1927, il obtenait une chaire à l’Université Chulalongkorn, puis un poste au département chargé de la rédaction des lois. « Il allait bientôt se faire le propagandiste des idées démocratiques, devenant rapidement – tout comme il l’avait été à Paris - le centre d’un petit groupe de jeunes gens étudiants ou de jeunes officiers, dont il était à la fois l’inspiration et l’espoir. » 

 

Quant à Phibun. « Né le 14 juillet 1895, fils d’un modeste fonctionnaire, (il) était rentré très jeune dans l’armée. Sorti de l’Académie militaire de Bangkok avec le grade de lieutenant, il avait obtenu « une bourse militaire » pour suivre en France les cours des écoles de perfectionnement d’artillerie de Poitiers et de Fontainebleau. 

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C’est à cette époque qu’il entra sans doute en contact avec Pridi. Il devait rentrer au Siam peu avant ce dernier, en 1926, après avoir brillamment passé ses examens. »

 

(On peut se demander comment Phibun, rentré au Siam en 1926 a pu fonder le Ratsadon Khana le 27 février 1927 à Paris ?)

 

(Une note de Fistié citant Lapomarède, estime que les étudiants siamois en 1930 était au nombre de 200 en Grande-Bretagne, 50 aux Etats-Unis, 40 en France, 25 aux Philippines, et 3 ou 4 en Indochine Française. )

 

De retour au Siam, une centaine de nouveaux adhérents les rejoignirent, qui venaient de l’Armée, de la Marine, de l’Administration, et de la société civile. 

 

Le parti s’organisa alors - dit-on - en quatre branches : les civils furent dirigés par Pridi, la Marine par le capitaine de vaisseau Luang Sinthusongkhramchai, l’Armée par le capitaine Phibun, mais les officiers supérieurs par le colonel Phraya Phahonphon Phayuhasena (dit Phot Phahonyothin, dit Phraya Phahon). 

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Wikipédia signale que le colonel Phot Phahonyothin était le chef du Parti et Luang Pradit (Pridi) son second.

 

Comment imaginer que cette centaine de « comploteurs » allait pouvoir renverser un régime de monarchie absolue en 4 jours, sans effusion de sang ! Lingat prétend même que les promoteurs du mouvement du 24 juin étaient au nombre de 53, s’appuyant sur la cérémonie de réconciliation du 7 décembre, où ils obtinrent le pardon du roi. Wikipédia donne une liste nominative composée de 44 membres pour la partie militaire et de  46 pour les civils.

 

Une chose est sûre, le Pouvoir était désormais au sein du Parti du Peuple, qui avait réussi à éliminer le monopole politique de l’oligarchie princière. « Les officiers supérieurs qui n’avaient pas participé au coup d’Etat furent pour la plupart mis à la retraite. Ce fut le cas de trois généraux de division, de neufs généraux de brigade, et de vingt-deux colonels dont la liste figure dans le Bangkok Times du 9 juillet 1932. » (Fistié, note 38, p. 137) A l’inverse furent promus ceux qui y avaient participé.

 

Ce fut l’une des premières mesures du gouvernement, avec  le communiqué du 3 juillet annonçant la suppression prochaine de l’impôt sur les salaires et son remplacement par un impôt général sur les revenus. 

 

La principale tâche du nouveau gouvernement de Phraya Manopakon  fut d’élaborer la Constitution définitive. Une commission fut constituée, présidée par Phraya Manopakorn lui-même, et dont Pridi fut un des plus actifs, aidés par des hauts fonctionnaires de l’ancien régime.  Le 7 décembre, dans une audience solennelle, le roi accordait son pardon aux auteurs du Coup d’Etat et le 10 décembre la constitution fut promulguée. 

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

(Il est important de se rappeler que la nouvelle constitution avait réussi  à faire disparaître la référence au nom même du Parti du Peuple et que le Conseil d'Etat n’était plus comme l'était le Comité du Parti du Peuple, une émanation exclusive de l'Assemblée. Le roi était redevenue « sacrée et inviolable » et avait retrouvé la plénitude de la souveraineté qui lui avaient été totalement supprimées en juin : il était le chef direct des armées de terre et de mer, et exerçait les trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire par l’intermédiaire des organismes constitutionnels. (Expliqué en notre article précédent 189)

 

Pridi fut très actif pour créer des sections dans les provinces pour le Parti, appelé désormais « Association du Peuple ». Fistié nous apprend qu’en novembre 1932, des sections avaient été créés dans 14 changwat et que la présidence du Comité exécutif avait été confiée à Phraya Nitisat Phaïsan, premier juge à la Cour d’Assise de Bangkok. L’Association du Peuple  organisait des réunions dans les provinces pour expliquer la signification du nouveau régime.

 

Mais une organisation rivale, l’« Association nationale »  tenta de se constituer en janvier 1933.

 

La présence du major-général Phraya Sean Songkhram (ancien commandant de la 1ère division de la garde, qui avait été blessé au moment de son arrestation par les auteurs du coup d’Etat du 24 juin 1932 et avait été mis à la retraite) au sein de cette « association » avec celle de princes, la positionnait ouvertement comme un adversaire du nouveau régime.

 

Certains y virent une manœuvre de Manopakon pour se débarrasser de l’« Association du Peuple» (ex- Parti du Peuple).

 

Le roi en tous cas, nous dit Fistié, adressa une « requête » au gouvernement demandant que l’agrément soit refusé à cette nouvelle « Association nationale » et qu’il serait judicieux de dissoudre « l’Association du Peuple », pour « qu’il n’y ait  absolument aucun parti politique », considérant, disait-il, que « Le Siam n’a reçu une Constitution que tout récemment et l’existence de partis politiques siamois semble prématurée. La population de notre pays n’est pas encore adaptée à la forme démocratique de gouvernement et elle ne comprend pas  sa véritable nature. » Bref, le Peuple ne comprenait pas encore la démocratie.

 

(Un argument qui sera encore repris lors des « événements » de 2010 et qui demeure !)

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Le gouvernement entendit la « requête royale », refusa l’agrément à l’ « Association nationale » et décréta, que désormais aucun militaire et fonctionnaire ne pourrait appartenir à l’ « l’Association du Peuple ». Curieusement, il n’y eut pas d’objection publique.

 

L’«Association du Peuple » procéda à sa dissolution et se transforma en « club privé » ! 

 

La crise était-elle déjà au sein du Conseil d‘Etat ? Sans aucun doute.

 

Elle fut plus explicite en mars 1933, lorsque Pridi présenta son projet économique à l’Assemblée des représentants du Peuple.

 

Manopakorn et son gouvernement  avaient eu comme mission de mettre en œuvre le programme en 6 points du Parti du Peuple. (Cf. Rappel ****) Le point 3 de ce programme affirmait : « Le nouveau gouvernement promet de promouvoir la prospérité des citoyens en fournissant à chacun un emploi rémunérateur en promulguant une politique économique nationale destinée à mettre fin à la pauvreté. »

 

Encore fallait-il se mettre d’accord sur la stratégie et les moyens utilisés pour atteindre cet objectif.

 

Il était clair pour Manopakon que la révolution politique de juin 1932 ne pouvait en aucun cas se transformer en une révolution économique et sociale, et dès le 13 juillet 1932, nous dit Fistié, il déclarait aux représentants de la presse, qu’il ne pouvait être question de confisquer la propriété privée, malgré certains articles parus dans ce sens. Il avait ajouté, que bien qu’ami du peuple, le nouveau gouvernement n’était pas l’ennemi des princes.

 

Si la majorité du Conseil d’Etat partageait ses idées, il n’en était pas de même de Pridi et de sa minorité.

 

Le projet économique de Pridi. (Le dossier jaune !)

 

Le projet de Pridi était donc présenté le 12 mars devant une commission de 14 membres (dont 5 membres de l’Assemblée, 7 membres du Conseil d’Etat, parmi lesquels Pridi) qui devait faire rapport au gouvernement. Il prit la forme de trois documents, avec l’exposé des motifs et deux projets de lois, dont l’un portait sur la rémunération des travailleurs et l’autre sur les pouvoirs économiques du gouvernement.

 

Nous n’allons pas ici reprendre les mesures préconisées, qui s’inspiraient des socialistes utopiques français et de l’expérience  de la planification soviétique. Le projet étatisait l’économie et transformait le Siam en une « société coopérative » qui évoquait par certains aspects, nous dit Fistié, le phalanstère de Fourier. Il transformait tous les Siamois en salariés et en fonctionnaires, encadrés par une organisation dirigée par le Parti du Peuple. 

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Certes, Pridi avait prévu des accommodements, qui écartaient par exemple toute idée de confiscation sans indemnité, qui interdisaient toute nationalisation d’entreprises étrangères, et qui laissaient dans le secteur privé  un large secteur de l’économie, comme les mines d’étain ou l’exploitation du teck, par exemple.

 

Ce projet « révolutionnaire » sera déjà refusé par une minorité de cette commission, qui en présentera un autre. Il provoquera au sein du gouvernement des discussions nombreuses et virulentes. Le plus modéré était le ministre de la Défense, le vice-amiral Phraya Rachawongsan; Le ministre des Affaires étrangères, Phraya Siwisan Wacha, quant-à lui,  n’approuvait que certaines parties, mais le plus virulent contre le projet « Pridi » fut le colonel Phraya Song Suradet, l’un  des personnages clés du coup d’Etat. 

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Quant au président du Conseil d’Etat Manopakon, il menaça de démissionner si ce projet lui était imposé. Les opposants au projet reçurent un renfort de la part du roi qui déclara :

 

1/ Le programme de Pridi était communiste et qu’il allait mettre en œuvre une collectivisation intégrale.

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2/ Qu’il allait mettre le pays en ruine, au regard de  l’échec de la collectivisation agraire en Russie et de son premier plan quinquennal.

 

3/ Qu’il pouvait entraîner une intervention étrangère, anglaise ou française.

 

(Surtout que le Siam avait réorienté sa politique étrangère en s’appuyant sur le Japon, que les relations anglo-siamoises s’étaient refroidies, et que l’Indochine française venait de faire face aux agitations du Parti communiste indochinois.)

Le coup d’Etat au sein du gouvernement.

 

Mais si Pridi était minoritaire au Conseil d’Etat, il était majoritaire à l’Assemblée, où la tension était visible (Certains députés venaient avec des révolvers), aussi Manopakorn et la majorité militaire du Conseil d’Etat avec l’appui du roi, proclama l’état d’urgence le 1er avril, dissous le Conseil d’Etat, et ensuite l’Assemblée et forma un nouveau cabinet, en excluant Pridi et quatre de ses partisans. (Cf. Note pour la formation de ce cabinet *****)

 

Le 2 avril 1933 était promulguée une loi contre le communisme, qui pouvait punir tout propagandiste communiste à 10 ans de prison et tout communiste d’une association communiste à 5 ans. Des journaux, et des périodiques furent interdits. (Lesquels ?)

 

Le 17 avril, Pridi « était autorisé à poursuivre ses études à l’étranger, avec une bourse annuelle de 1000 livres ». Il s’embarquait le 17 avril pour la France via Singapour.

 

Manopakon avait donc réussi à « éliminer » politiquement Pridi et le courant « radical», et  il se crut alors assez fort pour essayer d’écarter les militaires du nouveau Conseil d’Etat. 

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Fistié ne dit rien sur les manœuvres de Manopakon, ni sur les raisons qui poussèrent les trois colonels, qui avaient signés l’ultimatum au roi du 24 juin 1932, à savoir Phraya Phahon, Phraya Song Suradet, Phraya Rit Akkhanaï, ainsi que  le lieutenant-colonel Phraya Prasat, à démissionner le 13 juin du Conseil d’Etat et de l’Armée. Ces démissions avaient certainement pour but de préparer le coup d’Etat qui eut lieu, six jours plus tard, le 20 juin 1933.

 

Phraya Phahon fit arrêter Phraya Manopakon.

 

La loi martiale fut proclamée et un télégramme fut envoyé au roi l’informant que l’Armée et la Marine prenait en main « le contrôle de l’administration du pays dans le seul but de réouvrir l’Assemblée du Peuple. » et le rassurant sur leur loyauté à son égard. Le télégramme était signé par Phraya Phahon, Luang Phibun (devenu lieutenant-colonel), et Luang Supha Chalasai (capitaine de frégate).

 

(Terwiel pense que Phraya Phahon avait pris l’initiative du coup d’Etat car il craignait un coup préparé par Phibun).

 

« Le 24 juin, Phraya Phahon, se rendit à Hua Hin auprès du roi Prachathipok qui légitima le coup d’Etat, abrogea le décret prononçant la clôture de l’Assemblée et approuva la composition du nouveau gouvernement, présidé par Phya Phahon lui-même. » (Fistié p. 149)

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Une nouvelle page de l’histoire de la toute récente monarchie constitutionnelle, présidée par Phraya Phahon allait s’écrire.

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Manopakorn, fut exilé à Penang (Malaisie anglaise) jusqu’à sa mort en 1948.

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

Phraya Phahon était donc devenu le 2ème premier ministre de la nouvelle monarchie constitutionnelle au Siam. Il se maintiendra à ce poste jusqu’au 11 septembre 1938, après une tentative de coup d’Etat royaliste d’octobre 1933, l’abdication du roi Rama VII le 2 mars 1935, une nouvelle succession, et bien des crises internes au sein du gouvernement, que nous aurons plaisir à découvrir et à raconter, en commençant, dans l’article suivant par un portrait du nouveau chef du gouvernement Phraya Phahon.

190. LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933)

 Notes et références.

 

Pierre Fistié, in « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », constitue notre principale source pour traiter cette période de l’histoire du Siam. Il s’appuie lui-même abondamment sur le  Bangkok Times de l’époque.

 

*p. 260 in, B. J. Terwiel dans son « Thailand’s Political History », River Books, 2011 

 

**Pierre Fistié, in, « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », (Armand Colin, 1967  

 

***Lingat, correspondant de l'Ecole française d'Extrême-Orient, au Siam, « Instauration du régime constitutionnel », pp.541- 547, in « Chronique  de l'année 1932. In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 33, 1933. pp. 411-548

 

**** Programme en 6 points du Parti du Peuple :

  1. La liberté et l’égalité du peuple en matière politique, judiciaire et commerciale doivent être assurées.
  2. La paix et la tranquillité, sans qu’aucun mal ne soit fait à qui ce soit, doivent être garanties.
  3. Une politique économique nationale  doit être élaborée pour garantir à chacun un travail rémunérateur.
  4. Des droits égaux pour chacun doivent être garantis. Aucun groupe ne jouira de privilèges spéciaux aux dépens d’autres groupes.
  5. Le peuple jouira de la liberté sauf dans le cas où celle-ci est en contradiction avec les quatre points ci-dessus.
  6. Le peuple doit recevoir l’éducation la plus complète possible.

 

*****Fistié cite en note 20, p. 146, en évoquant  la dissolution du Conseil d’Etat le 1er avril 1933, que Pridi avait 4 partisans, sans donner le nom, et que les militaires du Conseil d’Etat sans portefeuille, qui y restèrent étaient Phraya Pricha Cholawut (commandant en chef de la Marine), Phraya Song Suradet (directeur des opérations miltaires), Phraya Rit Akkanaï (commandant de l’artillerie), lt. col. Phraya Prasat Pittyayut, du major Luang Phibun (commandant en second de l’artillerie), et le lieutenant commander Luang Sinthu Songkramchaï (assistant en chef  du Chef de l’Etat-Major de la marine) (remplacé par le capitaine de corvette Luang Supha Chalasaï (commandant de la flottille des canonnières). 

 

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