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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 18:00
196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Nous savons que Pridi et Phibun étaient partis de concert à l'assaut de la monarchie absolue. Les réformes, en particulier celles du roi Chulalongkorn, avaient développé deux classes nouvelles, les fonctionnaires et  les militaires. Formés aux techniques occidentales, éduqués en Europe, ils baignaient dans des idées neuves. Mais le total absolutisme royal monopolisait les hautes dignités et les charges suprêmes entre la foule des princes du sang suscitant le mécontentement de ces fonctionnaires et de ces militaires.  

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Jaloux par ailleurs de la richesse et de la puissance des princes dont la présence rendait toute promotion impossible, ils portaient des idées nationalistes qui s'accommodaient en outre mal de l'influence des conseillers étrangers,  anglais et américains surtout, auprès des princes.

 

***

 

Nous savons déjà aussi qu’un petit noyau de ces jeunes fonctionnaires et juristes aux idées plus ou moins progressistes se forma au début des années 30 et obtint peu à peu l'appui d'officiers supérieurs. Les chefs en étaient un jeune avocat (il est né avec le siècle), Pridi Phanomyong ...

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

 

et deux autres qui firent ensuite beaucoup parler d’eux : Khuang Aphaiwong, né en 1902, de culture française, qui sera ultérieurement premier ministre 

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

et un officier subalterne, alors jeune capitaine (il est né en 1897) formé à l’école d’artillerie de Fontainebleau, Phibun Songgram. Ce serait dans l’un de ces cafés du quartier latin où l’on continue à refaire le monde que ce petit groupe prépara un coup d'État qui réussit en une journée sans une goutte de sang. Ce petit groupe avait été à l'origine de la révolution et prit le nom de « Parti du Peuple », bien qu'il ne comprît pas l’ombre d’un élément populaire et, avec de brèves éclipses, resta au pouvoir  jusqu'en 1945.

 

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Du 28 juin 1932 jusqu’à la prise du pouvoir par Phibun après la chute de Phraya Phahon le 16 décembre 1938, le Siam connut sept cabinets ministériels sous la direction successive de deux premiers ministres. Pibun sera le chef du huitième et le troisième premier ministre du Siam.

 

Nous allons donner la chronologie de cette irrésistible ascension qui fit en 6 ans d’un capitaine le chef des armées siamoises et le premier ministre tout puissant de son pays, une ascension plus rapide que celle de Bonaparte. Il y a de cette austère chronologie quelques leçons à tirer.

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Le premier « cabinet ministériel »  (du 28 juin 1932 au 10 décembre 1932)

 

Ce premier « comité public » autoproclamé est en réalité un cabinet ministériel dont il n’avait pas le nom. C’est à l’instigation du Roi que seront dans l’avenir utilisés les termes de « cabinets » et de «  ministres », celui de « comité » ayant une connotation par le régime soviétique au sein duquel le pouvoir appartenait en réalité au « comité central » (dont Staline, par exemple, n’était « que » le secrétaire).

 

Le Président en est  Phraya Manopakorn Nitithada (1).

 

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

La liste officielle donne le nom des membres de ce cabinet sans ordre alphabétique, il faut donc en déduire qu’il s’agit d’un ordre hiérarchique même si chacun d’eux n’a le titre que de « membre du comité » (2).

 

Le premier de la liste est le Contre-amiral Phya Preechacholayuth sur lequel nous n’avons pas de renseignements. Vient en second le Phraya Srivisaravaja, probablement un civil. Il est suivi du Général  Phraya Phahon Phonpayuhasena que nous connaissons déjà (3).  Le quatrième est  le  Colonel Phraya Songsuradej  sur lequel nous savons peu de choses (1891–1944) sinon qu’il a été cadet dans une académie militaire allemande (probablement  Berlin en même temps que Phraya Pahon), qu’il fut l’un des responsables du coup d’état et qu’il fut exilé en Indochine en 1939 après sa rupture avec Phibun. Il y mourut en 1944. Le numéro cinq est le colonel Phraya Rithakkanee dont nous savons simplement qu’il eut ultérieurement des fonctions ministérielles. Il en est de même du sixième, probablement un civil, le Phraya Pramuanwichaphul. Vient encore un lieutenant-colonel au septième rang, Phra Prasartpittayayuth. Nous trouvons (nous allions dire enfin !) au huitième rang le Major Luang Phibhunsongkram (Plaek Phibhunsongkram). De capitaine, il est devenu major, le premier grade des officiers supérieurs, l’équivalent de commandant. Après lui, le  Commander Luang Sindhusongkramchai qui aura ultérieurement aussi des fonctions ministérielles. Son grade (dans la marine) correspond à celui de Lieutenant – colonel (capitaine de frégate). Il est suivi au dixième rang par Luang Praditmanudham (Pridi Banomyong). Nous trouvons ensuite (onzième et douzième rang) Luang Dejasahakorn (un civil qui aura aussi d’autres fonctions ministérielles ultérieurement) et  Mr. Tua Labanukram un civil non titré (il n’est que « Mister ») qui aura également un poste ministériel ultérieurement. Le numéro treize n’est pas le moins atypique : Mr. Prayun Bhamaramontri,  un militaire malgré le « mister » (4). La lanterne rouge est un civil, Mr. Naeb Bahalayodhin, qui aura des postes ministériels ultérieures.

 

Les militaires sont en majorité (9 sur 15). La plupart des membres de ce « comité » n’ont laissé aucune trace dans l’histoire ou tout au moins n’en avons-nous pas trouvé.

 

Ce « comité » fut responsable de l’élaboration de la constitution de décembre. Ils n’étaient pas trop de quinze pour ce faire.

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Le second Cabinet (10 décembre 1932 – 1er avril 1933)

 

Il est celui de Phraya Manopakorn (1). Il est composé de vingt membres qui ne sont plus membres d’une espèce de soviet, mais des « ministres ». Ils sont vingt et tout comme au sein du précédent « comité » la liste n’est pas alphabétique mais présentée selon un ordre hiérarchique qui établit la hiérarchie des préoccupations gouvernementales : 

 

Ministre des finances : poste que s’attribue Phraya Manopakorn 

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

.... ministre de la défense : amiral Phraya hya Rajawangsan, nouveau venu, ministre des affaires étrangères : poste attribué à un nouveau venu Phraya Srivisaravaja, ministre de l’économie : Phraya Wongsanupraphan, un ancêtre direct de la reine Sirikit, un membre de la famille royale rangé du côté des insurgés, ministre de l’éducation : Chao Phraya Dhammasakmontree (5), ministre de l’intérieur : Phraya Jasaenyabodeesriboriban, un nouveau venu sur lequel nous n’avons aucun renseignement, et le ministère de la justice enfin, attribué à Phraya Devaviturapahulasarutabodee sur lequel nous n’avons aucun renseignement. Indépendamment du premier ministre, il n’y a qu’un militaire, ministre de la défense.

 

Nous trouvons à la suite de ces sept ministres principaux (6) treize autres que ne sont que « ministres », citons les dans leur ordre d’apparition, un marin, le contre-amiral Phraya Preechacholayuth, le Général Phraya Phahon Phonpayuhasena (Phot Bahalayodhin) qui sera bientôt premier ministre, encore un militaire, le Colonel Phraya Songsuradej, venu du précédent cabinet, et encore un colonel, Phraya Rithakkanee, lui aussi venu du précédent cabinet,  Phraya Pramuanwichaphul, le lieutenant-colonel Phra Prasartpittayayuth, toujours au ancien, Pridi revient au quatorzième rang suivi du Commander Luang Sindhusongkramchai, autre ancien,  Pibun arrive ensuite, toujours avec grade de major, Luang Dejasahakorn, lui aussi est de retour, « Mister » Prayoon Bhamaramontri également. Naeb Bahalayodhin est monté d’un grade, il est avant-dernier Tua Labanukram se retrouve bon dernier. Une majorité de militaires, 7 sur 13 parmi ces ministres sans portefeuille. La plupart de ces ministres avec ou sans portefeuille n’ont laissé aucune trace dans l’histoire.

 

Que faut-il penser de cette inflation de ministres sans portefeuille ?

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Les sept ministères principaux proviennent directement de l’organisation administrative et ministérielle créée par Rama V dont on peut penser quelle suffisait amplement aux besoins de la direction du pays :

 

Le Siam est à cette époque peuplé de 12 ou 15 millions d’habitants. Il est permis de se poser la question de savoir si la nécessité se faisait sentir de cette pléthore de ministres sans attribution précises et surtout sans aucune structure administrative, des ministres sans cabinet ministériel, sans  fonctionnaires sous leurs ordres? A quoi pouvaient-ils donc servir ? Il y a une explication d’évidence, il s’agissait tout simplement de remercier les putschistes par un titre flatteur et probablement lucratif (bien que nous n’ayons trouvé aucun élément sur la manière dont ils étaient rémunérés).

 

Le Siam traverse une crise économique et financière grave partiellement à l’origine du coup d’état, on a cisaillé la liste civile du monarque mais on n’a pas mégotté sur la création de postes d’une apparente inutilité. Du népotisme royal, est-on passé à un très peu démocratique copinage ? Le premier ministère (le 23ème dans l’histoire de la Thaïlande) qui vit disparaitre cette inflation de postes probablement de complaisance et au sein duquel nous ne trouvons que de vrais ministres  fut celui de Phibun (du 24 mars 1952 au 26 février 1957).

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Le troisième cabinet (1er avril 1933 – 16 décembre 1933)

 

C’est un cabinet présidé par Phraya Phahon Phonpayuhasena (3) où nous ne retrouvons pas les sept  ministères hiérarchisés tels les sept vertus. Leur nombre et leur ordre a changé : C’est un cabinet relativement restreint :

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

La défense, première servie, est confiée au Major général Phraya Prasertsongkram, nouveau venu que nous retrouverons plus tard.

 

L’intérieur est confié à Phraya Udompongpensawasdi, nouveau venu, l’économie à Phraya Komarakulamontree, autre nouveau venu qui a à son actif d’avoir grandement participé à l’introduction du système métrique, les finances sont confiées au Chao Phraya Sridhammadhibes, autre nouveau venu, l’éducation au Chao Phraya Dhammasakmontree, autre prince lui aussi nouveau venu et la justice au Phraya Nitisastrapaisal qui continuera une carrière ministérielle. Voilà pour les six ministères « nobles ». Nous retrouverons ensuite huit ministres sans portefeuille, en tête, Phraya Suriyanuwatra alias Gerd Bunnag (retour par la petite porte de la puissante famille Bunnag ?) 

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

le contre-amiral Phraya Preechacholayuth, de retour, un nouveau colonel, le colonel Phra Sitthiruengdejaphol, Phibun, Lieutenant-colonel qui est monté en grade, un marin,  le Commander Luang Suphachalasai, l’un des artisans majeurs du coup d’état de 1933, un autre marin, le commander  Luang Sindhusongkramchai que nous connaissons déjà, Luang Naruebesmanit  et Luang Sirirajamaitree, les deux derniers, probablement des civils, dont nous ne savons rien.

 

Comme tout cabinet qui se respecte, celui-ci connaîtra des remaniements, le contre-amiral Phraya Preechacholayut démissionne le 8 août 1933 et le même jour sont désignés deux nouveaux ministres, le capitaine Phraya Wichitcholathee et le lieutenant Luang Thamrongnavaswadhi.

 

Le 1er Septembre 1933, Prahya Nitisastrapaisal a été nommé ministre de la Justice et Phraya Abhibanrajamaitree (Torm Bunnag), encore un Bunnag, a été nommé ministre des Affaires étrangères, deux nouveaux venus dont nous ignorons tout. Le 1er Octobre 1933, Pridi a été nommé ministre et le 9 Décembre 1933, le capitaine Phraya Wichitcholathee fraichement nommé, démissionne de son poste en raison de maladie grave. Encore un cabinet comportant une majorité de militaires (un tiers), des remaniements et une majorité de ministres sans fonctions précises encore oubliés de l’histoire.

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Le quatrième cabinet (16 décembre 1933 – 22 septembre 1934)

 

C’est un cabinet Phraya Pahon. Il a été un peu élargi  puisqu’il comprend 19 ministres avec ou sans portefeuille.

 

La défense est toujours en tête, reste attribuée au Major général Phraya Prasertsongkram. Les finances à nouveau au Chao Phraya Sridhammadhibes. Les affaires étrangères restent confiées  à Phraya Abhibanrajamaitree (Torm Bunnag), l’éducation revient au premier ministre, Phraya Phahon avec un vice-ministre, un nouveau venu Phraya Sarasasanaprapha. Le ministère de l’intérieur est confié également au premier ministre et ministre de l’éducation.  Phraya Phahon. Phraya Nitisastrapaisal reste ministre de la justice. Une création, un « ministère de la maison royale » est confié au Chao Phraya Worawongsapiphat, un prince nouveau venu. Phraya Komarakulamontree que nous venons de rencontrer se voir confier le ministère de l’économie.

 

Suivent ensuite dix ministres sans portefeuille, Phra Dulayataranapreechawai, un modeste lieutenant de vaisseau Luang Thamrongnavaswadhi qui continuera une carrière ministérielle et finira avec grade d’amiral, Luang Naruebesmanit, membre du précédent cabinet. Phibun a le numéro 13 qui lui portera chance. Après lui Phraya Manawarajasewi, nouveau venu et le commander Luang Suphachalasai de retour. Phraya Samantharathaburin, qui commence une longue carrière ministérielle. Les trois derniers sont le Colonel Phra Sitthiruengdejaphol, le commander Luang Sindhusongkramchai et Phraya Suriyanuwatra  alias Gerd Bunnag, tous trois de retour. Moins de militaires, certes mais tout autant de ministres sans fonctions précises. Beaucoup de remaniements durant ces dix mois, nous vous en épargnons le détail.

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

L’ascension au sein du cinquième cabinet (22 septembre 1934 –  9 août 1937).

 

C’est un cabinet Phraya Phahon  de 17 membres.

 

Phibun, qui a accédé au grade de colonel, devient en tête ministre de la défense. Phraya Manawarajasewi revient au second rang ministre des finances. Le premier ministre s’attribue le ministère des affaires étrangères. Phra Sarasasanapraphan, de vice-ministre, devient ministre de l’éducation nationale. Pridi bénéficie également d’une belle ascension puisqu’il devient ministre de l’intérieur. Phraya Nitisastrapaisal conserve la justice, Chao Phraya Worawongsapiphat, Le contre-amiral Phraya Sorayuthaseni, un nouveau venu, devient ministre de l’économie. Ils sont suivis de neuf ministres sans portefeuille, Phra Dulayataranapreechawai, un marin, le commander  Luang Thamrongnavaswadhi qui débute une carrière ministérielle après être monté en grade, de Luang Naruebesmanit de retour, d’un autre marin, le commander Luang Suphachalasai, toujours en poste, d’un nouveau et modeste simple « Khun » Smaharahitakadee qui débute lui aussi une carrière ministérielle, du colonel Phra Sitthiruengdejaphol qui continue la sienne comme le Capitaine Luang Sindhusongkramchai, d’un autre simple « Khun » Sugandhavitsuksakorn et,  toujours là, un membre de la famille Bunnag, Phraya Suriyanuwatra (Gerd Bunnag) (7). Ce cabinet connut, jusqu’à la démission du premier ministre, le 9 août 1937, de multiples remaniements (1er août 1935, 12 février 1936 et 30 septembre 1936) dont nous vous faisons grâce.

 

Des militaires toujours, des ministres sans portefeuille de plus belle et toujours des remaniements.

 

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

 

Le sixième cabinet (du 9 août au 21 décembre 1937)

 

C’est un cabinet Phraya Phahon de 20 ministres.

 

Phibun demeure le premier sur la liste comme ministre de la défense. Les finances sont confiées à un nouveau venu, Phraya Chaiyayotsombat, son premier poste, auquel on a adjoint un vice-ministre Khun Smaharahitakadee. Pridi quitte l’intérieur pour les affaires étrangères. Le premier ministre se réserve l’agriculture, nouveau ministère. Le capitaine Luang Sindhusongkramchai prend du galon et devient ministre de l’’éducation. Le commander Luang Thamrongnavaswadhi devient ministre de l’intérieur. Chao Phraya Mahidhara, un prince, devient ministre de la Justice. Le colonel Phra Boriphanyuthakij est à l’économie, assisté d’un vice-ministre, encore un colonel, Luang Chamnanyuthasilpa. Sur les dix ministres sans portefeuille, nous trouvons ou retrouvons quatre militaires dont trois nouveaux venus (le capitaine Phraya Wicharnchakrakij, le capitaine Phra Wechayantarangsarit, le commandant Luang Suphachalasai  et le colonel Phraya Abhayasongkram) et cinq nouveaux venus chez les civils (Luang Nathanitithada, Luang Wichitwathakarn – futur responsable de la propagande de Pibun -  Phraya Srisena, Phraya Samantharathaburin alias Ben Abdullah évidemment un musulman, Phra Sarasasanapraphan qui a été rétrogradé et Khun Sugandhavitsuksakorn.

 

Les militaires reviennent en force (à l’instigation de Pibun ?) autant chez les ministres titulaires de charges précises que chez ceux qui n’en ont pas, et des remaniements.

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Le septième cabinet (du 21 décembre 1937 au 16 décembre 1938)

 

C’est toujours un cabinet Phraya Phahon avec Phibun au ministère de la défense, le Phraya Chaiyayotsombat aux finances et Pridi aux affaires étrangères. Le Colonel Phraya Rithakkanee devient un « vrai » ministre avec le portefeuille de l’agriculture avec un vice-ministre, le commander  Luang Suphachalasai, un marin qui avait pris une part active au coup d’état. Le commander Luang Thamrongnavaswadhi prend l’intérieur avec un policier vice-ministre, le colonel de police Luang Adulyadejajaras. Chao Phraya Sridhammadhibes passe à la Justice. Les colonels Phra Boriphanyuthakij et Luang Chamnanyuthasilpa sont respectivement ministre et vice-ministre de l’économie. Les postes principaux sont aux mains des militaires.

 

Il n’y a plus que sept ministres sans portefeuille, trois militaires  (le capitaine Phraya Wicharnchakrakij, le captaine Phra Wechayantarangsarit  et le colonel Phraya Abhayasongkram, des anciens) et quatre civils (un nouveau venu, Luang Kowitabhayawongsa, Luang Naruebesmanit, Luang Wichitwathakar et  Phra Sarasasanapraphan) (8)

 

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Le 16 décembre 1938, Phibun accède au poste de premier ministre qu’il occupera jusqu’au 7 Mars 1942 puis, devenu d'abord « Major-général » « field marshall » en 1941,  c’est-à-dire maître absolu des forces armées (sous l'autorité constitutionnelle évidemment théorique du roi,  « chef des armées ») , encore du 7 mars 1942 au 1 Août, 1944 (9).

 

Le pouvoir vient de passer progressivement à l'aile la plus nationaliste de ce qui continuait à s'appeler sans rire le « Parti du Peuple ».

 

Une page de l’histoire du Siam est tournée.

 

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Notes

 

(1) Voir notre article  190 « LE PREMIER GOUVERNEMENT DE LA NOUVELLE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM (28 JUIN 1932 – 21 JUIN 1933) ».

 

(2) Ces renseignements sont puisés dans le site officiel http://www.cabinet.thaigov.go.th/eng/cab_01.htm et la suite jusqu’à nos jours. (02, 03, etc…)

 

(3) Voir nos articles 191 « PHRAYAPHAHON, SECOND PREMIER MINISTRE DU SIAM CONSTITUTIONNEL DU 24 JUIN 1933 AU 11 SEPTEMBRE 1938, UN PERSONNAGE ENIGMATIQUE » et 192 « LE DEUXIÉME GOUVERNEMENT DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE AU SIAM DE PHRAYA PHAHON (24 JUIN 1933 - 11 SEPTEMBRE 1938) ».

 

(4) Né à Berlin le 5 février 1897, mort à Bangkok en  1982. Son père est « petit fonctionnaire » au Consulat de Berlin et sa mère allemande. Dans les années vingt, malade de la tuberculose, il se rend en Suisse puis retourne étudier en France où il fait la connaissance de  Pridi.  De retour au Siam, il devient fonctionnaire des postes et télégraphes. Lors du coup d’état, il dirige un petit détachement de marins pour occuper le siège du ministère.

 

Depuis toujours, il s’inquiète de la politique économique de Pridi qu’il considère comme un communiste. Il quitte le gouvernement après le deuxième coup d’état de Phraya Phahon. Entre 1938 et 1943, il est à la tête du mouvement « Yuwachon » (ยุวชนทหาร littéralement « jeunes-hommes soldats »)  dont il est l’un des fondateurs et que l’on assimile souvent un peu trop hâtivement aux « jeunesses hitlériennes » - ce n’est pas l’uniforme dont les Thaïs sont friands qui fait un nazi - et que nous assimilerions  plus volontiers à notre ancienne préparation militaire élémentaire qui existe toujours sous le même  vocable.

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

Les seuls combats que mèneront ces jeunes gens furent d’ailleurs de tenter de s’opposer au débarquement japonais

Membre en 1941 de la Commission militaire mixte Siam-Japon, il est interné comme prisonnier de guerre (probablement par les Anglais ?) ce qui lui valut probablement la sanction de n’être titré ni « phraya » ni « luang ». Nous le retrouverons ultérieurement dans les Cabinet Phibun. Manifestement frappé d’ostracisme, les seuls renseignements sur lui proviennent de Wikipédia en allemand.

 

(5) Son titre de Chao Phraya laisse à penser qu’il est de sang royal. C’est un écrivain mais ses œuvres n’ont pas été traduites. Nous n’en connaissons que les paroles de l’hymne national actuel.

 

(6) Faut-il y voir le symbolisme du chiffre sept, important dans le bouddhisme ???

 

(7) Il est permis de s’étonner de retrouver dans plusieurs cabinets un  membre de la famille Bunnag. Au premier rang des grandes familles du royaume, tout aussi prolifique que la famille royale, ils étaient les bénéficiaires privilégiés de ce népotisme forcené dont se plaignaient les putschistes.

196  –  LA CHRONOLOGIE DE L’ASCENSION DE PHIBUN AU POUVOIR SUPRÊME

"(8) Le 26 juin 1933, le premier ministre a présenté son programme au parlement en des termes dépourvus d’équivoque et sans s’embarrasser de circonvolutions, c’est du style militaire et non du style d’avocat  :

 

« Le gouvernement est appelé à diriger les affaires de l'Etat, conformément à la Constitution, par conséquent, il maintiendra la sécurité nationale, pour le bien du peuple ».

« Le gouvernement maintiendra des relations étroites avec les autres nations souveraines »….

« En sus de notre nation, l'éducation de nos enfants et nos et autres points d'intérêt, le gouvernement se doit d’annihiler le

communisme et de rétablir la confiance et l'unité parmi la population »

« Le gouvernement doit maintenir le taux de change actuel ».

 

(9) Le titre de « Major-général  » correspond chez nous à celui de Général d'armées. Celui de « field marshall » que l’on peut traduire (mal) par « Maréchal » n’a rien à voir avec le terme français de « Maréchal » qui n’est pas un grade mais une distinction attachée à un général ayant commandé victorieusement en chef devant l’ennemi en temps de guerre. Singeant  la conception anglo-saxonne, le « field marshall » en Thaïlande est tout simplement le commandant suprême des armées de terre, de l’air et de mer.

 

 

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