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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 18:01
199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

Nous avions vu que malgré l’idéologie panthaïe affichée par le gouvernement Phibun manifestant la volonté de reconquérir les territoires sur lesquels autrefois le Siam avait exercé sa suzeraineté au Laos, Cambodge, Malaisie, voire dans d’autres régions, il avait bien fallu négocier avec les grandes puissances toujours menaçantes.

 

Ces négociations aboutirent à deux pactes de non-agression, qui furent signés le 12 juin 1940 à Bangkok avec la France et la Grande-Bretagne,  tandis qu’à Tokyo était signé un « traité concernant la continuation des relations amicales et le respect mutuel de l’intégrité territoriale ».

 

Mais l’effondrement de la défense française, et la signature de l’armistice de la France avec l’Allemagne le 22 juin 1940 allait changer les rapports de force en Orient. 

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

Si le gouvernement japonais profitera de la défaite française en Europe pour adresser un ultimatum au gouvernement général français d’Indochine pour obtenir un droit de passage pour acheminer du matériel militaire vers la République de Chine, la Thaïlande verra là une occasion de suspendre la ratification de l’accord signé et de revendiquer des territoires que la France lui avait pris au Laos et sur la rive droite du Mékong. (Revendications encouragées en sous-main par le gouvernement japonais.)

 

L’amiral Decoux signalera qu’ « au lendemain de l’armistice, une violente campagne anti-française se déclenchait tout au long du Mékong. Des tracts, à tendance irrédentiste, réclamant en termes agressifs la rétrocession du Cambodge et du Laos étaient, dès le début du mois d’août 1940, diffusés clandestinement en territoire indochinois » (A la barre de l’Indochine. Histoire de mon gouvernement général (1940-1945). Paris, Plon, 1949.)

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

Bangkok réclamera officiellement le 13 septembre 1940 au gouvernement de Vichy la rétrocession des territoires laotiens de la rive occidentale du Mékong  et les trois provinces cambodgiennes de Sisophon, Siemrap, et Batambang. Le gouvernement français refusa le 17 septembre.

 

 Le 14 octobre, un communiqué de l’amiral Decoux transmettait le désir du gouvernement de Vichy de négocier, mais le gouvernement Phibun refusera et par la voix de son ministre de la propagande Luang Wichitwathakan mènera une campagne anti-française par radio et par voie de presse pour soulever la population, en rappelant que les territoires du Laos et du Cambodge avaient été extorqués à la Thaïlande par l’Empire colonial français

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

« Les relations se dégradent et la tension monte. Chaque incident est vite monté en épingle par Bangkok. L’aviation thaïlandaise n’hésite plus à faire des incursions dans l’espace aérien indochinois et les troupes thaïlandaises se concentrent aux frontières du Cambodge et du Laos ».** La guerre était proche.

 

Nous vous avons déjà raconté cette guerre franco-thaïlandaise dans notre article « 30. Les relations franco-thaïes : lors de la deuxième guerre mondiale ».** Rappelons les principaux éléments.

 

« Attaque de l'Indochine française

 

En cette fin septembre 1940, le gouvernement de Phibun constate, après les événements de Lang Son (du 22 au 26 septembre 1940),  que les Japonais ont pu sans grande difficulté envahir l’Indochine au Nord et vaincre l’Armée française, même si sur ordre  de l’Empereur du Japon, la division est évacuée par mer et la souveraineté française est rétablie le 30 novembre.

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

Les forces en présence. (In Wikipédia)

 

Les forces françaises en Indochine se compose d'une armée de 60.000 hommes, (dont 12.000 venant de métropole), organisée en 41 bataillons d'infanterie, deux régiments d'artillerie, et d'un bataillon de génie. L’Armée de l’air comprend une centaine d’avions dont 60 peuvent être envoyés en 1ère ligne La faiblesse la plus évidente de l'armée française est son nombre de chars : 20 contre 134 pour l’Armée thaïlandaise.

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

L’Armée thaïlandaise est bien  équipée et se compose également de soixante mille hommes environ, « divisée en quatre armées, la plus importante étant l'armée de Burapha avec cinq divisions.  (…) la Force aérienne disposait d'environ 200 avions de combat et de 120 avions d'entraînement (…) La marine regroupait pour sa part une trentaine d'unités, dont deux garde-côtes cuirassés de construction japonaise, le Thonburi et le Sri Ayuthaya (armés de quatre canons de calibre 203 mm), neuf torpilleurs de construction italienne (pourvus de six tubes lance-torpilles de 533 mm) et quatre sous-marins côtiers (livrés en 1938 par le Japon). Elle comportait également une petite aviation anti-sous-marine, et deux bataillons de fusiliers-marins

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

Déclenchement des opérations

 

En novembre 1940, les Thaïlandais, profitant que l’Armée française est occupée à mater une révolte paysanne animée par Tran Van Giau, multiplient leurs incursions en territoire cambodgien. L’aviation thaïlandaise mène aussi  des raids de représailles sur les villes de Thakhek et Savannakhet au Laos. Le Gouverneur Decoux est autorisé à répondre aux provocations thaïlandaises.

 

Le 1er décembre, la Thaïlande bombarde une nouvelle fois Thakhek, une barge est attaquée près de Nongkaï tuant deux soldats français. Les accrochages sont multiples aux alentours de Vientiane. Les Thaïs bombardent l’artillerie française le long  du Mékong. Et dans ce mois de décembre la liste des accrochages est longue, avec des embuscades de patrouilles, des bombardements de jour de l’aviation  thaïe au Laos de Thakhek, Packsé et Vientiane puis les villes cambodgiennes de Sisophon, Battambang, Stung Treng, Mongkol Borey et Siemréap.

 

L’aviation française, quant à elle, effectue  des raids de nuit en représailles sur les centres thaïlandais de Oudorn, Sakon Nakonn, Aranya, Lakhon, Prachinburi, Makhonn Phanom, Waddhana et Sisaket, avec peu de résultats. Les Français perdent officiellement 2 chasseurs. Les Siamois reconnaissent  la perte de 5 appareils, 13 aviateurs tués et 5 blessés. 

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

La Thaïlande occupe Pak-Lay et Bassac.

 

Pendant ce temps, la propagande nationaliste prend la forme de l’intolérance religieuse et les missionnaires et  religieux français du Nord-Est sont expulsés au Laos, le 28 et 29 novembre 1940 et les religieux catholiques siamois sont persécutés. Deux religieuses et cinq catholiques siamois de la Province de Song Khorn sont fusillés pour avoir refusé de renier leur religion.

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

Début  janvier 1941, les Thaïlandais, délaissent le Laos bien protégé par le Mékong,  et déclenchent leur attaque principale contre le Cambodge, en progressant sur deux axes vers Battambang et Samrong dans le but de repousser les Français dans la région de Sisophon. Le fort de Polpet tombe. Les forces thaïlandaises s’emparent aussi  de Yang Dang Khum et de Phum Preav. Leur aviation bombarde Samrong. L’Armée Isan prend le poste de Vang Tao après de violents combats. Les Français se replient sur Ban Dou et  sur le Fleuve Pasqué.

 

L’Amiral Decoux contre-attaque le 16 janvier avec le 5 ème régiment d’ infanterie  les villages thaïlandais de Yang dang Kum et de Phum Preav. Des combats très meurtriers ont lieu, mais les légionnaires doivent décrocher de Phum Preav.

 

L’appui des canons antichars arrivent à stopper l’avance thaïlandaise. Les pertes des deux côtés sont lourdes et les deux armées se retirent sur un échec français (Le 17 janvier, le 3°RTT a été mis en déroute à Yang Dang Khum).

 

A Bangkok,  on publie des communiqués de victoire.

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

 

La bataille de Koh Chang du 17 janvier 1941.

 

(Cf. notre Article 4, une version française : « 17 janvier 1941: La bataille navale de Koh-Chang ». In http://www.alainbernardenthailande.com/article-17-janvier-1941-la-bataille-navale-de-koh-chang-thailande-114422430.html)

 

« Le 17 janvier 1941 au cours de la  2 ème guerre mondiale a lieu la "Bataille Navale de Koh Chang". Il est écrit dans les livres d’histoire thaïe que « Les Thaïs remportèrent la victoire. Le 17 janvier est fêté chaque année pour commémorer les héros navals qui sacrifièrent leurs vies pour protéger leur pays. »

 

Alors que la situation à terre est critique pour la France,  la bataille Navale de Koh Chang va changer cet avantage terrestre thaïlandais.

 

L’amiral Jean Decoux donne l'autorisation à l'amiral Terraux, commandant la Marine en Indochine, d'exécuter une opération contre la Marine thaïlandaise.

 

Le 16 janvier 1941, une petite escadre française composée du croiseur Lamotte-Picquet et des avisos Dumont-d’Urville, Amiral Charner, Tahure et Marne, commandée par le Capitaine de Vaisseau Bérenger croise au large des côtes siamoises. Le 17, un avion de reconnaissance découvre la flotte thaïlandaise au mouillage dans la baie de Koh Chang.

 

L’escadre française, malgré son infériorité numérique  entame le combat. En moins de deux heures le bilan est lourd pour la flotte thaïlandaise qui perd 40 % de sa puissance. Trois torpilleurs (Songkla, Cholburi et trat) sont coulés et le Lamotte Piquet endommage irrémédiablement les garde-côtes Dombury et le Sri Ayuthaya.

 

Le bilan des pertes humaines diverge selon les sources.***

 

La marine française déclare que plus de 300 hommes sont morts du côté thaïlandais avec 80 survivants. La marine thaïlandaise ne reconnait que 36 hommes.

 

Le gouvernement thaïlandais n’en annonce pas moins sa victoire et radio Bangkok proclame la destruction de cinq navires. Pendant ce temps  l'Escadre du Lamotte-Picquet arrive intacte  à Saigon, fière d’avoir remporté une grande victoire navale.

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

La fin du conflit avec  la « médiation » du Japon.

 

Le 19 janvier 1941, les avants gardes terrestres thaïlandaises arrivent sur Mung Cao, dans le Sud Laos. Le 24 un raid de bombardiers thaïlandais touche l’aéroport français d’Angkor. Dès le 20 janvier, le gouvernement japonais présente une offre de «médiation » dans le conflit qui oppose la France de Vichy à la Thaïlande en Indochine, « dont les termes comminatoires ne laissaient aucun doute sur son caractère d’ultimatum ». Il envoie une note aux belligérants le 22 janvier 1941 pour imposer des négociations.

 

Le 30 janvier, l’accord d'armistice définitif entre la France et la Thaïlande, est signé à Saigon à 20 heures, sur le cuirassé japonais Natori. Il prévoit l'arrêt des combats, en attendant la signature d'un traité de paix, qui doit être négocié dans quelques jours à Tokyo. Le 31 janvier, une trêve de deux semaines avec un retrait des troupes terrestres de 10 km est signée.

 

Le 7 février, une conférence s'ouvre à Tokyo pour régler le problème de façon définitive.

 

La délégation française est dirigée par le gouverneur général René Robin, les Thaïlandais par le prince Varanarn. Le ministre japonais des affaires étrangères Matsuoka préside les débats. Les Français rejettent les revendications siamoises jusqu'au 2 mars, malgré la pression japonaise, mais l'arrivée de Darlan à la tête du gouvernement de Vichy (25 février) entraîne  une attitude plus conciliante.

 

Le 11 mars, sous la contrainte japonaise, un accord est signé. Le 9 mai 1941, un traité stipule que  la Thaïlande obtient les territoires, qu’elle avait dû cédés à la France « coloniale » en 1867 : les provinces cambodgiennes de Battambang (en totalité), de Siem Réap, de Kompong-Thom  et de Stung Treng (en grande partie) soit plus de 50.000 km2 (le quart de son territoire, et plus de 420.000 personnes). Le Laos cède les territoires de la rive droite du Mékong (provinces de Sayaburi et Champassak). Le roi du Laos et du Cambodge n'ont pas  été consultés.

 

La guerre franco-thaïe était terminée. Elle avait note Fistié, réalisé l’unanimité nationale et assuré la cohésion du régime.

 

La Thaïlande avait pris sa revanche historique sur la France non sans l’appui ferme du Japon, qui avait mené de fait toute la négociation … en pensant à son expansion, qui n’allait pas tarder à se manifester.

 

Le 7 décembre 1941 les Japonais attaquaient  Pearl Harbour ;  tandis  que ce même 7 décembre les Japonais débarquaient au Siam, mettant le gouvernement devant le fait accompli.

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

 

Cf. l’article suivant « Le gouvernement Phibun Songkhram. Du 7 décembre1941 à sa chute le 1er août 1944. » 

 

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*Pierre Fistié, in « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », Armand Colin, 1967

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http://www.alainbernardenthailande.com/article-30-les-relations-franco-thaies-la-2-eme-guerre-mondiale-67649933.html

 

Bibliographie et sources

 

Fabienne Mercier-Bernadet, « Le conflit franco-thaïlandais (juin 1940-mai 1941), une manipulation japonaise ? », Revue historique des armées, no 223, 2001.

 

Dossier sur la Guerre franco-thaïlandaise et l'invasion japonaise, dans Le Franc-Tireur N°1 de 1996

 

Yann Mahé et Étienne Le Baube, Les opérations terrestres de la guerre franco-thaïlandaise. 1940-1941, article illustré par Guillaume Le Baube, dans Champs de bataille no 19. Cet article analyse et détaille le déroulement des opérations.

 

Cf. J. Billiottet (ancien médecin major de l'Amiral Charner), Le combat de Koh Chang.

 

Colonel David Smiley Au coeur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6, L’Esprit du Livre Éditions, 2008

 

Journal officiel britannique, London Gazette du 27 août 1946 

 

E. Bruce Reynolds Thailand’s Secret War. The Free Thai, OSS, and SOE during World War II, Cambridge University Press, 2004

 

*** Les pertes. Les sources sont très divergentes.

L'armée française aurait eu un total de 321 tués, et capturé 21 Thaïlandais. L'armée thaïlandaise aurait eu 54 tués et 307 blessés et capturé 222 hommes. Certaines sources donnent même  3.600 morts. 

199. LA GUERRE FRANCO-THAïLANDAISE D’OCTOBRE 1940  AU 9 MAI 1941.

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