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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 18:05
205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

L’après-guerre.

 

La déclaration du successeur de Pibun, Kuang Abhaiwongse (ควง อภัยวงศ์) le 3 août devant l’assemblée nationale est brève et ne nous éclaire en rien (1). 

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

 

Celle de son successeur, Tawee Bunyaket (ทวี บุณยเกตุ)  le 1er septembre 1945 annonce la couleur, le pays veut rejoindre « le concert des nations » (2). 

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

C’est ensuite Seni Pramot (เสนีย์ ปราโมช) qui prend les rênes jusqu’au 31 janvier 1946. Sa déclaration de politique générale est parfaitement incolore et inodore (3). 

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

Celle de son successeur, le major Kuang Abhavavongsa, en poste jusqu’en mars 1946 est tout aussi insipide. Pridi qui lui succède est, le 13 juin 1946 plus précis (4). C’est sous le gouvernement du contre-amiral Thawal Thamrongsawadhi (ถวัลย์ ธำรงนาวาสวัสดิ์) au pouvoir d’août 1946 jusqu’en mars 1947 que l’abcès va être crevé. Sa déclaration de politique générale est sans équivoque (5). 

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

Le 17 novembre 1946 est signé l’ « accord de règlement franco-siamois » à Washington.

Ce fut le prix à payer pour l’admission du Siam aux Nations-Unies par la 13ème résolution du 12 décembre 1946 à l’unanimité des membres du Conseil de sécurité. L’admission fut votée par l’Assemblée générale à l’unanimité le 15 décembre (résolution A/RES/101(I)). Le texte de la résolution 207 est un monument de l’art de l’écriture diplomatique notamment dans les déclarations pleines de sous-entendus du représentant des Philippines et des Indes :

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

On remarque l’utilisation systématique du mot « Siam », celui de « Thaïlande » est désormais banni et il faudra attendre le retour de Pibun au pouvoir pour revenir en « Thaïlande ». Naturellement le site officiel des Nations-Unies d’où nous avons extrait ce texte est muet sur les discussions de couloirs !

 

L’article 1er annule purement et simplement le traité de Tokyo de mai 1941 au terme duquel la Siam et la France considéraient les frontières entre le Siam et l’Indochine comme définitivement établies.

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

Mais le Siam n’a pas tout perdu puisque le travail doit en réalité être effectué par une Commission tripartite (Siam-France-Pays neutre) qui doit statuer sur les questions frontalières et entendre les arguments de chacun avant de trancher. Va-t-on repartir à zéro ? Le rapport de la Commission d’arbitrage sera publié le 27 juin 1947. Elle doit statuer en fonction d’un certain nombre de critères : motifs d’unité ethnique, économique ou géographique, frontières naturelles, frontières adéquates du point de vue géographique : chaîne continue de montagnes constituant la ligne de partage des eaux, principal chenal navigable, ligne de faîte des montagnes, repères naturels bien marqués et facilement reconnaissables, forêts. .. Et des concepts, charabia et baratin, bien dans le style bêlant anglo-américain : libre-échange, le bonheur et le bien-être véritables des habitants des districts frontaliers dépendent de libres échanges avec leurs voisins de l’autre côté de la frontière, les zones libres de douanes et démilitarisées favorisent les échanges et stimulent le maintien de rapports amicaux entre les habitants d’un bassin fluvial.

 

Nul ne se soucie alors du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », le dernier (et le seul) à y avoir pensé dans les rapports franco-siamois, ce fut en définitive Napoléon III qui homologua le souhait des Cambodgiens ou tout au moins de leur monarque de se placer sous sa protection et il ne le fit pas en envoyant des canonnières.

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

De façon singulière, seules les langues française et anglaise sont utilisées ce qui n’a évidemment pas dû être un avantage pour les délégués siamois. Et si la commission tripartite est composée de Français et de Siamois, les trois autres membres « neutres » sont un Anglais, un Américain et … le seul vrai neutre, un Péruvien ! Les dés étaient de toute évidence pipés.

 

Mais il faut reconnaître aux délégués siamois un courage certain, car ils entendent remettre en cause de façon globale la totalité des délimitations frontalières antérieures à 1941, bien au-delà des prétentions de Pibun !

 

La raison en est simple : bien que se déroulant après la chute de Pibun, l'abandon de la réclamation siamoise sur les territoires « perdus » aurait porté une grave atteinte à la popularité du gouvernement. Ce fut un combat d’arrière-garde (6).

 

En définitive, ce sont les délimitations effectuées par la puissance coloniale sous la menace de la force plus ou moins directe qui seront purement et simplement homologuées (7). Première manifestation dans le temps d’une doctrine dégagée par ce qu’il est convenu d’appeler « la communauté internationale », quelques qu’en soient les conséquences, les frontières nées de la colonisation sont ce qu’elles sont, on ne doit pas les toucher. L’Afrique en paye encore le prix beaucoup plus lourdement que l’Asie.

 

Nous ne sommes pas encore à l’heure de la décolonisation.

 

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

 

Notes et références

 

 

(1)« Je crois qu’il ne sera pas facile d’administrer les affaires de l'Etat en cette période de guerre et de crise. Néanmoins, je vais travailler, de concert avec le Conseil des ministres, à la limite de mes capacités, afin de briser tous les obstacles que le gouvernement va trouver ».

 

(2) « Le gouvernement doit coopérer avec les Nations Unies, en toutes circonstances, pour les relations internationales et de collaborer avec elle pour établir la stabilité mondiale, dans le respect de la Charte de San Francisco ».

 

(3) Par exemple « Le gouvernement doit rétablir la mentalité, la morale et l'éthique du peuple thaïlandais, qui a été détériorés pendant les temps de guerre … »

 

(4) « Il est essentiel d'établir de bonnes relations avec les Nations Unies …. À cet égard, le gouvernement a l'intention de resserrer les liens existants et une bonne entente avec l'Organisation des Nations Unies et de collaborer avec elle selon les idéaux établis par ladite institution…. »

 

(5) « Le gouvernement considère les affaires étrangères comme sa première priorité …. Il doit agir avec sagesse pour bénéficier de la confiance internationale, et celle des souverainetés, qui constituent les Nations Unies …À cet égard, le gouvernement doit mettre en œuvre des mesures efficaces pour promouvoir de bonnes relations avec les Nations Unies et les autres souverainetés, collaborer avec ladite institution, respecter les obligations internationales ».

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

(6) Voir l’article de Charnvit Kasetsiri « THE FIRST PHIBUN GOVERNMENT AND ITS INVOLVEMENT IN WORLD WAR II » In Journal de la Siam society, 1974, volume 62-2.

 

(7) Les trois points litigieux sur lesquels portaient les revendications siamoises étaient les suivants :

• En ce qui concerne les territoires de la rive gauche du Mékong (c’est-à-dire le Laos encore français, ce que Pibun n’avait jamais osé demander) au vu d’arguments d’unité ethnique et géographique que la Commission balaye d’un trait de plume au motif essentiel que ce serait amputer l’Indochine française d’un tiers de son territoire.

• En ce qui concerne les territoires de la rive droite du Mékong enclavé dans le territoire siamois, l’analogie de langage, d’origine et de culture des habitants de chaque côté de la frontière actuelle ne suffisent pas, en eux-mêmes, à justifier une modification de cette frontière en faveur du Siam.

• En ce qui concerne le territoire de Bassac (Champasak) situé à l’ouest du Mékong et au nord de la rivière Se Lam Pao, n’épiloguons pas, même revendication siamoise, même réponse.

 

205 - LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAILANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE (suite).

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