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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 18:00
A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Jean Marcel présente sa vision de la Thaïlande  sous la forme de huit « lettres (envoyées) à Jean Tétreau sur le Pays des Hommes libres ». (C’est le sous–titre) (Hexagone, 2002) Chacune de ces lettres est précédée du titre du sujet traité, à savoir : « Le Siam tel qu’il me fut révélé » ; « éloge des Thaïs tels qu’ils sont » ; « leur histoire telle qu’elle fut » ; « le bouddhisme tel qu’on le vit » ; « la cuisine telle qu’on la mange » ; « la langue telle qu’on la parle » ; « le roi tel qu’il règne ». Le livre se termine par un « Long P.-S ». 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

D’entrée, Jean Marcel précise qu’il a choisi l’ancien nom de « Siam » car il lui plait davantage que celui de « Thaïlande », que d’ailleurs, précise-t-il,  aucun Thaïlandais utilise, le connaissant comme  Muang Thai  - ce « qui signifie, dit-il, littéralement le pays libre. » 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Nous étions impatients d’apprendre ce que Jean Marcel avait découvert après 10 ans passés en Thaïlande ; lui qui avait déjà écrit de nombreux romans, essais savants, traduit le Ramakien, et dont nous avions fait l’éloge. (Cf. note*)  Quelle ne  fut pas notre surprise de lire un dithyrambe quelque peu excessif sur le Siam et les Thaïs, en critiquant sévèrement l’homme occidental incapable de comprendre ce « dernier paradis » et cette si merveilleuse culture. 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Jugez  plutôt.

 

Lettre 1.

 

Jean Marcel commence donc sa première lettre en exprimant son amour du Siam et des Thaïs, qu’il vit comme un « envoûtement » même encore après 10 ans de séjour :

 

C’est « le dernier paradis sur terre », où chaque année « des touristes se suicident plutôt que de le quitter » (sic). (p. 19) Il est tellement passionné par ce pays, qu’il a décidé qu’il ferait bon d’y mourir, surtout que c’est un pays libre (il l’a souligné) contrairement au nôtre (Il est du Québec) et qui n’a jamais été colonisé.

 

On voit déjà l’exagération, l’incongru, mais la lettre II intitulée « « éloge des Thaïs tels qu’ils sont »  va se poursuivre dans le dithyrambique.

 

On peut en préambule signaler que Jean Marcel ne dit pas Thaïlandais mais Thaïs et n’évoquera parmi les autres communautés que la communauté chinoise, oubliant les Isans (31 % de la population),  les Muangs (ou Yuans)  (10%) ; les Thaïs du Sud (ou Pak Tai)  (4%), les Thaïs musulmans (1%), et autres groupes thaïs (Shan 2%, etc).

 

Revenons au Siam et aux Thaïs.

 

Jean Marcel se focalisera sur le slogan « touristique » « C’est le pays du sourire », mais en osant exprimer ce qu’aucune agence touristique n’avait osé dire : Ce sourire est tout ; et tous sourient, l’officier de l’immigration, l’agent des douanes, l’hôtesse ; « tous m’ont gratifié d’un sourire qui venait d’un monde que je ne connaissais pas ». Poursuivant : « C’est un univers entier, en effet, qui sourit dans chaque Thaï : c’est le fondement de la culture thaïe, et si on ne l’a pas compris, on ne comprendra  rien à rien. » (p.25)

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Mais par contre, Jean Marcel n’éprouvera pas la même mansuétude pour le sourire des Chinois (Il ne dit pas Thaïs-chinois), qui « dans leurs boutiques (…) n’ont pas le sourire des Thaïs ; et si d’aventure ils vous sourient, alors là attention ! C’est qu’ils vous ont eu sur le prix à payer, même si vous pensez avoir fait une bonne affaire … » (p.96)

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Pour rester sur le sourire, on peut pour le moins,  conseiller à Jean Marcel, le livre de Pornpimol Senawong paru en 2006  « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture », où il apprendra à propos du sourire par exemple, que nous avons en fait au moins 18 sourires derrière lesquels s’expriment 18 types de message répondant à des situations et sentiments codés, du style : grand, penaud, méprisant, sec, embarrassé, amical non reconnu (sic), joyeux, triste, encourageant, épanoui, doux, honteux, encourageant, provocant, dédaigneux, contenu. (Cf. Notre article A2.)

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Et si vous pensez que « ce sourire est le masque de l’hypocrisie asiatique » - nous dit-il - c’est que comme tout occidental, votre esprit est « faussement critique et pathologiquement corrosif » avec un « soupçon généralisé et perpétuel » qui vous fait passer à côté de la réalité. « C’est un peu cette vulgarité de l’esprit, je vous avoue, que j’ai fuie ».

 

On retrouvera tout au long du livre cette charge contre les occidentaux qui ne peuvent rien comprendre : « Qui veut, en effet, entrer idéalement au Siam, laisse au vestiaire ses nippes occidentales : ses préjugés, ses certitudes, ses logiques diverses, ses idéologies (s’il en a encore), voire ses morales, qu’elles soient laïques ou religieuse. Sous peine de n’y rien comprendre. » (p. 84) ; alors que Jean Marcel, sûr de lui, va vous révéler les secrets de «  ce peuple (qui) est une sorte de miracle de l’histoire humaine » (« Et si ce n’était pas là que mon avis personnel je ne vous le dirais pas, gardant pour moi seul ce secret », rajoute-il. p.26) ; ainsi que les « vérités » profondes de ce peuple si admirable, « fait de gentillesse, de calme, d’accueil – le tout se résumant dans le sourire, précisément (p.27),  «  si « féérique» (p.37),  si … si … Ces Thaïs qui n’ont pas changés (« ils se sont modernisés (…) mais ils ont gardé sans une égratignure leur âme d’autrefois. » p. 27). Il poursuivra : « On dirait des anges » ; avec « grâce et sérénité », « une immense famille conviviale ». (p.28)

 

Des anges !

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

« L’envers précis de la société occidentale actuelle ». (p.29) Et pour bien le démontrer, il peut -sans sourire- affirmer qu’au Siam, « La criminalité y est quasi nulle, la délinquance de même » (p.30) Vous avez bien lu, et même mieux, citant Mgr Pallegoix qui au XIXème siècle disait  : « il y a rarement des disputes sérieuses ; un meurtre est regardé comme un accident très extraordinaire, et quelquefois l’année entière se passe sans qu’il y en ai eu un seul » et Jean Marcel d’ajouter : « Il en est toujours à peu près de même maintenant » (p.31)

 

(5.020 homicides en 2001 selon l’ONU. Son livre est paru en 2002.)

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Une société sans crime ! Mais non sans suicide, signalant (p.94) « le suicide chez les jeunes est actuellement en augmentation inquiétante ». Le paradis aurait-il des failles ?

 

Vous comprendrez, qu’à la fin de la lecture de la lettre II, nous pouvions avoir quelques craintes, quand Jean Marcel annonçait pour la lettre III : « Leur histoire telle. Qu’elle  fut… » qu’il se proposait « d’exposer » (c’est son mot) en 12 pages (pp.37-49)

 

L’exercice est difficile, et on retrouvera les partis-pris sur leur « ruse », « leur sagesse », leur « héroïsme » et même « leur bonhomie» pour caractériser  Sukhotaï, le premier royaume de leur pays. Il passera sur beaucoup d’événements importants, mais en douze pages, il ne pouvait faire autrement, mais consacrera quand même une page à Constantin Phaulkon. Un Phaulkon présenté de façon originale, à savoir comme un  représentant de la East India Company, qui « Sur la route d’un de ses nombreux retours en Angleterre, son navire fit un naufrage dont il fut le seul rescapé … avec un ambassadeur thaï rentrant de Perse. On fit copain-copain … et Phaulkon fut ramené à Ayuthaya, présenté à la cour où il n’avait jamais été admis » (p.43) Jean Marcel attribuera sa décapitation à la « bonne société inquiète d’Ayuthaya », de même que l’exécution de Taksin sera due à un bousculement du futur Rama I. 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

(***Cf. Nos nombreux articles consacrés à Phaulkon. Le dernier en date, le A190, celui de Mme Claire Keefe-Fox, in « Le Ministre des moussons », dont aucun n’évoque cette rencontre.)

 

Il terminera en 4 pages et demie sur la dynastie Chakri, qui – bien sûr - est admirable. Ainsi donne-t-il l’exemple de Rama III, qui « signa les premiers traités commerciaux avec l’Angleterre - mais, en bonne politique rusée des Thaïs, il en signa aussi dans le même temps avec leurs ennemis commerciaux, les Américains (…) Mais ces traités ne permettaient toujours pas aux étrangers de résider sur le sol thaï. Autre sagesse. ».

 

Une « sagesse » qui s’exprimera par la destruction de Vientiane en 1827 et la déportation de ses habitants, dont Jean Marcel ne dit mot. 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Rama IV sera, lui aussi,  « le grand sage » ; Rama V aura « la ruse devenue traditionnelle des souverains  thaïs » ; il saura le seul à pouvoir résister aux deux grandes puissances anglaise et française, en signant un accord en 1896 (sic), qui garantissait la souveraineté du royaume … (« Seul le Siam avait su leur résister ») (p. 47)  

 

(Cf. par exemple notre approche de ce traité quelque peu différente, in 204. La question des frontières de la Thaïlande avec l’Indochine française » et notre point de vue in A 38 sur « La Thaïlande n’a jamais été colonisée ? »**)

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Seul Rama VI est considéré  comme « le premier roi faible de la dynastie » ; ce qui le distingue de Rama IX, le souverain actuel, présenté dans sa lettre VII (pp.83-84) : « Je vous affirmerai tout de go et sans ambages que le roi Rama IX est un homme considérable » : écrivain, musicien, homme de science, inventeur, a tous les pouvoirs par charisme, est le garant de toutes les libertés ; « Le roi est le Rusé par excellence, comme tous les Thaïs le sont avec lui. » On ne peut certes qu’admirer ; Il le revendique « Pour les peuples comme pour les hommes, il est bon (voire essentiel) d’admirer. » 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

On vous laissera apprécier la Lettre IV consacrée au « bouddhisme tel qu’on le vit » ;  Un sujet qu’il connait bien. * Et la lettre V à « la cuisine telle qu’on la mange », « un sujet - dit-il à juste titre - d’une si extrême importance pour les Thaïs. », dans laquelle il se refuse à donner des noms de plats et des  recettes pour surtout évoquer trois grands principes, à savoir : le rôle et la place du riz, « le dessert qui ne fait pas partie du repas thaï » mais  que l’on peut goûter dans les rues et l’importance des épices.

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

La lettre VI traite de « la langue telle qu’on la parle ». (pp.73-81)

 

Le traducteur du Ramakien en bon connaisseur de la langue nous en fait une description claire et instructive, et ne cache pas ses difficultés pour en lire l’écriture. On peut se douter - son livre ayant été édité en 2002 - qu’il en connait aujourd’hui toutes les composantes. 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Nous avons déjà évoqué la lettre VII dédié en principe au « roi tel qu’il est perçu », mais où en fait, Jean Marcel aborde d’autres sujets et va encore nous étonner  à propos de l’armée et des militaires.

 

Après avoir rendu un nouvel hommage au roi qui a su « par charisme et par l’assentiment populaire », « provoquer une révolution nécessaire en 1973, pour chasser une coalition gouvernementale corrompue » et « arrêté une autre moins bien venue en 1992 » Jean Marcel déclare à son correspondant qu’il va lui « exposer » (c’est son verbe) cette sédition, qui  « illustre la vie politique du pays. » (pp.85-87). Une occasion pour lui de montrer le rôle essentiel du roi dans la politique du pays, capable – « en une heure, a réparé ce qui risquait de devenir un affrontement  comme il n’en avait jamais eu auparavant dans l’histoire du pays », comme il  avait auparavant fait l’éloge de l’armée et des militaires.

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Pour lui, « il n’y a jamais eu ici de gouvernement militaire » (sic) ; l’armée a toujours été « garante des libertés thaïes et de l’intégrité du territoire ». Jean Marcel n’a jamais entendu parler de coup d’Etats militaires, ni de généraux ou maréchaux premiers ministres (11 quand même avant la parution du livre depuis 1932). Ne croyez pas à un oubli.  Quand il évoque l’arrivée du général Suchinda, nommé à la tête du pays en 1992, il ajoute « c’était si peu commun dans l’histoire récente de ce pays ». (p.86). La page suivante, après avoir rappelé la  « sagesse souveraine » du roi, il conclut ses propos par : « Ces événements furent le crépuscule de l’armée dans ce pays … son rôle était désormais terminé ; on n’en entend plus parler, comme si elle n’existait plus » ! Quelle clairvoyance !

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Il est vrai que pour lui il n’y a que le roi et le peuple. « Le reste, dit-il, (a été) imposé par une poignée d’intellectuels en 1932, par-dessus la tête du peuple (Assemblée nationale, Sénat, institutions démocratiques) (ne sont nécessaires que) pour nos sensibilités modernes ».  (p.84)

 

Ensuite, il va aborder d’autres sujets, comme la famille royale, rappelant qu’ « être le descendant de l’un des 74 enfants de Rama V ne confère en réalité aucun privilèges particuliers » ; avouer qu’il se perd dans la complexité familiale ;  que la société thaïe est traditionnellement polygame, et qu’elle l’est restée car beaucoup d’hommes ont une mia noï. (L’analogie est plutôt curieuse). Il va en trois pages évoquer « le plus grand problème économique et par conséquent social que vit la Thaïlande, c’est l’instabilité de la main d’œuvre » (p.90) Instabilité, dit-il, qu’il ne faut pas attribuer à la paresse, mais à leur désir d’être libres. Mais par contre, il poursuit en prétendant que les paysans (qui seraient 90 % du pays, dit-il), ont par contre,  « l’habitude séculaire de se reposer une grande partie de l’année dans l’attente de la récolte suivante … » ; et sans transition,  semble leur attribuer la responsabilité de la nécessité de faire appel aux travailleurs étrangers, illégaux pour la plupart, birmans, malaysiens, cambodgiens, « pour faire le travail le moindrement harassant ».  (sic)

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Ensuite, il  termine la lettre VII par une présentation de la communauté chinoise en trois pages (pp. 94-96) rappelant que bien que n’étant que 11%, ils commandent environ 54 % du PNB,  surtout par le commerce dont ils ont un quasi-monopole et par les institutions financières. Il est de ceux qui estiment qu’ils « ne sont restés chinois que par la cuisine et le culte des ancêtres : pour le reste, ils sont thaïs plus qu’il ne le faut et n‘aiment pas qu’on leur rappelle leur origine. » Même s’il n’oublie pas au passage de souligner au moins deux différences : les Chinois sont des « thésauriseurs … alors que les Thaïs dissipent immédiatement ce qu’ils ont en main » (p.95) et « on ne les reconnait dans leurs boutiques qu’à un détail : ils n’ont pas le sourire des Thaïs. »

 

Ah, ce sourire des Thaïs !

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Le livre se termine donc sur la lettre VIII, « ou la Thaïlande telle qu’on la perçoit ». (pp.97-106)

 

En fait, Jean  Marcel va consacrer essentiellement cette dernière lettre à la critique des reportages occidentaux sur la Thaïlande qui ne seraient consacrés qu’au tourisme sexuel et aux lieux de plaisirs, réalisés par des reporters hypocrites, avec des «’informations trafiquées », des montages de faits, des mensonges,  des recherches de faux « scoops », etc. Il présentera quelques anecdotes et lectures qui confirment ce goût des médias occidentaux de ne réduire « la réalité thaïlandaise » qu’à ce seul sujet. (Il est vrai qu’encore aujourd’hui - 15 ans plus tard - le genre semble encore prisé.) 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Mais son indignation se manifestera en montrant que les causes de la prostitution en Thaïlande ne proviennent que des Occidentaux. C’est l’armée américaine qui a créé pendant la guerre du Viêt-nam, « les trois P de la putasserie occidentale (Patpong à Bangkok, Pattaya en province et Patong dans le Sud du pays »  et « la plupart des tenanciers de bars et d’établissements ad hoc sont d’ailleurs des Occidentaux (Allemands, Français, Australiens … et quelques Québécois ».

Il n’indiquera à aucun moment que les lieux de plaisirs (bars, bordels, karaokés, massages) sont en majorité fréquentés par les asiatiques et les Thaïlandais et il invitera les occidentaux « à leur fiche la paix », incapables qu’ils sont de pouvoir appréhender une autre culture. Et Jean Marcel de nous informer que » les Asiatiques n’ont pas la même attitude que nous devant la nourriture, devant l’argent, devant le sommeil, devant la vie, devant la mort » (p.101) … devant le sexe. « La morale bouddhiste en matière sexuelle, rajoute-t-il plus loin, est très élémentaire et ne connaît pas de véritables interdits que pour les moines ». 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

Bref, on retrouvera ce clivage entre un homme occidental qui ne peut rien comprendre à l’autre, qui projette ses préjugés et déforme via ses gazettes et médias, « une image de l’un des pays les plus sains du monde ». (p. 106)

 

Un pays – et c’est sa dernière phrase - « où (il) s’étonne chaque jour de vivre dans un ravissement continuel et renouvelé. »

 

Et pourtant Jean Marcel est un érudit, un grand écrivain, que nous avons déjà apprécié de par ailleurs dans notre blog (Cf. note *), mais sa vision de la Thaïlande et des Thaïlandais est quelque peu particulière.

 

Et après tout « C'est fantastique d'être avec quelqu'un qui voit les choses différemment. » (Bellows Keith)

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».

*Présentation de Jean Marcel  http://www.alainbernardenthailande.com/article-presentation-de-jean-marcel-65362013.html

 

Jean Marcel (Jean-Marcel Paquette) est né à Montréal (Québec) en 1941. Après une prolifique carrière universitaire à l'université Laval où il a enseigné la littérature médiévale, la littérature québécoise et la création littéraire, Jean Marcel vit désormais en Thaïlande, son pays d’adoption  où il continue son œuvre.  À la fois riche et captivant, son style parvient à esquisser sans imposer, à faire sourire sans simplifier, à questionner sans embrouiller et à toucher sans jamais forcer le mot ou la phrase. Son trait est bref, pertinent, ses textes sont réfléchis et approfondis. De Bouddha à Jésus-Christ en passant par la réécriture du Ramakian, rien ne lui échappe. Bref, sa plume est de celles qui font les grands écrivains. C’est sans doute pourquoi ses écrits ont souvent été salués par la critique : Fractions 2  lui a valu le prix Victor-Barbeau (2000), son roman Hypathie ou la fin des dieux, le prix Molson de l’Académie des lettres du Québec (1989), et Le joual de Troie, le prix France-Québec (1973). Allez donc flâner sur son site, vous ne le regretterez pas : http://www.decourberon.com/jeanmarcel/articles.htm

 

Nous avions aussi dans notre article15. « Les Relations Franco-Thaïes : Le Bouddhisme Vu Par Les Missionnaires Du XVII Ème Siècle » présenté une étude de Jean Marcel : « Le bouddhisme vu par les Missionnaires et voyageurs français du XVIIème siècle, Jean Marcel (Etude non publiée) » 

A195. LA THAÏLANDE DE JEAN MARCEL, IN « LETTRES DU SIAM ».
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FARGETTE JEAN-PIERRE 30/03/2016 02:47

EST-IL UN ANGE?
-Est-Il un ange le Thaï qui gaspille son argent auprès de ses conquêtes au détriment de l'éducation de ses enfants et au mépris de son épouse? - Est-il un ange le Thaï qui prend sa voiture en état d'Ivresse ou ayant consommer son YABA et va tuer plusieurs innocents ? - Est-il un ange le VIP Thaï qui fait attendre plus d'une Heure le départ du défilé alors que les participants suent sous la chaleur? - Est-Il un ange celui qui vend ses enfants à des Farangs pédophiles que soit disant la culture Thaï tolère sauf pour les moines? - Est-Il un ange le Thaï qui tue dans un accès de colère celui qui lui a fait perdre la face, en ne lui disant que la vérité ? - Est-il un ange le Thaï qui précipite de son balcon le pauvre Farang qui le gêne ou pour s'accaparer de son argent ce qui est la majorité des pseudo suicides de Farangs en Thaïlande? - Est-il un ange le moine du Temple qui profite de l'argent des fidèles pour se frayer dans le stupre et le luxe? Le RAVI du Siam devrait savoir que tout ce qui est excessif est insignifiant (Dixit De Gaule) et que son livre Panégyrique du SIAM a fait rigoler beaucoup de lecteurs qui ont pensé que le Maréchal de Villars a dit avec raison à Louis IV: "Sire il est difficile de bien faire et de servir à la fois sans être un courtisan".

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 30/03/2016 05:22

Opinion non divergente .... ."Les thaïs sont comme la langue d'Esope, souvent le pire et parfois la meilleure des chses" !

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 30/03/2016 04:56

Eh oui, comme le disait Horace: "il faut de la mesure en toute chose".