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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 03:22
210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Nous avons vu que dès la « démission »  de  Phibun le 1er août 1944, le Régent Pridi est  alors le maître du jeu politique en Thaïlande. Il va laisser le gouvernement de son pays encore occupé par les Japonais, à Khuang Aphaiwong (1er août 1944-16 août 1945) pendant qu’il organise la résistance intérieure en liaison avec les Alliés. 

 

Tract anglais de propagande parachuté sur Bangkok :

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Après l’intérim assuré par M. Tawee Punyaketu jusqu’au 17 septembre 1945, Pridi confie à Seni Pramot, ambassadeur et chef des Free Thais aux Etats-Unis, la direction du 13ème cabinet, pour mener à bien la négociation de la paix auprès des Alliés, mais en ayant soin de choisir tous les ministres à l’exception du Phraya Nolarachawasuwachana, ministre de la justice, ami de Seni Pramot.

 

Mais très vite Seni Pramot va se rendre compte qu’il ne peut mener les  négociations avec les Alliés, comme il l’entend. (Cf. 207) De plus, les élections prévues au 12 janvier allaient accentuer leurs désaccords politiques ; et ceci d’autant plus qu’une opposition menée par son frère et certains royalistes étaient en train de se former. La victoire des anciens Free thais partisans de Pridi à ces élections ne pouvaient qu’entrainer Seni Pramot à donner sa démission le 31 janvier 1946. Il n’avait gouverné que 4 mois ! S’ouvrait alors une nouvelle crise ministérielle, qui ne sera pas la dernière.

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

En effet, curieusement, Pridi laissait le président de la chambre des représentants, le Phraya Manawarachasew, nommer le 31 janvier 1946,  Khuang Aphaiwong, comme le 1er ministre du 14ème gouvernement, avec d’ailleurs Seni Pramot, comme ministre des Affaires étrangères !

 

Khuang Aphaiwong :

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Un choix étonnant car si effectivement Khuang Aphaiwong était très populaire, Pridi savait qu’il était un libéral, opposé à l’interventionnisme étatique et était en train de former avec les frères Pramot entre autres, le « Parti démocrate » dont il sera d’ailleurs le premier président, le 6 avril 1946.

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

De fait, deux mois plus tard, le 24 mars 1946, Khuang Aphaiwong donnait sa démission, après une crise ministérielle de trois semaines. Il y en aura d’autres puisque nous le retrouverons – de nouveau comme premier ministre - du 21 janvier 1946 au 18 mars 1946, puis du 10 novembre 1947 au 6 février 1948, et encore du 21 février 1948 au 8 avril 1948.

 

Pridi ne pouvait plus se contenter de tirer les ficelles et devait officiellement se faire nommer, par le président de la chambre des représentants, le Phraya Manawarachasew, 1er ministre et ministre des finances du 8ème gouvernement et du 15ème cabinet de la Monarchie constitutionnelle.

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Si le 24 mars Pridi avait la majorité au sein de la Chambre Haute, le 6 avril, les « Progressistes » et certains indépendants fondent donc le Parti Démocrate sous la présidence de Khuang Aphaiwong, comme nous l’avons dit, qui regroupe alors 60 adhérents dont la majorité sont des parlementaires. Ils forment alors le groupe le plus important de l’Assemblée. Pour y faire face, Pridi décida alors de regrouper le parti Sahacheep et ceux des indépendants qui n’avaient pas suivi Khuang pour former le « Front constitutionnel ». On pouvait croire alors « à un système bi-parti, l’idéal même de la démocratie de type occidental », mais c’était sans connaître la réalité du système politique thaïlandais, nous explique  Fistié. (* p.204) En effet, si les deux partis avaient des différences idéologiques, avec le Sahacheep, partisan du système coopératif et plutôt socialisant et les démocrates défendant les principes économiques libéraux, ils n’avaient de partis que le nom et étaient plutôt des coteries groupés autour de personnalités, comme Pridi d’un côté et Kuang et les frères Pramot de l’autre, « recrutées dans un milieu très étroit de personnes vivant dans la capitale : quelques milliers d’individus au maximum » avec un ancrage du régime au sein de la population presque inexistant et encore semblable à celui de 1932.

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

De plus, durant le premier mois du gouvernement Pridi le maréchal Phibun et tous ceux qui avaient été emprisonnés pour crimes de guerre, avaient été relaxés par la Cour Suprême le 23 mars 1946, arguant qu’on ne pouvait juger personne avec une loi rétroactive. (Cf. Note **) Ce jugement innocentait donc Phibun, qui restait très populaire et le remettait en selle politiquement, ce qui, nous le verrons, aura des conséquences très graves pour Pridi. (En mars 1947, Phibun annonçait son prochain retour en politique et la formation d’un nouveau parti le « Thammathipat » (In Fistié, p. 206))

 

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Beaucoup d’historiens, nous dit Terwiel***, s’étonneront que Pridi n’ait pas usé  de son influence pour faire condamner Phibun pour sa collaboration avec les Japonais durant la seconde guerre mondiale. En effet, le coup d’Etat du 8 novembre 1947 mené par le général Phin Chunhavan  et son gendre, le colonel Phao Siyanon (ancien chef de la police de Phibun), remettra Phibun au cœur du pouvoir, abrogera cette constitution, et sonnera le glas de la carrière politique de Pridi, qui devra même fuir le pays.

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Mais auparavant, la nouvelle constitution entrait en vigueur le 9 mai 1946, non sans de vifs débats à l’Assemblée. Elle était censée accorder plus de droits démocratiques au peuple. Elle donnait en tous cas, pour la première fois, le pouvoir au peuple d’élire les 176 membres de la chambre des représentants, et à ceux-ci d’élire pour 6 ans un Conseil des Anciens (Sénat) de 80 membres****. Les militaires et les fonctionnaires ne pouvaient y être élus. L’interdiction faite aux princes  de participer à la politique fut annulée. Le nom du pays « Siam » était officiellement restauré.

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).
 

Le Conseil des Anciens (Sénat) fut effectivement élu, et, malgré les difficultés, on pouvait penser que l’action gouvernementale allait enfin pouvoir s’engager, surtout que le pays était dans une situation économique et sociale désastreuse, lorsque deux semaines plus tard, le 9 juin 1946, le jeune roi était découvert avec une balle dans la tête, avec un révolver à ses côtés.

 

La mort du roi, en ces « circonstances », va ébranler le pays et  mettre fin à la carrière politique de Pridi.

 

Fistié explique que le peuple, écarté de la vie politique, n’avait d’attachement profond que pour l’institution monarchique et que l’on put le vérifier avec les 300.000 personnes sur les rives de la Menam Chao Phrya, venues saluer le jeune roi de 13 ans, lors de son départ pour l’Europe  le 13 janvier 1939, après un séjour de deux mois passés au Siam. Il en fut de même en décembre 1945, lors de son retour avec sa mère et son jeune frère, le Prince Bhumibol ; Il avait alors 20 ans.

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).
On peut donc imaginer la stupeur dans le pays en ce 9 juin, avec toutes les rumeurs qui circulèrent.

 

Le 10 juin, Pridi donna sa démission. Un nouveau Conseil de régence fut formé à la hâte, présidé par le Prince Rangsit, oncle du roi décédé, qui confirma Pridi dans ses fonctions.

 

Il forma alors un nouveau gouvernement, le 16ème cabinet, daté du 11 juin ; sur ordre royal, et signé par les trois régents temporaires et les présidents du Sénat et de la Chambre des Députés. Même dans ces circonstances, on respectait la forme. Pridi, garda les finances et procéda à trois changements parmi les 16 ministres.

 

Le Conseil de régence désignait son jeune frère Bhumibol Adulyadej comme successeur. Il avait alors 19 ans. (Il sera couronné le 5 mai 1950, après avoir terminé ses études en Suisse). Une annonce officielle du 1er ministre, datée du 9 juin (sic), confirmait cette succession avec l’accord de l’Assemblée Nationale. (Cf. en note*****)

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Mais le pouvoir de Pridi avait pris un coup fatal.

 

Le communiqué initial avait évoqué un accident, mais la commission d’enquête avait avancé l’idée du suicide ou du meurtre. Fistié nous dit que le chirurgien venu au chevet du roi avait estimé que c’était un meurtre. (Le suicide parait peu probable, car le roi devait partir le lendemain pour les Etats-Unis) Plus tard (Quand ?) trois pages furent jugés responsables et exécutés sous l’ère Phibun en 1954.

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Mais l’opposition utilisa cette tragédie pour disqualifier Pridi.

 

« On » insinua que Pridi avait toujours été antimonarchiste et républicain. On rappela son tract du 24 juin 1932 distribué pendant le coup d’Etat qui disait entre autre que le pouvoir venait du peuple. On évoqua une « conspiration » menée par Pridi …

 

On avait déjà oublié qu’après la chute de Phibun en août 1944, il avait marqué son accord pour le retour des royalistes à la politique, qu’il avait assuré la régence pendant trois ans ; qu’il avait demandé au jeune roi de revenir au pays, alors que celui-ci voulait encore étudier pendant trois ans en Suisse. Ses partisans rappelèrent, que s’il avait voulu attenter à la monarchie, il aurait pu le faire en août 1945, alors qu’il avait les pleins pouvoirs.

 

Mais toutes ses rumeurs minèrent Pridi qui préféra démissionner le 21 août 1946, en arguant « de la difficulté de sa position et de sa grave maladie », alors que sa majorité s’était renforcée après les élections du  5 août 1946.

 

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

En effet, le second tour des élections législatives qui était prévu pour augmenter le nombre de députés, selon la constitution, avait bien eu lieu le 5 août 1946 dans 47 provinces. Et même si les candidats devaient se présenter comme indépendants, on estima que 57 supporters de Pridi furent élus et firent d’ailleurs parties du Front Constitutionnel, 18 allèrent au Parti Démocrate et seulement 7 resteront sans étiquette.

 

Pridi démissionne donc, gravement affecté par les insinuations et les rumeurs, malgré le fait qu’il avait la majorité dans les deux chambres. Le gouvernement suivant sera d’ailleurs un gouvernement Pridi sans Pridi. On allait y retrouver 10 de ses anciens ministres sur 18.

 

Le 17ème cabinet sera en effet dirigé par son ministre de la justice, le contre-amiral Thawal Thamrongnavaswadhi (Luang Thamrong) (23 août 1946-30 mai 1947). 

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Son fidèle Direk se retrouvait vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères. (Ancien putshiste de 1932, ancien ministre des affaires étrangères de Phibun, ancien des Free Thai, c’est aussi un intime de Pridi Thamrong).  On pouvait remarquer l’arrivée de Tiang Sirikhan (Vous vous souvenez, notre Chef résistant des Free Thais à Sakhon Nakhon, ami de Pridi,  in notre article 203)

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Un autre chapitre mouvementé de l’histoire du Siam allait encore s’écrire, après le 18ème gouvernement du 30 mai 1947 au 8 novembre 1947 de Luang Thamrong, avec le 8 novembre 1947, un coup d’état  du général Phin Chunhavan et du colonel Phao Siyanon son gendre, (ancien chef de la police de Phibun)  qui allait remettre Phibun comme chef de l’armée, préparant ainsi son retour au pouvoir. 

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Ce sera notre prochain article.

 

Le 9 novembre 1947 Pridi dut s’enfuir à Singapour. C’était la fin politique de Pridi, malgré un retour clandestin en 1949, pour tenter en vain un coup d’Etat contre Phibun, le 26 février 1949. Il dut s’enfuir de nouveau, pour ne plus revenir en Thaïlande jusqu’à sa mort  le 2 mai 1983 en France.

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210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).
210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

* Pierre Fistié, « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », Armand Colin, 1967

 

** En vertu de la Loi de 1945, des criminels de guerre, le Gouvernement siamois a inculpé les huit suspects de crimes de guerre suivants : Maréchal Luang Pibul Songgram [แปลก พิบูล สงคราม, 1897 - 1964], siamois Premier ministre de 1938 à 1944; Luang Wichit Wattarkarn [Wichit Wichitwathakan - ambassadeur au Japon; Le lieutenant-général Seri Roengrit, qui avait dirigé les forces siamoises en Indochine et la Birmanie; Major général Prayoon Phamonmontri, organisateur de la Yuvachon, le Mouvement des jeunes siamois; Phra Sarasat Pholakhan, directeur de la Chambre thaïlandaise, une organisation culturelle semi-officielle à Tokyo, et diffuseur fréquent sur Radio Tokyo;deux autres radiodiffuseurs; et un membre de l'Assemblée ".

La Cour suprême (Dika - ฎีกาa jugé le 23 mars 1946 a jugé que la Loi sur les criminels de guerre de 1945 était inconstitutionnelle parce qu'elle s’appliquait rétroactivement contrairement au principe. Les inculpés étaient donc innocents.

 

*** B. J. Terwiel, in « Thailand’s Political History », River Books, 2011 

 

**** Premiers présidents du « conseil des anciens ». (Certains disent sénat)

Du 4 juin 1946 au 22 août 1946  Major Vilas Osathanon (un des fondateurs du Bangkok post – ancien de l’OSS)

Du 31 août 1946 au 8 novembre 1947 Contre-amiral   Phya Sorayudthasenee, (Krasea Pravahanavin) (Ancien président de l’Assemblée du peuple du 26 février 1934 au 22 septembre 1934 et du 6 juillet 1943 au 24 juin 1944 ; Ministre de l’économie du 22 septembre 1934 au 9 août 1937 ; Régent de mai à novembre 1947)

 

*****Announcement of the Prime Minister dated 9 June 1946
[Enthronement of His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej]
by the Government of Thailand, (translated by 
Wikisource)

 

Whereas His Majesty King Ananda Mahidol passed away this June 9, Buddhist Era 2489 (1946); Whereas the Constitution of the Kingdom of Thailand, section 9, prescribes that succession to the throne shall be in compliance with the Palace Law on Succession, Buddhist Era 2467 (1924), and in conjunction with the approval of the National Assembly; Whereas His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej is a high member of the royal household related to His Majesty through full blood according to section 9 (8) of the Palace Law on Succession, Buddhist Era 2467 (1924);

Whereas this June 9, Buddhist Era 2489 (1946), the National Assembly passed an unanimous resolution to enthrone His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej by virtue of the Constitution of the Kingdom of Thailand, section 9;

Now, therefore, it is hereby announced that His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej has succeeded to the throne as King from this June 9, Buddhist Era 2489 (1946), onwards.

Issued this 9th Day of June, Buddhist Era 2489 (1946). Pridi Phanomyong, Prime Minister.

 

210. LE GOUVERNEMENT PRIDI (24 MARS-21 AOUT 1946).

Le Conseil des Anciens (Sénat) fut effectivement élu, et, malgré les difficultés, on pouvait penser que l’action gouvernementale allait enfin pouvoir s’engager, surtout que le pays était dans une situation économique et sociale désastreuse, lorsque deux semaines plus tard, le 9 juin 1946, le jeune roi était découvert avec une balle dans la tête, avec un révolver à ses côtés.

 

La mort du roi, en ces « circonstances », va ébranler le pays et  mettre fin à la carrière politique de Pridi.

 

Fistié explique que le peuple, écarté de la vie politique, n’avait d’attachement profond que pour l’institution monarchique et que l’on put le vérifier avec les 300.000 personnes sur les rives de la Menam Chao Phrya, venues saluer le jeune roi de 13 ans, lors de son départ pour l’Europe  le 13 janvier 1939, après un séjour de deux mois passés au Siam. Il en fut de même en décembre 1945, lors de son retour avec sa mère et son jeune frère, le Prince Bhumibol ; Il avait alors 20 ans.

On peut donc imaginer la stupeur dans le pays en ce 9 juin, avec toutes les rumeurs qui circulèrent.

 

Le 10 juin, Pridi donna sa démission. Un nouveau Conseil de régence fut formé à la hâte, présidé par le Prince Rangsit, oncle du roi décédé, qui confirma Pridi dans ses fonctions.

 

Il forma alors un nouveau gouvernement, le 16ème cabinet, daté du 11 juin ; sur ordre royal, et signé par les trois régents temporaires et les présidents du Sénat et de la Chambre des Députés. Même dans ces circonstances, on respectait la forme. Pridi, garda les finances et procéda à trois changements parmi les 16 ministres.

 

Le Conseil de régence désignait son jeune frère Bhumibol Adulyadej comme successeur. Il avait alors 19 ans. (Il sera couronné le 5 mai 1950, après avoir terminé ses études en Suisse). Une annonce officielle du 1er ministre, datée du 9 juin (sic), confirmait cette succession avec l’accord de l’Assemblée Nationale. (Cf. en note*****)

 

Mais le pouvoir de Pridi avait pris un coup fatal.

 

Le communiqué initial avait évoqué un accident, mais la commission d’enquête avait avancé l’idée du suicide ou du meurtre. Fistié nous dit que le chirurgien venu au chevet du roi avait estimé que c’était un meurtre. (Le suicide parait peu probable, car le roi devait partir le lendemain pour les Etats-Unis) Plus tard (Quand ?) trois pages furent jugés responsables et exécutés sous l’ère Phibun en 1954.

 

Mais l’opposition utilisa cette tragédie pour disqualifier Pridi.

 

 « On » insinua que Pridi avait toujours été antimonarchiste et républicain. On rappela son tract du 24 juin 1932 distribué pendant le coup d’Etat qui disait entre autre que le pouvoir venait du peuple. On évoqua une « conspiration » menée par Pridi …

 

On avait déjà oublié qu’après la chute de Phibun en août 1944, il avait marqué son accord pour le retour des royalistes à la politique, qu’il avait assuré la régence pendant trois ans ; qu’il avait demandé au jeune roi de revenir au pays, alors que celui-ci voulait encore étudier pendant trois ans en Suisse. Ses partisans rappelèrent, que s’il avait voulu attenter à la monarchie, il aurait pu le faire en août 1945, alors qu’il avait les pleins pouvoirs.

 

Mais toutes ses rumeurs minèrent Pridi qui préféra démissionner le 21 août 1946, en arguant « de la difficulté de sa position et de sa grave maladie », alors que sa majorité s’était renforcée après les élections du  5 août 1946.

 

En effet, le second tour des élections législatives qui était prévu pour augmenter le nombre de députés, selon la constitution, avait bien eu lieu le 5 août 1946 dans 47 provinces. Et même si les candidats devaient se présenter comme indépendants, on estima que 57 supporters de Pridi furent élus et firent d’ailleurs parties du Front Constitutionnel, 18 allèrent au Parti Démocrate et seulement 7 resteront sans étiquette.

 

Pridi démissionne donc, gravement affecté par les insinuations et les rumeurs, malgré le fait qu’il avait la majorité dans les deux chambres. Le gouvernement suivant sera d’ailleurs un gouvernement Pridi sans Pridi. On allait y retrouver 10 de ses anciens ministres sur 18.

 

Le 17ème cabinet sera en effet dirigé par son ministre de la justice, le contre-amiral Thawal Thamrongnavaswadhi (Luang Thamrong) (23 août 1946-30 mai 1947). Son fidèle Direk se retrouvait vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères. (Ancien putshiste de 1932, ancien ministre des affaires étrangères de Phibun, ancien des Free Thai, c’est aussi un intime de Pridi Thamrong).  On pouvait remarquer l’arrivée de Tiang Sirikhan (Vous vous souvenez, notre Chef résistant des Free Thais à Sakhon Nakhon, ami de Pridi,  in notre article 203)

 

Un autre chapitre mouvementé de l’histoire du Siam allait encore s’écrire, après le 18ème gouvernement du 30 mai 1947 au 8 novembre 1947 de Luang Thamrong, avec le 8 novembre 1947, un coup d’état  du général Phin Chunhavan et du colonel Phao Siyanon son gendre, (ancien chef de la police de Phibun)  qui allait remettre Phibun comme chef de l’armée, préparant ainsi son retour au pouvoir. Ce sera notre prochain article.

 

Le 9 novembre 1947 Pridi dut s’enfuir à Singapour. C’était la fin politique de Pridi, malgré un retour clandestin en 1949, pour tenter en vain un coup d’Etat contre Phibun, le 26 février 1949. Il dut s’enfuir de nouveau, pour ne plus revenir en Thaïlande jusqu’à sa mort  le 2 mai 1983 en France.

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* Pierre Fistié, « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », Armand Colin, 1967

 

** En vertu de la Loi de 1945, des criminels de guerre, le Gouvernement siamois a inculpé les huit suspects de crimes de guerre suivants : Maréchal Luang Pibul Songgram [แปลก พิบูล สงคราม, 1897 - 1964], siamois Premier ministre de 1938 à 1944; Luang Wichit Wattarkarn [Wichit Wichitwathakan - ambassadeur au Japon; Le lieutenant-général Seri Roengrit, qui avait dirigé les forces siamoises en Indochine et la Birmanie; Major général Prayoon Phamonmontri, organisateur de la Yuvachon, le Mouvement des jeunes siamois; Phra Sarasat Pholakhan, directeur de la Chambre thaïlandaise, une organisation culturelle semi-officielle à Tokyo, et diffuseur fréquent sur Radio Tokyo;deux autres radiodiffuseurs; et un membre de l'Assemblée ".

La Cour suprême (Dika - ฎีกาa jugé le 23 mars 1946 a jugé que la Loi sur les criminels de guerre de 1945 était inconstitutionnelle parce qu'elle s’appliquait rétroactivement contrairement au principe. Les inculpés étaient donc innocents.

 

*** B. J. Terwiel, in « Thailand’s Political History », River Books, 2011 

 

**** Premiers présidents du « conseil des anciens ». (Certains disent sénat)

Du 4 juin 1946 au 22 août 1946  Major Vilas Osathanon (un des fondateurs du Bangkok post – ancien de l’OSS)

Du 31 août 1946 au 8 novembre 1947 Contre-amiral   Phya Sorayudthasenee, (Krasea Pravahanavin) (Ancien président de l’Assemblée du peuple du 26 février 1934 au 22 septembre 1934 et du 6 juillet 1943 au 24 juin 1944 ; Ministre de l’économie du 22 septembre 1934 au 9 août 1937 ; Régent de mai à novembre 1947)

 

*****Announcement of the Prime Minister dated 9 June 1946
[Enthronement of His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej]
by the Government of Thailand, (translated by 
Wikisource)

 

Whereas His Majesty King Ananda Mahidol passed away this June 9, Buddhist Era 2489 (1946); Whereas the Constitution of the Kingdom of Thailand, section 9, prescribes that succession to the throne shall be in compliance with the Palace Law on Succession, Buddhist Era 2467 (1924), and in conjunction with the approval of the National Assembly; Whereas His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej is a high member of the royal household related to His Majesty through full blood according to section 9 (8) of the Palace Law on Succession, Buddhist Era 2467 (1924);

Whereas this June 9, Buddhist Era 2489 (1946), the National Assembly passed an unanimous resolution to enthrone His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej by virtue of the Constitution of the Kingdom of Thailand, section 9;

Now, therefore, it is hereby announced that His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej has succeeded to the throne as King from this June 9, Buddhist Era 2489 (1946), onwards.

Issued this 9th Day of June, Buddhist Era 2489 (1946). Pridi Phanomyong, Prime Minister.

Le Conseil des Anciens (Sénat) fut effectivement élu, et, malgré les difficultés, on pouvait penser que l’action gouvernementale allait enfin pouvoir s’engager, surtout que le pays était dans une situation économique et sociale désastreuse, lorsque deux semaines plus tard, le 9 juin 1946, le jeune roi était découvert avec une balle dans la tête, avec un révolver à ses côtés.

 

La mort du roi, en ces « circonstances », va ébranler le pays et  mettre fin à la carrière politique de Pridi.

 

Fistié explique que le peuple, écarté de la vie politique, n’avait d’attachement profond que pour l’institution monarchique et que l’on put le vérifier avec les 300.000 personnes sur les rives de la Menam Chao Phrya, venues saluer le jeune roi de 13 ans, lors de son départ pour l’Europe  le 13 janvier 1939, après un séjour de deux mois passés au Siam. Il en fut de même en décembre 1945, lors de son retour avec sa mère et son jeune frère, le Prince Bhumibol ; Il avait alors 20 ans.

On peut donc imaginer la stupeur dans le pays en ce 9 juin, avec toutes les rumeurs qui circulèrent.

 

Le 10 juin, Pridi donna sa démission. Un nouveau Conseil de régence fut formé à la hâte, présidé par le Prince Rangsit, oncle du roi décédé, qui confirma Pridi dans ses fonctions.

 

Il forma alors un nouveau gouvernement, le 16ème cabinet, daté du 11 juin ; sur ordre royal, et signé par les trois régents temporaires et les présidents du Sénat et de la Chambre des Députés. Même dans ces circonstances, on respectait la forme. Pridi, garda les finances et procéda à trois changements parmi les 16 ministres.

 

Le Conseil de régence désignait son jeune frère Bhumibol Adulyadej comme successeur. Il avait alors 19 ans. (Il sera couronné le 5 mai 1950, après avoir terminé ses études en Suisse). Une annonce officielle du 1er ministre, datée du 9 juin (sic), confirmait cette succession avec l’accord de l’Assemblée Nationale. (Cf. en note*****)

 

Mais le pouvoir de Pridi avait pris un coup fatal.

 

Le communiqué initial avait évoqué un accident, mais la commission d’enquête avait avancé l’idée du suicide ou du meurtre. Fistié nous dit que le chirurgien venu au chevet du roi avait estimé que c’était un meurtre. (Le suicide parait peu probable, car le roi devait partir le lendemain pour les Etats-Unis) Plus tard (Quand ?) trois pages furent jugés responsables et exécutés sous l’ère Phibun en 1954.

 

Mais l’opposition utilisa cette tragédie pour disqualifier Pridi.

 

 « On » insinua que Pridi avait toujours été antimonarchiste et républicain. On rappela son tract du 24 juin 1932 distribué pendant le coup d’Etat qui disait entre autre que le pouvoir venait du peuple. On évoqua une « conspiration » menée par Pridi …

 

On avait déjà oublié qu’après la chute de Phibun en août 1944, il avait marqué son accord pour le retour des royalistes à la politique, qu’il avait assuré la régence pendant trois ans ; qu’il avait demandé au jeune roi de revenir au pays, alors que celui-ci voulait encore étudier pendant trois ans en Suisse. Ses partisans rappelèrent, que s’il avait voulu attenter à la monarchie, il aurait pu le faire en août 1945, alors qu’il avait les pleins pouvoirs.

 

Mais toutes ses rumeurs minèrent Pridi qui préféra démissionner le 21 août 1946, en arguant « de la difficulté de sa position et de sa grave maladie », alors que sa majorité s’était renforcée après les élections du  5 août 1946.

 

En effet, le second tour des élections législatives qui était prévu pour augmenter le nombre de députés, selon la constitution, avait bien eu lieu le 5 août 1946 dans 47 provinces. Et même si les candidats devaient se présenter comme indépendants, on estima que 57 supporters de Pridi furent élus et firent d’ailleurs parties du Front Constitutionnel, 18 allèrent au Parti Démocrate et seulement 7 resteront sans étiquette.

 

Pridi démissionne donc, gravement affecté par les insinuations et les rumeurs, malgré le fait qu’il avait la majorité dans les deux chambres. Le gouvernement suivant sera d’ailleurs un gouvernement Pridi sans Pridi. On allait y retrouver 10 de ses anciens ministres sur 18.

 

Le 17ème cabinet sera en effet dirigé par son ministre de la justice, le contre-amiral Thawal Thamrongnavaswadhi (Luang Thamrong) (23 août 1946-30 mai 1947). Son fidèle Direk se retrouvait vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères. (Ancien putshiste de 1932, ancien ministre des affaires étrangères de Phibun, ancien des Free Thai, c’est aussi un intime de Pridi Thamrong).  On pouvait remarquer l’arrivée de Tiang Sirikhan (Vous vous souvenez, notre Chef résistant des Free Thais à Sakhon Nakhon, ami de Pridi,  in notre article 203)

 

Un autre chapitre mouvementé de l’histoire du Siam allait encore s’écrire, après le 18ème gouvernement du 30 mai 1947 au 8 novembre 1947 de Luang Thamrong, avec le 8 novembre 1947, un coup d’état  du général Phin Chunhavan et du colonel Phao Siyanon son gendre, (ancien chef de la police de Phibun)  qui allait remettre Phibun comme chef de l’armée, préparant ainsi son retour au pouvoir. Ce sera notre prochain article.

 

Le 9 novembre 1947 Pridi dut s’enfuir à Singapour. C’était la fin politique de Pridi, malgré un retour clandestin en 1949, pour tenter en vain un coup d’Etat contre Phibun, le 26 février 1949. Il dut s’enfuir de nouveau, pour ne plus revenir en Thaïlande jusqu’à sa mort  le 2 mai 1983 en France.

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* Pierre Fistié, « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », Armand Colin, 1967

 

** En vertu de la Loi de 1945, des criminels de guerre, le Gouvernement siamois a inculpé les huit suspects de crimes de guerre suivants : Maréchal Luang Pibul Songgram [แปลก พิบูล สงคราม, 1897 - 1964], siamois Premier ministre de 1938 à 1944; Luang Wichit Wattarkarn [Wichit Wichitwathakan - ambassadeur au Japon; Le lieutenant-général Seri Roengrit, qui avait dirigé les forces siamoises en Indochine et la Birmanie; Major général Prayoon Phamonmontri, organisateur de la Yuvachon, le Mouvement des jeunes siamois; Phra Sarasat Pholakhan, directeur de la Chambre thaïlandaise, une organisation culturelle semi-officielle à Tokyo, et diffuseur fréquent sur Radio Tokyo;deux autres radiodiffuseurs; et un membre de l'Assemblée ".

La Cour suprême (Dika - ฎีกาa jugé le 23 mars 1946 a jugé que la Loi sur les criminels de guerre de 1945 était inconstitutionnelle parce qu'elle s’appliquait rétroactivement contrairement au principe. Les inculpés étaient donc innocents.

 

*** B. J. Terwiel, in « Thailand’s Political History », River Books, 2011 

 

**** Premiers présidents du « conseil des anciens ». (Certains disent sénat)

Du 4 juin 1946 au 22 août 1946  Major Vilas Osathanon (un des fondateurs du Bangkok post – ancien de l’OSS)

Du 31 août 1946 au 8 novembre 1947 Contre-amiral   Phya Sorayudthasenee, (Krasea Pravahanavin) (Ancien président de l’Assemblée du peuple du 26 février 1934 au 22 septembre 1934 et du 6 juillet 1943 au 24 juin 1944 ; Ministre de l’économie du 22 septembre 1934 au 9 août 1937 ; Régent de mai à novembre 1947)

 

*****Announcement of the Prime Minister dated 9 June 1946
[Enthronement of His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej]
by the Government of Thailand, (translated by 
Wikisource)

 

Whereas His Majesty King Ananda Mahidol passed away this June 9, Buddhist Era 2489 (1946); Whereas the Constitution of the Kingdom of Thailand, section 9, prescribes that succession to the throne shall be in compliance with the Palace Law on Succession, Buddhist Era 2467 (1924), and in conjunction with the approval of the National Assembly; Whereas His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej is a high member of the royal household related to His Majesty through full blood according to section 9 (8) of the Palace Law on Succession, Buddhist Era 2467 (1924);

Whereas this June 9, Buddhist Era 2489 (1946), the National Assembly passed an unanimous resolution to enthrone His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej by virtue of the Constitution of the Kingdom of Thailand, section 9;

Now, therefore, it is hereby announced that His Royal Highness Prince Bhumibol Adulyadej has succeeded to the throne as King from this June 9, Buddhist Era 2489 (1946), onwards.

Issued this 9th Day of June, Buddhist Era 2489 (1946). Pridi Phanomyong, Prime Minister.

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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commentaires

Gérald Gaillard 03/12/2015 05:12

Merci à tous deux. je viens de découvrir et disons de piller (mais écrivons-nous pas pour ça) quelques éléments de vos pages sur la guerre franco-thai dont la précision en fait un petit trésor. Ceci dans le cadre de la rédaction en cours d'un livre sur l'Histoire de l'anthropologie français. Universitaire (donc, en partie, payé pour écrire) de 61 ans, je passe annuellement quatre à six mois à Buriram depuis trois ans. Je me ballade un peu (Cambodge, Indonésie..) mais ma compagne travaillant, il m'arrive évidemment de manquer un peu de conversation. J'avais donc pensé vous proposer éventuellement de vous rendre visite mais trois heures de voiture, c'est beaucoup. Je tenais néanmoins à vous faire part de mon admiration pour votre Bog et si vous le permettez, de mon amitié. Gérald Gaillard.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 04/12/2015 00:21

Nous vous remercions pour votre amical message..
Mais si l'article sur la guerre franco-thaïe vous a plu, tout le mérite revient à Pierre Fistié, "L'évolution de la Thaïlande contemporaine", Armand Colin.
Nous vous souhaitons un agréable séjour et sommes à votre disposition pour tout échange sur l'histoire de la Thaïlande, dont nous essayons, pas à pas, de donner quelques éléments de compréhension.

Gérald Gaillard 03/12/2015 05:11

Merci à tous deux. je viens de découvrir et disons de piller (mais écrivons-nous pas pour ça) quelques éléments de vos pages sur la guerre franco-thai dont la précision en fait un petit trésor. Ceci dans le cadre de la rédaction en cours d'un livre sur l'Histoire de l'anthropologie français. Universitaire (donc, en partie, payé pour écrire) de 61 ans, je passe annuellement quatre à six mois à Buriram depuis trois ans. Je me ballade un peu (Cambodge, Indonésie..) mais ma compagne travaillant, il m'arrive évidemment de manquer un peu de conversation. J'avais donc pensé vous proposer éventuellement de vous rendre visite mais trois heures de voiture, c'est beaucoup. Je tenais néanmoins à vous faire part de mon admiration pour votre Bog et si vous le permettez, de mon amitié. Gérald Gaillard.