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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 18:01
A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.

La Thaïlande, comme tous les pays, a un calendrier spécifique pour fêter les événements religieux et politiques, les héros, les rois, qui ont marqué son Histoire. Elle attribue à certains  d‘entre eux un ou plusieurs jours fériés. Ainsi pour 2015, on trouve essentiellement les 3 jours de l’an (Trois ? Oui : Le jour de l’an international, le jour de l’an thaïlandais (Songkran), et le jour de l’an chinois), la fête du travail du 1er mai,  les fêtes religieuses bouddhistes (Makha Bucha, le 4 mars ; Visakha Bucha, le 1er juin ; Asahna Bucha, le 30 juillet),  les fêtes royales : La naissance de la dynastie Chakri, (la dynastie actuelle), le 6 avril ; le jour du couronnement du roi actuel Bhumibol Adulyadej (Rama IX), le 5 mai ; L’anniversaire de la reine actuelle, le 12 août (Et la fête des mères) ; le jour du roi Chulalongkorn (Rama V) le 12 octobre ; l’anniversaire du roi Bhumibol Adulyadej, le 5 décembre, (également fête Nationale de la Thaïlande, mais aussi la fête de tous les pères thaïlandais) ....

A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.

et enfin, le 10 décembre, le jour de la Constitution.

 

Nous avons consacré de nombreux articles à ces événements propres à l’histoire du royaume de la Thaïlande, avec – si on peut dire - sa devise : Une religion, un roi, une Nation (Avec son idéologie la Thaïness).

 

Une nation, qui a aboli la monarchie absolue et instauré la monarchie constitutionnelle, le 10 décembre 1932 et décidé d’en faire un jour férié et de le fêter comme un événement majeur de son histoire.

 

Mais ils sont peu à avoir lu cette Constitution, et à savoir dans quel contexte, elle a été proclamée.

A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.

Le contexte.

 

Nous avons consacré deux articles* à « La société siamoise à la veille du coup d’Etat de 1932 », qui voit la société traditionnelle se transformer par le développement d’une une économie monétaire, avec le rôle prépondérant tenu par les Chinois, le développement d’une classe de fonctionnaires et de militaires (Cf. Fistié**), et l’émergence d’une nouvelle intelligentsia.

 

En effet, « Si les occidentaux sont à l’origine du développement d’une économie monétaire au Siam, les Chinois ont tenu le rôle principal, en étant tout au long du réseau d’exportation (du riz principalement) : gestion des entrepôts de Singapour, Pénang, Hong Kong, et 62 % des maisons de commerce d’exportation étaient tenues par des Chinois à Bangkok en 1890 (contre 26 % par les Britanniques. (Cité par Skinner) ; Immigration massive (5,8 % en 1850, 9,5 % en 1910 et 12,2 % de la population en 1932) qui fournira la quasi-totalité de la main d’ouvre salariée dans  tous les secteurs. » (In 182.1)

 

Mais pourquoi les Thaïs ont-ils laissé leur « commerce » et les meilleures places dans la nouvelle économie monétaire aux Chinois ?

A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.
Certes, nous avons décrit en de nombreux articles le dynamisme des Chinois, mais Fistié considère qu’il faut chercher les raisons dans « la faible densité de la population et leur force d’inertie qui les maintient dans leur vie traditionnelle de riziculteur avec le wat (temple) qui en constituait le centre, et qui leur enseignait un idéal de vie où la recherche de l’argent n’avait pas cours ». (In 182.1) Il est vrai que 90 % de la population étaient des paysans pratiquant essentiellement une économie de subsistance dans des provinces isolées, que le pouvoir à Bangkok avait du mal à contrôler. Population à l’intérieur de laquelle vivaient des paysans à la situation encore plus précaire, car sans terre. (36 % des familles dans la plaine centrale,  27% dans le Nord, 18% dans le Nord-Est en 1930). De fait, leur mode d’organisation du village, leur économie de subsistance, leurs traditions religieuses des Siamois, peuvent expliquer pourquoi les immigrants chinois ont pu s’investir dans les nouvelles activités qui dégageaient des revenus monétaires beaucoup plus conséquents que les revenus de la production du riz.
 
A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.
 
L’Etat siamois va également jouer un rôle dans le développement de l’économie monétaire, ne serait-ce par exemple que pour payer ses fonctionnaires dès la fin du XIXème siècle et pour payer les salariés (essentiellement chinois) des grands chantiers (canaux, chemin de fer, irrigations) et aussi les militaires. L’État se verra contraint aussi  de trouver des revenus, en développant une riziculture d’exportation auprès des paysans de la plaine centrale, qui virent là, une source de revenu conséquente, et un moyen de payer l’impôt.
A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.

La société traditionnelle va aussi se trouver bouleversée par le développement d’une nouvelle classe de fonctionnaires et de militaires.

 

Nous avions vu que l’origine  de cette nouvelle classe était à trouver dans la modernisation de l’Etat siamois commencé avec le roi Mongkut, et poursuivi par le roi Chulalongkorn (1868-1910), qui avec l’aide de 300 conseillers européens, effectuera la grande réforme administrative de 1892 à 1897, et  créera  l’Education nationale en 1890 qui ouvrait le Siam à l’instruction primaire et à la formation nécessaire aux nouveaux fonctionnaires qui allaient mettre en œuvre cette formidable transformation du royaume. (Cf. Nos articles 139,147, 170, etc.)

A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.

On passa à une autre dimension avec son fils Rama VI (Cf. 170), qui avait reçu une éducation anglaise, et qui estimait que « Pour acquérir des mérites, il valait mieux construire une école qu’un temple ». Il donnera l’exemple en  créant en juin  1911 une nouvelle école royale des pages, en 1916 un collège royal à Bangkok, en 1917 un collège royal des pages à Chiangmai, et en 1917, la première université du pays, l’Université Chulalongkorn, destinée surtout à former les futurs hauts fonctionnaires, et le 1er octobre 1921, en rendant l’école obligatoire et gratuite dans le primaire pour les garçons et les filles, de 7 à 12 ans. En 1920, Fistié estimera que les fonctionnaires étaient  environ  80.000, dont la moitié étaient du cadre permanent (sâman), auxquels il faut ajouter les cadres de l’armée et de la marine et de la petite force aérienne. (En 1934, l’armée siamoise avait 1993 officiers (pour 24.486 sous-officiers et hommes de troupe), et 98 officiers dans l’aviation (sur 2.486), en précisant qu’en 1933, l’armée avait subi plusieurs compressions de personnel.). Bref, le total de cette nouvelle classe de fonctionnaires et de militaires ne dépassait pas donc pas les 90.000 personnes en comptant largement et pourtant elle allait jouer un rôle décisif.

 

Une nouvelle classe qui prit conscience d’elle-même et qui au fur et à mesure estima qu’elle n’avait pas la reconnaissance et la place qui convenait au sein du royaume, du fait que la monarchie absolue réservait toutes les places à la famille royale.

A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.

Leur mécontentement, allait se nourrir aux nouvelles idées « démocratiques », aux nouveaux courants politiques et sociaux venus d’ailleurs (La révolution russe et chinoise par exemple, ou les étudiants Siamois en France, qui vont créer en février 1927, le Khana Ratsadon, (คณะราษฎร) qui aura un rôle déterminant dans le coup d’Etat de 1932), alimentés par un courant intellectuel moderne, basé sur l’esprit d’examen et sur la responsabilité individuelle, désirant plus d’égalité et s’affranchir du statut quo et de la hiérarchie installée, et aspirant à plus de démocratie. Cette nouvelle « intelligentsia » était différente des aristocrates, des officiers militaires et des juristes et était composée de journalistes, d’écrivains, de critiques littéraires et de moines éclairés ou d’intellectuels laïcs. Les rois eux-mêmes s’interrogeaient.

 

Mais de là, à imaginer qu’un petit groupe composé de civils et d’officiers allaient pouvoir le 24 juin 1932, avec quelques tanks et camions militaires entourer le palais royal et les ministères à Bangkok, et mettre fin en quelques heures à 150 ans de monarchie absolue au nom du « Parti du Peuple », et pourtant ce fut le cas.

A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.

« Le coup d’Etat du 24 juin 1932 ».

 

Ils étaient en effet peu nombreux alors à penser à un renversement de régime et encore moins à savoir qu’un coup d’Etat aurait lieu le 24 juin 1932, qui allait mettre fin à la monarchie absolue et instaurer une monarchie constitutionnelle, au milieu des habitants de Bangkok complètement passifs. (Nous vous avons présenté deux articles sur ce jour mémorable ***).

 

Le 27 juin, le roi appose sa signature en bas d’une constitution provisoire présentée par une délégation du Parti du peuple conduite par Pridi, dans laquelle l’article 1er déclare que « Le pouvoir suprême du pays appartient au peuple » et que le roi est « la plus haute personnalité du pays » (article 3) ; mais l’article 7  indique les limites de son pouvoir, à savoir : « Pour être légale, toute action du monarque doit  être approuvée et dûment signé par l’un ou l’autre membre du Comité du Parti du Peuple avec le consentement du Comité tout entier ».

 

La constitution provisoire du 27 juin 1932  fut appliquée jusqu’à l’adoption de la constitution définitive le 10 décembre 1932.

A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.

(Cf. « 189. Notre lecture de la Constitution  provisoire du 27 juin 1932. » et 189.1 et 189.2 pour « La constitution du 10 décembre 1932. »)****

 

La seule lecture des deux premiers articles indiquait bien que nous étions désormais dans une monarchie constitutionnelle :

 

Article 1er : Le royaume du Siam est un et indivisible. Tous les Siamois, sans distinction de race ou de religion, ont un droit égal à la protection de cette constitution.

Article 2 : Le pouvoir souverain émane de la nation siamoise. Le Roi, qui est le chef de la nation, exerce le pouvoir conformément aux dispositions de la présente constitution.

 

A 203. LE 10 DECEMBRE, UN JOUR FÉRIÉ POUR « LE JOUR DE LA CONSTITUTION » EN THAÏLANDE.

Mais depuis, il y en a eu  de nombreuses, si bien que dès le début de notre blog, nous nous étions demandés si cela n’était pas devenue « Une tradition thaïe : chartes et coups d’Etat ? »*****

 

On remarquait alors que lors du 60ème anniversaire de l'intronisation du roi Bhumibol en 2006, celui-ci avait déjà vu  21 Premiers ministres, 15 Constitutions (ou 18 chartes selon d’autres sources) et 18 coups d'Etat. Et depuis,  la « tradition » a perduré avec d’autres coups d’Etats et constitutions … et avec le dernier coup d’Etat du 22 mai 2014 et le projet d’une nouvelle … constitution.

 

Alors si ce 10 décembre 2015, est bien un jour férié, il n’est pas sûr qu’il  soit « Le jour de la Constitution ».

 

0Certes, nous avons décrit en de nombreux articles le dynamisme des Chinois, mais Fistié considère qu’il faut chercher les raisons dans « la faible densité de la population et leur force d’inertie qui les maintient dans leur vie traditionnelle de riziculteur avec le wat (temple) qui en constituait le centre, et qui leur enseignait un idéal de vie où la recherche de l’argent n’avait pas cours ». (In 182.1) Il est vrai que 90 % de la population étaient des paysans pratiquant essentiellement une économie de subsistance dans des provinces isolées, que le pouvoir à Bangkok avait du mal à contrôler. Population à l’intérieur de laquelle vivaient des paysans à la situation encore plus précaire, car sans terre. (36 % des familles dans la plaine centrale,  27% dans le Nord, 18% dans le Nord-Est en 1930). De fait, leur mode d’organisation du village, leur économie de subsistance, leurs traditions religieuses des Siamois, peuvent expliquer pourquoi les immigrants chinois ont pu s’investir dans les nouvelles activités qui dégageaient des revenus monétaires beaucoup plus conséquents que les revenus de la production du riz.

 

L’Etat siamois va également jouer un rôle dans le développement de l’économie monétaire, ne serait-ce par exemple que pour payer ses fonctionnaires dès la fin du XIXème siècle et pour payer les salariés (essentiellement chinois) des grands chantiers (canaux, chemin de fer, irrigations) et aussi les militaires. L’État se verra contraint aussi  de trouver des revenus, en développant une riziculture d’exportation auprès des paysans de la plaine centrale, qui virent là, une source de revenu conséquente, et un moyen de payer l’impôt.

 

La société traditionnelle va aussi se trouver bouleversée par le développement d’une nouvelle classe de fonctionnaires et de militaires.

 

Nous avions vu que l’origine  de cette nouvelle classe était à trouver dans la modernisation de l’Etat siamois commencé avec le roi Mongkut, et poursuivi par le roi Chulalongkorn (1868-1910), qui avec l’aide de 300 conseillers européens, effectuera la grande réforme administrative de 1892 à 1897, et  créera  l’Education nationale en 1890 qui ouvrait le Siam à l’instruction primaire et à la formation nécessaire aux nouveaux fonctionnaires qui allaient mettre en œuvre cette formidable transformation du royaume. (Cf. Nos articles 139,147, 170, etc.)

 

On passa à une autre dimension avec son fils Rama VI (Cf. 170), qui avait reçu une éducation anglaise, et qui estimait que « Pour acquérir des mérites, il valait mieux construire une école qu’un temple ». Il donnera l’exemple en  créant en juin  1911 une nouvelle école royale des pages, en 1916 un collège royal à Bangkok, en 1917 un collège royal des pages à Chiangmai, et en 1917, la première université du pays, l’Université Chulalongkorn, destinée surtout à former les futurs hauts fonctionnaires, et le 1er octobre 1921, en rendant l’école obligatoire et gratuite dans le primaire pour les garçons et les filles, de 7 à 12 ans. En 1920, Fistié estimera que les fonctionnaires étaient  environ  80.000, dont la moitié étaient du cadre permanent (sâman), auxquels il faut ajouter les cadres de l’armée et de la marine et de la petite force aérienne. (En 1934, l’armée siamoise avait 1993 officiers (pour 24.486 sous-officiers et hommes de troupe), et 98 officiers dans l’aviation (sur 2.486), en précisant qu’en 1933, l’armée avait subi plusieurs compressions de personnel.). Bref, le total de cette nouvelle classe de fonctionnaires et de militaires ne dépassait pas donc pas les 90.000 personnes en comptant largement et pourtant elle allait jouer un rôle décisif.

 

Une nouvelle classe qui prit conscience d’elle-même et qui au fur et à mesure estima qu’elle n’avait pas la reconnaissance et la place qui convenait au sein du royaume, du fait que la monarchie absolue réservait toutes les places à la famille royale.

 

Leur mécontentement, allait se nourrir aux nouvelles idées « démocratiques », aux nouveaux courants politiques et sociaux venus d’ailleurs (La révolution russe et chinoise par exemple, ou les étudiants Siamois en France, qui vont créer en février 1927, le Khana Ratsadon, (คณะราษฎร) qui aura un rôle déterminant dans le coup d’Etat de 1932), alimentés par un courant intellectuel moderne, basé sur l’esprit d’examen et sur la responsabilité individuelle, désirant plus d’égalité et s’affranchir du statut quo et de la hiérarchie installée, et aspirant à plus de démocratie. Cette nouvelle « intelligentsia » était différente des aristocrates, des officiers militaires et des juristes et était composée de journalistes, d’écrivains, de critiques littéraires et de moines éclairés ou d’intellectuels laïcs. Les rois eux-mêmes s’interrogeaient.

Mais de là, à imaginer qu’un petit groupe composé de civils et d’officiers allaient pouvoir le 24 juin 1932, avec quelques tanks et camions militaires entourer le palais royal et les ministères à Bangkok, et mettre fin en quelques heures à 150 ans de monarchie absolue au nom du « Parti du Peuple », et pourtant ce fut le cas.

 

« Le coup d’Etat du 24 juin 1932 ».

 

Ils étaient en effet peu nombreux alors à penser à un renversement de régime et encore moins à savoir qu’un coup d’Etat aurait lieu le 24 juin 1932, qui allait mettre fin à la monarchie absolue et instaurer une monarchie constitutionnelle, au milieu des habitants de Bangkok complètement passifs. (Nous vous avons présenté deux articles sur ce jour mémorable ***).

 

Le 27 juin, le roi appose sa signature en bas d’une constitution provisoire présentée par une délégation du Parti du peuple conduite par Pridi, dans laquelle l’article 1er déclare que « Le pouvoir suprême du pays appartient au peuple » et que le roi est « la plus haute personnalité du pays » (article 3) ; mais l’article 7  indique les limites de son pouvoir, à savoir : « Pour être légale, toute action du monarque doit  être approuvée et dûment signé par l’un ou l’autre membre du Comité du Parti du Peuple avec le consentement du Comité tout entier ».

 

La constitution provisoire du 27 juin 1932  fut appliquée jusqu’à l’adoption de la constitution définitive le 10 décembre 1932.

 

(Cf. « 189. Notre lecture de la Constitution  provisoire du 27 juin 1932. » et 189.1 et 189.2 pour « La constitution du 10 décembre 1932. »)****

 

La seule lecture des deux premiers articles indiquait bien que nous étions désormais dans une monarchie constitutionnelle :

Article 1er : Le royaume du Siam est un et indivisible. Tous les Siamois, sans distinction de race ou de religion, ont un droit égal à la protection de cette constitution.

Article 2 : Le pouvoir souverain émane de la nation siamoise. Le Roi, qui est le chef de la nation, exerce le pouvoir conformément aux dispositions de la présente constitution.

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Mais depuis, il y en a eu  de nombreuses, si bien que dès le début de notre blog, nous nous étions demandés si cela n’était pas devenue « Une tradition thaïe : chartes et coups d’Etat ? »*****

 

On remarquait alors que lors du 60ème anniversaire de l'intronisation du roi Bhumibol en 2006, celui-ci avait déjà vu  21 Premiers ministres, 15 Constitutions (ou 18 chartes selon d’autres sources) et 18 coups d'Etat. Et depuis,  la « tradition » a perduré avec d’autres coups d’Etats et constitutions … et avec le dernier coup d’Etat du 22 mai 2014 et le projet d’une nouvelle … constitution.

 

Alors si ce 10 décembre 2015, est bien un jour férié, il n’est pas sûr qu’il  soit « Le jour de la Constitution ».

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*Le contexte.

182.1 et 182.2 : La société siamoise à la veille du coup d’Etat de 1932.

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/04/182-1-la-societe-siamoise-a-la-veille-du-coup-d-etat-de-1932.html

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/182-2-la-societe-siamoise-a-la-veille-du-coup-d-etat-de-1932.html

 

**Pierre Fistié, « L’évolution de la Thaïlande contemporaine », Armand Colin, 1967.

 

***187. Le coup d’Etat du 24 juin 1932 au Siam. http://www.alainbernardenthailande.com/2015/06/187-le-coup-d-etat-du-24-juin-1932-au-siam.html

188. Un autre récit du coup d’Etat du 24 juin 1932 au Siam. http://www.alainbernardenthailande.com/2015/04/188-un-autre-recit-du-coup-d-etat-du-24-juin-1932-au-siam.html

 

****La constitution du 10 décembre 1932.

Articles 189.1 et 189.2 http://www.alainbernardenthailande.com/2015/06/189-1-la-constitution-du-10-decembre-1932.html

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/06/189-2-la-constitution-du-10-decembre-1932-suite-et-fin.html

 

*****A.5 : Une tradition thaïe : chartes et coups d’Etat ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-article-5-une-tradition-thaie-chartes-et-coups-d-etats-65017684.html

 

 

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