Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 18:04
A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

C’est bien le vrai, le Robinson Crusoé de notre jeunesse. Nous n’en lisions que des versions édulcorées et abrégés se terminant lorsqu’il quitte son île. L'immortel roman de Daniel Defoë a été traduit, trahi, torturé, massacré, déformé, se trouve à l’origine de toute une longue théorie de robinsonnades, de mauvais films, d’opérettes et d’images d’Epinal ...

 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

....toutes sur le thème de la joie ineffable de vivre dans une île déserte et d’y rencontrer de bons sauvages. Or, l’épisode des 28 années passées sur l’île déserte ne représente guère que le tiers des aventures de Robinson ! Tout le monde les connaît mais peu les ont lues dans leur intégralité ! Nous avons voulu relire l’immortel roman, avec un plaisir tel que nous l’avons relu jusqu’au bout pour tomber sur son passage au Siam qui nous eut laissé indifférent au temps de nos 15 ans.  

 

En 1651, il a 19 ans, Robinson Crusoé quitte York contre la volonté de son père pour naviguer sur les océans. 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Au lieu de devenir avoué, une position « au-dessus du médiocre » il s’embarque en cachette, subit un premier naufrage qui ne lui sert pas de leçon. 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Il s’embarque à nouveau. Le navire est arraisonné par des pirates de Salé et il devient l'esclave d'un Maure. Il parvient à s'échapper sur un bateau volé en compagnie d’un jeune esclave noir et ne doit son salut qu'à un navire portugais qui passe au large de la côte ouest de l'Afrique

 

 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Arrivé au Brésil, Crusoë devient le propriétaire d'une plantation de tabac achetée avec le bénéfice procuré par la vente de l’embarcation et de l’esclave au capitaine portugais. 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Toutefois il est en manque de main d’œuvre. En 1659, il se joint à une expédition partie à la recherche d'esclaves nègres en Afrique, mais à la suite d’une tempête il est naufragé sur une île déserte à l'embouchure de l'Orénoque en Amérique du Sud

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Nous connaissons la suite : Tous ses compagnons sont morts, il parvient à récupérer des armes et des outils dans l'épave. Il fait la découverte d'une grotte, se construit une habitation et confectionne un calendrier en faisant des entailles dans un morceau de bois. Il chasse, cultive le blé, apprend à fabriquer de la poterie et élève des chèvres. 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Ce n’est pas – version pieuse – le paradis retrouvé, c’est la juste punition divine de la désobéissance aux ordres de son père. Crusoë est très « préchi-précha » aussi parle-t-il en permanence d'une faute, d'un péché qui fut à l'origine de sa vie aventureuse et de ses malheurs. Il lit la Bible mais tout  lui manque, surtout la compagnie des hommes. 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Il s'aperçoit que l'île qu'il appelle « Désespoir » reçoit périodiquement la visite de cannibales qui viennent y tuer et manger leurs prisonniers. On peut être esclavagiste mais abhorrer le cannibalisme, il songe à les exterminer, mais ne s’en arroge pas le droit, « pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Il souhaite simplement se procurer une compagnie et un serviteur (esclave). Un prisonnier parvient à s’évader, c’est Vendredi, ils deviennent amis (tout autant qu’un maître puisse être un ami de son esclave). 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

28 ans après son arrivée sur l’île, arrive un navire anglais. Une mutinerie vient d'éclater, les rebelles veulent abandonner leur capitaine sur l'île. Le capitaine et Crusoé parviennent à reprendre le navire et à retourner en Angleterre avec Vendredi qui sera toujours un serviteur dévoué. 

 

 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Il repart pour le Brésil, sa plantation a été bien entretenue par son subrécargue, il est devenu riche. Mais le mal de la mer le reprend. Il doit en outre vendre sa plantation pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme et envisage de retourner en Angleterre. Il choisit le chemin des écoliers, voyage en Espagne et de là en France, où il est attaqué par des loups dans les Pyrénées.

 

 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Il rejoint l’Angleterre mais, voyageur impénitent, est bientôt repris par le goût du négoce et des voyages, il part pour Madagascar et les Indes, puis pour la Chine et le Siam, trafique, s'enrichit et rentre en Angleterre par la Sibérie et l’Allemagne.

 

Quelle était la denrée dont le commerce était alors, vers 1702-1703, le plus fructueux entre l'Inde et la Chine, et à laquelle s'intéressa tout particulièrement Robinson Crusoé ? C’était l'opium. Et ceci se passait il y a environ 300 ans, quelque 150 ans avant la fameuse « guerre de l'opium ». La Chine, à l’époque de sa splendeur et de sa pleine indépendance, achetait l'opium à l'Inde des Grands Mogols.

 

Lisez plutôt ce passage cueilli à la fin de la deuxième partie du roman, celle qui est le plus souvent oubliée :

 

« … Après un long séjour en ce lieu (Calcutta) et bon nombre de projets formés pour mon retour en Angleterre, sans qu'aucun répondit à mon désir, le négociant anglais qui logeait avec moi, et avec lequel j'avais contracté une liaison intime, vint me trouver un matin : « Compatriote, me dit-il, j'ai un projet à vous communiquer. Comme il s'accorde avec mes idées, je crois qu'il doit cadrer avec les vôtres également, quand vous y aurez bien réfléchi. Ici nous sommes placés, ajouta-t-il, vous par accident, moi par mon choix, dans une partie du monde fort éloignée de notre patrie ; mais c'est une contrée où nous pouvons, nous qui entendons le commerce et les affaires, gagner beaucoup d'argent. Si vous voulez joindre mille livres sterling aux mille livres sterling que je possède, nous louerons ici un bâtiment, le premier qui pourra nous convenir. Vous serez le capitaine, moi je serai le négociant, et nous ferons un voyage de commerce à la Chine. Pourquoi demeurerions-nous tranquilles ? Le monde entier est en mouvement, roulant et circulant sans cesse ; il n'y a point dans l'univers de fainéants, si ce n'est parmi les hommes : pourquoi grossirions-nous le nombre des fainéants » ? 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Je goûtai fort cette proposition, surtout parce qu'elle semblait faite avec beaucoup de bon vouloir et d'une manière amicale. Il se passa toutefois quelque temps avant que nous eussions pu nous procurer un navire à notre gré, et, quand nous eûmes un navire.il ne fut pas aisé de trouver des marins anglais, c'est-à-dire autant qu'il en fallait pour gouverner le voyage et diriger les matelots que nous prendrions sur les lieux. A la fin cependant nous trouvâmes un lieutenant, un maître d'équipage et un canonnier anglais, un charpentier hollandais et trois Portugais, matelots du gaillard d’avant. Avec ce monde et des marins indiens tels quels, nous pensâmes que nous pourrions passer outre.

 

Il y a tant de voyageurs qui ont écrit l'histoire de leurs -voyages et de leurs expéditions dans ces parages, qu'il serait pour tout le monde assez insipide de donner une longue relation des lieux où nous allâmes et des peuples qui les habitent. Je laisse cette besogne à d'autres et je renvoie le lecteur aux journaux des voyageurs anglais, dont beaucoup sont déjà publiés et beaucoup plus encore sont promis chaque jour.

 

Nous nous rendîmes d'abord à Achem, dans l'île de Sumatra, puis de là à Siam, où nous échangeâmes quelques-unes de nos marchandises contre de l'opium et de l'arack. Le premier est un article d'un grand prix chez les Chinois, et dont ils avaient faute à cette époque. Bref, nous fîmes un fort bon voyage, et je gagnai tant d'argent dans cette première expédition, et j'acquis de telles notions sur la manière d'en gagner davantage, que, si j'eusse, été de vingt ans plus jeune, j'aurais été tenté de me fixer dans ce pays et n'aurais pas cherché fortune plus loin. Mais mon compagnon de voyage et moi nous avions une idée différente…. »

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Cet épisode siamois, quoique bref, passe le plus souvent inaperçu. Nous n’en trouvons qu’un bref rappel dans un amusant article de l’ « Éveil économique de l’Indochine » de 1928 (1) et une très brève allusion dans un article de 1975 (2). Il n’apparait pas non plus, ce qui est un comble, dans diverses versions du roman traduites en thaï sous le titre โรบินสัน ครูโซ (« Robinsan Khrouso »).

 

 

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Nous vous livrons la conclusion qui ne nous laisse pas indifférents : « Enfin, bien résolu à ne pas me harasser davantage, je suis en train de me préparer pour un plus long voyage que tous ceux-ci, ayant passé soixante-douze ans d’une vie d’une variété infinie, ayant suffisamment appris à connaître le prix de la retraite et le bonheur qu’il y a à finir ses jours en paix » (3).

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Notes

 

(1) « Variétés, Robinson Crusoë, importateur d’opium en Chine » numéro du 22 avril 1928.

 

(2) Jean Ricard in «  Robinson Crusoë, voyageur imaginaire, témoin de la pénétration du christianisme en Chine et en Haute-Asie au début du dix-huitième siècle », Revue de l'histoire des religions, tome 187 n°1, 1975. pp. 71-83.

 

(3) Nous avons utilisé la traduction la plus ancienne, celle de son premier traducteur,  Pétrus Borel, pleine de délicieuses emphases romantique (reprint Marabout 1977).

A 210 - ROBINSON CRUSOË, TRAFIQUANT D’OPIUM AU SIAM.

Partager cet article

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Culture : film - livres - article...
commenter cet article

commentaires

de Barbeyrac Cécile 20/02/2016 18:31

Ca valait le détour de savoir que vous faites fortune, sur le dos de qui à propos?
Je vous embrasse tous les deux et bravo pour vos fouilles du passé!

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 29/02/2016 23:17

Des liens, bien sûr.... Peut-être mêmebien avant Moïse !

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 20/02/2016 23:55

Je dois un grand merci à celle qui m'a envoyé mon exemplaire de Robinson, le "support papier" est plus agréable tout de même que l'écran !