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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 18:25
224. INTRODUCTION AU « RÈGNE » DU MARÉCHAL THANOM KITTIKACHORN (9 DÉCEMBRE 1963-14 OCTOBRE 1973).  ET DU GÉNÉRAL PRAPHAS.

Il n’est pas aisé d’introduire une période de 10 ans de l’histoire de la Thaïlande marquée par une dictature dans le contexte de la guerre du Vietnam,  l’aide militaire et économique américaine, la présence de bases américaines dans le pays et des dizaines de milliers de militaires américains; la lutte contre l’insurrection communiste, trois gouvernements, une nouvelle constitution le 20 juin 1968,  avec de nouveau des partis politiques autorisés, des élections générales le 10 février 1969, un coup d’Etat de Thanom le 18 novembre 1971, pour installer le Conseil national exécutif (18/11/1971-17/12/1972) qui abolit le parlement, dissout les partis politiques, dans le but proclamé de combattre les communistes. Une période où le 18 décembre 1972 le roi signera la formation du 32ème gouvernement, encore dirigé par Thanom et Praphas, qui se terminera dans un bain de sang le 14 octobre 1973 ....

224. INTRODUCTION AU « RÈGNE » DU MARÉCHAL THANOM KITTIKACHORN (9 DÉCEMBRE 1963-14 OCTOBRE 1973).  ET DU GÉNÉRAL PRAPHAS.

... après une manifestation monstre réclamant le retour de la démocratie, et pour la première fois, le roi annonçant à la télévision et à la radio, le démission du maréchal Thanom et la nomination du nouveau 1er ministre Sanya Dharmasakti (Sanya Thammasak) avec la mission de proposer une nouvelle constitution.

224. INTRODUCTION AU « RÈGNE » DU MARÉCHAL THANOM KITTIKACHORN (9 DÉCEMBRE 1963-14 OCTOBRE 1973).  ET DU GÉNÉRAL PRAPHAS.

L’étude de Léon Trivière intitulée « La Révolution d’Octobre » va nous aider à présenter cette période, « Les Études »,(1945), 05/1974.

 

Le maréchal Sarit décède le 8 décembre 1963, après avoir dirigé le pays d’une main de fer pendant presque 5 ans (9/02/1959-8/12/1963). Le 9 décembre, le général  Thanom Kittikachorn devient le 1er ministre du 30ème gouvernement (9/12/1963-7/3/1969), avec comme vice-premiers ministres le major-général H.R.H. Prince Krom Muen Naradhip Bongsprabandh et le général Prapass Charusthira. Le général Thanom est également ministre de la Défense et le général Prapass, ministre de l’intérieur. Autant dire qu’ils contrôlent le pays, qu’ils vont gouverner jusqu’au 14 octobre 1973, soit 9 ans et 10 mois. 

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Thanom et Prapass, des hommes d’expérience.

 

Ils sont déjà les hommes de confiance du maréchal Sarit (commandant en chef des armées thaïes depuis 1954) qui réalise un coup d’Etat le 16 septembre 1957, mettant fin au long règne du maréchal Phibun (9 ans et 5 mois). Sarit ne veut pas participer au gouvernement de Phot Sarasin, mais place aux postes clés : Thanom à la Défense et  Prapass à l’intérieur. (Cf. Notre article 221. Les gouvernements de Phot Sarasin (21/09/1957-1/01/1958) et du général Thanom Kittikachorn (1/01/1958-20/10/1958). Phot Sarasin ne gouvernera que 3 mois, car après des élections générales en décembre, pour encore verrouiller davantage  toute la vie politique, le maréchal Sarit fera approuver par décret royal le 1er janvier 1958, la liste du 28ème gouvernement (1er janvier 1958- 20 octobre 1958) avec comme 1er ministre Thanom qui conservait la Défense, et comme vice-premiers ministres Prapass, qui conservait l’intérieur, et Sukich l’économie et l’inamovible Major General H.R.H. Prince Krom Muen Naradhip Bongsprabandh (Le Prince Wan Waithayakon) les Affaires étrangères ; la plupart des autres ministres du précédent gouvernement conservaient également leur place

224. INTRODUCTION AU « RÈGNE » DU MARÉCHAL THANOM KITTIKACHORN (9 DÉCEMBRE 1963-14 OCTOBRE 1973).  ET DU GÉNÉRAL PRAPHAS.

Mais le maréchal Sarit estima que le gouvernement ne contrôlait plus la situation, et crut bon d’effectuer un nouveau coup d’Etat dans la nuit du 20 octobre 1958, au nom de la nécessité de faire face à une grave menace communiste, à l’intérieur et à l’extérieur. Il prend alors directement le pouvoir le 9 février 1959 et va rester le 1er ministre jusqu’à son décès le 8 décembre 1963, avec le général Thanom comme vice-1er ministre et ministre de la Défense  et le Major General H.R.H. Prince Krom Muen Naradhip Bongsprabandh, comme vice-1er ministre et le lieutenant-général Praphas, comme  ministre de l’intérieur. (C f. Notre article 222.1)

 

Autant dire que le 9 décembre 1963 le général  Thanom Kittikachorn et le général Praphas Charusthian ont déjà une longue expérience du pouvoir avant de former le 30ème gouvernement de la monarchie constitutionnelle. (9 décembre 1963-7mars 1969.) Le général Thanom restera également ministre de la défense et le général Praphas sera vice-1er ministre et ministre de l’intérieur.

224. INTRODUCTION AU « RÈGNE » DU MARÉCHAL THANOM KITTIKACHORN (9 DÉCEMBRE 1963-14 OCTOBRE 1973).  ET DU GÉNÉRAL PRAPHAS.

La présence militaire et l’aide économique des Etats-Unis.

 

Nous avions vu que depuis la participation de la Thaïlande à la guerre de Corée, les Etats-Unis ont fourni une aide militaire et économique importante à la Thaïlande, et qu’en 1954, elle devient un allié officiel des Etats-Unis en entrant dans l’Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est (OTASE, SEATO dans son sigle anglais). L'OTASE a été créée à l'initiative des Etats-Unis, dans le contexte de la guerre froide. L'organisation devient l'une des dimensions de la politique de « containment » face au développement du communisme en Asie du Sud suite à la guerre d’Indochine. Le siège de l'OTASE sera même  à Bangkok. (Cf. Notre article**)

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On peut imaginer les sommes colossales qui ont été injectées dans ce vaste complexe militaire de 7 bases, avec la construction de routes stratégiques, de ponts, d’installations, avec le soutien de l’armée thaïlandaise portée à 180.000 hommes (12.000 iront au Vietnam. Cf. Article 226) et à 90.000 pour la police et des unités paramilitaires, sans oublier l’aide au Trésor thaïlandais, les nombreux Thaïlandais travaillant pour les Américains (env. 90.000), et l’aide des Peace Corps (médecins, agronomes, ingénieurs, etc).

 

Cette aide directe et indirecte aura évidemment un impact économique très important : un PNB en augmentation de 7,7% par an, une progression  de l’industrialisation et du volume des échanges commerciaux (« Il passe de 731 millions en 1955 à 1.418 millions en 1965 » (Trivière)) . On évoque pour cette période une augmentation du revenu par habitant de 4% par an. (Cf. Notre article suivant 226, « L’aide américaine à la Thaïlande ».) 

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Mais en 1968-1969, on assistera à une dégradation de la situation économique, avec un désengagement américain et le développement de la subversion « communiste ».

 

On va voir alors les investissements étrangers diminués ainsi que  la croissance (désormais à 5 %), avec une production de riz inférieure à celle de 1966. « La valeur des  exportations de riz tombe de 191 millions de dollars en 1968 à 141 millions en 1969, 120 millions en 1970. Pour la première fois depuis des années, on note en 1969, un déficit de la balance des paiements  (48 millions de dollars), qui ira en s’aggravant en 1970 (611,9 millions de dollars) ». (Trivière) Bref, un mécontentement généralisé s’installe aussi bien parmi les paysans que les ouvriers et les étudiants. (En 1966, des bagarres ont lieu dans les Universités, et le gouvernement a dissous l’Association des étudiants. En juin 1968, des étudiants ont violemment manifesté pour que les troupes américaines ne viennent plus en permission à Bangkok et réclament  le retour du corps expéditionnaire thaïlandais actuellement au Sud-Vietnam.)

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Un contexte qui va favoriser le développement des mouvements de subversion  dans le Nord-Est, le Nord, le Centre et le Sud du pays.

 

L’étude de Pierre Fistié, « Communistes et indépendance : le cas Thaïlandais (1928-1968) » va nous aider à en préciser les étapes. (Cf. en note un résumé de l’origine à 1962-1963 *)

 

A partir de 1962-1963, le Parti Communiste Thaïlandais (Le PCT) allait de nouveau se préparer pour mener le combat au niveau national. En 1962, il commença par des émissions  de radio clandestine dénommées « La voix du peuple thaïlandais ». Pour que celle-ci soit entendue, on forma des agents, qui déguisés en colporteurs allaient dans les villages pour faire leur propagande, envisager des caches d’armes, donner des transistors aux nouveaux convertis. Nombre d’entre eux avaient été formés par une école de cadres établie à Hanoï à la doctrine communiste et l’action de guérillas. On peut noter les premières arrestations en février 1962 dans la province de Suphanburi. Le 15 octobre, de nouvelles arrestations eurent lieu dans la province d’Ubon, dont la plupart étaient des instituteurs ou des chefs de village (On peut noter l’imprécision ). Il y eut un nouveau complot découvert en janvier 1963, dans la province de Sakon Nakhon. 75 personnes furent arrêtées dont deux Pathet Lao.

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Il faut attendre 1964-1966, pour que soit organisé un front uni et que la lutte soit élargie au niveau national.

Le PCT rompt le silence le 1er octobre 1964 par un message de salutation  envoyé au parti communiste chinois à l’occasion de sa fête, dans lequel il appelle à la formation d’un front uni. Deux organisations vont se manifester : Le Mouvement thaïlandais de l’indépendance (MTI) le 8 décembre dans La voix du peuple thaïlandais avec un appel à renverser le gouvernement du maréchal Thanom « le traître à la solde des impérialistes américains » et le 1er janvier 1965, le Front patriotique thaïlandais (FTP) dont le chef est le lieutenant-colonel Phayom Chulanon, par les canaux de La voix du peuple thaïlandais, de radio Pékin et de radio Hanoï.

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Le FTP se présente, à l’instar du FLN vietnamien, comme une fédération d’organisations comme « L’Association des paysans et des planteurs libérés par eux-mêmes », « le Groupement des moines thaïlandais », « la Fédération des travailleurs patriotiques de Thaïlande », « le Groupement des personnes pauvres », « le Groupement des travailleurs des plantations de  caoutchouc du Sud. On peut connaître son programme en 6 points par le Pékin Information du 15 février 1965 et constater qu’il n’avait rien de communiste et ressemblait plutôt au Front socialiste des années 1955-58  qui revendiquait le retour à la démocratie, la sortie de l’OTASE et  l’adoption d’une politique neutraliste, mais on voyait aussi l’objectif de chasser les impérialistes américains de Thaïlande avec un changement de taille : le recours à la lutte armée pour atteindre ces objectifs. On appelait tous les patriotes à s’unir, mais combien étaient-ils ? Et quelles furent leur efficacité ?

 

Si des attentats eurent lieu contre des instituteurs et chefs de villages récalcitrants ou informateurs de la police dans les provinces de Sakon Phanom et de Sakhon Nakon, le 1er coup de feu reconnu eut lieu le 7 août 1965 dans la province de Nakon Phanom avec une embuscade tendue à une patrouille de police qui fit un tué et un blessé.

 

Le FTP allait trouver une seconde base  de guérilla dans les 4 provinces « malaises » de Thaïlande, Satun, Yala, Pattani, Narathiwat,  en s’intégrant aux guérillas communistes chinoises du Malayan Communist Party ( MCP), réfugiées dans la jungle à la frontière depuis les années 1950. Les opérations de guérilla s’intensifièrent, mais Fistié ne donne pas d’informations à ce sujet. (En 1968, certains évaluent les révolutionnaires à 1500 env. !)

 

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Toutefois en 1967, le PCT jugeait la situation suffisamment critique pour se présenter comme le principal parti animant le Front Uni et saluait les premières victoires des forces armées populaires dans le Nord-Est et le Sud,  dans un message diffusé le 7 janvier 1967 dans « La voix du peuple thaïlandais ». Il sera repris par Pékin Information le mois suivant. Il s’agissait toujours de bouter hors du pays l’impérialisme américain, et de renverser la clique des traites Thanom/Prapass, pour édifier une Thaïlande nouvelle, prospère, démocratique, pacifique, neutre et indépendante. (Bien sûr !)

 

Le 1er décembre 1967, le PCT, à l’occasion de son 25ème anniversaire, ne citait même plus le Front Patriotique et se présentait comme le pilier des forces politiques qui lutte vaillamment contre l’impérialisme américain et les traites à sa solde. Suivait la propagande de l’époque, avec la nécessité pour chacun, d’élever son niveau théorique du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Tsé-toung, etc, etc.  (Pékin information du 6 janvier 1968) (L’étude de Fistié s’arrête en février 1968.) 

 

En tout cas en 1968, la lutte armée va s’intensifier avec des embuscades, des attaques de convoi, de postes de police, des routes et des ponts minés, des assassinats d’informateurs sur quatre fronts. Une estimation de 1973 nous donne une idée des forces engagées avec  2.400 guérilléros dans le Nord-Est, 2.100 dans le Nord, 1.600 dans le Sud, et 400 dans la plaine centrale. (Cf. Référence *** )

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Mais nous n’avons pas (encore ?) eu accès à un récapitulatif qui présenterait les attaques, les dates, le nombre de morts et de blessés. Trivière cite le général Sayud qui estimait qu’en 1972 les « insurgés » avaient tué 700 civils ou personnalités officielles et contrôlaient 80 villages dans le Nord-Est. Frank Vonder Wide (In Sunday, 11 May 2008) ayant eu connaissance de documents déclassifiés nous dit aussi  que les forces communistes ont effectué 5 attaques dont 4 attaques contre la base d’Udon Thani :  la 1 ère, le 26 juillet 1968 (environ 25 assaillants à partir de quatre endroits ont ouvert le feu avec des armes automatiques), puis  le 28 juillet 1969,  le 13 janvier 1970, et le 4 juin  1972  et une  attaque de la base d’ Utapao RTNAF le 10 janvier 1972.

 

Au Nord, le parti communiste thaïlandais va déployer ses activités au milieu de luttes intestines et des batailles qui opposent régulièrement les Chinois nationalistes (Résidus d’une division du Kuomintang pourchassée par Mao Sté-tung en 1949), les Shans de Birmanie, les Méos de Thaïlande, et l’armée régulière thaïlandaise pour le trafic d’opium et d’héroïne. En 1973, l’insurrection est prise au sérieux, face à 800 guérilléros communistes (Selon le général Sayud) armés de fusils M16, et AK-41 chinois, de roquettes B40, de mortiers de 60 mm, de mines. Le gouvernement enverra une division et demie de soldats avec des moyens  importants (Chasseurs bombardiers, hélicoptères, tanks, canons).

 

Les 4 provinces « musulmanes » du Sud vont être aussi touchées par une insurrection où se mêlent des autonomistes, des séparatistes, des paysans et des planteurs en colère, soutenus à la fois par un Front de Libération de la république de Pattani, une Armée de Libération en liaison avec les partis communistes malais et thaïlandais.

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Au niveau politique, la situation est aussi tumultueuse.

 

Le 20 juin 1968, une nouvelle constitution est promulguée qui autorise de nouveau les partis politiques. Des élections générales ont lieu le 10 février 1969.

 

Thanom a fait approuver par le roi les 120 membres du Sénat (Dont 91 sont des officiers militaires) et fonde l’UTPP (United Thai People Party ou Sacha Pracha Thai) dont Prapass est vice-président. Il obtient 75 députés, les indépendants 72, le Parti Démocrate 57, les petits partis (le Parti du peuple, le Front démocratique le Parti économiste) 14.

 

Le 7 mars 1969, le maréchal Thanom forme un nouveau gouvernement  (7 mars 1969-17 novembre 1971), dans lequel  il est toujours  ministre de la défense et le général Prapass vice-1er ministre et ministre de l’intérieur.

 

Prapass va manœuvrer, avec succès,  auprès des indépendants pour obtenir une majorité plus confortable. En août 1971, le gouvernement dispose d’une majorité de 123 voix sur 219 à la chambre. Mais l’opposition s’organise et veut constituer un front uni pour renverser le 1er ministre lors de la séance parlementaire du  22 novembre 1971.Thanom la prend de vitesse et réalise un coup d’Etat le 18 novembre 1971, pour installer le Conseil national exécutif. (18/11/1971-17/12/1972). Thanom abolit le parlement, dissout les partis politiques, créé un nouveau Parti révolutionnaire. Le Conseil national exécutif est composé de 16 membres (12 militaires et 4 civils) et à sa tête ceux que les opposants vont nommer les 3 tyrans à savoir Thanom et Prapass – bien sûr - et le fils de Thanom et gendre de Praphas, le colonel Narong Kittikachorn.

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Thanom justifie le coup d’Etat par la menace que font peser les 3 millions de Chinois qui pourraient se rapprocher de la Chine populaire, après son admission à l’ONU le 25 octobre 1971. Mais nous l’avons vu, l’insurrection communiste frappe, et  le Conseil national exécutif (18/11/1971-17/12/1972) n’arrive pas à rétablir la situation économique et la balance commerciale empire. Il va tenter un coup politique en promulguant une Constitution provisoire le 15 décembre 1972 ; le 18 décembre le roi signe la formation du 32ème gouvernement, encore dirigé par Thanom et Praphas.

 

Assemblée 32. 18 décembre 1972-14 octobre 1973.

 

Le maréchal Thanom est aussi ministre de la défense et des affaires étrangères. Le général Praphas est vice 1er ministre et ministre de l’intérieur. Mais l’Assemblée est désignée par Thanom avec 200 militaires ou policiers et 99 civils. On peut imaginer les protestations, surtout celles des étudiants qui, en mai et en juin 1973 manifestent dans la rue pour réclamer une constitution démocratique et des élections.

Au début octobre, la situation empire après l’arrestation de 11 étudiants. Les manifestations augmentent ; le 13 octobre, plus de 250.000 personnes rallient le « Monument de la démocratie » réclamant la fin de la dictature. Le 14 octobre, la troupe ouvre le feu tuant 75 étudiants dans l’Université de Thammasat occupée. Le roi, pour éviter un nouveau bain de sang convoque Thanom au palais et obtient sa démission. Il l’annonce le soir même à la radio et à la télévision ainsi que la nomination de Sanya Dharmasakti (Sanya Thammasak) (Ancien recteur de l’Université deThammasat proche des étudiants) comme premier ministre par intérim, avec la mission de proposer une nouvelle constitution.

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Le 15 octobre, le maréchal Thanom s’enfuit en secret aux Etats-Unis et le général Prapass et le lieutenant-colonel Narong à Taiwan.

 

Une nouvelle page de l’histoire de la Thaïlande s’ouvrait.

 

 Mais auparavant, il était temps pour nous de revenir sur certaines périodes de cette dictature Thanom/Prapass, en commençant par « L’aide américaine à la Thaïlande dans les années 1960-1970 ». Ce sera notre prochain article.

224. INTRODUCTION AU « RÈGNE » DU MARÉCHAL THANOM KITTIKACHORN (9 DÉCEMBRE 1963-14 OCTOBRE 1973).  ET DU GÉNÉRAL PRAPHAS.

 

*D’après l’étude de Pierre Fistié,”Communistes et indépendance : le cas Thaïlandais (1928-1968), in Revue française de science politique,18e année, n°4, 1968, pp. 685-714.

 

Les particularités de la Thaïlande (Pays non-colonisé, présence capitaliste peu présent jusqu’en 1958, année où les investissements étrangers arrivent vraiment avec un emploi plus massif de la main d’œuvre thaïe, majorité des diplômés peuvent devenir fonctionnaires ou militaires, masses rurales isolées, etc) ont fait que le marxisme n’a pu se développer comme par exemple au Vietnam et qu’après 20 ans après la chute de la monarchie absolue de 1932, en le mouvement communiste ne pouvait se prévaloir d’un succès majeur. Seul le Nord-Est, du fait de son sous-développement, de son caractère ethnique spécifique, de son isolement par rapport au pouvoir central, a connu quelques foyers d’oppositions et d’agitation. Mais  en 1965 sous l’impulsion du Parti communiste, le Nord-Est va pouvoir dépasser son opposition régionale pour s’intégrer en un mouvement de lutte armée en invoquant le thème du nationalisme contre la transformation de la Thaïlande en ce qu’il a pu appeler « une colonie américaine de type nouveau.

 

En effet, les premières manifestations du communisme en Thaïlande ont été marginales et se sont exprimées que dans les communautés immigrées comme la colonie vietnamienne au sein de laquelle Ho chi Minh tente de jeter les bases d’un mouvement communiste au cours de son séjour en Thaïlande dans les années 1927-30. Il y eut aussi les travailleurs chinois récemment immigrés qui en 1929 subirent l’influence du Parti communiste (Et l’Organisation de la jeunesse communiste, l’Union régionales des jeunes travailleurs), « filiales » du Nayang Labour Union et Nanyang Communist Party, créés à Singapour en 1926 et 1927, chargés de répandre le communisme parmi les Chinois d’Outremer. De même en 1930, que le Malayan Communist Party (MCP) essentiellement chinois. Il faut attendre 1935 pour que le Parti communiste siamois commence à être plus autonome. Mais en tous cas, le Parti communiste siamois ne participera pas au coup d’Etat du 24 juin 1932 qui met fin à la monarchie absolue. Le 30 septembre 1932, le Parti Communiste siamois allait d’ailleurs dans un tract (C’était sa première manifestation) déclarer que le nouveau gouvernement n’était pas plus légitime que l’ancien et qu’il ne représentait en rien le peuple. Il appelait à s’unir avec les travailleurs russes pour fonder le gouvernement soviétique du Siam. Fistié note que le tract dénonçait Pridi comme un non révolutionnaire. En dépit de sa participation au VIIème Congrès du Komintern, ce Parti n’eut aucune influence jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Ce qui n’empêcha pas le gouvernement de promulguer la 1ère loi anticommuniste  le 3 avril 1933 après le coup du 1er avril 1933 visant l’élimination politique de Pridi, à qui on prêtait -à tort- un programme économique « communiste » Nous avons vu qu’il n’en était rien. (Une commission  le blanchit de cette accusation en 1934.

 

Le Parti communiste siamois se reconstruit en 1942, mais  il faut attendre le 6 décembre 1946, pour que la loi anti-communiste de 1933 soit abrogée et qu’il soit reconnu officiellement. C’était le prix à payer pour que l’Union soviétique levât son veto pour l’entrée de la Thaïlande à l’ONU. Son secrétaire général Prasoet  Sapsunthon sera élu député de Surat Thani et le seul député communiste du Parlement. Le Parti publiera un tract intitulé « Que doivent faire les communistes siamois ? » qui n’avaient rien de vraiment révolutionnaire. Par contre le Parti communiste siamois jouera un rôle important dans la fondation de la 1ère fédération syndicale  siamoise ( Saha Achiwa Kommakhon) (Travailleurs professionnels Unis), le 1er janvier 1947, dans laquelle les Chinois vont jouer un rôle prépondérant.

 

Revenu au pouvoir en avril 1948, le maréchal Phibun, jugeant  marginal le PC thaïlandais, va surtout mettre en œuvre une politique antichinoise. Outre des perquisitions dans les locaux du Saha Achiwa Kommakhon, il va fonder un nouveau syndicat, le Thai National Trade Union Congress (TNTUC) destiné à détacher les travailleurs thaïs de la  Saha Achiwa Kommakhon, qui en février 1949 adhérera à la Fédération syndicale mondiale.

 

Un petit groupe de communistes subsistait dont l’activité consistait essentiellement à diffuser « L’Appel de la paix » de Stockholm et à animer un Comité National de la Paix, présidé par Charoen Sarbsaeng. Celui-ci dirigeait le principal hebdomadaire de gauche, le  Karnmuang Weekly. En novembre 1952, on découvrit un soi-disant complot qui permit l’arrestation de nombreux opposants dont Charoen Sarbsaeng et  le 13 novembre 1952, une loi anticommuniste fut promulguée. Le PC thaïlandais  entrait dans la clandestinité.

224. INTRODUCTION AU « RÈGNE » DU MARÉCHAL THANOM KITTIKACHORN (9 DÉCEMBRE 1963-14 OCTOBRE 1973).  ET DU GÉNÉRAL PRAPHAS.

Au Nord-Est la situation était, on le sait, particulière, pour des raisons historique et ethnique (province lao du Siam peuplé surtout de prisonniers de guerre au XIXème), linguistique (on parle un dialecte lao), géographique et économique  qui contribuaient à ce que ses habitants se considéraient comme une minorité opprimée et méprisée. L’éloignement de Bangkok et du pouvoir ne pouvaient que renforcer ce sentiment. La révolution de 1932, et des premières élections permit de constituer la première opposition légale, d’où émergeait Thong In Phuripat, député d’Ubon en novembre 1933. Il demanda en 1937 l’autorisation de former un Parti politique qui lui fut refusée. Il fallut attendre la chute de Phibun en juillet 1944 à l’instigation de Pridi pour que Thong In puisse entrer au gouvernement Aphaiwong. Une autre figure, le député lao de Sahon Nakhon Tiang Sirikan, membre éminent des Free Thais, joua aussi un rôle éminent après la guerre, en assurant la présidence de « La ligue de l’Asie du Sud-Est » impulsé par Pridi pour réunir des représentants des mouvements d’émancipation des pays voisins. (Cf. Notre article 203 consacré à Tiang Sirikan)

 

Les coups d’Etat militaires de novembre 1947 et d’avril 1948 qui ramenèrent au pouvoir le maréchal Phibun mirent fin à l’action de ses opposants politiques du Nord-Est. Pire, en 1949, Pridi échoua dans sa tentative de coup d’Etat à l’issue duquel quatre de ses anciens ministres du Nord-Est (Dont Thong In) furent abattus lors d’un transfert de prison.

 

On peut comprendre que les survivants politiques « laos » aient désormais pensé à l’autonomie du Nord-Est, surtout qu’en 1950, le Pathet lao du prince Souphanouvong se constitua, après que le gouvernement Lao Issala en exil à Bangkok se disloqua. La police « découvrit » des complots comme celui d’Ubon. Des rumeurs circulèrent révélant que Thiang Sirikan était allé rejoindre le prince Souphanouvong pour former un mouvement pan-lao, mais on apprit plus tard que Thiang avait été tué par la police de Phibun.

 

La situation changea en 1953 avec l’offensive du printemps des Vietminhs sur Luang Prabang et la découverte d’un nouveau complot séparatiste. Phibun ferma la frontière, envoya des renforts et fit une tournée d’inspection des provinces concernées. Des personnes furent arrêtes. (Combien ?) Le gouvernement prit conscience du danger que pouvaient représenter les Vietnamiens installés dans la région depuis 1946. A la fin de 1953, une nouvelle offensive vietminh atteignit Thakkek juste en face de Nakhon Phanom. L’Etat d’urgence fut proclamé dans neuf provinces ; une centaine de résidents vietnamiens furent arrêtés. En mai 1954, une enquête fut menée après l’annonce d’un nouveau complot, à l’issue de laquelle, un ancien compagnon de Tiang, Fang Sittitham, fut arrêté, sous l’inculpation d’avoir recruté des volontaires pour combattre aux côtés des vietminhs et pour son intention en liaison avec le Pathet Lao  de former un état indépendant dans le Nord-Est.

 

Nul doute que les communistes viets et laos étaient désormais une menace aux portes de la Thaïlande et contribua Phibun a participer à la création de l’OTASE. Nous avons vu dans notre article   qu’à l’issue d’un voyage dans les principales capitales occidentales, Phibun libéralisa son régime et autorisa de nouveau les partis politiques.

 

Thep Chotinochit fit début 1956 un voyage à Canton en Chine, ce qui lui valut d’être arrêté à son retour en vertu de la loi anticommuniste, mais fut relâché. Fort de cette nouvelle notoriété, il fut le leader du Front socialiste Uni créé le 17 février 1957.

 

Aux élections du 26 février 1957, son parti, le principal parti de gauche, le parti Setakhon (Economiste) eut la totalité des 8 élus du Nord-Est. Ce parti se disait socialiste et non communiste mais préconisait le départ de l’OTASE et d’établir des  relations avec la Chine. Le parti Hyde Park fondé par son frère Pethai Chotinochit eut deux députés dont l’un élu dans le Nord-Est. Le mécontentement qui s’était exprimé par des complots autonomistes avait désormais une voie légale. Après la chute de Phibun, les nouvelles élections de décembre confirmèrent  cette volonté, mais le coup d’Etat de Sarit en octobre 1958 mit fin à la démocratie.

 

Sarit procéda à une rafle de tous les opposants. Le leader de gauche Thep fut arrêté, ainsi que les opposants politiques issus du Nord-Est. Certains purent s’enfuir au Laos et formèrent une association. Mais il faut attendre le mois de mai 1961 pour que soit découvert un nouveau complot autonomiste animé par l’ancien député de Sakon Nakhon, Krong Chantawong. Il y eut une centaine d’arrestations, des caches d’armes furent trouvées. Krong Chantawong fut exécuté.

 

Mais Fistié avoue qu’on ne sait pas le lien qu’il y eut entre les différents complots, tant les informations sont fragmentaires, mais qu’à la fin de 1961, il en était fini des insurrections limitées au Nord-Est.

 

**15. Notre Isan : les bases US en Isan, les Américains en Isan !

http://www.alainbernardenthailande.com/article-14-le-debarquement-des-americains-en-isan-73255213.html

 

*** In, [Datenquelle: Morell, David ; Chai-anan Samudavanija <1944 - >: Political conflict in Thailand : reform, reaction, revolution. -- Cambridge, Mass. : Oelgeschlager, 1981. -- 362 S. : Ill. ; 24 cm. -- ISBN 0-89946-044-5. -- S. 90]

 

224. INTRODUCTION AU « RÈGNE » DU MARÉCHAL THANOM KITTIKACHORN (9 DÉCEMBRE 1963-14 OCTOBRE 1973).  ET DU GÉNÉRAL PRAPHAS.

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