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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 18:55
226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

La photographie placée en tête de cet article est celle d’un « mémorial du souvenir » rappelant les noms des 351 soldats thaïs morts en action et celui des 1.358 hommes blessés. Il est situé dans le musée consacré aux vétérans de la guerre de Vietnam (« Vietnam war veteran museum » พิพิธภัณฑ์ทหารผ่านศึกเวียดนาม), lui-même situé de façon très discrète dans l’enceinte du camp militaire Surasi (สุรสีห์) de la 9ème armée à Kanchanaburi

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Nous nous devions de leur consacrer quelques lignes.

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Si la guerre de Corée fut celle des Nations-unies avec la participation militaire de 17 pays, compris un bataillon thaï, celle du Vietnam ne fut celle du « free world » que dans les esprits américains, pas même celle de l’OTASE.

 

« Nous voulons plus de drapeaux » demandait l’Amérique. Si l’aide humanitaire des pays du « monde libre » au Sud-Vietnam fut massive, il ne flotta en définitive que 7 pavillons alliés sur les casernements, ceux de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Corée, de la Thaïlande, des Philippines, de la république de Chine et de l’Espagne (1).

 

L’histoire de l’engagement militaire de ces pays alliés a été longuement écrite par deux officiers supérieurs ayant pris une part active au conflit, le  Lieutenant-Général Stanley Robert Larsen et le Brigadier-Général James Lawton Collins Jr (2). 

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Si l’ouvrage est officiel, il est très technique et dépourvu de tout esprit partisan, ce qui mérite d’être souligné mais comme nous l’écrivent ses auteurs « Nous sommes conscients du fait que quelques années doivent écouler avant que  les histoires officielles puissent fournir une analyse détaillée et objective de notre expérience en Asie du Sud-Est… ». C’est dire que tout n’a pas pu être écrit notamment en ce qui concerne « la guerre secrète » à laquelle les Thaïs ont participé activement. Un autre ouvrage, beaucoup plus « humain » vient de Richard A. Ruth, universitaire et historien américain. Il  nous parle longuement de l’état d’esprit de ces hommes, tous volontaires, après avoir interrogé de nombreux vétérans, il est à ce jour le seul à l’avoir fait  (3). Nous avons puisé essentiellement à ces deux sources.

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

L’engagement thaï qui a été marginal en 1965 et 1966 est devenu effectif les années suivantes, de 1967 à 1970. Est-il la suite logique de l’engagement effectif de trois bataillons exclusivement thaïs aux côtés des Français lors de notre guerre d’Indochine ? Le parallèle serait hasardeux (4).

 

L’engagement de la Thaïlande au sud-Vietnam (et, nous le verrons ensuite, clandestin au Laos) fut  basé sur une évaluation des menaces qui pesaient éventuellement sur sa sécurité. Menaces intérieure de la part des communistes nationaux ? Menaces extérieures ? Il n’y en a pas du côté de la Birmanie et de la Malaisie mais la Chine pèse massivement dans la région et le Laos voisin est en proie à un mouvement communiste soutenu par le voisin Chinois.

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Le 30 décembre 1966 quatre journaux de Bangkok annoncent en gros titre que le gouvernement thaïlandais entend déployer un bataillon de combat de 700 à 800 hommes au Sud-Vietnam. Il attendait une réaction favorable de la population mais la réalité a largement dépassé ses attentes. A Bangkok, plus de 5.000 hommes se sont portés volontaires, y compris une vingtaine de moines bouddhistes et le fils d’un vieux moine. Lorsqu’un journaliste lui demande les raisons de cet engagement, il répond « les communistes sont presque dans notre maison. Je dois quitter ma robe jaune pour les combattre. De cette façon, je sers à la fois mon pays et ma religion ».

 

L’ennemi était-il « dans » la maison ?  Au vu de nombreux éléments, il est permis d’en douter (5).

 

Quatre jours plus tard, le nouvelle est officialisée et le gouvernement annonce l’envoi d’un bataillon thaï renforcé au Sud-Vietnam : les raisons officielles invoquées sont claires : La Thaïlande est située à proximité du Vietnam et sera la prochaine cible des communistes, comme ils l’ont déjà proclamé. Voilà pourquoi la Thaïlande est consciente de la nécessité d'envoyer des unités militaires pour aider le Sud-Vietnam à s’opposer à l'agression communiste Le gouvernement a donc décidé d'envoyer dans un avenir proche, une unité de combat, un bataillon, à prendre une part active dans les combats au Sud-Vietnam dans un proche avenir.

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

 

Le 30 décembre 1966 quatre journaux de Bangkok annoncent en gros titre que le gouvernement thaïlandais entend déployer un bataillon de combat de 700 à 800 hommes au Sud-Vietnam. Il attendait une réaction favorable de la population mais la réalité a largement dépassé ses attentes. A Bangkok, plus de 5.000 hommes se sont portés volontaires, y compris une vingtaine de moines bouddhistes et le fils d’un vieux moine. Lorsqu’un journaliste lui demande les raisons de cet engagement, il répond « les communistes sont presque dans notre maison. Je dois quitter ma robe jaune pour les combattre. De cette façon, je sers à la fois mon pays et ma religion ».

 

L’ennemi était-il « dans » la maison ?  Au vu de nombreux éléments, il est permis d’en douter (5).

 

Quatre jours plus tard, le nouvelle est officialisée et le gouvernement annonce l’envoi d’un bataillon thaï renforcé au Sud-Vietnam : les raisons officielles invoquées sont claires : La Thaïlande est située à proximité du Vietnam et sera la prochaine cible des communistes, comme ils l’ont déjà proclamé. Voilà pourquoi la Thaïlande est consciente de la nécessité d'envoyer des unités militaires pour aider le Sud-Vietnam à s’opposer à l'agression communiste Le gouvernement a donc décidé d'envoyer dans un avenir proche, une unité de combat, un bataillon, à prendre une part active dans les combats au Sud-Vietnam dans un proche avenir.

 

Pour s’efforcer d’obtenir une participation plus massive de la Thaïlande, le Président Johnson adresse au Premier ministre Kittikachorn un télégramme qui lui expose :  « ... Dans cette situation, je dois vous exprimer ma conviction personnelle profonde que les perspectives de paix au Vietnam seront grandement accrues dans la mesure où les efforts des États-Unis sont pris en charge et partagés par d'autres nations qui partagent nos buts et nos préoccupations. Je suis très conscient et profondément reconnaissants du soutien constant que vous et votre gouvernement nous fournissez :  Le rôle de vos pilotes et canonniers pour s’opposer aux agresseurs communistes au Laos, nos arrangements pour l'utilisation de certaines bases thaïlandaises par des unités aériennes américaines, les déclarations fermes que vous avez faites pour soutenir nos efforts en Asie du Sud-Est sont, mais mon espoir est  que la Thaïlande trouve les moyens d'accroître l'ampleur et la portée de son aide au Vietnam, en tant que nouvelle démonstration de la détermination du monde libre à travailler ensemble pour repousser l’agression communiste. Il est, bien sûr, nécessaire que vous pesiez avant de décider ce qu’il vous est possible de faire sans porter atteinte aux programmes essentiels que vous avez conçus pour contrecarrer les vues des communistes sur la Thaïlande elle-même. »

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

L’aide initiale

 

La première contribution à l'effort de guerre du Vietnam par la Thaïlande a été faite dès le 29 septembre 1964, quand un contingent de la Thai Air Force est arrivé au Vietnam pour assister les pilotes de l’armée aérienne sud-vietnamienne et assurer leur formation. Le commandant de ce contingent réclame alors le mois suivant la fourniture d’un jet T 33 (le Lockheed T-33 Shooting Star  est un jet d’entrainement et de reconnaissance) pour assurer la formation des pilotes vietnamiens. Il réclame également deux avions C 123 (Le C 123 est un bimoteur de transport de Fairschild) pour permettre le déploiement du contingent

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Il exige également du général Westmorland (commandant des opérations militaires américaines entre 1964 et 1968) que ces appareils soient marqués aux couleurs thaïes. Le MACV (6) n’ayant pas les moyens d’assurer cette formation, elle est confiée au Thaïs et s’est déroulée selon le général Westmorland « de façon tout à fait satisfaisante ». Les deux C 133 seront fournis en provenance de la flotte aérienne du Pacifique. En juillet 1966 le contingent thaï est rattaché au 315ème commando de l’air.  Il y a alors 27 membres de la Royal Thai Air Force sur le terrain et 244 l’année suivante.

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

La participation active

 

Le gouvernement décida donc en sus de cette aide militaire certes mais purement technique, d'envoyer une unité, un bataillon, pour prendre une part active aux combats dans le Sud-Vietnam et ce « dans un proche avenir ». Cette unité de combat, sera composé de près de 1.000 hommes, y compris l'infanterie, l'artillerie lourde, des véhicules blindés, et une unité d’intendance. Ils seront en mesure de prendre part aux combats en toute indépendance sans avoir à dépendre d'autres unités de soutien. Le Département de la Défense américain accorde par ailleurs un soutien financier (équipement, installations, allocations pour service hors du pays, indemnités consécutives aux décès, gratifications de décès comme pour les Coréens présents massivement depuis 1965) : aucun fardeau économique ne devait être imposé à la nation contributrice. A la suite de la proposition d’envoi de troupe thaïes, la hiérarchie américaine a souhaité que s’engagent des discussions sur l'organisation, la formation, l'équipement et les problèmes de soutien relatifs au déploiement de l'unité thaïlandaise. Celles-ci vont être ouvertes en janvier 1967 à l’ambassade US de Bangkok concernant l’équipement proprement dit. Le 13 mars 1967, une première unité commence sa formation sur le terrain sous le contrôle de la 9ème division d'infanterie américaine en coopération avec le personnel du MACV mais d’autres commencent le 15 pour régler définitivement les questions d’équipements et d’indemnités. Les unités américaines ne se dessaisissent pas facilement de leur matériel de combat sophistiqué : le redoutable char M 113, les canons de 105mm à tir rapide et des véhicules de transport de troupes. La question sera rapidement réglée. Pour l’assistance navale, les Thaïs obtiennent en juillet 1967 une canonnière (PGM) 107 arguant de la nécessité de ne pas désarmer les troupes navales intérieures « compte tenu de la menace communiste ». Pour l’armement individuel, autres difficultés, mais une première livraison de la très efficace carabine M 16 (1.000 pièces) fut effectuée en juillet 1967 suivi de 4.000 en juillet. Là non plus, arguant de la menace intérieure, les Thaïs obtiennent que cette livraison provienne des stocks américains et non des leurs. Une livraison de 900 carabines M 14 (utilisées par les Coréens) avait déjà été effectuée en avril. En juillet, toutes ces questions sont réglées et vont commencer les discussions sur la date de déploiement de troupes thaïes : il y a alors 2.205 hommes sur le sol vietnamien. Probablement pour tenir les Américains en haleine, le gouvernement thaï annonce le 5 juillet qu’il doit rapatrier une partie de ses troupes pour combattre les insurgés communistes du nord ? 

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Le 27 juillet toutefois le gouvernement thaï annule cette décision. Le déploiement du régiment des « Queen’s cobras » (les « cobras de la reine », nous ignorons l’origine exacte de ce nom de baptême) va pouvoir commencer. Il va se lancer  dans une série de petites opérations aux côtés des combattants sud-vietnamiens mais c’est en octobre 1967 que sera lancée la grande opération qui porte le nom très symbolique de Naresuan

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Elle porte sur la pacification du district de Nhon Trach dans la province de Bien Hoa, où se situe une base aérienne de B 52 et une forte infiltration  de Vietcongs. L’opération est un succès militaire. Les Thaïs se sont montrés pleins de ressources actifs, déterminés et fiers de leur rôle. Au cours de cette opération en outre, leurs soldats du Génie ont construit un hôpital et 48 kilomètres de routes et leurs unités médicales ont soigné 49.000 patients civils. Les sarcasmes de la radio de HanoÏ sur les « mercenaires thaïs » vont cesser et les Américains vont se montrer soucieux d’obtenir une participation plus massive de leur allié. 

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

 

Après discussions avec les Américains qui souhaitaient 20.000 hommes, le Premier ministre thaïlandais propose l’envoi d'une brigade de 10.800 hommes, trois bataillons d'infanterie, un bataillon d'artillerie, un bataillon du génie, et d'autres unités de soutien. Le commandement militaire américain convient qu’une force supérieure en nombre ferait encourir au pays un risque inacceptable pour sa sécurité intérieure. En outre une force thaïe de 15.000 à 20.000 hommes aurait nécessité de la part des Américains un soutien logistique qu’il leur aurait été difficile de fournir. Les discussions commencent le 3 novembre 1967, en janvier 1968, de nouvelles troupes sont déployées au Vietnam. Le déploiement est terminé en juillet 1968 et se constitue la division des « panthères noires » (Black Panther) de 5.700 hommes. 

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Une deuxième tranche de 5.704 hommes commence son déploiement en Janvier 1969 et le termine en février. Compte tenu des rotations, de 6.005 hommes en 1968 (trois bataillons) les effectifs sont portés à 11.568 l’année suivante (6 bataillons) et le seront en 1970 à 11.586 (toujours 6 bataillons). Mais la zone d'opération affectée aux Thaïs est alors caractérisée par un niveau d'action de l'ennemi très faible, elle a été plus ou moins sécurisée par l’opération Naresuan. Le Vietcong est dans l’incapacité d’y mener des opérations. Ce sont alors les Thaïs qui vont prendre l’offensive. Une opération planifiée et réussie fut conduite dans les environs de Ben Cam dans le même district de  Nhon Trach du 24 novembre 1969 au 4 décembre 1969. Il importait de « balayer » une zone de guerilla au sud du village Ben Cam. Les Vietcongs étaient tombés dans un piège thaï dont ils ne purent se dégager. Les Thaïs mènent alors, de façon probablement beaucoup plus efficace que les Américains, des opérations psychologiques qui auraient conduit à de nombreux ralliements et à des retours de stocks d’armes cachées. Ils mettent au point ensuite une tactique de guidage des bombardements en plaçant des observateurs isolés qui s’approchent à trois kilomètres de la zone Vietcong et guident ensuite  les hélicoptères de bombardement. Les américains considèrent que cette tactique  a donné des résultats « palpables, déconcertants et inattendus ».

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Une deuxième tranche de 5.704 hommes commence son déploiement en Janvier 1969 et le termine en février. Compte tenu des rotations, de 6.005 hommes en 1968 (trois bataillons) les effectifs sont portés à 11.568 l’année suivante (6 bataillons) et le seront en 1970 à 11.586 (toujours 6 bataillons). Mais la zone d'opération affectée aux Thaïs est alors caractérisée par un niveau d'action de l'ennemi très faible, elle a été plus ou moins sécurisée par l’opération Naresuan. Le Vietcong est dans l’incapacité d’y mener des opérations. Ce sont alors les Thaïs qui vont prendre l’offensive. Une opération planifiée et réussie fut conduite dans les environs de Ben Cam dans le même district de  Nhon Trach du 24 novembre 1969 au 4 décembre 1969. Il importait de « balayer » une zone de guerilla au sud du village Ben Cam. Les Vietcongs étaient tombés dans un piège thaï dont ils ne purent se dégager. Les Thaïs mènent alors, de façon probablement beaucoup plus efficace que les Américains, des opérations psychologiques qui auraient conduit à de nombreux ralliements et à des retours de stocks d’armes cachées. Ils mettent au point ensuite une tactique de guidage des bombardements en plaçant des observateurs isolés qui s’approchent à trois kilomètres de la zone Vietcong et guident ensuite  les hélicoptères de bombardement. Les américains considèrent que cette tactique  a donné des résultats « palpables, déconcertants et inattendus ».

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

La dernière année.

 

Le contingent Philippin s’est retiré en 1969. A la fin de l’année, la presse de Bangkok rapport qu’une vingtaine de membres du gouvernement avaient signé une lettre au premier ministre exhortant au retrait des troupes thaïes du Sud-Vietnam. Les raisons invoquées étaient que la situation dans le sud Vietnam avait été améliorée à la suite du programme américain de vietnamisation et que par contre les problèmes économiques en Thaïlande subsistaient. Le 21 décembre 1969, le ministre thaïlandais des affaires étrangères Thanat Khoman informe les journalistes qu'il avait envisagé le retrait des troupes à la suite de l’annonce par les Etats-Unis d’autres retraits et qu’il était en discussion à ce sujet avec le ministre des Affaires étrangères sud-vietnamien Tran Thanh Chan. Mais deux jours plus tard, changement de cap  et annonce du vice-premier ministre : « la Thaïlande ne retire aucun de ses hommes du Vietnam du Sud. . . . La Thaïlande n'a jamais envisagé une telle démarche. . . Si nous avions l'intention de nous retirer, il nous aurait fallu faudrait consulter le Gouvernement du Vietnam du Sud puisque nous avons envoyé des troupes en réponse à un appel de sa part. Il est vrai que plusieurs pays se retirent les troupes du Sud-Vietnam, mais notre cas est différent… ». Trois mois plus tard, nouveau changement de cap. Lors d'une rencontre avec l'ambassadeur des Etats-Unis en mars 1970, le Premier ministre thaï a indiqué que, compte tenu des réductions continues des Etats-Unis et de leurs alliés, il subissait une « pression considérable » du parlement thaï pour que le retrait soit décidé. La décision fut prise, liée à la détérioration de la sécurité au Laos et au Cambodge et au développement allégué de l'insurrection interne en Thaïlande, ainsi qu’au retrait progressif des troupes américaines. Le retrait s’est effectué graduellement par une élimination des rotations. En juillet 1971, les effectifs des Forces royales thaïlandaises au Vietnam furent réduits à 204 hommes.

 

Bilan : 351 morts au combat et 1.358 blessés. Du fait des rotations, il est probablement passé sur le terrain environ 12.000 volontaires thaïs, chiffre généralement retenu. Pour autant que l’arithmétique ait un sens en la matière, les chiffres officiels nous apprennent que 3.300.000 américains environ sont « passés » au Vietnam à une époque ou une autre, pas toujours partis de bon cœur et la fleur au fusil et que 57.605 sont morts, et ce pour une présence qui a duré de 1960 à 1972, environ 1,75 %. Pour la Thaïlande, de 1964 à 1972, le même calcul nous donne près de 3%.

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Des mercenaires, des « combattants de la liberté » ou des « combattants de Bouddha » ?

 

Bénédiction d'un contingent de volontaires par un moine également volontaire :

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Les guirlandes sacrées n'ont pas été oubliées :

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Délaissons les éléments très techniques donnés par nos deux officiers généraux. Venons-en à l’ouvrage de Richard Ruth (cité note 3). La question était effectivement de savoir quels étaient les motifs  qui ont conduit ces volontaires – car ils l’étaient tous – à servir aux côtés des « Forces du Monde libre » dans ce conflit. Sa conclusion est limpide : Contrairement aux autres participants étrangers, les Thaïs sont venus armés de connaissances historiques et culturelles de la région. Ruth montre comment ils ont transformé à leur façon la machine de guerre américaine en traversant la jungle et les plantations hantées par des esprits indigènes. Ruth a eu de nombreux entretiens avec d’anciens combattants thaïs. Bouddhisme thaï contre consumérisme américain… cette guerre n’a pas au moins en ses débuts été impopulaire dans la population thaïe comme elle le fut très vite aux Etats-Unis

 

Le salut aux volontaires dans l'enthousiasme :

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Le camp de base à Beartcat était-il une bulle américaine où les Thaïs dépensaient leur solde en achat de chaines Hi-Fi, de chewing-gum et de Coca ? 

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Toujours selon Ruth, les soldats thaïs ont entretenu un rapport privilégié avec les Vietnamiens beaucoup plus que les Américains : Les personnes qu'ils ont rencontrées dans les zones rurales étaient en grande partie des paysans comme eux, fils et frères de paysans. Ils ne sont pas hostiles aux villageois compte tenu d’une relative similitude de culture et leur sont sympathiques, eux qui sont pris au milieu du conflit.  Un élément important sinon essentiel est souligné par Ruth : les Vietnamiens, maris, frères, fils, neveux sont à la guerre mobilisés plus ou moins de force tantôt par le Vietcong tantôt par le gouvernement catholique du sud. De nombreux Thaïs, nous apprend Ruth, prirent leur place comme petits amis ou amants. Ils participent aussi beaucoup plus volontiers que les Américains aux programmes d'action civique par la reconstruction des écoles dans les villages bombardés, en installant des cliniques médicales et dentaires mobiles et fournissant des secours aux enfants touchés par la guerre. Les Thaïs savent surmonter les appréhensions au sujet des dangers de la jungle et connaissent la nécessité de se protéger contre les balles des tireurs d'élite en utilisant les forces spirituelles étrangères. Le commerce des amulettes et des talismans a été considérable : Ils ont très vite appris par exemple qu’il existait un tabou, on ne peut tuer un cerf qui brame à peine de s’attirer la malédiction des esprits alors que les américains le tuait et le faisait rôtir. Seuls les Thaïs étaient à même de comprendre ces paysages métaphysiques. Il y eux certes des Thaïs qui agirent comme commerçants avant d’agir comme guerriers, des profiteurs et des opportunistes surtout d’ailleurs dans la division des Black Panther. Ils excellaient sur le marché noir, chaîne stéréo ou réfrigérateur pour un kilogramme ou deux de marijuana. Il existait aussi un marché parallèle des armes à feu. Ces images négatives ne doivent pas éclipser les nombreux exemples de bravoure sur le champ de bataille, les sacrifices et la connaissance du milieu local apportée par les troupes thaïes. Ils reçurent tous à leur retour un accueil chaleureux de la population et, plus discret du roi. 

 

Volontaire thaï accompagné de deux irréguliers sud-vietnamiens :

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

 

Notons enfin que, conformément aux lignes directrices de l'Armée royale thaïe pour le recrutement des soldats volontaires pour le Sud-Vietnam, tous devaient avoir obtenu leur diplôme d'études secondaires, ce que le développement de l’éducation avait rendu possible aux ruraux issus des milieux pauvres. Beaucoup d'entre eux avaient poursuivi leurs études tout en servant comme conscrits. Souhaitant grimper dans la hiérarchie sociale, ils n’avaient aucune possibilité de le faire au sein d’une classe moyenne en pleine expansion située presque exclusivement dans la sphère urbaine de Bangkok. Ne souhaitant pas se joindre à la main-d'œuvre non qualifiée dans la capitale, ils pouvaient difficilement acquérir des postes de fonctionnaires civils, de policiers ou d’enseignants dans leurs provinces de naissance, faute d'enseignement supérieur ou, il faut le dire, « des connexions nécessaires » pour obtenir une place dans une administration provinciale. L’armée était une porte de sortie mais ne pouvait absorber tous ceux cherchaient une carrière à long terme, la plupart ne servant que deux ans en tant que conscrits. La possibilité de choisir la division des panthères noires et le régiment des cobras de la reine représentait pour eux une divine surprise pour poursuivre leur carrière dans l’armée.

 

Tous ceux qui ont été interrogés par Ruth ont rappelé leur désir de visiter des pays étrangers et d’en apprendre davantage sur les cultures voisines, reflet d’une élévation corrélative des ambitions ! Aller au Vietnam du Sud devint alors une étape majeure dans leur désir de changer leur vie. À ce jour (Ruth écrit en 2011), de nombreux anciens combattants citent leur temps au Vietnam comme un moment essentiel dans ce processus. Longtemps après qu'ils soient rentrés chez eux, et longtemps après avoir reçu des compensations monétaires (nous n’en avons malheureusement pas le détail mais elles vinrent des Etats-Unis) ils conservent une aura leur permettant de bénéficier d'un statut social particulier, leur permettant aussi de bénéficier d'emplois supérieures à ceux qu'ils auraient obtenu. Et, une génération plus tard, leurs enfants n’ont pas oublié la vie meilleure que leur ont assuré l’engagement de leurs pères, avantages financiers et horizons élargis.

 

Tous ceux qu’a rencontrés Ruth se considéraient comme des guerriers bouddhistes. Le Bouddhisme a joué un rôle crucial dans leur vie : La sangha de Thaïlande a sanctionné leur mission militaire. Le Patriarche Suprême et d'autres moines éminents ont  béni les troupes au départ et les blessés qui revenaient lors de cérémonies publiques. Les unités militaires transportaient des icônes de Bouddha avec leurs armes et leur matériel de soutien. Un autel bouddhiste dominé par une statue de Bouddha de style Sukhothai a été mis en place dans le siège de leur casernement central. Certaines troupes plaçaient des images de Bouddha sur leurs véhicules militaires. Et le symbole le plus emblématique du combattant était sa chaîne d'amulettes bouddhistes qui entourait son cou ou remplissait ses poches. Certains soldats ont apporté jusqu'à 100 minuscules statuettes de Bouddha, assez pour assurer à un bataillon une protection complète. Ces symboles emblématiques étaient tout simplement destinés à neutraliser les esprits maléfiques des forêts de Bien Hoa et auraient impressionné les GI qui s’en portaient acquéreurs à grand prix.

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Nous n’avons pas cherché à canoniser ces combattants pour la plupart animés d’une ferveur tout autant bouddhiste qu’anti communiste. Cette guerre a été ce qu’elle a été, une sale guerre comme toutes les guerres. Si nombre des combattants l’ont été à leur corps défendant, Américains pour partie issus de quartiers défavorisés, enrôlés sous une contrainte au moins morale, Coréens sans foi ni loi, mercenaires australiens ou néo-zélandais, tel ne fut pas le cas de ces Thaïs qui pensaient à tort ou à raison participer à une croisade,  ce dont nous n’avons pas à juger. Ils rejoignent sur ce point les volontaires espagnols qui se sont engagés à petit nombre « por el Cristio rey » (note 1).

 

Il y eut dans cette guerre des horreurs commises de part et d’autres, les unes répondant aux autres ou les autres, répondant aux unes. Lorsque le Tribunal Russel a rendu sa décision à Stockholm en 1967, les crimes de guerre visés concernaient les Américains, les Australiens et les Coréens. Le grief fait non pas aux combattants thaïs mais à leur gouvernement fut un grief de « complicité ». Il ne faut évidemment pas donner au jugement d’un tribunal présidé par Jean-Paul Sartre plus d’importance qu’il ne le mérite.

 

Contentons-nous in fine de citer Hélie Denoix de de Saint Marc  (une utile réponse à John Wayne  et à ses Bérets verts ?) : 

 

« Ceux qui prétendent aimer la guerre ont dû la faire loin du carnage des champs de bataille, des cadavres épars et des femmes éventrées. La guerre est un mal absolu. Il n’y a pas de guerre joyeuse ou de guerre triste, de belle guerre ou de sale guerre. La guerre, c’est le sang, la souffrance, les visages brûlés, les yeux agrandis par la fièvre, la pluie, la boue, les excréments, les ordures, les rats qui courent sur les corps, les blessures monstrueuses, les femmes et les enfants transformés en charogne. La guerre humilie, déshonore, dégrade. C’est l’horreur du monde rassemblée dans un paroxysme de crasse, de sang, de larmes, du sueur et d’urine ».

226 -  LA THAÏLANDE ENTRE EN GUERRE OUVERTE AU VIETNAM AUX CȎTÉS DES ÉTATS-UNIS (1965 – 1970).

Nous n’avons qu’un reproche à faire à l’ouvrage de Ruth mais il est de taille : il nous parle de l’engagement de 37.644 volontaires thaïs « au Vietnam », alors que nous avons une estimation à 12.000. Où sont passés les 25.644 qui manquent au décompte ? Ils ne sont pas perdus. Ce sont tout simplement ceux qui ont participé à la « guerre secrète » non plus au Vietnam mais essentiellement au Laos.

Cette guerre sur laquelle le voile se lève peu à peu sera l’objet d’un prochain article.

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NOTES

 

(1) L’engagement des Philippines, en proie à des difficultés politiques internes fut mineur, celui de la Chine nationaliste en proie à la peur d’un débarquement chinois fut symbolique mais peut-être moins dans la « guerre secrète ». L’Espagne du général Franco n’entretenait pas de bons rapports avec les Etats-Unis mais autorisa l’envoi d’une petite force (à condition qu’elle soit presque invisible) de militaires non combattants entre 1966 et 1971 dans le delta du Mékong dans la ville de Go Cong. Il s’agissait d’un petit groupe d’une cinquantaine d’hommes d’un groupe de santé militaire tous volontaires, apparemment tous d’un anticommunisme forcené, commandé par le général Antonio Velazquez-Ribera et le capitan Ramon Gutiérrez de Teran. L’écusson qu’ils cousurent sur leur uniforme américain imposé – celui de la très fascisante phalange - est dépourvu de toute équivoque !

 

Voir :
http://www.abc.es/20090215/nacional-nacional/misiones-pioneros-espanoles-guerra-200902151100.html

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(2) « Vietnam studies – allied participation in Vietnam » publication du « Department of army » 1975.

 

(3) Richard A. Ruth «  In Buddha’s Company : Thai Soldiers in the Vietnam War ». Honolulu, University of Hawai’s Press, 2011.

 

(4)  Nous connaissons l’histoire de trois bataillons thaïs de la Légion étrangère par les souvenirs des anciens combattants français qui pour la plupart (Le général Salan, le colonel Hélie Denoix de Saint-Marc, le général Bigeard qui avait assuré la formation de l’un des bataillons) ont loué leur ténacité au combat (Nghia-Lo et Dien-Bien-Phu en particulier), mais nous ignorons tout de leurs motivations. Ce n’étaient pas des Thaïs de Thaïlande et ils ne se sont probablement pas présentés spontanément à un centre de recrutement de la Légion étrangère. S’agissait-il de véritables volontaires ou de membres des minorités ethniques thaïes nombreuses au Viet-nam qui obéissaient à leurs chefs de village payés par les colonisateurs ? On peut le supposer, ce qui n’enlève rien à leurs qualités guerrières. Voir à ce sujet  « Journal d'un sous-officier de bataillon thaï : Indochine, 1953-1955 » 2012 par Pierre Cesca, ancien sous-officier de l’un des bataillons.

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(5) Que savons-nous de ce qu’étaient réellement les mouvements communistes de l’intérieur ?

 

–  Nous connaissons leurs « exploits » entre 1966 et 1970, les activités de propagande passent de 6 à 16, les « assassinats de personnes ne voulant pas coopérer » passent de 6 à 12 et les « assassinats de responsables gouvernementaux » passent de 4 à 10. Voir à ce sujet l’ouvrage de Jeffrey  Moore : « The Thai way of counterinsurgency », 2014- ISBN 9781497395701.

 

– Quels sont les effectifs de l’ « armée populaire de libération » ? (กองทัพ ปลดแอก ประชาชน แห่ง) : En 1973 ils auraient été 2.400 dans le nord-est, 2.100 dans le nord, 1.600 dans le sud et 400 dans la région centrale soit un total de 6.500. Voir à ce sujet l’ouvrage de David Morell et Chai-Anan Samudavanija  in « Political conflict in Thailand : reform, reaction, revolution » 1988, ISBN 0-89946-044-5.

 

– Où étaient-ils ou auraient-ils été implantés ? Nous avons un élément (difficile sinon impossible à vérifier), une carte qui situe les « maquis » dans le pays, 33 points d’implantation en 1969 et 9.090 personnes et qui aurait été commentée par  la station de radio communiste « Voix du peuple de Thaïlande » (สถานีวิทยุเสียงประชาชนแห่งประเทศไทย) qui a émis depuis la Chine sur ondes courtes entre 1968 et 1978 reproduite sur le site (thaï) : http://www.politicalbase.in.th/index.php/พรรคคอมมิวนิสต์แห่งประเทศไทย

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Nous avons lu enfin avec intérêt mais avec un certain sourire les souvenirs d’un participant français venu passer plusieurs mois dans un ou des maquis probablement dans le sud du pays. Voir notre article   A 175 – « Jean-Michel Krivine : « Carnets de mission dans les maquis Thaïlandais (1978) ».

 

Nous en tirons deux conclusions qui ne sont que des constatations :

 

– Le mouvement de « résistance » ne naviguait certainement pas selon l’expression de Mao-Tsé-Tung « au milieu de la population comme un poissons dans l’eau ».

 

–  Alors que ces mouvements plus ou moins héritiers de la résistance « free thai » avaient reçu des parachutages massifis de matériel de guerre et en recevaient probablement depuis la Chine via le Laos et par mer depuis la Chine dans le sud (dixit Krivine) nous n’avons pas relevé de sérieuses actions violentes (sabotages ou assassinats) contre « les impérialistes américains ». Nous connaissons au moins un inventaire précis de l’armement parachuté sur le maquis de Tiang Sirikhan dans la forêt de Phupan à quelques dizaines de kilomètres de Sakonnakhon, à quoi a-t-il servi ? (Voir notre article 203 « Tiang Sirikhann le guerrier de Phupan »). Tout ce que l’on peut connaître est un incident de juillet 1968 : un petit groupe de guérilleros réussit à pénétrer dans la base d’Udonthani et à détruire quelques bombardiers US C-141 « starlifter », des avions F-4D « phantom » ainsi que des hélicoptères de combat.  Ce fut la première et probablement la seule attaque sérieuse contre les forces américaines. Cinq Américains et des Thaïlandais ont été blessés dans l'incident, quatre des envahisseurs ont été tués parmi lesquels un individu reconnu comme officier de l’armée nord-vietnamienne. Ce fut la seule attaque confirmée contre des installations militaires en dehors d’escarmouches occasionnelles sur la base d’Udonthani en particulier.

 

(6) MACV Military Assistance Command / Vietnam : Commandement  d'assistance militaire au  Vietnam, c’était l'unité américaine principale de commandement, basée à Tan Son Nhut près de Saigon et  ayant responsabilité et autorité sur toutes les activités militaires américaines au Vietnam)

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