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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 18:04
228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

 « Notre Histoire » de la Thaïlande est comme la plupart de celles qui tentent de s’écrire « un  récit d’événements vrais » écrit selon les documents trouvés,  un point de vue, une intrigue choisie, comme nous le rappelle Paul Veyne : « Les historiens racontent des intrigues, qui sont comme autant d’itinéraires qu’ils tracent à leur guise à travers le très objectif champ événementiel. » Mais vous avez pu constater que nous avions parfois peu « d’événements vrais », faute de documents pertinents, mais nous avons poursuivi notre route chronologique depuis les « origines» en nous basant essentiellement sur l’histoire des rois du Siam, en privilégiant certains événements majeurs.

 

Mais  cette histoire a basculé, changé de paradigme le 24 juin 1932, avec l’abolition de la monarchie absolue, l’instauration d’une monarchie constitutionnelle, l’arrivée au pouvoir des fonctionnaires civils et des militaires. Nous avons alors suivi une autre chronologie, marquée par les 32 gouvernements, constitutions, élections, coups d’Etat, dictatures, la lutte pour le pouvoir entre la monarchie, les civils et les militaires, avec leurs principaux acteurs politiques, comme les civils Pridi, 

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

Aphaiwong, 

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

Seni Pramot, 

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

... et les militaires, le maréchal Phibun (15 ans au pouvoir. 5 ans et 8 mois entre 1938 et 1944 et 9 ans et 5 mois entre 1948 et 1957), et plus récemment, le maréchal Sarit chassant Phibun et Phao le 18 septembre 1957, installant le civil Phot Sarasin pour 3 mois, pour placer ensuite son homme de confiance le général Thanom, après les élections. Celui-ci devra céder le pouvoir 10 mois après le coup d’Etat du 9 février 1959 du même Sarit, qui va établir une dictature de 4 ans et 10 mois jusqu’à sa mort le 8 décembre 1963. On verra le lendemain, de nouveau le maréchal Thanom et son vice 1er ministre le général Praphat diriger le pays jusqu’à ce jour du 14 octobre 1973, où des manifestations populaires et étudiantes ensanglantées conduiront le roi à annoncer leurs démissions à la radio et à la télévision et à nommer Sanya Dharmasakti (Sanya Thammasak) comme premier ministre par intérim, avec la mission de proposer une nouvelle constitution.

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

Cette date du 14 octobre 1973 (14 ตุลาคม 2516) marquait pour la première fois dans l’histoire de la Thaïlande la volonté des étudiants et du « peuple » de jouer un rôle dans cette histoire, et d’installer – enfin – une démocratie. Certes, on connait la suite et le présent, mais à cette date l’espoir régnait.

 

Il s’agissait alors de chercher à comprendre les raisons qui avaient permis  cette « révolution » étudiante et  populaire, qui s’était réalisée au nom de la « démocratie » et qui avait chassé du pouvoir les deux dictateurs, le maréchal Thanom et le général Praphat qui « régnaient » depuis presque 10 ans sur le pays. (Cf. Notre introduction 224)

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

Nous avions bien vu, au fil de l’histoire que la monarchie constitutionnelle depuis 1932, n’avait pas apportée de réelle démocratie, et avait surtout connu des dictatures militaires. De fait,  les ouvriers et les paysans avaient été exclus de la politique, d’une part, parce que le royalistes, les « civils éclairés » de Bangkok et surtout les différentes factions de l’armée avaient monopolisés le pouvoir, mais aussi parce que la révolution industrielle ne commencera véritablement que dans les années 1950.

 

(Un article  de Danielle Sabai et Jean Sanuk et les études de Giles Ji Ungpakorn et de Trivière seront nos principales sources. Cf. Note* )

 

Auparavant, on avait vu l’armée devenir un foyer d’industrialisation, avec un ministère de la Défense créant des entreprises publiques dans le textile et le pétrole, voire par exemple en 1941, lancer elle-même un « plan national d’industrialisation » tout en voulant contrôler voire exproprier les entreprises existantes dont les propriétaires étaient le plus souvent chinois, « afin de créer une économie Thaï pour les Thaïs » Beaucoup d’entrepreneurs chinois n’hésiteront d’ailleurs pas  à se faire « Thaïs » pour diriger les nouvelles entreprises publiques. « Le nationalisme permettra ainsi une jonction de la bourgeoisie industrielle et commerçante avec l’appareil politique civil et militaire. »*

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

L’article de Doryane Kermel-Torrès et de Philippe Schar intitulé « Croissance industrielle et redéploiement spatial en Thaïlande » nous rappelle que :

 

« La prise du pouvoir par le général Sarit en  1957 marque  le début  d'une  politique  active  d'appui  au secteur  privé faisant  suite  à près de trois décennies   de capitalisme  d'État.  

 

Les difficultés économiques  de la fin des années  cinquante, la condamnation  par la Banque  mondiale  de la ligne précédemment   suivie  (rapport de 1959) et le mécontentement des milieux d'affaires vis-à-vis d'investissements industriels   publics  perçus   comme   un  frein   à  leur   propre   capacité d'expansion  conduisent  le nouveau  régime à réorienter  sa politique  industrielle.

 

Entre  1959 et  1963, l'État  se donne un nouveau  cadre administratif  et légal dont l'objectif est de promouvoir le développement   du capitalisme local et d'attirer  les capitaux  étrangers  dans le cadre  d'une  stratégie  d'industrialisation   basée  sur la substitution  des importations : création  du Board of lnvestment   (BOl), National Economie Development  Board (NEDB - Bureau de la planification), etc.

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Ces orientations  suivent  les recommandations  de la Banque  mondiale  et sont clairement  affichées  lors des deux  premiers  plans (1961-1972). L'investissement public dans les infrastructures  nécessaires pour stimuler la croissance économique et l'investissement    privé  (énergie,  transports,  communications)   est financé  par une taxe sur la production  de riz, l'augmentation   des taxes sur les exportations  et l'aide américaine. L'Investment Promotion Act de  1954 est revu afin de promouvoir l'industrialisation  par le biais  de  concessions   fiscales  et  douanières.   Le  BOl, chargé de faire appliquer  ces mesures,  devient  le principal  outil de la politique industrielle.  Cette  stratégie s'accompagne  d'un ensemble  de mesures macroéconomiques   visant  à créer  un environnement   stable.  L'État  s'engage  à ne pas entrer en compétition  avec le secteur privé et exclut toute possibilité de nationalisation. La «  paix sociale » est établie  par élimination  de l'opposition  politique  et syndicale. La croissance annuelle moyenne du produit national brut est supérieure à 8 % entre  1960 et  1970, celle du secteur  manufacturier  est de l'ordre de  10 %. L'industrialisation  de substitution  des importations profite largement du rôle de la Thaïlande   dans la ligne de front anticommuniste  du fait de l'augmentation sensible de la consommation intérieure liée à la présence de l'armée américaine. »

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

Effectivement, nous avons vu également le rôle de l’aide américaine dans le développement du pays qui dès 1953, va représenter 2,5 fois le budget de la défense de la Thaïlande, et qui va renforcer le pouvoir des militaires. Cette aide américaine  durant la guerre du Vietnam va s’investir dans de nouveaux secteurs de l’industrie et des services, créer des entreprises, provoquant ainsi un boom économique, et un bouleversement social, avec une bourgeoisie nationale qui va grandir et élargir ainsi « le cercle initial de la bourgeoisie chinoise traditionnelle et du secteur industriel public **», avec l’apparition  d’une nouvelle classe de travailleurs et d’employés dans les services et un accroissement conséquent du nombre des étudiants. (Cf. Notre article 225. » L’aide américaine à la Thaïlande dans les années 1960-1970. »)

 

Quelques chiffres donnent une idée de ce bouleversement social.

 

« La population de Bangkok passe de 780.000 à 2,5 millions de 1947 à 1970, soit un triplement en 23 ans. Entre 1960 et 1970, la classe ouvrière et la « classe moyenne » employée surtout dans les services augmentent de 49% contre une augmentation de la population active de 22% et entre 1970 et 1980 ces chiffres sont respectivement de 85% et 38%. La population étudiante passe de 18.000 en 1961 à 100.000 en 1972 » et voit en ses rangs des étudiants venus de la classe ouvrière.  (In Giles Ji Ungpakorn**). D’autres sources donnent 15.000 étudiants en 1961 et 50.000 en 1972.)

 

Cette nouvelle population ouvrière, de service, et étudiante en croissance n’est pas imperméable aux mouvements étudiants qui secouent le monde dans les années 60 et surtout en 1968, sur fond de manifestations contre la guerre au Vietnam aux Etats-Unis et en Europe, ni aux actions  menées par les partis communistes soviétiques et chinois, les luttes en cours au Vietnam et au Laos, et les guérillas qui se développent dans le pays. De nombreux étudiants thaïs discutent, débattent et partagent les nouvelles idées « révolutionnaires », sur l’impérialisme, la démocratie nécessaire, l’injustice de leur société,  et certains se radicalisent. (« Avant cela, en 1966 le journal radical, Social Science Review, fut fondé par des intellectuels progressifs »Trivière.).

 

Si les idées communistes sont connues, le Parti Communiste a peu d’influence dans les villes  et à Bangkok en particulier, même si en 1969, Giles Ji Ungpakorn nous dit que « l’armée thaïe estime que la guérilla compte 8.000 combattants, et contrôle 412 villages, et que 6.000 autres subissent son influence regroupant près de 4 millions de personnes. » Toutefois le développement des grèves ouvrières et estudiantines à Bangkok laissent entrevoir au Parti communiste la possibilité de briser cet isolement. Malgré la dictature, Giles Ji Ungpakorn relève que « les statistiques officielles qui sous-estiment la réalité enregistrent 34 grèves d’une durée moyenne de 2,6 jours impliquant 7.603 ouvriers en 1972. »

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

Déjà « En 1966, des bagarres ont lieu dans les Universités, et le gouvernement a dissous l’Association des étudiants. En juin 1968, des étudiants ont violemment manifesté pour que les troupes américaines ne viennent plus en permission à Bangkok et réclament  le retour du corps expéditionnaire thaïlandais actuellement au Sud-Vietnam.» (In 224) (Cf. notre article 226. «La Thaïlande entre en guerre ouverte au Vietnam aux côtés des Etats-Unis. »)

 

De plus, après 1969, des étudiants – pendant les vacances universitaires- se retrouvent dans des camps à la campagne pour « étudier » et partager la condition rurale des paysans pauvres. « En 1971, 3.500 étudiants étaient allés dans un total de 64 camps. En 1972, un mouvement pour boycotter les produits japonais fut organisé dans le cadre de la lutte contre la domination étrangère de l'économie. » **

 

Saneh Sangsuk, dans  « L’Ombre blanche, Portrait de l’artiste en jeune vaurien » évoque ces camps révolutionnaires où les étudiants aux grandes vacances vont travailler au milieu des ouvriers et paysans « en vue d’accéder au statut de « jeunesse nouvelle » selon l’idéal maoïste » (p. 307). « On tournait les boutons du poste pour écouter les émissions de la radio clandestine du parti communiste de Thaïlande et radio Pékin. A l’époque, les « oiseaux de feu » du maquis n’étaient pas encore rentrés en ville. La révolution fonçait espoir en tête. Le parti communiste de Thaïlande grandissait comme jamais auparavant. La stratégie d’ « encerclement des villes par les campagnes » (PCT dixit) rapprochait l’heure de la victoire. Le petit livre rouge de Mao Tsé-toung était interdit et, parce qu’il était interdit, il était facile de se le procurer et on le lisait la nuit à la lueur d’un feu de camp nourri comme si c’était un livre sacré (interdiction de prononcer le nom de Mao Tsé-toung sans témoigner de respect) après une journée de labeur et la séance officielle de récréation en début de soirée » (p.308). (Cf. Notre lecture de ce roman in A52)

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

Un contexte économique et politique qui devient désastreux.

 

Mais en 1968-1969, on assistera à une dégradation de la situation économique, avec un désengagement américain et le développement de la subversion « communiste ». On va voir alors les investissements étrangers diminués ainsi que  la croissance (désormais à 5 %), avec une production de riz inférieure à celle de 1966. « La valeur des  exportations de riz tombe de 191 millions de dollars en 1968 à 141 millions en 1969, 120 millions en 1970. Pour la première fois depuis des années, on note en 1969, un déficit de la balance des paiements  (48 millions de dollars), qui ira en s’aggravant en 1970 (611,9 millions de dollars).»(Trivière). Bref, un mécontentement généralisé s’installe aussi bien parmi les paysans que parmi les ouvriers et les étudiants. (Cf. In notre article 224 et Trivière ***)

 

 Au niveau politique, la situation est aussi tumultueuse.

 

Nous avons vu également dans notre introduction au « règne »  du maréchal Thanom, que si une nouvelle constitution est promulguée  le 20 juin 1968 qui autorise de nouveau les partis politiques et que  des élections générales ont lieu le 10 février 1969, le maréchal Thanom et le général Praphat sont toujours  le 7 mars 1969, aux commandes du nouveau gouvernement (7 mars 1969-17 novembre 1971). Certes l’opposition arrive à s’organiser  pour renverser le 1er ministre lors de la séance parlementaire du  22 novembre 1971, mais Thanom la prend de vitesse et réalise un coup d’Etat le 18 novembre 1971, pour installer le Conseil national exécutif. (18/11/1971-17/12/1972). Thanom abolit le parlement, dissout les partis politiques, créé un nouveau Parti révolutionnaire. Le Conseil national exécutif (composé de 12 militaires et 4 civils) présidé par ceux que les opposants vont nommer les 3 tyrans à savoir Thanom et Praphat – bien sûr - et le fils de Thanom et gendre de Praphat, le colonel Narong Kittikachorn vont alors  mener une politique très répressive.

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Le 15 décembre 1972,  Thanom va tenter de faire croire à un changement politique en promulguant une Constitution provisoire et en faisant signer le 18 décembre par le roi, la formation du 32ème gouvernement (18 décembre 1972-14 octobre 1973)mais celui-ci sera toujours dirigé par Thanom et Praphat. Certes les syndicats ont été de nouveau autorisés, mais Thanom et Praphat nomment à l’Assemblée 200 militaires ou policiers et 99 civils.

 

Le mécontentement va de nouveau se manifester.

 

Il faut savoir qu’au début de 1973, le salaire minimum journalier était fixé autour de 10 baths, un taux inchangé depuis le début des années 1950 alors que le prix des marchandises avait augmenté de 50%. On va compter jusqu’à 40 grèves pendant les 9 premiers mois de 1973, et l'une d'entre elle, nous dit Trivière, à la Thai Steel Company, durera un mois, et aboutira à une victoire ouvrière.

 

Trivière relate également un immense  scandale que Thanom essaye en vain d’étouffer, qui en avril 1973 a vu des militaires et des policiers participer à une chasse illégale dans une réserve d’animaux au cours de  laquelle un accident d’hélicoptère a causé de nombreuses victimes. La presse et les étudiants vont s’en emparer et obtenir que la justice soit saisie.

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Les étudiants en mai et en juin 1973 manifestent dans la rue pour réclamer une constitution démocratique et des élections. Ils se mobilisent aussi contre l'augmentation des tarifs de bus de Bangkok et contre le recteur de l'université Ramkamhaeng qui avait tenté d'expulser un étudiant qui avait écrit un pamphlet critiquant la dictature militaire. Il fut obligé de démissionner en juin 1973.

 

La tension arrive à son comble.

 

Quatre mois plus tard, l'arrestation de 11 universitaires et étudiants pour avoir distribué des tracts réclamant une constitution démocratique, eu pour résultat de faire descendre dans les rues de Bangkok des centaines de milliers d'étudiants et de travailleurs le 13 octobre, réclamant également le rétablissement de la constitution et un parlement élu. Une délégation est reçue par le roi. Mais le lendemain au matin, le 14 octobre 1973, l’armée tire sur la foule des manifestants qui ne s’étaient pas dispersés et tue 77 personnes et en blesse plus de 800. 

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

Les récits de ces événements sont souvent confus et pas toujours convergents. 400 morts ou 77 (chiffre officiel) ? Dans son discours du lendemain, le roi parle de « plusieurs centaines » ? 

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Il est toutefois probable que deux mouvements paramilitaires de la « droite extrême » plus ou moins liés entre eux ont joué un rôle actif dans ces massacres, le « mouvement Nawaphon » (ขบวนการนวพล « force nouvelle ») .....

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.
 

dont le fondateur aurait ramené des Etats-unis des subsides de la CIA et celui des « Louksuachaoban » (ลูกเสือชาวบ้าน « Villages scouts »), façade respectable (?) du précédent, qui aurait été financé par le ministère de l’intérieur ?

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

L’émoi est à son comble, des émeutes éclatent ; les étudiants résistent à l’université de Thammasat, des bâtiments gouvernementaux sont incendiés. « Les « Tigres jaunes », un groupe d'étudiants militants, mettent le feu au poste de police du pont Parn-Fa » (Trivière). On peut voir l’armée faire rouler des réservoirs d’essence le long de l’avenue Rajdamnoen, avec des hélicoptères qui mettant le feu vers le bas près de l’Université de Thammasat.  Le roi ému par le chaos, fait ouvrir les portes du palais pour que les étudiants puissent s’y réfugier. Thanom ne cède pas, mais le commandant Kris Sivara donne ordre à l’armée de se retirer des rues.

228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

Le roi, pour éviter un nouveau bain de sang convoque Thanom au palais et obtient sa démission, ainsi que celle de Praphat et de Narong. Il l’annonce le soir même à la radio et à la télévision ainsi que la nomination de Sanya Dharmasakti (Sanya Thammasak) (Ancien recteur de l’Université de Thammasat proche des étudiants) comme premier ministre par intérim, avec la mission de proposer une nouvelle constitution.

 

Le 15 octobre, le maréchal Thanom s’enfuyait en secret aux Etats-Unis et le général Praphat et le lieutenant-colonel Narong à Taiwan.

 

Le pays allait-il enfin connaître la démocratie ? C’est que nous allons étudier dans nos prochains articles.

 

 

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Notes et références.

Danielle Sabai et Jean Sanuk, « Coups d’état en Thaïlande : une spirale sans fin ? », lundi 23 octobre 2006 https://daniellesabai.wordpress.com/2006/10/23/coups-d%E2%80%99etat-en-thailande-une-spirale-sans-fin/

 

**Giles Ji Ungpakorn "Un coup d'Etat pour les riches" Lien: http://redthaisocialist.com/books/71-a-coup-for-the-rich.html

« Le succès du renversement de la dictature militaire éleva énormément la confiance du peuple. Les travailleurs, les paysans et les étudiants commencèrent à se battre pour un peu plus qu'une simple démocratie parlementaire. Durant les deux mois suivant la révolte, le nouveau gouvernement de Sanya Tammasak nommé par le Roi fit face à un total de 300 grèves des travailleurs. Une fédération centrale des syndicats fut formée. De nouveaux organismes d'étudiants radicaux surgirent. Le 1er mai 1975, 250.000 personnes manifestèrent à Bangkok et, un an plus tard, un demi-million de travailleurs prirent part à une grève générale contre l'augmentation des prix. A la campagne, des petits fermiers commencèrent à bâtir des organisations et ils allèrent à Bangkok pour faire entendre leurs voix. Les ouvriers et les paysans voulaient la justice sociale et la fin des privilèges. Une Triple Alliance entre les étudiants, les ouvriers et les petits fermiers fut créé. Certains activistes désiraient la fin de l'exploitation et du capitalisme lui-même. L'influence du Parti Communiste de Thaïlande (P.C.T) grandit rapidement, spécialement parmi les activistes des zones urbaines. »

 

***Léon Trivière, « La Révolution d’Octobre », « Les Études »,(1945), 05/1974.

Croissance  industrielle   et redéploiement    spatial  en Thaïlande, Doryane Kermel Torrès  et Philippe Schar *

 
228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

dont le fondateur aurait ramené des Etats-unis des subsides de la CIA et celui des « Louksuachaoban » (ลูกเสือชาวบ้าน « Villages scouts »), façade respectable du précédent, qui aurait été financé par le ministère de l’intérieur ?

 

L’émoi est à son comble, des émeutes éclatent ; les étudiants résistent à l’université de Thammasat, des bâtiments gouvernementaux sont incendiés. « Les « Tigres jaunes », un groupe d'étudiants militants, mettent le feu au poste de police du pont Parn-Fa » (Trivière). On peut voir l’armée faire rouler des réservoirs d’essence le long de l’avenue Rajdamnoen, avec des hélicoptères qui mettant le feu vers le bas près de l’Université de Thammasat.  Le roi ému par le chaos, fait ouvrir les portes du palais pour que les étudiants puissent s’y réfugier. Thanom ne cède pas, mais le commandant Kris Sivara donne ordre à l’armée de se retirer des rues.

 

Le roi, pour éviter un nouveau bain de sang convoque Thanom au palais et obtient sa démission, ainsi que celle de Praphat et de Narong. Il l’annonce le soir même à la radio et à la télévision ainsi que la nomination de Sanya Dharmasakti (Sanya Thammasak) (Ancien recteur de l’Université de Thammasat proche des étudiants) comme premier ministre par intérim, avec la mission de proposer une nouvelle constitution.

 

Le 15 octobre, le maréchal Thanom s’enfuyait en secret aux Etats-Unis et le général Praphat et le lieutenant-colonel Narong à Taiwan.

 

Le pays allait-il enfin connaître la démocratie ? C’est que nous allons étudier dans nos prochains articles.

 

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Notes et références.

Danielle Sabai et Jean Sanuk, « Coups d’état en Thaïlande : une spirale sans fin ? », lundi 23 octobre 2006 https://daniellesabai.wordpress.com/2006/10/23/coups-d%E2%80%99etat-en-thailande-une-spirale-sans-fin/

 

**Giles Ji Ungpakorn "Un coup d'Etat pour les riches" Lien: http://redthaisocialist.com/books/71-a-coup-for-the-rich.html

« Le succès du renversement de la dictature militaire éleva énormément la confiance du peuple. Les travailleurs, les paysans et les étudiants commencèrent à se battre pour un peu plus qu'une simple démocratie parlementaire. Durant les deux mois suivant la révolte, le nouveau gouvernement de Sanya Tammasak nommé par le Roi fit face à un total de 300 grèves des travailleurs. Une fédération centrale des syndicats fut formée. De nouveaux organismes d'étudiants radicaux surgirent. Le 1er mai 1975, 250.000 personnes manifestèrent à Bangkok et, un an plus tard, un demi-million de travailleurs prirent part à une grève générale contre l'augmentation des prix. A la campagne, des petits fermiers commencèrent à bâtir des organisations et ils allèrent à Bangkok pour faire entendre leurs voix. Les ouvriers et les paysans voulaient la justice sociale et la fin des privilèges. Une Triple Alliance entre les étudiants, les ouvriers et les petits fermiers fut créé. Certains activistes désiraient la fin de l'exploitation et du capitalisme lui-même. L'influence du Parti Communiste de Thaïlande (P.C.T) grandit rapidement, spécialement parmi les activistes des zones urbaines. »

 

***Léon Trivière, « La Révolution d’Octobre », « Les Études »,(1945), 05/1974.

Croissance  industrielle   et redéploiement    spatial  en Thaïlande, Doryane Kermel Torrès  et Philippe Schar *

 

dont le fondateur aurait ramené des Etats-unis des subsides de la CIA et celui des « Louksuachaoban » (ลูกเสือชาวบ้าน « Villages scouts »), façade respectable du précédent, qui aurait été financé par le ministère de l’intérieur ?

 

L’émoi est à son comble, des émeutes éclatent ; les étudiants résistent à l’université de Thammasat, des bâtiments gouvernementaux sont incendiés. « Les « Tigres jaunes », un groupe d'étudiants militants, mettent le feu au poste de police du pont Parn-Fa » (Trivière). On peut voir l’armée faire rouler des réservoirs d’essence le long de l’avenue Rajdamnoen, avec des hélicoptères qui mettant le feu vers le bas près de l’Université de Thammasat.  Le roi ému par le chaos, fait ouvrir les portes du palais pour que les étudiants puissent s’y réfugier. Thanom ne cède pas, mais le commandant Kris Sivara donne ordre à l’armée de se retirer des rues.

 

Le roi, pour éviter un nouveau bain de sang convoque Thanom au palais et obtient sa démission, ainsi que celle de Praphat et de Narong. Il l’annonce le soir même à la radio et à la télévision ainsi que la nomination de Sanya Dharmasakti (Sanya Thammasak) (Ancien recteur de l’Université de Thammasat proche des étudiants) comme premier ministre par intérim, avec la mission de proposer une nouvelle constitution.

 

Le 15 octobre, le maréchal Thanom s’enfuyait en secret aux Etats-Unis et le général Praphat et le lieutenant-colonel Narong à Taiwan.

 

Le pays allait-il enfin connaître la démocratie ? C’est que nous allons étudier dans nos prochains articles.

 

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Notes et références.

Danielle Sabai et Jean Sanuk, « Coups d’état en Thaïlande : une spirale sans fin ? », lundi 23 octobre 2006 https://daniellesabai.wordpress.com/2006/10/23/coups-d%E2%80%99etat-en-thailande-une-spirale-sans-fin/

 

**Giles Ji Ungpakorn "Un coup d'Etat pour les riches" Lien: http://redthaisocialist.com/books/71-a-coup-for-the-rich.html

« Le succès du renversement de la dictature militaire éleva énormément la confiance du peuple. Les travailleurs, les paysans et les étudiants commencèrent à se battre pour un peu plus qu'une simple démocratie parlementaire. Durant les deux mois suivant la révolte, le nouveau gouvernement de Sanya Tammasak nommé par le Roi fit face à un total de 300 grèves des travailleurs. Une fédération centrale des syndicats fut formée. De nouveaux organismes d'étudiants radicaux surgirent. Le 1er mai 1975, 250.000 personnes manifestèrent à Bangkok et, un an plus tard, un demi-million de travailleurs prirent part à une grève générale contre l'augmentation des prix. A la campagne, des petits fermiers commencèrent à bâtir des organisations et ils allèrent à Bangkok pour faire entendre leurs voix. Les ouvriers et les paysans voulaient la justice sociale et la fin des privilèges. Une Triple Alliance entre les étudiants, les ouvriers et les petits fermiers fut créé. Certains activistes désiraient la fin de l'exploitation et du capitalisme lui-même. L'influence du Parti Communiste de Thaïlande (P.C.T) grandit rapidement, spécialement parmi les activistes des zones urbaines. »

 

***Léon Trivière, « La Révolution d’Octobre », « Les Études »,(1945), 05/1974.

Croissance  industrielle   et redéploiement    spatial  en Thaïlande, Doryane Kermel Torrès  et Philippe Schar *

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans "Notre" Histoire de la Thaïlande
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