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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 18:09
A 214.1 -  L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE SIAMOISE ET SON HISTOIRE. I - LES « SAINTS CHÉDIS »

Il y a en Thaïlande 40.717 temples (วัด) dont 33.902 en activité, 31.890 de bouddhisme « orthodoxe » (Hinayana มหานิกาย), 1.907 temples-école (ธรรมยุต), 12 temples Mahayana (มหายาน) et 13 de bouddhisme vietnamien (ญวณ). 272 ont rang de « Monastère royal » (พระอารามหลวง) dont 217 Hinayana et 55 Mahayana. Ce sont les chiffres 2016 donnés par la hiérarchie officielle (ธรรมะไทย) sur son site Internet (1) Ceux qui ne sont plus en activité le sont faute de moines ce qui ne signifie pas qu’ils soient à l’abandon notamment les jours de fêtes bouddhistes. 

 

Fête bouddhiste au Phrathat Yaku (Kamalasaï - avril 2014) :

A 214.1 -  L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE SIAMOISE ET SON HISTOIRE. I - LES « SAINTS CHÉDIS »

Sans entrer dans un détail fastidieux, pour quelques-unes de nos provinces Isan, il en est 507 dans la province de Nongkhaï (2), 670 dans celle de Kalasin (3) et 546 pour celle de Loei (4). Restons-en là. Notre propos n’est pas d’écrire un guide touristique et encore moins sur les plus somptueux de ces temples, les temples royaux essentiellement que l’on trouve à Bangkok et dans les chefs-lieux de nos provinces, mais au travers de ces centaines de temples de village, plus ou moins richement décorés, parfois misérables, de nous pencher sur l’histoire de l’architecture religieuse qui révèle souvent une profond piété populaire, fut-elle le fruit de la « foi du charbonnier » marquée par une remarquable similitude dans les constructions et parfois d’un embryon d’originalité.

A 214.1 -  L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE SIAMOISE ET SON HISTOIRE. I - LES « SAINTS CHÉDIS »

Nous vous avons déjà parlé de ces chapelles d’ordination aux murailles peints de fresques souvent naïves, spécifiques à l’Isan (5) mais les chapelles d’ordination sont également l’âme de tous les temples bouddhistes.

 

Nous les appelons ici sim ou sima (สิม) et ubosot (อุโบสถ) dans le reste du pays. Nous vous avons aussi parlé des « bornes sacrées »  baï séma (ใบเสมา), baï sima ou baï sim (ใบสิม), celles du nord et du nord-est sont spécifiques, leur origine est mystérieuse mais on retrouve dans tous les temples ces bornes qui marquent la limite de l’enceinte des chapelles d’ordination (6).

A 214.1 -  L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE SIAMOISE ET SON HISTOIRE. I - LES « SAINTS CHÉDIS »

En 1688, Nicolas Gervaise (7) nous décrit assez sommairement les temples comme « très beaux et magnifiquement décorés ». La Loubère (8) en 1695 est – toujours incontournable – plus précis. Il nous décrit les temples faits de bois et de briques, tous matériaux qui ne résistent pas aux outrages du temps et « leurs bâtiments ne durent guère faute de fondements ». Le temple et le couvent occupent, nous dit-il, un terrain carré clôturé de bambous le long desquels sont les cellules des moines. 

 

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On y trouve ce qu’il appelle des « pyramides » et ce qu’il appelle le « pihan » (le vihan évidemment), la salle principale du couvent et le clocher (« Ho racang ») mais à l’inverse de Gervaise, il nous dote de précieux croquis. Nous voyons sur son croquis général les huit sémas qui entourent le bâtiment principal qui sont pour lui « des espèces de mitres posée sur un piédestal ». Il ajoute avec une certaine ironie que l’ignorance dans lesquels sont les Siamois de l’origine de ces pierres a conduit les missionnaires, compte tenu de leur ressemblance avec des mitres, à en chercher l’origine dans le christianisme !

 

Les croquis : 

 

plan :

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coupe et vue cavalière :

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A 214.1 -  L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE SIAMOISE ET SON HISTOIRE. I - LES « SAINTS CHÉDIS »

... nous donnent une idée de la modestie de ces constructions couvertes de toitures aux tuiles de bois qui ne devaient pas impressionner l’habitué du Palais de Versailles ! Un siècle et demi plus tard, Monseigneur Pallegoix (9) est impressionné par la richesse des « pagodes » de Bangkok et leur profusion d’or mais il nous dit peu de choses sur l’architecture religieuse proprement dite sinon qu’elle est « un mélange des genres indiens, chinois et européen » (sic)  et rien sur les temples de province. Les constructions sont toujours en brique, jamais en pierre, et le ciment composé de chaux et de sable « à quoi ils ajoutent un mélange de mélasse et d’eau dans laquelle ils ont laissé tremper longtemps de la peau de buffle et certaines écorces d’arbre ». La mélasse étant du temps de Monseigneur Pallegoix comme aujourd’hui du sirop de sucre, il est permis de se poser des questions sur ses compétences architecturales ? A moins qu’il ne s’agisse d’une recette perdue pour rendre les briques hydrofuges et éviter que l’humidité ne les délite au fil des ans ?

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Ne revenons pas sur les origines des Thaïs, peut-être venus du Sechouan par les  hautes vallées du Yunnan à une époque indéterminée. Selon La Loubère nous les trouvons à Sukhothai entre le IXème et le XIIIème siècle, là où fut  trouvée la plus ancienne stèle concernant l’histoire du pays, initialement traduite par le R.P. Schmitt, datée des environs de 1283-1292. Elle conte les exploits du grand roi Rama Khamheng qui se rendit maître de la région compris entre Vientiane et Ligor (Nakhonsithammarat). 

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Ce roi célèbre fit venir un savant qui enseigna la vraie religion bouddhique, c'est-à-dire probablement le bouddhisme du Sud ou du Petit Véhicule, et créa une nouvelle écriture pour remplacer l'alphabet khmer qui avait été en usage jusque-là. Ne revenons pas sur les querelles d’experts sur l’authenticité de ce monument épigraphique (10). Le bouddhisme du Sud devint alors la religion officielle des pays thaï au milieu du XIVème siècle. Le sanscrit qui était la langue religieuse du bouddhisme du Nord (Mahayana) et du brahmanisme, fut abandonné et dut céder la place au pali, langue du bouddhisme du Sud (Hinayana) professé à Ceylan.

 

L'avènement de Rama Khamheng marqua l'émancipation de toutes les peuplades thaïes, qui jusque-là avaient été asservies par les Khmers et détermina le premier mouvement de recul du Cambodge. C'est vers la fin du XIIIème siècle que commencèrent les relations diplomatiques de la Chine avec l'Etat de SukhothaïRama Khamheng, nous dit la stèle, vainquit non seulement le Cambodge, mais encore le Pégou (dans l’actuelle Birmanie). Ses successeurs furent moins heureux, et il semble bien que, à partir du XIVème le jeune royaume eut à subir bien des fois l'influence brutale de son voisin de l'ouest. En 1350, la capitale fut portée à Ayuthaya avec résidence d'été à Louvo (actuelle Lopburi), un déplacement de l'hégémonie politique qui passa de Sukhothaï à Ayuthaya. En 1555, les Pégouans prirent Ayuthaya, la livrèrent au pillage et réduisirent les Siamois pendant des années en vasselage. En 1767 Ayutthaya fut de nouveau prise par les Birmans et détruite de fond en comble et plus encore. Le gouvernement se transporta alors plus au Sud, à Bangkok, qui devint la capitale en 1772 et le resta. Ne revenons pas sur le récit des guerres interminables qu'eut à soutenir le Siam à partir du XIIIème siècle contre les Birmans d'une part et les Cambodgiens d'autre part. Elles constituent le fond des annales officielles siamoises, birmanes et cambodgiennes, qui sont aussi fantaisistes les unes que les autres. Le reste de l'histoire du Siam nous est mieux connu.

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Deux événements historiques marquants surviennent qui sont directement en rapport avec notre sujet. En 1686, Louis XIV envoya deux ambassades successives à Ayutthaya jusqu’au rapatriement de nos troupes en 1689. Ce passage nous vaut une première série de mémoires, descriptions ou souvenirs des érudits qui ont participé aux voyages, notamment ceux de La Loubère sans lequel nous ignorerions totalement ce que pouvait être l’architecture religieuse dans les temples les plus modestes.

 

Survint ensuite notre protectorat au Cambodge en 1863, puis la conquête de l'Annanm et du Tonkin qui  nous mirent nécessairement en contact avec le peuple siamois. Avec les colons, les missionnaires et les militaires déferlèrent aussi nos archéologues, nos linguistes, nos savants qui pouvaient tout aussi bien être missionnaires que militaires, sans lesquels ni l’histoire ni celle de l’architecture du Siam n’auraient pu être sérieusement écrite. Des dizaines milliers de pages de descriptions, de croquis, des photographies, des estampages de milliers d’inscriptions épigraphiques, des communications aux sociétés savantes, ils débordent largement du Cambodge, de l’Indochine française et du Laos sur le Siam où ils reçoivent – même lorsque les rapports entre nos deux pays étaient pathologiques - un accueil chaleureux des érudits locaux, ne citons que le prince Damrong, historien tout autant qu’archéologue. Des amateurs passionnés et désintéressés, le richissime Emile Guimet qui lègue ses somptueuses collections au musée qui porte son nom, ou le général de Beylié qui lègue les siennes au musée de Grenoble. Ce déferlement d’hommes de culture qui perdure toujours au travers de l’Ecole française d’extrême Orient rappelle étrangement celui des savants français conduits en Egypte lors de l’expédition de Bonaparte.

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Il existe peu de monuments antérieurs à la création du royaume thaï au XIIIème siècle dans les provinces siamoises proprement dites. Nous excluons évidemment les monuments des anciennes provinces cambodgiennes d'AngkorBattambang et Korat. Les tours khmères de Lopburi (Louvo), ancienne principauté vassale des Khmers sont datées approximativement du Xème siècle. 

 

Extrait de l'ouvrage du Général de Beylié :

 

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Celles de Sukhotai en sont des copies postérieures abâtardies. Elles seraient de la basse époque khmère et auraient pu être construites par des architectes khmers en déplacement.
 
Extrait de l'ouvrage du Général de Beylié :
 
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tIl semble en effet que les Thaïs du XIIIème siècle étaient de civilisation artistique « peu avancée » n'ayant pas d'architecture propre (11). Ce sont des prangs (ปรางค์), nous y reviendrons. Lunet de la Lajonquière chargé en 1904 et 1905 d'une mission archéologique au Siam, pense que ces peuples se laissèrent plus ou moins impressionner en art par les Khmers d'alors, puis par les Birmans, qui les avaient précédés de plusieurs siècles « dans la voie de la civilisation » et qui se montrèrent presque constamment leurs maîtres dans l’art de la guerre (12).

 

Venons-en aux monuments proprement dits, à ceux que nous voyons toujours dans les temples, la place d’honneur, objet de ce premier article, revenant à ceux dont l’origine est la plus ancienne, aux sources du bouddhisme, les chédis ou plutôt les « saints chédis » également appelés stupas (évidement « saints » : Phrastupa พระสถูป).

 

On remarque dans de nombreux temples (wat วัด), mais pas dans tous, une structure de forme pyramidale avec une flèche élancée et effilée à son sommet. Elle est pour les Thaïs plutôt qu’un stupa (le mot est sanscrit) un Chédi (เจดีย์) ou Phra Chédi (พระเจดีย์). Il peut y en avoir un seul, alors de grande taille ou plusieurs de différentes tailles et portant différents schémas décoratifs. Le préfixe Phra (พระ) est honorifique, associé à Bouddha, aux prêtres, à la religion ou à la royauté. Nous le traduisons ici faute de mieux par « saint » (13). Phra Chedi, c’est un reliquaire dont l’origine remonte aux origines mêmes du bouddhisme. Dans l'un des livres des saintes écritures bouddhistes, le Dhammapada, (ธรรมะปาดา) est contée l'histoire d'un disciple de Bouddha qui mourut encorné par un bœuf. Il fut incinéré et Bouddha commanda qu’un terrassement soit élevé sur ses cendres, constituant ainsi un tumulus appelé Chédi. Cette coutume n’était pas inconnue à l’époque pré-bouddhiste par les Brahmanes et les Jaïns des temps anciens. De simples tumuli, les Chédi furent exhaussés de diverses constructions toutes symboliques. Il en est hiérarchiquement quatre espèces :

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Un Phrathat Chédi (พระธาตุจดีย์) recouvre les propres cendres de Bouddha, éventuellement d’un grand monarque ou d’un moine tout particulièrement vénéré. Ce sont assurément les monuments les plus anciens, le phra that yaku (พระธาตุยาคู) de Kamalasai dont seul le soubassement est d’origine est daté de l’époque Davaravati (VIIème siècle). 

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Le site n’a pas été découvert par le moine Monkut (Futur Rama IV)  mais signalé par Erik Seidenfaden en 1922 et inventorié dans les années 30 (Voir notre article A 213 « LES ORIGINES MYSTÉRIEUSES DES BORNES SACRÉES (BAÏ SÉMA ) DES TEMPLES DE L’ISAN EN THAILANDE »). Celui de Nakhon Pathom (นครปฐม), Wat Phrapathom Chedi (พระปฐมเจดีย์), beaucoup plus connu et fréquenté par les fidèles est de la même époque.\Il a été « découvert » en ruines par le moine Monkut (Futur Rama IV) qui en ordonna la réhabilitation pour en faire le plus élevé du monde en 1870 après 17 ans de travaux. Sa découverte lui reste attribuée jusqu’à qu’un critique d’art iconoclaste ne lui en dénie la paternité (voir note 10).

 

Extrait de l'ouvrage du Général de Beylié :

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On les trouve dans les temples de la première catégorie des temples royaux, Wat Phramahathat (วัดพระมหาธาตุ) « le temple du grand reliquaire du Seigneur Bouddha » tel le Wat Phramahathatworamahawihan (วัดพระมหาธาตุวรมหาวิหาร) de Nakhonsithammarat (นครศรีธรรมราช), le plus grand et le plus respecté des temples des provinces du sud, qui daterait selon les uns du VIIIème siècle, selon d’autres du XIIème. Il atteint presque 70 mètres de haut et sa flèche est ou serait recouverte d’une couche de 100 kilos d’or. 

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Ces temples, présents à BangkokLopburi, Ayutthaya, Pisanulok et Sukhothai, le sont dans des villes qui a une époque ou une autre ont eu rang de capitales.

 

Un Phra Boripokachédi (พระบริโภคเจดีย์) recouvre des reliques supposées avoir été personnellement utilisées par Bouddha, comme son bol et ses robes de mendiant ou encore d’un très saint de ses disciples. On les trouve également élevés non plus seulement en Thaïlande mais dans les quatre sites sacrés de sa vie, son lieu de naissance à Kapilavastu (กบิลพัสดุ์) au Népal, le lieu où il est devenu éclairé Bodhagaya (พุทธคยา), aux Indes, le lieu où il a prêché son premier sermon Sarnath (สารนาถ) aux Indes aussi et le lieu où il est mort, Kusinara (กุสินารา) toujours aux Indes. L’un des plus connus est la Phrathatchédi du Wat Phrathat doikongmu dans la province de Maehongson (พระเจดีย์ วัดพระธาตุดอยกองมู – แม่ฮ่องสอน) construit dans le style indien en 1874 sur un ancien tumulus d’origine.

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Un Phra Dhamma Chédi  (พระธรรมเจดีย์)  contient des textes de l’enseignement de Bouddha ou de la loi bouddhiste. Citons le Wat Pabantat  « le temple de la forêt de Bantat » (วัดป่าบ้านตาด) situé dans le district de Bantat à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest du centre d’Udonthani (อุดรธานี) construit en 1955 dans un nid de verdure.

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Un  Phra Uthésicachédi  (พระอุเทสิกะเจดีย์) n’est plus un reliquaire proprement dit mais contient une représentation de Bouddha. Ils sont de ceux que l’on construit tous les jours puisque les reliques de Bouddha sont présentement sinon introuvables du moins difficiles à trouver, que ce soient ses cendres ou ses bols d’aumône (14).

 

Modeste Chédi en construction au « temple des douze ascètes » (วัดแก้วสำเร็จ) à Huaymek (Kalasin) :

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Il est un autre type de monument triomphal dont la fonction est la même que celle du chédi, c’est le prang (ปราง) qui devient évidemment un phraprang (พระปราง). C’est un tour de style khmer, adaptation siamoise de tours traditionnelles khmères que l’on trouve partout dans ce qui était autrefois l'Empire angkorien. Le prang est une haute pyramide rectangulaire formée de terrasses étagées dont la dernière supporte en général un sanctuaire modeste par rapport à l’ensemble dans lequel la pyramide joue le rôle principal. Le plus ancien (en général daté du XIIIème siècle) est le prang de Si Sachanalai (ศรีสัชนาลัย) au nord de Sukhotai. Il est composé d’une haute pyramide à gradins supportant un sanctuaire dont les proportions ont été harmonisées. 

 

Extrait de l'ouvrage du Général de Beylié :

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Lien entre les architectures cambodgiennes et siamoises, le prang a ensuite été imité en particulier à Phitsanulok et à Bangkok, le plus célèbre étant celui du Wat Arun (วัดอรุ) « le temple de l’aube », entouré de quatre prangs plus petits daté des débuts de la période d’Ayutthaya (1351). 

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Ils ont été étudiés et longuement décrits par Lunet de La Jonquière (12). Le chédi géant de Nakhon Pathom, découvert par le moine et futur roi Monkut était autrefois une structure en forme de prang. Une réplique de l’original se trouve dans l'enceinte du grand monument. 

 

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Ce chédi original fut plus tard, sous le règne du Roi Mongkut, complètement recouverte par le grand chédi présent. Chédi  d’inspiration indienne, prang d’inspiration khmère, mélange harmonieux des deux styles pour une même fin, ceci explique que tel ou tel monument peut prendre l’une ou l’autre qualification.

 

La partie supérieure de la flèche d'un Chédi, les cercles superposés en forme de fleurs de lotus porte le nom de hèm (เหม), l’ « or » en langage archaïque, un mot qui, selon Rajathon, vient du sanscrit « hima » qui signifie également l’or, le mot « hima » (หิมะ) devant « la neige » en thaï actuel. L’Himalaya, c’est le « domaine de la neige » en sanscrit, mais sous le soleil, la neige ne brille-t-elle pas comme de l’or ? N’oublions pas que la royauté siamoise à fin de la période d’ Ayutthaya a adopté la théorie khmère de son origine divine, le monarque étant plus ou moins identifié avec Siva, (พระศิวะ – il devint dans le Ramakian, version siamoise du Ramayana พระอิศวร Phra Isuan) le plus important des dieux de la mythologie hindou qui, comme chacun sait, a sa demeure dans le mont Krailash (เขาไกรลาส), un sommet de la chaine de l’Himalaya situé au Tibet. Les cercles décroissant que l’on voit au somme de la tour symbolisent ou symboliseraient les 17 paradis bouddhistes.

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Il est enfin une autre catégorie de Chédi, édifié par une personne qui l’utilise pour déposer les cendres des personnes disparues et que l’on trouve dans l’enceinte des monastères, parfois dans des lieux inhabités à flanc de montagne. Dans les temps anciens, on y déposait des objets précieux mais cette pratique a rapidement cessé compte tenu des ravages causés par les pilleurs de tombes. Rajathon les appelle des kuk (คุก) dont le sens premier est une « cellule » mais une « prison » en langage contemporain. Mieux vaut utiliser le mot that (ธาตุ) qui, pris isolément signifie « une urne » mais qui nous semble spécifiquement Isan (?). Rajathon déplore encore la dégénérescence des constructions actuelles, qu’il attribue aux entrepreneurs chinois, en ciment préfabriqué, bon marché, démontables et à l’intérieur desquels on ne peut plus rien déposer de précieux. Naturellement, la richesse de la famille apparaît dans la taille et les décorations du cénotaphe.

 

Monument d'un riche cotoyant ceux des pauvres :

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Précisons enfin, ce n’est peut-être pas inutile, que toute allusion ironique à l’authenticité de ces reliques serait particulièrement mal venue. Rajathon, qui passait pour être un « esprit fort » ne s’y hasarde pas même de façon allusive. N’est pas Voltaire qui veut !

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Nous consacrerons un prochain article au bâtiment qui est devenu le lieu majeur du temple, le plus sacré probablement, la chapelle d’ordination.

 

NOTES

 

(1) http://www.dhammathai.org/watthai/watstat.php . La liste qui est longue peut se télécharger sans difficultés.

 

(2)  http://th.wikipedia.org/wiki/รายชื่อวัดในจังหวัดหนองคาย

 

(3) http://th.wikipedia.org/wiki/รายชื่อวัดในจังหวัดกาฬสินธุ์

 

(4) http://th.wikipedia.org/wiki/รายชื่อวัดในจังหวัดเลย

 

(5)  Voir notre article A 196 « LES PEINTURES MURALES, L’ÂME DES TEMPLES DU COEUR DE L’ISAN ».

 

(6) Voir notre article A 213 « LES ORIGINES MYSTÉRIEUSES DES BORNES SACRÉES (BAÏ SÉMA) DES TEMPLES DE L’ISAN EN THAILANDE ».

 

(7) « Histoire naturelle et politique du royaume de Siam ».

 

(8) « Du royaume de Siam ».

 

(9) « Description du royaume thaï ou Siam », premier volume, 1854.

 

(10) La question de la stèle est devenue un western épigraphique. Elle part d’une découverte « opportune » :

 

En 1834, un moine bouddhiste dénommé Mongkut découvre une stèle datée de l’année 1292. Ecrite en caractères comparables à du thaï  moderne (mais difficiles à déchiffrer et plus encore), elle est immédiatement considérée comme le premier texte écrit en thaï par le roi Ramkhamhaeng qui devient de facto l’inventeur de l’écriture thaï๏ et dont la stèle portera désormais le nom, les souverains donc les historiens et les chercheurs  n’arrivent pas à s’entendre sur les dates de naissance et de mort. L’histoire de ce moine ne s’arrête pas là et devenu Rama IV, il va régner en monarque éclairé sur le Siam de 1851 à 1868, l’un des plus érudits de la dynastie qui a consacré 25 ans de sa vie à l’étude dans son temple. C’est évidemment sous son règne que sa découverte de la stèle,  devient un élément majeur du patrimoine national thaï.

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Alors qu’elle n’avait suscité aucune étude critique de tous les savants essentiellement français qui l’avaient étudiée et traduite avec difficultés, souvent de façon contradictoire, les critiques vont débuter en 1986 (Voir à ce sujet notre article 19 de 2012  « NOTRE HISTOIRE, LA STELE DE RAMAKHAMHENG ». C’est un thaï  critique d’art et non linguiste qui suggère alors que la stèle, selon lui gravée par  Mongkut – Rama IV, ne remonterait  qu’au 19éme siècle. Il se gausse essentiellement de cette découverte « miraculeuse ». De très érudits débats sont alors engagés notamment dans le journal de la Siam society en 1995 en particulier par des articles contradictoires de Michael Wright et Michael Vickery, deux américains spécialistes des langues asiatiques (n° 83 de 1995). Le débat s’est exacerbé et s’est répandu sinon dans le grand public du mois dans le public érudit lors de l’inscription du monument, la question étant moins de savoir s’il s’agissait d’un faux soigneusement confectionné au XIXème que s’il devait être permis de contester son attribution au grand roi de Sukhotay et de déboulonner sa statue. Quelques-uns des arguments des tenants de la première hypothèse semblent à tout le moins éminemment contestables.

 

– La découverte fut-elle l’effet d’un pur hasard. Nous en ignorons le déroulement exact. Quoiqu’il en soit, le moine-érudit avait effectué des fouilles sur ce qui restait des ruines de l’ancienne capitale, cherchant et trouvant. Les grandes découvertes archéologiques sont très rarement l’effet du « hasard ». Le tombeau de Toutankhamon fut  découvert le 4 novembre 1922 par l’archéologue anglais Howard Carter financé par Lord Carnavon qui cherchait là où elle devait se trouver enfouie sous les sables la tombe de l’un des derniers pharaons qui n’avait pas été encore découverte, là où ils étaient inhumés, la Vallée des Rois.

 

– L’écriture serait trop similaire de l’écriture actuelle ? C’est une absurdité : Elle est très partiellement dégradée et surtout l’écriture a subi des changements stylistiques depuis son invention, notamment sur le positionnement actuel des voyelles, un bon lecteur du thaï éprouve autant de difficultés à les lire que nous à lire un manuscrit français de la même époque, faute d’avoir suivi des études de paléographie.

A 214.1 -  L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE SIAMOISE ET SON HISTOIRE. I - LES « SAINTS CHÉDIS »

– Querelles encore sur le vocabulaire utilisé qui ne serait pas celui utilisé à Sukhotay à cette époque ? C’est assez extravagant, comme si l’on connaissait parfaitement le langage utilisé dans ce royaume au XIIIème siècle. N’oublions tout de même pas que les premiers dictionnaires thaï-français-anglais-latin et les premières grammaires datent du milieu du XIXème siècle et que le premier véritable dictionnaire thaï-thaï qui a normalisé définitivement et à cette date seulement la langue, son écriture et la grammaire, est celui de l’Académie royale ne date que de 1927 (voir en particulier notre article A 204 « LE DICTIONNAIRE DE L’ « INSTITUT ROYAL » AU SERVICE DE LA LANGUE THAÏE, DU BON SENS … ET DE LA POLITIQUE ».

 

– Il n’est pas possible de créer un système d’écriture à partir du néant ? Voilà bien une totale absurdité. Nous en avons un remarquable exemple postérieur : Le Vietnamien est une langue tonale comme le thaï (six tons). A l’arrivée des missionnaires, les érudits utilisaient les idéogrammes chinois qui sont adaptés parfaitement à une langue à tons mais dont l’apprentissage nécessite plusieurs années d’un long chemin de croix. C’est Alexandre de Rhodes, missionnaire et jésuite avignonnais qui a doté le pays d’un alphabet utilisant nos lettres latines et de nombreux signes diacritiques pour marquer les tons. Lors de la prise du pouvoir par les communistes en 1975, ceux-ci ont déboulonné sa statue, vestiges du colonialisme et créé de toutes pièces un autre inventeur. Ils se sont vite aperçus du ridicule, la statue est remontée sur son piédestal et hommage est toujours rendu au père jésuite même si, comme le thaï du XIIIème  l’écriture a été améliorée.

 

Et le thaï ? A l’époque de Rakhamheng les érudits, moines ou brahmanes, connaissaient parfaitement les systèmes d’écriture alors en usage, le pallava, écriture brahmanique sacrée venue du sud de l’Inde, utilisée par les Mons, le sanscrit et le pali venu également de l’Inde, le khmer venu de l’est, les idéogrammes chinois et certainement les écritures utilisant l’alphabet latin. Les premiers inventeurs de l’écriture thaïe n’ont pas agi au hasard. Ils ont créé, et bien créé, un alphabet correspondant aux structures propres à leur langue. L’alphabet latin est mal adapté à une langue monosyllabique à tons. C’est certainement de façon délibérée qu’ils ne l’ont pas utilisé plus que les idéogrammes chinois. L’écriture vient pour une grande partie du sanscrit dont le pali n’est qu’un patois. Or, l’alphabet sanscrit ne porte pas comme les alphabets des langues sémitiques l’empreinte d’une longue et pénible invention encore embarrassée dans les liens des caractères figuratifs – on passe insensiblement du dessin d’un rat pour écrire « rat », puis l’idéogramme devient la syllabe « ra » puis la consonne « r » etc… Il semble avoir été formé et conçu par la plus haute intelligence philosophique et analytique  qui ait paru dans le monde. Les indiens prétendent qu’il a été inventé par les Dieux et ils ont donné à leur écriture le nom de เทวนาครี Devanagaril’écriture des dieux, forme ancienne sous laquelle sont écrit encore la plupart des ouvrages sanscrits. Cet alphabet dont la nature est entièrement différente de celle des alphabets sémitiques a donné naissance à tous ceux qui sont en cours en Asie du Sud-est. Pour autant que l’alphabet sanscrit ne fasse pas exception à une règle qui voudrait que toute écriture alphabétique dérive d’une écriture idéographique, il est certain qu’il n’a gardé aucune trace de cette origine. Il date en tous cas de plus de 500 ans avant celui de Ramakhamheng. Disons pour clore un vain débat que de multiples découvertes épigraphiques bien postérieures mais dont la datation n’est pas mise en doute démontrent à suffisance que le même alphabet est utilisé ailleurs, ce qui démolit l’argument linguistique, qu’il soit l’œuvre du roi ou plus probablement celle des érudits qui l’entouraient. Un linguiste américain non dépourvu d’humour a déclaré que de tels arguments permettraient de mettre en doute l’authenticité du texte de la constitution de 1787.

 

(11) Selon le Général de Beylié « L’architecture Hindoue en Extrême-Orient », Paris 1907. Un chapitre remarquablement illustré est consacré au Siam.

 

(12) Lunet de la Jonquière est l’auteur d’un monumental « Inventaire descriptif des monuments du Cambodge » en deux volumes (1897 et 1902) qui déborde très largement sur le Siam. Le second volume lui est en réalité exclusivement consacré.

 

(13) Les chédis ont fait l’objet d’une remarquable et surtout exhaustive étude de Anuman Rajadhon que nous avons souvent rencontré (« Phra Cedi ») dans la revue de la Siam Society (Vol.40 -1 de 1952). Le site https://th.wikipedia.org/wiki/เจดีย์ (en thaï) donne de nombreuses références, toutes en thaï ainsi que le site officiel de la hiérarchie religieuse http://www.dhammathai.org/buddha/g47.php. Il donne la même division en quatre modèles que celle de Rajathon mais une foule de sous-divisions et sous-sous divisions particulièrement complexes et subtiles.

 

(14) Le « marché » ne doit toutefois pas être totalement épuisé. Le Phrathatchédi de Laemso (พระธาตุจดีย์แหสมสอ) à Koh Samui (เกาะสมุย) curieusement isolé en bord de mer a été construite en 1908 pour abriter des reliques de Bouddha qu’un Bonze de l’île avait ramené de Ceylan. Détruit par la foudre, il a dans les années 70 été refait et recouverte de briquettes jaunâtres d’un goût plus ou moins assuré.

A 214.1 -  L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE SIAMOISE ET SON HISTOIRE. I - LES « SAINTS CHÉDIS »

Le Phrathat Chamlong (พระธาตุจำลอง) daté de 1981 dans le Wat thamphitak (วัดธรรมพีทักษ์ « le temple du dharma protecteur ») du petit village de Huaymek (ห้วยเม็ก) dans la province de Kalasin (กาฬสินธุ์) et qui vient d’être repeint à neuf  abrite des cendres de Bouddha. Son nom (Chamlong = « simulé ») nous étonne toutefois un peu ? 

 

 

 

A 214.1 -  L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE SIAMOISE ET SON HISTOIRE. I - LES « SAINTS CHÉDIS »
Le Phramahathat Phutthanimit (พระมหาธาตุเจดีย์พุทธนิมิต) du Wat Phuttanimit – Phukhao (วัดพุทธนิมิด - ภูคาว) - « le temple de la vision bouddhiste » « la terre du gisant » dans le district de Sahatsakhan (สหัสขันธ์), également dans la province de Kalasin, a  été édifié également au début de ce siècle non loin d’un abri sous roche, lieu de culte d’origine Davarvati, où git un Bouddha couché (« la terre du gisant ») mais du mauvais côté, daté du VIIIème ou IXème siècle. Le chédi tout en pierres de taille contient à la fois une statue de Bouddha couverte d’or et quelques dizaines de statues du même également en pierres de taille. Sa flèche (Pliyot ปลียอด) qui doit s’élever à une cinquantaine de mètres, indique le chemin vers le Nirvana et n’est recouverte « que » de 30 kilos d’or, les Isans sont pieux mais pauvres ! Elle est terminée par une petite boule de verre, yatnamkhang (หยาดน้ำค้าง). Le dôme en forme de cloche appelé ongrakhang  ou rueanthat (องค์ระฆัง - เรือนธาตุ) est la partie du monument qui contient la relique de Bouddha.

 

A 214.1 -  L’ARCHITECTURE RELIGIEUSE SIAMOISE ET SON HISTOIRE. I - LES « SAINTS CHÉDIS »

SOURCES

 

En dehors de l’ouvrage monumental de Lunet de La Jonquière superbement illustré et de celui du Général de Beylié également joliment illustré, d’autres sources, en ce qui concerne l’épigraphie en particulier :

Louis Finot « Notes d'épigraphie » In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 15, 1915. pp. 1-135.

P. Petithuguenin « Notes critiques pour servir à l'histoire du Siam » In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 16, 1916. pp. 1-21.

Fournereau « Le Siam ancien: Archéologie, épigraphie, géographie ». Tome I. Paris, 1895 (Annales du Musée Guimet, XXV).

Louis Finot et G. Coedès : « Recueil des inscriptions du Siam. Première partie : Inscriptions de Sukhodaya ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 24, 1924. pp. 265-268.

G. Coedès : « Recueil des Inscriptions du Siam, 2e partie. Inscriptions de Dvāravatī, de Çrīvijaya et de Lăvo ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 29, 1929. pp. 446-450.

G. Coedès « Études cambodgiennes XXXIX. L'épigraphie des monuments de Jayavarman VII ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 44 n°1, 1951. pp. 97-120.

G. Coedès : « Recueil des Inscriptions du Siam, 2e partie. Inscriptions de Dvāravatī, de Çrīvijaya et de Lăvo ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 29, 1929. pp. 446-450.

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G. Coedès « Études cambodgiennes XXXIX. L'épigraphie des monuments de Jayavarman VII ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 44 n°1, 1951. pp. 97

Alors qu’elle n’avait suscité aucune étude critique de tous les savants essentiellement français qui l’avaient étudiée et traduite avec difficultés, souvent de façon contradictoire, les critiques vont débuter en 1986 (Voir à ce sujet notre article 19 de 2012  « NOTRE HISTOIRE, LA STELE DE RAMAKHAMHENG ». C’est un thaï  critique d’art et non linguiste qui suggère alors que la stèle, selon lui gravée par  Mongkut – Rama IV, ne remonterait  qu’au 19éme siècle. Il se gausse essentiellement de cette découverte « miraculeuse ». De très érudits débats sont alors engagés notamment dans le journal de la Siam society en 1995 en particulier par des articles contradictoires de Michael Wright et Michael Vickery, deux américains spécialistes des langues asiatiques (n° 83 de 1995). Le débat s’est exacerbé et s’est répandu sinon dans le grand public du mois dans le public érudit lors de l’inscription du monument, la question étant moins de savoir s’il s’agissait d’un faux soigneusement confectionné au XIXème que s’il devait être permis de contester son attribution au grand roi de Sukhotay et de déboulonner sa statue. Quelques-uns des arguments des tenants de la première hypothèse semblent à tout le moins éminemment contestables.

– La découverte fut-elle l’effet d’un pur hasard. Nous en ignorons le déroulement exact. Quoiqu’il en soit, le moine-érudit avait effectué des fouilles sur ce qui restait des ruines de l’ancienne capitale, cherchant et trouvant. Les grandes découvertes archéologiques sont très rarement l’effet du « hasard ». Le tombeau de Toutankhamon fut  découvert le 4 novembre 1922 par l’archéologue anglais Howard Carter financé par Lord Carnavon qui cherchait là où elle devait se trouver enfouie sous les sables la tombe de l’un des derniers pharaons qui n’avait pas été encore découverte, là où ils étaient inhumés, la Vallée des Rois.

– L’écriture serait trop similaire de l’écriture actuelle ? C’est une absurdité : Elle est très partiellement dégradée et surtout l’écriture a subi des changements stylistiques depuis son invention, notamment sur le positionnement actuel des voyelles, un bon lecteur du thaï éprouve autant de difficultés à les lire que nous à lire un manuscrit français de la même époque, faute d’avoir suivi des études de paléographie.

– Querelles encore sur le vocabulaire utilisé qui ne serait pas celui utilisé à Sukhotay à cette époque ? C’est assez extravagant, comme si l’on connaissait parfaitement le langage utilisé dans ce royaume au XIIIème siècle. N’oublions tout de même pas que les premiers dictionnaires thaï-français-anglais-latin et les premières grammaires datent du milieu du XIXème siècle et que le premier véritable dictionnaire thaï-thaï qui a normalisé définitivement et à cette date seulement la langue, son écriture et la grammaire, est celui de l’Académie royale ne date que de 1927 (voir en particulier notre article A 204 « LE DICTIONNAIRE DE L’ « INSTITUT ROYAL » AU SERVICE DE LA LANGUE THAÏE, DU BON SENS … ET DE LA POLITIQUE ».

– Il n’est pas possible de créer un système d’écriture à partir du néant ? Voilà bien une totale absurdité. Nous en avons un remarquable exemple postérieur : Le Vietnamien est une langue tonale comme le thaï (six tons). A l’arrivée des missionnaires, les érudits utilisaient les idéogrammes chinois qui sont adaptés parfaitement à une langue à tons mais dont l’apprentissage nécessite plusieurs années d’un long chemin de croix. C’est Alexandre de Rhodes, missionnaire et jésuite avignonnais qui a doté le pays d’un alphabet utilisant nos lettres latines et de nombreux signes diacritiques pour marquer les tons. Lors de la prise du pouvoir par les communistes en 1975, ceux-ci ont déboulonné sa statue, vestiges du colonialisme et créé de toutes pièces un autre inventeur. Ils se sont vite aperçus du ridicule, la statue est remontée sur son piédestal et hommage est toujours rendu au père jésuite même si, comme le thaï du XIIIème  l’écriture a été améliorée.

Et le thaï ? A l’époque de Rakhamheng les érudits, moines ou brahmanes, connaissaient parfaitement les systèmes d’écriture alors en usage, le pallava, écriture brahmanique sacrée venue du sud de l’Inde, utilisée par les Mons, le sanscrit et le pali venu également de l’Inde, le khmer venu de l’est, les idéogrammes chinois et certainement les écritures utilisant l’alphabet latin. Les premiers inventeurs de l’écriture thaïe n’ont pas agi au hasard. Ils ont créé, et bien créé, un alphabet correspondant aux structures propres à leur langue. L’alphabet latin est mal adapté à une langue monosyllabique à tons. C’est certainement de façon délibérée qu’ils ne l’ont pas utilisé plus que les idéogrammes chinois. L’écriture vient pour une grande partie du sanscrit dont le pali n’est qu’un patois. Or, l’alphabet sanscrit ne porte pas comme les alphabets des langues sémitiques l’empreinte d’une longue et pénible invention encore embarrassée dans les liens des caractères figuratifs – on passe insensiblement du dessin d’un rat pour écrire « rat », puis l’idéogramme devient la syllabe « ra » puis la consonne « r » etc… Il semble avoir été formé et conçu par la plus haute intelligence philosophique et analytique  qui ait paru dans le monde. Les indiens prétendent qu’il a été inventé par les Dieux et ils ont donné à leur écriture le nom de เทวนาครี Devanagaril’écriture des dieux, forme ancienne sous laquelle sont écrit encore la plupart des ouvrages sanscrits. Cet alphabet dont la nature est entièrement différente de celle des alphabets sémitiques a donné naissance à tous ceux qui sont en cours en Asie du Sud-est. Pour autant que l’alphabet sanscrit ne fasse pas exception à une règle qui voudrait que toute écriture alphabétique dérive d’une écriture idéographique, il est certain qu’il n’a gardé aucune trace de cette origine. Il date en tous cas de plus de 500 ans avant celui de Ramakhamheng. Disons pour clore un vain débat que de multiples découvertes épigraphiques bien postérieures mais dont la datation n’est pas mise en doute démontrent à suffisance que le même alphabet est utilisé ailleurs, ce qui démolit l’argument linguistique, qu’il soit l’œuvre du roi ou plus probablement celle des érudits qui l’entouraient. Un linguiste américain non dépourvu d’humour a déclaré que de tels arguments permettraient de mettre en doute l’authenticité du texte de la constitution de 1787.

 

(11) Selon le Général de Beylié « L’architecture Hindoue en Extrême-Orient », Paris 1907. Un chapitre remarquablement illustré est consacré au Siam.

 

(12) Lunet de la Jonquière est l’auteur d’un monumental « Inventaire descriptif des monuments du Cambodge » en deux volumes (1897 et 1902) qui déborde très largement sur le Siam. Le second volume lui est en réalité exclusivement consacré.

 

(13) Les chédis ont fait l’objet d’une remarquable et surtout exhaustive étude de Anuman Rajadhon que nous avons souvent rencontré (« Phra Cedi ») dans la revue de la Siam Society (Vol.40 -1 de 1952). Le site https://th.wikipedia.org/wiki/เจดีย์ (en thaï) donne de nombreuses références, toutes en thaï ainsi que le site officiel de la hiérarchie religieuse http://www.dhammathai.org/buddha/g47.php. Il donne la même division en quatre modèles que celle de Rajathon mais une foule de sous-divisions et sous-sous divisions particulièrement complexes et subtiles.

 

(14) Le « marché » ne doit toutefois pas être totalement épuisé. Le Phrathatchédi de Laemso (พระธาตุจดีย์แหสมสอ) à Koh Samui (เกาะสมุย) curieusement isolé en bord de mer a été construite en 1908 pour abriter des reliques de Bouddha qu’un Bonze de l’île avait ramené de Ceylan. Détruit par la foudre, il a dans les années 70 été refait et recouverte de briquettes jaunâtres d’un goût plus ou moins assuré. Le Phrathat Chamlong (พระธาตุจำลอง) daté de 1981 dans le Wat thamphitak (วัดธรรมพีทักษ์ « le temple du dharma protecteur ») du petit village de Huaymek (ห้วยเม็ก) dans la province de Kalasin (กาฬสินธุ์) et qui vient d’être repeint à neuf  abrite des cendres de Bouddha. Son nom (Chamlong = « simulé ») nous étonne toutefois un peu? Le Phramahathat Phutthanimit (พระมหาธาตุเจดีย์พุทธนิมิต) du Wat Phuttanimit – Phukhao (วัดพุทธนิมิด - ภูคาว) - « le temple de la vision bouddhiste » « la terre du gisant » dans le district de Sahatsakhan (สหัสขันธ์), également dans la province de Kalasin, a  été édifié également au début de ce siècle non loin d’un abri sous roche, lieu de culte d’origine Davarvati, où git un Bouddha couché (« la terre du gisant ») mais du mauvais côté, daté du VIIIème ou IXème siècle. Le chédi tout en pierres de taille contient à la fois une statue de Bouddha couverte d’or et quelques dizaines de statues du même également en pierres de taille. Sa flèche (Pliyot ปลียอด) qui doit s’élever à une cinquantaine de mètres, indique le chemin vers le Nirvana et n’est recouverte « que » de 30 kilos d’or, les Isans sont pieux mais pauvres ! Elle est terminée par une petite boule de verre, yatnamkhang (หยาดน้ำค้าง). Le dôme en forme de cloche appelé ongrakhang  ou rueanthat (องค์ระฆัง - เรือนธาตุ) est la partie du monument qui contient la relique de Bouddha.

 

 

SOURCES

 

En dehors de l’ouvrage monumental de Lunet de La Jonquière superbement illustré et de celui du Général de Beylié également joliment illustré, d’autres sources, en ce qui concerne l’épigraphie en particulier :

Louis Finot « Notes d'épigraphie » In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 15, 1915. pp. 1-135.

P. Petithuguenin « Notes critiques pour servir à l'histoire du Siam » In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 16, 1916. pp. 1-21.

Fournereau « Le Siam ancien: Archéologie, épigraphie, géographie ». Tome I. Paris, 1895 (Annales du Musée Guimet, XXV).

Louis Finot et G. Coedès : « Recueil des inscriptions du Siam. Première partie : Inscriptions de Sukhodaya ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 24, 1924. pp. 265-268.

G. Coedès : « Recueil des Inscriptions du Siam, 2e partie. Inscriptions de Dvāravatī, de Çrīvijaya et de Lăvo ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 29, 1929. pp. 446-450.

G. Coedès « Études cambodgiennes XXXIX. L'épigraphie des monuments de Jayavarman VII ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 44 n°1, 1951. pp. 97-120.

G. Coedès : « Recueil des Inscriptions du Siam, 2e partie. Inscriptions de Dvāravatī, de Çrīvijaya et de Lăvo ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 29, 1929. pp. 446-450.

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G. Coedès « Études cambodgiennes XXXIX. L'épigraphie des monuments de Jayavarman VII ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 44 n°1, 1951. pp. 97-120.Il existe peu de monuments antérieurs à la création du royaume thaï au XIIIème siècle dans les provinces siamoises proprement dites. Nous excluons évidemment les monuments des anciennes provinces cambodgiennes d'AngkorBattambang et Korat. Les tours khmères de Lopburi (Louvo), ancienne principauté vassale des Khmers sont datées approximativement du Xème siècle. Celles de Sukhotai en sont des copies postérieures abâtardies. Elles seraient de la basse époque khmère et auraient pu être construites par des architectes khmers en déplacement. Il semble en effet que les Thaïs du XIIIème siècle étaient de civilisation artistique « peu avancée » n'ayant pas d'architecture propre (11). Ce sont des prangs (ปรางค์), nous y reviendrons. Lunet de la Lajonquière chargé en 1904 et 1905 d'une mission archéologique au Siam, pense que ces peuples se laissèrent plus ou moins impressionner en art par les Khmers d'alors, puis par les Birmans, qui les avaient précédés de plusieurs siècles « dans la voie de la civilisation » et qui se montrèrent presque constamment leurs maîtres dans l’art de la guerre (12).

Venons-en aux monuments proprement dits, à ceux que nous voyons toujours dans les temples, la place d’honneur, objet de ce premier article, revenant à ceux dont l’origine est la plus ancienne, aux sources du bouddhisme, les chédis ou plutôt les « saints chédis » également appelés stupas (évidement « saints » : Phrastupa พระสถูป).

 

On remarque dans de nombreux temples (wat วัด), mais pas dans tous, une structure de forme pyramidale avec une flèche élancée et effilée à son sommet. Elle est pour les Thaïs plutôt qu’un stupa (le mot est sanscrit) un Chédi (เจดีย์) ou Phra Chédi (พระเจดีย์). Il peut y en avoir un seul, alors de grande taille ou plusieurs de différentes tailles et portant différents schémas décoratifs. Le préfixe Phra (พระ) est honorifique, associé à Bouddha, aux prêtres, à la religion ou à la royauté. Nous le traduisons ici faute de mieux par « saint » (13). Phra Chedi, c’est un reliquaire dont l’origine remonte aux origines mêmes du bouddhisme. Dans l'un des livres des saintes écritures bouddhistes, le Dhammapada, (ธรรมะปาดา) est contée l'histoire d'un disciple de Bouddha qui mourut encorné par un bœuf. Il fut incinéré et Bouddha commanda qu’un terrassement soit élevé sur ses cendres, constituant ainsi un tumulus appelé Chédi. Cette coutume n’était pas inconnue à l’époque pré-bouddhiste par les Brahmanes et les Jaïns des temps anciens. De simples tumuli, les Chédi furent exhaussés de diverses constructions toutes symboliques. Il en est hiérarchiquement quatre espèces :

 

Un Phrathat Chédi (พระธาตุจดีย์) recouvre les propres cendres de Bouddha, éventuellement d’un grand monarque ou d’un moine tout particulièrement vénéré. Ce sont assurément les monuments les plus anciens, le phra that yaku (พระธาตุยาคู) de Kamalasai dont seul le soubassement est d’origine est daté de l’époque Davaravati (VIIème siècle). Le site n’a pas été découvert par le moine Monkut (Futur Rama IV)  mais signalé par Erik Seidenfaden en 1922 et inventorié dans les années 30 (Voir notre article A 213 « LES ORIGINES MYSTÉRIEUSES DES BORNES SACRÉES (BAÏ SÉMA ) DES TEMPLES DE L’ISAN EN THAILANDE »). Celui de Nakhon Pathom (นครปฐม), Wat Phrapathom Chedi (พระปฐมเจดีย์), beaucoup plus connu et fréquenté par les fidèles est de la même époque. Il établit incontestablement l’extension de l’empire du Dvaravati jusque sur les rives du Mékong. Il se flatte d’être toujours le plus haut du monde (120 mètres). Il a été « découvert » en ruines par le moine Monkut (Futur Rama IV) qui en ordonna la réhabilitation pour en faire le plus élevé du monde en 1870 après 17 ans de travaux. Sa découverte lui reste attribuée jusqu’à qu’un critique d’art iconoclaste ne lui en dénie la paternité (voir note 10). On les trouve dans les temples de la première catégorie des temples royaux, Wat Phramahathat (วัดพระมหาธาตุ) « le temple du grand reliquaire du Seigneur Bouddha » tel le Wat Phramahathatworamahawihan (วัดพระมหาธาตุวรมหาวิหาร) de Nakhonsithammarat (นครศรีธรรมราช), le plus grand et le plus respecté des temples des provinces du sud, qui daterait selon les uns du VIIIème siècle, selon d’autres du XIIème. Il atteint presque 70 mètres de haut et sa flèche est ou serait recouverte d’une couche de 100 kilos d’or. Ces temples, présents à BangkokLopburi, Ayutthaya, Pisanulok et Sukhothai le sont dans des villes qui a une époque ou une autre ont eu rang de capitales.

Un Phra Boripokachédi (พระบริโภคเจดีย์) recouvre des reliques supposées avoir été personnellement utilisées par Bouddha, comme son bol et ses robes de mendiant ou encore d’un très saint de ses disciples. On les trouve également élevés non plus en Thaïlande mais dans les quatre sites sacrés de sa vie, son lieu de naissance à Kapilavastu (กบิลพัสดุ์) au Népal, le lieu où il est devenu éclairé Bodhagaya (พุทธคยา), aux Indes, le lieu où il a prêché son premier sermon Sarnath (สารนาถ) aux Indes aussi et le lieu où il est mort, Kusinara (กุสินารา) toujours aux Indes. L’un des plus connus est la Phrathatchédi du Wat Phrathat doikongmu dans la province de Maehongson (พระเจดีย์ วัดพระธาตุดอยกองมู – แม่ฮ่องสอน) construit dans le style indien en 1874 sur un ancien tumulus d’origine.

 

Un Phra Dhamma Chédi  (พระธรรมเจดีย์)  contient des textes de l’enseignement de Bouddha ou de la loi bouddhiste. Citons le Wat Pabantat  « le temple de la forêt de Bantat » (วัดป่าบ้านตาด) situé dans le district de Bantat à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest du centre d’Udonthani (อุดรธานี) construit en 1955 dans un nid de verdure.

 

Un  Phra Uthésicachédi  (พระอุเทสิกะเจดีย์) n’est plus un reliquaire proprement dit mais contient une représentation de Bouddha. Ils sont de ceux que l’on construit tous les jours puisque les reliques de Bouddha sont présentement sinon introuvables du moins difficiles à trouver, que ce soient ses cendres ou ses bols d’aumône (14).

 

Il est un autre type de monument triomphal dont la fonction est la même que celle du chédi, c’est le prang (ปราง) qui devient évidemment un phraprang (พระปราง). C’est un tour de style khmer, adaptation siamoise de tours traditionnelles khmères que l’on trouve partout dans ce qui était autrefois l'Empire angkorien. Le prang est une haute pyramide rectangulaire formée de terrasses étagées dont la dernière supporte en général un sanctuaire modeste par rapport à l’ensemble dans lequel la pyramide joue le rôle principal. Le plus ancien (en général daté du XIIIème siècle) est le prang de Si Sachanalai (ศรีสัชนาลัย) au nord de Sukhotai. Il est composé d’une haute pyramide à gradins supportant un sanctuaire dont les proportions ont été harmonisées. Lien entre les architectures cambodgiennes et siamoises, le prang a ensuite été imité en particulier à Phitsanulok et à Bangkok, le plus célèbre étant celui du Wat Arun (วัดอรุ) « le temple de l’aube », entouré de quatre prangs plus petits daté des débuts de la période d’Ayutthaya (1351). Ils ont été étudiés et longuement décrits par Lunet de La Jonquière (12). Le chédi géant de Nakhon Pathom, découvert par le moine et futur roi Monkut était autrefois une structure en forme de prang. Une réplique de l’original se trouve dans l'enceinte du grand monument. Ce chédi original fut plus tard, sous le règne du Roi Mongkut, complètement recouverte par le grand chédi présent. Chédi  d’inspiration indienne, prang d’inspiration khmère, mélange harmonieux des deux styles pour une même fin, ceci explique que tel ou tel monument peut prendre l’une ou l’autre qualification.

 

La partie supérieure de la flèche d'un Chédi, les cercles superposés en forme de fleurs de lotus porte le nom de hèm (เหม), l’ « or » en langage archaïque, un mot qui, selon Rajathon, vient du sanscrit « hima » qui signifie également l’or, le mot « hima » (หิมะ) devant « la neige » en thaï actuel. L’Himalaya, c’est le « domaine de la neige » en sanscrit, mais sous le soleil, la neige ne brille-t-elle pas comme de l’or ? N’oublions pas que la royauté siamoise à fin de la période d’ Ayutthaya a adopté la théorie khmère de son origine divine, le monarque étant plus ou moins identifié avec Siva, (พระศิวะ – il devint dans le Ramakian, version siamoise du Ramayana พระอิศวร Phra Isuan) le plus important des dieux de la mythologie hindou qui, comme chacun sait, a sa demeure dans le mont Krailash (เขาไกรลาส), un sommet de la chaine de l’Himalaya situé au Tibet. Les cercles décroissant que l’on voit au somme de la tour symbolisent ou symboliseraient les 17 paradis bouddhistes.

 

Il est enfin une autre catégorie de Chédi, édifié par une personne qui l’utilise pour déposer les cendres des personnes disparues et que l’on trouve dans l’enceinte des monastères, parfois dans des lieux inhabités à flanc de montagne. Dans les temps anciens, on y déposait des objets précieux mais cette pratique a rapidement cessé compte tenu des ravages causés par les pilleurs de tombes. Rajathon les appelle des kuk (คุก) dont le sens premier est une « cellule » mais une « prison » en langage contemporain. Mieux vaut utiliser le mot that (ธาตุ) qui, pris isolément signifie « une urne » mais qui nous semble spécifiquement Isan (?). Rajathon déplore encore la dégénérescence des constructions actuelles, qu’il attribue aux entrepreneurs chinois, en ciment préfabriqué, bon marché, démontables et à l’intérieur desquels on ne peut plus rien déposer de précieux. Naturellement, la richesse de la famille apparaît dans la taille et les décorations du cénotaphe.

 

Précisons enfin, ce n’est peut-être pas inutile, que toute allusion ironique à l’authenticité de ces reliques serait particulièrement mal venue. Rajathon, qui passait pour être un « esprit fort » ne s’y hasarde pas même de façon allusive. N’est pas Voltaire qui veut !

 

Nous consacrerons un prochain article au bâtiment qui est devenu le lieu majeur du temple, le plus sacré probablement, la chapelle d’ordination.

 

NOTES

(1) http://www.dhammathai.org/watthai/watstat.php . La liste qui est longue peut se télécharger sans difficultés.

(2)  http://th.wikipedia.org/wiki/รายชื่อวัดในจังหวัดหนองคาย

(3) http://th.wikipedia.org/wiki/รายชื่อวัดในจังหวัดกาฬสินธุ์

(4) http://th.wikipedia.org/wiki/รายชื่อวัดในจังหวัดเลย

(5)  Voir notre article A 196 « LES PEINTURES MURALES, L’ÂME DES TEMPLES DU COEUR DE L’ISAN ».

(6) Voir notre article A 213 « LES ORIGINES MYSTÉRIEUSES DES BORNES SACRÉES (BAÏ SÉMA) DES TEMPLES DE L’ISAN EN THAILANDE ».

(7) « Histoire naturelle et politique du royaume de Siam ».

(8) « Du royaume de Siam ».

(9) « Description du royaume thaï ou Siam », premier volume, 1854.

(10) La question de la stèle est devenue un western épigraphique. Elle part d’une découverte « opportune » : En 1834, un moine bouddhiste dénommé Mongkut découvre une stèle datée de l’année 1292. Ecrite en caractères comparables à du thaï  moderne (mais difficiles à déchiffrer et plus encore), elle est immédiatement considérée comme le premier texte écrit en thaï par le roi Ramkhamhaeng qui devient de facto l’inventeur de l’écriture thaï๏ et dont la stèle portera désormais le nom, les souverains donc les historiens et les chercheurs  n’arrivent pas à s’entendre sur les dates de naissance et de mort. L’histoire de ce moine ne s’arrête pas là et devenu Rama IV, il va régner en monarque éclairé sur le Siam de 1851 à 1868, l’un des plus érudits de la dynastie qui a consacré 25 ans de sa vie à l’étude dans son temple. C’est évidemment sous son règne que sa découverte de la stèle,  devient un élément majeur du patrimoine national thaï.

Alors qu’elle n’avait suscité aucune étude critique de tous les savants essentiellement français qui l’avaient étudiée et traduite avec difficultés, souvent de façon contradictoire, les critiques vont débuter en 1986 (Voir à ce sujet notre article 19 de 2012  « NOTRE HISTOIRE, LA STELE DE RAMAKHAMHENG ». C’est un thaï  critique d’art et non linguiste qui suggère alors que la stèle, selon lui gravée par  Mongkut – Rama IV, ne remonterait  qu’au 19éme siècle. Il se gausse essentiellement de cette découverte « miraculeuse ». De très érudits débats sont alors engagés notamment dans le journal de la Siam society en 1995 en particulier par des articles contradictoires de Michael Wright et Michael Vickery, deux américains spécialistes des langues asiatiques (n° 83 de 1995). Le débat s’est exacerbé et s’est répandu sinon dans le grand public du mois dans le public érudit lors de l’inscription du monument, la question étant moins de savoir s’il s’agissait d’un faux soigneusement confectionné au XIXème que s’il devait être permis de contester son attribution au grand roi de Sukhotay et de déboulonner sa statue. Quelques-uns des arguments des tenants de la première hypothèse semblent à tout le moins éminemment contestables.

– La découverte fut-elle l’effet d’un pur hasard. Nous en ignorons le déroulement exact. Quoiqu’il en soit, le moine-érudit avait effectué des fouilles sur ce qui restait des ruines de l’ancienne capitale, cherchant et trouvant. Les grandes découvertes archéologiques sont très rarement l’effet du « hasard ». Le tombeau de Toutankhamon fut  découvert le 4 novembre 1922 par l’archéologue anglais Howard Carter financé par Lord Carnavon qui cherchait là où elle devait se trouver enfouie sous les sables la tombe de l’un des derniers pharaons qui n’avait pas été encore découverte, là où ils étaient inhumés, la Vallée des Rois.

– L’écriture serait trop similaire de l’écriture actuelle ? C’est une absurdité : Elle est très partiellement dégradée et surtout l’écriture a subi des changements stylistiques depuis son invention, notamment sur le positionnement actuel des voyelles, un bon lecteur du thaï éprouve autant de difficultés à les lire que nous à lire un manuscrit français de la même époque, faute d’avoir suivi des études de paléographie.

– Querelles encore sur le vocabulaire utilisé qui ne serait pas celui utilisé à Sukhotay à cette époque ? C’est assez extravagant, comme si l’on connaissait parfaitement le langage utilisé dans ce royaume au XIIIème siècle. N’oublions tout de même pas que les premiers dictionnaires thaï-français-anglais-latin et les premières grammaires datent du milieu du XIXème siècle et que le premier véritable dictionnaire thaï-thaï qui a normalisé définitivement et à cette date seulement la langue, son écriture et la grammaire, est celui de l’Académie royale ne date que de 1927 (voir en particulier notre article A 204 « LE DICTIONNAIRE DE L’ « INSTITUT ROYAL » AU SERVICE DE LA LANGUE THAÏE, DU BON SENS … ET DE LA POLITIQUE ».

– Il n’est pas possible de créer un système d’écriture à partir du néant ? Voilà bien une totale absurdité. Nous en avons un remarquable exemple postérieur : Le Vietnamien est une langue tonale comme le thaï (six tons). A l’arrivée des missionnaires, les érudits utilisaient les idéogrammes chinois qui sont adaptés parfaitement à une langue à tons mais dont l’apprentissage nécessite plusieurs années d’un long chemin de croix. C’est Alexandre de Rhodes, missionnaire et jésuite avignonnais qui a doté le pays d’un alphabet utilisant nos lettres latines et de nombreux signes diacritiques pour marquer les tons. Lors de la prise du pouvoir par les communistes en 1975, ceux-ci ont déboulonné sa statue, vestiges du colonialisme et créé de toutes pièces un autre inventeur. Ils se sont vite aperçus du ridicule, la statue est remontée sur son piédestal et hommage est toujours rendu au père jésuite même si, comme le thaï du XIIIème  l’écriture a été améliorée.

 Et le thaï ? A l’époque de Rakhamheng les érudits, moines ou brahmanes, connaissaient parfaitement les systèmes d’écriture alors en usage, le pallava, écriture brahmanique sacrée venue du sud de l’Inde, utilisée par les Mons, le sanscrit et le pali venu également de l’Inde, le khmer venu de l’est, les idéogrammes chinois et certainement les écritures utilisant l’alphabet latin. Les premiers inventeurs de l’écriture thaïe n’ont pas agi au hasard. Ils ont créé, et bien créé, un alphabet correspondant aux structures propres à leur langue. L’alphabet latin est mal adapté à une langue monosyllabique à tons. C’est certainement de façon délibérée qu’ils ne l’ont pas utilisé plus que les idéogrammes chinois. L’écriture vient pour une grande partie du sanscrit dont le pali n’est qu’un patois. Or, l’alphabet sanscrit ne porte pas comme les alphabets des langues sémitiques l’empreinte d’une longue et pénible invention encore embarrassée dans les liens des caractères figuratifs – on passe insensiblement du dessin d’un rat pour écrire « rat », puis l’idéogramme devient la syllabe « ra » puis la consonne « r » etc… Il semble avoir été formé et conçu par la plus haute intelligence philosophique et analytique  qui ait paru dans le monde. Les indiens prétendent qu’il a été inventé par les Dieux et ils ont donné à leur écriture le nom de เทวนาครี Devanagaril’écriture des dieux, forme ancienne sous laquelle sont écrit encore la plupart des ouvrages sanscrits. Cet alphabet dont la nature est entièrement différente de celle des alphabets sémitiques a donné naissance à tous ceux qui sont en cours en Asie du Sud-est. Pour autant que l’alphabet sanscrit ne fasse pas exception à une règle qui voudrait que toute écriture alphabétique dérive d’une écriture idéographique, il est certain qu’il n’a gardé aucune trace de cette origine. Il date en tous cas de plus de 500 ans avant celui de Ramakhamheng. Disons pour clore un vain débat que de multiples découvertes épigraphiques bien postérieures mais dont la datation n’est pas mise en doute démontrent à suffisance que le même alphabet est utilisé ailleurs, ce qui démolit l’argument linguistique, qu’il soit l’œuvre du roi ou plus probablement celle des érudits qui l’entouraient. Un linguiste américain non dépourvu d’humour a déclaré que de tels arguments permettraient de mettre en doute l’authenticité du texte de la constitution de 1787.

 

(11) Selon le Général de Beylié « L’architecture Hindoue en Extrême-Orient », Paris 1907. Un chapitre remarquablement illustré est consacré au Siam.

(12) Lunet de la Jonquière est l’auteur d’un monumental « Inventaire descriptif des monuments du Cambodge » en deux volumes (1897 et 1902) qui déborde très largement sur le Siam. Le second volume lui est en réalité exclusivement consacré.

(13) Les chédis ont fait l’objet d’une remarquable et surtout exhaustive étude de Anuman Rajadhon que nous avons souvent rencontré (« Phra Cedi ») dans la revue de la Siam Society (Vol.40 -1 de 1952). Le site https://th.wikipedia.org/wiki/เจดีย์ (en thaï) donne de nombreuses références, toutes en thaï ainsi que le site officiel de la hiérarchie religieuse http://www.dhammathai.org/buddha/g47.php. Il donne la même division en quatre modèles que celle de Rajathon mais une foule de sous-divisions et sous-sous divisions particulièrement complexes et subtiles.

 

(14) Le « marché » ne doit toutefois pas être totalement épuisé. Le Phrathatchédi de Laemso (พระธาตุจดีย์แหสมสอ) à Koh Samui (เกาะสมุย) curieusement isolé en bord de mer a été construite en 1908 pour abriter des reliques de Bouddha qu’un Bonze de l’île avait ramené de Ceylan. Détruit par la foudre, il a dans les années 70 été refait et recouverte de briquettes jaunâtres d’un goût plus ou moins assuré. Le Phrathat Chamlong (พระธาตุจำลอง) daté de 1981 dans le Wat thamphitak (วัดธรรมพีทักษ์ « le temple du dharma protecteur ») du petit village de Huaymek (ห้วยเม็ก) dans la province de Kalasin (กาฬสินธุ์) et qui vient d’être repeint à neuf  abrite des cendres de Bouddha. Son nom (Chamlong = « simulé ») nous étonne toutefois un peu? Le Phramahathat Phutthanimit (พระมหาธาตุเจดีย์พุทธนิมิต) du Wat Phuttanimit – Phukhao (วัดพุทธนิมิด - ภูคาว) - « le temple de la vision bouddhiste » « la terre du gisant » dans le district de Sahatsakhan (สหัสขันธ์), également dans la province de Kalasin, a  été édifié également au début de ce siècle non loin d’un abri sous roche, lieu de culte d’origine Davarvati, où git un Bouddha couché (« la terre du gisant ») mais du mauvais côté, daté du VIIIème ou IXème siècle. Le chédi tout en pierres de taille contient à la fois une statue de Bouddha couverte d’or et quelques dizaines de statues du même également en pierres de taille. Sa flèche (Pliyot ปลียอด) qui doit s’élever à une cinquantaine de mètres, indique le chemin vers le Nirvana et n’est recouverte « que » de 30 kilos d’or, les Isans sont pieux mais pauvres ! Elle est terminée par une petite boule de verre, yatnamkhang (หยาดน้ำค้าง). Le dôme en forme de cloche appelé ongrakhang  ou rueanthat (องค์ระฆัง - เรือนธาตุ) est la partie du monument qui contient la relique de Bouddha.

 

 

 

SOURCES

 

En dehors de l’ouvrage monumental de Lunet de La Jonquière superbement illustré et de celui du Général de Beylié également joliment illustré, d’autres sources, en ce qui concerne l’épigraphie en particulier :

Louis Finot « Notes d'épigraphie » In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 15, 1915. pp. 1-135.

P. Petithuguenin « Notes critiques pour servir à l'histoire du Siam » In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 16, 1916. pp. 1-21.

Fournereau « Le Siam ancien: Archéologie, épigraphie, géographie ». Tome I. Paris, 1895 (Annales du Musée Guimet, XXV).

Louis Finot et G. Coedès : « Recueil des inscriptions du Siam. Première partie : Inscriptions de Sukhodaya ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 24, 1924. pp. 265-268.

G. Coedès : « Recueil des Inscriptions du Siam, 2e partie. Inscriptions de Dvāravatī, de Çrīvijaya et de Lăvo ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 29, 1929. pp. 446-450.

G. Coedès « Études cambodgiennes XXXIX. L'épigraphie des monuments de Jayavarman VII ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 44 n°1, 1951. pp. 97-120.

G. Coedès : « Recueil des Inscriptions du Siam, 2e partie. Inscriptions de Dvāravatī, de Çrīvijaya et de Lăvo ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 29, 1929. pp. 446-450.

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G. Coedès « Études cambodgiennes XXXIX. L'épigraphie des monuments de Jayavarman VII ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 44 n°1, 1951. pp. 97-120.

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Jean de la Mainate 21/05/2016 20:26

A lire et à relire tant c'est très bien documenté.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 22/05/2016 00:30

Merci de votre commentaire mais il y a beaucoup à dire encore.... Nos bibliothèques ne sont pas ce que nous souhaterions qu'elles soient ....

Cécile de Barbeyrac 15/05/2016 08:47

Super passionnant encore une fois! Merci à vous deux pour ce travail de bénédictins!

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 15/05/2016 14:29

Peut-être pas des "bénédictins" mais deux "vieillards" passionnés.....