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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 18:02
232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

Le général Prem est une des figures majeures de l’histoire politique et militaire thaïlandaise. Il devient premier ministre le 3 mars 1980, après la démission de Kriangsak le 29 février 1980, qui avait été 28 mois à la tête de l’Etat. (Cf. Article précédent).

 

Le général Prem a déjà une carrière derrière lui. Il entre en politique en 1959 dans le Comité chargé d’écrire la nouvelle Constitution ; Il a été sénateur de 1968 à 1971 ; député de 1972 à 1973 ; conseiller du 1er ministre Thanin en 1976 ; vice-ministre de l’intérieur en 1977-1978 du 1er ministre Kriangsak, et ministre de la défense dès 1979 (Il le restera jusqu’en 1986) ; commandant en chef de l’armée en 1978-81. Mais surtout, il restera 1er ministre 8 ans et 5 mois jusqu’au 4 avril 1988, et continuera à jouer un rôle politique majeur jusqu’à aujourd’hui (2016) comme conseiller et président (le 4 septembre 1998), du Conseil privé du roi.

 

(Il faut rappeler que Prem est né le 26 août 1920, et a donc aujourd’hui 95 ans et est toujours le président du Conseil privé du roi.)

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

Politique.

 

Il est difficile, dans le cadre d’une introduction, de rendre compte de la diversité des 3 gouvernements et des 5 remaniements ministériels de Prem durant ces 8 ans et 5 mois. Le 1er (42ème) (12 mars 1980-19 mars 1983), le 2ème (43ème ) (30 avril 1983-5 août 1986, et le 3ème gouvernement (Le 44ème ) ( 5 août 1986- 28 avril 1988 ou 4 août officiellement), qui ont dépendu des changements de coalition et des trois  élections législatives qui ont eu lieu le 18 avril 1983 avec la victoire du Social Action Party, le 27 juillet 1986 avec la victoire du Parti démocrate ; et enfin les élections du 24  juillet 1988 remportées par le Parti National thaï, et son leader, le major général Chaitichai Chunhavan (parfois transcrit Junhavan ou Choonhavan) provoquées par Prem qui avait dissous le parlement. Prem refusera alors de former un nouveau gouvernement, et le général Chunhavan lui succédera le 4 août 1988. (Cf. Les cabinets et les résultats des élections en note. * et **)

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

Le gouvernment ne fut pas facile car le général Prem dut au fil de ses trois gouvernements et cinq remaniements et deux élections générales, composer avec les partis, eux-mêmes divisés en factions,  pour obtenir ses différentes coalitions, sans oublier des nouveaux partis qui se formaient à l’occasion des élections. (On en comptera 9 nouveaux, lors des élections du 18 avril 1983,  7 lors des élections du 27 juillet 1986.) (Cf. Notre prochain article qui en donnera quelques clés)

 

Elections de 1983 :

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Elections de 1986 :

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De plus, le général Prem devra faire face à deux tentatives de coups d’Etat militaires en avril 1981 et en septembre 1985 menés par les « Jeunes Turcs ».

 

Nous avons déjà évoqué l’arrivée des « Jeunes Turcs », qui dans les années 1970, ont modifié fondamentalement la hiérarchie du pouvoir militaire dans leur action « politique », réservée jusque-là aux généraux et à la 1ère armée de Bangkok. Ils provenaient surtout des régiments et des bataillons de province et avaient fait « leur classe » contre les « communistes intérieurs » et combattu au Laos avec les Forces Spéciales américaines. Ils ont contribué à politiser toute l’armée au nom de la lutte contre la corruption, le communisme et le capitalisme, et sont en tout cas intervenus avec leur leader le major Général  Manoonkrit Roopkachon  dans le jeu politique. Plusieurs autres factions  comme  la  5ème classe de l’Académie militaire royale Chulachomklao, mené par  Suchinda Kraprayon (Commandant en chef des armées en 1990, 1er ministre en avril 1992) , les « Soldats démocratiques » ou des leaders comme les généraux Arthit Kamlang-ek (Commandant en chef de l’armée de 1982 à 1986) et Pichit Kullavanit proche du Palais ou encore Chavalit Yongchaiyudh (Commandant en chef des armées en 1987) proche de Prem, joueront aussi un rôle important durant cette période et ensuite.

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

Mais quand le général Prem prend la tête du pays, les « Jeunes Turcs » et leur leader, le major Général  Manoonkrit Roopkachon  se sentent frustrés et écartés du pouvoir. (Rappelons que  le major Général  Manoonkrit Roopkachon  a déjà participé aux coups d’Etat de 1976 et 1977)Ils vont tenter un coup d’Etat le 1er avril 1981.  Mais pendant que Prem escorte alors la famille royale jusqu’à Korat, Arthit Kamlang-ek joint ses troupes à Chavalit et à la  5ème classe de l’Académie militaire royale Chulachomklao, pour reprendre la capitale et faire échouer le coup d’Etat, après une négociation le 3 avril avec les leaders. Certains sont autorisés à quitter le royaume. (Lesquels ?)

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

Un deuxième coup d’Etat sera mené par les  « Jeunes Turcs » le 9 septembre 1985.

 

Pendant que Prem est à l’étranger, les « Jeunes Turcs » vont tenter un second coup d’Etat, menés par Manoon et son frère Manas, avec 32 tanks et plusieurs centaines d’hommes, et le support de pointures comme l’ex-1er ministre Kriangsak, l’ex-commandant suprême le général Serm Na Nakhon, l’ex-général en chef Yos Thephasdin, l’ex- maréchal de l’aviation Krasae Intharat et l’ex-général en chef de l’aviation Arun Promthep, et 9 leaders syndicaux.  

 

« dont surtout Ahmad et Sawat qui  se rangèrent du côté des révoltés et essayèrent de mobiliser les travailleurs. Dès 15 h 30 le coup avait échoué. Les jours suivants, Ahmad Khamthesthong et Sawat Lookdote, tous deux sénateurs, furent questionnés et arrêtés pour avoir soutenu le coup. Alors que les généraux, instigateurs du coup, furent rapidement libérés sous caution, les syndicalistes arrêtés, dont Ahmad et Sawat, passèrent près de deux ans en prison. » in notre article 231).

 

Et pourtant, en dix heures, les troupes gouvernementales dirigées par le général Chavalit feront échouer le coup d’Etat. Wikipédia ne note que 59 blessés et 40 officiers arrêtés. Ekkayuth  sera cité comme le financier du coup. (Ekkayuth avait dû fuir en Angleterre en 1983, après un scandale financier provenant d’une frauduleuse pyramide sur les supermarchés)

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

Quatre tentatives d’assassinats.    

  

Si les « Jeunes Turcs » n’avaient pas réussi leur coup d’Etat au début d’avril 1981, d’autres officiers, issus du la même faction et d’ex-communistes tenteront d’assassiner Prem en 1982, opposés qu’ils étaient, à son  projet d’amnistier les communistes. Beaucoup évoquent ces 4 tentatives d’assassinats, mais sans en donner les dates, ni les auteurs. Pourtant les journaux de l’époque ont certainement relaté ces tentatives si on en juge par le « New York Times » du 30 octobre 1982, publié à Bangkok, qui nous informe qu’un sergent et un civil qui seraient impliqués dans la tentative d’assassinat à la grenade, en juillet, du 1er ministre Prem ont été arrêtés au Nord-Est, et interrogés par les autorités. (Bref, on a ici peu appris)

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

La fin de la guerre contre les communistes  et l’amnistie.

 

Nous avons vu dans notre article précédent (In 231) que la lutte féroce du 1er ministre Thanin menée  contre les communistes, non seulement avait été un échec, mais avait contribué à augmenter les effectifs des insurgés, qui étaient passés de 14 à 16 000, et les provinces « infiltrées », qui étaient passées de 36 à 48 (Sur 72 provinces) en 1979. « De grands moyens ont été mis en œuvre mais n’ont pas réussi à stopper la légère fièvre de contagion communiste qui caractérisait la situation thaïlandaise : trop de corruption, surmultiplication des programmes, faiblesse d’analyse de la situation et manque de bonne utilisation militaire des soldats. Les gains communistes étaient légers mais constants. » (In 231)

 

Le gouvernement Kriangsak avait poursuivi cette stratégie pour combattre les insurgés, mais deux événements majeurs vont  fondamentalement changer la donne.

 

- L’avènement au pouvoir de Deng Xiaoping en Chine (Comité central du PCC 12-18 décembre 1978), qui va entreprendre une politique radicalement différente au niveau politique et économique (Echanges commerciaux avec l’Occident, changement de stratégie politique, reconnaissance diplomatique par les Etats-Unis, etc.)

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Et l'invasion du Cambodge de Pol Pot par le Vietnam en janvier 1979, avec ses conséquences : menaces sur les frontières thaïlandaise ; afflux des milliers de réfugiés aux frontières, et une courte guerre sino-vietnamienne du 17 février au 16 mars 1979.

 

(Rappelons-nous que le gouvernement thaï avait été le premier à reconnaître  en avril 1975, le régime communiste des Khmers rouges)

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

Le gouvernement Kriangsak pouvait estimer  que le danger principal pour le pays était désormais ces divisions vietnamiennes aux frontières. Un rapprochement avec Pékin s’imposait et Kriengsak ira à Pékin rencontrer Deng Xiaoping, chef suprême de la Chine. De même le gouvernement changera alors son attitude envers les réfugiés khmers, voyant en eux pour l'avenir une force d'opposition anticommuniste à ne pas négliger. (Voir dans notre article précédent sa politique « humanitaire » menée envers les réfugiés, en pensant à cette géopolitique).

 

Kriangsak  ira également à Washington en février, pour obtenir l’appui américain, et  va mener une offensive diplomatique internationale pour obtenir le départ des Vietnamiens du Cambodge et pour faire reconnaître la légitimité du régime des Khmers rouges par l’ONU (Une résolution de l’ONU sera adoptée en novembre 1979). Kriangsak ira même à Moscou en mars 1979, pour expliquer que sa politique sur la question cambodgienne n’était ni anti-soviet ni prochinoise. (C’était la première fois qu’un 1er ministre thaïlandais allait à Moscou).

 

Mais Kriengsak donnait sa démission le 29 février 1980, prétextant qu'il n’avait plus le soutien du public. On peut se douter qu’il ne devait plus avoir le soutien des factions militaires influentes et qu’il fut « pousser » vers la sortie. D’ailleurs –comme par hasard-   le général Prem, qui était son ministre de la Défense, et  commandant en  chef de l’armée lui succédera le 3 mars 1980. Devant la nouvelle donne internationale et les troupes vietnamiennes aux frontières, il ne pouvait  que poursuivre la politique initiée par Kriangsak pour mettre fin à l’insurrection communiste. Elle sera facilitée par la volonté de la Chine de ne plus soutenir la guérilla communiste en Thaïlande et par une crise interne  entre les vieux cadres du parti communiste thaïlandais et les nouvelles recrues étudiantes « intellectuelles ».

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

« Elle aura des conséquences importantes, comme le mouvement révolutionnaire étudiant dissident Thaï-Isan Kou Chat  qui émerge en mars 1979, soutenu par le Vietnam, et dont le but immédiat est la libération du nord-est de la Thaïlande (Isan) et son rattachement à la « République populaire et démocratique des peuples du Laos ». (In 231) La vieille garde soutenue par Pékin (et Moscou), lance un appel à l’unité nationale, contre l’agresseur, et invite les autorités thaïes à se joindre à la lutte.

 

L’insurrection est désormais divisée, les soutiens en argent, riz, munitions et armes diminuent fortement ; les conditions de vie sont plus difficiles  et les objectifs ne sont plus les mêmes, la confusion idéologique est totale. La lassitude, le doute s’installe chez beaucoup. Les anciens étudiants ont interrompu leurs études depuis 1976 et peuvent penser à leur avenir et à leurs parents …

 

La directive du général Prem du 23 avril 1980 (Order 66/2523) promettant l’amnistie à ceux qui déposaient les armes  ne pouvait – dans ce contexte - qu’être bien accueillie. Prem y rappelait la volonté du gouvernement de mettre fin à l’insurrection communiste, en menant une politique différente du gouvernement Thanin, trop droitiste et trop militaire, en privilégiant les mesures politiques à l’action militaire, en combattant l’injustice et en promouvant le processus démocratique. Prem, parallèlement, envoya des émissaires à Pékin et obtint de la Chine qu’elle cessât de soutenir la guérilla. 

 

La politique menée sera un succès surtout que la direction du CPT ne pouvait offrir de solutions crédibles, ni d’explications suffisantes, ni de supports logistiques adéquats. La politique de Prem offrait une alternative, un espoir de se réintégrer. Les premiers qui se rendirent purent constater que l’amnistie était réelle. Les autres suivirent progressivement.  En 1983, l’insurrection était terminée.

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Ce qui n’empêcha pas certains, au retour, de continuer la lutte par d’autres moyens plus « démocratiques », en intégrant par exemple le parti socialiste démocratique ou le parti national travailliste, ou en participant à des magazines politiques, ou des groupes de réflexion débattant sur des nouvelles stratégies de  gauche.

 

Parallèlement, le gouvernement Prem, poursuivit l’action initiée par son prédécesseur, avec l’appui de l’ASEAN pour faire condamner l’agression vietnamienne au Cambodge et pour faire reconnaître le gouvernement du « Kampuchea démocratique ». Une conférence internationale sur le sujet aura lieu  en juillet 1981 à l’ONU à New York. 79 pays y participeront avec 15 pays observateurs, mais elle sera boycottée par le Vietnam, le Laos et l’URSS et ses alliés. La conférence adoptera une résolution demandant entre autre, un cessez le feu, la fin de l’occupation vietnamienne,  et la restauration de l’indépendance du Kampuchea.

 

Nous avons vu que la Chine apportera son soutien à l’ASEAN et à la Thaïlande sur ce sujet, qu’elle décidera de ne plus aider le Parti communiste de Thaïlande, et qu’elle offrira d’apporter son assistance en cas d’attaque du Vietnam. En 1985, un « téléphone rouge » sera installé entre les deux pays, pour mieux coordonner l’action en cas d’incursion du Vietnam en Thaïlande. Un accord permettra même à la Thaïlande de leur acheter des tanks, missiles anti-aériens, et armes diverses.

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

La Thaïlande poursuivra également son rapprochement avec les Etats-Unis. Au-delà des exercices militaires bilatéraux, un accord sera signé en octobre 1985, qui mettait en œuvre –pour la 1ère fois- la constitution d’un stock d’armes américain  sur le sol thaïlandais. Le Congrès approuva l’accord en précisant qu’il ne devrait être utilisé qu’en cas d’urgence voire pour repousser une invasion vietnamienne soutenu par l’URSS. Au niveau économique, les Etats-Unis ouvraient leur marché aux marchandises thaïes qui devinrent leur premier client.

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Prem tenta également de rassurer l’URSS et envoya par exemple son ministre des affaires étrangères en mai 1987. La question cambodgienne fut évidemment le 1er sujet. Un protocole commercial fut signé à cette occasion.

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Prem ne négligea pas – bien sûr - le Japon, qui était le principal partenaire économique et le plus gros investisseur étranger en Thaïlande. Mais cela fut perçu comme une domination économique par de nombreux contestataires étudiants, qui organisèrent à la fin de 1984 une grande campagne de boycott des produits japonais. Le gouvernement demanda  alors au Japon d’ouvrir son marché aux produits thaïlandais et de les aider dans le transfert de certaines technologies. Il fut entendu, et on put constater que le déficit de la balance commerciale en 1986 avait diminué de 32 % par rapport à 1984.

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L’autre grand sujet des affaires étrangères (et militaires) furent les relations avec le Laos, surtout que depuis 1975, les communistes du Pathet Lao avait pris le pouvoir, avec le soutien du Vietnam et de l’URSS. (Cf. Nos articles 226 et 227 sur la guerre ouverte et secrète de la  Thaïlande contre le Laos aux côtés des Américains.)

 

Depuis, les escarmouches et les incidents de frontière ne manquèrent pas, aggravés par la fuite massive de réfugiés (400 000 environ entre 1975 et 1987, soit 10% de la population). En 1979, les deux pays tentèrent néanmoins de s’entendre pour améliorer leur relation commerciale et le libre accès au Mékong, mais les tensions demeuraient avec des coups de feu fréquents échangés. 

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

En 1981, la Thaïlande interdisait l’exportation au Laos de 273 produits jugés stratégiques ; au milieu de 1984, un clash se produisait quant-au statut territorial de trois villages ; ce qui n’empêchait pas les échanges commerciaux de se poursuivre, car le Laos dépendait de la Thaïlande pour son électricité et leur achetait 75 % de ses marchandises. C’est peut-être pourquoi, en novembre 1986, le Laos prit l’initiative pour que la Thaïlande assouplisse son  embargo. De fait, l’embargo fut réduit à 61 produits. On peut aussi y voir le résultat de l’action des businessmen thaïlandais, qui n’ignoraient pas que le Laos avec l’aide soviétique et vietnamienne étaient en train de construire une route reliant Savannakhet au port vietnamien de Danang ; ce qui permettrait de diminuer leur dépendance.

 

Mais si les discussions se poursuivaient au niveau commercial, la propagande communiste laotienne, les accusations constantes menées contre Bangkok et son allié américain, avec la présence encore en 1987 sur son sol  de  40 000 à 60 000 troupes vietnamiennes,  ne pouvaient pas régler les différends, surtout que Bangkok accusait le Laos de fermer les yeux sur le trafic de l’héroïne.

 

(On peut se douter qu’l y aura de nombreuses étapes avant que le Laos ne devienne membre de l’ASEAN (Association des nations du Sud-Est asiatique) le 23 juillet 1997).

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

L’économie.

 

Notre article précédent donnait des indications réconfortantes sur la situation économique du pays jusqu’en 1979, tout en montrant les limites, surtout au niveau des bénéficiaires.

 

« Pour la période 1960-1976, le produit national a été multiplié par 6. Dans le même temps, le produit national par habitant s’est vu multiplié par 4, la différence venant bien sûr de l’augmentation de population. En tenant compte du fait que les prix ont presque doublé en seize ans, on estime que la richesse de la moyenne des Thaïs a donc été multipliée par deux. »

 

« C’est le secteur industriel qui bénéficie presque exclusivement de l’expansion, tandis que le secteur agricole ne progresse que très peu. Dans le domaine des exportations, les produits industriels manufacturés représentaient seulement 10 % du total en 1971 et 40% en 1979. Cette expansion industrielle est remarquable, mais elle est en fait la cause de l’accélération du déséquilibre de la richesse, car c’est une toute petite minorité qui en bénéficie. Elle n’a donc pas de retombée sur l’ensemble de la population. »

 

«  Quant à la production agricole, malgré la grande réussite du sucre, du manioc et du maïs, venus s’ajouter au riz traditionnel, elle reste à un taux de croissance considéré comme un des plus bas du monde. En ce qui concerne l’inflation, elle est sérieuse. D’environ 10 % en 1978, elle atteindra entre 15 et 20 % en 1979. »

 

« Les salaires des fonctionnaires du gouvernement ont été augmentés, mais avec effet seulement à partir de janvier 1980. Cette augmentation a été fixée à 20 % et concerne une proportion importante de la population. Il est vrai que le gouvernement a aussi augmenté le salaire minimum journalier des manœuvres et petits ouvriers. Mais cela concerne si peu de gens et pour une somme totale d’augmentation tellement minime, que cela ne peut jouer sur l’inflation. Pour Bangkok, le salaire passe de 35 à 45 baths par jour et en province, de 25 à 35 bahts. »

 

Laëtitia Guilhot et Jean-Christophe Simon, dans un article intitulé  “Industrialisation rapide et intégration international renforcée. » précisent toutefois que le choc pétrolier de 1973 aura deux effets contradictoires sur le développement. Il suscitera certes un boom des cours sur les matières premières et les produits agricoles, faisant ainsi prospérer en Thaïlande les filières agricoles (sucre, caoutchouc, tapioca, maïs et riz) et l’agro-alimentaire, mais la hausse brutale du cours des hydrocarbures  déclenchera des déséquilibres économiques et financiers, avec l’augmentation des coûts des transports, de production dans l’industrie, des intrants (carburants, engrais, machines) pour l’agriculture mécanisée.

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

Le deuxième choc pétrolier en 1979, freinera l’économie mondiale et conduira à la dévalorisation relative des matières premières thaïlandaises, alors que la croissance ralentira et que les recettes publiques diminueront. Laëtitia Guilhot et Jean-Christophe Simon salueront l’effort mais l’échec du ministre des finances Boonchu Rojanasathien pour favoriser les investissements privés et les projets d’infrastructures stratégiques. La Thaïlande va bien tenter des ajustements (La Banque mondiale fera deux prêts), assainir les finances publiques, mais ils seront limités du fait du tarissement de sources de financement et du ralentissement du commerce international. « La rigueur ne provoque pas véritablement d’opposition à l’intérieur du pays mais la tension politique à Bangkok conduit néanmoins à différer la mise en application de la nouvelle monétaire  politique. (la 1ère dévaluation en 1980 sera insuffisante, celle de 1984, plus sérieuse).

 

Bref, en 1985, la Thaïlande se retrouve dans une situation difficile. Les ajustements structurels (dévaluation, plafond  d’endettement public, gel des grands programmes d’infrastructures) n’ont recréé aucune dynamique et les entreprises sont dans le marasme. 

 

Mais en septembre 1985, un événement externe – le réajustement de la parité du yen par rapport au dollar américain - (Le Japon dut consentir une forte appréciation du yen (l'endaka), qui en un an passa de 260 à 150 pour 1 dollar)  va de nouveau faire naître une nouvelle dynamique de croissance.

232. INTRODUCTION  AUX GOUVERNEMENTS DU PREMIER MINISTRE PREM TINSULANONDA. (3 MARS 1980 AU 4 AOÛT 1988, SOIT 8 ANS 5 MOIS)

La Thaïlande relancera ses exportations. Le redéploiement industriel régional amènera un afflux de capitaux et  de nombreuses entreprises internationales – surtout japonaises - s’implanteront en Thaïlande ; elles seront dirigées vers l’exportation et nécessiteront une nombreuse main-d’œuvre. L’industrie deviendra le premier secteur d’exportation (49,9 % contre 44 % pour le secteur agricole). Entre 1987 et 1996 la moyenne de la croissance sera de 9,5 % avec un pic à 13,3 % en 1988. Le volume des exportations de marchandises et de services augmentera de 14,8 % en moyenne avec un pic de 26,1 % en 1988.

 

Et pourtant ses bons résultats économiques n’empêchera pas l’opposition d’ harceler le 1er ministre Prem à coups de débats houleux au parlement, de motions de censure (octobre 86, 22 avril 1987 par exemple), avec des dissensions parmi la coalition des partis (Chart Thai, Democrat, Social Action, et le  Rasadorn)  qui le soutiennent depuis le 5 août 1986, sur fond – comme souvent en Thaïlande - de menaces de coup d’Etat. Devant les difficultés politiques, les rivalités, l’impossibilité de gouverner, Prem renoncera à diriger le pays à partir du 28 avril 1988.

 

Les élections législatives du 24 juillet 1988 recomposeront l’échiquier politique. Le vainqueur en  sera le Thai Nation Party dirigé par le major général Chaitichai Choonhavan (ex-vice 1er ministre de Prem), qui avec 19,3 % des voix obtiendra 87 élus sur 357 sièges. Il est dit que Chaitichai aurait proposé à Prem de redevenir 1er ministre, offre qu’il aurait déclinée.

 

Le 4 août 1988 le roi signait le décret qui nommait le major général Chaitichai Chunhavan, 1er ministre. (Le 45ème gouvernement) (Il était le fils unique du maréchal Phin, donc d’un clan puissant et  était depuis 1974 le fondateur du Thai Nation Party)

 

Prem entrait au Conseil privé du roi. Il en sera le président le 4 septembre 1998.

 

Nous verrons plus tard, que  Prem, au sein du Conseil privé du roi, va jouer un rôle important dans la politique du pays, ne serait-ce que  lors de la crise politique de 2005-2006  suivie par le coup d’Etat du 19 septembre 2006 qui a évincé Thaksin.

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Principales sources.

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Prem_Tinsulanonda  

 

Barbara Leitch LePoer, ed. Thailand: A Country Study. Washington: GPO for the Library of Congress, 1987.

 

Laëtitia Guilhot et Jean-Christophe Simon, « Industrialisation rapide et intégration international renforcée. Les étapes du sentier de croissance en Thaïlande », in Thaïlande contemporaine, IRASEC, 2001

 

*Les différents cabinets du 1er ministre Prem :

 

  • 42nd Administration (March 12, 1980 - March 19, 1983)
    • 1st Cabinet (3 March 1980 - 11 March 1981)
      • Coalition partners: Social Action Party, Chart Thai, Democrat, Chart Prachachon and Siam Democrat
      • Major opposition: Prachakorn Thai
    • 2nd Prem Cabinet (11 Mar 1981- 8 Dec 1981)
    • Coalition Partners: Democrat, Chart Thai and a number of smaller parties including Siam Democrat, Ruam Thai and Social Democrat
    • Major opposition: Social Action and Prachakorn Thai
    • Coalition Partners: Social Action, Democrat, Chart Thai and a number of smaller parties
    • Major opposition: Prachakorn Thai
    • 3rd Prem Cabinet (9 Dec 1981-30 Apr 1983)
  • 43rd Administration (April 30, 1983 - August 5, 1986)
  • 4th Prem Cabinet (30 Apr 1983-11 Aug 1986)
    • Colatition partners: Social Action, Democrat, Prachakorn Thai and National Democrat (replaced by the Progressive party in Sep 1985)
    • Major opposition: Chart Thai
  • 5th Prem Cabinet (11 August 1986 – 28 April 1988)
    • Coalition partners: Democrat, Chart Thai, Social Action, Rasadorn
    • Major opposition: Prachakorn Thai, United Democratic, Ruam Thai, Community Action, Progressive
  • 44th Administration (August 5, 1986 - April 28, 1988)

Le 1er cabinet (3 mars 1980-11 mars 1981); Le 2ème ( 11 mars 1981-8 décembre 1981) ;   (11 mars 1981- 8 décembre 1981) ; Le 3ème ( 9 décembre 1981-30 avril 1983) ; Le 4ème (30 avril 1983-11 août 1986) ; Et le 5ème ( 11 août 1986-28 avril 1988),  (ou 3 août 1988

**Les 3 élections du gouvernement Prem.

 

Les élections du 18 avril 1983. 

 

15 partis dont 9 nouveaux plus les indépendants (7,5%) et plusieurs petits partis (0,3%) pour 324 sièges : Le résultat marqua la victoire du « Parti de l'action sociale » qui a remporté 92 des 324 sièges. Le taux de participation était de 50,8%.

 

Le résultat marqua la victoire du « Parti de l'action sociale » qui a remporté 92 des 324 sièges. Le taux de participation était de 50,8%.

 

Parti

Votes

%

Sièges

+/-

Social Action Party (พรรคกิจสังคม)

7.103.177

26.8

92

+ 10

Thai Nation Party (พรรคชาติไทย)

6.315.568

23.8

73

+ 35

Democrat Party (พรรคประชาธิปัตย์)

4,144,414

15.6

56

+ 23

Thai Citizen Party

2.395.795

9.0

36

+ 4

National Democrat Party

2.137.780

8.1

15

nouveau

Siam Democrat Party

839.915

3.2

18

nouveau

Free People Party

474.402

1.8

1

nouveau

Progress Party

338.140

1.3

3

nouveau

Social Democratic Party

297.332

1.1

2

+ 2

New Force Party

195.340

0.7

0

- 8

Thai People Party

180.364

0.7

0

nouveau

Thai People Party

81.845

0.3

4

nouveau

United Nation Party

14.866

0.1

0

nouveau

Labour Democrat Party

1.493

0.0

0

nouveau

Other parties

81.845

0.3

0

-

Independents

2.000.290

7.5

24

- 39

Invalid/blank votes

498.127

-

-

-

Total

12.295.339

100

324

+ 23

Les élections du  27 juillet 1986,

 

pour 347 sièges, 16 partis, dont 7 nouveaux. Elles ont eu lieu le 27 Juillet 1986. Le résultat a été une victoire du Parti démocrate, qui a remporté 100 des 347 sièges. Le taux de participation fut de 61,4%.

 

Parti

Votes

%

Sièges

+/-

Democrat Party (พรรคประชาธิปัตย์)

8.477.701

22.5

100

+ 44

Thai Nation Party (พรรคชาติไทย)

6.496.370

17.3

63

- 10

Social Action Party (พรรคกิจสังคม)

4,560,615

12.1

51

- 41

United Democrat Party

3,814,651

10.1

38

nouveau

People Party

2.786.105

7.4

18

nouveau

Thai Citizen Party

2.612.717

6.9

24

- 12

Community Action

2.268.346

6.0

15

nouveau

Progress Party

1.998.721

5.3

9

+ 6

United Thai Party

1.658.812

4.4

19

nouveau

National Democrat Party

1.078.128

2.9

3

-12

Mass Party

723.758

1.9

3

nouveau

Liberalism Party

404.960

1.1

1

nouveau

Labour Democrat Party

246.512

0.7

1

+ 1

New Force Party

232.027

0.6

1

+ 1

Thai People Party

196.527

0.5

1

+ 1

Rak Thai

85.241

0.2

0

nouveau

Invalid/blank votes

564.060

-

-

-

Total

16.070.957

100

347

+ 23

 

Les élections législatives du 24 juillet 1988, avec 9 partis dont un nouveau, le Palang Dharma Party. Le vainqueur sera le Thai Nation Party qui  obtiendra 87 élus sur 357 sièges. Le grand perdant sera le Democrat Party (- 52%) qui n‘aura plus, que 48 élus. Le Social Action Party obtiendra 54 élus (11,8%), le United Thai Party 34 élus (10,1%), le nouveau parti, le Palang Dharma Party, 14 élus (9,1%), le Thai People Party, 17 élus (8%), le Rak Thai 19 élus (6,2%), le Thai Citizen Party, 31 élus ( ?) (6,1%), le People party, 21 élus (5,9 %).

 

Les tableaux précédents provenant de Wikipedia nous laissent à penser que ses rédacteurs sont fachés avec une arithmétique qui est pourtant du niveau du certificat de fins d'études primaires.Le site de Wikipedia thaï ne donne pas de chiffres de votants assortis de pourcentages fantaisistes, mais uniquement le nombre d'élus et nous nous en tiendrons là.

 

Nom du parti

Nom du leader

élus

 

พรรคชาติไทย

Parti national de la Thaïlande

พลตรีชาติชาย ชุณหะวัณ

Chatchai  Chunhawan

87

 

พรรคกิจสังคม

Parti de l'action sociale

พลอากาศเอกสิทธิ เศวตศิลา

Akat-eksitthi  Sawetsila

53

 

พรรคประชาธิปัตย์

Parti démocratique

นายพิชัย รัตตกุล

Phichai  Rattakun

48

 

พรรครวมไทย

Parti des Thaïs unis

ณรงค์ วงศ์วรรณ

Narong  Wongwan

34

 

พรรคประชากรไทย

Parti de la Thaïlande

สมัคร สุนทรเวช

Samak  Suntharawet

31

 

พรรคราษฎร

Parti de la population (ratsadon)

พลเอกเทียนชัย ศิริสัมพันธ์

Thianchai  Sirisamphan

21

 

พรรคประชาชน

Parti du peuple

เฉลิมพันธ์ ศรีวิกรม์

Chaloemphan  Siwikon

19

 

พรรคปวงชนชาวไทย

Parti des habitants de la Thaïlande

พลเอกอาทิตย์ กำลังเอก

Athit  Kamlang-ek

17

 

พรรคพลังธรรม

Palang Dharma

ตรีจำลอง ศรีเมือง

Trichamlong  Simueang

15

 

พรรคกิจประชาคม

Parti des affaires

บุญชู โรจนเสถียร

Bunchu  Rotchanasathian

9

 

พรรคก้าวหน้า

Parti progressiste

อุทัย พิมพ์ใจชน

Uthai  Phimchaichon

8

 

พรรคสหประชาธิปไตย

Parti démocratique uni

 เริงประเสริฐวิทย์

Roengprasoetwit

6

 

พรรคมวลชน

Parti du peuple

ร้อยตำรวจเอกเฉลิม อยู่บำรุง

Roitamruat-ekchaloem

Yubamrung

5

 

พรรคเสรีนิยม

Parti libéral

พันเอกณรงค์ กิตติขจร

Phan-eknarong  Kittikhachon

3

 

พรรคพลังสังคมประชาธิปไตย

Parti du pouvoir social-démocrate

ชัชวาลย์ ชมภูแดง

Chatchawan  Chomphudaeng

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