Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 18:07
A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

 

Quand nous avons lu * qu’un mandat d’arrêt avait été émis le 18 mai 2016 à l’encontre de Phra Dhammachayo (พระธัมมชโย) abbé du Wat Phra Dhammakaya (วัดพระธรรมกาย) et président de la fondation éminente et célèbre du même nom, après avoir été accusé auparavant d’avoir accepté des fonds détournés pour un montant de 1,2 milliard de bahts par le président de la banque Klongchan Credit Union Cooperative, Supachai Srisupa-askorn, (En fait sous la forme de  878 chèques, dont 674 millions pour le Wat Phra Dhammakaya et le reste à d’autres organisations dépendantes), nous avions le sentiment qu’une « affaire d’Etat » venait de se manifester. Affaire qui s’ajoutait à celle du chef de la junte qui tardait de « transmettre au roi » le choix du Conseil de la sangha qui avait nommé le nouveau chef suprême du bouddhisme en Thaïlande, Somdet Phra Yansangwon (สมเด็จพระญาณสังวร), réputé être proche de Dhammachayo. Assurément une nouvelle crise importante  politico-religieuse venait d’éclater, qu’il nous fallait essayer de comprendre.

 

« Mais il est vrai que cela fait plus de vingt ans que Phrathepyanmahamuni (พระเทพญาณมหามุนี), alias Phra Dhammachayo (son nom d’ordination), est accusé pour les mêmes motifs, et que  le Conseil Suprême de la Sangha (สังฆะ) s’est toujours opposé à son renvoi. » 

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

(Eugénie Mériau. Cf. **). (Dhammachayo, avait été arrêté le 25 août 1999, et formellement inculpé. il avait été remis en liberté sous caution dans la soirée du même jour. Il l’avait été également en 2002. En 2006, l’Office National Thaï du Bouddhisme avait levé Dhammachayo de toutes accusations, après que celui-ci ait accepté de mettre tous les fonds récoltés au nom du temple. Cf. Références dans wikipédia )

 

L’affaire est d’importance, car la fondation Dhammakaya est devenue la plus grande organisation multinationale bouddhiste, avec trois millions d’adeptes,  200 filiales dans près de 60 pays à travers le monde, a sa propre université située en Californie, et est associée à la World Buddhist University (W.B.U). Le  Wat Phra Dhammakaya est comme une ville située dans un parc de 32 hectares avec 150 bâtiments construits, où vivent 3.000 moines, novices, laïcs et laïques. Un temple très populaire voyant  lors des cérémonies plus de 10.000 fidèles chaque week-end, pour atteindre plus de 100.000 lors des fêtes religieuses. Il a également ses attachés de presse, sa propre chaîne de télévision et sa maison d’édition. 

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

On a pu voir le lendemain du mandat d’arrêt plus de 10.000 fidèles  se rendre à Dhammakaya afin de montrer leur soutien à leur chef spirituel. Une fondation qui compte parmi ses membres des hommes politiques et  d’affaires parmi les plus puissants de Thaïlande. Mais une fondation qui n’a pas échappé aux critiques et controverses qui portent sur ses enseignements, ses finances et ses sympathies politiques au fil des années.

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

Nous n’allons pas rentrer dans le débat théologique, sur sa conception du nirvana, ses méthodes de méditation et d’accès au « bien-être », mais rappeler quand même que sa doctrine se fonde, entre autres, sur l’idée que l’individu peut progresser spirituellement et acquérir des mérites en fonction des dons qu’il fait. « Son bonheur et son bien-être sont ainsi proportionnellement liés à sa capacité de donner de l’argent et du temps à la fondation. Donner maintenant et récolter plus tard, dans cette vie ou la prochaine, le fruit de vos bonnes actions.». (Cf.  Manuel Litalien***)  

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.
L’organisation fait un lien entre le bonheur de l’individu et la santé économique du pays,  comme elle fait un lien entre le bien-être spirituel de ses membres et son bien-être financier. De même, le karma de l’organisation sera bon si elle est accumule des richesses à la hauteur de sa valeur spirituelle. On voit le cercle : une bonne économie du pays, une organisation florissante, des membres riches et généreux assurent un bon karma à l’ensemble. On pourrait ne voir là aucune malice  dans un pays où la majorité  croit que la richesse et le statut social servent à mesurer les mérites acquis, même si les méthodes employées par l’organisation sont bien souvent limites. (Cf. Manuel Litalien***)

 

L’organisation est « réaliste » et a un département des affaires internationales et un service de relations publiques chargés de démentir les informations sur les « affaires ». Il est soutenu par  les moines qui commentent l’affaire sur Twitter et par leur chaîne de télévision. Il est évident que pour la fondation, les accusations portées sont “sans fondement et déraisonnables”.  Mais le temple, par la voix de son avocat Samphan Sermcheep, a quand même accepté le lundi 16 mars 2016 de rembourser près de 20 millions d'euros sur les sommes perçues en 6 tranches, de mars à août, à la banque lésée Klongchan devant un tribunal local. Toutefois l’A.M.L.O (Anti-Money Laundering Office - Bureau contre le blanchiment d’argent - สำนักงานป้องกันและปรามการฟอกเงิน) va poursuivre son enquête. (In Clémence Cluzel***).

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

Le succès de Dhammakaya vient entre autres du fait qu’il se positionne dans une vision plus moderne que les temples traditionnels afin de séduire les plus jeunes à coup de marketing et en utilisant les technologies modernes comme les réseaux sociaux, sa chaîne cablée, son site internet (www.dmc.tv) … 

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

et même en « récupérant » les « célébrités » comme par exemple,  le fondateur d’Apple, Steeve Jobs décédé, en le présentant dans une série de sermons, comme une divinité « de rang moyen » (Thepphabhut Phumadeva) qui habite un immeuble de six étages fait d’argent et de cristal. (In Clémence Cluzel***). On n’abandonnera pas pour autant le marché traditionnel des amulettes magiques qui rapportent des sommes énormes au temple, certaines se vendant plus d’un million.

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

Une crise plus politique que religieuse.

 

(Cf. Les articles d’Eugénie Mériau**et d’Arnaud Dubus**** qui développent cette version.)

 

« Néanmoins, si aujourd’hui le temple de Dhammakaya est attaqué par la Commission pour la Réforme nommée par la junte, c’est plus pour ses liens présumés avec l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra que pour sa commercialisation de la loi du karma et des enseignements du Bouddha. C’est aussi essentiellement pour des raisons politiques que le puissant moine Phra Poutha-issara (พุทธะอิสระ), proche du leadership du P.D.R.C (People's Democratic Reform Committee – ou P.C.A.D People's Committee for Absolute Democracy with the King as Head of State – คณะกรรมการประชาชนเพื่อการเปลี่ยนแปลงประเทศไทยให้เป็นประชาธิปไตยที่สมบูรณ์ – อันมีพระมหากษัตริย์ทรงเป็นประมุข), a porté en début d’année, devant les instances gouvernementales, de nouvelles accusations contre la secte Dhammakaya. » (Eugénie Mériau)

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

Pour Arnaud Dubus la crise actuelle est surtout liée aux divisions politiques du royaume, et aux dérives du bouddhisme thaïlandais dans son ensemble. (Cf. Les articles de Gabaude sur les crises du bouddhisme et les relations entre le bouddhisme et la politique en Thaïlande et nos articles s’y rapportant.*****)

 

Ici, le  conflit a son origine dans le fait que le Premier ministre chef de la junte thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha (ประยุทธ์ จันทร์โอชา), ne veut pas  entériner la décision prise le 5 janvier dernier, au sein du Conseil Suprême de la sangha, en ne la soumettant pas au roi.

 

Or, précise Dubus, pour la succession après la mort en 2013 du 19ème titulaire du poste, la loi est claire : le Sangha Act de 1962, amendé par une loi de 1992, dit bien que le Conseil suprême du Sangha composé de 20 moines doit choisir le moine ayant depuis le plus longtemps le titre de somdet phra racha khana (สมเดจพระราชคนา) – le plus haut titre qui puisse être accordé par le roi à un bonze -, ce qui est le cas de Somdet Phra Maha Ratchamangalacharn (สมเด็จพระมหารัชมังคลาจารย์ Alias Somdet Chuangwonpunyo (สมเด็จ ช่วงวรปุญฺโญ), âgé de 90 ans, et qui de plus préside –par intérim –  le Conseil suprême du Sangha depuis le milieu des années 2000, le Patriarche suprême était alors très  malade.

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

Mais pourquoi le premier ministre chef de la junte ne veut pas transmettre cette nomination du nouveau Patriarche au roi ?

 

En fait, Somdet Chuang est critiqué par certaines organisations bouddhiques – comme par exemple le Réseau de protection du bouddhisme – pour sa proximité avec le temple Dhammakaya, et par le bonze-militant Phra Putha Issara, qui a soumis une pétition portant 300.000 signatures au Premier ministre Prayuth, pour s’opposer à la nomination de Somdet Chuang à la tête de l’Eglise bouddhique, l’accusant également de fraude fiscale, et surtout d’insubordination pour n’avoir pas   donné suite en 1999 à une lettre du Patriarche suprême de l’époque qui indiquait qu’il fallait défroquer Phra Dhammachayo, l’abbé du temple Dhammakaya, pour les mêmes accusations (fraude et distorsion des enseignements bouddhiques).

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

Il faut se rappeler que le moine militant Issara a joué un rôle politique majeur dans les manifestations de rues de Bangkok auprès des « chemises jaunes » de 2013-2014 en réclamant la destitution de la 1ère ministre Yingluck  Shinawatra, sœur de Thaksin, avant le coup d’Etat de mai 2014, coup d’Etat qu’il a soutenu.

 

De plus, il est dit que Phra Dhammachayo, est proche de Thaksin Shinawatra, renversé lors du coup d’Etat de septembre 2006, et donc des Chemises rouges, les partisans du clan politique Shinawatra. Eugénie Mériau est plus explicite : « Cette « secte », en pleine expansion, constitue une menace pour les Chemises jaunes qui veulent éviter qu’à l’avenir le clan pro-Shinawatra ne domine la scène religieuse. Les anti-Thaksin se sont toujours prévalus d’une supériorité morale sur les pro-Thaksin. De cette supériorité, mesurée à l’aune de leur pratique des vertus bouddhiques, ils tireraient une légitimité à gouverner, balayant celle issue des urnes. Or, s’ils se voient dépouillés de leur outil de légitimation, que restera-t-il aux conservateurs pour justifier leur contrôle du processus politique, si ce n’est la force des tanks ? » 

 

Il faudrait donc voir derrière les accusations menés contre Phra Dhammachayo, et le refus de nommer officiellement Somdet Phra Maha Ratchamangalacharn, comme Patriarche Suprême de la Sangha, un combat politique féroce mené contre Thaksin Shinawatra et son clan, et tous ceux qui se reconnaissent encore – et ils sont nombreux - comme les partisans des chemises rouges, même si  précise Dubus, la crainte de voir  le temple Dhammakaya, de par sa puissance financière et l’étendue de son réseau de clientèle, prendre le  contrôle sur la communauté monastique est réelle.  D’autres, dit-il,  comme  l’intellectuel bouddhiste Sulak Sivaraksa (สุลักษณ์ ศิวรักษ์)  sont aussi explicites : « Si Somdet Chuang devient le Patriarche suprême, la distorsion des enseignements bouddhiques va s’étendre. Une ère sombre pour le bouddhisme en Thaïlande va s’ouvrir » (Déclaration au Bangkok Post.)

A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

Les enjeux sont donc importants et derrière le combat mené contre  Dhammakaya et Somdet Chuang se joue un combat politique et religieux que le chef de la junte tente de gérer en temporisant, sachant peut-être que certaines factions militaires et hommes puissants sont prêts à agir. Nous avons déjà décrit maintes de ces crises qui ont débouché sur un nouveau coup d’Etat.

 

 Certes, à un autre niveau se joue aussi un nouvel avatar de la crise religieuse qui secoue le pays depuis des décennies, à l’issue de laquelle, beaucoup voudraient voir – enfin -  une réforme radicale  de l’organisation administrative de la Sangha, qui lui permettrait de jouer le rôle qui devrait être le sien et de rendre de nouveau les communautés monastiques plus vertueuses et plus exemplaires, évitant ainsi au moins les problèmes de corruption et les scandales de mœurs trop voyants qui font souvent la « Une » des journaux. Mais de cela, nous vous en avons déjà beaucoup parlé avec l’aide de Gabaude. (Cf. Les références en note)

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Sources et références :

 *Cf. Article AFP (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mardi  21 mai 2016. Cf. Egalement : Clémence Cluzel -Mars 26, 2015, https://www.thailande-fr.com/actu/33770-scandale-et-detournements-dargent-au-temple-dhammakaya

 

**Gavroche avril 2015, repris par  EUGÉNIE MÉRIEAU in

http://www.alterasia.org/201505044141/de-recuperation-politique-bouddhisme/)

 

*** Thèse de Manuel Litalien, chapitre IV « La fondation Dhammakaya (pp. 116-   ), in     « Développement sociale et régime providentiel en Thaïlande : la philanthropie religieuse en tant que nouveau capital démocratique », Université du Québec à Montréal, janvier 2010. 

 

**** Arnaud Dubus, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/thailande/2016-01-18-la-thailande-se-dechire-a-propos-de-la-nomination-du-chef-des-bouddhistes

 

***** Nous avons déjà dans ce blog réfléchi avec l’aide de Gabaude aux relations qui existent entre le bouddhisme en Thaïlande, et les pouvoirs politiques et financiers. Elles  s’étalent même ouvertement, dit-il, dans la presse,  dans les débats publics et diverses commissions ad-hoc.

Gabaude « Religion et politique en Thaïlande : dépendance et responsabilité », Extrait de : Revue d’études comparatives Est-Ouest, Vol. 32, n° 1 (mars 2001), pp. 141-173 » http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/receo_0338-0599_2001_num_32_1_3076

Cf. Notre lecture de cet article in A137. « Bouddhisme et politique en Thaïlande. »Notre article  http://www.alainbernardenthailande.com/article-a137-bouddhisme-et-politique-en-thailande-121285295.html

Gabaude, « La triple crise du bouddhisme en Thaïlande (1990-1996) », BEFEO, 83, pp. 241-257.

-Voir aussi son article Fractures sociales et bouddhisme : le regard de Buddhadasa Bhikkhu,  in GAVROCHE , 27/06/2011.

 

Notre article A41: « La crise du bouddhisme en Thaïlande. »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-41-la-crise-du-bouddhisme-en-thailande-82673729.html

 

 

L’organisation fait un lien entre le bonheur de l’individu et la santé économique du pays,  comme elle fait un lien entre le bien-être spirituel de ses membres et son bien-être financier. De même, le karma de l’organisation sera bon si elle est accumule des richesses à la hauteur de sa valeur spirituelle. On voit le cercle : une bonne économie du pays, une organisation florissante, des membres riches et généreux assurent un bon karma à l’ensemble. On pourrait ne voir là aucune malice  dans un pays où la majorité  croit que la richesse et le statut social servent à mesurer les mérites acquis, même si les méthodes employées par l’organisation sont bien souvent limites. (Cf. Manuel Litalien***)

 

L’organisation est « réaliste » et a un département des affaires internationales et un service de relations publiques chargés de démentir les informations sur les « affaires ». Il est soutenu par  les moines qui commentent l’affaire sur Twitter et par leur chaîne de télévision. Il est évident que pour la fondation, les accusations portées sont “sans fondement et déraisonnables”.  Mais le temple, par la voix de son avocat Samphan Sermcheep, a quand même accepté le lundi 16 mars 2016 de rembourser près de 20 millions d'euros sur les sommes perçues en 6 tranches, de mars à août, à la banque lésée Klongchan devant un tribunal local. Toutefois l’A.M.L.O (Anti-Money Laundering Office - Bureau contre le blanchiment d’argent - สำนักงานป้องกันและปรามการฟอกเงิน) va poursuivre son enquête. (In Clémence Cluzel***).

 

Le succès de Dhammakaya vient entre autres du fait qu’il se positionne dans une vision plus moderne que les temples traditionnels afin de séduire les plus jeunes à coup de marketing et en utilisant les technologies modernes comme les réseaux sociaux, sa chaîne cablée, son site internet (www.dmc.tv) … et même en « récupérant » les « célébrités » comme par exemple,  le fondateur d’Apple, Steeve Jobs décédé, en le présentant dans une série de sermons, comme une divinité « de rang moyen » (Thepphabhut Phumadeva) qui habite un immeuble de six étages fait d’argent et de cristal. (In Clémence Cluzel***). On n’abandonnera pas pour autant le marché traditionnel des amulettes magiques qui rapportent des sommes énormes au temple, certaines se vendant plus d’un million.

Une crise plus politique que religieuse.

 

(Cf. Les articles d’Eugénie Mériau**et d’Arnaud Dubus**** qui développent cette version.)

 

« Néanmoins, si aujourd’hui le temple de Dhammakaya est attaqué par la Commission pour la Réforme nommée par la junte, c’est plus pour ses liens présumés avec l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra que pour sa commercialisation de la loi du karma et des enseignements du Bouddha. C’est aussi essentiellement pour des raisons politiques que le puissant moine Phra Poutha-issara (พุทธระอิสระ), proche du leadership du P.D.R.C (People's Democratic Reform Committee – ou P.C.A.D People's Committee for Absolute Democracy with the King as Head of State – คณะกรรมการประชาชนเพื่อการเปลี่ยนแปลงประเทศไทยให้เป็นประชาธิปไตยที่สมบูรณ์ – อันมีพระมหากษัตริย์ทรงเป็นประมุข), a porté en début d’année, devant les instances gouvernementales, de nouvelles accusations contre la secte Dhammakaya. » (Eugénie Mériau)

 

Pour Arnaud Dubus la crise actuelle est surtout liée aux divisions politiques du royaume, et aux dérives du bouddhisme thaïlandais dans son ensemble. (Cf. Les articles de Gabaude sur les crises du bouddhisme et les relations entre le bouddhisme et la politique en Thaïlande et nos articles s’y rapportant.*****)

 

Ici, le  conflit a son origine dans le fait que le Premier ministre chef de la junte thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha (ประยุทธ์ จันทร์โอชา), ne veut pas  entériner la décision prise le 5 janvier dernier, au sein du Conseil Suprême de la sangha, en ne la soumettant pas au roi.

 

Or, précise Dubus, pour la succession après la mort en 2013 du 19ème titulaire du poste, la loi est claire : le Sangha Act de 1962, amendé par une loi de 1992, dit bien que le Conseil suprême du Sangha composé de 20 moines doit choisir le moine ayant depuis le plus longtemps le titre de somdet phra racha khana (สมเดจพระราชคนา) – le plus haut titre qui puisse être accordé par le roi à un bonze -, ce qui est le cas de Somdet Phra Maha Ratchamangalacharn (สมเด็จพระมหารัชมังคลาจารย์ Alias Somdet Chuangwonpunyo (สมเด็จ ช่วงวรปุญฺโญ), âgé de 90 ans, et qui de plus préside –par intérim –  le Conseil suprême du Sangha depuis le milieu des années 2000, le Patriarche suprême était alors très  malade.

 

Mais pourquoi le premier ministre chef de la junte ne veut pas transmettre cette nomination du nouveau Patriarche au roi ?

 

En fait, Somdet Chuang est critiqué par certaines organisations bouddhiques – comme par exemple le Réseau de protection du bouddhisme – pour sa proximité avec le temple Dhammakaya, et par le bonze-militant Phra Putha Issara, qui a soumis une pétition portant 300.000 signatures au Premier ministre Prayuth, pour s’opposer à la nomination de Somdet Chuang à la tête de l’Eglise bouddhique, l’accusant également de fraude fiscale, et surtout d’insubordination pour n’avoir pas   donné suite en 1999 à une lettre du Patriarche suprême de l’époque qui indiquait qu’il fallait défroquer Phra Dhammachayo, l’abbé du temple Dhammakaya, pour les mêmes accusations (fraude et distorsion des enseignements bouddhiques).

 

Il faut se rappeler que le moine militant Issara a joué un rôle politique majeur dans les manifestations de rues de Bangkok auprès des « chemises jaunes » de 2013-2014 en réclamant la destitution de la 1ère ministre Yingluck  Shinawatra, sœur de Thaksin, avant le coup d’Etat de mai 2014, coup d’Etat qu’il a soutenu.

 

De plus, il est dit que Phra Dhammachayo, est proche de Thaksin Shinawatra, renversé lors du coup d’Etat de septembre 2006, et donc des Chemises rouges, les partisans du clan politique Shinawatra. Eugénie Mériau est plus explicite : « Cette « secte », en pleine expansion, constitue une menace pour les Chemises jaunes qui veulent éviter qu’à l’avenir le clan pro-Shinawatra ne domine la scène religieuse. Les anti-Thaksin se sont toujours prévalus d’une supériorité morale sur les pro-Thaksin. De cette supériorité, mesurée à l’aune de leur pratique des vertus bouddhiques, ils tireraient une légitimité à gouverner, balayant celle issue des urnes. Or, s’ils se voient dépouillés de leur outil de légitimation, que restera-t-il aux conservateurs pour justifier leur contrôle du processus politique, si ce n’est la force des tanks ? » 

 

Il faudrait donc voir derrière les accusations menés contre Phra Dhammachayo, et le refus de nommer officiellement Somdet Phra Maha Ratchamangalacharn, comme Patriarche Suprême de la Sangha, un combat politique féroce mené contre Thaksin Shinawatra et son clan, et tous ceux qui se reconnaissent encore – et ils sont nombreux - comme les partisans des chemises rouges, même si  précise Dubus, la crainte de voir  le temple Dhammakaya, de par sa puissance financière et l’étendue de son réseau de clientèle, prendre le  contrôle sur la communauté monastique est réelle.  D’autres, dit-il,  comme  l’intellectuel bouddhiste Sulak Sivaraksa (สุลักษณ์ ศิวรักษ์)  sont aussi explicites : « Si Somdet Chuang devient le Patriarche suprême, la distorsion des enseignements bouddhiques va s’étendre. Une ère sombre pour le bouddhisme en Thaïlande va s’ouvrir » (Déclaration au Bangkok Post.)

 

Les enjeux sont donc importants et derrière le combat mené contre  Dhammakaya et Somdet Chuang se joue un combat politique et religieux que le chef de la junte tente de gérer en temporisant, sachant peut-être que certaines factions militaires et hommes puissants sont prêts à agir. Nous avons déjà décrit maintes de ces crises qui ont débouché sur un nouveau coup d’Etat.

 

 Certes, à un autre niveau se joue aussi un nouvel avatar de la crise religieuse qui secoue le pays depuis des décennies, à l’issue de laquelle, beaucoup voudraient voir – enfin -  une réforme radicale  de l’organisation administrative de la Sangha, qui lui permettrait de jouer le rôle qui devrait être le sien et de rendre de nouveau les communautés monastiques plus vertueuses et plus exemplaires, évitant ainsi au moins les problèmes de corruption et les scandales de mœurs trop voyants qui font souvent la « Une » des journaux. Mais de cela, nous vous en avons déjà beaucoup parlé avec l’aide de Gabaude. (Cf. Les références en note)

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Sources et références :

 *Cf. Article AFP (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mardi  21 mai 2016. Cf. Egalement : Clémence Cluzel -Mars 26, 2015, https://www.thailande-fr.com/actu/33770-scandale-et-detournements-dargent-au-temple-dhammakaya

 

**Gavroche avril 2015, repris par  EUGÉNIE MÉRIEAU in

http://www.alterasia.org/201505044141/de-recuperation-politique-bouddhisme/)

 

*** Thèse de Manuel Litalien, chapitre IV « La fondation Dhammakaya (pp. 116-   ), in     « Développement sociale et régime providentiel en Thaïlande : la philanthropie religieuse en tant que nouveau capital démocratique », Université du Québec à Montréal, janvier 2010. 

 

**** Arnaud Dubus, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/thailande/2016-01-18-la-thailande-se-dechire-a-propos-de-la-nomination-du-chef-des-bouddhistes

 

***** Nous avons déjà dans ce blog réfléchi avec l’aide de Gabaude aux relations qui existent entre le bouddhisme en Thaïlande, et les pouvoirs politiques et financiers. Elles  s’étalent même ouvertement, dit-il, dans la presse,  dans les débats publics et diverses commissions ad-hoc.

Gabaude « Religion et politique en Thaïlande : dépendance et responsabilité », Extrait de : Revue d’études comparatives Est-Ouest, Vol. 32, n° 1 (mars 2001), pp. 141-173 » http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/receo_0338-0599_2001_num_32_1_3076

Cf. Notre lecture de cet article in A137. « Bouddhisme et politique en Thaïlande. »Notre article  http://www.alainbernardenthailande.com/article-a137-bouddhisme-et-politique-en-thailande-121285295.html

Gabaude, « La triple crise du bouddhisme en Thaïlande (1990-1996) », BEFEO, 83, pp. 241-257.

-Voir aussi son article Fractures sociales et bouddhisme : le regard de Buddhadasa Bhikkhu,  in GAVROCHE , 27/06/2011.

 

Notre article A41: « La crise du bouddhisme en Thaïlande. »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-41-la-crise-du-bouddhisme-en-thailande-82673729.html

 

L’organisation fait un lien entre le bonheur de l’individu et la santé économique du pays,  comme elle fait un lien entre le bien-être spirituel de ses membres et son bien-être financier. De même, le karma de l’organisation sera bon si elle est accumule des richesses à la hauteur de sa valeur spirituelle. On voit le cercle : une bonne économie du pays, une organisation florissante, des membres riches et généreux assurent un bon karma à l’ensemble. On pourrait ne voir là aucune malice  dans un pays où la majorité  croit que la richesse et le statut social servent à mesurer les mérites acquis, même si les méthodes employées par l’organisation sont bien souvent limites. (Cf. Manuel Litalien***)

 

L’organisation est « réaliste » et a un département des affaires internationales et un service de relations publiques chargés de démentir les informations sur les « affaires ». Il est soutenu par  les moines qui commentent l’affaire sur Twitter et par leur chaîne de télévision. Il est évident que pour la fondation, les accusations portées sont “sans fondement et déraisonnables”.  Mais le temple, par la voix de son avocat Samphan Sermcheep, a quand même accepté le lundi 16 mars 2016 de rembourser près de 20 millions d'euros sur les sommes perçues en 6 tranches, de mars à août, à la banque lésée Klongchan devant un tribunal local. Toutefois l’A.M.L.O (Anti-Money Laundering Office - Bureau contre le blanchiment d’argent - สำนักงานป้องกันและปรามการฟอกเงิน) va poursuivre son enquête. (In Clémence Cluzel***).

 

Le succès de Dhammakaya vient entre autres du fait qu’il se positionne dans une vision plus moderne que les temples traditionnels afin de séduire les plus jeunes à coup de marketing et en utilisant les technologies modernes comme les réseaux sociaux, sa chaîne cablée, son site internet (www.dmc.tv) … et même en « récupérant » les « célébrités » comme par exemple,  le fondateur d’Apple, Steeve Jobs décédé, en le présentant dans une série de sermons, comme une divinité « de rang moyen » (Thepphabhut Phumadeva) qui habite un immeuble de six étages fait d’argent et de cristal. (In Clémence Cluzel***). On n’abandonnera pas pour autant le marché traditionnel des amulettes magiques qui rapportent des sommes énormes au temple, certaines se vendant plus d’un million.

Une crise plus politique que religieuse.

 

(Cf. Les articles d’Eugénie Mériau**et d’Arnaud Dubus**** qui développent cette version.)

 

« Néanmoins, si aujourd’hui le temple de Dhammakaya est attaqué par la Commission pour la Réforme nommée par la junte, c’est plus pour ses liens présumés avec l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra que pour sa commercialisation de la loi du karma et des enseignements du Bouddha. C’est aussi essentiellement pour des raisons politiques que le puissant moine Phra Poutha-issara (พุทธระอิสระ), proche du leadership du P.D.R.C (People's Democratic Reform Committee – ou P.C.A.D People's Committee for Absolute Democracy with the King as Head of State – คณะกรรมการประชาชนเพื่อการเปลี่ยนแปลงประเทศไทยให้เป็นประชาธิปไตยที่สมบูรณ์ – อันมีพระมหากษัตริย์ทรงเป็นประมุข), a porté en début d’année, devant les instances gouvernementales, de nouvelles accusations contre la secte Dhammakaya. » (Eugénie Mériau)

 

Pour Arnaud Dubus la crise actuelle est surtout liée aux divisions politiques du royaume, et aux dérives du bouddhisme thaïlandais dans son ensemble. (Cf. Les articles de Gabaude sur les crises du bouddhisme et les relations entre le bouddhisme et la politique en Thaïlande et nos articles s’y rapportant.*****)

 

Ici, le  conflit a son origine dans le fait que le Premier ministre chef de la junte thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha (ประยุทธ์ จันทร์โอชา), ne veut pas  entériner la décision prise le 5 janvier dernier, au sein du Conseil Suprême de la sangha, en ne la soumettant pas au roi.

 

Or, précise Dubus, pour la succession après la mort en 2013 du 19ème titulaire du poste, la loi est claire : le Sangha Act de 1962, amendé par une loi de 1992, dit bien que le Conseil suprême du Sangha composé de 20 moines doit choisir le moine ayant depuis le plus longtemps le titre de somdet phra racha khana (สมเดจพระราชคนา) – le plus haut titre qui puisse être accordé par le roi à un bonze -, ce qui est le cas de Somdet Phra Maha Ratchamangalacharn (สมเด็จพระมหารัชมังคลาจารย์ Alias Somdet Chuangwonpunyo (สมเด็จ ช่วงวรปุญฺโญ), âgé de 90 ans, et qui de plus préside –par intérim –  le Conseil suprême du Sangha depuis le milieu des années 2000, le Patriarche suprême était alors très  malade.

 

Mais pourquoi le premier ministre chef de la junte ne veut pas transmettre cette nomination du nouveau Patriarche au roi ?

 

En fait, Somdet Chuang est critiqué par certaines organisations bouddhiques – comme par exemple le Réseau de protection du bouddhisme – pour sa proximité avec le temple Dhammakaya, et par le bonze-militant Phra Putha Issara, qui a soumis une pétition portant 300.000 signatures au Premier ministre Prayuth, pour s’opposer à la nomination de Somdet Chuang à la tête de l’Eglise bouddhique, l’accusant également de fraude fiscale, et surtout d’insubordination pour n’avoir pas   donné suite en 1999 à une lettre du Patriarche suprême de l’époque qui indiquait qu’il fallait défroquer Phra Dhammachayo, l’abbé du temple Dhammakaya, pour les mêmes accusations (fraude et distorsion des enseignements bouddhiques).

 

Il faut se rappeler que le moine militant Issara a joué un rôle politique majeur dans les manifestations de rues de Bangkok auprès des « chemises jaunes » de 2013-2014 en réclamant la destitution de la 1ère ministre Yingluck  Shinawatra, sœur de Thaksin, avant le coup d’Etat de mai 2014, coup d’Etat qu’il a soutenu.

 

De plus, il est dit que Phra Dhammachayo, est proche de Thaksin Shinawatra, renversé lors du coup d’Etat de septembre 2006, et donc des Chemises rouges, les partisans du clan politique Shinawatra. Eugénie Mériau est plus explicite : « Cette « secte », en pleine expansion, constitue une menace pour les Chemises jaunes qui veulent éviter qu’à l’avenir le clan pro-Shinawatra ne domine la scène religieuse. Les anti-Thaksin se sont toujours prévalus d’une supériorité morale sur les pro-Thaksin. De cette supériorité, mesurée à l’aune de leur pratique des vertus bouddhiques, ils tireraient une légitimité à gouverner, balayant celle issue des urnes. Or, s’ils se voient dépouillés de leur outil de légitimation, que restera-t-il aux conservateurs pour justifier leur contrôle du processus politique, si ce n’est la force des tanks ? » 

 

Il faudrait donc voir derrière les accusations menés contre Phra Dhammachayo, et le refus de nommer officiellement Somdet Phra Maha Ratchamangalacharn, comme Patriarche Suprême de la Sangha, un combat politique féroce mené contre Thaksin Shinawatra et son clan, et tous ceux qui se reconnaissent encore – et ils sont nombreux - comme les partisans des chemises rouges, même si  précise Dubus, la crainte de voir  le temple Dhammakaya, de par sa puissance financière et l’étendue de son réseau de clientèle, prendre le  contrôle sur la communauté monastique est réelle.  D’autres, dit-il,  comme  l’intellectuel bouddhiste Sulak Sivaraksa (สุลักษณ์ ศิวรักษ์)  sont aussi explicites : « Si Somdet Chuang devient le Patriarche suprême, la distorsion des enseignements bouddhiques va s’étendre. Une ère sombre pour le bouddhisme en Thaïlande va s’ouvrir » (Déclaration au Bangkok Post.)

 

Les enjeux sont donc importants et derrière le combat mené contre  Dhammakaya et Somdet Chuang se joue un combat politique et religieux que le chef de la junte tente de gérer en temporisant, sachant peut-être que certaines factions militaires et hommes puissants sont prêts à agir. Nous avons déjà décrit maintes de ces crises qui ont débouché sur un nouveau coup d’Etat.

 

 Certes, à un autre niveau se joue aussi un nouvel avatar de la crise religieuse qui secoue le pays depuis des décennies, à l’issue de laquelle, beaucoup voudraient voir – enfin -  une réforme radicale  de l’organisation administrative de la Sangha, qui lui permettrait de jouer le rôle qui devrait être le sien et de rendre de nouveau les communautés monastiques plus vertueuses et plus exemplaires, évitant ainsi au moins les problèmes de corruption et les scandales de mœurs trop voyants qui font souvent la « Une » des journaux. Mais de cela, nous vous en avons déjà beaucoup parlé avec l’aide de Gabaude. (Cf. Les références en note)

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Sources et références :

 *Cf. Article AFP (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mardi  21 mai 2016. Cf. Egalement : Clémence Cluzel -Mars 26, 2015, https://www.thailande-fr.com/actu/33770-scandale-et-detournements-dargent-au-temple-dhammakaya

 

**Gavroche avril 2015, repris par  EUGÉNIE MÉRIEAU in

http://www.alterasia.org/201505044141/de-recuperation-politique-bouddhisme/)

 

*** Thèse de Manuel Litalien, chapitre IV « La fondation Dhammakaya (pp. 116-   ), in     « Développement sociale et régime providentiel en Thaïlande : la philanthropie religieuse en tant que nouveau capital démocratique », Université du Québec à Montréal, janvier 2010. 

 

**** Arnaud Dubus, http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/thailande/2016-01-18-la-thailande-se-dechire-a-propos-de-la-nomination-du-chef-des-bouddhistes

 

***** Nous avons déjà dans ce blog réfléchi avec l’aide de Gabaude aux relations qui existent entre le bouddhisme en Thaïlande, et les pouvoirs politiques et financiers. Elles  s’étalent même ouvertement, dit-il, dans la presse,  dans les débats publics et diverses commissions ad-hoc.

Gabaude « Religion et politique en Thaïlande : dépendance et responsabilité », Extrait de : Revue d’études comparatives Est-Ouest, Vol. 32, n° 1 (mars 2001), pp. 141-173 » http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/receo_0338-0599_2001_num_32_1_3076

Cf. Notre lecture de cet article in A137. « Bouddhisme et politique en Thaïlande. »Notre article  http://www.alainbernardenthailande.com/article-a137-bouddhisme-et-politique-en-thailande-121285295.html

Gabaude, « La triple crise du bouddhisme en Thaïlande (1990-1996) », BEFEO, 83, pp. 241-257.

-Voir aussi son article Fractures sociales et bouddhisme : le regard de Buddhadasa Bhikkhu,  in GAVROCHE , 27/06/2011.

 

Notre article A41: « La crise du bouddhisme en Thaïlande. »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-41-la-crise-du-bouddhisme-en-thailande-82673729.html

 

Partager cet article

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Réactions à l'actualité
commenter cet article

commentaires