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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 18:16
A 218 - LA THAÏLANDE N’A JAMAIS ÉTÉ COLONISÉE ? (SUITE)

Nous nous étions posé une question, il y a 5 ans déjà, sur cet aphorisme qui est en réalité une imposture selon lequel « La Thaïlande – le Siam – n’aurait jamais été colonisée » (1). S’il l’avait connu, Flaubert l’aurait probablement ajouté à son « Dictionnaire des idées reçues ». Ce n’était qu’une porte entrouverte sur une réalité de l’histoire que nous avons ensuite trouvé confirmée à bien d’autres reprises au fil de nos recherches. Elle vient d’être grande ouverte par un jeune historien américain, Shane Strate (2), « The lost territories. Thailand’s history of national humiliation » (3). Sa monographie brillante a fait l’objet d’une sérieuse analyse – à l’usage essentiellement des Thaïs pour leur rappeler judicieusement leur histoire  – dans le journal de la Siam Society (4) et de Xavier Monthéard, représentant le Journal « Le Monde » à Bangkok qui va pertinemment à l’encontre des idées reçues (5).

A 218 - LA THAÏLANDE N’A JAMAIS ÉTÉ COLONISÉE ? (SUITE)

Strate rappelle que chaque Thaï sait, et que chaque visiteur étranger apprend quand il met le pied sur le sol s’il ne le savait déjà, que le pays n’avait jamais été colonisé par une puissance occidentale. Peut-être eut-il mieux valu écrire que « chaque Thaï feint de croire… ».

 

Nous trouvons en effet dans une revue de vulgarisation historique le rappel que  « l’année 1893 doit rester pour les Thaïs qui ne doivent pas l’oublier une année de lamentation et de tristesse » (6).

 

Pour ce que Strate appelle l’ « histoire conventionnelle » et nous l’ « histoire politiquement correcte », il est convenu que la sauvegarde de l’indépendance du pays fut le fruit de la politique habile et de la modernisation du pays par le Roi Mongkut et le roi Rama V. Mais il fut un aspect plus sombre, un prix très cher à payer en contrepartie,

 

• en premier lieu la signature de multiples traités d’ « amitié et de commerce » en réalité des traités inégaux consistant en des abandons de pans entiers de souveraineté, essentiellement fiscale et judiciaire,

 

• et en second lieu l’abandon en particulier au profit de la France de partie de ce qui est maintenant le Cambodge et le Laos et au profit de l’Angleterre de territoires malais et birmans. De là va naître ce que Strate appelle « le discours de l’humiliation nationale » (« National humiliation discours ») en liaison avec le discours conventionnel royaliste-nationaliste. Le point d’orgue, c’est évidemment la crise franco-siamoise de 1893 au cours de laquelle la France utilise la « diplomatie de la canonnière » pour contraindre le Siam à céder à ses réclamations concernant les états tributaires de la rive gauche du Mékong. 

A 218 - LA THAÏLANDE N’A JAMAIS ÉTÉ COLONISÉE ? (SUITE)

Vu du côté royaliste-nationaliste, c’est un exemple de la « diplomatie du bambou » (nous parlerions de roseau) du Roi Chulalongkorn : céder avec sagesse aux souhaits de la France pour éviter qu’elle n’investisse par la force tout son pays. Faisant appel aux travaux de son collègue thaï de la même université que lui, Thongchai Winichakul (ธงชัย วินิจจะกูล), 

A 218 - LA THAÏLANDE N’A JAMAIS ÉTÉ COLONISÉE ? (SUITE)

... Strate démontre que de là nait l’opinion selon laquelle le Siam fut dépouillé de ses anciens territoires au vu d’une  conception alors inconnue ici de l’état-nation, territoires sur lesquels doit s’exercer une souveraineté unique par rapport à d’autre territoires marqués par des bornes frontières face à des rapports hiérarchiques tributaires et des relations interétatiques marquées par des souveraineté qui se chevauchent, agglomérat de principautés laotiennes, cambodgiennes, birmanes ou malaises qu'une vassalité nominale rattachait à la cour de Bangkok. (7). Ce qui fut une défaite militaire humiliante pour le Siam en 1893 qui aurait pu ternir le prestige du grand roi devient l’affirmation élaboré par les historiographes officiels au XXème siècle que le pays aurait échappé à la colonisation et à la domination étrangère grâce à l’habileté de la monarchie, une victoire diplomatique,  et maintenu ainsi son indépendance contre vents et marées. Mais, démontre Strate, la conscience d’avoir été humilié par les occidentaux n’a pas disparu et la menace de l’ennemi extérieur ou intérieur reste sous-jacente. Strate rappelle que lors de la crise financière de 1997, qui a éclaté en Thaïlande une partie de l’opinion a dénoncé comme ouvertement néo-colonialistes les injonctions du FMI.

A 218 - LA THAÏLANDE N’A JAMAIS ÉTÉ COLONISÉE ? (SUITE)

C’est encore ce sentiment d’humiliation nationale, continue Strate, qui va sous-tendre la politique étrangère du pays entre 1930 et 1940 et plus encore le rôle de la Thaïlande pendant la seconde guerre mondiale, sous Phibun évidemment, ses successeurs ensuite. A partir de 1930 et évidemment plus encore après le coup d’état de 1932, Phibun discrédite systématiquement la monarchie par le rappel de la crise de 1893 : la confrontation avec la France fut une défaite et un coup porté au prestige de la nation. Seule donc l’armée peut protéger le pays de futures attaques des puissances occidentales. Cette rhétorique a  suscité un soutien populaire massif à l’attaque contre l’Indochine française de 1941 et au retour sous la souveraineté du Siam de partie des territoires  du Laos et du Cambodge.

A 218 - LA THAÏLANDE N’A JAMAIS ÉTÉ COLONISÉE ? (SUITE)

C’est le rappel à cette « humiliation nationale » qui conduit, nous dit Strate à expliquer l’engagement du pays aux côtés du Japon jusqu’à la déclaration de guerre aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, ainsi que celui. de toute l’Asie, Japon compris (qui s’était « ouvert à l’occident » en 1853 sous la menace des canonnières américaines). Phibun réussit à faire le lien avec l’idéologie nippone du « Pan asianisme ». 

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Plutôt que de considérer son pays comme occupé par le Japon, la Thaïlande est un « partenaire junior » ce qui permet au régime de Phibun de réaliser ses objectifs de re-création du grand empire thaï. L’occupation des états Shan en 1942 devient une guerre de libération anti- coloniale (8). A la fin de la guerre, lorsque les Français et les Britanniques voulurent punir la Thaïlande de ces actions « agressives », Pridi qui a succédé à Phibun se retrouve placé en situation difficile. L’immense émotion attachée au retour à la France des « territoires perdus » va affecter sérieusement la légitimité de son régime. Pridi a alors ressuscité le discours royaliste-nationaliste sur le sacrifice nécessaire. Néanmoins la plaie des territoires perdus ne s’est pas refermée et cette nouvelle rétrocession territoriale fait à nouveau apparaître le pays comme victime de l’impérialisme occidental (9).

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C’est dans ce cadre, rappelle Strate, qu’il faut situer les persécutions du régime Phibun contre les catholiques (assassinat de 7 religieuses et catéchistes au nord de Mukdahan, incendies d’églises). 

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Strate rappelle à juste titre qu’il faut en trouver la raison  dans le régime des capitulations créé par les « traités inégaux » au profit de la France en particulier ». Nous savons que les nationaux étaient exempts du système fiscal local mais échappaient aussi à la Justice locale au profit de la juridiction des consuls. Cela n’avait guère d’incidence lorsque seuls nos nationaux – tout au plus quelques centaines – étaient concernés mais lorsque les consulats français inscrivirent sans la moindre vérification comme protégés des milliers de ressortissants d’origine vietnamienne ou cambodgienne puis des Chinois au motif que n’ayant pas de représentation diplomatique au Siam, la France devait en tenir lieu, ce fut évidemment considéré comme une véritable colonisation de l’intérieur d’autant que la France s’est toujours opposée à ce que les Siamois en vérifient les listes (10). 

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Si l’on sait – ce qui est proprement stupéfiant – que dans les régions à forte proportion de protégés vietnamiens souvent catholiques et souvent devenus catholiques par intérêt, les consuls déléguaient leurs pouvoirs judiciaires à l’Evêque local qui rendaient ainsi la justice au nom de la très anticléricale « république française », il ne fallait évidemment pas s’étonner de cette réaction violente. A Chantaburi, restée durement occupée par les Français pendant 15 ans, le Consulat avait délégué ses pouvoirs judiciaires au Colonel commandant le régiment. ( Pourquoi pas ?) Quand on connait la qualité ( ?) de la Justice rendue en France au XXIème siècle, on peut se demander quelle était celle de ces traine-sabre et agitateurs de goupillon il y a un siècle (11). 

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Certes, les Siamois mécontents de la Justice consulaire avaient un droit d’appel mais ce n’était pas à proprement parler de la « justice de proximité » puisque la Cour d’appel compétente fut d’abord celle de Pondichéry et ensuite celle de Saigon ! Ce régime des capitulations ne prit concrètement fin qu’en 1925 pour une grande partie et définitivement en 1937 (12).

 

Strate termine sur le rappel de la querelle frontalière avec le Cambodge relative au Temple de Preah Vihear, symbole des territoires perdus. Avant que le Cambodge ne saisisse la Cour internationale de Justice en 1958, Phibun avait fait occuper militairement les lieux. En 1962, la Cour attribue au Cambodge la propriété d’un temple alors inaccessible du côté Cambodgien. 

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L’opinion publique thaïe accuse alors la juridiction de n’être qu’une institution néo-colonialiste, accusation qui fut reprise systématiquement lors des contentieux ultérieurs, notamment en 2013.

 

Nous avons longuement parlé de cette affaire qui en réalité et à son départ n’était pas un contentieux entre la Thaïlande et le Cambodge mais un contentieux entre la Thaïlande et la France coloniale, pollué et plus encore par les agissements souterrains de Sihanouk (13). Il est de fait que de nombreuses décisions de la Cour Internationale de Justice tout autant que de son fils légitime, le Tribunal pénal international, sont souvent sous-tendues par une connotation sinon « néo colonialiste » du moins impérialiste !

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Nous pouvons nous poser une question que ne fait pas Strate mais son ouvrage n’est pas un ouvrage de politique fiction. Que Phibun, assurément le plus républicain de tous les chefs de gouvernement depuis 1932, mette cette « humiliation nationale » au passif essentiellement du roi Chulalongkorn est fallacieux. Celui-ci est monté sur le trône en 1868. Il a incontestablement été effrayé par le sort de la Birmanie entièrement occupée par les Anglais en 1885, dont le roi avait cru pouvoir résister militairement fort d’un appui français qui ne vint jamais et se retrouva déchu et pratiquent incarcéré avec sa famille aux Indes au prix de probablement 150.000 morts des guerres anglo-birmanes. 

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Il sait qu’il n’a pas les moyens de résister militairement ni aux Français ni éventuellement aux Anglais (14). Intervint le traité de 1893. Le parti colonial français reprocha avec véhémence au gouvernement de ne pas avoir poussé l’avantage militaire… sans penser à une éventuelle réaction anglaise (15). Le Roi Chulalongkorn avait agi habilement même si le sacrifice fut pénible, pratiquement la moitié de ses territoires, 456.000 km2, une « humiliation nationale » (16). Le traité franco-anglais de 1896 confirma au moins le respect de la souveraineté territoriale sur le reste du pays dépouillé de ses états tributaires non sans que l’Angleterre ait pensé à interdire à tout jamais aux Siamois le percement d’un canal dans l’isthme de Kra (17).

La question est simplement de savoir comment aurait réagi l’un de ses deux successeurs, intelligents peut-être mais beaucoup plus pusillanimes si la situation de 1893 s’était déroulée sous leur règne ? Rama VI aurait-il commis la folie de lâcher ses « chiens de guerre », ses 20.000 scouts, face aux troupes coloniales françaises surarmées et aguerries ? Rama VII ne serait-il pas tout simplement parti se réfugier en Angleterre ? Le choix de Rama V fut peut-être humiliant mais probablement le plus sage

 

Phibun connaissait évidemment l’exemple de la « modernisation » du Japon dès le milieu du XIXème mais elle se fit selon une méthode qui ne fut pas celle choisie par Rama IV et Rama V : une militarisation à outrance et une politique de surarmement forcenée. L’empereur Meiji a atteint à la fin de son règne son but, amener le Japon à la hauteur des puissances occidentales ; ce qui permit au pays du soleil levant d'obtenir une victoire éclatante durant la guerre russo-japonaise en 1905. L’écrasement militaire d’une puissance occidentale en Asie marqua profondément les esprits des populations de nos colonies. Mais on en connait la triste suite 40 ans plus tard.

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Concluons sur ce judicieux rappel de Xavier Monthéard : « Peu de Français savent qu’ils suscitent d’amères pensées parmi les nationalistes thaïlandais. Fiers de la reconquête, en janvier 1941, des « territoires perdus » lors de la crise franco-siamoise de 1893, ceux-ci n’en ont pas digéré la restitution au Laos et au Cambodge après la dislocation de l’empire français en Indochine … »

 

 

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NOTES

 

(1) Voir notre article A 38 – « La Thaïlande n'a jamais été colonisée ? Vous en êtes sûr ? ». Sur le moteur de recherches Google « la Thaïlande n'a jamais été colonisée » : 110.000 réponses et « Thailand was never colonized », 243.000 !

 

(2) Shane Strate est professeur adjoint à l'Université de Kent State, où il donne des cours sur l'histoire de l'Asie du Sud-Est et le post-colonialisme. Il est diplômé de l'Université de Wisconsin-Madison.

 

 

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(3) « Les territoires perdus : Thaïlande Histoire de Humiliation nationale », a été publié par l'Université de Hawai'i Press en 2015 (ISBN 978-0-8248-3891-1).

 

(4) Volume 104 de 2016, pp 323-326.

 

(5) « Le monde diplomatique » de mars 2016, p. 24.

 

(6) เหตุเกิดในแผ่นดิน pp. 5-14. Le titre de l’article est significatif « Les Français investissent Chantaburi et y construisent une prison pour enfermer les Thaïs » (ฝรั่งเศสยึดจันทบุรีสรางคุกขี้ไก่ขังคนไทย). La France y resta en occupation, il faut bien appeler les choses par leur nom, jusqu’en 1907.L’armée était installée sur ce qui est maintenant le camp d’un régiment d’infanterie de marine thaïe. Comble de l’imposture, il subsiste de ses constructions cette fameuse prison qui devint sur certains sites Internet francophones « un des bâtiments de l’état-major ». 

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Quand on lit « CHANTHABURI - L'amitié franco-thaïlandaise célébrée avec l'inauguration du musée du camp militaire Taksin » on peut s’interroger sur l’incommensurable inculture d’un représentant de la presse francophone locale, un pisse-copie qui serait capable de faire d’Oradour le symbole de l’amitié franco-allemande. C’est consternant.

 

(7) Sur cette notion de frontières, voir nos articles 13 « Le Siam, l'Isan ...et ses frontières » et 13.2 « Les frontières de l'Isan ».

 

(8) Voir notre article 200. 2 «  L’ARMÉE THAÏE ENTRE EN BIRMANIE LE 10 MAI 1942 ».

 

(9) Voir en particulier nos articles 204 et 205 « LA QUESTION DES FRONTIÉRES DE LA THAïLANDE AVEC L’INDOCHINE FRANÇAISE ».

 

(10) Nous avons rencontré le jeune diplomate Raphaël Réau qui considérait que le meilleur moyen de coloniser le Siam sans verser un goutte de sang était de multiplier les inscriptions systématiques d’habitants du Siam d’origine non siamoise – probablement la moitié de la population (voir notre article A 200  « QUELQUES COMMENTAIRES Á PROPOS DE RAPHAËL RÉAU, JEUNE DIPLOMATE AU SIAM (1894-1900». Nous retrouvons cette position, ouvertement celle du parti colonial français chez Isabelle Massieu (Voir notre article A 192 «  A LA DÉCOUVERTE DU SIAM PAR MADAME MASSIEU, UNE « AVENTURIÈRE FRANÇAISE » DE LA FIN DU XIXÈME »).

 

(11) Dans le cadre des inscriptions de toute évidence fantaisiste sur le registre des protégés, nous avons cité le cas d’un aigrefin Grec devenu protégé par on ne sait quel tour de passe-passe (Voir notre article 130 « L'article 12 du traité de 1856 entre le Siam et la France »).

 

(12) Voir nos articles 176 «  La fin du régime des capitulations au Siam en 1925 » et 177 « Le Siam de Rama VI retrouve tous ses droits souverains en 1925 ».

 

(13) Voir nos articles 19   « Google Earth au temple de Preah Vihar ? », 106 « Le temple de  Preah Vihear au Cambodge ! Que veut la Thaïlande ?, 132  «  L'affaire du temple de Preah Vihar  (Suite) », A 136 « La décision du 11 novembre 2013 de la Cour International sur le temple de Preah Vihar » et surtout  24 « Affaire du temple  de Preah Vihear : Et si les Thaïs avaient été floués ? ».

 

Sur le site :

 

http://www.taansrokkhmer.com/temple_de_preah-vihear1.ws#AnchorB18828856

 

« Extrait des mémoires de Samdach Son-Sann (ancien premier ministre) intitulé « mémoire d’un serviteur du Cambodge – Question du temple de Preah Vihar », l’ancien premier ministre explique en toute sérénité comment il a purement et simplement acheté les voix des membres de la Cour Internationale.

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(14) Nous avons vu que lorsque le monarque étudia de concert avec son cousin le Prince Prisdang à la fois la situation de son pays et la nécessité de la doter d’une constitution,  il fit une analyse lucide et pleine de bon sens de la situation notamment en ce qui concernait l’impossibilité d’organiser une résistance militaire sans avoir à espérer de secours militaire de quiconque : voir notre article A 194 « Le premier projet de constitution de 1885 ».

 

(15) Voir à ce sujet Raphaël Réau et Isabelle Massieu cités note 10.

 

(16) Dans un courrier à son cousin Prisdang (note 14), le roi est conscient que si l’équilibre des forces peut permettre d’espérer des succès militaires très ponctuels à court terme, à moyen et long terme, le Siam est irrémédiablement voué au sort de la Birmanie. Les forces en présence en 1893 le démontrent à suffisance et Phibun ne pouvait l’ignorer : Le roi dispose en temps de paix d’une force de 3.000 hommes et en temps de guerre d’une armée de 10.000 hommes. En fait d’armement, l’armée dispose de 10.000 fusils Mannlicher, une arme italienne réputée imprécise et capricieuse mais qui fut amélioré par la suite (Le plus célèbre « Mannlicher » fut utilisé par Lee Harvey Oswald pour assassiner le président Kennedy). L’artillerie est armée de vieux canons en bronze. Le bâtiment le plus redoutable de la marine est le yacht royal « Mahachakri » auquel se joignent deux corvettes, une brigantine, sept petites canonnières, deux yacht, deux navires à vapeur à aube et un petit croiseur. 

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L’équipage de la flotte comporte 2.000 hommes dont le comportement au feu peut être douteux puisqu’ils sont pratiquement tous d’origine cambodgienne. Les effectifs théoriques de l’armée française sont en temps de paix de plus de 500.000 hommes et de 4.500.000 mobilisables en temps de guerre. Notre marine comporte 403 bâtiments et près de 88.000 hommes. Sur place, l’armée dispose de 3.830 hommes en Cochinchine, de 300 au Cambodge, de plus de 18.000 au Tonkin et de 11.800 en Annam. A la même époque, le Japon a une armée d’environ 80.000 hommes et une flotte de 55 bâtiments pour un équipage de plus de 10.000 hommes. Ces chiffres officiels sont ceux donnés par l’ « Almanach de Gotha » 1894.

 

(17) Voir notre article R 8 « POURQUOI LE ROI CHULALONGKORN A REFUSÉ LE PROJET DU CANAL DE KRA ».

 
Le drapeau de Saint-Louis-des-invalides .....

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