Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 18:01
H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Au soir du 13 juillet 1893, quelques coups de canon furent échangés près de l'embouchure du Ménam entre les batteries siamoises qui la gardent et deux canonnières françaises, l’ « Inconstant » et la « Comète ». Celles-ci ont forcé le passage et ont remonté le fleuve jusqu'à Bangkok. Une autre canonnière française, le « Lutin », s'y trouvait déjà depuis quelques semaines du consentement du gouvernement siamois et conformément aux dispositions sans équivoque du traité franco-siamois du 15 août 1856 (1).

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Cet engagement n'a eu en fait, militairement, que peu d'importance. Rapporté dans les journaux d'Europe, nous apprenons qu’une bombe française a tué dix Siamois et en a blessé douze autres. Les canonnières françaises n'ont pas souffert du feu siamois grâce à la protection de leurs cuirasses et n’ont perdu que trois hommes. Seul un steamer de la Compagnie des Messageries fluviales de Cochinchine, le « J.-B. Say », qui servait de guide aux canonnières françaises, a été atteint par l'artillerie siamoise et a dû s'échouer.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Ces quelques coups de canon relativement inoffensifs ont eu néanmoins en Europe un écho considérable et immédiat. Non seulement les journaux français, mais la presse européenne, celle de Londres surtout, se sont emparés de l'événement, le commentant, l'expliquant, en recherchant les causes, les circonstances et les suites possibles. En même temps, cette affaire occupait immédiatement les Parlements de Paris et de Londres, celui de Paris se déchainant.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

La situation du Siam explique évidemment ce vif intérêt, seul état indigène (relativement) indépendant entre les colonies anglaises, Birmanie, qui le bornent à l'ouest, et les colonies et protectorats français de Cochinchine, du Cambodge, de l'Annam et du Tonkin qui l'enserrent vers l’est. On comprend, dès lors, l'importance exceptionnelle de tout événement qui pouvait influer sur l'indépendance ou sur l'intégrité de ce royaume assez étendu pour faire utilement l'office de tampon entre ses puissants voisins, assez riche et opulent pour être une proie sinon facile du moins tentante.

 

Incontestablement, cette tension des relations entre la France et le Siam résultait au premier chef de l'absence de tout traité de délimitation entre le Siam et l'empire d'Annam sous protectorat français depuis le traité de Hué de 1884. Il ne semble pas que les dispositions de l’article IV du traité du 15 juillet 1857 « réglant la position du Cambodge » et prévoyant une procédure de délimitation frontalière contradictoire qui aurait régler au moins partiellement cette question au carrefour entre la Cochinchine, la partie sud du Laos (Siam) et le Cambodge. Aucun allusion n’y a en tous cas été  faite lors du procès fleuve devant la Cour de Justice internationale de La Haye relatif au temple de Preah Vihar (2).

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Il faut probablement y voir la raison expliquant que la France ou tout au moins le « parti colonial » se soit mis en devoir d’obtenir la cession de gré ou de force de la rive gauche du Mékong qui, au dire des Siamois, était alors soumise à leur autorité depuis plus d'un siècle. Il est au moins un fait certain, en 1875 et de nouveau en 1883 et en 1886, quand les fameux « Pavillons-Noirs », dont la France n'avait pas alors réussi à débarrasser le Tonkin, envahirent un moment la rive gauche du Mékong, l'ordre et la paix furent rétablis, dans cette région plus étendue à elle seule que tout l'Annam, par les soldats du roi de Siam. 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

C’est alors, après 1886 et jusqu'en 1888, qu’une commission franco-siamoise parcourut cette région en vue de la délimitation des fonctions, les commissaires français voyagèrent sous la protection et avec l'assistance des autorités siamoises. Enfin, le fait de l'occupation actuelle de la région par les Siamois est indéniable; il est notamment reconnu en termes exprès par le prince d'Orléans dans la relation d'un long voyage effectué en 1892 (3).

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Si cette commission a  établi un rapport, il est, assez remarquable que celui des commissaires français n'ait jamais vu le jour ou du moins n’ait jamais été publié. Mais dès 1890, les journaux français, spécialement les journaux coloniaux, commencèrent à reprocher aux Siamois leurs empiétements sur le territoire « annamite ». A l'appui de cette grave accusation, on se bornait à produire cette affirmation vague qu'à une époque antérieure, cette région, aujourd'hui occupée par le Siam qui s'étend entre le Mékong et la chaîne Annamitique, aurait été soumise à la suzeraineté des souverains annamites. Des députés suivirent bientôt ce mouvement et prononcèrent, à la Chambre française, des discours violents dans la forme et dans le fond. L'un d'eux, François Deloncle, se montra particulièrement virulent (4). 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Le ministère français était vivement pressé, par ces députés et par la presse, de prendre en mains ce qu'on appela dès lors, sans preuve aucune, les droits absolus de l'Annam sur la frontière du Mékong - et même sur une partie de la rive droite (ouest) de ce fleuve. En 1887 et 1888, Ernest Constans, gouverneur de l’Indochine est conseillé par Charles Lemire, ardent colonialiste préoccupé de la délimitation de la frontière siamoise auquel il a consacré six ouvrages entre 1879 et 1903 (5)Mais tous deux estiment plus prudent d’arguer d’un supposée sinon imaginaire suzeraineté des empereurs de Hué sur un hinterland qui sera donc englobé de jure dans un territoire sous protectorat français. Constans demande  à un historien annamite francophile, Petrus Ky, de trouver des éléments permettant de soutenir que « l’hinterland » appartient à l’Annam (6).

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

 « La France paraît croire que l'Indochine française a le droit de s'emparer de la rive gauche du Mékong. Il faudrait  expliquer en vertu de quels titres cette contrée se trouverait avoir passé du Siam au Cambodge ou à l'Annam » (7).

 

Les ouvrages de géographie antérieurs tout au moins aux incidents de la fin des années 80 sont dépourvus d’équivoque :

 

Une carte établie en 1869 par le grand géographe Malte-Brun fait de la région de Luang-Prabang un état tributaire de la Birmanie mais tout le reste de l’actuel Laos jusqu’à la chaine annamitique est tributaire du Siam :

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Ainsi une carte du Ministère de la marine de 1886 concernant la partie sud place la partie située entre « Cambodia river » (Mékong) et la chaine annamitique dans l’aire siamoise :

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Il en est encore d'une carte française de 1885 :

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.
Il en est de même encore d’une carte allemande de 1886 :

 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Le juriste Belge Edouard Rolin dans un remarquable article de 1893 en donne de nombreux exemples (8).

 

En 1891, Alexandre Ribot, alors ministre des affaires étrangères, avait déclaré à la Chambre des députés que « la rive gauche du Mékong était le minimum des revendications de la France ». Le gouvernement siamois aurait alors bien inspiré de demander par l'organe de son ministre à Paris l'explication de ce langage.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Sur ces entrefaites, une série d'incidents de frontières se produisirent entre le Siam et l'Annam. Sans aucune enquête, quant à la réalité des griefs, ils furent aussitôt représentés par la majorité de la presse française comme autant d'atteintes aux droits de la France et de l'Annam. Nous n’avons malheureusement pas la version de la presse siamoise probablement tout aussi manichéenne. La presse française s’indigne que le Siam ait établi de nouveaux postes militaires sur la rive gauche du Mékong et de s'être ainsi rendu coupable de ce qu'elle appelle sans hésitation une « violation des droits de l'Annam ». Ce reproche est étrange quand l’on sait que ces incidents se sont tous produits dans une région que la France revendique mais où le Siam avait établi son autorité plus ou moins solide bien avant que l'Annam ne fût soumis au protectorat français.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

 De son côté les Français établirent des postes militaires annamites sur divers points de la zone frontière qui ne relevaient pas de l’Annam mais bien du Siam. Les Siamois soutinrent que les deux pays étaient en pleine paix et que, pour neutraliser les effets de l’attitude française, ils avaient de leur côté établi de nouveaux postes sur les mêmes territoires sous domination siamoise.

 

La question va se corser lorsque, le 14 mars 1893, Pavie fit savoir officiellement au ministre des affaires étrangères que, suivant les instructions formelles qu'il avait reçues de Paris, il devait .....:

 

Caricature siamoise :

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

« 1° Affirmer les droits du protectorat franco-annamite sur la rive gauche du Mékong « « 2° Insister pour l'évacuation immédiate des postes militaires siamois récemment établis;

« 3° Presser la solution de certaines questions pendantes entre la France et le Siam, au sujet de mauvais traitements dont auraient été victimes des sujets français ou annamites. »

 

Le même jour le ministre des affaires étrangères, le prince Dewawongse, fit réponse sur-le-champ à M. Pavie, au nom de son gouvernement :

 

 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

« 1° Quant à la demande concernant la rive gauche du Mékong, que cette communication verbale de M. Pavie était le premier avis officiel que le gouvernement siamois eût reçu de cette prétention et qu'il saisissait, ainsi que c'était son devoir, cette occasion de protester contre toute affirmation de droits appartenant à la France ou à l'Annam sur cette portion considérable du royaume de Siam ; que ce n'était plus là une simple proposition de régularisation des frontières, mais une demande d'annexion d'un territoire plus étendu que l'Annam même; que toutefois, le gouvernement siamois se refusait à admettre que la France voudrait, soutenir cette prétention, ou plutôt celle de l'Annam, sans la fonder sur aucun droit, et qu'il attendrait donc avec confiance que la preuve du droit allégué fût produite; qu'au surplus, le gouvernement siamois maintenait et renouvelait sa proposition de prendre pour base de la régularisation des frontières l'état actuel d'occupation, modifié éventuellement dans telle mesure où il serait prouvé qu'une partie quelconque du territoire occupé par le Siam appartient, en réalité, à l'Annam, tous dissentiments devant être tranchés par un arbitrage international;

 

« 2° Quant à la demande d'évacuation des postes, que le gouvernement siamois était prêt à agir conformément à ses déclarations de février dans lesquelles il avait mis en avant l'idée d'un modus vivendi;

 

« 3° Quant aux prétendus mauvais traitements infligés à des sujets français ou annamites, qu'une longue correspondance avait déjà été échangée à ce sujet; que les dernières lettres de M. Pavie à ce propos étaient de date toute récente et que le gouvernement siamois y répondrait aussitôt qu'il aurait recueilli les renseignements nécessaires. »

 

A l'heure même où ces déclarations étaient échangées entre les deux gouvernements, la canonnière française « le Lutin » arrivait à Bangkok. Démonstration menaçante ? Le gouvernement siamois ne mit en tous cas aucun obstacle à son arrivé autorisée par les traités. Mais de nouveaux incidents vont alors se produire aux frontières, à l'est du Mékong, et il ne pouvait en être autrement, la réponse du Prince Dewawongse étant restée sans suite.

 

Deux d’entre eux ont eu un énorme retentissement en France : l'affaire de Khone et l'affaire Grosgurin.

 

L’affaire de Khone est de la plus extrême simplicité. Khone est une île du Mékong faisant partie du territoire dont la France exigeait l'abandon, mais qui dépendait alors en fait du Siam. Les Français s'y sont établis et retranchés. Or, le 3 mai, une troupe française, commandée par le capitaine Thoreux, a été surprise aux environs de Khone en territoire siamois par les Siamois et a été complètement battue; le capitaine Thoreux a été fait prisonnier au cours de cet engagement. Sa situation juridique était celle d'un étranger arrêté en temps de paix à la tête d'une troupe armée sur territoire siamois. Il obtint la faveur d'être considéré par les Siamois comme prisonnier de guerre - quoiqu'il n'y eût pas de guerre -  et d'être traité comme tel. A ce titre, il a été l'objet des plus grands égards pendant toute la durée de son séjour forcé au Siam et fut très rapidement remis aux autorités françaises à Bangkok.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

L'affaire Grosgurin est un peu moins claire et il y eut mort d’homme. La presse s’en empara avec avidité. Il eut lieu dans la province (aujourd’hui laotienne) de Khammouane (คำม่วน) située sur la rive gauche du Mékong face à Nakhonphanom. 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

La première nouvelle de cet incident semble avoir été apportée à Saigon et de là à Paris et à Bangkok par une dépêche du résident Luce au gouverneur général de Lanessan. Une correspondance de Saigon, adressée au Figaro et publiée dans ce journal le 18 juillet, donne comme suit le texte de ce télégramme :

 

« Cammon, le 9 juin 1893.

 

« Le mandarin siamois de Cammon, après avoir abandonné ce poste sur notre injonction, nous avoir remis ses fusils et avoir déclaré être résolu à ne pas résister et laisser les deux gouvernements régler la question, avait été reconduit au Mékong par l’inspecteur de la milice Grosgurin, pour le protéger contre les habitants. Arrivé à Ken-Kiec, Grosgurin étant tombé gravement malade, le mandarin siamois a fait venir secrètement d'Houten une bande de 200 Siamois ou Laotiens armés, a entouré, le 5 juin, la maison où Grosgurin était couché malade et l'a assassiné lui-même avec revolver, pendant que bande massacrait son escorte. Dix-sept miliciens et un interprète cambodgien tués; trois miliciens ont pu échapper ».

 

Cette version, bien faite pour indigner l’opinion, fut reproduite dans toute la presse française de façon quasi unanime entrainant une véritable frénésie nationaliste.  Elle devint même une image d’Epinal où l’on affuble ce malheureux Grosgurin d’un costume de militaire alors qu’il n’était que civil.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Mais la presse française n’est pas entièrement aux mains du « parti colonial ».

 

Nous trouvons dans « La Lanterne » du 19 juin 1893 un article plein de fiel mais qui explique beaucoup de choses, le « parti colonial » a enfin son casus belli : « Depuis hier on est en liesse à la rue royale (NB siège du ministère de la marine). Jamais pareille aubaine n’était échue à la marine dans de pareilles conditions. Sans doute, il est fâcheux qu’il y ait eu mort d’homme et ce pauvre Grogurin mérite bien un regret quoiqu’après tout il n’appartint pas à la marine ni même au corps des marsouins, ce qui diminue évidemment la gravité de la perte. Mais après avoir versé le pleur obligatoire, il est impossible de ne pas apprécier à sa juste valeur l’occasion sans pareille qui se présente pour la marine de manger l’herbe sur le dos des colonies et même d’entamer un peu la peau ».

 

L'acte du mandarin siamois Phrayot (Phantri  Phrayot Mueang Khwang พันตรี พระยอดเมืองขวาง) tel qu’exposé dans cette dépêche méritait de sévères sanctions y compris l'envahissement du territoire siamois.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

HLe seul point à éclairer était de savoir si les faits s’étaient vraiment passés de la manière dont les exposait le résident Luce et si Grosgurin avait été vraiment tué par trahison ou s'il était tombé dans un engagement régulier. Immédiatement, le gouvernement siamois se déclara prêt à une réparation, pour le cas où les faits se seraient passés de la manière indiquée dans la dépêche, mais il reçut des renseignements contraires : L'inspecteur Grosgurin aurait été tué dans un engagement régulier entre troupes siamoises et franco-annamites.

 

C'est sur ces entrefaites qu'intervint alors à l'embouchure de la Ménam, la canonnade du 13 juillet. Le gouvernement français ne voulut plus en rester là puisqu’il tint – enfin – un casus belli - D’ailleurs, dans les premiers jours de juillet, une escadre du contre-amiral Humann s’était déjà emparé du cap Samit et des îles alors inoccupées situés face au cap, à l'extrémité sud du Siam, pendant que les canonnières françaises ne tardèrent pas à paraître devant les bouches de la Ménam. Le 8 juillet, le gouvernement français adressait à Pavie, son représentant à Bangkok, la dépêche suivante :

 

« Le gouvernement anglais ayant résolu d'envoyer plusieurs bâtiments de guerre à Bangkok en vue de protéger ses nationaux, nous avons décidé de renforcer nos forces navales. Veuillez annoncer au gouvernement de Siam l'arrivée des navires qui rejoindront le Lutin, en précisant qu'il s'agit exclusivement d'une mesure identique aux dispositions dont l'Angleterre et d'autres puissances ont pris l'initiative. « Il est d'ailleurs entendu qu'on ne devra engager aucune hostilité sans qu'il nous en ait été référé, sauf le cas où nos bâtiments seraient, attaqués et forcés ainsi de répondre au feu de l'ennemi. »

 

Deux jours après, le gouvernement siamois fit savoir qu'il était décidé à ne tolérer devant Bangkok la présence que d'un seul navire par puissance. Aux termes en effet du traité de 1856, le gouvernement siamois ne pouvait s'opposer à l'entrée de navires de guerre français dans la Ménam et jusqu'à Paknam mais il ne pouvait tolérer l'arrivée à Bangkok de plus d'un seul navire de guerre. Néanmoins le 13 au soir les canonnières françaises guidées par le vapeur le « J.-B. Say » franchirent la barre, dépassèrent Paknam sous le feu des batteries siamoises auxquelles elles répondirent énergiquement, et arrivèrent à Bangkok.

 

Le 19 juillet, ensuite d'une question de Deloncle, transformée en interpellation par le député Camille Dreyfus, Jules Develle, ministre des affaires étrangères s'expliquait à son tour devant la Chambre :

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

 « Messieurs, avant de donner à la Chambre les explications qu'elle attend de moi, je tiens à rappeler brièvement quelle politique a été suivie dans ces derniers temps par le gouvernement vis-à-vis du Siam. Vous n'avez pas oublié l'origine et les causes du conflit qui nous divise; plusieurs fois on a rappelé à celte tribune nos justes griefs contre le gouvernement siamois, non seulement à raison des retards qu'il apportait à accorder à nos nationaux les réparations qui leur étaient dues, mais surtout à raison de ses empiétements successifs sur nos dépendances du Cambodge et de l'Annam.

 

Je ne puis dire depuis quand ces empiétements se sont produits, mais il est certain que le silence, l'inaction, peut-être une indifférence trop prolongée à cet égard, avaient enhardi le Siam à ce point qu'un poste de ses soldats s'était installé à 40 kilomètres de Hué, et que d'autres postes avancés menaçaient de couper le Tonkin de l'AnnamLe gouvernement ne pouvait tolérer plus longtemps ces empiétements. Il a toujours dit que la rive gauche du Mékong devait être considérée comme la limite de nos possessions d'Indochine; M. Delcassé, sous-secrétaire d'État aux colonies, l'avait déclaré à la Chambre dans le courant du mois de février, et les applaudissements qui ont accueilli ses déclarations ont suffisamment prouvé que le Parlement pensait comme nous. 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Forts de votre assentiment et de votre confiance, nous avons jugé que le temps était venu de faire valoir les droits de la France, et nous avons résolu de reprendre la rive gauche du Mékong. »

 

La personnalité la plus autorisée, le ministre des affaires étrangères de la République française lui-même, expose la politique et surtout les prétentions de la France au Siam. Aussi l'ordre du jour suivant, proposé par MM. Dreyfus et Deloncle et accepté par le ministère, fut-il voté à l'unanimité :

 

« La Chambre, comptant que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour faire reconnaître et respecter les droits de la France en Indochine et exiger les garantie indispensables, passe à l'ordre du jour. »

 

Le Sénat adopta ensuite un ordre du jour identique.

 

A la suite de cette approbation des Chambres, le gouvernement français adressa le 30 juillet un ultimatum à Bangkok exigeant :

 

« 1° Reconnaissance formelle des droits de l'empire d'Annam et du royaume de

Cambodge sur la rive gauche de Mékong et sur les iles;

« 2° Evacuation des postes siamois sur la rive gauche du Mékong dans un délai maximum d'un mois ;

« 3° Satisfaction que comportent les incidents du Mékong et les agressions dont nos navires et nos marins ont été l'objet dans la montée du Ménam;

« 4° Châtiment des coupables et indemnités pécuniaires aux familles des victimes ;

« 5° Indemnité de 2 millions de francs pour les divers dommages causés à nos nationaux ;

« 6° Dépôt immédiat de 3 millions de francs en piastres pour garantir ces réparations pécuniaires et ces indemnités. Ou, à défaut, à titre de gage, la perception des fermes et des revenus des provinces de Battambang et d'Angkor ».

 

Il renferme la revendication d'un territoire immense et l'exigence d'une indemnité pécuniaire. La revendication territoriale de la France ne se fonde sur aucun argument de droit. C'est le « sic tolo, sic jubeo, sic pro ratione voluntas » (« je le veux, je l’ordonne, que ma volonté tienne lieu de raison ») dans sa simplicité; Jamais, à aucun moment, le ministre de France n'a remis au gouvernement siamois un mémorandum ayant pour but d'établir le fondement de ses prétentions.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Réponse devait être donnée dans les quarante-huit heures. Fière de sa force et imbue de l'idée de sa grandeur, la France n'a pas eu, dans les diverses phases de cette affaire, le sentiment bien net des égards auquel avait droit, dans les relations internationales, tout État indépendant. Convaincue de la légitimité de ses revendications, elle a toujours négligé d'en établir la justification, comme si elle ignorait que ces territoires étaient occupés et administrés, tout au moins à titre traditionnel, par l'autorité siamoise.

 

Le fonds de l’affaire semble simple : la France éprouvait la nécessité impérieuse et stratégique au point de vue de la solidité de son empire d'Indochine d'élargir la bande relativement étroite de l'Annam, pas plus de 50 kilomètres, resserrée entre les montagnes et la mer. Des fautes évidentes ont donc été commises dont la première responsabilité remonte à ceux qui ont affirmé les droits territoriaux de la France et de l'Annam, sans prendre la peine de les justifier ni même de les déterminer. Les années 1880 sont celles où les Siamois s’engagent entre le Mékong et la cordillère annamitique pour y asseoir leur domination, au moins nominale. Ces deux incidents ont été précédés de biens d’autres dans lesquels la responsabilité siamoise est probablement à mettre en cause. Ils sont symptomatiques de la poussée simultanée des deux impérialismes siamois et français dans les hautes terres.

 

Ceci dit et cédant à la pression des circonstances, le gouvernement siamois accepta toutes les conditions de l'ultimatum français le 5 août. Ne revenons pas sur les termes du traité 3 octobre 1893. Nous savons que le Siam a abandonné à la France tous les territoires soumis plus ou moins directement à sa souveraineté sur la rive gauche du Mékong, parti de la rive droite et les iles. C’est le début de l’histoire du « Laos français »… La naissance d’un état-nation qui n’avait auparavant jamais existé !

 

La question de la justification de l’action française par les droits qu’elle tenait comme héritière légitime de l’empereur de Hué relève de la fantaisie historique. Dans son histoire chaotique, le Laos, nous devrions plutôt parler des trois Laos, le royaume de Luang Prabang au Nord, le royaume de Vientiane autour de la capitale actuelle, et le royaume de Champassak au sud autour de l'actuelle Paksé, est sous l’emprise siamoise même si à une époque plus reculé, le nord-est du Laos a pu dépendre plus ou moins directement non pas de l’Annam mais du Tonkin voisin. La partie sud du pays au sud de la province de Savannakhet entre Mékong et chaîne annamitique est constitué de hauts plateaux faiblement peuplés de minorités ethniques, Bahnars, Sedangs, Jaraïs, Rhés qui n’étaient soumises nominalement au Siam que de fort loin, certainement jamais aux Annamites qu’ils haïssaient. Il fallut la déferlante de la piste Ho Chi Minh en 1975 pour qu’ils se laissent approcher. Mais l’implantation siamoise était si ténue qu’en 1888-1889, un aventurier qui se faisait appeler baron Marie de Mayrena devenu Marie Ier, roi des Sédangs, crée, au nez et à la barbe des Français et des Siamois une confédération bahnar-sedang dont il devient le souverain, avec l’aide de la mission catholique de Kontum, province frontalière peuplée de Bahnars convertis. Désavoué, il ne put rentrer dans son royaume après un séjour en Europe où il avait distribué à grands renforts de « droits de chancellerie » les concessions, décorations et titres nobiliaires mais nous vous conterons un jour son histoire ! (6).

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Cet argument est si peu convaincant qu’une fois le Laos arraché à la domination du Siam ces territoires seront englobés dans le Laos français ! La création en 1886 d’un Consulat de France à Luang-Prabang prouve par A + B que la France considérait alors cette région comme siamois. Mais notre propos n’est pas de jouer le jeu de la casuistique avec le vénérable Pétrus Ky !

 

La France ne voulut pas en rester là, était-ce pour se donner bonne conscience ? Au traité de paix du 3 octobre 1893, s’ajoute une « Convention Concernant l’exécution du traité de paix et de l’Ultimatum » dont l’article III est le suivant :

 

« Les auteurs des attentats de Tong-Xieng-Kham et de Kammuon seront jugés par les autorités siamoises; un représentant de la France assistera au jugement et veillera à l'exécution des peines prononcées. Le Gouvernement français se réserve le droit d’apprécier si les condamnations sont suffisantes, et, le cas échéant, de réclamer un nouveau jugement devant un tribunal mixte dont il fixera la composition ».

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Cette disposition originale, la « Justice des vainqueurs », ne tourna pas à l’avantage de la Justice français qui réussit à se déconsidérer aux yeux des observateurs étrangers, à faire du mandarin Phrayot un martyr et un héros national dans l’histoire du Siam ce qui n’était assurément pas le but recherché.

 

C’est de ce procès dont nous vous parlerons dans un prochain article.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

SOURCES

 

Journaux consultés :

« La lanterne », « le Temps », « Le monde illustré », « Le rappel », « La quinzaine coloniale ».

 

Ouvrages consultés :

 

Charles Lemire : « L’Indochine – Cochinchine française, royaume de Cambodge, royaume d’Annam et Tonkin », 1884. 

 

Léonce Détroyat : « La France dans l’Indochine », 1886.

 

Albert Septans : « Les commencements de l’Indochine française », 1887.

 

Albert de Pourville : « L’affaire de Siam », 1897.

 

Eugène Picanon : « Le Laos français », 1901.

 

Marquis de Barthélemy : « En Indo-Chine, 1896-1897, Tonquin, Haut Laos, Annam, septentrional », 1901.

 

A. Salaignac : « La question du Siam et la défense de l’Indochine », 1904. « La carte de l’Indochine français désirable » est significative du Parti colonial :

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

HLucien de Reinach : « Le Laos », 1911.

 

Ouvrage collectif : « Histoire militaire de l’Indochine française », 1930.

 

Paul Le Boulanger : « Histoire du Laos français – essai d’une étude chronologique des principautés laotiennes », 1930.

 

Mathieu Guérin et Jonathan Padwe : « Pénétration coloniale et résistance chez les Jarai. Revisiter le rôle des colonisés dans la mise en place des frontières en Indochine » in Revue d'Histoire, Société française d'histoire d'outre-mer, 2011.

 

NOTES

 

(1) Article XV : « Les bâtiments de guerre français pourront pénétrer dans le fleuve et jeter l'ancre à Paknam ; mais ils devront avertir l'autorité siamoise pour remonter jusqu'à Bangkok et s’entendre avec elle relativement à l'endroit où ils pourront mouiller ».

 

(2) Article IV : « Les provinces de Battambang et d'Angkor (Nakhon Siemrap) resteront au Royaume de Siam. Leurs frontières, ainsi que celles des autres provinces siamoises limitrophes du Cambodge, telles qu'elles sont reconnues de nos jours de part et d’autre, seront, dans le plus bref délai, déterminées exactement à l'aide de poteaux ou autres marques, par une commission d'officiers siamois et cambodgiens, en présence et avec le concours d'officiers français désignés par le Gouverneur de la Cochinchine ».

 

(3)  « Autour du Tonkin » par Henry d’Orléans, à Paris en 1894. Il est l’’un des nombreux arrière-petits-enfants de Louis Philippe, d’une culture encyclopédique, qui consacra sa vie aux voyages.

 

(4) Universitaire diplômé de l’Ecole des Langues orientales, il est nommé consul de France à Hué en 1883. Il fut député des Basses-Alpes dans l‘arrondissement « pourri » de Castellane (18.000 habitants) siégeant à gauche de 1889 à 1898, date à laquelle il fut battu par Boni de Castellane

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

et se présente ensuite en 1902 en Cochinchine, dont il fut député de 1902 à 1910. Battu en 1910, il redevient député des Basses-Alpes en 1912 à l'occasion d'une élection partielle. Il ne se représente pas en 1914 et quitte la vie politique oublié de tous. Il établit en 1889 une « carte politique de l‘Indochine » qui est un modèle d’incompétence : 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Sa préface à cet opuscule daté de 1905, quoique dans l’air du temps, est consternante.

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

(5) En particulier « Le pays des Moïs entre l’Annam et le Mékong », 1889  et « Le Laos annamite », 1893 au titre significatif.

 

(6) Petrus Trong Vinh Ky devenu chrétien sous le nom de  Jean-Baptiste Pétrus Ky, annamite érudit de très haut niveau, fut élevé chez les jésuites ce qui peut expliquer bien des choses, d’autant qu’il jouait apparemment double jeu. Sa casuistique a été férocement démontée dans le remarquable ouvrage d’Antoine Michelland « Marie Ier, le dernier roi français » 2012.

 

(7)  « Lettre sur la France et le Siam » publiée dans le Journal de Genève du 2 juillet 1893).

 

(8)  Edouard Rolin « Le conflit franco-siamois » in « Revue de droit international et de législation comparée » 1893 : « En effet, les atlas récents montrent le Siam maître des deux rives du grand fleuve jusqu'à la frontière du Cambodge; nous avons sous les yeux deux atlas de Perthes de 1886 et de 1891, et un petit atlas de Philips, de 1887. Ce sont des atlas anglais et allemands. Mais voici mieux. Tout le monde connaît, au moins de nom, le magnifique Voyage d'exploration en Indochine, effectué pendant les années -1866, 1867 et 1868 par une commission française, etc., publié par les ordres du ministre français de la marine, sous la direction du célèbre lieutenant de vaisseau Francis Garnier, qui fut tué si malheureusement en 1873, l'année même où parurent ses deux volumes et son atlas. 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

En tête de cet atlas se trouvent deux grandes cartes ; la première est intitulée : « Carte générale de l'Indo- Chine et de la Chine centrale, telle qu'elle résultait des documents les plus récents avant le voyage de la commission française. » La seconde est intitulée : « Carte générale de l'Indochine, telle qu'elle résulte des travaux de la commission française. Or, sur les deux cartes, les frontières sont sensiblement les mêmes, et toutes deux donnent au Siam les territoires de la rive gauche du Mékong que la France revendique aujourd'hui, et qu'elle s'est mise en devoir d'occuper. " Le récit même de l'expédition faite en 1866-1868 par la commission française que présidait le capitaine de frégate Doudart de Lagrée, et dont le but était précisément de reconnaître la vallée du Mékong, montre que les explorateurs étaient munis de passeports délivrés par le gouvernement siamois, et que, sur tout leur parcours dans les régions aujourd'hui revendiquées, ils ont rencontré des mandarins siamois qui leur ont fait le meilleur accueil, leur procurant vivres, bateaux, moyens de transport, etc. 

H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Les deux localités que les Français ont occupées par surprise les 2 et 4 avril dernier sont spécialement désignées sur les cartes de l'expédition comme territoire siamois. La relation constate que l'expédition sortie du Cambodge a rencontré, à Stungtreng (une de ces localités) le « premier fonctionnaire dépendant du Siam avec qui elle devait entrer en rapports ». Il ne s'agissait  donc pas d'une possession purement nominale, mais d'une possession effective et manifeste; on peut ajouter paisible, car l'Annam avait, longtemps avant la conquête française, renoncé de fait aux prétentions que l'on veut, paraît-il, faire revivre sur ces parages ».

 
H 1- L’INCIDENT DE PAKNAM DU 13 JUILLET 1893 :  I - LES PRÉMICES : L’AFFAIRE GROSGURIN.

Partager cet article

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans HISTOIRE.
commenter cet article

commentaires