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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 22:27
LA « LONGUE MARCHE » D’ERIK SEIDENFADEN, DANOIS GENDARME ET ÉRUDIT AU SERVICE DU SIAM

Nous avons déjà rencontré Erik Seidenfaden, cet érudit ayant découvert la cité majeure du Dvaravati, Muang Fa Daet Song Yang au cœur de la province de Kalasin (1). Mais avant d’être homme de science, ethnologue, archéologue et anthropologue, il fut aussi d’abord et avant tout gendarme. Nous nous devions d’écrire quelques pages sur une carrière hors du commun. Nous connaissions en effet l’érudit mais pas le gendarme. Nous l’avons découvert au travers du site d’un Danois passionné http://scandasia.com qui a accès à des sources en danois qui ne nous sont pas accessibles et en avons tiré les renseignements et détails que nous vous donnons, notamment sur cette « longue  marche ».

LA « LONGUE MARCHE » D’ERIK SEIDENFADEN, DANOIS GENDARME ET ÉRUDIT AU SERVICE DU SIAM

Le gendarme

 

Erik Seidenfaden est né en 1881 à Copenhague, fils d’un ingénieur civil, Frederik Julius Seidenfaden (1839-1899) et de Emmy Margrethe Jacobine Philipsen (1852-1920). Il fut d’abord étudiant à l'université de Copenhague en 1898 et aurait ensuite étudié l'agriculture à Estruplund. Il entra ensuite dans une école militaire, probablement l’académie de Soro ...

LA « LONGUE MARCHE » D’ERIK SEIDENFADEN, DANOIS GENDARME ET ÉRUDIT AU SERVICE DU SIAM

... et devint sous-lieutenant d’infanterie en 1903. Le Danemark est un petit pays confiné par l’histoire dans un territoire minuscule après sa défaite contre la Prusse en 1864. Ceux de ses enfants qui veulent chercher, sinon trouver, gloire et fortune doivent s’expatrier et faute d’avoir l’exutoire des colonies comme la France ou l’Angleterre, le Siam est une destination privilégiée. Nous avons déjà rencontré l’amiral de Richelieu qui commandait en chef la marine siamoise lors de l’incident de Pak-Nam en 1893 (2).

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Depuis 1897 et jusqu’en 1915, c’est un Danois qui est à la tête de la gendarmerie siamoise, le Major-général (พลตรี) (c’est à dire général d’armée) Gustave Schau (3) devenu Phraya Wisathep (พลตรี พระยาวาสุเทพ) avec le titre d’ « Inspecteur générale des gendarmeries de province ».

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Erik Seidenfaden entre donc dans la gendarmerie siamoise en 1906, deviendra capitaine en 1907 et Major (commandant) en 1914. Pourquoi la  Gendarmerie ? Tout simplement parce que celle-ci est affaire danoise (4).

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Il restera au Siam jusqu’en 1947 et retourna ensuite à Copenhague où il mourut le 22 septembre 1958 (5). Sa carrière dans la gendarmerie va débuter par un exploit assez exceptionnel : par le traité du 23 mars 1907, le gouvernement siamois venait de céder à la France les territoires cambodgiens de Battambang, Siemréap et Sisophon (6).

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Ces provinces siamoises sont gouvernées par un vice-roi. Plus ou moins révocables à merci bien que le titre soit souvent héréditaire, tous en profitent pour s’enrichir sans se préoccuper le moins du monde du bien-être de leurs administrés, considérant l’argent des impôts comme le leur propre (7).

 

Le vice-roi en place est le Phraya Chum Apaiwong Katthathorn. Le poste est héréditaire dans sa famille depuis plusieurs générations.

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Bien que cela ne soit pas mentionné formellement dans le texte du traité ou de ses annexes, il est autorisé à quitter le pays avec tous ses biens. Schau donne alors l’ordre suivant à Erik Seidenfaden « Avec un détachement de 100 gendarmes, vous escorterez et assurerez l’accompagnement en toute sécurité à Prachinburi du gouverneur général Phraya Katthathorn et ce qui est à lui  ».

 

Depuis Battambang jusqu’à Prachinburi où le « grand homme » doit s'installer, il y a environ 300 kilomètres. Simple déménagement pensez-vous ?  Mais à cet effet, mille sept cents chars de bœuf vont être nécessaires dont mille trois cent cinquante ont été réquisitionnés au détriment des paysans de Prachinburi. Le convoi est divisé en neuf groupes et le voyage va durer trois mois. Il commence fin avril, la période la plus difficile en pleine saison des pluies. Courtoisement, les Français proposèrent aux Siamois d’utiliser leurs navires pour emprunter les voies navigables cambodgiennes et arriver au Siam. Le vice-roi refusa, préférant la route.

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Depuis les villes frontalières de Poipet au Cambodge et Aranyaphratet côté siamois, à l'ouest vers Kabinburi et Prachinburi, le sol est une plaine plate sur laquelle – aujourd’hui – fleurissent les plantations d'eucalyptus. Mais à partir de la mi-avril la région est arrosée par les eaux provenant de la chaîne de montagnes Khao Yai au nord. Pour avoir une idée de l'épreuve, de la frontière cambodgienne par Aranyaphratet jusqu’à Prachinburi par la route 33, « la route touristique d’Aranyaphrathet », qui n'est à peu près que la moitié de la distance totale, il y a actuellement des ponts sur 22 ruisseaux, canaux ou rivières dont la plupart n’existaient pas à cette époque. Les hommes de Seidenfaden étaient en selle de 15 à 17 heures par jour, trempés, piqués par les insectes, mal nourris et couverts de boue. Les chevaux de course australiens du vice-roi – réputés pour leur robustesse – pataugent également dans la boue et sont harcelés par les taons et les mouches.

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Pour reste de besoin, choléra et béribéri attaquent les hommes de peine et les gendarmes. Le jour tombé, les charriots s’organisent en cercles pour la sécurité mais les hommes ne peuvent sécher. L'eau pénétrait tout, jour après jour, semaine après semaine.

 

Les ruisseaux et les rivières ne sont pas guéables, ils sont creusés dans un sol lourd avec des bords escarpés. Tous les chars à bœufs doivent, un par un, être descendus à la force des bras avec des cordes jusqu'au fond et remorqués de la même façon sur l’autre rive. Il fallut parfois construire des ponts de fortune.

La cargaison transportée a de quoi causer de sérieux soucis à notre major, compte tenu de la crainte des hordes de bandits de grands chemins mais démontre en tous cas que les fonctions du vice-roi furent lucratives :

 

1.800.000 piastres d'argent et les meilleures défenses d’éléphants, stockées dans le convoi numéro 2, composé de 215 chars à bœufs.

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Toute la famille du vice-roi comprenant en particulier 44 concubines et 50 enfants.

Un nombre indéterminé de fonctionnaires siamois.

Un lot étonnamment considérable d’objets coûteux et d’effets personnels.

Un nombre indéterminé de chevaux de course australiens.

37 éléphants,  26 d'entre eux portant les filles du « grand homme » et des « filles de ballet » (des hétaïres ?) juchées sur leurs vastes  selles (howdahs).

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Une grande quantité de défenses d'éléphant ordinaires.

Un troupeau de chevaux ordinaires.

Des troupeaux de bovins, de bœufs, de moutons et de chèvres et 3 cerfs.

La propre garde du vice-roi composée de 40 hommes armés de fusils et d'épées.

 

Le souci primordial de Seidenfaden était le trésor : Lorsque le convoi numéro 2 - fortement gardé et protégé - a atteint Prachinburi - Seidenfaden fut soulagé.  Une puissante horde de voleurs aurait en effet été tout au long du trajet dans les talons du convoi. 1.800.000 piastres d'argent à cette époque représentaient 18 millions de francs de l’époque soit l’équivalent de 50 millions d’euros 2016 ou de 2 milliard de bahts. En utilisant de là les navires de la gendarmerie, les caisses d'argent furent alors transportées dans une banque à Bangkok, dont le personnel dut travailler plusieurs jours pour tout compter. Mais la mission n’était pas définitivement accomplie. Lorsque le dernier convoi atteignit Kabinburi (à plus de 50 kilomètres de la destination finale) le transport terrestre devint impossible en raison de tous les débordements de la rivière Prachin et de ses affluents. Par bonheur, 5 steamers appartenant à la Gendarmerie et 40 grosses barges purent prendre le contenu des chars en charge et naviguer sur la dernière partie du chemin.

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Le détachement des gendarmes était décimé par le béribéri, le paludisme et la dysenterie. Erik Seidenfaden lui-même était dans un char, sans soins. Un sergent le trouva et tenta de l’'aider. Son collègue danois, le capitaine Johansen, vint à son secours et l’installa dans une péniche confortable où il put se remettre. Le vice-roi fut alors nommé gouverneur de la petite province de Prachinburi et Chaophraya Aphayphubet (เจ้าพระยาอภัยภูเบศร) et, pour loger son cheptel et ses richesses ; Il fit construire un château de deux étages de style baroque rococo, ancien hôpital de la ville devenu musée de la médecine traditionnelle.

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Le palais est construit – quoiqu’encore plus spectaculaire – sur le modèle de son palais de Battambang, œuvre d’un architecte français ou italien.

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En 1914, Erik Seidenfaden devint le chef de l'école des officiers de la gendarmerie royale et démissionna en 1920. Il devient chef du département de comptabilité de la Thai Electric Corporation Ltd., jusqu'en 1941 et prit sa retraite à Bangkok jusqu’en 1947 puis il retourna avec sa famille dans son pays natal où il continua à écrire jusqu’à sa mort. A partir de 1920, il put se consacrer plus activement à son activité érudite.

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L’érudit

 

Sa première publication majeure date de 1922 (8). Citons le début : « Pendant un séjour de onze ans dans le Siam Oriental ou Bas Laos siamois, j'ai eu l'occasion de voir la plupart des ruines, sanctuaires, villes et inscriptions khmères décrites par M. le commandant Lunet de Lajonquière dans son « Inventaire descriptif des monuments du Cambodge, tome II ». Mais en outre, j'ai pu, au cours de mes tournées d'inspection, visiter moi-même ou me faire signaler un certain nombre d'autres ruines et de nouvelles inscriptions, et, dans certains cas, compléter ou rectifier divers renseignements donnés par M. de Lajonquière (9). Il va sans dire que je n'ai à aucun degré la prétention d'être archéologue, et si je me décide à présenter ce travail, c'est sur les instances de M. G. Coedès, Conservateur de la Bibliothèque Nationale de Bangkok, qui a estimé qu'il y aurait intérêt à publier ces notes, avant que ne disparaissent ces ruines, stèles ou autres monuments qu'aucun règlement ne protège encore ».

 

Ces découvertes concernent des dizaines de sites, certains aujourd’hui disparus, des provinces d’Ubon, de Surin, de Roiét, de Mahasarakham, de Nakhon Phanom, de Sakon Nakhon, de Khonkaen, de Khorat, de Chayaphum, de Buriram et de Kalasin dont il écrit alors, parlant du site de Muang Fa Daet et de son chédi « Amphoe de Kamalasai - Ban Muang Sung Yang - En ce point, situé à 15-16 km. à l'Ouest du chef-lieu de l'amphoe, doit exister un sanctuaire en briques avec sculptures en pierre ».

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Président (1937-1941) puis membre honoraire (1947) de la Siam Society, il a écrit un grand nombre d'articles pour le Journal of the Siam Society, et pour son annexe d’histoire naturelle car il s’intéresse aussi aux sciences de la nature.  Tous ses  articles sont maintenant disponibles en ligne. Son obituaire en donne une liste complète (5). Ses écrits furent également nombreux pour le « Bulletin de l’Ecole française d’extrême orient », également disponibles en ligne (10). Il fut également prolixe revenu dans son pays natal jusqu’à sa mort, mais en danois.

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Sans formation académique formelle, il était un amateur enthousiaste. Ayant remarqué « avec tristesse, comment les costumes nationaux et régionaux, pittoresques et éternels, disparaissent presque partout, pour être remplacés par des robes de mode plus ou moins internationales », il organise en 1937 dans la salle de conférence de la Siam society une exposition rassemblant les costumes des différentes branches des peuples thaïlandais et des communautés non thaïlandaises, principalement dans le nord-est du pays.

 

Nous n’avons malheureusement pas pu en trouver de photographies. Il a reproché à la radio la disparition de dialectes et des traditions culturelles séculaires ajoutant que «  le klaxon du camion à moteur avec sa charge de textiles étrangers bon marché sonne le glas des costumes nationaux ». En 1939, il fut le premier (et à ce jour le seul) à avoir étudié le peuple Lao-Ti, un groupe ethnique de la province de Ratchaburi.

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Parlant plusieurs langues, il écrit en français, en anglais, en allemand et en danois (évidemment), il est également rompu au thaï et à plusieurs dialectes locaux de l’Isan.

 

Il reçut le titre de chevalier de l'Ordre de la Couronne Siamois en 1912, en 1926 la Médaille de la Couronne Siamois  ainsi que l'Ordre de l'Eléphant Blanc Siamois.

 

Ce gendarme érudit ou cet érudit gendarme méritait notre hommage.

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NOTES

 

(1) Voir nos articles

A 213 – « LES ORIGINES MYSTÉRIEUSES DES BORNES SACRÉES (BAÏ SÉMA) DES TEMPLES DE L’ISAN EN THAÏLANDE »

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/05/a-213-les-origines-mysterieuses-des-bornes-sacrees-bai-sema-des-temples-de-l-isan-en-thailande.html

et :

INSOLITE 6 – « AU CŒUR DE LA PROVINCE DE KALASIN, LA CITÉ MYSTÉRIEUSE DE KANOK NAKHON (กนกนคร) « LA VILLE D’OR », CITÉ MAJEURE DU DVARAVATI ».

 

(2) Voir notre article 138 - « Qui était le Commodore du Plessis de Richelieu, Commandant en Chef de la marine siamoise en 1893 ».

http://www.alainbernardenthailande.com/article-138-qui-etait-le-commodore-du-plessis-de-richelieu-commandant-en-chef-de-la-marine-siamoise-en-189-123550274.html

(3) Ce soldat de fortune, personnage hors du commun, s’est signalé de façon retentissante en 1899 : les Chinois à Bangkok étaient engagés dans une sanglante guerre de gangs entre sociétés secrètes rivales pour le contrôle des territoires, perturbant la tranquillité de la capitale. Le roi et le prince Damrong lui ordonnèrent d’intervenir avec « tous les moyens nécessaires ». Il partit vers le quartier chinois avec 300 hommes et 400 marins que lui avait fourni Richelieu. Ils se battirent comme des lions. Tous les Chinois qui offraient de la résistance furent tués. Beaucoup sautaient dans les canaux mais étaient abattus dans l'eau. Des centaines furent arrêtées, certains décapitées, certains fouettées puis relâchées. Ceux qui étaient été arrêtés étaient regroupés par deux ou plus, attachés entre eux par leurs tresses et ensuite emmenés dans l'arsenal de Richelieu. Les Siamois (mais probablement pas les Chinois) l’appelèrent dès lors « le bon Danois ».

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Lorsqu’il prit sa retraite en 1915, l’ordre intérieur régnait dans tout le pays : Après la mort du roi Chulalongkorn en 1910, les relations du prince Damrong avec le roi Vajiravudh devinrent tendues. Le prince démissionna en 1915 pour « problèmes de santé » pour éviter qu’une simple démission soit considérée comme un affront au monarque et Gustave Schau dut suivre. Il dit alors à Erik Seidenfaden : « Quand je serai parti, la gendarmerie sera radicalement transformée. Tout ce que j'ai construit pendant ces 18 ans, sera démoli. Mon travail a été en vain ». A partir de cette date, les gendarmes danois furent mis à pied les uns après les autres sans autre forme de procès et disparurent définitivement du pays en 1926.

 

(4) La gendarmerie siamoise a été établie en 1897 par le roi Rama V et le prince Damrong, son frère pour mettre un terme à l'anarchie régnant dans les campagnes Les officiers recrutés étaient pour la plupart danois. L’inspiration se trouve incontestablement au Danemark sur le modèle des « Gendarmes bleus »...

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... créés par le premier ministre Estrup...

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... et le roi Christian IX en 1885.

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Le prince Damrong, alors ministre de l'Intérieur, se rendit au Danemark en 1891, le roi Chulalongkorn en 1897 et il envoya plusieurs de ses fils suivre une formation militaire à Copenhague.

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Les relations entre les deux maisons royales furent et restèrent très cordiales, le commodore de Richelieu y a probablement joué un rôle important. En 1914 le « Bangkok Siam directory » nous donne la liste de la hiérarchie provinciale dans la Gendarmerie pour l’année précédente, il n’y a que des noms à consonance danoise dont, à Ubon, le Capitaine Seindenfaden.

(5) « Obituairy » in Journal de la « Siam society », 158.

(6) Voir notre article 27. « 1907 ? Le Siam cède ces territoires "Cambodgiens" »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-27-les-relations-franco-thaies-1907-67452375.html

et

Maurice Zimmermann : « Traité du 23 mars 1907 avec le Siam » In : Annales de Géographie, t. 16, n°87, 1907. pp. 277-278.

Il est à noter que notre gouverneur était apparenté à la princesse Suvadhana, elle-même liée à  la famille royale cambodgienne, épouse du roi Vajiravudh. Il fut le père de Khuang Aphaiwong, premier ministre du Siam en 1944-45 et plusieurs fois ensuite.

(7) « Le royaume du Cambodge » par Jean Moura, 2015.

 

(8) « Complément à l'Inventaire descriptif des monuments du Cambodge pour les quatre provinces du Siam Oriental ». In : Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 22, 1922. pp. 55-99.

 

(9) L’ouvrage encyclopédique de Lunet de La Jonquières, « Inventaire des monuments du Cambodge » dans son tome II fait en réalité également l’inventaire des monuments du « Laos  siamois occidental » et  du « Laos siamois oriental » c’est à dire l’ensemble de l’Isan. Il écrit « Muang Kalasin : on ne nous a rien signalé dans ce district est situé dans le N.O. de Yasthon,  environ 110 km sur un des affluents du Lam Pha Chi ». Il écrit en 1907, Kalasin n’a pas encore statut de province.

 

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(10) Sans avoir la prétention d’être exhaustifs, nous avons  complété cette  liste qui privilégie volontiers les minorités tribales :Some Notes about the Chaubun; a Disappearing Tribe in the Korat Province (XII - 3 et XIII-3) – An excursion to Lopburi (XV -2) – An excursion to Phimai (XVII-1)

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Additional Note on tle Lawa (XVII-2) – The white Meo, translation of a paper written by Luang Boriphandh Dhuraratsadorn in reply to the questionnaire of the Siam Society » (XVII - 3) –  Supplementary note to Lemay's The Lü (XIX - 3) –  The Kha Tong Luang (XX-1) – A translation of a Siamese account of the construction of the Temple on the Khao Phanom Rung (XXV – 1)  The Hill Tribes of Northern Siam (Notes) (XXV – 2) – Anthropological and Ethnological Research Work in Siam (XXVIII – 1)Further Documents on the Romanization of Siamese (XXVIII – 1)Some antiquities at Ta Rua (XXXI – 1)Some antiquities on Doi Suthep (XXXI – 1)  An analysis of das land der Tai (Notes) (XXXI – 1)   Siam's Tribal Dresses (XXXI – 2)

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The Lawa of Umphai and Middle Me Ping (XXXII – 1) –  An Appreciation of the Cahiers de l'Ecole Francaise d'Extreme-Orient (XXXIII – 1) – Fairy Tales of Common Origin (Notes) (XXXIII – 2) – Early Trade Relations between Denmark and Siam (Notes) (XXXIII – 2) – The Name of Lopburi (Notes) (XXXIII – 2) – On a Find of Neolithic Implements (Notes) (XXXIII – 2) – Further Appreciation of the Cahiers (XXXIV – 1) – The Peoples of the Menhirs and of the Jars (XXXIV – 1) – Fairy Tales of Common Origin (XXXIV – 1) – A Mystery Temple in Surat Province (Notes) (XXXIV – 1) – Anthropological Gleanings (Notes) (XXXIV – 1) – Common Religious Beliefs (Notes) (XXXIV – 1) – The So and the Phuthai (XXXIV – 2) – His Royal Highness Prince Damrong Rajanubhab (Memoriam) (XXXV – 1) – Mon Influence on Thai Institutions (Notes) (XXXVI – 1) – Notes on the Bulletin of the Institut Indochinois: Pour L'Etude de L'Homme, Vols. I-IV, 1938-1941 (Notes) (XXXVI – 1) – Giant Early Man from Java and South China (XXXVIII – 1)  – The Kui People of Cambodia and Siam  (XXXIX – 2) – A note on the Reverend Father Savina (XL  - 1) – Ethnic Groups of Northern Southeast Asia (Notes) (XL  - 1) –  In Memoriam: Phya Indra Montri (Dr. F.H. Giles) (XL  - 1) – An appreciation of Colonel Henri Roux's « Quelques minorites ethniques du Nord-Indochine » (XLIII  - 2) – The Origins of the Vietnamese (XLVI  - 1).– A note on the Reverend Father Savina (XL  - 1) – Ethnic Groups of Northern Southeast Asia (Notes) Ethnic Groups of Northern Southeast Asia (Notes) (XL  - 1) –  In Memoriam: Phya Indra Montri (Dr. F.H. Giles) (XL  - 1) – An appreciation of Colonel Henri Roux's « Quelques minorites ethniques du Nord-Indochine » (XLIII  - 2) – The Origins of the Vietnamese (XLVI  - 1).

 

Dans « The Natural History Bulletin of the Siam Society » de 1923  nous trouvons un  article sur le Pla Buk, le silure géant du Mékong. En 1930, une très longue analyse de deux ouvrages publiés en allemand « Reisen in Siam » du Dr. W. Credner et « Geographische Untersuchungen in Siam » du  même auteur.

 

Son « Guide to Bangkok with notes on Siam » publié en 1927 et toujours réédité est précédé de descriptions particulières, réunies sous le titre général de « Sight seeing » et d’une introduction générale pleine d'intérêt touchant l'histoire et la topographie de la ville, l'architecture siamoise, les fêtes et cérémonies en usage au Siam et particulièrement dans la capitale est probablement ce qui a été écrit de mieux malheureusement jamais traduit en français.

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Dans un article de 1942 « La cérémonie du rek nà et une ancienne coutume agricole danoise » publiée dans le Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient (Tome 42,  1942. pp. 133-134) il fait un rapprochement singulier entre une coutume siamoise perdue (แรก นา) et une autre de son pays qui nous rappelle curieusement ce que nous avons écrit sur une hypothétique présence des Vikings au Siam (Notre article A.53 « Histoire mystérieuse de la Thaïlande : Les Vikings au Siam ? » –  http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-53-histoire-mysterieuse-de-la-thaialnde-les-vikings-au-siam-97571778.html)

 

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