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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 18:07
INSOLITE 12- LA LANGUE DES SAEK DE NAKHON PHANOM, UN VESTIGE DE LA PROTOHISTOIRE ?

Erik Seidendafen, l’omniscient gendarme Danois, n’a malheureusement étudié cette ethnie des Saek que superficiellement dans les années 30. Ne le lui reprochons pas, en dehors de ses activités d’ethnologue, linguiste et archéologue amateur éclairé, il se devait à ses fonctions officielles probablement fort absorbantes dans la gendarmerie siamoise (1).

 

Les premières études en profondeur sont celles d’un français, André-Georges Haudricourt dans les années 50 (2).

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C’est un américain William J. Gedney qui a effectué pendant plusieurs années à la suite de Haudricourt, un travail de bénédictin sur cette ethnie et essentiellement son langage (3). Son article de 1970 « THE SAEK LANGUAGE OF NAKHON PHANOM PROVINCE » dans lequel il donne un bref et trop modeste aperçu de ses travaux nous a permis de découvrir cet « ilot ethnique et linguistique » proche de chez nous, dans la province de Nakhon Phanom (4).

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Ce sera ensuite James R. Chamberlain, linguiste et ethnologue américain qui vit actuellement au Laos qui reprendra le flambeau (5).

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Le langage saek (phasa saek – ภาษาแสก) est un dialecte (phasa thin – ภาษา ถิน) parlé peut-être encore par quelques centaines d’habitants dans de rares villages du Laos dans la région de Thakhèk (ท่าแขก), province de Kammouan (คม่วน). Son  existence a été signalée dès 1883 – mais non étudiée – en particulier par Doudard de Lagrée (6)

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et en 1904 par Monseigneur Cuaz qui l’appelle « sêk » (7).

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Mais elle est essentiellement parlée sur la rive droite du Mékong – là où Gedney l’a étudiée en profondeur - dans l’amphœ de Muang à quelques kilomètres au nord de Nakhonphanom dans le seul tambon de At Samat (อาจสามารถ) et à  l’intérieur de ce tambon qui comporte 10 villages, au sein de trois seulement, At Samat nord (moo 5 - หมู่ 5), At Samat sud (moo 6 - หมู่ 6) et Phaï lom (ไผ่ ล้อม). La superficie de ce tambon est de moins de 3.000 hectares.

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Il est situé sur la rive droite du Mékong très exactement à la hauteur du troisième « pont de l’amitié » à l’ouest de la route 212 qui longe le Mékong et conduit à Tha Uthen (ท่าอุเทน) face à Thakhèk.

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Gedney ne nous donne pas la population de ces villages, mais elle était probablement à l’époque (il écrit en 1970) de beaucoup moins de 10.000 habitants. Les chiffres actuels, (Nous n’avons pas la ventilation par villages), au vu de sites plus ou moins officiels (8) avec de petites différences nous donnent approximativement 1.300 familles pour un peu plus de 6.000 habitants.

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Gedney nous explique l’origine de sa passion : En 1964-65, il a passé un an dans le cops des « volontaires pour la paix », à étudier plusieurs langues de la famille Taï, travaillant principalement avec des réfugiés vivant à Taiwan, à Hongkong, au Vietnam du Sud, à Vientiane et dans le nord de la Thaïlande. Des linguistes l’ont alors poussé à étudier la langue Saek. En mars 1995, il s’est rendu à Nakhon Phanom et a interrogé les fonctionnaires des services de l'éducation pour savoir où était parlé le Saek. Ils le conduisirent à At Samat et le mirent en rapport avec des locuteurs qui lui permirent, en deux journées entières passées dans les locaux de l’école, d’enregistrer « environ trois mille mots ». Il fut après ce premier et studieux contact en mesure d’analyser le système des tonalités, différent de celui du Thaï comme  nous le verrons. Mais, incertain de son travail, il revint un mois plus tard y travailler trois jours pleins pour corriger ses erreurs. Il y revint en juillet 1966 pendant une semaine entière et se consacra en particulier à l’enregistrement de textes, de chansons et de traditions. Travaillant à nouveau sur les langues Taï en 1968-69, il fit encore trois séjours à At Samat pour y terminer son dictionnaire et retourner travailler aux Etats-Unis, collationner les textes et les publier après des années de travail dans le cadre du département de linguistique de l’Université du Michigan et de sa participation à diverses sociétés savantes de son pays en sus de la Siam society.

 

L’ensemble de ses travaux de 1965 à 1982 a abouti à la publication en 1993 d’un ensemble de textes et d’un glossaire de plus de 9.000 mots, un épais volume de 989 pages (9), un volume impressionnant, résultat de ses études de terrain intensives à At Samat.

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Pour lui « Ce village d'At Samat est un lieu agréable et prospère. Il y a une grande école et un assez grand monastère.

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En fait administrativement Ban At Samat compte comme deux villages, avec un chef pour le nord et un autre pour le sud. Les Saek sont économiquement  favorisés, ils cultivent de beaux vergers et pratiquent la pêche dans le Mekhong à grande échelle.

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En ce qui concerne les caractéristiques ethniques de la population proprement dite, Gedney ne signale pas de traits physiques particuliers. Il n’en apparait en tous cas pas sur les  photographies récentes. Mais c’est essentiellement les caractéristiques de cette langue qui passionnent Gedney.

 

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« La plupart des Saek parlent non seulement Saek mais aussi la variété locale de Lao (il s’agit évidemment de l’isan) et également le thaï de Bangkok. Beaucoup d'entre eux se rendent souvent à Nakhon Phanom à vélo ou en autobus pour faire  leurs courses. Certains y sont employés comme fonctionnaires du gouvernement et  d’autres sont enseignants dans leur propre village ou ailleurs. Aujourd'hui, bon nombre travaillent à la base militaire américaine en dehors de la ville de Nakhon Phanom.

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(La base américaine se situait à l’emplacement de l’actuel aéroport à 15 kilomètres à  l’ouest de la ville).

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« Quelques-uns vivent  à Bangkok. Leur niveau de vie n'est pas inférieur à celui des autres villages de la province. En fait, leurs maisons ont tendance à être plus grandes et plus robustes que celles des autres régions. Ce sont de pieux bouddhistes, et autant que j'ai pu observer ce sont de loyaux citoyens thaïs.

 

Leur culture est en réalité presque entièrement identique à  celle des autres peuples du nord-est, seule la langue est différente ».

 

« Les habitants de Ban At Samat rapportent qu'il y a quelques autres villages de Saek dispersés ici et là en divers endroits dans la province de Nakhon Phanom. Ils disent que la langue qui y est parlée diffère quelque peu de la leur à la fois en prononciation et dans le vocabulaire. J'ai moi-même jusqu'ici étudié seulement la variété de Saek parlé à Ban At Samat ».

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Faisant référence probablement à Haudricourt, Gedney rappelle que des savants français ont étudié le Saek parlé sur l’autre rive du Mékong en particulier à Thakkék et que la langue qui y est parlée est très semblable à celle de Ban At Samat, avec quelques différences de prononciation et de vocabulaire.

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En ce qui concerne l’estimation du nombre des locuteurs, l’Américain est probablement optimiste : « Personne n'a estimé combien il y a de locuteurs. J'imagine qu'ils se chiffrent par milliers, mais probablement pas par dizaines de milliers ». Mais sa conclusion est sans faille : « Je ne sais ce qui se passe du côté lao du fleuve, mais dans la province de Nakhon Phanom il semble probable que dans une ou deux générations cette langue peut disparaître, parce que les enfants aujourd'hui même quand à la maison ils comprennent le Saek parlé par leurs parents et Grands-parents, ils  répondent en lao (Isan évidemment) quand on leur parle ». Les jeunes parlent l’isan et le Thai standard et oublient le Saek. Le plus souvent quand Gedney les interroge sur le nom  de telle ou telle chose, ils doivent le demander aux personnes âgées : « J'ai parfois demandé aux personnes âgées si elles n'ont pas peur que leur langue disparaisse dans trente, quarante ou cinquante ans, ils répondent qu'ils en sont sûrs parce que les enfants n'aiment pas parler Saek mais qu’il n’y a rien à faire ».

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D’où viennent-ils ?

 

Nul ne le sait avec certitude mais leur tradition – recueillie par Gedney – les fait venir du Vietnam, il y a peut-être « cent ou deux cents ans ». La légende est belle : Ils y vivaient dans deux villages mais victimes d’une famine, ils tuèrent et mangèrent un éléphant blanc appartenant au roi. Ils furent condamnés à une amende énorme qu’ils ne purent payer. Alors un fonctionnaire vietnamien nommé Ong Mou (โองมู้) les prit en pitié et leur prêta l'argent pour payer l'amende, de sorte qu'ils sont venus  à le considérer comme leur patron. Ils s'enfuirent et vinrent s'établir à Nakhon Phanom sans avoir pu rembourser leur dette. Mais l’âme de Ong Mou les poursuivit jusqu’à Ban At Samat où un sanctuaire (sala Ong Mou - ศาล โองมู้) fut construit en son honneur comme protecteur du village et où les habitants lui font, toujours encore au XXIème siècle, une cérémonie annuelle la première pleine lune du mois de février pour lui rendre hommage.

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Il s’agit d’une tradition orale recueillie auprès de quelques vieillards par Gedney qui a l’honnêteté de dire qu’il n’a pas eu loisir d’approfondir cette question. Pour Chamberlain, plus prosaïquement, ils auraient été déportés depuis le Vietnam par les armées siamoises entre les années 1828 et 1860 environ. Les Saek sont arrivés en Thaïlande avec leur langage au début du XIXème depuis le Vietnam, peut-être du sud de la Chine, nous n’en savons pas plus. 

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Avant Gedney, la langue n’avait pas fait l’objet d’études exhaustives. Le premier était Seidenfaden qui n’avait pas noté des mots mais avait considéré qu’elle était une langue de la famille Mon-Khmer ce qui était une erreur que Gedney explique par une confusion faite avec un autre groupe minoritaire voisin, les So, dont la langue est en effet une langue Mon-Khmer (10).

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Par la suite, les Français, essentiellement Haudricourt à partir de 1904 avaient établi des listes de 100 ou 200 mots sans analyser les tonalités, peu de choses mais néanmoins déjà l’enregistrement de données réelles. Cette étude avait permis à Haudricourt, sans avoir élucidé la question des tonalités, d’être assuré que le Saek était une langue de la famille Taï (11), origine qui ne fait actuellement plus aucun doute ni pour Gedney ni pour Chamberlain ni pour Michel Ferlus...

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...ni pour le linguiste thaï Pittayawat Pittayaporn (12).

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Quelques  détails sur la langue Saek

 

Nous n’entrerons évidemment pas dans le détail mais signalons quelques singularités compréhensibles même pour ceux qui ne connaissent pas la langue thaïe contemporaine.

 

1) Comme le Thaï, la langue est tonale mais comporte six tons au lieu de cinq ce qui ne facilite pas les choses pour sa retranscription en caractères thaïs (13).

 

2) Le système des voyelles, brèves ou longues, est plus ou moins le même qu’en Thaï ainsi que celui des consonnes mais l’une d’entre elle dont Gedney situe le son entre le « c » et le« ch » est inconnue du thaï, il utilise pour la reproduire le gamma grec (γ ).

 

3) Á l’inverse des Thaïs, les anciens Saek – mais plus les jeunes(15) – font nettement la distinction entre le « r » et le « l ».

 

 

4) Á l’inverse du Thaï, il existe un son nasalisé que Gedney représente par le « n tildé » espagnol (ñ)

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Les conclusions que tirent Gedney et Chamberlain, à la suite de celles de Haudricourt sont que la langue Saek représente une forme archaïque dans les langues de la  famille Taï, elle est, conclut-t-il « la langue maternelle du Taï », probablement celle qui était parlée dans les temps préhistoriques.

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Le professeur Fang Kuei Li, un universitaire professeur de Chinois à l’Université de Washington, parle de « Proto-taï » (16).

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Pittayawat Pittayaporn met avec humour en exergue de son article un cœlacanthe, ce n’est pas dire que le Saek est la langue que l’on parlait au temps de la « guerre du feu » mais qu’elle est à la lointaine origine du thaï actuel comme ce poisson serait à l’origine de l’espèce humaine et que, comme ce poisson, elle est un fossile survivant.

 

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Elle est en tous cas en voie de disparition et il est permis de penser qu’à l’heure où nous écrivons (2017) elle n’est plus guère pratiquée que dans une Université américaine.

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NOTES :

 

(1) « A Note on the Reverend father Savina » et « Ethnic groups of Northern Southeast Asia » in Bulletin de la Siam Society , volume 40-I de 1952.

 

(2) Disparu en 1996, ce français était tout à la fois ethnologue et ethnographe, botaniste, anthropologue et linguiste. Il avait une connaissance approfondie des dialectes de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie, de Pitcairn, de la Guyane et de l’Inini en sus de ceux de la péninsule indochinoise etc…. Ses publications sont innombrables. Voir l’article que lui a consacré le Bulletin de l’école française d’Extrême-Orient, tome 84 de 1997 et l’article de François Jacquesson « Propos de André-Georges Haudricourt - Dialogues avec André-Georges Haudricourt » In : Médiévales, n°16-17, 1989).


(3) Il avait une connaissance approfondie de 22 dialectes de la péninsule et de leur  histoire. Voir son obituaire dans le  journal de la Siam society, volume 87 de 1999.

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(4) In : Journal de la Siam society, volume 58- I de 1970.

 

(5) Voir « THE ORIGIN OF THE SEK: IMPLICATIONS FOR TAl AND VIETNAMESE HISTORY » in Journal de la Siam society, volume 86 de 1998).

 

(6) Ernest Doudart de Lagrée « Exploration et missions de Doudart de Lagrée  - Extraits de ses manuscrits, mis en ordre par M. A.-B. de Villemereuil » 1883)

 

(7) « Lexique Français-Laoçien » 1904)

 

(8) http://www.tambonatsamart.go.th/web/ et

http://www.thaitambon.com/tambon/480107)

 

(9) William J. Gedney « The Saek Language Glossary, Texts, and Translation ». Edité par Thomas John Hudak par le « Center for South and Southeast Asian Studies » de l’Université du Michigan, 1993 et une édition plus complète en 1997.

 

(10) Le pays des Thaïs So (ไทโส็) se situe dans le village de Kusuman (กุสุมาลย์) dans la province de Sakhon Nakhon à une vingtaine de kilomètres sur la route 22 qui conduit à Nakhon Phanom. Un petit musée leur est consacré.

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Ethniquement, ils semblent fort différent des Saek si l'on en croit la statuaire du musée ?

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(11) Les langues taï sont un sous-groupe de la famille des langues taï-kadaï auquel appartiennent le shan en Birmanie, le zhuang au sud de la Chine, le lao, les langues tay des régions montagneuses du nord du Viêt Nam et bien sûr, le thaï, langue nationale qui en est le spécimen le plus cultivé et le plus connu.

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Les langues môn-khmer sont un ensemble discontinu de langues parlées en Asie du Sud-Est dont – en particulier le khmer et le môn de Birmanie qui à l’inverse du thaï ne sont pas des langues tonales.

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(12) Voir Michel Ferlus « Phonétique et écriture du Tai de Qui Châu (Vietnam) ». In: Cahiers de linguistique - Asie orientale, vol. 22 1, 1993, pp. 87-106.  –  Pittayawat Pittayaporn « Saek as a not-so-aberrant Tai language », publication du département de linguistique de l’Université Chulalongkorn.

 

(13) Aux cinq tons thaïs (neutre, bas, descendant, haut, montant), Gedney en ajoute un en subdivisant le ton descendant en  « descendant haut et descendant bas ». Si l’écriture actuelle issue de celle imaginée par les lettrés de Ramakhamhaeng est un outil magnifique pour traduire la diversité des sons et des tons, elle est  conçue pour 5 tons en non pour 6. Les divers dialectes de Hmongs qui n’ont jamais eu d’écriture comportent en général de 6 à 8 tonalités, parfois jusqu’à 11 ce qui rend pratiquement impossible la création d’un système d’écriture cohérent : voir Barbara Niederer « La langue Hmong » in : Amerindia n°26-27, 2001-2002.

 

(14) C’est le « n » à la fin d’une syllabe : Le son nasal français, c’est celui du pain, du vin ou du nouvel an… « ane » pour un Thaï et non « an ».

 

(15) Voir ศรินยา จิบรรจ « การแปรการใช้คำศัพท์ของคนสามระดับอายุในภาษาแสก » (Sarinya Jitbanjong  « A Variation of Lexicon Usage in Saek Language among Three Generation »), une étude de 2008 dans laquelle  l’auteur étudie la manière  dont 275 mots de la langue Saek pure (celle de Gedney dans son premier  glossaire de 1993) varie en fonction des générations, 55-65 ans, 35-45 ans et 15-25 ans. Selon lui, les plus âgés utilisent encore 62,90 % de la langue pure, les jeunes de façon épisodique et 8,37 % du vocabulaire a complétement disparu. De 1993 à 2008, 15 ans ont passé, beaucoup moins qu’une génération.

 

(16) Cité par Gedney : Fang Kuei Li « A Handbook of Comparative Tai », 1978, Hawaii : University of Hawaii Press.

La danse sacrificielle (février 2013) :

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