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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 18:01
RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Toute « Histoire » ne peut s’écrire qu’à partir de sources écrites, orales, archéologiques, ou autres traces, et leur nombre diminue à mesure que l’on plonge dans le passé ou que le pays a disparu. Ainsi Finot* nous rappelle que  Cœdès a relevé 218 inscriptions pour les royaumes qui ont occupé la Thaïlande actuelle dont 15 pour le royaume de Sukhodaya (Sukhotai) qui s’échelonnent chronologiquement entre 1292 et 1530.

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La plus célèbre et controversée est la stèle de Rama Khamphen (ou Ramakhaheng) de 1292 trouvée par le Prince Mongkut en 1833 (Ce sera notre prochain article);

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle II a été trouvée en 1887 au Vat Sri Jum de Sukhotai (Jum est une ville);

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle III est dite celle de Nagara Jumet

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

...et les stèles IV-VII forment un groupe qu’on peut appeler le groupe du bois des Manguiers à l’ouest de la ville de Sukhotai ;

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle VIII a été découverte en 1908 par le roi Chulalongkorn ;

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

... et la IX se compose de trois stèles contenant des portions d’une même inscription de 1406 env. ; les autres n’offrent qu’un intérêt secondaire. Ce qui fait peu pour l’histoire d’un royaume qui a duré 200 ans (de 1238 à 1438), surtout comme vous pouvez le voir en note avec Cœdès dans  « Documents sur la dynastie de Sukhodaya »,  la traduction du texte gravé de trois de ces  stèles donne un résultat décevant.

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La 1ère stèle évoque le roi Lidaiyaraja (Loethai), petit-fils de Sri Ramaraja. Elle a pour fonction de montrer combien il est un grand roi, un grand scientifique, vertueux, etc. Elle a aussi pour objet de commémorer la venue à Sukhodaya en 1361 d’un moine de Ceylan et l’ordination du roi au monastère du bois du Manguier.

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle 2 concerne également le roi Loethai avec son accès au trône du royaume de Sukhodaya (Généalogie, réception, son titre) ; Ses qualités (religieuses, morales, sa générosité) ; et encore la venue et le séjour d’un moine, d’un Mahasami  Sangharaja,  en 1283, après 22 ans de règne du roi, provenant de Lanka dans le temple du bois des Manguiers durant lequel le roi sera ordonné avec faste. (Observez les dates !)

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle 3 exalte encore les mérites du roi Loethai (Lideyya ou Lidayya); son immense savoir (La grammaire, la nature de Tipitaka), son ordination au saint bois des Manguiers avec tremblement de terre et autres prodigues.

 

Ce qui, là encore,  fait peu pour écrire l’histoire de Sukhotai, surtout que, nous dit Cœdès, les chroniques siamoises comme le Phongsavadan ignore complètement ce qui s‘est passé avant la fondation d’Ayutthaya en 1350 (sic) et le Phongsavada Nira, compilé en 1807, est mis en doute quant-à sa valeur historique par les érudits siamois.

 

Nous n’avons - dit-il désolé- que les inscriptions et quelques textes chinois.

 

Les inscriptions publiées jusqu’ici ne mentionnent que cinq rois :

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

1 - Indrathitya dont on ignore les dates de règne, et dont on  sait qu’il eut des difficultés avec ses voisins de l’Ouest. (Selon la stèle de Rama Khamheng)

2 - Ban Muang, fils du précédent. (Selon encore la stèle de Rama Khamheng)

3 - Rama Khamheng, fils puîné du roi Indrathitya, qui régnait déjà en 1283 –date à laquelle il inventa l’écriture thaïe -  et qui régnait encore en 1292, date probable de la stèle qui porte son nom. Roi de  Sajjanalaya et de Sukhodaya. Il exerçait sa suzeraineté sur de vastes territoires depuis Luang Prahbang jusqu’à Ligor, et de Vieng Chan jusqu’au Pegou.

4 - Lodaiya (Lo Thai), fils du précédent. (Selon l’inscription de Jum)

5 - Lidaiya (Lu Thai), fils du précédent, sacré sous le nom de Suryavamça Rama Mahadharmarajadhiraja, qui semble avoir été surtout un lettré, versé dans l’astronomie et fort dévot. Roi ou peut-être simplement uparaja en 1340. Il reçut l’abhiséka en 1347 et prit le froc en 1361. C’est le héros de l’inscription de Sukhodaya (Insc. de Jum).

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Après elles, l’inscription de Sukhodaya mentionne encore un Dharmarajadhiraja en 1388 et 1406 ; un Mahadharmajadhiraja, fils du précédent en 1426 et enfin un Dharmasokaraja à une date indéterminée.

 

Les Annales chinoises de la fin des Song et des Yuan quant-à elles, divisent le pays que nous appelons le Siam, en deux Etats : le Sien (Syam en épigraphie cambodgienne) (Le royaume de Sukhodaya, région de la Haute Ménam) et le Lo-hou (Région de la Basse Ménam où devait s’ériger Ayudhya.

 

Les Annales des Yuan mentionnent entre 1282 et 1323 une série d’ambassades du Sien où régnait en 1294 un roi nommé Kan-mou-ting. Elles nous apprennent qu’entre 1341 et 1368, l’Etat de Lo-hou s’empara de celui de Sien. Un passage de San lao yi tche lio précise que c’est en 1349 que le Sien se soumit au Lo-hou. Date concordante ( ?) précise Cœdès avec les annales birmanes et siamoises qui placent respectivement 1348 et 1350 pour la création du royaume d’Ayudhya.

 

On a donc, conclut Cœdès, selon ces annales chinoises, une liste de souverains de Sukhodya dont le troisième Rama Khamheng régnait entre 1283 et 1292 et le cinquième Lidaiya entre 1340 et 1361 et la date de 1350 qui indique la suprématie de Ayudhya sur Sukhodaya. (Cela fait peu, non ?)

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Puis Cœdès passe à l’examen de deux ouvrages palis : la Jinakalamalini (1516) et  le Sihinganidana  (XVème-XVIème siècle) dont il nous dit qu’ils parlent incidemment  de la dynastie  de Sukhodaya et de  sa chute ; ce qui n’encourage guère à le lire. Mais consciencieux, il nous donne la version originale de quelques pages et leur traduction.

Bref, nous sortons de cette lecture à la fois admiratif par le travail de traduction érudite (Khmer, thaï, pali) effectué par Cœdès avec les sources dont il disposait, ici essentiellement trois stèles et deux extraits de texte en pali, mais en même temps, perplexe sur les résultats qu’il juge lui-même décevants. (Cf. Notre lecture de son étude en note)

 Nous ne savons toujours pas avec quelles sources de nombreux historiens ont pu proposer une histoire du royaume de Sukhotai. Peut-être avec la stèle de 1292 dite de Rama Khamphen ( ou Ramakhaheng) ; c’est que nous allons étudier dans notre prochain article.

*Finot Louis, « Cœdès, Recueil des inscriptions du Siam. Première partie. Inscriptions de Sukhodaya » in Bulletin de l’Ecole française de l’Extrême Orient, Tome 24, 1924, pp. 265-268 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

**Notre lecture de l’étude de George Cœdès, « Documents sur la dynastie de Sukhodaya », Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient,  Année 1917 Volume 17 Numéro 1 pp. 1-47.

 

L’étude comporte deux chapitres : le chapitre 1. (pp. 1- 32) consacré à la traduction du texte de trois stèles et le  chapitre 2 évoquant des annales chinoises et deux textes pâlis. (pp.32-47)

 

Chapitre 1. (pp. 1- 32)

 

  1. L’inscription khmère.

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Coedès dans son premier chapitre rappelle que la stèle a été trouvée en 1834 par le roi Mongkut dans le Vat Jai de Sukhodaya et que l’information fut signalée pour la première fois par Pavie en 1884 et a été traduite fidèlement par Aymonier. La version siamoise est due à une commission de lettrés nommés par le roi Mongkut et présidée par le Prince Pavarèsvariyalankarn et fut publiée en 1884 dans le « Varijanana Rai Diren ». Cœdès critique le zèle avec lequel les lettrés siamois ont  restauré les parties dégradées, et signale deux faces perdues, et de nombreuses inexactitudes de leur traduction du khmer au siamois, dont il donne un exemple. Il existe également une version thaïe ancienne gravée sur une stèle de grès assez semblable à la version khmère qui fut découverte par le  Phraya Boran dans une pagode d’Ayutthaya. (Quand ?)

 

Il évoque ensuite une confusion avec une autre stèle dont l’inscription est un panégyrique du roi Lidaiya qui a pour objet de commémorer la venue à Sukhodya en 1361 d’un moine de Ceylan et l’ordination du roi au monastère du bois des Manguiers. Les dates extrêmes données du texte khmer sont 1347 et 1361 qui correspondent à celle du petit fils de Ramaraja, qui est bien le même prince que l’auteur de « l’inscription de Jum » et vraisemblablement aussi l’auteur du traité cosmologique appelé communément « Traiphum de Phra Ruang ». Cœdès confirme que le Ramaraja nommé dans les trois stèles est bien Rama Khamheng et estime qu’il faudrait plutôt mettre le nom de Loethai pour Lidaiya.

 

Ensuite Cœdès va contester, en apportant ses preuves,  la date d’avènement de Lidaiya (Loethai)  données par le Prince Damrong et Petithuguenin pour proposer 1340.

 

Puis il va proposer la traduction des trois stèles.

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

1/ La stèle khmère de Sukhodaya conservée au Wat Phra Kéo sur le roi Lidaiyaraja. Elle comporte 4 faces avec de nombreux trous, et la  face C est pratiquement effacée.

 

(pp.10–12). Il donne le déchiffrement du texte khmer  en laissant les trous des mots effacés et en mettant en italiques les mots dont il n’est pas sûr.

 

(pp. 13-17) La traduction.

(Il met des points pour les mots effacés. Il appartient à chacun de combler les trous pour construire des phrases correctes.) 

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Mon résumé.

 

Le sujet porte sur le roi Lidaiyaraja (Loethai), petit-fils de Sri Ramaraja, qui conduisit ses troupes hors de Sri Janalaiya pour vaincre (Un trou. Qui ?) et succéda à son père et son grand-père. Après s‘être diverti, (les souverains) des quatre points cardinaux lui donnèrent le parasol blanc, l’ondoyèrent et lui donnèrent le nom de Brah Pada Kamraten an Sri Suryavamca Rama Mahadharmarajadhiraja. Il régna et fit le bonheur de ses sujets, accorda, la vie sauve à beaucoup. En présence des brahmanes et des ascètes à la date choisie ; Le vendredi le 11ème jour de la lune croissante d’Ashada, mansion lunaire de phurvasadha, au lever du soleil)  le roi  érigea une figure de Mahechvara, de Vishnu (dans le temple) de Davalayamahaksetra de ce bois des Manguiers où les brahmanes et ascètes lui rendirent un hommage perpétuel. (Sans transition) Le roi Sri  Suryavamca Rama Mahadharmarajadhiraja a étudié intégralement les trois corbeilles.

 

(Le Tripitaka (sanskrit IAST : Tripiṭaka ; pali : Tipiṭaka ; tri : trois, piṭaka : corbeille) ou Trois corbeilles est l'ensemble des textes du canon bouddhique.)

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La face B porte sur la science immense  du roi.

 

Il a étudié le Vinaya, et l’Abhidharma ; il connait les vedas, les traités, les traditions, la loi, les maximes, l’astronomie, les années, les mois, les éclipses. Le roi corrigea le calendrier.

 

Le roi résidait et  gouvernait à Sri Sajjanalaya- Sukhodaya depuis 22 ans lorsqu’il envoya en 1283 çaka, année du bœuf, un pandit royal inviter dans l’île de Lanka un Manhasami Sangharaja observant les préceptes et ayant étudié intégralement les trois corbeilles. Lorsque le roi entendit que le religieux eut quitté la ville de Canna, il envoya des artisans préparer l’édification des kutis et un vihara à l’ouest de Sukhodaya dans le bois des Manguiers. Suit une page sur la préparation de l’accueil dans ce qu’un roi pouvait faire de plus magnifique pour honorer la venue du Mahasami Sangharaja, qui entra en retraite pour trois  mois. Le roi fit des donations, inaugura une statue de bouddha qui fut érigée au centre de Sukhodaya, à l’est de la grande relique. Le roi offrit des offrandes « innombrables et d’infinies variétés » (Des exemples sont donnés)  Après la sortie des varsas, le roi prit la résolution de devenir novice à l’occasion d’une cérémonie solennelle à la tour d’or du palais royal en présence du Mahasami Sangharaja et des religieux. Le roi rendit hommage à la statue d’or, aux trois corbeilles conservées dans le palais royal et au Mahasami Sangharaja et prononça le vœu de ne pas vouloir la puissance de Bouddha, ni celle d’un souverain cakravartin, d’Indra, de Brahma, mais seulement de devenir un saint bouddha pour aider les êtres à traverser leurs trois existences. Et la terre trembla dans toutes les directions.

 

La face C est presque toute effacée et ne comporte que quelques mots.

 

La face D  (Avec aussi des mots manquants) comporte un paragraphe où il est dit que le roi fit ériger cette stèle afin que les gens sachent comment se comporter et réaliser des bonnes œuvres. Et on vit subitement ceux-ci accomplir des actions méritoires et conformes à la loi, écouter prêcher la Loi. Le Mahasami Sangharaja de Lanka écrivit de saintes gathas à la gloire et la renommée du roi, là où il est entré dans les ordres. Il a gravé une stèle et l’a placée dans l’enceinte consacrée du bois des Manguiers, à l’ouest de Sukhodaya.

 

(Les gathas sont de courts poèmes qui nous aident à maintenir notre pleine conscience tout au long de nos activités quotidiennes.)

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Ensuite on a  7 pages d’explications savantes de certains mots et signes du lexique. (p.17-milieu p. 24) 

 

2/ La stèle 2.

 

La stèle en  thaï, décrite par Lajonquière, avec la face A (35 lignes),  C (40 lignes), bien conservées, B ruinée (37 lignes) et D usée et donc illisible. (pp.24-28).

 

Le texte en thaï puis la traduction pp.27-28.

 

On peut remarquer de nombreux mots manquants

 

Résumé.

 

Face A.

 

royaume de Sukhodaya (Généalogie, réception, titre donné).

 

2/ Ses qualités. (13 lignes)

 

Il règne en observant les 10 préceptes royaux. Plein de pitié pour ses sujets thaïs ;  ne convoite pas le riz et les biens d’autrui ; respecte la succession due aux cadets ; ne frappe pas à mort quiconque fait du mal ; ne frappe ni ne tue adversaire ou ennemi ou  criminel qui se présentent à lui ; fait grâce à ceux qui sont mauvais envers lui ; ne se met pas en courroux désirant devenir Bouddha et aider les autres à leur transmigration.

 

Face B. (10 lignes) (Un vingtaine de mots sont effacés) Annonce la venue d’un Mahasami  Sangharaja provenant de Lanka dans le temple du bois des Manguiers,  en 1283, après 22 ans de règne du roi.  

 

Face C. (3/4 de p. 28.)

 

La face C raconte le séjour du Mahasami  Sangharaja qui fit sa retraite de trois mois (Analogue à la stèle khmère de Sukhodaya conservée au Wat Phra Kéo. Cf. Plus haut) à l’issu duquel le roi offrit de riches donations, inaugura une statue de bouddha, offrit encore de nombreuses et riches offrandes (Des exemples sont donnés) Puis ensuite le roi fit son ordination (Il s’écoula 695601 jours (sic)), promit d’observer les dix préceptes, puis lors d’une cérémonie au palais royal devant le Mahasami  Sangharaja et les dignitaires religieux  se fit novice.

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3/ Stèle 3.

 

La stèle de la bibliothèque Vajiranana, où sont gravés les gathas palies du Mahasami Sangharaja. La grande face B est complètement ruinée.  (p.29-haut 32).

 

Retranscription du texte original  et traduction (p.31-haut p. 32)

 

Résumé.

 

La stèle exalte les mérites du roi Lideyya (Lidayya). Le 1er § montre à quel point le roi est habile en sciences ( La grammaire, la nature de Tipitaka), ensuite un court § évoque comment il a quitté le monde pour revêtir la robe jaune (de novice). Le 3ème § indique à cette occasion qu’un tremblement de terre a eu lieu avec d’autres prodigues. Suit en termes fleuris et ampoulés (jardin d’Indra, oiseaux, éclats de perles et d’argent) son arrivée au saint bois des Manguiers pour y recevoir l’upasampadâ.

 

Face B. (Est effacée.)

 

Face C. (Une vingtaine de lignes avec aussi de nombreux mots effacés)

 

Le texte consacre le roi Lidaya, en rappelant les grands exemples des dix Bodisavats (et  autres termes métaphoriques religieux) en buvant le rasa, ressenti l’ambroisie de Bouddha ayant quitté la terre mais entendit les voix suppliantes des gens de bien qui souffrent de la décadence de la saint religion de Muni (…) « triste comme un roi cakkavatti qui a perdu son joyau qu’est son cakka. »

 

Ainsi s’achève sa traduction pour aborder le chapitre 2 intitulé  « Textes pâlis ».

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Chapitre 2 : « Textes pâlis ». (pp.32-47)

 

D’entrée, Cœdès nous confie que les chroniques siamoises ne sont de peu de secours pour connaître l’histoire de Sukhotai jusqu’à l’avènement du royaume d’Ayutthaya, puisque le Phongsavadan ignore complètement ce qui ‘est passé avant la fondation d’Ayutthaya en 1350 (sic) et que le  Phongsavada Nira, compilé en 1807,  est mis en doute quant-à sa valeur historique par les érudits siamois. Aussi, dit-il, l’histoire des rois de Sukhotai n’a pu être reconstitué qu’avec l’aide des inscriptions et de quelques textes chinois.

 

Les inscriptions publiées jusqu’ici, dit-il,  mentionnent cinq rois :

 

Indrathitya dont on ignore les dates de règne, et dont on  sait qu’il eut des difficultés avec ses voisins de l’Ouest. (Selon la stèle de Rama Khamheng)

 

Ban Muang, fils du précédent. (Selon encore la stèle de Rama Khamheng)

 

Rama Khamheng, fils puîné du roi Indrathitya, qui régnait déjà en 1283 – date à laquelle il inventa l’écriture thaïe-  et qui régnait encore en 1292, date probable de la stèle qui porte son nom. Roi de Sajjanalaya et de Sukhodaya. Il exerçait sa suzeraineté sur de vastes territoires depuis Luang Prahbang jusqu’à Ligor, et de Vieng Chan jusqu’au Pegou.

 

Lodaiya (Lo Thai), fils du précédent. (Selon l’inscription de Jum)

 

Lidaiya (Lu Thai), fils du précédent, sacré sous le nom de Suryavamça Rama Mahadharmarajadhiraja, qui semble avoir été surtout un lettré, versé dans l’astronomie et fort dévot. Roi ou peut-être simplement uparaja en 1340. Il reçut l’abhiséka en 1347 et prit le froc en 1361. C’est le héros de l’inscription de Sukhodaya (Insc. de Jum)

 

Après eux, l’inscription de Sukhodaya mentionne encore un Dharmarajadhiraja en 1388 et 1406 ; un Mahadharmajadhiraja, fils du précédent en 1426 et enfin un Dharmasokaraja à une date indéterminée.

 

(Ce qui fait peu pour raconter l’histoire de Sukhotai.)

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Les Annales chinoises de la fin des Song et des Yuan divisent le pays que nous appelons le Siam, en deux Etats : le Sien (Syam en épigraphie cambodgienne) (Le royaume de Sukhodaya, région de la Haute Ménam) et le Lo-hou (Région de la Basse Ménam où devait s’ériger Ayudhya.

 

Les Annales des Yuan mentionnent entre 1282 et 1323 une série d’ambassades du Sien où régnait en 1294 un roi nommé Kan-mou-ting. Elles nous apprennent qu’entre 1341 et 1368, l’Etat de Lo-hou s’empara de celui de Sien. Un passage de San lao yi tche lio précise que c’est en 1349 que le Sien se soumit au Lo-hou. Date concordant précise Cœdès avec les annales birmanes et siamoises qui placent respectivement 1348 et 1350 pour la création du royaume d’Ayudhya.

 

On a donc, conclut Cœdès, selon ces annales chinoises, une liste de souverains de Sukhodya dont le troisième Rama Khamheng régnait entre 1283 et 1292 et le cinquième Lidaiya entre 1340 et 1361 et la date de 1350 qui indique la suprématie de Ayudhya sur Sukhodaya.

 

Ensuite Cœdès évoque une autre inscription de 1510 du Civa de Kampheng Phet, cité dans une inscription de Xieng Mai de 1581 qui cite le fameux Phra Ruang, le libérateur des Thaïs (que certains identifient à Rama Khamheng) mais qui évoque la rencontre en 1296 entre Phraya Mangrai, Phraya Ngam muang et Phraya Ruang.

 

Puis Cœdès passe à l’examen de deux ouvrages pâlis : la Jinakalamalini (1516) (pp.mi p.34 -41) et  le Sihinganidana  (XVème-XVIème siècle) ( pp. 41-47) dont il nous dit qu’ils parlent incidemment  de la dynastie  de Sukhotaya et de  sa chute ; ce qui n’encourage guère à le lire. Mais consciencieux, il nous donne la version originale de quelques pages et leur traduction. Leur lecture n’est pas aisée et loin de nous apporter des informations nouvelles nous embrouillent avec d’autres histoires, qui n’ont pas forcément de liens avec d’autres noms de roi que nous ne connaissons pas, et force détails, où le merveilleux, les esprits interviennent. De plus, Cœdès ne choisit que quelques pages.

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Ainsi pour la Jinakalamlini (1516) (pp.mi p.34-41), il choisit la page 118, où il est question du pacte d’amitié de 1287 entre les trois rois, mais les noms sont autres que ceux que nous connaissons.


Ensuite la page 122 dont il nous donnera le texte original et la traduction. On est là vers 1355 pendant que le roi Dhamaraja régnait à Sukhodya, le roi Kilana de Xieng Mai désirant la venue des moines, nous raconte un certain nombre de faits ( L’envoi du messager le thera Sumana au roi de Sukhodaya ; comment il découvrit une relique cachée avec l’aide d’une divinité sylvestre ; ses rencontres avec le fils de Dhamaraja et Dhamaraja lui-même heureux de voir la relique ; les offrandes ; un miracle accompli.) Pour partir sur une autre histoire du roi Kilana de Xieng Mai qui désire aussi recevoir un moine qualifié et envoie un messager à Udumbaramahasami qui repart avec son disciple le thera Ananda, pour aller rejoindre le roi ;

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... mais le thera Ananda refuse d’accomplir les actes du Sangha car il a besoin de la présence de Sumana qui est à Sukhodayapura ; le roi envoya le chercher mais Sumana refusa ; il dut alors envoyer un autre messager avec des présents pour le roi au Dhammaraja qui consentit à envoyer Sumana avec la relique au roi de Xieng Mai. Ensuite il traduit la page 126, et on repart sur un autre sujet qui concerne cette fois-ci, en 1256  l’origine divine du roi Rocajara (Connu aussi sous le nom de Naradraraja) ; puis son voyage et sa rencontre avec le roi Siridhamaraja de Nakhon si Thammarat, qui lui raconta les miracles accomplis par la statue de Phra Sihin de l’île de Lanka et l’envoi d’un messager et le retour avec la statue qui se brise sur un récif mais dont les morceaux sont sauvés par le  roi des Nagas; et une divinité qui signale dans un  songe au roi Siridhammaraja l’arrivée de la statue et le roi des Devas qui lui permit de la retrouver ; de lui construire un sanctuaire, de l’honorer ainsi que ses successeurs (son fils Ramaraja qui régna à Sukodaya, Palaraja, son fils Udakajotthataraja, puis Lideyyaraja qui fut nommé Dhammaraja, et là on raconte certains  faits qui se sont passés durant son règne : le roi d’Ayojja (Cambodge) Ramadhipati qui prit la ville de Jayanadapura, y mit un administrateur nommé Vattitejo. Le roi avec des cadeaux envoyés à Ramaraja (Ramadhipati) put la récupérer.  Dhammaraja confia alors le gouvernement de Sukhodayapura à sa sœur cadette Mahadevi, celui de Vajirapakara au mandarin Tippannamacca, et il s’en retourna à Jayanadapura avec la statue de Phra Sihing. (Quand ?) A la mort de Ramadhipati, Vattitejo quitta Suvannabhumi pour conquérir le Cambodge. A la mort de Dhammaraja à Jayanadapura, Vattitejo quitta  Ayojjapura pour prendre Jayanadapura et revenir à Ayojjapura avec la statue de Phra Sihing. Le mandarin Brahmajeyya prit Sukodaya. (Quand ?)

 

Ainsi s’achève la traduction de Cœdès  du  Jinakalamalini (1516) (pp.mi p.34 -41) pour aborder ensuite  le texte pali du Sihinganidana (par Bodhiramsi, XVème-XVIème siècle) (pp. 41-47). Là encore, il ne va traduire que des parties plus ou moins longues des pages 64, 75, 76.

 

Après un paragraphe concernant les vertus et la grandeur de Seyyaranga (appelé aussi plus loin dans le même § Suranga et Ranaranga) (Pour simplifier la lecture !) qui régna à Sukhodeyyanagara ; un royaume qui alla du Mékong à la rivière de Nan au Nord jusqu’à Ayodaya et au royaume de Siridhamma au Sud, un royaume où ses habitants furent prospères. Vient ensuite la même histoire du culte rendu à la statue du Phra Sihing comme dans le Jinakalamalini, que nous laisserons pour arriver aux commentaires de Cœdès.

Commentaires de Cœdès. (mi p. 43-p.47)

 

Il constate que le premier roi de Sukhodaya cité par les textes pâlis est pour le Jinakalamalini (J) Rocaraja celui que le Sihinganidana (S) nomme Seyyaranga ou Suranga ou Ranaranga. Selon S. il règne en 756 et selon J. en 1256 et en 1287. Il conclut un pacte d’amitié avec Manraya, le futur fondateur de Xieng Rai, et un troisième prince nommé Purachadana. Il gouvernait un vaste empire qui alla du Mékong à la rivière de Nan au Nord jusqu’à Ayodaya et au royaume de Siridhammaraja au Sud. Le fait capital de son règne fut son expédition pour ramener de Siridhammaraja la statue du Phra Sihing qu’il installa à Sukhodaya.

 

Ensuite Cœdès estime que ce personnage est identique au Phra Ruang de la tradition populaire ! Mais qu’il n’est pas Rama Khamheng. Plus loin il ajoute que J. distingue nettement Rocaraja : Phra ; de Ruang de Ramaraja : Rama Khamheng. Pour J. comme pour S., Phra Ruang est un personnage fabuleux et le fondateur de la dynastie. Le Prince Damrong estime quant à lui, que le fondateur est Indratitya. La tradition populaire aurait confondu les divers rois de Sukhodaya et attribué en bloc au fondateur et l’invention de l’écriture thaïe qui appartient à Rama Khamheng et la réforme du calendrier qui semble revenir à Lidaya. J. et S. faisant vivre Phra Ruang à la même date que Ram Khamheng. Ensuite J. et S. donnent des listes de rois un peu divergentes.

                             

J.

S.

1. Rocaraja                            

1. Suranga

Ramaraja, fils de 1.

2. Palaraja, fils de 1.

3. Palaraja                               

3. Lideya, fils de 2.

4. Udakajjhotthata, fils de 3.       

4. Dakosita, fils de 3.

5. Lideyya (Dhammaraja)           

5. Attakalideyya (Dhammaraja)         

           

 

Cœdès remarque les énigmatiques Dakosita et Udakajjhotthata, et des inversions, mais reconnait pour Lideyya, le Lidaiya des inscriptions. Il constate aussi une concordance de dates. Les textes pâlis, dit-il, nous apprennent que Lideyya était contemporain de Ramadhipati qui fonda Ayudhya en 1350 et de Kilana qui monta sur le trône de Xieng Mai en 1355, ce qui correspond aux inscriptions qui disent que Lidaiya régna de entre 1340 et 1361 (!). D’après J., Lideyya gouvernait Sajanalaya en qualité d’uparaja de son père Dhammaraja qui régnait à Sukhodaya.

Ensuite il revient sur les textes chinois qui disent que le Lo-hou s’est emparé du Sien en  1349 pour ne former qu’un seul Etat le Sien-lo, alors qu’on trouve après cette date encore un roi indépendant à Sukhodaya. Il suffit peut-être, dit-il, de penser que même après la mise sous tutelle, le roi a conservé son titre honorifique. Les textes pâlis arrivent à la même conclusion rappelant qu’après sa soumission, Ramadhipati reçut de Dhammaraja le gouvernement de Muang San, qui à sa mort revint au royaume d’Ayudya. Après être revenu sur d’autres faits des relations entre Sukhotai et Ayutthaya, Coedès termine ses commentaires avec « Tout cela prouve que les événements de 1349-1350 n’avaient pas anéanti la puissance du royaume de Sukhodaya et que les rois d’Ayudhya durent s’y reprendre à plusieurs fois avant de l’incorporer définitivement. » (Quelle précision !)

*** Finot Louis, in sa note de lecture de « Coedès, Recueil des inscriptions du Siam. Première partie. Inscriptions de Sukhodaya » :

« Voici brièvement résumée l’histoire de cette première dynastie ».

« Vers le milieu du XIIIème siècle, Sukhodaya était sous les ordres d’un gouverneur cambodgien portant le titre de Khlon Lampan. Il fut attaqué par deux seigneurs thaïs. L’un Pha Muan, chef de Muan Rat, était en faveur du roi du Cambodge (Muan Sri Sodharapura) qui lui avait conféré le titre de Kamraten çri Indrapatindraditya, et il avait épousé une princesse khmère. L’autre Ban Klan Thao, était chef de Muan Ban Yan. Les deux chefs ayant réussi à prendre Sukhodaya, Pha Muan céda cette conquête commune à son allié ; il lui conféra l’abhiseka et lui transmit son propre titre de çri Indrapatindraditya, ou sous une forme abrégée çri Indraditya. Ce fut le premier souverain indépendant de Sukhodaya, celui qui est connu dans la tradition des Thai (sic) sous le nom de Phra Ruan. Il eut pour successeur ses deux fils Ban Muan et Rama Khamhen. Ce dernier bien connu par sa célèbre inscription régnait en 1283-1292 A.D. Après Rama Khamhen vinrent Lothai et Luthai. Celui-ci (Dharmaraja I), d’abord vice-roi de Sajjanalaya monta sur le trône de Sukhodaya à la mort de son père (1347) ; il est l’auteur du Traiphum, traité de cosmologie bouddhiste. Il régnait encore en 1362. Après la fondation d’Ayudhya (1350), Sukhodaya commença à décliner et les rois suivants tombèrent peu à peu au rang de gouverneurs de province. Le dernier est nommé dans une inscription de 1500 A. D. »

 

 

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
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