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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 18:04
RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Et de la nécessité de connaître le concept de « muang ».

 

La stèle dite de Ramkhamhaeng de 1292 nous informe que le royaume de Sukhotai comprenait alors 22 cités* (ou muang) dont l’étendue allait de Nakhon Si Thammarat dans la péninsule malaise au Sud et de Martaban (Birmanie actuelle)  à Luang Prabang et Vientiane  au Nord. Elle affirme également que le roi Ramkhamhaeng était  « le chef et le souverain de tous les Thaïs »,  avec  « Tous les Ma, les Kao, les Lao, les Thaï des contrées lointaines et les Thai qui vivent le long de la rivière U et du Khong (qui) viennent lui rendre hommage ». Elle a certes pour fonction d’exprimer la grandeur du roi, son prestige, l’étendue de son royaume, mais l’inconvénient  de ne pas nous informer sur la géopolitique de l’Asie du Sud-est pourtant si riche en événements en cette fin du XIIIème siècle, ni de nous aider à comprendre le système pyramidal d’intégration des territoires conquis, les réseaux d’alliance des muang, leurs rivalités, leurs révoltes, leur opportunisme pour renverser  les alliances établies. (Cf. Nos articles pour comprendre ce concept) **)

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

D’ailleurs Ramkhamhaeng raconte lui-même sur la  stèle, que le jour de ses 19 ans,  il avait  contre-attaqué le gouverneur de la ville de Xot qui avait attaqué la ville de Tak et mis en fuite son père, en réussissant à monter sur l’éléphant Mat du gouverneur de la ville de Phré qui fut défait.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

De même nous savons que le royaume de Sukhotai n’était pas seul sur ce territoire qui deviendra le Siam. S’il a pu s’affranchir de l’Empire Khmer en 1238, le roi Mangraï du Lanna au Nord a pu également le faire en 1262, en mettant également sous sa coupe d’autres muang  plus petits, tandis que la cité de Phayao, par exemple  ne relevait pas de leur puissance. Et l’ensemble des muang thaïs était, selon leur position géographique et la période, sous la menace et les incursions d’autres puissances régionales, comme les royaumes d’Annam, du Champa, de Pagan en Birmanie (Dont il fut un vassal), et de l’Empire khmer, certes déclinant mais encore puissant, et surtout des Mongols à partir de 1271.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

En effet, Kubilaï, était devenu en 1260, le grand khan des Mongols, et avait fondé  la dynastie Yuan en 1271 ; Il avait achevé la conquête de la Chine en renversant la dynastie Song en 1279, pour tenter ensuite de conquérir d’autres royaumes (Cf. Les tentatives d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292) et des Daï Viet et du Champa (1281-1288)). (Cf. Notre article 25***)

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Le roi Narathihapati de Pagan (Birmanie) avait cru pouvoir les vaincre et  les avait attaqué en 1277 à Ngasaunggyan au Yunnan. Il avait subi une défaite cinglante, à la suite de laquelle les Mongols  avaient envahi dès 1283 le nord de la Haute Birmanie et établi des garnisons. Ils profiteront  de l’assassinat du roi par son fils  Thihathu,  pour descendre la vallée de l’Irrawaddy et écraser le nouveau roi en 1287, défaite qui fera éclater le royaume et le fera disparaître. (A l’issu duquel on verra la création du royaume éphémère  de Myinsaing (1298 -1313) fondé par trois frères shans, officiers  de l’Ancien royaume de Pagan,) 

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Dans ce contexte géopolitique, on peut comprendre que le roi Ramkhamhaeng qui débute son règne en 1279 connait la nouvelle puissance du nouveau royaume thaï de Lanna (créé en 1262), et la défaite cinglante du roi de Pagan (Birmanie) contre les Mongols et ,plus tard, la fin du royaume de Pagan en 1287, créant d’autres menaces à ses « frontières » de l’Ouest. Des annales chinoises prétendent même  qu’il effectuera une ambassade en 1282 auprès de Kubilaï Khan et fera allégeance. (Cf. Henri Cordier dans son livre « Histoire générale de la Chine et ses relations avec les pays étrangers », (1920. Cf. note 10) signale des ambassades de Sukhotai en 1282 et en 1323.)

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Estimant peut-être que cette allégeance le protégeait, il n’hésitera pas, avec l’aide des Mongols disent certains,  à attaquer Luang Prabang en 1286  et a renversé le roi Phana Lang avec l’aide du prince héritier Souvanna Khamphong. (Cf. Françoise Capelle in Luang Prabang, La cité du Bouddha d’or et du Flamboyant****)

 

Est-ce pour rassurer le roi Mangrai de Chiengmai et le Prince de Phayao, qu’il va établir une Alliance en 1287 avec eux ? Qui le sait ? Car nul ne connait les modalités de ce pacte, et les controverses dès lors sont possibles.  

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Le site de  l’Université de Chiangmaï, nous dit qu’ « En 1280, les Mongols auraient attaqué Rung Chiang, mais il (Mengraï) aurait réussi à les repousser. En 1315 et 1325 ( ?)  il a ou aurait envoyé une délégation de la paix aux Mongols. Mais à l’inverse de Ramakhamhaeng, il n’a ou n’aurait jamais fait acte d’allégeance aux Mongols » (Cf. Notre article 27 sur  la formation du Lanna) Des annales du Lanna racontent que non seulement Mengraï a repoussé les Mongols en 1280, mais aussi  en 1308 et que la guerre a continué jusqu’en 1311.

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(D’autres sources affirment, qu’en 1301,  les Mongols échouent dans leur volonté de faire tomber le nouveau royaume de Myinsaing pour imposer leur roi à Pagan et abolirent leur province de Chiang-Mien, centrée sur Tagaung,  pour se retirer entièrement de Haute-Birmanie et rapatrier toutes leurs troupes au Yunnan en 1303!) (Cf.***)

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 Le site  « MerveilleuseChiang-Mai »  rappelle une légende très populaire qui donne une autre origine à cette triple alliance (amitié, adultère, magie, arbitrage et réconciliation). (Cf. En note le résumé*****). L’auteur, l‘un des meilleurs connaisseurs du Lanna, estime que si peut-être Ramkhamhaeng a pu commettre l’adultère, l’alliance conclue a des origines historiques qui s’expliquent par la victoire définitive de Kubilaï Khan contre les Song en 1279, qui seul maître en Chine pouvait désormais jeter son dévolu contre le Japon qui lui résistait et le Sud-est asiatique. (Cf. Les tentatives d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292) et des Daï Viet et du Champa (1281-1288)). « Au Sud-est asiatique, les Sino-Mongols attaquèrent sur deux fronts, au nord-ouest et à l’est. Car les montagnes du nord étaient toujours un rempart difficile à franchir. Sans doute, comme à son habitude, avant d’en venir à la manière forte, il dut envoyer des émissaires pour demander le versement d’un tribut, c’est-à-dire obtenir acte de vassalité des royaumes de ces régions. Ainsi en 1281, Indravarman VI, maharadja du royaume de Champa, accepta un protectorat mongol

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Et quelques mois plus tard, en 1282, Ramkhamhaeng,  cinq mois après son avènement, envoya une mission en Chine. Pourquoi ?» Ensuite l’auteur raconte que le peuple du Champa refusa le protectorat mongol et comment les Mongols et les Chinois après leur victoire écrasante en 1283 contre l’armée birmane, subirent une lourde défaite en 1285 au Champa et en Annam. Après l’échec de ces deux tentatives d’invasion, Kubilai Khan va suspendre les préparatifs d’invasion du Japon pour concentrer ses forces pour une  troisième tentative d’invasion en Asie du Sud-est. En 1287, au nord-ouest ils commençaient leur 3ème campagne birmane qui allait mettre fin au royaume de Pagan et « à l’est, une « armada chinoise » sans précédent, se préparait à  un titanesque débarquement pour écraser une fois pour toutes, l’Annam et le Champa. » Ce sera un échec.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

L’auteur constate que les trois souverains thaïs ne pouvaient que se sentir menacés et doutaient de la résistance birmane, surtout après la cuisante défaite du roi Narathihapati en 1283. D’ailleurs « à l’avènement de Kyozwa en février ou mars 1287, la plupart des vassaux de Pagan se révoltèrent et refusèrent de lui verser tribut. » Les trois rois thaïs (sans doute informés, mais les chroniques du Lanna n’en disent mot préférant la légende) en tous cas, crurent bon  de se prêter assistance lors d’un serment solennel en 1287 pour faire face  à toute attaque. Et l’auteur de conclure : « les « bâtisseurs » du royaume thaïlandais, constitué de différents peuples, ont fait de ce serment, l’un des nombreux symboles de l’unité thaïlandaise. »

 

L’unité thaïlandaise?  Ramkhamhaeng, « le chef et le souverain de tous les Thaïs » ? Le souverain incontesté d’un immense royaume de muang vassalisés ?

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Dans une période où on assistera à la fin de la Dynastie Song, la prise de la Chine par les Mongols, la disparition du premier empire birman (1044-1287), les tentatives mongoles d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292), des Daï Viet et du Champa (1281-1288) ; Les  créations des principautés Shans au Nord (mercenaires du Nan Chao, chargés par Kubilai khan d'occuper la Région du Nord)), qui ont décidé  de se passer de la suzeraineté de la Chine, du royaume éphémère  de  Myinsaing (1298 -1313) au centre, du royaume mône d’ Hanthawaddy (1287-1539), (ou Ramanya ou royaume de Pegu/Martaban (les deux capitales)   fondé  par Waruru au Sud.

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Ah ! Que l’histoire officielle est loin des réalités historiques.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

*« A l’est : Sra Luang, Song Kwae, Lambachaî, Sakha, les rives du Khong (Mékong), Wiangchan, Wiangkham. Au sud : Khonti, Phra Bang, Phraek, Suphannaphumi, ratchaburi, Phetchaburi, Sri Dhammaraja. A l’ouest : Muang Chot, Muang …n , Hongsawadi. Au nord : Muang Phrae, Muang Man, Muang N…, Muang, Phlua, et de l’autre côté du Khong, Muang Chawa. »

Coedès signale même que les annales du Viet-nam évoquent des incursions de Ramkhamhaeng au Champa. (In Les Etats hindouisés d'Indochine et d'Indonésie.)

 

**15. Notre Histoire. Le muang ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-15-le-muang-selon-michel-bruneau-99865623.html

Le muang,  est une clé essentielle, reconnue par tous, pertinente depuis l’origine jusqu’ à nos jours, couvrant tous les Territoires des Taï, pour comprendre leur identité, leur organisation territoriale, politique et religieuse.

« De nombreux auteurs citent la notion « de système d’emboîtement » de Georges Condominas pour expliquer le modèle pyramidal d’intégration des territoires conquis et de hiérarchie des catégories sociales :

« On a ainsi une société englobante et hiérarchisée : le phi müong, le génie tutélaire de la principauté « couvre » les différents phi ban, les génies tutélaires de chacun des villages que contient le müong. »

ou celui du parasol de Jean-François Papet :

« Au sommet, un vaste , le royaume ou müang « père », « coiffe » quelques grands parapluies, les principautés, ou müang « enfants », qui à leur tour « coiffent » plusieurs petites ombrelles, ou müang « petits enfants ». Enfin, au bas de l’échelle, le müang de base « coiffe » un certain nombre de villages ban ordonnés hiérarchiquement en fonction de la distance qui les sépare de la ville » (cités par Evrard).

 

Sur le plan politique, à chacun de ses niveaux hiérarchiques correspond un espace territorial plus ou moins vaste et une hiérarchie parallèle des fonctions politiques, le cao müang exerçant son autorité sur le chef du village cao ban ou « père du village pho ban dirigeant à son tour chaque chef de maisonnée pho heuen.

 

Sur le plan religieux, les entités spirituelles sont également hiérarchisées en phi müang divinité du müang), phi ban (divinité du village) et phi heuen (esprit des ancêtres). Le bouddhisme theravada est venu se superposer sur cette hiérarchie (les grades donnant droit à des fonctions et interprété comme un « mérite » gagné.). »

 

16. Notre Histoire : La conquête du « Siam » par les muang.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-16-notre-histoire-la-conquete-du-siam-par-les-muang-99006690.html

 

22. Notre Histoire : Le Royaume de Sukhothaï (1238-1438).

http://www.alainbernardenthailande.com/article-22-notre-histoire-le-royaume-de-sukhotai-1238-1438-102400771.html

 

24. Notre Histoire. Sukkhotai, un  nouveau pouvoir dominant en Asie du Sud-Est à la fin du XIII ème siècle.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-24-sukhotai-un-nouveau-pouvoir-dominant-en-asie-du-sud-est-a-la-fin-du-xiiieme-siecle-102975663.html

 

***25. Notre Histoire. Le roi Ramkhamhaeng de Sukhotaï et  les Mongols de Chine.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-25-notre-histoire-le-roi-ramkhamhaeng-de-sukhotai-et-les-mongols-de-chine-103323661.html

****Françoise Capelle in Luang Prabang, La cité du Bouddha d’or et du Flamboyant, (Ed. Thalia),  signale qu’en :

« 1271 ou 1272, Phana Lang accède au trône. Désormais, les renseignements sont beaucoup plus nombreux et l’on peut faire un compte-rendu plus exact des faits. 1286 marque un tournant. Les Mongols et Sukhotai renversent Phana Lang avec l’aide du prince héritier Souvanna Khamphong. Avec la mort de Phana Lang en 1316, Suvanna Khampong devient roi. (Mais Phana Lang avait exilé son fils Phi Fa, absent de Luang Prabang jusqu’en1330. L’épopée de Fa Ngum marque le début de la période historique et la naissance officielle du royaume en 1353). »

 

*****Voir le site http://merveilleusechiang-mai.blog4ever.com/blog/article-339774.html

In http://www.merveilleusechiang-mai.com/mengrai-15-a-la-legende-de-la-triple-alliance-1

 

La légende. 

 

On y apprend entre autre que Ramkhamhaeng était ami d’enfance du roi de Phayao, Phayao Ngam Muang ; qu’il tomba amoureux plus tard d’une de ses reines ; que Ngam Muang, trompé, se vengea avec l’aide de la magie, le mit en prison ; mais se refusait à le tuer pour préserver la paix entre les deux royaumes ; il fit appel alors à l’arbitrage de Mangraï auquel il reconnaissait de grands mérites et avec lequel il avait établi une alliance dès 1276. Le roi de Sukhotai reconnut l’adultère et accepta le verdict de Mangraï ( payer 990 000 cauris) ; Mais Ngam Muang craignant la vengeance magique de Ramkhamhaeng, se plaignit à Mangraï qui eut l’idée d’organiser une grande cérémonie de réconciliation, qui scelle leur amitié indéfectible.

Pour  le commentaire de l’auteur du site sur cette légende et la situation historique de l’époque ; Cf. : http://www.merveilleusechiang-mai.com/mengrai-15-b-des-dessous-feminins-au-dessous-des-cartes-ou-la-triple-alliance

Le site de l’Université de Chiangmai :

 

http://www.sri.cmu.ac.th/~elanna/elanna_eng/public_html/home/home.htm

 

L’ attaque des Mongols au Lanna en 1300 qui se serait terminée en 1303. Henri Cordier, citant le jésuite  RP. Gaubil nous donne même des noms, les circonstances et décrit la résistance et la défaite :

 

Timour, qui s’était corrigé des habitudes d’ivrognerie de sa jeunesse, se montra un excellent Prince ; il fait la paix avec le Ngan Nan, ouvrit les communications avec l’Inde et termina les affaires du Mien. Il fut moins heureux en entreprenant une campagne contre le lointain royaume laotien de Xien Mai ou Muong Yong, habité par les Pa-pe Si-Fu ou Bât-bä T’uc-phu, qui se nomment eux-mêmes Thai niai ou grand Thaï. « L’an 1300, un des généraux représenta (sic) que le royaume de Papesifou ne voulait pas recevoir le calendrier de l’empire, et priait l’Empereur de lui permettre d’aller avec des troupes forcer ce royaume à suivre la forme d’année chinoise et à compter les lunes, comme les sujets de l’Empereur. Un des ministres, appelé WEN TSEU, regarda cette affaire comme sérieuse et persuada l’Empereur, à la 12ème lune de l’An 1300, d’attaquer le royaume de Papesifou. Alahasun s’opposa à cette résolution, et soutint que les peuples qu’on voulait attaquer étaient des barbares, qu’on pouvait instruire si on voulait, mais à qui il serait inutile et dangereux de faire la guerre. L’Empereur ne dit rien au ministre Alahasun, mais, contre sa coutume, il s’emporta contre un mandarin qui voulait faire des représentations (sic). 20 000 hommes furent commandés pour attaquer Papesifou. LIEOU CHEN qui, le premier, conseilla cette guerre, fut nommé général de l’Armée ».(Gaubil, pp. 227-228)

 

Ce fut un désastre : la faim décima les troupes harcelées par les tribus de la frontière qui se livrèrent au pillage ; on fut obligé d’appeler des troupes du Hong Kouang, du Chen si, du Se Tch’ouan et du Yun Nan ; cette guerre malheureuse ne fut terminée qu’en 1303 ; Lieou Chen, qui en était la cause eut la tête tranchée.

 

Cf. aussi Henri Cordier, Histoire générale de la Chine et ses relations avec les pays étrangers, Librairie Paul Gauthier, 1920.

 

 

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