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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 22:05
A 246 - G. E. GERINI, OFFICIER DANS L’ARMÉE ITALIENNE,  COLONEL DANS L’ARMÉE SIAMOISE, CHERCHEUR D’OR, GÉOGRAPHE, ARCHÉOLOGUE, ETHNOLOGUE, LINGUISTE, COLLECTIONNEUR ET HISTORIEN.

Nous avons rencontré au hasard de nos précédentes recherches le Colonel Gerolamo Emilio Gerini, rédacteur d’une très érudite étude sur les proverbes et expressions idiomatiques siamoises, étude inégalée à ce jour quoique datant de plus de 110 ans (1).

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Nous savons par ailleurs que, avant que les Siamois n’entreprissent eux-mêmes l’étude de l’archéologie de leur pays, plusieurs explorateurs avaient parcouru le Siam, dans le même but : Fournereau, Pavie et Aymonier, le Commandant Lunet de Lajonquière qui fit plusieurs voyages tantôt seul ou tantôt avec Finot, le Général de Beylié, le Prince Damrong et Coedès. L’œuvre accomplie au Siam fut presque exclusivement due à des explorateurs et savants français. Il faut bien sûr en excepter S.A.R. le prince Damrong et quelques voyageurs étrangers comme l’Allemand Adolf Barth, le père Schmitt né Alsacien mais devenu Allemand, le révérend Dan Beach Bradley, missionnaire américain, le Major danois Seidenfaden que nous avons souvent rencontré et enfin le Colonel Gerini, objet de notre étude (2).

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Lui aussi appartient à cette « émigration italienne cultivée » dont nous avons parlé à propos des architectes, ingénieurs et artistes italiens venus en masse au Siam à l’initiative essentiellement du roi Rama V (3). Sa vie est également un roman d’autant plus remarquable que, comme le Major danois Seidenfaden, il cumula des activités militaires (policières pour Seidenfaden) avec de monumentales activités érudites. Le port d’un uniforme, fut-il de gendarme, n’est pas incompatible avec la culture !

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Il naquit dans la petite ville ligure de Cisano sul Neva le 1er mars 1860. Son père, Carlo, est professeur d'agronomie et d’œnologie à l'Université de Turin, et sa mère Veronica Rosso est comme lui issue d’une vieille famille cisanaise.

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Une carrière militaire

 

Après avoir terminé ses études primaires, il obtint une bourse au mérite pour l'Académie militaire de Modène,

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d'où il en sortit diplômé en août 1879 avec le grade de sous-lieutenant et fut affecté au 13e régiment d'infanterie de Pinerolo à Pérouse.

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Il avait également obtenu un diplôme de génie civil à Turin. Il se produit alors un épisode plus ou moins mystérieux dans sa vie militaire dont il prétendra qu’il était inexplicable : Au cours de l'été de 1881, il ne rentre pas de permission et sera condamné le 26 janvier 1882 par le Tribunal militaire spécial de Florence à l’exclusion et à une peine d'emprisonnement (4). La condamnation fut probablement prononcée par défaut.

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Pour éviter des suites désagréables, il avait pris la décision de rejoindre (fuir à ?) Bangkok en septembre 1881, nous ignorons dans quelles conditions. Il réussit alors à se faire recruter dans l’armée siamoise avec le grade de lieutenant - instructeur en raison de son « expérience militaire », il est permis de sa demander laquelle puisqu’il est alors âgé de 23 ans. Son éloge funèbre écrit par Louis Finot dira pudiquement – ou charitablement – qu’il se « démit de ses fonctions militaires poussé par un esprit d’aventure » (5).

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En 1883, il a quitté l'armée siamoise et assumé le poste de secrétaire du ministre des provinces du Nord, le prince Maha Mala, oncle du roi Rama V. Ces fonctions lui donneront l’immense avantage de pouvoir voyager dans une grande partie du pays, d’acquérir une parfaite connaissance du thaï ainsi que d'autres langues, le malais, le birman, le môn et le khmer, ainsi que de nombreux dialectes locaux. Il acquiert également une connaissance approfondie du sanskrit et du pali, les langues des textes sacrés bouddhistes. En ce qui concerne les langues européennes, indépendamment – évidemment – du latin et du grec et de sa langue maternelle, nous lui devons des articles en français et en anglais. Il aurait également possédé quelques connaissances en allemand, en portugais et en espagnol ? On peut être déserteur et remarquable linguiste.

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En 1887, il est réintègre l'armée siamoise, avec le grade de major (commandant), le titre noble de Luang et le poste de directeur général de l'éducation militaire. Il est désormais connu des Siamois comme Phra Sarasasana Palakhandh’s (พระสารสาสน์พลขันธ์ - Phra Sansatphonlakhan en transcription académique).  Il devient le premier directeur de l'école royale des cadets d’où sont directement issus le Royal Army Training Command, l'université Chulachomklao et l'académie militaire thaïlandaise.

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Il y restera jusqu’en 1906, date à laquelle il quitte le service avec une retraite royale fastueuse, le grade de colonel, de nombreuses décorations et le titre de Phra. Sur le plan militaire, en 1893, durant les semaines qui ont suivi l'incident de Paknam, il fut placé avec grade de colonel à la tête d'un régiment chargé d’assurer la défense de Bangkok mais il n’eut pas le loisir d’y démontrer ses capacités guerrières.

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Il dirigea également la revue « Yutthakot », (ou Yuddhakosa) aujourd'hui encore le magazine officiel de l'Armée royale thaïlandaise pendant plus de vingt ans, et fut auteur de 2.000 articles en thaï portant essentiellement sur des sujets militaires et écrivit encore divers ouvrages sur l’art militaire, tous en thaï (6).

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Des activités lucratives

 

 

Il aura d’autres activités, probablement lucratives, tout en restant dans l'armée. En 1889, il fut chargé par le gouvernement d’assister l’ingénieur Luzzatti et nommé directeur technique de la mine d'or de Bangtapan qu'il avait lui-même découverte dans ses premières années au Siam et signalée à Luzzatti. Après de nombreuses vicissitudes, Luzatti avait fondé la « Gold Field of Siam Ltd » et obtenu la concession de l'exploitation de la mine (7).

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Les deux premiers retours en Italie avant le retour définitif

 

 

Il retournera deux fois en Italie, en 1890 et 1897, la première fois à la mort de son père, la seconde lors du voyage du roi Rama V. Il était alors difficile aux autorités italiennes de mettre à exécution la condamnation pour désertion concernant un officier supérieure de l’armée siamoise et de surcroît compagnon de voyage du roi ! Le retour définitif de 1906 fut essentiellement dicté pour des raisons de santé devenue précaire à la suite de crises de malaria et de fièvre jaune.

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Les activités érudites

 

C’est dans ce domaine que notre (présumé) déserteur et chercheur d’or va se révéler un personnage hors du commun. Il est à l’origine, de concert avec d’autres érudits, essentiellement l’Allemand Oskar Frankfurter, l’Anglais Cecil Carter et le prince Damrong sous le patronage de S.A.R. le prince Vajiravudh (futur Rama VI) de la fondation en 1904 de la Siam Society, très vite devenue et restée une institution érudite d'importance internationale pour la diffusion de la culture siamoise. Il en sera le premier vice-président. Dans le premier numéro de la revue, il donne aux futurs contributeurs le détail des sujets en rapport avec le Siam qu’ils sont invités à traiter…des amulettes à la zoologie. Il y donnera d’ailleurs l’article sur les proverbes et expressions siamoises dont nous avons parlé (1).

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Il était déjà membre depuis 1901 de l’Ecole française d’extrême orient dont il importe de préciser qu’il ne s’agit pas d’une association de pécheurs à la ligne au sein de laquelle on est admis en payant une cotisation annuelle mais sur décret ministériel suivi d’une décision du gouverneur de l’Indochine française (8).

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Nous le retrouverons encore membre actif et apprécié de la Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland, et la Royal Geographical Society et de l'Associazione Italiana degli Orientalisti. Au cours de cette vie d'étude, il avait réuni une bibliothèque de plus de 3.000 volumes, la plupart en siamois, dont beaucoup étaient rarissimes. Cette bibliothèque a été donnée par ses héritiers à l'Institut Oriental de Naples (Istituto Orientale di Napoli), une partie intégrante de l'Université de Naples qui est actuellement détentrice de l’une des plus belles collections d’ouvrages siamois anciens et de manuscrits orientaux au monde (9).

 

Traité d'astrologie du XVIIIe ou XIXe siècle :

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Numismate à ses heures, lui-même collectionneur avisé, il fut à l’origine de l’acquisition et de l’inventaire de la collection de l’Ecole française d’extrême orient. Il fut chargé par le gouvernement siamois de rédiger le catalogue d’une exposition de monnaies et de médailles organisée à Hanoï en 1902 (10).

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Nous allons enfin le retrouver périodiquement comme représentant du Siam aux diverses sessions du Congrès International des orientalistes en particulier à Hanoï en 1902, où il  prononça le discours inaugural en anglais (11), à Paris en 1907, à Copenhague en 1908 et à Athènes en 1912 (12).

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Ses écrits

 

Gerini a beaucoup écrit, ses ouvrages ne nous sont malheureusement pas d’un accès facile, la plupart écrit en siamois, d’autres sur des sujets qui passent très largement au-dessus de nos compétences d’amateurs. Nous avons évidemment lu avec intérêt et analysé son article sur les proverbes et expressions siamoises publié dans le premier numéro de la revue de la Siam society. Il démontre une connaissance profonde de la langue. Il est également l’auteur d’un très long et très difficile (pour nous, pourquoi le taire ?) article sur l’histoire de l’île de Phuket étayé de nombreuses justifications sur d’anciens textes siamois (13) mais de « haute valeur » écrit Louis Finot (5).

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Il est en particulier l’auteur de deux manuscrits Tamniap nakian (ทำเนียบนักเขียน) ou Liste des écrivains siamois et Raïchuewannakadee Siam (รายชื่อวรรณคดีสยาม) ou inventaire de la littérature siamoise. Nous n’y avons pas eu accès mais bénéficions de l’analyse (presque totalement en thaï) qu’en ont faite des érudits thaïs (14). Selon eux, ces manuscrits compilent des informations sur la littérature siamoise du 13e au 19e siècle après J.-C., ce qui laisse à penser que Gerini avait l’intention d’écrire un ouvrage sur ce sujet. Ils sont le résultat de recherches provenant de sources primaires et secondaires : tradition orale, documents imprimés et autobiographies d’écrivains contemporains. Il y enregistre des dates, des noms d'auteurs, des titres d’ouvrages de littérature avec des notes sur des points précis. Il est le premier savant occidental à avoir tenté de  faire une anthologie systématique de l'histoire de la littérature siamoise depuis le XIIIe siècle. Il y a inventorié des titres jamais trouvés ailleurs et a pour la première fois utilisé une méthodologie moderne dans les recherches sur la littérature siamoise. Les extraits que nous donnent ces auteurs de ce manuscrit laissent à penser que l’ouvrage était loin de sa mise en forme !

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Une autre œuvre fut inachevée, elle aurait dû être celle de sa vie : Etudiant les antiquités des royaumes thaï et collectionnant les matériaux d'une histoire du Siam qu’il devait publier sous l’égide de la Royal Asiatic Society, il n'a pas eu le temps de l'écrire (15).

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Son œuvre majeure est ses « Researches on Ptolemy's Geography of Eastern Asia (Further India and Indo-malay peninsula) », un gros volume de près de 1.000 pages publié à Londres en 1909 sous l’égide de la Royal Asiatic Society et plusieurs fois réédité notamment en 1994. Il s’agissait au vu de ses recherches sur la géographie historique de l'Asie orientale d’une tentative d'identifier les toponymes de ces régions énumérés dans les listes de Ptolémée.

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L’ouvrage suscita évidemment des discussions d’experts, nous n’osons parler de « querelles d’Allemands ». Nous n’avons pas pu le consulter mais avons une analyse très critique de l’orientaliste Edouard Chavannes qui semblait ne pas porter Gerini dans son cœur lorsqu’il écrit en introduction « II est difficile de porter un jugement impartial sur l'ouvrage du Colonel Gerini. L'auteur est si persuadé de sa supériorité sur tous ses devanciers et il présente avec tant d'assurance ses hypothèses personnelles qu'on se sent disposé à prendre à son égard une attitude aussi agressive que la sienne l'est à l'égard d'autrui… Je tâcherai de ne pas succomber à cette tentation et de mêler à la critique la part d'éloge à laquelle je crois que M. Gerini a droit ». La suite est moins venimeuse, nous la donnons en note (16).

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En dehors de ces querelles que nous ne sommes pas aptes à juger, nous pouvons citer au moins deux ouvrages qui font du texte de Gerini une référence fondamentale, un article du grand orientaliste Sylvain Levi et un autre de l’également orientaliste Antoine-Joseph Charignon.

 

Nous nous contenterons de l’analyse flatteuse qui en est faite dans les Annales de Géographie : « Le colonel GERINI pousse très loin dans le détail son travail de localisation en s’autorisant de sa connaissance du pays et de la bibliographie antérieure ainsi que de la terminologie géographique hindoue arabe et chinoise de chacun des noms de lieu que cite Ptolémée, il donne un équivalent précis. Grâce à la masse énorme des faits et textes de toutes langues qu’il utilise son livre est un instrument de travail du plus haut prix pour étude de la géographie historique de l’Extrême-Orient » (17).

 

Cet ouvrage peut-être sujet à des critiques, il reste considéré comme un des textes classiques, fondamentaux pour les études orientalistes.

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Gerini avait-il la dent dure ? C’était un militaire et non un diplomate. Il fut étrillé de façon tout juste courtoise par Aymonier en 1901 au sujet d’une complexe traduction épigraphique en khmer archaïque (18). Il eut également des difficultés érudites (nous ne savons lesquelles, probablement sur des traductions de vocables archaïques ?) avec l’orientaliste allemand Gustaaf Schlegel. Toujours est-il qu’à l’assemblée générale de la Siam Society en 1905 il a « lu une critique sévère des « Siamese Studies » de l’allemand Gustaaf Schlegel, plus sévère encore du « Cambodge » d'Aymonier » (19). Les interprétations linguistiques de Schlegel y sont traitées d’extravagantes et Aymonier accusé de n’avoir pas recueilli les informations nécessaires malgré ses longs séjours au Cambodge et d’avoir des théories ethnographiques de fantaisie (20).

 

La liste de ses écrits est longue portant sur de multiples sujets, mais la plupart de ses travaux sont écrits et publiés exclusivement en thaï. Nous n’en citerons que quelques-uns, celles qui ont été publiées dans une langue facilement accessible (21).

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De retour en Italie, Gerini va garder des liens étroits avec le Siam.

 

Il va commencer la construction de la « Villa Gerini » à Cisano sul Neva, qui sera terminée en 1910, où l’on reconnait la griffe de l’un des architectes italiens de la salle du trône Ananta Samakhom. Cette villa qui est en réalité un palais est devenue un hôtel de luxe qui fut une étape favorite du producteur Carlo Poni. Ce luxe laisse à penser que Gerin était revenu en Italie fortune faite.

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Lors de la visite privée du roi Chulalongkorn en Europe en 1907, il l’accompagne dans sa visite du pays  en particulier pendant le mois du séjour du roi à San Remo.

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Celui-ci lui confie des missions de représentation pour représenter le Siam dans des congrès officiels et des conférences des orientalistes et des archéologues. Dès son arrivée en Italie en 1906, il assista à un congrès orientaliste à Rome. En 1908, il représenta le Siam au Congrès international des orientalistes à Copenhague comme nous l’avons vu. Il fut encore mandaté par le ministère de la guerre pour négocier des achats d’armes chez le trop célèbre Krupp.

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En 1909, le roi Chulalongkorn le nomme responsable de la construction et de la direction  du pavillon siamois à l'Exposition internationale de Turin en 1911. Il en confie la conception et la construction à ses compatriotes architectes Tamagno et Rigotti.

 

Pavillons du Siam et de la Serbie :

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Le Catalogue du Pavillon, écrit presque entièrement par lui, est considéré comme un texte fondamental pour la connaissance du Siam au début du XXe siècle (22).

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Sa prestation lui vaut la croix de grand officier de la couronne des mains du roi Victor Emmanuel III.

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Tant pour la construction de son palais que pour celle du pavillon, il fit appel à son jeune compatriote ingénieur Emilio Giovanni Gollo, également de Cisano, né en 1873 et arrivé au Siam en 1899. Tous deux originaires d’un village de 2.000 habitants se sont évidemment connus dans le microcosme italien de Bangkok (23).

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Gerini mourut trop tôt le 11 octobre 1913 à Turin d'un coup de cœur et fut  enterré à Cisano sul Neva dans la chapelle familiale.

 

En 2010, le Commandement de l'instruction militaire de Bangkok (กรมยุทธศึกษาทหารบก) au cours d’une cérémonie solennelle, a inauguré le buste de Gerini à l'entrée de son siège. Il fut le deuxième Italien à être ainsi honoré en Thaïlande après Corrado Feroci alias Silpa Bhirasri, fondateur de l'Université Silpakorn de Bangkok.

 

C'est une figure originale et sympathique qui disparut prématurément dans un cercle d’érudits peu nombreux où les pertes se font, par suite, doublement sentir.

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NOTES

 

 

(1) « On Siamese Proverbs and Idiomatic Expressions » in Journal de la Siam society, numéro 1 de 1904, pp 1-158.

Voir notre article H4 - « SUPHASIT PHRA RUANG » OU LES PRÉCEPTES DU ROI RUANG (LITHAÏ) (1347-1368 ENV.) » in  

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/11/h4-suphasit-phra-ruang-ou-les-preceptes-du-roi-ruang-lithai-1347-1368-env.html

 

(2) L’histoire de l’archéologie au Siam avant qu’elle ne devienne affaire siamoise a fait l’objet d’une longue  étude de Jean-Yves Claeys «  L'archéologie du Siam ». In : Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 31, 1931. pp. 361-448.

 

(3) Voir nos articles A 243 « LES ARCHITECTES ET LES INGENIEURS ITALIENS AU SIAM SOUS RAMA V ET RAMA VI » et A 244 « LES PEINTRES ET LES SCULPTEURS ITALIENS AU SIAM SOUS RAMA V ET RAMA VI ».

 

(4) Nous n’en avons trouvé trace que dans la page Wikipedia en italien qui lui est consacrée (https://it.wikipedia.org/wiki/Gerolamo_Emilio_Gerini) qui donne des sources italiennes que nous n’avons pu vérifier notamment un courrier du Ministre de la guerre au Ministre des affaires étrangères du 30 avril 1902.

 

(5) L. Finot  « G.-E. Gerini (1860-1913) » In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 14, 1914. pp. 97-98.

 

(6) Nous avons trace de (en siamois)  « L'art de la guerre, l'organisation militaire, les armes et les maximes politiques des anciens hindous » à Bangkok, 1894.

 

(7) Le contrat de concession de 1889 – 1890 se trouve pour des raisons mystérieuses dans les documents sur la Siam conservés aux archives de Paris (voir « INVENTAIRE DES DOCUMENTS SUR LE SIAM CONSERVÉS AUX ARCHIVES DE PARIS » par Kennon Breazeale in Journal of the Siam society, 1980.

 

(8) Décret du 26 février 1901, in Annuaire officiel de l’Indochine française et divers Bulletins officiels de l’Indochine française.

 

(9) Nous ignorons tout de sa vie privée donc de ces héritiers dont nous n’avons pas trouvé trace et des raisons pour lesquelles ses collections ont été transférées à Naples et non à Turin ?

 

(10) « Catalogue d'une collection de monnaies anciennes et modernes et de médailles du Siam et de quelques anciens États tributaires du même Royaume, exposée par Madame da Costa. Hanoi. 1902 » Notice par G. E. Gerini. Bangkok, Imp. « Siam Free Press », 1902, 30 p. Publié à 6 exemplaires seulement, nous ne l’avons évidemment pas consulté, nous en avons trace dans l’article de François Joyaux « À l'origine de la collection numismatique nationale du Vietnam ». In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 95-96, 2008, pp. 507-515.

 

(11)  « Compte rendu analytique des séances / premier Congrès international des études d'Extrême-Orient, Hanoi, 1902 » à Hanoï, 1903.

 

(12) Nous avons trouvé trace de sa présence comme représentant officiel du gouvernement siamois dans diverses livraisons de la revue T’Oung Pao de ces années-là.

 

(13) « HISTORICAL RETROSPECT OF JUNKCEYLON ISLAND » in Journal of the Siam society, volume II- 2 de 1905.

 

(14) คุณค่าของทำเนียบนักเขียนและรายชื่อวรรณคดีสยาม ของพระสารสาสน์พลขันธ์ต่อการศึกษาวรรณคดีไทย (The Value of Phra Sarasasana Palakhandh’s Directory of Siamese Authors And List of Siamese Literature to the Study of Thai Literature) par เสาวณิต วิงวอน1, วรรณา นาวิกมูล, กุลวดี มกราภิรมย์, สรณัฐ ไตลังคะ (Sauvanit Vingvorn, Wanna Navigamune, Kulwadee Makarabhirom, Soranat Tailanga) accessible sur le site http://lit.human.ku.ac.th/web_52/article_17_1.pdf

 

(15) II a traité seulement, nous apprend Finot (5) des relations entre le Siam et la Chine dans une série d'articles de la londonienne Imperial and Asiatic Quarterly Review réunis ensuite en un tirage à part : Siam's Intercourse with China (1906,).

 

(16) In T’oung Pao de 1910, volume 11… « L'idée directrice de M. Gerini est que, parmi les localités qui sont marquées sur les cartes de Ptolémée, il y a un certain nombre de stations fondamentales pour lesquelles le grand géographe alexandrin possédait des indications précises de longitude et de latitude, les places intermédiaires étant déterminées seulement par les jours de route ou de navigation que les voyageurs devaient employer pour aller de l'une à l'antre. Si on peut reconnaître quelles sont les stations fondamentales et si on parvient à établir que leurs coordonnées s'accordent mathématiquement entre elles, on aura donné à la géographie de Ptolémée un cadre scientifique dans lequel tout doit venir se classer avec une approximation suffisante. M. Gerini croit avoir découvert ces repères sûrs aussi bien pour l'Asie centrale que pour l'Inde transgangétique. Quelque ingénieux que soient ses raisonnements, ils ne me paraissent pas forcer la conviction du lecteur…. Ces réserves étant faites, je puis maintenant signaler les mérites de M. Gerini. Tout d'abord il possède une connaissance approfondie des régions dont il parle; pour lui, la géographie n'est pas une science morte; il a parcouru l'Indo-Chine entière et a vécu pendant de longues années au Siam; il sait quelles voies suivent les trafiquants, quelles rivières sont navigables, quels produits se trouvent dans chaque contrée; il est familier avec tous les détails de la toponymie; ce sont là des conditions singulièrement favorables pour  qui se propose d'étudier comment se faisait autrefois le commerce dans les mêmes régions. Souvent l'inspection des lieux a révélé à M. Gerini des faits entièrement nouveaux; ainsi, il a pu établir qu'une branche du Mékong occidental devait dans l'antiquité se détacher un peu au-dessous de Chaudoc pour aller se déverser dans le golfe de Siam; il a montré l'importance du portage qui se faisait à travers l’isthme de Kra afin d'éviter aux navigateurs le contour de la presqu'île malaise. D'autre part, M. Gerini a bien marqué les étapes de la colonisation hindoue en Indo-Chine. Enfin il a expliqué avec ingéniosité la tracé de la carte de Ptolémée raccourcissant la péninsule malaise et exagérant l'importance de la côte du Tonkin et de la côte de Birmanie; il a fait voir comment, en vertu de l'idée préconçue que l'océan Indien était une méditerranée et que la côte des Sinai devait rejoindre l'Afrique, Ptotémée a été amené à faire pivoter toute la côte de Chine autour de la presqu'île de Lei tcheou, de manière à lui donner une direction méridionale au lieu de la direction septentrionale qu'elle devrait avoir. Enfin les discussions étendues que M. Gerini institue à propos de chacune des identifications qu'il suggère, si elles n'ont pas toujours la force probante qu'il leur attribue, devront être consultées avec soin par tous ceux qui aborderont à nouveau ces difficiles problèmes ».

 

(17) Sylvain Levi « Ptolémée, le Nidessa et la Brhatkatha » publié dans Etudes asiatiques, 1925

« A propos des voyages aventureux de Fernand Mendez Pinto , notes de A. J. H. Charignon, recueillies et complétées par Mlle M. Médard » publié à Pékin en 1936.

« Histoire de la géographie et Géographie historique ». In: Annales de Géographie, t. 19, n°107, XIX° Bibliographie Géographique annuelle, 1909. 1910. pp. 7-25;

 

(18) Aymonier « Le Cambodge – les provinces siamoises » de 1901.

 

(19) In T’oung Pao de 1906.

 

(20) le Journal of the Siam society, volume II-1 de 1905, publie le texte intégral de son allocution, il n’y utilise effectivement pas le langage diplomatique. Finot (5) écrit de lui : « Il apportait dans la discussion des problèmes d'histoire une verve qui en faisait oublier l'aridité et une abondance d'arguments qu'il croyait trop facilement décisifs ».

 

(21) Sa production littéraire fut remarquable dans des genres différents. Il a écrit pour des journaux et magazines siamois, anglais, américains et évidemment italiens, pour le Siam Free Press sous le pseudonyme de Hesper, pour le Bangkok Post sous celui d'Ausonius, il a également écrit à Londres pour la Quarterly Asian Review, en Italie pour il Secolo d'Italia et pour Italia Illustrata et pour le  Journal of the American Oriental Society. Retenons son article A retrospective View and Account of the Origin of the Thet Maha Chat Cerimony (acquisition des mérites) de 1892, son Chuḷakantamangala or the Tonsure Ceremony as Performed in Siam de l’année suivante écrit à l’occasion de la tonsure du Prince Varijavudh, une étude sur les ordalies dans l’ancien droit siamois Trial by Ordeal in Siam and the Siamese Laws of Ordeals en 1896, Catalogue d'une collection de monnaies et médailles du Siam. Bangkok, 1902,  et un Archaeology, a sinoptical Sketch  en 1904.

 

(22) « Catalogo Descrittivo della Mostra Siamese alla Esposizione Internazionale delle Industrie e del Lavoro in Torino, 1911 - Siam and Its Productions, Arts and Manufactures » publié en 1911 en italien et en anglais.

 

(23) Du 22 février au 22 mars 2000, à Bangkok au centre d’anthropologie Princess Maha Chakri Sirindorn s’est tenue une exposition « Cisanesi alla corte del Siam » illustrant l'histoire de ces deux Cisanais illustres : Jerome Gerini et Emilio Giovanni Gollo faisant suite à une autre exposition tenue en août 1998 à Cisano, plus modeste.

 

A 246 - G. E. GERINI, OFFICIER DANS L’ARMÉE ITALIENNE,  COLONEL DANS L’ARMÉE SIAMOISE, CHERCHEUR D’OR, GÉOGRAPHE, ARCHÉOLOGUE, ETHNOLOGUE, LINGUISTE, COLLECTIONNEUR ET HISTORIEN.

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