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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 22:02
H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

La princesse Sudawadi (สุดาวดี) devenue princesse - ou plutôt kromluang - Yotathep (กรมหลวงโยธาเทพ), fille unique du roi Naraï, a intrigué sinon fasciné les étrangers français et hollandais. Auréolée d'un grand mystère, cruelle et autoritaire, peut-être avec un tempérament de Messaline, cette princesse qu'aucun occidental ne vit jamais, fit l'objet de toutes les rumeurs et de tous les fantasmes. Elle est l’une des rares femmes de sang royal qui ont marqué l’histoire d’Ayutthaya. Elle vécut sous quatre règnes, fille de roi, reine et mère de roi mais pourtant elle reste presque ignorée des chroniques siamoises. Seul un médecin Franco-batave du Palais eut le privilège de la rencontrer … et peut-être quelques soldats portugais « de rencontre » pour des motifs que la morale réprouve. Le seul homme qu’elle rencontrait était le roi Naraï son père. 

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Son favori Phauklon lui-même ne put jamais la rencontrer, elle lui ferma toujours sa porte.

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Nous avons parlé à de multiples reprises des « Chroniques royales d’Ayutthaya » traduites par Richard D. Cushman pendant 20 ans et publiées en 2006. Elles sont une source importante sinon fondamentale pour écrire l’histoire du royaume d’Ayutthaya (1351-1767) mais au vu d’une conception siamoise de l’histoire avant que le prince Damrong (1862 –1943), fils du roi Mongkut, le « père de l’histoire siamoise » fit sortir cette discipline du domaine des chroniques à la chronologie incertaine sinon fantaisiste pour la faire entrer dans le domaine moderne de la science historique. Dans notre article RH 21 (1) nous en avons détaillé certaines limites sur des règnes qui ont pourtant marqué l’histoire du Siam, traités « en coup de vent » (2). Les Chroniques seront beaucoup plus prolixes sur les périodes  - 4 règnes - qui intéressent la vie de « notre » princesse de 1656 à 1735 (3).

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

La princesse a joué pendant cette période un rôle capital dans l’histoire du pays à l’époque d’Ayutthaya, comparable en importance quoique sous des formes différentes, politiques et non guerrières, à celui de Suriyothaï un siècle auparavant … deux femmes exceptionnelles qui ont marqué l’histoire du Siam, presque Reines « à part entière ». N’oublions pas que c’est au XXe siècle seulement que l’une des multiples lois constitutionnelles admit la possibilité pour les femmes d’accéder au trône (4). Et pourtant, cette position capitale, pratiquement inconnue des Chroniques, ne nous est connue que par les auteurs français et dans une moindre mesure hollandais. Il a été remarquablement souligné dans un article récent de Bhawan Ruandsilp (5) tout autant que l’impéritie, l’incohérence et les contradictions  des Chroniques en particulier en ce qui concerne la princesse.

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Sous le règne de Naraï

 

Sous le règne de Naraï, où elle acquit pourtant une position exceptionnelle, nous apprenons fort peu de choses en moins de 10 lignes concernant les membres chéris du roi dans sa famille (6) : Il avait un fils appelé le prince Noï. Après sa cérémonie de tonsure, le roi lui conféra le nom de prince Aphaitot et l’installa dans l’enceinte arrière du palais. Il avait encore une fille qu’il éleva au titre de princesse de troisième rang sous le nom de Yothathep. Il avait également une sœur qu’il éleva également au rang de princesse de troisième rang sous le nom de Yothathip (กรมหลวงโยธาทิพ) et qu’il invita à demeurer dans une autre enceinte du palais royal.

 

Naraï sur son éléphant de parade (dessin du R.P. Tachard) :

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Les Chroniques ne nous apprennent pas le nom de sa mère, épouse ou concubine de Naraï. Elle était de sang royal, princesse Suriyong Ratsami (สุริยงรัศมี). Elle aurait également été sœur ou demi-sœur de son royal époux ? L’histoire ne nous dit pas si Naraï eut à l’égard de Yothathip sa soeur les mêmes « bonnes manières » qu’à l’égard de Suriyong Ratsami ?

Ce titre de kromluang, Yothathep pour l’une, Yothathip pour l’autre (กรมหลวงโยธาเทพกรมหลวงโยธาทิพ) ne semble pas avoir été simplement honorifique. Le vocable « Luang - หลวง » est réservé aux personnes de sang royal. Les « Krom -  กรม » sont à la tête d’un département administratif. Ce sont en quelque sorte des ministres. Ces titres aujourd’hui partiellement tombés en désuétude sont nés de l’étiquette issue d’un décret du Roi Ramathobodi Ier qui est d’une effroyable complexité (7). Les chroniques ne nous en apprennent pas plus sur son rôle au cours du règne du roi son père. On la suppose née en 1656 sous le nom de Sudawadi (สุดาวดี) puisque, selon une correspondance diplomatique citée par Wikipédia (8), elle avait 25 ans en 1681.

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Que nous en disent les chroniqueurs français ?

 

 Ils l’appellent tous « la princesse-reine », ils l’ont « rencontrée » sans jamais la rencontrer puisque nul homme ne l’a jamais vue, hormis le roi bien sûr et son médecin français dont nous reparlerons compte non tenu, bien sûr, de son futur époux Petracha.

A tout seigneur, tout honneur, le chevalier de Chaumont, s’il fut un médiocre ambassadeur n’est pas un mauvais narrateur tant du moins qu’il ne cherche pas à mettre son rôle en avant (9) : Il nous décrit une princesse hautement consciente de son rang, jouissant d’un pouvoir absolu et d’une férocité certaine « il (Naraï) n'a d'enfants qu'une fille, que l'on appelle la Princesse Reine, agrée d'environ vingt-sept ou vingt-huit ans, le roi l'aime beaucoup, on m'a dit qu'elle était bien faite ; mais jamais les hommes ne la voient, elle mange dans le même lieu et à même temps que le roi, mais à une table séparée, et ce sont des femmes qui les servent qui sont toujours prosternées. Cette princesse a sa cour composée des femmes des mandarins qui la voient tous les jours, et elle tient conseil avec ses femmes de toutes ses affaires, elle rend justice à ceux qui lui appartiennent, et le roi lui ayant donné des provinces dont elle tire le revenu et en entretient sa maison, elle a ses châtiments et exerce la justice. Il y est arrivé quelquefois que lorsque quelques femmes de sa maison ont été convaincues de médisances d'extrême considération, ou d'avoir révélé des secrets de très grande importance, elle leur a fait coudre la bouche. Avant la mort de la reine sa mère, elle avait à ce que l'on dit du penchant à faire punir avec plus de sévérité ; mais depuis qu'elle l'a perdue elle en use avec beaucoup plus de douceur ; elle va quelquefois à la chasse avec le roi, mais c'est dans une fort belle chaise placée sur un éléphant et où quoi qu'on ne la voie point elle voit néanmoins tout ce qui s'y passe. Il y a des cavaliers qui marchent devant elle pour faire retirer le monde, et si par hasard il se trouvait quelque homme sur son chemin qui ne pût pas se retirer, il se prosterne en terre et lui tourne le dos. Elle est tout le jour enfermée avec les femmes ne se divertissant à faire aucun ouvrage, son habillement est assez simple et fort léger, elle est nu jambe, elle a à ses pieds des petites mules sans talons d'une autre façon que celles de France ; ce qui lui sert de jupe est une pièce d'étoffe de soie ou de coton qu'on appelle pagne, qui l'enveloppe depuis la ceinture en bas et s'attache par les deux bouts, qui n'est point plissée, de la ceinture en haut elle n'a rien qu'une chemise de mousseline qui lui tombe dessus cette manière de jupe, et qui est faite de même que celle des hommes, elle a une écharpe sur la gorge qui lui couvre le col et qui passe par-dessous les bras, elle est toujours nu-tête, et n'a pas les cheveux plus longs que de quatre ou cinq doigts, ils lui font comme une tête naissante ; elle aime fort les odeurs, elle se met de l'huile à la tête ; car il faut en ces lieux là que les cheveux soient luisants, pour être beaux, elle se baigne tous les jours même plus d'une fois qui est la coutume de toutes les Indes, tant à l'égard des hommes que des femmes ; j'ai appris tout ceci de Madame Constance qui va souvent lui faire sa cour. Toutes les femmes qui sont dans sa chambre sont toujours prosternées et par rang, c'est-à-dire les plus vieilles sont les plus proches d'elle, et elles ont la liberté de regarder la princesse, ce que les hommes n'ont point avec le roi de quelque qualité qu'ils soient, car tant qu'ils sont devant lui, ils sont prosternés et même en lui parlant » (10).

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Elle bénéficie de grandes richesses puisque le même Chaumont nous donne en annexe de son ouvrage la liste des, somptueux cadeaux qu’elle lui remit à l’attention de Madame la Dauphine, de Monseigneur le duc de Bourgogne et de Monseigneur le Duc d’Anjou (11).

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?
H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?
H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?
H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

L’abbé de Choisy nous confirme tout à la fois sa puissance, son influence sur le roi et sa férocité : « Nous avons salué en passant l'appartement de la princesse, qui assurément nous voyait par quelque jalousie. Il ne faut pas songer à la voir. M. Constance ministre, qui est à tout moment dans le palais, ne l'a jamais vue. Voici ce qu'il m'en a conté. Elle est fille unique, et depuis la mort de sa mère elle est traitée comme la reine. Elle a ses terres, ses rentes, ses sujets, ses soldats, ses officiers ; tout cela indépendamment du roi. Tous les jours elle donne audience le matin et le soir à toutes les femmes des grands mandarins, qui n'oseraient manquer à s'y trouver l'une après l'autre. Elle est dans son trône, et toutes ces pauvres femmes sont couchées par terre, la tête baissée, dans la même posture que leurs maris font devant le roi. Sa justice est très sévère. Quand quelque dame a trop parlé, elle lui fait coudre la bouche, et quand elle n'a pas assez parlé, elle lui fait fendre la bouche jusqu'aux oreilles. Ce n'est point une plaisanterie. M. Constance m'a protesté aujourd'hui que cela est vrai ; mais vous pouvez bien croire qu'on ne fait pas tous les jours cette justice. Tous les jours elle va voir le roi deux fois, et dîne avec lui. Il est arrivé plusieurs fois que M. Constance, pour des affaires pressées, a demandé à parler au roi pendant son dîner ; on l'a fait entrer : la princesse était à table avec un petit paravent devant elle, et il ne l'a point vue. Il a pourtant souvent des affaires à démêler avec elle. Il prit l'année passée deux mille hommes dans les terres de son apanage pour les faire marcher à Cambodge ; elle gronda fort, et fut longtemps sans vouloir écouter les raisons que Madame Constance lui disait pour excuser son mari. » (12).

Qu’elle bénéficie d’une armée privée de 2.000 hommes est signe de sa puissance.

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Nicolas Gervaise insiste moins sur sa férocité que ses capacités à assumer la succession de son royal père : « L'Appartement de la Princesse Reine sa fille et de ses femmes, qui en effet le plus proche, parait par les dehors assez magnifique ; il a vue, aussi bien que celui du Roy, sur de grands jardins bien plantés ; les allées y font de petits ruisseaux qui y donnent de la fraîcheur, et qui par le doux murmure qu'ils font en coulant invitent au sommeil ceux qui se reposent sur l'herbe toujours verte, dont ils font bordés. La Princesse qui est issue de son Mariage n'a point dégénéré de la vertu et des grandes qualités de sa mère, si j'en croie ceux qui l'ont vue avant qu'elle eût atteint l'âge de quatorze ans ; car sitôt que les Princesses ont passé cet âge elles ne se font plus voir aux hommes, et leurs frères mêmes ne leur parlent plus, qu'au travers d'un rideau : Sa taille passe la médiocre ; elle a la bouche assez belle, les yeux noirs & bien fendus, le teint plus blanc que les autres ; fon nez est un peu trop plat pour être bien fait, mais il y a dans tout ce qu’elle fait un certain je ne sais quoi de fort engageant et de fort agréable. Cet art qu'elle a de plaire à toutes les femmes qui la peuvent voir, est soutenu par une solidité de jugement et par une vivacité d'esprit dont l'heureux et juste assemblage n'est pas toujours le partage de celles de fon sexe. Le Roi qui connait mieux que qui que ce soit les bonnes qualités de cette Princesse, voulut il y a trois ou quatre ans les mettre à l'épreuve. Comme elle est l'héritière présomptive de sa couronne, un jour il se fit un plaisir de la lui mettre sur la tête, et de lui donner pour deux fois vingt-quatre heures seulement le gouvernement de son royaume. Elle y surpassa ses espérances, car elle raisonna fur les affaires les plus difficiles qu'il lui fit proposer par son Conseil, comme si elle y eût été élevée toute fa vie ; et sa pénétration naturelle suppléant au défaut  d’expérience, elle fit connaitre qu'elle était née pour le Trône, et qu'elle saurait fort bien le remplir quand elle y serait appelée. Il n'y a qu'une chose qu'on lui puisse justement reprocher, c'est que sa vertu est un peu trop austère; car on l'a vue pour les moindres fautes, & pour de simples médisances  dont ses filles d'honneur s'étaient rendues coupables envers leurs compagnes les faire raser en sa présence, & par ce châtiment les déshonorer pour le reste de leurs jours (13).

 

Il est par ailleurs le seul à nous en donner une description physique dont la valeur est probablement toute relative.

 

Son portait  ci-dessus (cabinet des estampes de la bibliothèque nationale) est évidcemment de pure fantaisie :

Le Père Tachard (14) est plus bref : « La princesse, fille unique du roi, a pareillement sa cour et son conseil composés des femmes des principaux mandarins. Elle a de l'esprit et de la vivacité, et elle fait paraître dans le gouvernement des provinces, que le roi lui a données, beaucoup de sagesse et de modération, elle n'est servie que par des femmes, et nul homme ne l'a jamais vue ni en public ni en particulier ».

Il nous donne de son coup de crayon assez malhabile un dessin de la chaise sur laquelle elle monte son éléphant : « Quand elle sort sur un éléphant elle est enfermée dans une espèce de chaise qui l'empêche d'être vue comme vous le pouvez voir dans cette figure ».

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La question de pose évidemment de savoir si le Roi Naraï l’envisageait comme son héritière ?

 

Pouvait-elle succéder à son père ?

 

Pour La Loubère, la réponse ne fait aucun doute, elle est négative mais il est réaliste, c’est tout simplement la loi de la jungle : « Les filles ne succèdent point à la couronne. A peine y font elles regardées comme libres. Ce serait le fils aîné de la reine qui y devrait toujours succéder par la Loi. Néanmoins parce que les Siamois ont de la peine à concevoir qu’entre des princes à peu près de même rang, le plus âgé se prosterne devant le plus jeune, il arrive souvent qu’entre frères, quoiqu’ils ne soient pas tous fils de la reine, et qu’entre oncles et neveux, le plus avancé en âge est préféré ou plutôt c’est la force qui en décide presque toujours. Les Rois mêmes contribuent à rendre la succession royale incertaine ; parce qu'au lieu de choisir constamment pour leur successeur le fils aîné de la Reine, ils suivent le plus souvent l'inclination qu'ils auront pour le fils de quelqu'une de leurs Dames dont ils seront amoureux » (15).

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Nous avons également à ce sujet la version de l’ingénieur Vollans de Verquains qui introduit un fils adoptif comme héritier potentiel (16) : « Le roi n'avait point d'autres enfants qu'une seule princesse, à qui le doit de régner n'appartenait pas immédiatement, parce que selon la coutume du pays les frères du roi succèdent à la couronne préférablement à ses enfants, auxquels néanmoins elle revient après la mort de leurs oncles ; il y avait deux princes frères du roi, tous deux d'une humeur inquiète, et qu'il était obligé de tenir sous bonne garde dans ses palais. L'un était impotent, l'autre plus jeune était bien fait et sans aucun défaut naturel en sa personne, quoique quelques-uns disent qu'il était muet, et d'autres qu'il affectait de le paraître. La mauvaise conduite de ces princes ayant plusieurs fois désobligé le roi, il avait conçu beaucoup d'aversion pour tous deux ; et quelques-uns avoient tellement pris foin d'augmenter les soupçons qu'il en pouvait avoir, qu'ils avoient entièrement éloigné d'eux la bonne volonté du Prince; c'est pourquoi il faisait élever un fils adoptif nommé Mompy, lequel apparemment il destinait, pour être un jour son successeur. »

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Que nous dit l’abbé de Choisy (17) ? « Le roi n’a qu’une fille unique qui a vingt-sept ans. Elle a le rang et les revenus de la reine depuis que sa mère est morte et les aura jusqu’à ce que son père se remarie. Il y a deux frères du roi : l’un qui a trente-sept ans et est impotent, fier et capable de remuer, si son corps lui permettait d’agir ; l’autre qui n’a que vingt-sept ans est bien fait et muet. Il est vrai que l’on dit qu’il fait le muet par politique. Ils ont chacun un palais, des jardins, des concubines, des esclaves, et ne sortent presque jamais. La sœur du roi et ses tantes sont fort vieilles ».  

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Deux frères héritiers potentiels, l’un impotent, l’autre imbécile ou jouant les imbéciles et un fils adoptif chéri du roi ? Ces deux frères étaient en réalité des demi-frères du roi Naraï. Tous deux seront exécutés par précaution lors de la révolution de 1688, donné à manger aux tigres ou plus probablement enfermées dans un sac de soie et frappés à mort à coups de bâton de santal ?  Le fils adoptif fut élevé par la sœur du roi Naraï. Lors de la révolution de 1688, il fut arrêté dans la chambre même du roi Naraï et décapité. Sa tête aurait été attachée pendant plusieurs jours au cou de Phaulkon soumis à la torture.  

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Nous avons toutefois une version plus précise des intentions secrètes du roi Naraï à l’égard de sa fille. Elle nous vient du père jésuite de Bèze qui accompagnait la mission. Ses mémoires manuscrites conservées aux archives nationales restèrent très longtemps inédites (18). Pour lui, le roi Narai aurait été disposé à faire épouser Yothathep à son plus jeune frère, le prince Noi, l’imbécile, qui « en fait possédait toutes les prétentions à l'affection du peuple, était en faveur du roi, populaire chez les gens, de bonne mine et gracieux » Faire épouser par sa fille son frère débile était alors le moyen le plus sûr de la voir monter sur le trône ? S’agissait-il de ragots ? Ceux-ci étaient fréquents à la Cour d’Ayutthaya, les Chroniques nous en donnent quelques exemples (19). Pour Desfarges, un mariage secret aurait même été célébré ? (20).

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Le père de Bèze conte à ce sujet une autre histoire (ragot ?). La princesse se serait infligé une blessure à la jambe pour lui servir d'excuse et lui permettre de quitter le palais intérieur pour visiter un médecin qui travaillait à la VOC (Compagnie hollandaise des Indes orientales) et à la cour, Daniel Brochebourde. Celui-ci l’aurait aidée à garder la blessure fraîche, alors qu'en réalité elle allait « voir » des soldats Portugais. Cette histoire aurait été la risée de la ville. Finalement, le roi s’aperçût du manège et ordonna au médecin de guérir la blessure à l’intérieur du palais. C’est alors que la Princesse aurait tenté avec succès de séduire le prince Noï ? (21). D’après le père de Bèze, Naraï aurait souhaité lui voir épouser son fils adoptif, Monpi, ce qu’elle aurait refusé en raison de la bassesse de son extraction ?

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Le roi Naraï voulut-il en faire son héritière directe ce qui ne s’était jamais vu à Ayutthaya ? Lorsqu’il tomba gravement malade en mars 1688 dans son palais de Lopburi, conscient des problèmes de succession à venir, il aurait convoqué ses proches ; Phaulkon, Phetracha et Mompy pour proposer sa fille, Kromluang Yothathep, pour lui succéder. Eux trois devaient se retrouver comme régents jusqu'à ce que la princesse prenne un époux à sa convenance. Cette décision mit probablement le feu aux poudres.

Une chose est alors certaine à la veille de la révolution, c’est que Yothathep détestait Phauklon tout autant que son épouse portugaise à la suite, en particulier, du prélèvement fait par le Grec en 1684 de 2.000 hommes dans les terres de son apanage pour les envoyer guerroyer au Cambodge, ce dont nous a parlé l’abbé de Choisy. Sa détestation du favori s’est évidemment reportée sur les Français et leur présence au Siam, haine attisée par son médecin. Selon le père de Bèze, cette haine aurait également eu pour origine une demande faire au favori de prendre à son service (ou de la placer auprès de lui comme maitresse et espionne ?) l’une des femmes de sa suite ce à quoi s’opposa Maria Guimar son épouse légitime, jalouse comme une tigresse et habituée aux incartades de son mari dont elle obtint qu’elle soit envoyée en exil à Pitsanulok.

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Vers la fin du règne l’écart se serait creusé entre le père et la fille, celle-ci étant attachée à sa religion et aux traditions ? Elle aurait alors quitté Lopburi la capitale ou aurait été exilée. Naraï mourut le 11 juillet 1988 sans avoir pu sauver son favori Phaulkon ni réglé la question de sa succession. Il n’est pas exclu que dès avant son couronnement, Petracha ait épousé la princesse dans les derniers jours de juillet et que celle-ci ait intrigué avec lui ?

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La révolution de 1688

 

Ne revenons pas sur cette révolution qui conduisit à un changement de dynastie (22). L’ouvrage le plus complet qui lui est consacré est celui de Vollant des Verquains (16). Si, comme le dit La Loubère (15) en parlant de la succession « c’est la force qui en décide presque toujours » Petracha a nécessité de bénéficier, non pas auprès du peuple dont nul ne se soucie mais des notables, famille princières, mandarins et clergé omni présent et omni puissant, d’une certaine légitimé. Ses qualités de frère de lait du défunt roi sont insuffisantes.

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Quel fut le rôle de la princesse ? Il est possible qu’avant sa mort Naraï lui ait confié le sceptre royal, symbole du droit de régner (24). Pour le père de Bèze, Petracha l’aurait fait enfermer. Pour d’autres, elle aurait embrassé la cause de l’usurpateur pour autant qu’elle ne l’ait pas déjà épousé ? (25). Toujours est-il qu’une fois réglé par le sang le sort des membres de la famille royale qui lui disconvenaient, celui de Phaulkon de la même façon, et s’être débarrassé des Français, Petracha va asseoir sa légitimité en épousant la princesse Yothathep. Pour reste de besoin, il épouse également Yothathip la tante. La première devient « première reine du côté gauche », la seconde « première reine du côté droit » et sa précédente épouse « première reine du centre » ce dont elle aurait été fort marrie. Nous ne savons pas s’il y avait une hiérarchie entre ces trois titres singuliers. En tous cas ce sont trois reines consort (26). Nos deux princesses furent parait-il fort irritées de l’assassinat des frères et fils adoptif du roi défunt. Lorsque le roi se présenta au palais de l’une et de l’autre pour les raisons que l’on devine, il fut accueilli par des bordées d’injures de l’une, l’épée à la main par l’autre. Il régla la question en leur faisant absorber des « philtres d’amour » et elles restèrent reines !

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Sept ou huit mois plus tard Yothathep se retrouva grosse (27). Etait-ce des œuvres de son royal époux ou un souvenir du Portugal ? Il en fut de même de Yothathip. La première donna naissance à un petit prince appelé Trat Noï et la seconde à un autre petit prince appelé Phra Kwan (28). Ils jouirent tous deux d’une grande faveur comme neveux du grand Naraï.

Petracha mourut en 1703. Sorasak son fils aîné voulut régler le sort des autres fils de son père. Il fit tuer l’un des deux, on ne sait si ce fut Trat Noï ou plus probablement Phra Kwan… ou tous les deux ou aucun des deux (29).

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Les deux reines de gauche et de droite et Trat Noï auraient demandé à Sorasak devenu le malfaisant « roi tigre » (30) l’autorisation de quitter la cour pour s’installer au Wat Phutthaisawan (วัดพุทไธศวรรย์) (31). Trat Noï y devint moine respecté par l’étendue de ses connaissances et sa sagesse (32) et en tous cas le moyen assuré de ne pas finir ses jours dans un sac de soie

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Toutefois, selon une source batave citée par Madame Bhawan Ruandsilp (5), Yothathip serait restée à la Cour ou elle aurait eu une grande influence politique et aurait donné naissance à un autre enfant. Sous le règne de Petracha, et toujours de source batave, le pays avait un gouvernement à trois têtes en sus du roi, Sorasak son fils, Yothathep la reine consort et Phra Kwan qui n’aurait donc pas été assassiné ? Yothathep aurait bénéficié du soutien sans faille de l’ancien ambassadeur Kosapan devenu lui-même ministre de Petracha.

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Mais lorsque Petracha se débarrassa dudit Kosapan selon la procédure habituelle en 1699, le sort de la reine de gauche devint incertain. Quel devait être l’héritier légitime, le fils de Yothathep ou Sorasak ? Circula alors une rumeur (encore) selon laquelle Sorasak n’était pas le fils de son père mais un fils caché de Naraï ? Quoiqu’il en soit, à la mort de Petracha, Sorasak se fit reconnaître par la reine Yothathip au moins jusqu’à ce que Phra Kwan soit en âge de ceindre la couronne. Yothathip se retira alors dans un couvent. Mais, toujours selon une source hollandaise, Yothathep de son côté complotait pour faire assassiner le roi. Sorasak pour sa part s’empressa de faire assassiner Phra Kwan. Yothathep alla alors se réfugier auprès de sa tante Yothathip au Wat Phutthaisawan. Celle-ci obtint du roi la grâce de sa nièce à la condition qu’elle perde tous ses privilèges et que l’accès au palais royal lui soit interdit. Elle retourna au temple. Yothathip mourut sous le règne du « roi tigre » et eut droit à des funérailles royales. Yothathep mourut en 1736, elle avait  80 ans, dans les premières années du règne de Borommakot, lui-même fils aîné du « Roi Tigre » et aussi malfaisant que son père. Elle eut droit aux honneurs royaux.

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

Il y a beaucoup de contradiction non seulement entre les différentes versions des Chroniques mais avec le récit qu’en font les Français ou les Bataves. Il est en tous cas une certitude, c’est que depuis probablement l’âge de 14 ans, 1670 et pendant encore 30 ans, elle avait joué un rôle important dans le royaume.  Il est une autre certitude : Yothathip lui aurait dit, avant d’obtenir sa grâce de Sorasak, que ses malheurs, mort des frères de Naraï ses oncles, mort de leurs enfants, et sa disgrâce étaient le résultat de ses intrigues et de ses malfaisantes actions

H12- LA PRINCESSE YOTHATHEP (1656-1735), UNE INTRIGANTE « MESSALINE » À LA COUR D’AYUTTHAYA ?

NOTES

 

(1) « LE SECOND RÈGNE DU ROI RAMESUAN (1388-1395), LE ROI AMARACHA (1395-1409), ET LE ROI INTHARACHA (1409-1424) DU ROYAUME D’AYUTTHAYA ».

(2)  Par exemple une seule page sur Ramathibodi, 15 lignes sur le roi Ramesuan, 32 sur Boromacha Ier et 10 sur Thong Lan avant le retour de Ramesuan en 72 lignes  et 11 pour son successeur. Intharacha  n’aura droit qu’à 14 lignes.

(3) Le règne de Naraï, de 1656 jusqu’à la révolution de 1688 est traité en deux longs chapitres, pages 232-277 et 278-318. Celui de Petracha « l’usurpateur » est concerné par un chapitre, pages 319-378. Sorasak son fils et successeur, le néfaste « roi tigre » sont bien traités, pages 379-414 ainsi que Borommakot, pages 415-462.

(4) Voir notre article 175. «  La « Loi du Palais » pour la succession royale en 1924 » :

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/03/175-la-loi-du-palais-pour-la-succession-royale-en-1924.html

(5) « Kromluang Yothathep : King Naraï’s daughter and Ayutthaya court intrigue » in Journal of the Siam society, volume 114 de 2016. Cette historienne, formée à l’histoire dans la rigueur germanique a obtenu une maîtrise en histoire européenne et littérature allemande à l'Université de Tübingen en 1999 et un doctorat en histoire à l'Université de Leiden en 2007. Elle est enseignante à l'Université Chulalongkorn, à Bangkok.

(6) Page 303.

(7) Voir Eugène Gibert «  La famille royale de Siam, les princes Chaofa, Phra-Ong-Chao, Mom-Chao, les kroms : d'après des documents siamois inédits » 1884.

(8) https://th.wikipedia.org/wiki/กรมหลวงโยธาเทพ

(9) Alexandre de Chaumont « Relation de l’ambassade de Mr le Chevalier de Chaumont à la Cour du Roy de Siam avec ce qui s’est passé de plus remarquable durant son voyage ». 1733.

(10) Pages 112-114.

(11) Pages 164-167. Le duc de Bourgogne est le petit fils de Louis XIV alors Dauphin, la Dauphine étant Marie-Anne de Bavière. Le duc d’Anjou est le futur roi d’Espagne, ancêtre direct du monarque actuel.

(12) « Journal de voyage », 1685, lettre du 30 octobre 1685 

(13) « Histoire naturelle du royaume de Siam », 1688, pages 44-45 et 248-249.

(14) « Voyage de Siam », première relation, 1688 pages 281 et 284.

(15) « Du royaume de Siam » 1695, page 390.

(16) « Histoire de la révolution de Siam arrivée en 1688 », 1691.

(17) Lettre du 12 novembre 1685.

(18) « Mémoire du Père de Bèze sur la vie de Constance Phaulcon, Premier Ministre du Roi de Siam, Phra Narai et sa triste fin » est un manuscrit conservé à la bibliothèque nationale. Publié en français en 1947 à Tokio aux Presses salésiennes, l’ouvrage n’a pas été déposé à la Bibliothèque nationale et, de tirage probablement confidentiel, est actuellement introuvable ailleurs que sur les sites de vente de livres précieux pour quelques centaines d’euros. La seule version actuellement accessible a été publiée en 1990 … en anglais aux éditions White Lotus. Les citations que nous donnons proviennent de l’article de Madame Bhawan Ruandsilp en anglais traduit et ne correspondent peut-être pas au texte français original ?

(19) Par exemple « malicious rumors » page 234. Il y en a d’autres.

(20) « FOUR UNPUBLISHED LETTERS FROM DESFARGES, BEAUCHAMP, AND VOLLANT, SURVIVORS OF THE SIEGE OF BANGKOK IN 1688 » in Journal of the Siam society, volume 92, 2004.

(21) Ce médecin, Daniel Brochebourde, était formellement français puisque né à Sedan autrefois terre d’Empire mais devenus française quelques années auparavant seulement. Au service comme médecin chez les Hollandais, le roi Naraï en avait fait depuis 1672 le médecin du Palais. Seul homme à pouvoir approcher la princesse Yothathep, Veret, représentant la Compagnie français des Indes l'accusait d'avoir intrigué contre les intérêts de la France, conduisant cette princesse à refuser d'accepter les présents de madame la Dauphine en 1687 ? Ceci n’est d’ailleurs pas forcément en contradiction avec le fait qu’elle ait elle-même envoyé de somptueux cadeaux à la Dauphine, probablement à l’instigation de son père.

 

Voir « AYUTIHAYA AS A COSMOPOLITAN SOCIETY: A CASE STUDY OF DANIEL BROCHEBOORDE AND HIS DESCENDANTS » par Dhiravat na Pombejra, à  Surabaya, Indonesie, 9 - 14 janvier 1991.

 

Voir également « UNE LETTRE DE VERET SUR LA REVOLUTION SIAMOISE DE 1688 » par Robert LINGAT in T’oung Pao, 1934, I-II.

 

(22)  Voir notre article 13 « Les relations franco- thaïes : La "révolution" de Pitracha de 1688 » : http://www.alainbernardenthailande.com/article-13-les-relations-franco-thaies-la-revolution-de-pitracha-de-1688-64176423.html

(23) « Histoire de la révolution de Siam arrivée en l’année 1688 », 1691.

(24) Source batave citée par Madame Bhawan Ruandsilp  (note 5).

(25) Source anglaise citée par Madame Bhawan Ruandsilp  (note 5).

(26) « Chroniques » de Cushman, pages 337-338.

(27) « Chroniques » de Cushman, page 323.

(28) « Chroniques » de Cushman, pages 347 et 355.

(29) « Chroniques » de Cushman, pages 367 et 374.

(30) Voir notre article « Le Roi Thai Sa ou le roi tigre » :

http://www.alainbernardenthailande.com/article-102-le-roi-thai-sa-1709-1733-120631771.html

(31) Ce temple fondé par Ramathibodi Ier est situé à l’écart d’Ayutthaya à une soixantaine de kilomètres de Lopburi alors la capitale. Compte tenu des moyens de transport de l’époque, c’était un sérieux exil.

(32) « Chroniques » de Cushman, pages 382 et 427.

(33) « Chroniques » de Cushman, page 407.

 

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