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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 22:07
A 251- LA LÉGENDE DU TRÉSOR ENFOUI  DU PHRA THATPHANOM SUR LES RIVES DU MÉKONG, LE LIEU LE PLUS SACRÉ DU BOUDDHISME DANS LE NORD-EST.

Nous avons découvert par un article de notre ami et fidèle collaborateur occasionnel, Jean-Michel Strobino le site religieux de Phrathatphanom (พระธาตุพนม), situé sur les rives du Mékong dans la province de Nakhonphanom, entre la ville de Nakhonphanom et celle de Mukdahan (1). Le temple jouxtant la pagode contenant ou censée contenir des reliques de Bouddha comportait avant son effondrement en 1975 des fresques représentant probablement des voyageurs hollandais du XVIIe siècle. Il ne nous en reste malheureusement que la représentation gravée sur bois que nous en a donné Francis Garnier dans son ouvrage sur lequel nous allons revenir.

A 251- LA LÉGENDE DU TRÉSOR ENFOUI  DU PHRA THATPHANOM SUR LES RIVES DU MÉKONG, LE LIEU LE PLUS SACRÉ DU BOUDDHISME DANS LE NORD-EST.

Disons toutefois quelques mots de ce Stupa qui est probablement le plus ancien monument du pays contenant des reliques de Bouddha qui y furent placées il y a plus de 26 siècles,  ceci expliquant qu’il est le lieu le plus sacré pour les bouddhistes du nord-est, et l’un des monuments les plus célèbres de la Thaïlande et aussi du Laos.

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Qu’elle est son histoire ou tout au moins son histoire légendaire ? Nous en devons le récit – ou tout au moins sa traduction - à Francis Garnier, non pas d’un texte siamois mais  de la « Chronique royale du Cambodge du lettré Nong » et apparemment de nulle autre source. (2)  (3)

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Cette chronique commence en 1346 et s'arrête en 1737. « Le Capitaine de frégate de Lagrée, chef regretté de la mission scientifique, en avait entrepris la traduction avec le concours de quelques interprètes indigènes, espérant trouver quelques renseignements historiques sur les monuments d'Angkor qu'il avait étudiés pendant deux années consécutives avec toute la passion d'un archéologue » (F. Garnier).

 

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Nous reviendrons dans un autre article sur l’histoire tumultueuse des reliques de Bouddha qui furent, après son incinération et malgré ses désirs formels, partagées entre huit de ses disciples et dispersées dans les pays bouddhistes. Elles comprenaient des os restés intacts, des dents canines, des cheveux et encore des os détériorés par le feu réduits à la grosseur de grains de moutarde ou de graines de riz en sus de ses objets personnels.

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Que nous apprend la chronique sur la venue de ces reliques sur les rives du Mékong ? En voici le résumé : Huit années sept mois douze jours après l'entrée de Bouddha dans le Nirvana, Maha Phacasop et cinq cents saints accompagnant Phra Mahakassapa l'un des disciples du Bouddha apportèrent des Indes une relique de Sammonocodon, un os de sa poitrine, qu'ils déposèrent sous un Pouchrey (Ficus religiosa) avant de la placer dans un stupa.

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Nous sommes donc, Bouddha ayant quitté son enveloppe terrestre en 543 A.J.C en 536 avant notre ère, il y a plus de 2.500 ans.

 

Les princes de Souvana, Phikarat, Khamdeng, Enthapat, Chounrakni Phoumatat, et Nanthasin convoquèrent leurs peuples pour élever aussitôt un monument. Chacun d'eux fit dans la terre un trou de 2 coudées de profondeur et de 2 brasses de côté. Les mandarins et le peuple vinrent creuser à leur tour. On fit ensuite des briques de la grandeur de la main de Phacasop.

Phya Chounrakni plaça sous la relique 5.550 barres d'argent; chacune d'elles pesait 64 ticaux; il y ajouta 550 barres d'or dont chacune avait le poids de 48 ticaux. Ces barres furent mises à l'ouest. Phya Enthapat donna 9.999.900 phé d'argent et de 33.300 phé d'or (1 phé = 1 gramme selon Garnier ?). Avec cet or on fit une petite barque. Le tout fut placé au sud. Phya Kham Deng plaça au milieu un crachoir, une couronne et une boîte en or pesant  140  livres, neuf plateaux en or pesant 38 livres, neuf  plateaux et un vase en argent pesant 200 livres.

Phacasop ordonna aux cinq princes de faire trois fois le tour du monument en répandant une eau parfumée. Chacun d'eux, de son côté dut ensuite élever d'une brasse, le monument. Phacasop l'éleva ensuite de deux brasses, et l'on fit brûler tout autour pendant trois jours et trois nuits des bois odorants pour durcir les briques. On étendit alors des étoffes appelées kampala sur les objets d'or et d'argent, et les reliques vinrent s'y placer d'elles-mêmes. Les cinq princes envoyèrent chercher une pierre au pays de Kousinara (Kousinaragaï où mourut Sammonocodon), destinée au côté nord du monument; une autre à Purean Nosey (Bénarès), destinée au côté sud; une autre à Lanka, destinée au côté sud-ouest; une dernière à Takasila, destinée au côté nord-ouest. Phacasop et les cinq cents saints firent ensuite trois fois le tour du monument; les cinq princes répétèrent après eux la même cérémonie. Ils prièrent pour que leurs présents fussent agréés et restassent cinq mille ans à la même place. Phya Souvana et Phya Khamdeng demandèrent en outre de devenir après leur mort deux bonzes unis comme deux frères; et, comme Phya Enthapat et Phya Chounrakni s'étonnaient de cette prière, ils leur répondirent que chacun était libre de les imiter. Phacasop et les saints bénirent les princes et partirent pour le pays de Reacheacru. Les cinq princes préposèrent cinq cents hommes à la garde du monument.

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Quels sont ces royaumes dont il vient d’être parlé ? Enthapat serait – selon Garnier - le Cambodge; la tradition voudrait que Chounrakni Phoumatat soit un pays annamite. La Chronique se continue par la liste des princes qui ont contribué à l'entretien ou à l'embellissement du monument ou qui ont régné sur le pays de « Peu Nom ».

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Nous savons peu de chose sur l’évolution des constructions. Si la légende rend cet édifice contemporain de Bouddha, l’étude qu’en fit Garnier n’en fit pas remonter les parties les plus anciennes au-delà de la première moitié du seizième siècle : à cette époque une princesse cambodgienne épousa le roi de Vien Chan. La chronique lui  attribue la réédification du « Tât » mais bien avant et bien après le monument avait subi un grand nombre de restaurations, nécessitées par la fragilité des matériaux qui le composaient, par les guerres et les révolutions qui avaient amené à plusieurs reprises sa destruction ou son abandon sans que l’on sache si la présence des reliques de Bouddha ait empêché un pillage sacrilège de l’immense trésor d’or et d’argent qui se trouveraient dans les fondations ou s’il est resté protégé par les nagas du Mékong ?

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Nous avons toutefois un schéma de l’évolution depuis un simple tertre à l’origine. Au fil des années, des constructions étaient édifiées en superposition. Ce dessin montre l’état du Chedi avant l’effondrement de 1975 construit par-dessus celui édifié entre 1690 et 1692 lui-même pesant de tout son poids sur les constructions antérieures.

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Il fut encore rehaussé de 10 mètres en 1940.

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Le 12 août 1975, à la suite d’inondations catastrophiques, le monument s’effondra ce qui fut considéré comme un drame national ....

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... et aussi comme un sinistre présage laissant supposer à beaucoup une victoire des communistes au Laos qui survint au mois de décembre de la même année.

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La reconstruction a immédiatement commencée dès après le sinistre et s’est terminée en 1979, toujours plus haut puisque le chédi actuel est haut de 53,40 mètres et sa flèche porterait un quintal d’or.

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Nous n’avons malheureusement que peu de photographies de l’ouvrage avant la catastrophe de 1975 et encore moins en couleur, en dehors des gravures de l’ouvrage de Francis Garnier de l’ensemble proprement dit et aucune des fresques de l’intérieur de la pagode.

 

1889 :

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1906 :

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Il nous en fait une remarquable description : « Le monument de Peu Nom est un de ces Dagobas si communs dans tous les pays bouddhistes et qui reçoivent au Laos le nom de Tât; il consiste en une pyramide massive dont la base carrée mesure environ 10 mètres de côté et dont la flèche dorée atteint une hauteur de 45 mètres. Elle porte cinq Thés ou ombrelles de dimension décroissante et garnis de clochettes à leur circonférence. Cette pyramide est construite en briques, et sa surface est couverte de moulures et d'arabesques, qui ne manquent ni d'art ni d'une certaine grâce. Les parties supérieures de la pyramide sont d'une construction récente; la base, plus ancienne, accuse une ornementation et une architecture d'inspiration birmane. Le Tât de Peu Nom est entouré de trois enceintes, entre lesquelles se trouvent intercalées une foule de petites pyramides en bois ou en briques qui indiquent, ordinairement, le lieu de sépulture de quelque grand personnage. Une grande et riche pagode, de construction récente, plusieurs oratoires et de nombreuses bonzeries s'élèvent à quelque distance. La pagode est construite dans le style des temples siamois modernes, et les murailles sont couvertes de fresques représentant les sujets les plus variés. De chaque côté de la porte d'entrée est une figure représentant un seigneur européen du seizième siècle; l'original de ce dessin aurait été offert à une ancienne pagode, jadis construite sur l'emplacement de celle-ci, par l'ambassadeur hollandais Wusthofl. (5)

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That Phanom est pour les bouddhistes une ville sainte, la plus sainte de l’Isan et peut-être même de la Thaïlande actuelle. Ce monument est l'un des plus célèbres du pays. Il jouit également d'une haute réputation au Laos et la vénération dont il fait l'objet de la part des populations lao est attestée depuis le XVIe siècle au moins. Bien que le fleuve délimite la frontière entre la Thaïlande et le Laos, les habitants des deux rives partagent ces croyances qui sont restées inchangées jusqu'à nos jours.

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Ceci s’explique bien évidemment par l’ancienneté de la venue des reliques – les plus anciennes de toute l’histoire du Siam – et sur leur mise en place miraculeuse, légendes qu’aucun bouddhiste ne met une seconde en doute. Francis Garnier nous donne un exemple significatif de cette « foi qui déplace des montagnes » : « J'ai déjà dit que le sanctuaire de Peu Nom est en grande vénération dans tout le Laos. Les dévotions qu'on y accomplit ou les pénitences qu'on s'y impose ont aux yeux des fidèles une valeur toute particulière. Notre interprète Alévy, à qui la vue de ce lieu sacré rappelait la vie pieuse et errante qu'il avait menée comme bonze dans le Laos, et reprochait la vie coupable et mondaine à laquelle il s'était ensuite abandonné au Cambodge, se résolut à une expiation méritoire. Après quelques jours passés en prières, M. de Lagrée le vit revenir à lui, pâle, fatigué, mais la physionomie rayonnante : il s'était coupé en l'honneur de Bouddha la première phalange de l'index de la main gauche ».

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S’agissant non pas d’un respectable vestige archéologique mais d’un espace spirituel, le centre de la foi pour les habitants de l’Isan et du Laos, il s’est créé une longue tradition de construction de répliques dans le nord-est … et au-delà.

 

Le Phrathat Bua Bok (พระธาตุบัวบก) dans la province d'Udon Thani a été construit entre 1920 et 1934 dans l’enceinte d’un temple (Wat phrathat buabok - วัดพระพุทธบาทบัวบก) contenant une très vénérée « empreinte du pied de Bouddha ».

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Le Phrathat Tha U-Then (พระธาตุท่าอุเทน) dans la province de Nakhon Phanom est construit sur les bords du Mékong à une trentaine de kilomètres en aval de la capitale. Il a été construit en 1912 pour abriter des reliques de Bouddha provenant de Birmanie.

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Le Phrathat de Renu Nakhon (พระธาตุเรณูนคร) dans le district de Renu Nakhon, province de Nakhon Phanom à une dizaine de kilomètres en nord-ouest de That Phanom, a été construit en 1918.

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Le Phrathat du Wat Pa Sakdaram (พระธาตุ วัดป่าสักดาราม) district de Selaphum dans la province de Roi-et, plus récent, date de 1977.

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Le Phrathat du wat phrathat bang puang (วัดพระธาตุบังพวน) dans la province de Nongkhai date également de 1977.

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La construction du  Phratthat Phanomchamlong (พระธาตุ พนมจำลง) dans l’enceinte du temple Wat Thampithak (วัดธรรมพิทักษ์) dans le village de Huaymek, province de Kalasin, a commencée en 1983 et ne s’est terminé qu’il y a quelques années, le coût de l’opération – 15 millions de baths affichés soit environ 375.000 euros - expliquant ce délai.

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En nous éloignant, nous arrivons dans la province de Loei ou nous trouvons le Phrathat Satcha (พระธาตุสัจจะ) construit en 1979 dans l’enceinte du Wat Ladpusongtham (วัดลาดปูทรงธรรม)…

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Et il nous faut quitter l’Isan pour traverser l’Atlantique et découvrir en Californie – oú les réfugiés laos sont nombreux -  le  Wat Phra That Phanom d'Amérique fondé par un moine venu de That Phanom (6).

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La construction de ces répliques repose sur un concept significatif, la même foi et la même croyance dans les vertus charismatiques de la relique, évitant aux habitants de l’Isan aux ressources le plus souvent modestes, avec des déplacements alors difficiles, pour pouvoir vénérer une réplique du Phrathat Phanom plutôt que de devoir se rendre plus ou moins facilement sur les bords du Mékong. Si ce motif purement conjoncturel n’a plus guère de raisons d’être aujourd’hui, il explique à tout le moins la construction d’une réplique sur les rives de l’Océan pacifique. Il n’était évidemment pas celui de S.M le roi Rama IX et de la reine Sirikit lorsqu’ils sont allés visiter le nord-est et ont participé alors à une cérémonie traditionnelle.

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Nous ne vous donnons pas ici une liste de guide touristique mais celle des « descendants » de That Phanom » modelés d’après le That Phanom, mais tous moins élevés et moins dorés, centre historique de la foi et de la croyance des bouddhistes Isan-lao. Lorsque se déroule dans l’un ou l’autre de ces tempes la fête annuelle du culte des reliques (ngan waï phrathat – งานไหว้พระธาตุ), les plus âgés parlent non pas de « ngan waï phrathat » mais de « ngan wai phrathat phanom » un symbole majeur du bouddhisme… Les Thaïs ne prient pas devant une pyramide dorée mais devant ce qu’elle représente.

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C’est d’ailleurs la même démarche qui justifie la construction dans de nombreuses églises catholiques d’une reconstitution à l’identique de la Grotte de Lourdes. Ce n’est nullement dans un but décoratif mais pour permettre aux catholiques thaïs de prier l’Immaculée conception et Sainte Bernadette Soubirous sans devoir s’astreindre à accomplir un long et couteux périple jusqu’aux rives du Gave de Pau.

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La permanence, le renouveau et la modernisation des traditions (7)

 

Les cérémonies traditionnelles qui concernaient jusqu’à il y a quelques dizaines d’années essentiellement l’ethnie Phutaï (8) s’est étendue aux autres minorités ethniques des provinces de Nakhon Phanom et de Sakon Nakhon, en particulier des cérémonies de danse rituelle pratiquées par de jeunes femmes portant le costume traditionnel des Phutaï et transmises de génération en génération.

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De nouvelles cérémonies rituelles ont vu le jour. Nous n’en citerons que deux qui nous ont paru significatives :

Le Sukhwan (สุขวัน) de l’Université de Khonkaen. Cette université créée en 1966 est la plus ancienne de l’Isan. Une représentation du Phrathat Phanom sert d'emblème à cet établissement. Le stupa est placé sur un bloc de bois, et il y a deux « thewada » (เทวดา que l’on peut traduire par « créatures célestes ») invitant l'esprit des vertus de Phrathat Phanom à se répandre sur l'université. Les trois sections de cet emblème représentent la connaissance, la vertu et la sagesse.

 

 

La cérémonie est destinée à accueillir les étudiants de première année au cours d’activités nocturnes, processions, emmaillotages autour du stupa, offrandes de robes aux moines, danses traditionnelles des étudiants vêtus de les vêtements traditionnels, différents selon les groupes ethniques, écoute d’homélies et une procession aux chandelles autour du stupa. Un spectacle de « son et lumières » raconte l'histoire de Phrathat Phanom.

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De même l'Université Nakhon Phanom, créée en 2005, utilise également l'image de Phrathat Phanom comme emblème.

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Depuis 2013, comme celle de Khon Kaen, elle organise une nouvelle tradition d'accueil des étudiants de première année. Ceux-ci viennent en procession sur la pelouse du temple du Wat Phrathat Phanom Woramahawiharn (วัดพระธาตุพนมวรมหาวิหาร). Ils y pratiquent la méditation, écoutent des sermons, effectuent la danse rituelle du bai si sukhwan (บายศรีสู่ขวัญ) spécifique aux Phutaï...

 ...emballent également le stupa en chantant l'hymne de l'université (เพลงชาติมหาวิทยาลัยนครพนม).

Une autre tradition nouvelle s’est instaurée à l’initiative du TAT (Tourism autority of Thailand – การท่องเที่ยวแห่งประเทศไทย), celle de faire correspondre à chacun des jours de naissance l’un de ces Phrathat fils de celui de That Phanom, dont nous avons parlé plus haut.

 

Ces nouvelles traditions sont le signe évident d'une culture en évolution, de la tradition à la modernité même si l’aspect de « produits » pour le tourisme n’y est peut-être pas étranger.

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Que faut-il penser de cet immense trésor ?

 

 

La fascination des Siamois pour l’or a déjà frappé La Loubère en 1695 :

NU

« Nul  autre pays n'a plus la réputation d’être riche en mines, que le pays de Siam, et la grande quantité d'Idoles et d'autres ouvrages de fonte qu'on y voit, persuade qu'elles y ont été mieux cultivées en d'autres temps, qu'elles ne le font maintenant. On croit même qu'ils en tiraient cette grande quantité d'or, dont leur superstition a orné non seulement leurs idoles, presque sans nombre, mais les lambris et les combles de leurs temples. Ils découvrent encore tous les jours des puits creusés autrefois, & les restes de quantité de fourneaux, qu'on croit avoir été abandonnés pendant les anciennes guerres du Pegu… » (9)

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Pour autant que le chroniqueur du début du XIXe siècle, rapportant une très ancienne tradition orale, utilise les mesures de poids que nous connaissons toujours, un tical (bath) en matière de métaux précieux pesant 15,20 grammes et une livre de 500 grammes, nous aboutissons à cette addition spectaculaire d’environ 10 tonnes d’argent et 60 kilos d’or :

5.550 barres d'argent chacune de 64 ticaux auraient pesé 84,36 kilogrammes.

550 barres d'or chacune de 48 ticaux auraient pesé 26,40 kilos.

9.999.900 phé (grammes) d'argent équivalent à 9.999,90 kilos (9 tonnes, 999)

33.300 phé d'or équivalent à 33,3 kilos.

Tout cet or et tout cet argent, en partie façonnés, permirent de construire en or divers objets de 140 livres soit 70 kilos, 9 plateaux de 38 livres soit 19 kilos et en argent un vase de 200 livres soit un quintal.

 

 

D’oú provenait cet or ?

 

Ne parlons pas de la mythique Chersonèse d’Or de Ptolémée

 

 

… et de la non moins mythique Suwanaphum des textes bouddhistes du début de notre ère, décrivant ces terres d’Asie du Sud-Est censée renfermer des ressources minières fabuleuses mais toujours non situées à ce jour. Ne parlons pas non plus des « fourmis chercheuses d’or » d’Hérodote (10).

 

 

Nous connaissons par un mémoire de Marc Mouscadet publié en 2013, dont le contenu déborde largement du titre (limité au Laos) un peu de l’histoire des mines d’or siamoises (11). N’oublions pas que le Laos fut longtemps tributaire du Siam et que le Mékong, s’il est une frontière politique artificielle, n’était pas une frontière naturelle. Il nous apprend que des sites aurifères ont été attestés entre 1750 et 1425 avant Jésus-Christ dans la région de Loei ainsi que du cuivre argentifère. On orpaillait, du temps de Mouhot et de Pavie, nous apprend-t-il, dans les affluents de la rive gauche du Mékong. Si nos voyageurs ont mieux décrit la rive gauche sur laquelle la France jetait un œil avide, il en était de toute évidence de même sur la rive droite, la nôtre.

 

 

L’or d’Attopeu, région qui fut sous souveraineté siamoise avant de tomber dans le giron de la France, suscita la convoitise des colons qui créèrent la Société des mines d’Attopeu. Nous avons rencontré l’éphémère royaume des Sédangs (12). Les chefs de ces tribus, situées au sud d’Attopeu, entre la chaine annamitique et le Siam, payaient plus ou moins régulièrement tribu en or au monarque siamois. Cet argument servit à notre roi « in partibus » à chercher des commanditaires européens rêvant d’El Dorado en les appâtant en leur conférant de prestigieux titres de noblesse et par la promesse de concessions sur « ses » mines d’or.

 

 

Il ne nous semble donc pas que l’accumulation d’une telle quantité de métaux précieux amassée par cinq monarques légendaires plus ou moins contemporains de la mort de Bouddha, provenant de royaumes probablement situés de part et d’autre du Mékong dans lequel se jettent des affluents aurifères, soit invraisemblable.

 

 

Il y avait, il y a toujours, une immense quantité d’or en Thaïlande. Il n’y a rien d’étonnant dès lors à ce que l’or thésaurisé par les fidèles et offert au temple dans les « boites à donation » ait permis d’enduire le sommet du stupa d’un quintal d’or. Le grand Stupa du Wat Phra Mahathat Vihan (วัดพระมหาธาตุวรมหาวิหาร) de Nakhon Si Thammarat qui est pour le sud de la Thaïlande ce que Phra That Phanom est au nord-est, est également recouvert d’un quintal d’or.

 

 

 

Mais il faut évidemment se poser la question de savoir si la légende de ce trésor enfoui a quelque réalité, reposant sur un témoignage quelque peu tardif ?

 

 

Il faut aussi se poser une autre question qui nous conduit à examiner cette légende de façon sereine. Si le trésor a été enfoui à deux coudées de profondeur et quelle que soit la coudée dont il est question, elle ne fera jamais plus d’un mètre, on peut penser que lors des travaux de reconstruction commencés en 1975, la nouvelle construction a été édifiée sur des fondations plus résistantes donc plus profondes que les précédentes. Or, sauf erreur, rien n’a été alors découvert. Il faut donc en déduire soit que ce trésor n’a jamais existé soit – s’il a existé – qu’il a été depuis des siècles pillé.

 

 

 

S’il dort un trésor dans l’enceinte du temple, c’est beaucoup plus vraisemblablement celui des trois pierres précieuses du bouddhisme sur lesquelles veillent les nagas.

 

 

 

NOTES

 

(1) Voir notre article « DES HOLLANDAIS DU WAT PA KE DE LUANG PRABANG AUX HOLLANDAIS DU TEMPLE DE THAT PHANOM EN ISAN (NORD-EST) ».

(2) Nous avons utilisé « Voyage d'exploration en Indo-Chine : effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de Lagrée : relation empruntée au journal "le Tour du monde" » publié en 1885.

(3) Garnier en avait publié la traduction en 1871 volume 18 (pages 336 s.) et 1872 volume 20 (pages 112 s.) dans le « Journal Asiatique ». Ces documents font partie de la Collection des « Papiers Doudart de Lagrée  » offerts à la Bibliothèque Nationale de Paris en 1877. Le manuscrit qui avait servi de base aux travaux historiques de la mission Doudart de Lagrée, avait été recopié en 1866 par un secrétaire-interprète du roi Norodom, Col de Monteiro. Ce manuscrit était transcrit en caractères latins sans que l’on sache s’il est une copie fidèle du manuscrit original : voir à ce sujet Mak Phoeun : « L'introduction de la Chronique royale du Cambodge du lettré Nong » In : Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 67, 1980. pp. 135-145 : « C'est en espérant trouver des renseignements historiques sur les monuments d'Angkor que Doudart de Lagrée avait étudié les Chroniques royales du Cambodge. En même temps que la liste chronologique des rois considérée en quelque sorte comme officielle par le palais d'Oudong, il avait pu se procurer la version des Chroniques royales du Cambodge dont la rédaction est attribuée au lettré Nong et, avec le concours de quelques interprètes cambodgiens, il en avait entrepris la traduction. Par la suite, après avoir collationné le texte français de cette traduction avec la transcription en caractères latins du texte cambodgien, Francis Garnier l'avait publié en 1871-1872 dans le « Journal Asiatique

 

(4) Ces croquis ont été établis en 1999 par le Docteur Suporn Winpan et sont disponibles sur le site http://www.watpamahachai.net/Document12_1.htm

(5) Nous avons également une description plus succincte du monument par Etienne Aymonier in « Cambodge siamois », 1901, page 144 et de  Lunet de la Jonquères in « Monuments du Cambodge » II, 1902, pages 99-100. Celle de Garnier est la plus ancienne. Une étude méthodique des vestiges de l’effondrement pour en déterminer l’origine exacte – ce qui dépasse le cadre de notre travail et a donné lieu à d’interminables querelles d’experts – a été effectuée par Michel Lorrillard : « Par-delà Vat Phu. Données nouvelles sur l'expansion des espaces khmer et môn anciens au Laos » In Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, Tome 97-98, 2010. pp. 205-270;

 

(6) Site Internet http://www.watPhrathat Phanom-usa.org/

 

(7) Cette question a fait l’objet d’un récent article de Pathom Hongsuwan, professeur à la Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université de Mahasarakham « That Phanom Stupa: Spiritual Space and Invented Traditions in Present-Day Northeastern Thailand » publié dans le Journal of Mekong societies, volume XIII n° 3, septembre-décembre 2017, pages 19-39.

 

(8) Voir notre article INSOLITE 20 « LES PHUTAÏ, UNE ETHNIE DESCENDUE DU CIEL ? ».

http://www.alainbernardenthailande.com/2017/08/insolite-20-les-phutai-une-ethnie-descendue-du-ciel.html

 

(9) « Du royaume de Siam », 1695, premier volume, pages 45-46.

 

(10) Voir notre article R6 « LES FOURMIS CHERCHEUSES D’OR AU SIAM, MYTHE OU REALITE ? »

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/r6-les-fourmis-chercheuses-d-or-au-siam-mythe-ou-realite.html

 

(11) « L’EXPLOITATION DU SOUS-SOL AU LAOS (1893-1940) », Mini-mémoire sous la direction du professeur Jean-François KLEIN, INALCO, 30 juin 2013.

 

(12) Voir notre article « UN FRANÇAIS, « MARIE Ier », ROI « IN PARTIBUS » DES MOÏS ET DES SÉDANGS, « GLORIA IN EXCELSIS MARIA »

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/10/un-francais-marie-ier-roi-in-partibus-des-mois-et-des-sedangs-gloria-in-excelsis-maria.html

 

 

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commentaires

Cécile de Barbeyrac 14/02/2018 21:47

Quelle est la religion qui n'a pas ses reliques? Les épines de Jésus valent bien cette histoire!!

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 15/02/2018 00:01

article sur les reliques suivra !!!!!