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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 22:07

 

 

Les rois Boromracha IV (1529-1533), Rattha  (1533-1534), Chairacha  (1534-1547), Yot  Fa (1547-juin 1548), et Warawongsa  (Juin-juillet 1548).  

 

Nous en étions restés à la mort du roi Ramathibodi II qui avait régné de 1491 à 1529, que  « Les Royales chroniques d’Ayutthaya » traduites par Cushman (1), avait traité en 11 paragraphes (env. 1 page et demie) en omettant d’évoquer un évènement majeur : la prise de Malacca en 1511 par les Portugais qui allait bouleverser tout l’équilibre de la Région, et qui  aura pour conséquences les premières relations des Portugais, avec le roi d’Ayutthaya, Ramathibodi II, qui prendront la forme de trois ambassades et dont la troisième en 1518, aboutira au premier pacte commercial avec une nation européenne,  assurant la liberté de commerce des Portugais avec les ports sous l’autorité siamoise. (2) Son fils Boromracha IV (ou Boromrachathirat IV) lui succédera. (1529-1533)

                                       

 

La fin du livre 1 des « Royales chroniques d’Ayutthaya » vont consacrer cinq pages et demie pour évoquer la période de 1529 à 1548 qui verra régner 5 rois :

 

Boromracha IV (1529-1533), Rattha  (5 mois entre 1533-1534), Chairacha  (1534-1547), Yot  Fa (1547-1548), et Warawongsa (juin-juillet 1548).

 

Autant dire que les informations les concernant seront également lacunaires et pourtant cette période fut riche en « querelles » dynastiques (3) : Rattha, le fils du roi  Boromracha IV, qui a alors 5 ans se voit confisquer le pouvoir par  son oncle (?), qui devient roi sous le nom de Chairacha, son successeur et fils Yot Fa a 11 ans, est assassiné en juin 1548 (Il a 13 ans), étant un obstacle pour sa mère régente, qui  fera installer sur le trône son amant Warawongsa, « l’usurpateur » ; qui ne régnera que 42 jours (juin-juillet 1548), balayé par un complot des nobles, à l’issue duquel, ils furent exécutés.

 

 

Les informations concernant le roi Boromracha IV (ou Boromarachathirat IV ou No Phutthangkun.) (1529-1533), se réduisent à deux lignes et  demie, pour évoquer son décès en 1533 dû à la  petite vérole, après un règne de cinq ans.

(La suite de cet article va utiliser notre article 50 traitant la même période (4))

 

 

Encore plus lacunaire pour son fils,  le jeune roi Rattha (ou Ratasadathirat) (1533-1534), où en une ligne et demie, les annales nous informent qu’il  prit le titre  de roi Rattha à l’âge de 5 ans et qu’il ne « régna » que 5 mois. 

 

 

Toutefois dans le chapitre consacré à son successeur Chairacha, l’annale A (1680), nous apprend qu’il est mort accidentellement, et l’annale F (1855) qu’il fut assassiné par le Prince Chairacha, qui était « de la famille » de Ramathibodi II, par un « plan diabolique ».

 

Nous allons en savoir davantage, bien qu’en une page et quart seulement, sur le roi Chairacha (Ou Chairachathirat)  qui va régner de 1534 à 1547.

 

 

(L’article de Wikipédia avance l’idée qu’il aurait été le fils de Ramathibodi II ! Donc « de la famille », ou « oncle », c’est selon)

Les Annales ne relateront pour son règne qu’un événement religieux, une révolte, deux attaques de Chiangmaï (En 1545 et 1547), un grand incendie à Ayutthaya et sa mort.

 

 

Chaque roi se doit de montrer sa piété et d’accomplir des actes religieux ; ainsi le roi Chairacha fit consolider en 1538 (L’année du tigre, la 10ème décade) les fondations du monastère de Chi Chiang Sai et y fit édifier une statue de Bouddha ; qu’il se rendit ensuite  (le 8e mois) à Chiang Krai et à Chiang Kran (Pourquoi ?) ; que le 9e jour de la lune croissante du 4e mois, une tempête détruisit l’ « arc d’une barge » et une autre barge royale ; et sans transition, que le roi se rendit à Kamphaengphet, pour mâter la révolte  du  Phraya (prince) Naraï, qui fut exécuté.

 

 

En 1545, lors  de l’année du serpent ou l’année du coq, c’est selon, il partit pour Chiangmaï après avoir confié au Vice-roi de Phitsanulok l’avant-garde de son armée. Il conduisit ses troupes établir le « camp de la victoire » à la municipalité de « Ban Village » (?). L’armée leva ensuite le camp pour se rendre à Kamphaengphet, où le roi établit un autre « camp de la victoire ». L’armée quitta ensuite Kamphaengphet pour aller planter ses tentes à Chiang Thong puis ensuite à Chiangmaï. L’attaque fut un échec (nous apprend une seule des annales). L’armée quitta alors Chiangmaï pour Kamphaengphet,  le jeudi du 5e jour de la lune croissante du 9e mois, et s’en revint à Ayutthaya

 

 

Le mercredi du 4e jour de la lune croissante du 3e mois,  un violent incendie eut lieu à Ayutthaya trois jours durant, avant de pouvoir être maitrisé après avoir détruit plus de dix mille cinquante habitations (annales de 1680). Il détruisit (nous apprennent toutes les autres annales) le bâtiment du premier ministre près du « Yot Market », les dortoirs des moines, les halls des temples, et cent mille cinquante bâtiments.

Nota. La précision dans l’évaluation des dégâts est à la hauteur de celle de la chronologie !

 

 

Deux ans plus tard, notre monarque repart avec son armée pour Chiangmaï. Le Vice-roi de Phitsanulok est encore à la tête d’une avant-garde de vingt-mille hommes. Au passage, le roi s’arrête à Kamphaengphet avec son armée pendant un mois (Ou quinze jours, c’est selon !). Il s’empare de Lamphunchaï et ensuite de Chiangmaï.

Apparurent alors des signes maléfiques : on vit du sang sur toutes les portes des maisons d’habitation et des monastères en ville et en dehors de la ville. Le roi quitta Chiangmaï alors le 14e ou le 15e jour de la lune montante du 4e mois, pour revenir à Ayutthaya.

On apprend au début du chapitre suivant consacré au jeune roi Yot Fa, que le roi Chairacha, atteint d’une maladie soudaine décéda lors du voyage et fut escorté par son 1er ministre jusqu’à Ayutthaya. Il avait régné 14 ans. Son fils ainé le Prince Yot Fa avait alors 11 ans ; son jeune fils le Prince Si Sin avait 5 ans. 

 

Le  roi Yot Fa (1547-Juin 1548)

 

Après la crémation de Chairacha, le Prince Thianracha, « de la même lignée royale » décida que s’il restait dans la vie civile, il courrait le risque de mettre sa vie en péril et que seule la sainte religion de Bouddha et le vêtement orange lui permettrait d’éviter dangers et malheurs. Il se fit alors ordonner moine au monastère de Rachapraditsathan.

 

Les moines bouddhistes, les brahmanes, les ministres, les poètes, les sages, les légistes, les astrologues et les prêtres réunis en assemblée, invitèrent le jeune monarque alors âgé de 11 ans à diriger le royaume en observant les traditions royales et en perpétuant la gloire de son lignage solaire, avec la reine régente Si Suda Chan, sa mère,  chargée de l’aider à gérer les affaires du royaume. Cette année-là, la terre trembla.

(Ce fut probablement considéré comme un mauvais présage ?)

 

 

En 1548, l’année du singe, le 5e jour de la lune montante du 5e mois, le roi vint assister à un combat d’éléphants, en présence des conseillers et ministres et du chef des éléphants Phra Chatthan. Mais la défense de  Phraya Faï  fut brisée en trois morceaux, ce qui était un signe de mauvais augure. Dans la soirée, le chef des éléphants gémit avec une voix humaine et l’une des portes de la ville gémit également de façon alarmante. (Encore un mauvais présage ?).

Nota. On peut remarquer que les éléphants royaux ont les mêmes titres que ceux des nobles. Nous y reviendrons avec le roi Chakkrapa (1548-1569).

 

 

(Sans transition) Un jour la régente sortit faire un tour dans le pavillon de Phimanratthaya admirer la salle des fresques. Elle y vit Phan Bu Si thep, le garde de la salle, en tomba amoureuse et ordonna à une servante de lui préparer du bétel dans des feuilles de thé fermenté, de l’envelopper dans un linge et de le lui présenter.

 

 

Quand il reçut le présent, il en comprit le sens et en retour donna à la servante un bouquet de fleurs de magnolias pour en faire présent à la reine. (Notons la manière de déclarer sa flamme au XVIe siècle au Siam !)

 

 

Fort amoureuse de lui, elle demanda au Prince Ratchaphakdi (Son premier ministre ?) de rédiger un décret rappelant qu’il était au service du trône sous le roi précédent et de lui accorder le titre de khun Chinnarat et de lui conférer la charge de garder les saintes images dans le palais. Ce fut le début de leur « longue liaison ».

Ensuite le sous-chapitre titre :

 

L’usurpation de Khun Warawongsa, juin-juillet 1548.

 

La reine résolut en effet de placer le trône entre les mains de  Khun Chinnarat. Aussi ordonna-t-elle au Prince Ratchaphakdi de changer son nom de Khun Chinnarat en Khun Warawongsathirat, de lui ériger une résidence à côté du bureau de l’Enregistrement et de lui en confier la charge, libre d’impôts et de service militaire,  dans l’espoir que cela augmenterait son emprise sur lui.

Elle lui fit construire un « siège royal » pour que toute la noblesse puisse se soumettre respectueusement à lui. Elle lui fit ensuite construire une résidence officielle de laquelle il pourrait administrer les affaires de l’Etat situé près de la porte Din.

 

 

Lors d’une rencontre entre Phraya Maha Sena et le prince Ratchaphakdi, celui-ci  dit : «Que devrions-nous envisager de faire quand nous voyons le royaume tombé dans une telle disgrâce comme celle-ci ? ». Le matin suivant, la reine apprit que ces deux princes avaient discuté entre eux et ordonna que Maha Sena fut convoqué  pour une comparution publique à la porte Din. Dans la soirée, il fut poignardé alors qu’il s’en rentrait chez lui. Dans un dernier souffle, il dit  « Voilà où nous en sommes, que sera la suite ? ».

Elle tomba ensuite enceinte des œuvres de Warawongsa. Elle convoqua alors son  premier ministre et lui dit « Le roi Yot Fa notre fils est encore très jeune et ne pense qu’à jouer. La gestion des affaires du royaume nous semble au-dessus de ses forces. En outre, les provinces du nord sont dans la tourmente. Nous avons pensé que Warawongsa devrait gérer les affaires du royaume jusqu’à ce que notre fils soit en âge de le faire. Quel est votre opinion ? ». Le 1er ministre répondit en s’inclinant : « Qu’il en soit comme votre altesse en a décidé ».

La reine prit alors une ordonnance pour que le Député du palais (Le gouverneur du palais?) prenne le palanquin royal, les attributs de la royauté, les trompettes et les conques, et que les membres de la famille royale accompagnent Khun Warawongsa jusque dans le palais royal.

Les rites du sacre royal furent ensuite accomplis pour qu’il devienne souverain du royaume d’Ayutthaya. Son plus jeune frère Nai Can fut ensuite élevé au rang d’Uparat (vice-roi).

 

 

Alors Khun Warawongsa devenu le souverain du royaume d’Ayutthaya, consulta la reine :

« Maintenant, une partie de fonctionnaires nous aiment et une autre partie nous haïssent. Toutes les provinces du nord s’agitent, nous devons en chasser les gouverneurs pour les remplacer par des hommes fidèles. » La reine lui donna son aval. Le lendemain, il convoqua son premier ministre et lui fit signer un ordre de révocation des gouverneurs de sept provinces du nord.

Ensuite les annales sont confuses, puisque l’annale A prétend que Yot Fa a eu un accident et que Khun Chinnarat (sic) put régner 42 jours avant d’avoir un « accident »  avec la reine Si Sudacan. Le Prince Thianracha accéda au trône et prit le titre de roi Cakkrapat.

 

 

 

Les autres annales prétendent que Warawongsathira, la reine et Yot Fa furent victimes d’un complot, furent exécutés au temple de Khok Phraya, mais  que Si Sin, le jeune frère de Yot Fa, âgé de seulement sept ans, fut épargné. Yot Fa avait régné quatorze mois (Pour une partie des annales), vingt-huit mois (Pour l’autre partie).

Par contre le chapitre suivant racontant le complot des nobles qui mit fin à l’usurpation, aura droit à plus de deux pages.

 

Le complot des nobles qui mit fin à l’usurpation.

 

Quatre personnes qui se faisaient  confiance, Khun Phirenthorathep de lignée royale, Khun Inthorathep, Mun Ratchasena et Luang Si Yot du village de Lan Tak Fa se réunirent en secret : « Ce pays est dans la honte. Nous devons agir, nous devons nous emparer de Khun Warawongsa et le tuer. Si nous ne le faisons pas, qui va le faire et qui va ensuite gouverner le peuple ? » Khun Phirenthorathep ajouta : Seul le prince Thianracha qui est entré dans un monastère a la capacité de régner ». Ils décidèrent d’aller en discuter avec lui.

Ils se rendirent au temple de Ratchapraditsathan, firent allégeance et lui dirent : « Le royaume est dans la honte, nous avons décidé de nous emparer de Warawongsa, de le tuer et de vous faire monter sur le trône. Qu’en pensez-vous ? »

Le prince donna son accord. Puis ils lui dirent: « Tout ce que nous préparons est d’une grande importance qui nécessite que nous allions pratiquer la divination par la bougie devant une image du seigneur Bouddha pour que celui-ci nous démontre clairement que le Prince Thianracha est doté de suffisamment de mérites pour devenir le soutien de la religion et le protecteur du peuple. » Le prince donna son accord. L’un des comploteurs ajouta « Jusque-là nous avons établi des plans détaillés. Maintenant, après avoir tout préparé, nous pouvons nous souhaiter que la divination par la bougie nous donne raison. Est-il bien convenu que si nous ne pratiquons pas ce rite, nous ne réaliserons pas nos projets. ». Après avoir discuté chacun alla de son côté.

Le soir même, ils prirent deux chandelles de cire d’abeille et d’un poids égal. La longueur était la même et celle de la mèche également. Puis ils se rendirent dans la salle du temple de Pa Kaeo. Le prince Thianracha accomplit le rituel en touchant le sol des cinq parties de son corps puis le rituel des chandelles, et prononça de longues incantations pendant lesquelles il pria et demanda de lui enlever ses doutes pour  devenir un grand roi, capable d’assurer la justice, la protection et le bonheur de son peuple, dans le respect des vieilles traditions, et de Bouddha en priorité. Quand il eut terminé ses incantations, il accomplit alors le rite de divination des bougies qui devait révéler la vérité de Bouddha, avec la promesse de la respecter. Il alluma les deux bougies, l’une représentant l’usurpateur, l’autre le prince candidat au trône. La première consumée marquerait le perdant.

 

 

Khun Phirenthorathep s’aperçut que la bougie de Warawongsa se consumait plus lentement que celle du prince ; Il se mit en colère et s’écria « Arrètez, je ne suis pas d’accord ! »,  puis il cracha sa chique de bétel. Survint alors un présage, son jus de chique éteignit la chandelle de Warawongsa ! Tous furent réjouis et émerveillés. À cet instant, un moine portant les trois robes et un éventail de moine, entra dans la salle de prière et leur donna sa bénédiction en disant : « Vous tous parviendrez à réaliser les souhaits que vous portez dans vos cœurs ». Ainsi dit, il disparut et chacun retourna  en sa maison.

 

 

Une quinzaine de jours plus tard, les fonctionnaires de Lopburi envoyèrent un rapport au sujet d'un éléphant mâle dont les oreilles et la queue portaient les marques de son appartenance à un troupeau. Le premier ministre en informa le roi qui dit « Nous allons le prendre. Nous allons envoyer les ordres officiels pour cela. » Environ sept jours plus tard, un troupeau d’éléphants sortant de la jungle arriva aux abords du temple de Mae Nag Plum et entra dans un corral. Le premier ministre en informa le roi qui dit : « Nous viendrons nous en emparer demain ».

Au soir, Khun Phirenthorathep ordonna à Mun Ratchasaneha qui n’était pas de service au gouvernement, d’aller attaquer le vice-roi sur la terre de Sua ( ?). Dès qu’il eut donné cet ordre, le gouverneur de Phichaï et celui de Sawankhalok arrivèrent à la capitale. Il les mit au courant du complot. Ils en furent ravis et partirent avec les comploteurs tendre une embuscade sur le canal du village de Pla Mo. Chacun était sur son propre bateau et tous les rameurs étaient armés.

 

 

En attendant, Ratchasaneha prit une arme à feu et se mit en embuscade, la portant lui-même comme un boxeur de la garde royale. Quand il aperçut le vice-roi monté sur un éléphant pour entrer dans le  corral, il fit feu et le tua.

Très tôt le matin, Warawongsa, la reine régente Si Sudacan, le fils ou leur fille (Selon les annales) qui était né de leurs oeuvres et le prince Si Sin s’embarquèrent tous sur une barge royale et naviguèrent droit vers le canal Sa Bua. Inthorathep tenait sa place habituelle dans la procession. Phirenthorathep, le gouverneur de Phichaï, celui de Sawankhalok, Si Yot et Ratchasaneha interceptèrent la barge royale. Warawonga s’écria « Quels sont ces bateaux qui viennent sur nous ? » Phirenthorathep cria alors « Je vais m’emparer de vos deux vies ». Deux bateaux des insurgés s’avancèrent rapidement des deux côtés de la barge royale, les hommes s’emparèrent de Warawongsa et le tuèrent ainsi que la régente et leur enfant. Si Sin fut épargné.

 Certaines annales précisent que Warawongsa était resté sur le trône cinq mois ; alors que l’éditeur K. Wyatt des Annales Royales traduites par Cushman titre « L’usurpation de Khun Warawongsa, juin-juillet 1548 » et estime son règne dura 42 jours ; Par contre, le Portail sur la Thaïlande de wikipédia donne (nov.1548-janv.1549 (usurpateur hors dynastie, assassiné)). C’est vous dire le flou  artistique.

Les insurgés et toute la noblesse retournèrent alors à la capitale pour sécuriser le palais royal. Ils prirent ensuite la barge royale et se rendirent au monastère de Rachapraditsathan pour inviter le prince Thianracha à quitter ses habits et l’état monastique. Puis ils l’invitèrent à monter à bord de la barge royale, embellie des attributs de la royauté. Ils l’escortèrent tout au long du cours d’eau jusqu’au palais royal, où ils le prièrent d’entrer.

Ainsi finissent les  Annales Royales  sur cette période.

 

 

Nous avons pu constater, une fois de plus, que les « Chroniques royales d’Ayutthaya » relatant la période de 1529 à 1548 n’a rien qui s’apparente à ce que nous appelons « Histoire ». Toutefois, on peut noter qu’elle fut riche en « querelles » dynastiques, avec une confiscation du pouvoir par Chairacha,  l’assassinat de son fils Yot Fa, initié par sa reine mère régente, pour installer  sur le trône son amant Warawongsa, un simple garde, que les historiens thaïs affubleront du titre  « d’usurpateur » ; et un complot des nobles, à l’issue duquel, ils furent exécutés.

 

Du rififi à la Cour d’Ayutthaya ?

 

Une expression que vous pourriez trouver désobligeante, que nenni si vous en jugez par le film anglo-thaï de Lek Kitaparaporn, « The King Maker », « Le faiseur de roi »,  sorti en 2005 et en version française en 2009, consacré justement au complot de la reine Sisudachan du Siam en 1547 ; Une version très différente des Annales.

 

 

Nous avons là un film  haut en couleurs, avec un Portugais « faiseur de roi », avec vengeance, duels, tentatives de meurtres, complots, sorcière, suicide, empoisonnement, exécutions, amour, mercenaires portugais, sous la bannière du Christ, qui se joignent aux troupes royales pour aller châtier « le prétendu roi du Lanna », embuscade … Et le dénouement avec l’arrivée du prince Chakkrapat à la tête de ses troupes, la reine démasquée, et la sentence : « Je vous accorde une mort rapide » « Qu’on l’emmène sur le champ et qu’on lui coupe la tête, quand ce sera fait, empalez-la sur un pieu aux porte de la cité pour que tout le royaume sache que justice a été rendue aujourd’hui », et une fin heureuse.

Une autre version du complot de la reine, avec son amant, « l’usurpateur » Warawongsa  qui devint roi et de leurs exécutions. Une version cinématographique qui ne souffrit pas de censure, pourtant si répressive quand il s’agit de rois et de familles royales. (Cf. Notre article A. 102 sur ce film (5))

Les Annales Royales passent ensuite au règne du roi Chakkraphat, juillet 1548-janvier 1569, avec en titre « Le roi des éléphants blancs ».

Mais il existe d’autres royaumes (Ou  muang) dans ce qui sera le Siam, ne serait-ce que celui de Chiangmaï que les différents rois d’Ayutthaya ont dû affronter. Aussi, il peut être utile de le présenter pour comprendre les enjeux de leurs affrontements.

 

Notes et Références.

 

(1)The Royal Chronicles of Ayutthaya » : A Synoptic Translation, Cushman, Richard D. & Wyatt, David K. 8.2 x 11.4", 556 pp., Publié par la Siam Society; 1ère  édition,  Bangkok, 2000.

(2) RH 25. UN ÉVÉNEMENT MAJEUR A LA COUR DU ROI RAMATHIBODI II (1491-1529) : LA PREMIÈRE AMBASSADE PORTUGAISE EN 1511. http://www.alainbernardenthailande.com/2018/01/rh-25.un-evenement-majeur-a-la-cour-du-roi-ramathibodi-ii-1491-1529-la-premiere-ambassade-portugaise-en-1511.html

(3) Michel Jacq-Hergoualc’h, p. 19 in « L’Europe et le Siam du XVIe au XVIIIe siècle, Apports culturels » (L’Harmattan, 1993) nous dit que « La Mort du roi Chai Raja en 1546 (sic) fut suivie de deux années de querelles dynastiques qui ne prirent fin qu’avec l’arrivée sur le trône du roi Mahachakrapat (1548-1568). Le roi de Birmanie profita de ses troubles pour attaquer le Siam en 1549, avec l’intention d’en faire son vassal »

(4) 50. Le deuxième siècle du royaume d’Ayutthaya, 9 rois de 1448 à 1548 (suite et fin).

http://www.alainbernardenthailande.com/article-50-le-deuxieme-siecle-du-royaume-d-ayutthaya-de-1448-a-1548-suite-et-fin-111070620.html

(5) A.102. Un film thaï sur le complot de la reine Sisudachan du Siam en 1547.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a102-un-film-thai-sur-le-complot-de-la-reine-du-siam-en-1547-116474511.html

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commentaires

Advertoriale pe bloguri 03/03/2018 10:38

Excelent post.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 04/03/2018 02:56

merci