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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 22:05

 

Vous lirez souvent et entendrez aussi que le nom de la ville de Bangkok (บางกอก) serait une déformation de son nom d’origine Ban Makok (บ้านมะกอก) ou Bang Makok (บางมะกอก) c’est-à-dire « le village des makok » ou encore « le district des oliviers sauvages », interprétation donnée à notre connaissance pour la première fois par Monseigneur Pallegoix dans le premier volume de sa « description du royaume thaï ou Siam » en 1854. Il a depuis été suivi d’abondance !

 

 

Or, il ne signale pas de « makok » dans sa description de la végétation du royaume, le mot est inconnu de son premier dictionnaire daté de 1854 ni dans la seconde version revue par Monseigneur Vey de 1896. Nous ne trouvons pas d’oliviers non plus dans la description de la végétation du royaume par La Loubère en 1695. Il est permis de penser que si le chevalier de Forbin né au cœur de la Provence des oliviers dont le tronc torturé et la couleur des feuilles sont à nulles autres pareilles, eut remarqué des oliviers même sauvages, il n’eut pas manqué de s’en étonner. D’où vient cette erreur reproduite depuis lors à profusion ?

 

 

Du prélat tout simplement, né dans un petit village de la Côte d’or qui n’avait pas bénéficié de la civilisation de l’olivier, où les riches cuisinaient au beurre et les pauvres au saindoux. Ce qu’il certainement vu, c’était tout simplement des มะกอก - makok que le dictionnaire de l’Académie royale nous définit comme spondias pinata ou peut-être des มะกอกฝรั่ง - makokfarang que la même autorité nous définit comme spondias cytherea. Ce sont des espèces de pruniers sauvages qui existent toujours ici, dont les fruits ont effectivement la forme d’une olive sans en avoir la couleur. C’est tout simplement le « prunier à cochons » (1).

 

 

Voilà de quoi faire frémir Giono, poète des vrais oliviers !

 

 

Mais si l’on peut mordre dans une prune sur l’arbre, on peut le faire sur une olive mais pas deux fois. L’olivier de Provence et du pourtour méditerranéen est l’Olea europaea (oulivié en provençal) et sa variété sylvestris, l’oléastre  est sa forme originaire sauvage dont il est probablement issu et qui subsiste peut-être encore dans l’extrême sud de la France et certainement en Afrique du Nord (oulivastre en provençal).

 

 

 

Aucun des deux arbres n’a jamais prospéré au Siam. Pour autant qu’il y ait eu des tentatives d'acclimatation, ce que nous ignorons, elles se sont heurtées à toutes les tentatives d’acclimatation d'espèces en dehors des zones de culture originaires. Il est d’autres explications sur l’origine du mot, l’une fuligineuse qui donne une origine khmère, l’autre plus sérieuse en fait un dérivé de Bang Ko (บางเกาะle district des îles), puisque le paysage de la région est sculpté par les rivières et les canaux.

 

 

L’explication la plus plausible car la seule érudite reste celle de Monseigneur Pallegoix. N’oublions tout de même pas qu’il est le tout premier à avoir rédigé une grammaire thaï et un dictionnaire multilingue thaï-latin-français et anglais. Son erreur n’est pas sémantique : il n’a probablement jamais vu d’oliviers (de vrais) ni dans son enfance ni au séminaire des missions étrangères où on ne lui a pas appris la botanique ni au cours de ses pérégrinations asiatiques.
 

 

Les fruits du makok ressemblent à des olives, la confusion vient de là. Un œil non averti peut effectivement s’y tromper.

 

 

Notons toutefois que cette erreur est actuellement répandue au point que ce qui vient d’olives de chez nous par voie d’importation est qualifié de makok, ainsi l’huile d’olive devient น้ำมะกอก (nammakok). Or, si l’on tire d’excellent alcool des prunes, on n’en tire pas de l’huile. Il serait judicieux que l’Académie royale crée un nouveau mot pour ce fruit inconnu ici comme elle l’a fait pour bien d’autres fruits importés, faisant de la pomme une aeppoen (venant de l’anglais torturé appel - แอปเปิล) ou d’une fraise une satroboerri  (venant de l’anglais tout aussi torturé strawberry - สตรอเบอร์รี่). Nous avons une proposition qui en vaut une autre et qui vient tout autant de l’anglais que du français pour ne fâcher personne : tous les petits thaïs et même les grands connaissent Popeye et son épouse Olive, bandes dessinées et dessins animées qui continuent à être diffusés régulièrement sur les chaines de télévision destinées aux gamins. Ils sont ป๊อปอาย (Popaï) et โอลีฟ (Olif).  Ne parlons donc plus de makok  mais de olif

 

 

NOTE

 

(1) L’explication de ce nom est simple, lorsque les cochons pouvaient paître en toute liberté dans nos campagnes, l’animal se régalait des fruits tombés à terre. On le trouvait dans le midi de la France, plus spécialement en Ardèche.

 

 

Il est présent dans les pays tropicaux : voir par Louis-Élie Moreau de Saint-Méry : « Recueils de pièces imprimées concernant les colonies », 1799. Il est signalé par Stanley qui l’a consommé lors de son périple en Afrique : « Dans les ténèbres de l’Afrique » in Le Figaro littéraire, supplément du dimanche du 28 juin 1890. Les fruits des arbres tropicaux sont plus petits que ceux de l’Europe et l’arbre proprement dit ressemble plus à un frêne qu’à un olivier !

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