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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 22:05

 

 

Nous avons vu que « Les  Chroniques royales d'Ayutthaya » n'avaient consacré que peu de pages au roi Thammaracha pour évoquer largement les exploits de son fils Naresuan, nommé Prince (roi) de Phitsalunok, après son retour de l’« exil » birman. Il est vrai, disions-nous, que Naresuan avait proclamé l'indépendance du royaume d'Ayutthaya en 1584 et est devenu un héros national, mieux une légende, alors que son père est surtout vu par l'Histoire officielle, comme celui qui avait rallié les Birmans (« L'ennemi ») combattu contre les rois d'Ayutthaya Chakkrapat (มหาจักรพรรดิ) et Mahin (มหินทราธิราช) et avait été nommé nouveau roi d'Ayutthaya par le roi birman d'Hongsawadi (หงสาวดี). Nous vous avons raconté en plusieurs articles les différents épisodes de cette histoire (1). Mais il nous a paru intéressant de rappeler le destin exceptionnel de Khun Phirenthep (ขุนพิเรนเทพ), un noble de Sukhotai, né en 1509 et devenu roi d'Ayutthaya en 1569 pour régner jusqu'en juin 1590.

 

 

Il est nécessaire de rappeler le contexte historique pour comprendre le rôle que va jouer Khun Phirenthep dans l'Histoire siamoise. A la mort du roi Chairacha (ไชยราชาธิราช- Chairachathirat) en 1546 (Ou 1547), son fils aîné Yot Fa (ยอดฟ้า) ou Kaeofa (แก้วฟ้า), âgé de 11 ans (ou 12) lui succède.

 

 

On conseille à son autre fils, Si Sin alors âgé de 5 ans, de se faire ordonner moine au monastère de Rachapraditsathan (วัดราชาประดิษฐืสาทาน), afin de lui éviter « un accident » funeste. Sa mère Si Suda Chan (Nang Phrayammaehua Si Suda Chan (นางพระยาแม่หัวศรีสุดาจันทร์) devient la reine régente du royaume.

 

 

Mais un jour la régente sortit faire un tour dans le pavillon de Phimanratthaya (พิมานรัตยา) pour admirer la salle des fresques, vit Phan Bu Si thep (พันบุตรศรีเทพ), le garde de la salle, et en tomba amoureuse. Elle lui fit tout d'abord, par décret, obtenir le titre de Khun Chinnarat (ขุนชินราช) et conférer la charge de garder les saintes images dans le palais. Mais la reine, tombée enceinte, voulut ensuite le faire roi. Elle lui fit changer son nom pour devenir Khun Warawongsathirat (วรวงศาธิราช), lui fit ériger une résidence à côté du bureau de l’enregistrement en lui en confiant la charge.
 

 

Elle fit assassiner quelques Princes qui manifestaient leurs mécontentements, comme le Prince Maha Sena. Elle fit admettre par le Conseil des ministres que Warawongsa devrait gérer les affaires du royaume jusqu’à ce que son fils soit en âge de le faire. Les Chroniques d'Ayutthaya racontent que la reine et Warawongsa firent ensuite exécuter Yot Fa au monastère de Khok Phraya (วัดโคกพระยา), mais le Prince Si Sin fut épargné du fait de son jeune âge (7 ans)

 

 

La voie était libre pour que Khun Warawongsa soit sacré roi. Mais il ne régna que 42 jours et fut assassiné ainsi que la reine par un complot de nobles mené par Khun Phirenthep, notre futur roi Thammaracha. (Selon les sources, de juin à juillet 1548 ou de novembre 1548 à janvier 1549)

 

1/ Khun Phirenthep est le chef d'un complot qui va renverser « l'usurpateur » Khun Warawongsa et installer le nouveau roi Chakkrapat, « Le roi des éléphants blancs ».

 

 

En effet, un complot de nobles fut mené par Khun Phirenthep (Ou Phirenthorathep) (Les Chroniques font dire au roi Chakkrapat que son père était un descendant du roi Ruang de Sukhotai et sa mère, une descendante du roi Chairacha), avec Khun Inthorathep, Mun Ratchasina et Luang Si Yot. Considérant que le royaume était tombé en pleine disgrâce, ils décidèrent d'exécuter Khun Warawongsa. Mais auparavant, ils estimèrent que seul le Prince Thianracha (พระเฑียรราชา) qui avait pris l'habit de moine était digne de devenir le nouveau roi.

 

 

(Il faut se rappeler que le Prince était le fils du roi Ramathibodi II (1491-1529)) (สมเด็จพระรามาธิบดีที่ ๒).

 

 

Ils le rencontrèrent et il accepta la proposition. Mais ils lui confièrent que leur plan devait auparavant passer par le rite de la bougie, qui seul, pouvait les autoriser à entreprendre leur conspiration. Le Prince en fut d'accord. (Cf. (2) la description de ce rite que nous n'avions jamais rencontré jusque-là.) « Les Chroniques royales d'Ayutthaya » racontent en deux pages dans quelles circonstances et par quel stratagème Phirenthorathep, Inthorathep, Si Yot et Ratchasaneha et les gouverneurs de Phichaï et de Sawankhalok purent s’emparer de Warawongsa, de la régente et de leur enfant et les tuer. Le jeune Si Sin fut épargné. (Cf. Ce récit en (2))

 

Le roi Warawongsa n'était resté sur le trône d'Ayutthaya que 42 jours. Il aura droit désormais dans les livres d'histoire au « titre » d'usurpateur.

 

 

2/ L'ascension de Khun Phirenthep.

 

Il devient le Prince Thammaracha de Phitsalunok, fut marié à la fille du nouveau roi Chakkraphat, la princesse Sawadirat, qui devint la princesse Wisut Kasatttri, reine de Phitsalunok.

 

 

Le chapitre deux des Chroniques royales commence donc en 1548 par la cérémonie d’intronisation qui fait du Prince Thianracha, le roi Chakkraphat, qui sera connu, comme le roi des éléphants blancs. Une cérémonie pendant laquelle Khun Phirenthorathep  propose au nouveau roi d’adopter le Prince Si Sin (Fils du roi Chairachathirat).

 

Le lendemain, devant la Cour, le roi va récompenser les principaux acteurs du complot Ainsi Khun Phirenthorathep, le chef de la conspiration sera nommé Prince Thammaracha, de Phitsalunok, avec les insignes symboliques, cadeaux et prérogatives dus à son titre. Le roi lui donna sa fille en mariage, la princesse Sawadirat, qui devint la princesse Wisut Kasatttri, reine de Phitsalunok ; Khun Inthorapet devient Chao Praya Si Thammasokkarat et gouvernera Nakhon Si Thammarat ; Luang Si Yot devint Chao Phraya Maha Senabodi ; Mun Ratchasaneha, Chao Praya Maha Thep et ensuite Chao Phraya Phakdinuchit. Ils reçurent également comme épouse, une fille de concubine royale. Les Phraya de Phichai et de Sawankhalok furent nommés Chao Praya. Beaucoup d'autres seront récompensés et deviendront Phra, Luang, Khun et Mun selon leur rang précédent.

 

 

3/ Le destin du Prince Thammaracha de Phitsalunok, va basculer en 1563 lors de la guerre dite « pour deux éléphants blancs » contre les Birmans. (3)

 

Nous vous avons raconté cette guerre entre le royaume birman d'Hongsawadi et le royaume d'Ayutthaya qui aurait eu lieu en 1563 en vous présentant les versions des « Chroniques royales d'Ayutthaya » et du Prince Damrong. (En trois articles. Cf. (3)) La cause, en apparence futile pour un occidental, fut le refus du roi Chakkrapat d'accéder à la demande de roi d'Hongsawadi de lui donner deux éléphants blancs. Nous vous avions alors indiqué qu'un éléphant blanc est considéré dans la doctrine brahmanique, comme un être divin, à qui Vishnou a accordé de nombreux pouvoirs et qui assure au souverain le possédant, toutes les faveurs de la fortune, prestige, puissance, triomphe, etc.

 

 

Bref, devant le refus du roi Chakkrapat, le roi birman d’Hongsawadi décida de venger l’affront en s'engageant dans une nouvelle guerre contre le royaume d’Ayutthaya. Il organisa une armée de 500.000 hommes (Selon le Prince Damrong, de 900 000 selon « Les Chroniques siamoises ») avec 400 mercenaires portugais ayant une grande expérience de l'utilisation des canons et des armes à feu. (Cf. Le récit in RH 32),


 

 

L'armée birmane fut rassemblée à Martaban, et prit ensuite Kampheangphet. Le roi d'Hongsawadi ordonna au roi de Chiang Mai de construire 200 bateaux de guerre (de type kajang laoka) et aux Phraya de Haripunchai et de Nakhon Lampang de les amener en petites quantités et de les assembler au canton de Rahaeng. Puis le roi fit établir des palissades à Sukhotai par l’armée principale, puis se dirigea à Phitsalunok pour y établir l’enceinte royale.

 

Pendant ce temps le Prince Thammaracha de Phitsalunok avait été informé de l’arrivée des troupes d’Hongsawadi aux frontières et avait sollicité un renfort à Ayutthaya tout en invitant tous les habitants de la région à venir dans la cité préparer sa défense.

 

Mais présentement, il pouvait voir le roi d’Hongsawadi préparer le futur assaut en fabriquant des échelles, en creusant et en montant murs en terre plus haut que les murs de la cité. Ensuite, il reçut une lettre du roi birman lui proposant une négociation, que le Prince refusa avançant que son royaume appartenait au roi d’Ayutthaya, le seigneur des éléphants blancs, et qu’il ne pouvait accepter de venir en audience. Mais le roi d’Hongsawadi lui fit comprendre que Phitsalunok était très petit et que son avant-garde suffirait pour occuper la cité et dans un autre message qu’il ne faudrait qu’une heure à ses soldats pour franchir les murs.

 

 

Alors le Prince invita quatre moines à évaluer la situation et fit le point avec son Conseil : Constatant que l’armée d’Ayutthaya n’était pas arrivée (Elle arrivera trop tard) et que les forces du roi d’Hongsawadi étaient considérables et qu’elles leur seraient faciles d’attaquer et de détruire la cité, les hommes et les moines et la sainte religion, il déclara qu'il était prêt à se rendre, et à mourir pour sauver les hommes de sa cité.

 

Mais cela ne se passa pas ainsi le lendemain lors de l'audience avec le roi d’Hongsawadi. Que se dirent-ils ? Nul ne le sait.

 

Mais de fait, le Prince Thammaracha de Phitsalunok rejoignait les forces birmanes et avait sept jours pour préparer une armée de 30.000 hommes, disent les Chroniques, pour rejoindre l'armée principale birmane à Nakhon Sawan.

 

 

Dans « Notre Histoire » (56. (4), nous avions marqué notre étonnement :« Fallait-il voir là une trahison ? Une ruse ? Un opportunisme ?  ». Il était, en effet difficile de juger voire de comprendre cette décision. Il avait chassé « l'usurpateur » mis Chakkrapat sur le trône d'Ayutthaya, reçut le titre de Prince avec le mueang de Phitsalunok et la fille du roi. «  Et aujourd’hui, il se retrouvait aux côtés des troupes birmanes. »

 

D'ailleurs si le roi Chakkraphat et son fils le Prince Ramesuan, avec Phraya Chakkri et Phra Sunthon Songkhram étaient prêts à défendre leur « honneur » au prix d’une guerre et de mourir pour Ayutthaya, ils avaient aussi cédé devant la force considérable qui encerclait la capitale et la menace du roi d'Hongsawadi d'exterminer tous les moines, brahmanes et habitants et de profaner leur sainte religion. Le roi avait dû accepter tous les termes de la reddition, à savoir le don de 4 éléphants blancs, la prise en otages de son fils Ramesuan, de Phraya Chakri et Phra Sunthon Songkhram avec leurs femmes et leurs enfants. (Les Chroniques royales ne disent pas que le fils de Thammaracha, le futur héros Naresuan fut aussi pris en otage. Il avait 9 ans.)

 

Finalement, d'égale façon, le Prince Thammaracha et le roi Chakkrapat avaient « oublié leur honneur » et cédé devant la force birmane.

 

Le royaume d'Ayutthaya était devenu un vassal du royaume d'Hongsawadi, qui avait de plus comme allié le Prince Thammaracha de Phitsalunok.

 

4/ Le Prince Thammaracha de Phitsalunok agit désormais comme un vassal du royaume birman d'Hongsawadi, mais en roi de son mueang de Phitsalunok.

 

Le roi d'Hongsawadi avait donc divisé en deux le royaume d'Ayutthaya en confiant au Prince Thammaracha le contrôle des provinces du Nord.

 

Le Prince Damrong, dans son livre sur « Nos guerres avec les Birmans » estime, qu'il était devenu étranger aux intérêts d'Ayutthaya. Mais son jugement s'appuie sur une idéologie nationaliste d'une histoire officielle créée à la fin du XIXe siècle, qui présente le Siam comme un pays créé en 1238 avec Sukhotai, puis Ayutthaya, Thonburi, Rattanakosin, comme une histoire d'un seul pouvoir central qui impliquerait le pouvoir absolu sur les autres groupes thaïs du pays. Or, l'histoire d'Ayutthaya est avant tout l'histoire des mueang qui se sont affrontés.

 

On peut avancer l'hypothèse qu'après 1563, le Prince Thammaracha se considère comme le roi du mueang de Phitsalunok, vassal certes d'Hongsawadi mais indépendant désormais du mueang d'Ayutthaya.

 

 

En tout cas, nous avions vu (In RH 33. (5)) qu'ensuite Thammaracha avait été « invité » par le roi d'Hongsawadi à soutenir l'armée birmane pour mâter une conspiration du roi de Chiang Mai (Qui avait été conquis par le roi birman Bayinnaung en 1558) menée avec l'aide des chefs de Nakhon Lampang, Phrae, Nan et Chiang Sen. On ne saura pas comment cette bataille eut lieu, mais le roi de Chiang Mai dut se soumettre et le chef de Chiang Sen fut capturé. Les trois autres chefs allèrent se mettre sous la protection de Phrachao Chai Chettha, roi lao de la principauté de Si Sattanakhanahut (Lan Chang), avec sa capitale Mueang Vientiane. Celui-ci refusa de livrer les trois chefs provoquant la colère du roi d'Hongsawadi qui envoya l'Uparat. (Cf. l'issue de cette bataille in RH 33.) Thammaracha fut autorisé à retourner à Phitsalunok.

 

 

Nous avions vu qu'ensuite, Thammaracha s'impliqua dans une « négociation » et une offre d'alliance entre le roi Chakkhaprat et le roi lao de Lang Chang, qui avait demandé la main de sa fille Thepkasattri pour qu'elle devienne la nouvelle reine de son royaume.

 

 

Thammaracha apprit cet échange et n'approuvait pas l'idée que le roi Chakkrapat puisse envoyer ainsi Phra Thepkasattri, qui était la jeune sœur de sa femme Phra Wisutthi, sans le consulter, sachant que cela allait causer une réaction armée du roi d'Hongsawadi et le risque pour Thepkasattri d'être prisonnière.

 

Aussi Thammaracha envoya un courrier au roi d'Hongsawadi pour l'informer et lui demander d'envoyer une force pour l'intercepter. Ce qui fut fait et Phra Thepkasattri fut emmenée à Hongsawadi. Il est dit que le roi Chakkrapat se sentit déshonoré et donna le trône à son fils Phra Mahin et se fit moine. (Le 18 février 1564 ?)

 

 

Une autre conséquence fut que l'autorité de Thammaracha se trouvait renforcé, et ceci d'autant plus que le nouveau roi Mahin était le jeune frère de sa femme qui n'avait cure de son autorité. Le roi Mahin ne vit de solution que dans l'élimination de son beau-frère.

 

Un plan fut élaboré avec le soutien de Phraya Ram, le gouverneur de Kamphaengphet, et l'aide demandée au roi lao de Lang Chang pour qu'il attaque Phitsalunok, afin qu'il puisse se venger de la capture de sa future femme Thepkasattri.

 

Le roi lao de Lang Chang attaqua donc en 1566 Phitsalunok, en essayant de faire croire qu'il allait attaquer Ayutthaya. Thammaracha avait deviné le plan et demanda l'aide du roi Mahin, qui crût que son plan avait fonctionné. Nous avons déjà raconté cette bataille aux nombreux épisodes, qui aboutirent finalement aux défaites des rois Mahin et de Lang Chang.

 

Ensuite les Chroniques royales et le Prince Damrong ne donneront pas la même version de l'après-guerre sur la rencontre entre le roi birman et Thammaracha à Hongsawadi. Le Prince Damrong affirme que le roi d'Hongsawadi couronna Phra Maha Thammaracha avec le titre de Phra Si Sanphet, Chaofa Phitsalunok, qui le rendait désormais rattaché (ou dépendant exclusivement) au royaume birman. Mais de toute façon, le roi Mahin et Phraya Ram -après leur tentative manquée de tuer Thammaracha- considérèrent sa rencontre avec le roi d'Hongsawadi comme une nouvelle trahison et la certitude d'une autre guerre.

 


 

5/ Phra Maha Thammaracha allié des Birmans et très actif pour prendre la capitale d'Ayutthaya qui sera annexée en 1569.

 

Nous vous avons raconté cette guerre qui aboutira à l'annexion d'Ayutthaya par les Birmans. (Cf. RH 33. et 58)

 

Thammaracha apprit lors de son séjour à Hongsawadi que Chakkrapat avait repris le pouvoir sur la demande de son fils Mahin et qu'ils avaient été prendre en otage avec une force armée, sa femme Phra Wisut Kasattri (fille de Chakkrapat ), son fils et sa fille à Phitsalunok pour les amener à la capitale, pensant -peut-être- dissuader le roi d'Hongsawadi d'attaquer. Sur le retour Mahin échoua dans sa tentative de rendre hors d'usage la cité de Kamphaengphet afin que l'ennemi ne puisse s'en servir de base. Et Ayutthaya prépara sa défense.

 

L'initiative de Chakkrapat et de Mahin eut l'effet inverse. Le roi d'Hongsawadi considéra qu'Ayutthaya avait perdu sa loyauté en considérant Thammaracha, « son royal jeune frère », comme un ennemi. Il ordonna au Prince Thammaracha de retourner de suite à Phitsalunok et de préparer les sept cités du Nord à la guerre avec les vivres, les éléphants, les chevaux, et les troupes.

 

Les « Chroniques royales d’Ayutthaya » vont raconter cette guerre avec force détails en

25 pages, qui aboutiront à l'annexion d'Ayutthaya. (Cf. 5) Elles montreront le rôle important du Prince Thammaracha de Phitsalunok, qui multipliera les initiatives, stratagèmes et plan secret : en arrivant à ce que le roi Mahin lui livre Phraya Ram ; en s'assurant de sa complicité pour précipiter le roi lao de Lan Chang dans une embuscade mené par l’Uparat et le faire fuir; en proposant dans un plan « sanguinaire » à Phraya Chakkri, pris en otage lors de la guerre précédente, un stratagème qui permettra de prendre la capitale facilement. Il s’agissait de faire croire à son évasion, (On n’hésita pas à sacrifier une trentaine de soldats qui furent exécutés et empalés devant la palissade pour la rendre plus crédible !). Le plan réussit mieux que prévu car le roi Mahin lui confia tout le commandement des forces armées. Et enfin, dans sa participation à l’attaque finale faisant chuter Ayutthaya en 1569.

 

Le roi d’Hongsawadi, organisa ses soldats en quatre divisions, avec chacune couleurs et armes différentes, et « ordonna alors la route à suivre au Prince Thammaracha et à l’Uparat le long de l’île de Kaeo, pour rejoindre au même moment les divisions des rois de d’Ava et de Phrae afin d'attaquer avec plus d'efficacité. Ils eurent de nombreux morts dus aux flèches enflammées, aux perches, bambous, mais ne reculèrent pas.

 

Et les armées de Thammaracha et de l’Uparat forcèrent le passage et capturèrent la palissade de Phra Maha Thep, qui recula et put regrouper ses troupes devant les monastères de Kho et de Krabu, pour de nouveau subir un nouvel assaut et devoir reculer et se regrouper au monastère de Phao Khao. Leurs lignes furent enfoncées, divisées, et les troupes d’Hongsawadi purent entrer dans la cité. ». (In 58) Ayutthaya était pris après 9 mois de combats.

 

Le prix de la défaite fut terrible :

 

Le roi Mahin (Le roi Chakkrapat était décédé en avril) fut « invité » à suivre le roi birman jusqu'à sa capitale avec toutes ses concubines, personnel du palais, et possessions ; tous les habitants furent rassemblés pour être emmenés à Hongsawadi et seuls, précisent les Chroniques, le Phraya de Nakhon Si Thammarat, Phra Si Akkharat, Khun Kasettrathibodi, Khun Rakmonthian, Mun Narinsi, et une centaine de Khun et Mun, et 10.000 hommes et femmes purent rester libres à Ayutthaya ; Et tous les trésors et toutes les statues furent également emmenés. Le royaume d'Ayutthaya était annexé.

 

Le roi Mahin malade, mourut en chemin. Ensuite, le roi d'Hongsawadi désigna le Prince Thammaracha comme le nouveau roi du royaume d'Ayutthaya. (Où ? Quand exactement ?)

 

6/ Phra MahaThammaracha, roi d'Ayutthaya. (Ou Somdet Maha Tammarachathirat 1er ou Somdet Phra Sanphet I) สมเด็จพระมหาธรรมราชาธิราช (สมเด็จพระเจ้าสรรเพชญ์ที่ (1569- juin (?) 1590 )

 

Nous vous avons raconté dans nos deux articles précédents (RH 34 et RH 35) ce que l'on pouvait dire du règne du roi Thammaracha en nous servant des « Chroniques royales d'Ayutthaya » qui lui consacrent 45 pages et du livre du Prince Damrong « Our Wars with the Burmese, Thai-Burmese Conflicts, 1539-1767 » pour les 4 guerres menées contre les Birmans. Nous avions remarqué que les Chroniqueurs siamois s'étaient surtout concentrés sur son fils Naresuan et peu sur Thammaracha lui-même. La raison s'expliquait facilement par le fait que Naresuan en redonnant son indépendance au royaume d'Ayutthaya en 1584 était devenu un héros et une légende.

 

 

Mais, il ne faut pas négliger le rôle joué par le roi Thammaracha, qui était certes devenu roi par la grâce du roi birman ; Un roi qui avait aussi apprécié les qualités guerrières et de stratège de Thammaracha. D'ailleurs, les Chroniques bien que disant peu à son sujet, lui reconnaisse des talents politiques. Il sut, en effet, former son gouvernement en intégrant des membres de la famille royale et des nobles expérimentés, reconduire certains en leur fonction, en nommer d'autres à des fonctions et des rangs supérieurs. « Il réorganisa l’armée et les Provinces. Il procéda à la désignation des nouveaux chefs militaires, des gardes royaux, des hauts fonctionnaires nobles et civils ; Et enfin, il nomma des nouveaux chefs (Ou rois) aux cités et/ou royaumes « frontières ». »

 

ll sut faire face, dès le début de son règne en 1570 à une invasion du roi du royaume de Lawaek (Cambodge).

 

Et il sut négocier auprès du roi birman Bayinnaung, le retour de son fils Naresuan en 1571, alors otage à Hongsawadi, pour le nommer Prince de Phitsalunok. Il avait alors 16 ans. Il est vrai qu'il avait dû l'échanger contre sa sœur Suphan Thevi, mais il avait gardé auprès de lui, son jeune fils le Prince Ekathotsarot (เอกาทศรถ).

 

Thammaracha avait même associé Naresuan (นเรศวร), dès 1572 (?) à une guerre du roi d'Hongsawadi contre le royaume lao de Lan Chang lancée depuis Phitsanulok, qui malheureusement se termina par un échec, dû à la fois au courage des Laos, à l’arrivée de la saison des pluies et à une défection involontaire de Naresuan atteint de la variole.

 

7/ Le roi Thammaracha associe son fils Naresuan à la gouvernance du royaume ?

 

Certes ce titre n'est pas repris par les Chroniqueurs, tant ils ne voient que la gloire de Naresuan. Mais en 1581, quand le roi birman Bayinnaung meurt, il ne faut pas oublier que le roi Thammaracha a 64 ans ! Toujours est-il qu'il demande (Selon les Chroniques) ou que Naresuan demande son autorisation à son père (Selon le Prince Damrong) d'aller assister au couronnement du nouveau roi birman Nondabayin  à Hongsawadi. Une cérémonie où tous les royaumes ou principautés vassales doivent assister ; mais aussi une période où souvent des mueang en profite pour déclarer leur indépendance, comme ce fut le cas pour les cités de Khang et de Rum.

 

 

Naresuan va demander l'accord à son père pour qu'il puisse apporter son aide à Hongsawadi pour mâter les dites cités et aussi pour en savoir plus sur les « affaires » d'Hongsawadi. Naresuan à cette occasion, va montrer ses qualités de chef et de guerrier redoutable, mais il avait aussi montré au nouveau roi d'Hongsawadi le danger qu'il représentait. Désormais Naresuan était le bras armé du royaume d'Ayutthaya. Il a alors 26 ans.

 

Il va jouer en 1584 un rôle majeur dans l'Histoire en proclamant en terre ennemie l'indépendance du royaume d'Ayutthaya. Nous vous avons raconté dans l'article précédent les versions des Chroniques royales et celle du Prince Damrong qui décrivent dans quelles circonstances Naresuan fut conduit à cette proclamation, comment il évita le complot qui visait à le tuer et comment il put revenir à Ayutthaya en emmenant toutes les familles siamoises qui étaient prisonnières à Hongsawadi depuis 1569.

 

Nous avions dit alors que le roi Thammaracha aurait pu reprocher à son fils d'avoir outrepassé ses droits en proclamant l'indépendance, mais au contraire il approuva son fils et accusa le roi d'Hongsawadi d'avoir perdu toute vertu, toute honnêteté, pour devenir cupide, et il récompensa ceux qui avaient aidé son fils.

 

Thammaracha a alors 67 ans. Il lui reste 6 ans à vivre avant de décéder le 30 juin 1590 (Ou 29 juillet !). Six ans où il lui faudra affronter trois guerres des Birmans et de son vassal Chiang Mai, l'alliance et une nouvelle guerre contre les Khmers, la « révolte » des princes de Phichaï et de Sawankhalok ... Bref, une période mouvementée. (Cf. 63 et RH.34 et RH 35)

 

Mais « Les Chroniques royales d'Ayutthaya » vont essentiellement se concentrer sur les guerres et les victoires de Naresuan en signalant que son jeune frère (De 2 ans plus jeune) Ekathotsarot est à ses côtés. Mais ici ou là, on s'aperçoit que le roi Thammaracha suit les combats depuis sa capitale, n'hésite pas à sortir avec des troupes supplétives (Cf. Chroniques, p. 164). De même quand en 1585, le roi d'Hongsawadi décide d'attaquer la capitale d'Ayutthaya, le Prince Damrong n'évoque pas le roi Thammaracha et le rôle qu'il a dû jouer dans sa défense pour ne citer que Naresuan. Mais pour l' « histoire officielle » et nationaliste, le roi Thammaracha n'est que le père de Naresuan, le héros de l'indépendance retrouvée.

 

D'ailleurs Chris Baker dans la préface du livre du Prince Damrong nous indique que le livre du Prince Damrong « s’inscrit dans un projet plus vaste qui visait à moderniser la nation et à présenter la monarchie comme l’incarnation de la Nation. Il avait de fait, comme ministre de l’intérieur du roi Chulalongkorn contribué à fonder une administration centrale moderne, et après sa démission, travaillé à donner à la nouvelle nation, « un » passé, « une » généalogie, « une » histoire. ». Il indique ses partis pris, ainsi par exemple, pour les deux chutes d’Ayutthaya en 1569 et en 1767, ne sont dues pour lui, qu’à la trahison d’un noble (il doit penser au Prince Thammaracha de Phitsalunok) pour l’une et par les nombreuses factions de la cour pour l’autre.

 

Mais disions-nous, en 1584, le roi Thammarcha a 67 ans! On ne peut lui reprocher de faire confiance à son fils, qu'il a de plus choisi comme son successeur, l'Uparat, et dont il apprécie les qualités et les compétences de chef de guerre, et qui est devenu de fait le commandant en chef de ses armées. Le roi Thammaracha a montré au cours de sa vie ses qualités de fin stratège et de guerrier et nul doute qu'en assurant la défense d'Ayutthaya, il a dû jouer en appui un rôle important dans les combats menés par son fils, même si les Chroniques royales n'en disent mot. D'ailleurs elles ne disent rien sur la politique civile menée par le roi et son gouvernement. Rien par exemple sur un fait aussi important que la réinstallation des dizaines de milliers de familles qui avaient été libérés par Naresuan à Hongsawadi. On peut imaginer que cela a nécessité beaucoup de temps et d'efforts. Mais les chroniqueurs n'en n'ont cure, ne retenant que les guerres et les révoltes et ignorant le destin exceptionnel de ce roi.

 

Il était pourtant un descendant du roi Ruang de Sukhotai par son père et descendant du roi Chairacha par sa mère. Il avait été le chef d'un complot qui avait tué Khun Warawongsa « l'usurpateur » pour mettre sur le trône le roi Chakkrapat - le fils de Ramathibodi II, de la 2e dynastie Suphannaphum (1409-1569) -, qui d'ailleurs en le nommant Prince de Phitsalunok et en lui donnant sa fille, reconnaissait qui lui devait son royaume. Mais en 1563 Thammaracha choisit de sauver sa vie et/ou les habitants de son mueang devant la force écrasante du roi d'Hongsawadi, et d'accepter de devenir son vassal.

 

C'est évidemment là que les interprétations peuvent diverger sur cette décision. Nous avons rappelé celle du Prince Damrong qui voyait en lui un traître qui s'était vendu à l'ennemi. Mais qu’avaient fait le roi Chakkraphat en 1569 et son fils le Prince Ramesuan, avec Phraya Chakkri et Phra Sunthon Songkhram ? Ils étaient prêts à défendre leur « honneur », de mourir pour Ayutthaya, et ils avaient cédé devant la force birmane considérable et les menaces d'extermination, et ils avaient accepté tous les termes de la reddition, avec la prise en otage de son fils et de Phraya Chakkri et Phra Sunthon Songkhram et la captivité de presque tous les habitants d'Ayutthaya à Hongsawadi.

 

L'Histoire officielle, de par son idéologie nationaliste ne peut envisager- nous l'avons dit- que le Prince Thammaracha, dès 1563 (?) considère le mueang de Phitsalunok comme un mueang certes vassal d'Hongsawadi, mais non vassal d'Ayutthaya. (Naresuan l'avait appris à ses dépens en 1585, quand après sa proclamation d'indépendance, les cités siamoises de Sawankhalok et Phichai avaient choisi de se révolter contre lui plutôt de combattre les Birmans, qu'ils craignaient davantage.)

 

L'Histoire officielle ne dit pas qu'en assumant pleinement la proclamation de l'indépendance faite par son fils en 1584, il légitimait cette décision et allait mener avec son fils Naresuan et son autre fils Ekathotsarot les guerres à venir, pour défendre l'indépendance retrouvée du royaume d'Ayutthaya. Elle ne dit rien non plus sur le respect que Naresuan porta toujours à son père, attendant la mort de son père en 1590 pour monter sur le trône. Naresuan avait 35 ans.

 

Quoi de plus naturel, direz-vous? Peut-être pas si vous considérez que sur les 21 rois d'Ayutthaya de 1534 à 1767, 6 ont été exécutés, et que seulement 6 ont été désignés par leur prédécesseur ; ce qui fait quand même 15 successions violentes. (Cf. Tableau dans le livre de Damrong).

 

En tout cas son fils Naresuan lui succédera (1590-1605) et son autre fils Ekhathotsarot succédera à son frère (1605-1620). Quatre autres rois feront partie de cette dynastie. (1569-1629).

 

 

On ne peut - vous l'avouerez- que reconnaître le destin exceptionnel de ce roi.

 

NOTES ET RÉFÉRENCES

 

(1)

63. Ayutthaya retrouve son indépendance en 1584 et la fin du règne de Thammaracha (1590)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-63-ayutthaya-retrouve-son-independance-en-1584-et-la-fin-du-regne-de-thammaracha-1590-113596550.html

 

RH 33. LA 4e GUERRE DES BIRMANS CONTRE AYUTTHAYA ET SON ANNEXION EN 1569.

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/08/rh-33.la-4e-guerre-des-birmans-contre-ayutthaya-et-son-annexion-en-1569.html

 

106. « Nos guerres contre les Birmans » (1539-1767), du Prince Damrong.

« Our Wars with the Burmese, Thai-Burmese Conflicts, 1539-1767 ».

http://www.alainbernardenthailande.com/article-106-nos-guerres-contre-les-birmans-1539-1767-du-prince-damrong-120857499.html

 

(2) Le rite de la bougie ? Extrait de notre article 50 de « Notre Histoire » : « Quatre personnes de confiance, l’une de lignée royale, l’autre très haut fonctionnaire, un autre noble et une dernière qui demeurait dans le village de Lan Tak Fa se réunirent en secret. « Ce pays est dans la honte. Nous devons agir, nous devons nous emparer de Warawongsa et le tuer » dit l’une d’entre elle. « Si nous le faisons, qui va le faire et qui va ensuite gouverner le peuple ? » répondirent les autres. Seul le prince Thianracha qui est entré dans un monastère a la capacité de régner ». Ils décidèrent d’aller en discuter avec lui. Ils se rendirent au temple, firent allégeance et lui dirent « Le royaume est dans la honte, nous avons décidé de nous emparer de Warawongsa, de le tuer et de vous faire monter sur le trône. Qu’en pensez-vous ? »

 

Le prince donna son accord. Ils dirent ensuite « Tout ce que nous préparons est d’une grande importance qui nécessite que nous allions pratiquer la divination par la bougie devant une image du seigneur Bouddha pour que celui-ci nous démontre clairement que le Prince est doté de suffisamment de qualités pour devenir le soutien de la religion et le protecteur du peuple. » Le prince donna son accord. L’un des comploteurs ajouta « Jusque-là nous avons établi des plans détaillés. Souhaitons que la divination par la bougie nous donne raison. Est-il bien convenu que si nous ne pratiquons pas ce rite, nous ne réaliserons pas nos projets ? ».

 

Le soir même, ils prirent deux chandelles de cire d’abeille et d’un poids égal. La longueur était la même et celle de la mèche également. Puis ils se rendirent dans la salle du temple. Le prince accomplit le rituel en touchant le sol des cinq parties de son corps puis le rituel des chandelles, et prononça de longues incantations rituelles. Quand il eut terminé ses incantations, il alluma les deux bougies, l’une représentant l’usurpateur, l’autre le prince candidat au trône. La première consumée marquerait le perdant. Celle de Warawongsa se consumait plus lentement que celle du prince et l’un des comploteurs s’écria « Ne faites rien, je ne suis pas d’accord ! ». Puis il cracha sa chique de bétel. Survint alors un présage, son jus de chique éteignit la chandelle de Warawongsa ! Tous furent réjouis et émerveillés. À cet instant , un moine portant les trois robes et un éventail de moine, entra dans la salle de prière et leur donna sa bénédiction en disant : « Vous tous parviendrez à réaliser les souhaits que vous portez dans vos cœurs ». Ainsi dit, il disparut et chacun retournèrent en leurs maisons.

 

(3) RH 32. LA TROISIÈME GUERRE CONTRE LES BIRMANS POUR DEUX ÉLÉPHANTS BLANCS EN 1563.

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/07/rh-32.la-troisieme-guerre-contre-les-birmans-pour-deux-elephants-blancs-en-1563.1.html

 

(4) 56. La troisième guerre d’Ayutthaya contre les Birmans.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-56-la-troisieme-guerre-d-ayutthaya-contre-les-birmans-1568-112392417.html

 

(5) RH 33. LA 4e GUERRE DES BIRMANS CONTRE AYUTTHAYA ET SON ANNEXION EN 1569.

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/08/rh-33.la-4e-guerre-des-birmans-contre-ayutthaya-et-son-annexion-en-1569.html

 

 

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