Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter . alainbernardenthailande@gmail.com

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 22:12


2 - POLITIQUE.

 

Poursuivons notre lecture pour aborder 5 autres « idées reçues » dans le domaine politique, à savoir : « La Thaïlande est une monarchie constitutionnelle. », « Le régime militaire thaïlandais est une dictature soft », « Thaksin fut le Berlusconi thaïlandais », « En Thaïlande, les élections n'ont aucune valeur à cause de l'achat des voix. », « La loi de lèse-majesté fait partie intégrante de la culture thaïlandaise. »

 

 

2 – I - « LA THAÏLANDE EST UNE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE. »

 

 

Mademoiselle Mérieau a effectivement raison d'émettre des doutes sur la réalité de cette assertion que l’on retrouve effectivement partout.

 

Parler de « Monarchie constitutionnelle » revient d’abord à en définir au moins sommairement les deux éléments.

 

Une monarchie tout d’abord est un régime politique qui reconnaît comme chef d’état un monarque (du grec  μόναρχος « un seul dirigeant »). Il peut être héréditaire comme c’est le cas en Thaïlande ou au Cambodge voisin ou élu par un collège restreint comme c’est encore le cas en Malaisie ou ce le fut dans le Saint-Empire romain germanique (1).

 

 

Une constitution est un texte qui définit et souvent, mais pas toujours, limite les pouvoirs du monarque.

 

 

Elle peut dès lors être non écrite, fruit de la tradition et de la coutume ce qui était le cas de la France sous l’ancien régime (2). C’est le cas du régime anglais actuel dont la constitution est coutumière ou ce fut celui de l’Arabie saoudite jusqu’en 1992 (3).

 

 

Le régime monarchique en Thaïlande est donc assuré depuis toujours mais conforté par la Loi du Palais du 10 novembre 1924 voulue par le roi Vajiravudh un an avant sa mort et assurant sans heurts le trône à la descendance mâle successible de Rama V.

 

 

Elle fut appliquée sans difficultés au bénéfice de son frère Prajadhipok en 1925,

 

sans difficultés au moins apparente lors de son abdication en 1935 au profit d’Ananda, aîné de la lignée Mahidol

 

 

 

instantanément à sa mort au profit de son frère cadet Bhumibol

 

et à sa mort le 13 octobre 2016  à son fils Vajiralongkorn. Si elle ne fut pas la première constitution, elle fut en tout cas la première loi constitutionnelle et référence y fut faite dans les constitutions successives en ce qui concerne la succession au trône.

 

 

LES CONSTITUTIONS

 

L’histoire constitutionnelle de la Thaïlande en a connu à ce jour (nous écrivons en 2018) 20 dont 17 d’entre elles ont été promulguées au cours des 70 ans de règne du roi Rama IX (4).

 

S’interroger sur le point de savoir si « la Thaïlande est une monarchie constitutionnelle » revient en réalité à se poser la question sur le règne de Rama IX puisque nous ne savons pas de quoi demain sera fait.

 

Ces constitutions furent traditionnellement des instruments temporaires, promulgués à la suite de coups d’État militaires en dehors peut-être de celle du Maréchal et néanmoins dictateur Sarit Thanarat qui perdura de 1959 à 1968.

 

 

PLUSIEURS OBSERVATIONS :

 

La nature des institutions constitutionnelles

 

Nous allons trouver au fil des années plusieurs types de mécanismes constitutionnels que nous pouvons schématiser de façon peut-être simpliste en trois groupes, un régime comportant des organes législatifs élus, un régime comportant des organes législatifs nommés et un régime de pouvoir exécutif absolu (5).

 

 

La permanence des coups d’état.

 

Ils sont institutionnalisé depuis le premier de 1932 ayant conduit la Siam à un régime « démocratique ». Sous le seul règne de Rama IX qui nous intéresse, nous en avons décompté 15, coups d’état stricto sensu, militaires ou silencieux, sanglants ou pacifiques (6). Ils ne sont pas des incidents de l’histoire, ils sont tout simplement devenus un élément concret,  coutumier et  non écrit  de la constitution du pays.

 

 

Les pouvoirs du souverain.

 

Ils ont constitutionnellement évolué au fil des constitutions successives comme le fait judicieusement remarquer Mademoiselle Mérieau notamment après la prise du pouvoir par le Maréchal Sarit Thanarat. Il faut bien sûr faire référence au pouvoir charismatique du souverain qui transcende ses pouvoirs constitutionnels, qu’ils proviennent de la tradition multiséculaire brahmaniste et hindouiste (à laquelle Mademoiselle Mérieau ne croit guère) ou tout autant des qualités propres à la personne de Rama IX et de son épouse.

 

 

Les constitutionnalistes thaïs admettent sans difficultés que lorsque le pays est en crise, le souverain peut agir par-delà les textes.

 

 

 

CONCLUSION.

 

Mademoiselle Mérieau conclut « Une monarchie constitutionnelle qui s’appuie autant sur l’armée et se passe entièrement à la fois d’élections et de parlement peut difficilement répondre à la définition d’une démocratie – terme que l’on associe dans le langage courant à la « monarchie constitutionnelle ». Dont acte !

 

Elle conclut toutefois par un paragraphe intitulé « la démocratie n’est pas compatible avec la culture thaïlandaise » ce qui nous conduit à nos propres conclusions :

 

 

Reste à savoir ce qu’est-ce qu’on appelle « démocratie », n’entrons pas dans ce débat. Il est toutefois essentiel de relever que lorsque les « révolutionnaires » de 1932 ont imposé une constitution au roi, ils sont allés chercher leur modèle en Occident, tous éduqués dans des Universités françaises ou anglaises sans qu’il n’y ait jamais eu véritablement de texte spécifiquement thaï (7).

 

Il n’est pas de notre propos (ni d’ailleurs dans nos compétences) de définir quelle serait la Constitution idéale faisant cohabiter harmonieusement comme dans la société idéale d’Aristote la liberté et l’égalité, l’harmonie et le progrès. Nous n’irions toutefois pas chercher notre modèle en Occident (8).

 

 

Concluons sur une seule question, ces régimes constitutionnels successifs furent-ils des instruments du peuple pour contrôler le gouvernement ou des instruments du gouvernement pour contrôler le peuple ?

 

Ne cherchons donc pas donner une définition de ce régime  qui n'est assurément pas une « monarchie constitutionnelle » au sens que le « langage courant » donne à ce mot, contentons-nous de la porte de sortie favorite des juristes lorsqu'ils buttent sur une institution difficile à définir selon nos concepts : c'est un régime monarchique sui generis.

 

 

2 - II - « LE RÉGIME MILITAIRE THAÏLANDAIS EST UNE DICTATURE SOFT » (PP. 57-62)

 

 

L'idée reçue ici annoncée aurait nécessité d'indiquer une période. Toutes les dictatures qu'a connues la Thaïlande n'ont pas revêtu les mêmes formes, et ne se sont pas exercées dans  le même contexte historique.

 

Mademoiselle Eugénie Mérieau commence son article en rappelant  « Le fait que la majorité de ses huit décennies furent des dictatures militaires ne semble pas remettre en question le mythe officiel de la démocratie thaïlandaise »,  sous la haute protection du roi et de l'Armée, mais précise-t-elle, « une démocratie à la thaïe » avec 13 coups d' Etat réussis.

 

 

Nous avions montré dans notre article 214 (3), que la Thaïlande avait connu une vie politique plus mouvementée que ces 13 (14?) coups d'Etat réussis si on ajoutait les révoltes, les rébellions, les coups d'Etat « silencieux » (Prem, Abhisit 2010), les nombreuses tentatives de coup d'Etat, les soulèvements populaires  (1973, 1976, 1992), les coups d’Etat « judiciaires » (2008, 2009, 2014) Il y eut même une dictature « civile » comme celle de Thanin après le le coup d’Etat de 1976. Du premier janvier 1901 au 14 janvier 2016 nous en avions identifiés 42, en reconnaissant que la liste n'était pas exhaustive, soit une moyenne approximative d’un « coup » tous les 1.000 jours.

 

 

Nous avions également exposé « Les limites de la démocratie des années 1980 » (Cf. Notre article 234. (4)), qui montrait par exemple que le gouvernement  « démocratique » de Prem, du 3 mars 1980 au 4 août 1988  se déroula au fil des cinq gouvernements, et de trois élections générales, qu’il dut subir deux tentatives de coups d’Etat, quatre tentatives d’assassinats, mettre un terme à l’insurrection communiste thaïlandaise sur son sol, faire face aux menaces communistes laotiennes et vietnamiennes aux frontières, et cela sous le contrôle et l'encadrement des différentes factions militaires.

 

 

Le livre d’Arnaud Dubus et de Nicolas Revise « Armée du Peuple, Armée du roi », « les militaires face à la société en Indonésie et en Thaïlande »(5) nous avait déjà aidé à comprendre  comment l’Armée avait construit son empire économique en monopolisant le pouvoir depuis 1932 et en intervenant sur la scène politique régulièrement par des coups d’états, au nom du roi et de la « sécurité nationale ». (Cf. aussi La puissance de l'oligarchie militaire In Notre article 223 (6))

 

 

Donc, quand Mademoiselle Eugénie Mérieau nous dit  que la dictature serait perçue comme « soft » (pourquoi utiliser cet anglicisme ; le terme de « dictature douce » est tout aussi expressif.), elle oublie des décennies de dictatures sanglantes, pour ne citer que les coups d'Etat de 2006 et 2014, qui auraient été « pacifiques », car vus comme une coutume habituelle, une dictature où  « La population ne résiste pas ; les contre-manifestations sont rares » et où « les militaires ont été « remerciés » par la population : on leur a offert fleurs et parfois même bises ».

 

 

Et pourtant à  la page suivante, Mademoiselle Eugénie Mérieau rappelle d'autres périodes de l'Histoire qui furent moins « festives », comme  la dictature du général Sarit qui réprima durement les communistes et « utilisa ses pleins pouvoirs pour emprisonner sommairement ses opposants et les exécuter. »  (Et la dictature de Phibun qui dura 9 ans (1948-1957) ?) ; la répression des années 1960 et 1970 (peu précis) ; le massacre d'octobre 1976 à l'Université de Thammasat

 

 

(Oubliant les événements de 1973) ; la répression féroces des « chemises  rouges » en 2010 au centre de Bangkok qui fit 90 morts.

 

Son dernier paragraphe signale que la communauté internationale n'a pas beaucoup réagi  contrairement à ce qui se passe en Birmanie et au Cambodge. Et elle ajoute : « La répression est en effet plus douce en Thaïlande, plus efficace peut-être, que ses voisins immédiats » et de citer Phrayut Chan-Ocha arrivé au pouvoir par coup d'Etat militaire le 22 mai 2014, qui « n'aurait » emprisonné pour lèse-majesté ou sédition qu'une centaine de personnes. Terminant sur « La répression n'a pas besoin d'être sanglante, quand elle est judiciaire. »

 

 

 

Eugénie Mérieau termine son chapitre avec un encadré d'une page intitulé « Les Chemises rouges sont des terroristes antiroyalistes » ; Une antiphrase  pour nous rappeler quelques données sur les  « Chemises rouges ». Un sujet qu'elle connaît bien ; Cf. Eugénie Mérieau, Les Chemises rouges de Thaïlande, Carnet de l’Irasec / Occasional Paper n° 23. ISBN 978-616-7571-16-4, juillet 2013

 

 

Mais on peut remarquer que la communauté internationale ne réagit pas beaucoup non plus sur les dictatures « asiatiques » et africaines et on peut juger cocasse la raison ici invoquée pour la Thaïlande qui aurait la spécificité d'avoir des dictatures « douces » . Un nouveau concept ? Les différents régimes militaires qui se sont succédés  ont tous eu des caractéristiques spécifiques, et si Mademoiselle Eugénie Mérieau n'attribue le « soft » qu'au régime de l'ex-général Phrayut Chan-Ocha, encore aurait-il fallu le préciser.

 

Mais on peut remarquer que le « soft » signifie – ici - plus de liberté civile, plus le droit de se réunir, d'exprimer une opinion politique, médias et réseaux sociaux sous surveillance, mesures d'intimidation par des arrestations et interrogatoires en camp militaire, etc.

 

Maintenant on peut se consoler en sachant que la Thaïlande est considérée comme un régime hybride et se situe en 2017 à la 107e place sur 167 pays, si on en juge d'après l'indice de démocratie créé par le groupe de presse britannique « The Economist Group »  fondé sur 60 critères et qui  classifie les pays  selon quatre régimes : démocratique, démocratique imparfait, hybride ou autoritaire,  Les régimes considérés comme autoritaires commencent à la 116e place.

 

 

2 – III -  « THAKSIN FUT LE BERLUSCONI THAÏLANDAIS (pp. 63-67)

 

 

Tout en évoquant les principaux éléments de la carrière politique de Thaksin, Mademoiselle Eugénie Mérieau nous livre quelques exemples de comparaison qui ont pu faire dire à certains que « Thaksin fut le Berlusconi thaïlandais ». « Thaksin fut décrit comme un « populiste » et en raison de son ascension fulgurante, sa richesse et son empire dans le domaine des la télécommunications, comparé à Silvio Berlusconi, une image dégradante. »Mais précise-telle, « le populisme de Thaksin est bien différent de celui de Silvio Berlusconi ». Si le style est comparable dit-elle, les programmes politiques et le mode de mobilisation sont différents. Toutefois restant sur « le populisme », elle considère qu'il fut tardif et qu'il mobilisa ses partisans à l'occasion « du procès qui lui était intenté devant la Cour Constitutionnelle pour fausse déclaration de capital ».

 

 

Pourquoi « tardif ? ». Thaksin a été poursuivi par la Cour Constitutionnelle avant son écrasante victoire aux élections générales du 6 janvier 2001. Et  il fut très actif durant la campagne  annonçant un  moratoire sur les dettes, un prêt d’un million de bahts pour chacun des 77.000 villages de Thaïlande et un accès aux soins hospitaliers pour les plus pauvres moyennant un forfait de 30 bahts. Ces trois engagements seront tenus s 2001 et n'ont rien de « populiste »  (Cf. Revise et nos deux articles sur Thaksin (7))

 

Ensuite, à juste titre, Mademoiselle Eugénie Mérieau voit une autre ressemblance avec Berlusconi dans le fait que tous deux ont considéré qu'un pays se gouvernait comme une grande entreprise. Thaksin, ajoute-elle, « voulut faire des gouverneurs des « PDGs locaux » qui devaient gouverner »et « marketer » leur province comme des businessmen ».

 

 

(Nous avions dans notre article sur Thaksin relever cette volonté :« Il est bien décidé à diriger le pays comme il a dirigé jusque-là ses entreprises. Il déclarera d’ailleurs que le juste rôle d’un premier ministre est de gérer la plus grande entreprise nationale : la Thailand Company. « La politique n’est que l’enveloppe que l’on voit. La gestion est la clé pour arriver à faire avancer la Thaïlande en tant qu’organisation.»(245 (7))

 

Mademoiselle Eugénie Mérieau poursuit la comparaison en leur attribuant des « mauvaises manières » et – curieusement - en ajoutant Trump ! Outre l'anachronisme, on ne voit pas vraiment pas ce que Trump vient faire ici. Passons.

 

 

Si en effet Berlusconi est connu pour ses multiples dérapages fascistes et misogynes, Thaksin ne joue pas du tout dans la même catégorie. Mademoiselle Eugénie Mérieau le dit elle-même d'ailleurs en disant que Thaksin « dans un style proche du peuple », « dans une langue simple et directe » a critiqué publiquement «  les élites et « l'establishment », le « réseau monarchique », « les bureaucrates, les généraux, les universitaires (…) les ONGs, les journalistes. ».

 

Mais il ne s'agit pas ici de « mauvaises manières ». Il s'agit ici, comme nous le dit Nicolas Revise (Cf. (8)) d'une politique autoritaire, volontariste et interventionniste visant une ambition de « s’emparer de l’Etat pour assurer une croissance économique favorable aux milieux d’affaires et au marché domestique » ; sans oublier … ses propres affaires, et une certaine conception de la démocratie qu’il explicite » , qui va se traduire par sa volonté de diriger et de contrôler toutes les institutions du royaume et de « vider de sa substance les garde-fous institutionnels » (commission électorale et anti-corruption, Cour constitutionnelle…), et d’éliminer toute forme d’opposition (parlementaire, militaire, médiatique, syndicale et associative).  »

 

 

Mademoiselle Eugénie Mérieau termine son article en rappelant les mesures sociales concrètes prises par Thaksin en faveur des masses rurales et des pauvres, qui lui valent encore aujourd'hui sa popularité en 2018 et  « la préoccupation première des militaires au pouvoir » de « déthaksiniser ».

 

Ensuite, Mademoiselle Eugénie Mérieau aborde deux autres « idées reçues »en politique  En Thaïlande, les élections n'ont aucune valeur à cause de l'achat des voix. », « La loi de lèse-majesté fait partie intégrante de la culture thaïlandaise. ». Ce sera l'objet de notre futur article.

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

 

POUR NOS REMARQUES SUR « LA THAÏLANDE EST UNE MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE »  (2  -I)

   

(1) Le roi de Malaisie dont le rôle qui n’est que symbolique est l’un des neuf chefs héréditaires de neuf États de la péninsule. Il est élu pour 5 ans en présidence tournante par ses pairs, les quatre gouverneurs des États non dirigés par des sultans et le premier ministre.

 

 

Le Saint-Empire romain germanique qui perdura depuis le Xe siècle jusqu' en 1806 voyait un empereur qui régnait sur une poussière d’états, grands, petits ou minuscules, de villes libres et d’évêchés (plus de 350) élu par une quinzaine d’électeurs ecclésiastique ou séculiers.

 

 

(2) Les « Lois fondamentales du royaume » dégagées de façon prétorienne dès la mort d’Hugues Capet en 996, complétées par l’affirmation de la « loi salique » à la mort de Louis X en 1316 perdurèrent sans heurt majeur jusqu’en 1791.

 

(3) Jusque-là, le Coran et la Sunna (Tradition du prophète) constituaient sa constitution. Il est d’ailleurs difficile de qualifier le texte de 1992 qui se contente en réalité de faire référence à la charia, de « constitution ».

 

 

Le plus bel exemple historique fut celui de l’Espagne sans  constitution de 1936 à 1978.

 

 

(4) Sous le règne de Rama VII,  la première charte temporaire de 1932 et la constitution de 1932.

Sour le règne de Rama VIII la constitution du 9 mai 1946. Il ne la connut qu’un mois.

Sous la règne de Rama IX la constitution intérimaire de 1947, celle de 1949, celle de 1952,   celle de 1959, celle de 1968, celle de 1972, celle de 1974, celle de 1976, celle de 1977,  celle de 1978, celle de 1991, celle de 1997, celle de 2006, celle de 2007, celle de 2014, celle de 2015 et celle de 2017.

 

(5)

Organes législatifs élus :

 

En 1946, la chambre des députés est élue et élit elle-même les membres du Sénat. En  1997, Chambre et Sénat sont élus.

 

Des organes législatifs nommés :

 

Ils sont partiellement élus et partiellement nommés par l’exécutif, les membres nommés ayant suffisamment de poids pour faire barrage aux élus. Le Premier ministre est soit un chef militaire, soit une figure de proue de l'armée ou du palais. Cela vaut dans le cadre de la constitution de 1932 après 1937,  la Constitution de 1947, celle de 1949, celle de 1952, celle de 1968, celle de 1974, celle de 1978, celle de 1991, celle de 2007 et celle de 2016.

 

Le pouvoir exécutif absolu

 

L’exécutif dispose d'un pouvoir absolu ou quasi absolu, sans législature ni assemblée législative entièrement désignée. Le Premier ministre est généralement un chef militaire ou une figure de proue de l'armée ou du palais. Nous le trouvons dans la Charte de 1932, la Constitution de 1932 avant 1937, la constitution de 1959, celle de 1972, celle de 1976, celle de 1991, celle de de 2006 et la Constitution provisoire de 2014.

 

(6) Voir notre article 214 « COMBIEN DE COUPS D’ÉTAT, DE RÉBELLIONS, DE RÉVOLTES ET DE SOULÈVEMENTS EN THAÏLANDE DEPUIS LE DÉBUT DU SIÈCLE DERNIER » :

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/01/214-combien-de-coups-d-etat-de-rebellions-de-revoltes-et-de-souevements-en-thailande-depuis-le-debut-du-siecle-dernier.html

 

Sur un total inventorié de 42 au sens large depuis le début du siècle dernier, et pour nous en tenir aux seules tentatives réussie pour changer le gouvernement en dehors de toute procédure démocratique, 15 d’entre eux se sont déroulé sous le 9e règne : Coup d’état silencieux du 1er avril 1933 - Coup d’état  du 20 juin - Coup d’état du 1er juillet 1944 – Coup d’état du 8 novembre 1947 - Coup d’état  du 9 novembre 1948  - Coup d’état dit « Radio coup » du 29 novembre 1951 - Coup d’état  du 16 septembre 1957 - Coup d’état du 20 octobre 1958 - Coup d’état silencieux  de 1976 - Coup d’état : Le massacre du 6 octobre 1976 - Coup d’état du 20 Octobre 1977 - Coup d’état silencieux  de 1980 - Coup d’état du 23 février 1991 - Coup d’état du 19 septembre 2006 - Coup d’état  du 20 mai 2014.

 

(7) Les deux états voisins décolonisés sont allé chercher leurs modèles en Angleterre pour les Birmans, en France pour les Khmers. Le parallèle est saisissant, la conseillère d’État de la Birmanie Aung San Suu Kyi, qui dirige de facto le gouvernement, et qui bénéficie d’un incontestable charisme personnel tant dans son pays qu’à l’étranger a changé le régime mais l’armée conserve la réalité du pouvoir.

 

 

Le roi du Cambodge bénéficie du charisme hérité de la monarchie khmère. La réalité du pouvoir appartient au premier ministre et à une police toute puissante.

 

 

(8) L’Occident qui prétend être le lieu géographique de la naissance de la civilisation moderne a exporté ses idées sur la terre entière, culte de la nation et recherche de la société idéale en particulier, dans ses propres cadres juridiques avec des résultats dont il est difficile de dire qu’ils ont été, en Afrique ou dans le Proche-Orient en particulier, bénéfiques

 

 

                                                 

NOTES POUR « LE REGIME MILITAIRE THAÏLANDAIS EST UNE DICTATURE SOFT » (2 - II) ET « THAKSIN FUT LE BERLUSCONI THAÏLANDAIS » (2  - III)

 

 

(1) Le Cavalier bleu Éditions, collection « Idées reçues », 2018, 147 pages.

 

(2) Rappel.

Sommaire du livre :

 

Introduction (pp.11-13), Histoire. ( pp. 17-44) « La stèle de Ramkhamhaeng est la Magna Carta siamoise »

 

 

« Le roi Mongkut incarne la figure décriée du despote oriental. »« La Thaïlande n'a jamais été colonisée. » « Le Siam est devenue une monarchie constitutionnelle par la volonté du roi. » « La Thaïlande s'est rangée aux côtés des alliés pendant la seconde guerre mondiale . »

 

 

Politique (pp. 49-78). « La Thaïlande est une monarchie constitutionnelle. » « Le régime militaire thaïlandais est une dictature soft. » « Thaksin fut le Berlusconi thaïlandais ». « En Thaïlande , les élections n'ont aucune valeur à cause de l'achat des voix. »« La loi de lèse-majesté fait partie intégrante de la culture thaïlandaise. »

 

Société (pp. 81- 110) « Le bouddhisme est la religion officielle du royaume. » « Les populations du Nord-Est sont arriérées. » « La Thaïlande est le paradis des lesbiennes, gays et transgenres. » « La femme en Thaïlande jouit d'un statut privilégié. »« L'industrie de la prostitution est principalement dédiée aux touristes et expatriés. »

 

 

Économie (113-138) « L'économie thaïlandaise repose sur le dynamisme de  ses Chinois d'Outre-mer. » « L'économie thaïlandaise dépend principalement du tourisme. »  « Au sein du Triangle d'or, la Thaïlande est producteur majeur d'opium et d'héroïne. »

« La corruption en Thaïlande est culturelle. » « La Thaïlande s'est sortie de la crise de 1997 grâce au modèle économique du roi Rama IX. »

 

Conclusion (pp.139-141) Annexe (pp.145-147) : 19 Références, dont 17 livres, un documentaire et un film.

 

(3) 214 – COMBIEN DE COUPS D’ÉTAT, DE RÉBELLIONS, DE RÉVOLTES ET DE SOULÈVEMENTS  EN THAÏLANDE DEPUIS LE DÉBUT DU SIÈCLE DERNIER ?

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/01/214-combien-de-coups-d-etat-de-rebellions-de-revoltes-et-de-souevements-en-thailande-depuis-le-debut-du-siecle-dernier.html

 

(4) 234. LES LIMITES DE LA DÉMOCRATIE DES ANNÉES 1980 EN THAÏLANDE

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/06/234-les-limites-de-la-democratie-des-annees-1980-en-thailande.html

(5) Notre lecture de  « Armée du Peuple, Armée du roi », « les militaires face à la société en Indonésie et en Thaïlande », de Arnaud Dubus et Nicolas Revise    l’Harmattan,

Partager cet article

Repost0

commentaires