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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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20 décembre 2018 4 20 /12 /décembre /2018 06:52

 

 

3 - SOCIÉTÉ  (Suite et fin)

 

 

 « La femme en Thaïlande jouit d'un statut privilégié », « la Thaïlande est le paradis des lesbiennes, gays et transgenres, « l'industrie de la prostitution est principalement dédiée aux touristes et expatriés. »

                                          

3 – III - « LA FEMME EN THAÏLANDE JOUIT D'UN STATUT PRIVILÉGIÉ. » (pp. 99-104)

 

 

On peut en premier lieu être étonné par l'idée que « La femme en Thaïlande jouisse d'un statut privilégié» soit une « idée reçue ». De fait, nous n'avons jamais rien lu à ce propos. La lecture de l'article confirmera notre étonnement en constatant que la femme en Thaïlande a un statut particulier et non privilégié, en considérant que « privilégié » signifie : favorisé, avantagé, celui qui bénéficie d'avantages, de prérogatives.

 

Le premier argument avancé par Mademoiselle Eugénie Mérieau nous informe que « les femmes forment 80% de la main d'œuvre dans les plus grosses entreprises d'exportation ».

 

 

Certes.  Mais nous ne voyons là, nul privilège. Ce qui est peut-être une réalité dans les grandes métropoles, Bangkok en particulier, doit être appréhendée différemment dans la « Thaïlande profonde » où il est fréquent de voir les femmes pousser les brouettes, porter des sacs de ciment dans les chantiers de construction ou encore répandre sous le soleil tropical le goudron pour asphalter les routes. Si c’est un privilège féminin, il est singulier.

 

Ensuite, elle avance d'autres arguments qui tentent à montrer que la femme thaïlandaise est l'égale de l'homme, voire supérieure en certains domaines : Les femmes depuis Rama V ont accès à la propriété foncière ; La société est matrilinéaire ; Les Thaïlandaises sont plus éduquées que les hommes

 

 

(Elle donne des chiffres qui le confirment) ; 63 % des femmes travaillent ; On peut voir des femmes chefs d'entreprise, des femmes au Parlement (16%) (Aujourd'hui aussi avec la junte?) ; Qu’en 2011, la Thaïlande a élu sa première femme Première ministre, Yingluck Shinawatra ; « les femmes siamoises obtinrent le droit de vote en même temps que les hommes en 1932. » (Plus de dix ans avant les Françaises, ajoute -t -elle).

 

 

Mais curieusement, à la page suivante, Mademoiselle Eugénie Mérieau va indiquer d'autres « réalités » qui infirment le point de vue exprimé.

 

Ainsi  la plupart des femmes qui entrent en politique ne sont que les  « représentantes » d'un homme de leur famille inéligible, comme ce fut le cas pour Yingluck Shinawatra représentant son frère Thaksin ayant fui le pays après sa condamnation.

 

Elle cite ensuite le viol et les violences à l'égard des femmes, et la polygamie encore répandue.

 

En effet, de nombreuses femmes thaïlandaises, dit-elle, doivent encore se soumettre à la pratique de la polygamie, bien que celle-ci fût interdite par une loi en 1935, qui voulait mettre un terme à sa « démocratisation » avec une nouvelle élite bureaucrate qui s'était développée entre 1892 et 1925. La polygamie restait un signe distinctif de réussite sociale. Mais elle était due aussi, nous explique Mademoiselle Eugénie Mérieau, à la faible institutionnalisation du mariage.

 

Traditionnellement, dit-elle, l'acceptation d'une dot et/ou une cohabitation valaient mariage, et cela malgré le code des trois Sceaux (Anciennes lois du Siam) qui imposait une procédure précise, mais qui s'appliquait essentiellement aux épouses majeures. (Qu'il faut donc distinguer des « épouses mineures » (mia noi),et des épouses esclaves (mia that) qui ont des droits différents).

 

(Pour en savoir plus sur ces différents statuts, Cf. Notre article 154 réalisé à partir de la thèse de Louis Duplatre, « Essai sur la condition de la femme au Siam »(2))

 

Toutefois, dit-elle, « Aujourd'hui, la culture de la « mia noi » perdure notamment chez les hommes de pouvoir et d'argent ». Après quelques considérations, elle évoque le « kik », qui amènerait les femmes mariées à encourager leurs maris à fréquenter les prostituées, pour limiter la perte des ressources du foyer ! (sic)

 

 

 

(Le kik ? Cf. Jean Baffie et Thanida Boonwanno, in « Dictionnaire insolite de la Thaïlande », 72,  n'en donnent pas la même définition et le réservent à la vie sentimentale des adolescents. (4))

 

Ainsi, elle affirmera que « La Thaïlande est également caractérisée par la culture du viol »,

 

 

s'appuyant sur une étude de 2015 du Ministère de la Santé qui nous apprend que « 80% des films thaïlandais contenaient des scènes de viol », ajoutant que dans les  séries,  « les femmes -bien- sont immanquablement violées » et sur une autre étude de l'université de Mahidol qui montre qu' « un foyer sur trois est sujet aux violences domestiques ».

 

 

(Elle nous aura  aussi appris - au passage - que beaucoup en Thaïlande différencie le viol du « sexe forcé » qui est acceptable, si l'on en juge par le forum Panthip, le plus populaire du royaume. En effet si une femme a montré qu'elle désire un homme, mais qu'elle ne veut pas de rapports sexuels, l'homme pourrait alors la « forcer ». Une conception qui aurait un grand succès en France à l'heure de « Me too » et « Balance ton porc »!)

 

 

Ensuite, elle rappelle que les Thaïlandais jouissent d'une « apparente » liberté sexuelle (Sans développer. Nous reviendrons sur ce point dans « L'industrie de la prostitution est principalement dédiée aux touristes et expatriés »)  et que l'avortement demeure illégal.

 

Cette affirmation mérité toutefois d’être modulée car il semblerait bien que les dispositions des articles 301 et suivants du code pénal de 1956 qui répriment l’avortement soient plus ou moins tombées en désuétude au moins lorsqu’il n’y a pas de conséquences corporelles? C’est une étude de la pratique judiciaire qui seule pourrait répondre à cette question. Nous reproduisons en notes les dispositions du code pénal (1).

 

 

Elle poursuit en évoquant « qu'une partie des jeunes filles issues des zones rurales partent travailler en tant que travailleuses du sexe à Bangkok ou dans les grandes villes (Et dans les grandes stations balnéaires touristiques) pour pouvoir envoyer de l'argent à leur famille. » (Elle aurait pu ajouter : qui le plus souvent ont la garde de leur(s) enfant(s).) Et enfin, elle nous informe que, selon le bouddhisme, la femme est considérée comme un être inférieur, et que renaître en femme est une punition.

 

 

Un statut privilégié ?  Vraiment ? 

 

On aura appris que la femme thaïlandaise est considérée comme un être inférieur par la religion bouddhiste, et que renaître en femme est une punition ; que  les femmes forment 80% de la main d'œuvre dans les plus grosses entreprises d'exportation ; que de nombreuses femmes thaïlandaises, doivent encore se soumettre à la pratique de la polygamie, qu'un foyer sur trois est sujet aux violences domestiques et vit dans une culture du viol  véhiculée par les séries télévisées ; que « le sexe forcé » est acceptable pour beaucoup d'hommes; que l'avortement est interdit ;  qu'une partie des jeunes filles issues des zones rurales vont se prostituer. Et encore Mademoiselle Eugénie Mérieau n'a pas évoqué les bordels, les salons de massage et les nombreux karaokés qui parsèment la Thaïlande et qui sont de fait des maisons de passe ...

 

 

3 – IV - « LA THAÏLANDE EST LE PARADIS DES LESBIENNES, GAYS ET TRANSGENRES. » (pp. 95-98)

 

Il est vrai, comme le dit Mademoiselle Eugénie Mérieau dans sa première phrase que : « La Thaïlande est connue dans le monde entier pour « sa tolérance » à l'égard des transsexuels, le fameux « ladyboys ». Le marché du changement de sexe est florissant et efficace, mais dit-elle, « la vie des transsexuels est loin d'être aussi facile qu'on peut le croire à première vue. »

 

 

Elle donne alors quelques exemples, comme le fait que  « la législation ne reconnaît pas leur changement de sexe », ce qui cause de grands problèmes dans certaines situations, comme à l'armée, en prison, et la discrimination subie pour accéder à certaines professions. (Elle donne l'exemple d'une transsexuelle qui s'est vu refuser un poste d'enseignant à l'Université.) Par contre, on peut constater que certaines professions semblent leur être réservées, « comme celles du divertissement, de la beauté, de la nuit ».    De fait, l'extrême majorité, nous dit Mademoiselle Eugénie Mérieau, se retrouve « à la merci des agressions verbales, physiques et sexuelles. »

 

Elle aurait pu ajouter, « qu'elles (ils) doivent en plus affronter les préjugés, largement diffusées dans les médias et plus particulièrement dans les « soap opéras » très populaires en Thaïlande. Mimie : « Dans les soap opéra, les rôles qu’on nous donne sont toujours caricaturaux ; on joue des employées avides  de sexe,  braillardes, lourdement maquillées et qui harcèlent les hommes. A la télé, on est juste des clones. ».

 

(Tiré du reportage de Carmen Butta sur « Les Lady boys en Thaïlande » diffusé sur la chaîne Arte, 360° -GEO, le 26 mars 2017  qui est basé sur « des témoignages différents de kathoeis avec des situations personnelles différentes, mais qui ont (ou ont eu) en commun un parcours de souffrances et d’humiliations pour faire admettre leur particularité de « transgenre » - le fait de se sentir femme dans un corps d’homme -  auprès de leur famille d’abord, puis de leur milieu, dans leur recherche d’un travail, dans leur quête de reconnaissance et d’égalité auprès de la société et des institutions […) S’il est vrai qu’elles sont « visibles » comme par exemple, dans les lieux chauds, les hypermarchés et les boutiques, dans les rues des grandes villes, et même dans certains villages, cela ne signifie pas, comme le montre le film, que leur intégration est réalisée et que leur vie et leur quotidien échappent aux rejets, insultes, humiliations, discriminations  … ». (Cf. Notre article A 222. (3))

 

 

On peut regretter que Mademoiselle Eugénie Mérieau n'évoque pas le cas spécifique des homosexuels, sauf à la fin, où elle signale que « le mariage homosexuel n'est toujours pas légalisé- bien qu'une loi en ce sens soit en préparation depuis 2015 ». (Cf. « Petit journal  » du 6/11/2018, citant le Bangkok Post,  qui annonce que le Pacs thaïlandais est sur le point d’être adopté... (4))

 

 

3 – V - « L'INDUSTRIE DE LA PROSTITUTION EST PRINCIPALEMENT DÉDIÉE AUX TOURISTES ET EXPATRIÉS. » (pp. 105-108)

 

Il s'agit bien ici d' « une idée reçue » bien ancrée chez les expatriés et les touristes occidentaux, mais surtout pourrait-on rajouter, véhiculée chaque année par des reportages télévisuels occidentaux. De même que beaucoup sont convaincus que les massages de prostitution et autres lieux de plaisirs ont été introduits par les Gis américains en repos en Thaïlande pendant la guerre du Vietnam. Mais Mademoiselle Eugénie Mérieau va, de suite indiquer que  « les clients des salons de prostitution sont en majorité des Thaïlandais  et parmi les touristes, les Asiatiques surpassent en nombre les Occidentaux » et rappeler que les  institutions de prostitution sont bien antérieures à la guerre du Vietnam et des G.I. américains. 

 

 

Elle va donc dans le paragraphe suivant donner quelques repères historiques qui le montrent : en signalant (Sans informations données) la taxation de la prostitution à l'époque d'Ayutthaya du XIVe au XVIIIe siècle (Surtout dans les quartiers chinois) ; Son développement à Bangkok sous Rama 1er (1782-1809) sous l'effet de l'immigration chinoise majoritairement mâle ; puis après l'abolition de l'esclavage en 1905, où des  esclaves choisirent la prostitution. Et en 1908, avec  une loi du roi Chulalongkorn pour lutter contre les maladies vénériennes qui fut l'occasion d'enregistrer et d'inspecter toutes les maisons closes, qui furent identifiées par une lanterne verte et taxées. (Mademoiselle Eugénie Mérieau ne donne aucun chiffre).

 

En fait, jusqu'au milieu du XIXe siècle la prostitution devait cependant être encore un phénomène très limité, car selon Mgr Pallegoix, dans son ouvrage publié en 1854, nous dit que l'impôt sur les femmes publiques  ne rapportait que 50.000 bahts par an et arrivait en 26e position comme source de profit pour l'état, loin derrière les tripots (500.000 bahts), les loteries (200.000 bahts), et même les nids d'hirondelles (100.000 bahts).

 

Mais l’arrivée massive d’immigrants chinois  dans la seconde moitié du règne du roi Rama V (1868-1910) change radicalement la nature et le nombre de prostituées. ( De 1893 à 1905, 455.000 Chinois arrivèrent en Thaïlande). Les triades chinoises s'assurèrent le contrôle de la prostitution, avec le jeu et l’opium. En  1933, sur 151 maisons enregistrées, 126 avaient des propriétaires chinois, 22 Thaïs et 3 vietnamiens (Mettarikanon, 2526 (1983). (In Notre article 17. Notre Isan : les « filles  tarifées »  d’Isan et leur apport économique (4))

 

 

Mademoiselle Eugénie Mérieau arrive ensuite à la loi dite « PREVENTION AND SUPPRESSION OF PROSTITUTION ACT B.E. 2539 » du 14 octobre 1996, toujours en vigueur, qui interdit la prostitution, et qui prévoit « des peines allant de six mois à deux ans de prison et (ou) 40.000 baths d’amende pour les prostituées, le client n'est quant-à lui pas pénalisé », dont la mise en œuvre, dit-elle avec humour, est très aléatoire, dans les divers salons de massage, go-go bars, karaokés ou boîtes. (Elle date par erreur cette législation de 1960 et ne mentionne d’ailleurs ni la durée maximum de l’emprisonnement  ni le montant de l’amende qui est énorme.)

 

 

Mais il faudrait mesurer l'ampleur de cette prostitution, le nombre de ces « salons » de prostitution, le nombre des prostituées.

 

 

Encore en 2018, il faut avouer, dit-elle, qu'on ne sait pas. On est toujours dans la fourchette entre 100.000 à 2,5 millions de prostitué(e)s, comme dans les études des années 80-90. Elle ajoute que selon les chercheurs thaïlandais 70 % des clients des prostitués hommes et femmes sont des hommes thaïlandais. Elle ne dit rien sur les touristes « sexuels », et donc sur le ratio très majoritaire des touristes « sexuels » asiatiques. Si elle signale que la prostitution est surtout concentrée dans les zones touristiques de Bangkok, Chiang Mai, et Phuket. (Elle aurait pu ajouter Pattaya et Samui), et évoque les zones frontalières de l'est et du sud, fréquentées par les migrants thaïlandais, elle ne dit rien sur le nombre  et le type d'établissements de ces zones et surtout rien sur cette industrie du sexe qui touche toute la Thaïlande, toutes les provinces, villes, gros bourgs, voire certains gros villages, une  industrie qui  s’inscrit dans un agrégat d’autres industries comme les agences de voyage, l’industrie hôtelière, centres commerciaux, restaurants,  bars …  (Cf. L'étude de 2008 de Jean Baffie  « Femmes prostituées dans la région du Sud de la Thaïlande » (4))  Cette étude vous étonnerait et vous révélerait l'ampleur de  cette industrie (Ainsi en Isan, à Kalasin, la ville la plus proche où nous habitons, il y avait (a ?) une quarantaine d'établissements, et plus loin à Khon Kaen il y en aurait plus de 120 ?)

 

 

Ceci dit, ces études ont près de 20 ans, le monde  évolue à une allure exponentielle et nous constatons depuis quelques années la fermeture de nombre de ces « établissements » soit par la volonté gouvernementale soit par la prolifération des substituts commodes que sont les sites Internet soit pour ces raisons cumulées

 

En effet, depuis ces dernières années des sites de rencontre sur Internet  ne sont pour la plupart que des sites de prostitution déguisés. Le phénomène s’est répandu tout autant que dans le monde occidental mais ne paraît pas avoir fait  l’objet d’études sérieuses à ce jour. Nous écrivons en 2018 et ce qui était vrai en 2000 ne l’est plus. Il est plus facile évidement de compter les établissements marqués d’une lanterne rouge que les sites virtuels qui au demeurant ne sont pas tous systématiquement des sites de prostitution. Cette « pratique » a un triple avantage si l’on peut dire :

 

- tout comme en Occident elle rend beaucoup plus difficile les poursuites contre les réseaux organisés, la sanction du proxénétisme est prévue par l’article 283 du code pénal et va selon sa gravité de 10 ans à l’emprisonnement à vie.

- elle facilite par sa démarche du client qui peut hésiter à  être reconnu lorsqu’il entre dans un lieu que la morale réprouve.

- elle permet aux filles ou aux gaillards qui souhaitent qui exercent de façon professionnelle ou accidentelle d’échapper aux nasses des réseaux de proxénétisme.

 

 

Elle ne dit rien, non plus,  sur les réseaux mafieux, qui contrôlent  les bordels de ville et de campagne où les « filles » sont retenues prisonnières, et subissent les traitements les plus inhumains.

 

 

Toutefois un encadré (p.109) intitulé « La Thaïlande est le paradis des pédophiles » nous apprend que la prostitution enfantine est estimée à 30.000 et qu'un scandale en mai 2017 a révélé l'existence au grand jour d'un réseau de prostitution de mineurs tenu par des policiers et des militaires à Mae Hong Son et la pratique qui perdure au sein de l'administration civile et militaire, d'offrir en « dessert » de jeunes  mineurs aux chefs en inspection.

 

 

Il est vrai que l’article de Mademoiselle Eugénie Mérieau ne proposait que de contredire « l'idée reçue » que  « L'industrie de la prostitution est principalement dédiée aux touristes et expatriés. » (Cf. Notes (4) pour en savoir plus)

 

 

Il est temps désormais d'aborder la 4e partie consacrée à 5 idées reçues concernant l'économie : « L'économie thaïlandaise repose sur le dynamisme de  ses Chinois d'Outre-mer. », L'économie thaïlandaise dépend principalement du tourisme. », « Au sein du Triangle d'or, la Thaïlande est producteur majeur d'opium et d'héroïne. », « La corruption en Thaïlande est culturelle. », « La Thaïlande s'est sortie de la crise de 1997 grâce au modèle économique du roi Rama IX. ». Ce sera l'objet d'un prochain article.

 

 

                             

NOTES

 

(1)  Sur la répression de l’avortement :

 

Les dispositions du code pénal  ( « Thai Criminal Code » de1956 - ประเทศไทยทางอาญา พ.ศ. รหัส 2499) ventilent la répression de la femme qui prend  l’initiative de se faire avorter qui seraient devenues obsolètes et celles qui répriment les avorteurs ou avorteuses responsables de séquelles corporelles qui ne le seraient pas :

Article 301 : Toute femme qui se fait avorter ou qui permet à une autre personne de se faire avorter par elle-même est condamnée à une peine d'emprisonnement de moins de trois ans, à une amende de six mille bahts ou aux deux peines.

Article 302 : Quiconque, avorte une femme avec son consentement, sera puni d'un emprisonnement maximal de cinq ans ou d'une amende maximale de dix mille bahts, ou des deux peines. Si de tels actes causent également à la femme des lésions corporelles graves, son auteur sera puni d'un emprisonnement maximal de sept ans ou d'une amende maximale de quatorze mille bahts, ou des deux peines. Si un tel acte cause la mort de la femme, son auteur sera puni d'un emprisonnement maximal de dix ans et d'une amende maximale de vingt mille bahts.

 

Article 303 : Quiconque, avorte une femme sans son consentement sera puni d'un emprisonnement maximal de sept ans ou d'une amende maximale de quatorze mille bahts, ou des deux peines. Si de tels actes causent également à la femme des lésions corporelles graves, son auteur sera puni d'un emprisonnement de un à dix ans et d'une amende de deux mille à vingt mille bahts. Si cet acte cause la mort de la femme, son auteur sera puni d'un emprisonnement de vingt ans et d'une amende de dix mille à quarante mille bahts.

 

(2) Louis Duplatre, « Essai sur la condition de la femme au Siam », Thèse pour le doctorat en sciences juridiques, soutenue le 30 juin 1922 à l’université de Grenoble, Société anonyme A. Rey – 1922.

Notre article :

154. La condition de la femme au Siam au début du XXe siècle. http://www.alainbernardenthailande.com/article-154-la-condition-de-la-femme-au-siam-au-debut-du-xxeme-siecle-124623749.html

Et  l'étude d’Amara Pongsapich,  sur « La famille thaïlandaise, passé et présent »,  publiée dans « Thaïlande contemporaine »,   Sous la direction de Stéphane Dovert et Jacques Ivanoff, IRASEC, Les Indes savantes, 2011. Notre article : A 94. La famille thaïlandaise.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a94-la-famille-thailandaise-114901289.html

 

(3) A 222. « LES LADY BOYS EN THAÏLANDE », UN DOCUMENTAIRE DE CARMEN BUTTA.

Diffusé sur la chaîne Arte, 360° -GEO, le 26 mars 2017 et en avril 2017.

http://www.alainbernardenthailande.com/2017/04/a-222.les-lady-boys-en-thailande-un-documentaire-de-carmen-butta.html

 

 

(4) Le Petit journal : LGBT : le Pacs thaïlandais sur le point d’être adopté

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 06/11/2018 à 00:00 | Mis à jour le 06/11/2018 à 01:14

Le projet de loi sur le partenariat civil pour les couples de même sexe, qui avait été débuté en Thaïlande 2013, pourrait bien être adopté avant la fin de cette année, selon le Bangkok Post

 

Une consultation publique à propos du projet de loi de partenariat civil pour les couples homosexuels va être organisée entre du 12 au 16 novembre dans les villes de Bangkok, Chiang Mai, Ayutthaya et Songkhla, a indiqué le Département et de la Protection des Droits et Libertés selon lequel le texte devrait être complété ce mois-ci et pourrait donc être adopté dans les toutes prochaines semaines. 

 

Le Bangkok Post souligne que nombre de spécialistes de la question estiment que ce partenariat civil devrait donner aux couples homosexuels 90% des mêmes droits que les couples mariés hétérosexuels.

 

Le partenariat civil pour les couples de même sexe prévoit des avantages tels que le droit de succession, l’assurance, la retraite, les réductions d’impôt, le droit à l’adoption. En revanche il ne donne pas le droit d’utiliser le nom de son conjoint.

 

 

Cf. Aussi  « une étude de l’université Thammasat intitulée « L’inclusion des LGBTI dans l’économie » révèle que sur 3.502 personnes, 46% disent avoir été discriminées sur la base de leur orientation sexuelle ou de leur genre. Le monde du travail semble être particulièrement hostile pour les LGBT+ :77% des transgenres, 62,5% des lesbiennes et 49% des homosexuels ont déclaré ne pas avoir été embauchés en raison de leur identité sexuelle tandis que 40% des transgenres disent avoir été victimes de harcèlement sur leur lieu de travail. Si les LGBT+ sont bien acceptés dans des secteurs comme le divertissement, ce n’est pas le cas partout. Les clichés semblent donc avoir la vie dure et seraient en partie responsables de cette ”tolérance sectorisée”. » Petit Journal», Marie Darondovas, Publié le 27/11/2017

 

(5) Sur  la prostitution.                  

Bernard Formoso, In Anthropologie et Sociétés, vol. 25, n° 2, 2001, p. 55-70. Corps étrangers : tourisme et prostitution en Thaïlande http://www.erudit.org/apropos/utilisation.html)

Notre article Article 28 : « Ethnologie » et  prostitution en Thaïlande.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a28-un-ethnologue-chez-les-prostituees-de-thailande-74007708.html

 

17. Notre Isan : les « filles  tarifées »  d’Isan et leur apport économique.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-17-l-apport-economique-des-filles-tarifees-en-isan-76544762.html

 

A76.  Dictionnaire insolite de Thaïlande ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a76-dictionnaire-insolite-dethailande-110104394.html

Lecture du livre de Jean Baffie et Thanida Boonwanno,  « Dictionnaire insolite de la Thaïlande », Cosmopole, 2011. Cf. Article 142 « Prostitution ».

Jean Baffie, « Femmes prostituées dans la région du sud de la Thaïlande », Irasec, Bangkok, 2008, 65 p. http://www.irasec.com/ouvrage16

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