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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 22:54

 

 

4 - ÉCONOMIE.

 

 

4 – III - « LA CORRUPTION EN THAÏLANDE EST CULTURELLE. »

 

 

La corruption en Thaïlande remonterait pour Mlle Mérieau sous l'ancien régime de la Sakdina, qu'elle  définit comme un régime dans lequel les relations de clientélisme étaient la base d'une organisation sociale très hiérarchisée au somment duquel se trouvait le roi.

 

Le système de la sakdina est en fait plus complexe puisqu'il régulait le système foncier, la  hiérarchie qui attribuait un rang, un grade donnant droit à une surface donnée et un nombre de paysans (Phraï ou hommes libres et That ou esclaves) correspondant ; Elle régulait également  la politique en s’attachant les guerriers valeureux, méritants ou en « punissant » les hommes ayant failli ou « dangereux » …La sakdina était aussi un des moyens qui permettait au chef du mueang d’assurer son pouvoir en gérant : son territoire (son foncier), son « pouvoir économique », « ses subordonnées », de répondre aux « exigences» impôts et corvées) du mueang supérieur. Elle constituait l’un des moyens d’organisation et d’exercice du pouvoir, avec les mariages, les alliances, les « vassalisations » et les guerres … (In Notre article « La sakdina, le système féodal du Siam ? » (1)

 

 

Plus loin, Mlle Mérieau nous dit que ce système clientéliste a perduré après la mise en place d’une administration moderne sous le roi Chulalongkorn à la fin du XIXe siècle, car le salaire des fonctionnaires était trop bas, et a continué jusqu'à nos jours, sachant « qu'il est impossible de survivre sans recours aux pots-de-vin,  dans un système social dépourvu de filet de sécurité ». (Cf. Notre article sur la situation des vieux paysans. (2))

 

 

Mais il y a corruption et corruption.

 

 

La corruption définit par le code pénal français (3) ne suffit pas pour comprendre certaines formes de corruption qui ont cours en Thaïlande. En effet, « En langue thaïe, nous dit Mlle Mérieau, il existe plusieurs mots pour se référer à la corruption.

 

Les plus graves sont korraption -du mot anglais « corruption » - et tucharit qui implique une volonté d'enrichissement personnel. En dehors de ces deux crimes, une multitude de termes désignent des pratiques de pots-de-vin qui peuvent dans certains cas êtres tolérées, comme sin bon « cadeau pour requête » ; sin nam jai « cadeau pour générosité » ; kha nam ron nam cha « prix de l'eau chaude et du thé » ; ou encore ngen tai to « argent sous la table , qui tendent à indiquer une pratique »culturelle » des pots de vin pour « fluidifier » le travail de l'administration. » (Mlle Mérieau aurait pu donner quelques exemples spécifiques.)

 

 

 

Mais Il faut distinguer, ce qui relève de la prédation et ce qui relève  du « clientélisme », tant les pratiques sont multiples,  variées et  généralisées,  et gangrènent la politique et les institutions, le système juridique et le monde des affaires, et même certains temples du royaume, mais elles  sont difficiles à  mesurer.

 

« La corruption étant par définition un phénomène caché, il est, faute de données brutes disponibles, impossible de produire des statistiques objectives permettant de mesurer ses niveaux. Ainsi, dès 1995, Transparency International a imaginé se fonder sur des enquêtes d’opinion – et donc des perceptions – pour tenter d’évaluer les niveaux de corruption. Selon ces critères, en 2017, la Thaïlande se plaçait  à la 96e  place sur 180 pays.

 

 

Il n'est donc pas étonnant que Mlle Mérieau ne puisse la chiffrer, mais elle signale néanmoins que la face la plus visible de la corruption est celle de « la  police qui collecte des pots-de-vin auprès de tous ceux qui alimente l'économie informelle» (industrie du sexe, commerces des rues, mototaxis).

 

 

Elle n'oublie pas l'armée, qui au pouvoir « atteint des niveaux autrement significatifs » et rappelle qu'à partir des années 60, l'assistance massive des Etats-Unis a profité à nombre d'entre eux qui prélevaient env. 30% sur la construction des infrastructures et l'achat d'armement. (4). Elle nous donne une idée de l'ampleur de cette corruption, calculée par  l'économiste Pasuk Phongpaichit,  pour les gouvernements militaires de Sarit Thanarat (1959-1963) (0,14% du PIB) et de Thanom Kittikachorn (1963-1973) (0,05% du PIB).

 

 

Mais on pourrait prolonger la liste tant la politique est un des moyens en Thaïlande pour s'enrichir (Cf. (5)).  Et même les temples : « Le clientélisme et les affaires de pots-de-vin sont notoires dans les temples, mais personne n'en parle par crainte d'être persécuté», explique le vénérable Jerm Suvaco. (6)

 

(Cf. Aussi le mandat d’arrêt  émis le 18 mai 2016 à l’encontre de Phra Dhammachayo (พระธัมมชโย)

 

 

abbé du Wat Phra Dhammakaya (วัดพระธรรมกาย) et président de la fondation éminente et célèbre du même nom, accusé d’avoir accepté des fonds détournés pour un montant de 1,2 milliard de bahts par le président de la banque Klongchan Credit Union Cooperative, Supachai Srisupa-askor.) (7)

 

 

Mlle Mérieau rappelle également la pratique de l'achat de vote (Déjà traité en A 284.  « En Thaïlande, les élections n'ont aucune valeur à cause de l'achat des voix. ») et rappelle que la corruption est un enjeu majeur de la scène politique, et cela malgré toutes les Commissions nationales anti-corruption mises en place. Elle donne les exemples de l'ancienne première ministre Yingluck Shinawatra et du scandale en 2018 des « montres de Prawit Wongsuwan », membre du gouvernement militaire. (N°2 du régime et ministre de la Défense) (8)

 

 

Elle termine en estimant que les dictatures militaires sont plus corrompues que les gouvernements civils, et curieusement, que la dictature militaire et la corruption ne sont  pas « inhérentes » à la culture thaïlandaise, après avoir suggéré l'inverse au début de son article.

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

(1) 48. La sakdina, le système féodal du Siam ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-48-la-sakdina-le-systeme-feodal-du-siam-110214155.html

 

Article écrit à partir de NGUYỄN THẾ ANH,  « La féodalité en Asie du Sud –Est » In Les féodalités, editors Jean-Pierre Poly, and Éric Bournazel (Paris: Presses Universitaires de France, 1998) et Olivier Ferrari et Narumon Hinshiranan Arunotai « Ancient Siamese Government and Administration. Londres, 1934, p. 49-50.

 

(2) A127. La situation des  vieux paysans de Thaïlande.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a127-la-situation-des-vieux-paysans-de-thailande-119880727.html

Il faut savoir qu' environ 60 % des travailleurs thaïlandais sont des travailleurs informels c’est-à dire non légalement déclarés (avec 93 % dans l’emploi agricole !); en sachant que « l’emploi informel en Thaïlande est historiquement associé à des rémunérations plus faibles, une  plus grande insécurité économique, l’exclusion des droits garantis par la législation du travail, ou leur faible application  dans les domaines de la sécurité au travail, de la santé et de la retraite ». (p. 328-330, Bruno Jetin). Un doux euphémisme !

 

 

(3) En France, le Code pénal distingue la corruption passive et active.  La corruption – entendue dans son sens strict – désigne le fait pour une personne investie d’une fonction déterminée (publique ou privée) de solliciter ou d’accepter un don ou un avantage quelconque en vue d’accomplir, ou de s’abstenir d’accomplir, un acte entrant dans le cadre de ses fonctions. On distingue la corruption active (fait de proposer le don ou l’avantage quelconque à la personne investie de la fonction déterminée) de la corruption passive (fait, pour la personne investie de la fonction déterminée, d’accepter le don ou l’avantage). Ces délits sont punis de 10 ans de prison et d’un million d’euros d’amende, dont le montant peut être porté au double du produit de l’infraction. Selon le mouvement Transparency International : « La corruption est « le détournement à des fins privés d’un pouvoir confié en délégation ». Pour le Petit Robert, la définition est encore plus simple : « La corruption est un moyen que l’on emploie pour faire agir quelqu’un contre son devoir, sa conscience ».

 

 

(4) A 225. L’aide américaine à la Thaïlande dans les années 1960-1970.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/04/225-l-aide-americaine-a-la-thailande-dans-les-annees-1960-1970.html

 

(5) A 50. Clés pour comprendre la politique en Thaïlande.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-50-cles-pour-comprendre-la-politique-en-thailande-90647687.html

 

Lecture de l'article de Jean Baffie, « Une « démocratie » entre populisme et défiance envers le peuple : La politique en Thaïlande depuis la Seconde Guerre mondiale »

 

Il nous révèle que le klum n’a rien à voir avec les « courants » existants dans nos partis politiques et représente « la véritable unité de base de la politique thaïlandaise ».

 

Le klum  a été créé par un leader (un général influent, le chef d’une riche famille, un potentat voire un parrain local …). Il a ses propres sources de financement, souvent un bulletin de liaison (ou un média pour les plus riches). Son objectif est d’obtenir un ou plusieurs postes ministériels (sources d’influence et d’enrichissement). Baffie donne des exemples.

 

(6) Directeur de recherche à l'université bouddhiste Maha Chulalongkorn et chef de file d'un groupe de bonzes réformistes. » In A41: La crise du bouddhisme en Thaïlande. http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-41-la-crise-du-bouddhisme-en-thailande-82673729.html

 

(7) A 217. LE TEMPLE DE DHAMMAKAYA, POUVOIRS RELIGIEUX, POLITIQUE ET DE L’ARGENT.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/06/a-217-le-temple-de-dhammakaya-pouvoirs-religieux-politique-et-de-l-argent.html

 

 

(8) « Le Petit Journal » nous apprend : « Une enquête sur la collection de montres de luxe du numéro deux de la junte thaïlandaise a été abandonnée jeudi (28/12/2018) suscitant la colère du public et des opposants au régime militaire.

 

L'agence anti-corruption thaïlandaise a estimé qu’il n'y avait "aucune raison" de mener une enquête sur la collection de montres de luxe de Prawit Wongsuwan qui avait fait scandale début 2018, enflammant les critiques dans une rare manifestation de dissidence à un moment où les Thaïlandais commençaient à se lasser de quatre ans de régime militaire. »

 

https://lepetitjournal.com/bangkok/les-rolex-du-general-ninteressent-pas-la-commission-anti-corruption-247085

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