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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 02:31

 

4.5 - ÉCONOMIE. (Suite et fin)

 

« LA THAÏLANDE S'EST SORTIE DE LA CRISE DE 1997 GRÂCE AU MODÈLE ÉCONOMIQUE DU ROI RAMA IX. ».

 

 

Nous connaissions le discours du roi Bhumibol Adulyaded, prononcé le 4 décembre 1997 à l'occasion de son anniversaire (Le 5), dont Mlle Mérieau donne un extrait,  qui prônait la mise en action d'une « économie de la modération » pour faire face à la grave crise économique et financière de 1997, mais nous n'aurions jamais pensé pouvoir écrire que ce modèle avait permis à la Thaïlande de sortir de la crise.

 

 

 

Ce modèle économique de la modération est bien connu et Mlle Mérieau s'appuyant sur un rapport du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) nous rappelle ses principes  et les valeurs qui y sont attachées, « Fondées, dit-elle,  sur le bouddhisme et son idéal de tempérance ».  Elle poursuit en évoquant le succès rencontré par la doctrine royale : en 1999, le Conseil économique et social (NESDB) l'adopte dans son plan quinquennal de développement ; Le 26 mai 2006, « Le Secrétaire général a remis au roi Bhumibol Adulyadej le prix décerné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin de saluer son action exceptionnelle dans le domaine du développement humain, de la réduction de la pauvreté et de la conservation de l'environnement en Thaïlande. C'est la première fois qu'une telle récompense a été décernée. » (Cf. (1) ;

 

En 2007, la philosophie royale est « constitutionnalisée » ; En 2017, elle est justiciable, par la Cour constitutionnelle ; Les projets royaux de développement rural devinrent des « fondations royales » à l'instar des de la Fondation pour les projets royaux fondés en 1969 et, précise-t-elle, « Il doit également être noté que les fondations royales et projets royaux sont protégés de facto par la loi de lèse-majesté et par conséquents non sujets critiques ».

 

 

 

Néanmoins, Mlle Mérieau  ne craint pas de  rappeler que l'origine  des projets royaux dans les années 1960-80 « avait été la lutte contre le communisme, exigée depuis Washington » ; et que le roi a beau appeler à la modération (vivre selon ses moyens, agir modérément, parler modérément) lors d'un autre discours le 4 décembre 1998, il n'en est pas moins « propriétaire d'une bonne partie des terrains de Bangkok » et a  le contrôle  du Bureau des propriétés de la Couronne, non-sujet à taxation, qui ferait de lui, dit-elle, citant le magazine Forbes « Le roi le plus riche du monde ». 

 

 

 

(Certes, le Bureau a incontestablement joué un rôle important dans l’économie thaïe, bien malin celui qui peut affirmer dans quelles mesure il a sorti ou contribué à sortir la Thaïlande de la crise de 1997. Cf. Notre article « Le roi de Thaïlande est-il bien l'homme le plus riche du monde ? » qui critique sévèrement le magazine Forbes et fait le point sur  le « Bureau des propriétés de la Couronne », sur ses actifs immobiliers qui vont bien au-delà des terrains de Bangkok, et sur ses revenus mobiliers ».  (2))

 

 

 

 

On peut remarquer que Mlle Mérieau dit fort peu sur la crise de 1997, si ce n'est que « Nombre de travailleurs urbains n'avaient eu d'autre recours, suite à la destruction du tissu économique urbain, que de rentrer au village pour y cultiver du riz. » Or cette crise fut asiatique, sinon mondiale et  les conséquences furent terribles pour la Thaïlande (Cf. La présentation de cette crise dans notre article 241. (3) ) De même, elle ne  dit rien sur l'impact économique des projets royaux, ni sur leur ampleur. (Plus de 3500 projets).

 

 

 

 

 

Mais une chose est sûre : la Thaïlande n'est jamais sortie de la crise de 1997 grâce au modèle économique du roi Rama IX, même si celui-ci a joué un rôle important dans les communautés rurales qui ont bénéficié  des projets royaux (Cf. (1)). Mais cela est un autre sujet. (4)

 

                                        -

 

 

Ainsi s'achève notre lecture critique du livre de Mlle Eugénie Mérieau consacrés à 20 « Idées reçues sur la Thaïlande ». Nous avons déjà dit maintes fois toute l'estime que nous portons à son expérience et son travail sur la Thaïlande, pour recommander à nos lecteurs la lecture de ce livre. Nous avons peut-être été injustes parfois ou nous l'avons mal comprise ; qu'elle puisse nous pardonner. Nous n'hésiterons pas à communiquer ses observations, si un jour nos modestes articles lui parviennent.

 

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

(1) Hommage au « roi du développement » Par  Håkan Björkmank

http://www.un.org/french/pubs/chronique/2006/numero2/0206p78.htm

 

« En mai 2006.  Le Secrétaire général a remis au roi Bhumibol Adulyadej le prix décerné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin de saluer son action exceptionnelle dans le domaine du développement humain, de la réduction de la pauvreté et de la conservation de l'environnement en Thaïlande. C'est la première fois qu'une telle récompense a été décernée.

 

« En tant que "roi du développement", Sa Majesté a tendu la main aux  populations les plus vulnérables de Thaïlande, sans se soucier de leur statut, de leur ethnicité ou de leur religion, a écouté leur problèmes et leur a donné les moyens de se prendre en charge »  Secrétaire général Kofi Annan.

 

 

En soi, le développement humain est un concept simple : il place les populations et leur bien-être au centre du développement et fournit une alternative au paradigme de la croissance économique plus traditionnel, plus étroit. Il concerne les gens, leur autonomisation et étend leur capacité à vivre une vie pleine, saine et créative. Le développement humain ne fait pas de compromis et embrasse la croissance économique équitable, la durabilité, les droits de l'homme, la sécurité et la liberté politique.

 

 

Pendant les 60 ans de son règne, le roi Bhumibol a encouragé le développement rural et contribué à améliorer la vie des pauvres par le biais de 3.000 projets de développement dans l'ensemble du pays. […]  Mettant l'accent sur l'agriculture à petite échelle, les technologies agricoles adéquates, l'utilisation durable des ressources en eau, la conservation de l'environnement, la prévention contre les inondations et la sécheresse, ses projets de développement ont bénéficié à des millions de personnes vivant dans les zones rurales, quels que soient leur statut, leur ethnicité ou leur religion.

 

 

Parmi ses réalisations figurent les projets d'intégration du développement rural dans le nord de la Thaïlande, qui ont contribué à réduire et à remplacer de manière significative la production d'opium par le développement des cultures de substitution. Cela a bénéficié aux groupes ethniques vivant dans les régions montagneuses situées le long de la frontière entre le Myanmar et la République démocratique populaire du Laos et amélioré leur accès aux soins de santé et à l'éducation. Le roi a également fourni un soutien actif à un vaste éventail de causes sociales importantes : la promotion de la santé et du bien-être des enfants; le soutien des campagnes d'éradication de la polio; la lutte contre les carences en iode et la lèpre; l'amélioration de l'accès à l'éducation formelle et informelle; et l'octroi de bourses aux orphelins. Et la liste ne s'arrête pas là. »

 

 

(2) La référence à une étude de ce magasine datée de 2015 (et dont les conclusions en ce qui nous intéresse ne semblent pas avoir été reprises par la suite ?) est à tout le moins inopportune. Notre propos  n’a jamais été de dire que le Roi ou les membres de sa proche famille étaient pauvres, ils ne le sont pas plus que la Reine d’Angleterre, le Roi du Maroc ou celui d’Espagne dont l’étendue de la fortune personnelle reste couverte d’une opacité certaine. L’une des journalistes à l’origine de cette étude – il faut tout de même le dire – est spécialisée dans l’élevage des perroquets.

 

 

Cette affirmation relevait d’une erreur, fruit de la malveillance ou de l’incompétence, entre le patrimoine royal personnel et celui du Bureau des propriétés de la couronne (Crown property bureau - สำนักงาน ทรัพย์สินส่วนระมหาษัตริย์  - Samnakngan Sapsinsuanphra Mahakasat). Cet organisme est propriétaire d’un patrimoine immobilier et mobilier considérable qui provient essentiellement de biens appréhendés (nous ne disons pas « expropriés » puisqu’ils le furent sans indemnisation) au Roi et aux multiples membres de la famille royale après le coup d’état de 1932. Cet organisme est géré par un Conseil d’administration sur lequel le Roi a la maîtrise (renforcée par le Roi Rama X), qui ne dispose que de ses revenus – qui sont effectivement énormes – et affectés à des opérations d’intérêt général.

 

 

 

Cf. Notre article :

A 266 - LE ROI DE THAÏLANDE EST-IL BIEN L’HOMME LE PLUS RICHE DU MONDE ?

http://www.alainbernardenthailande.com/2017/08/a-266-le-roi-de-thailande-est-il-l-homme-le-plus-riche-du-monde.html

 

Extraits.

 

Les actifs immobiliers du « Bureau des propriétés de la couronne »  (BPC) 

 

 

« Le Bureau est l'un des propriétaires fonciers les plus importants du pays. Il gère 37.000 contrats de location dont 17.000 à Bangkok, sur une superficie totale de 41.000 rai (6.560 hectares selon le rapport d’activité 2014) dans treize provinces (1.408 hectares à Bangkok et 4.800 en provinces quelques années auparavant). Les propriétés effectivement rentables ne représentent que 7% du total, 93% restants sont loués à zéro % ou à des taux minima, 33 % à des organismes officiels, 2 % à des organismes caritatifs à but non lucratif et 58 % à des « petits locataires ». Malgré ce il a bénéficié de revenus locatifs de 2,5 milliards de bahts en 2010 et 2,7 milliards de bahts en 2011 (rapports d’activité 2011 et 2012). Ses propriétés sont essentiellement situées dans les quartiers centraux de la capitale (1.343 hectares avec évidemment des variations en fonction des transactions) où les valeurs foncières sont élevées.

[...]

Les revenus mobiliers.

 

Il bénéficie aussi des dividendes de trois sociétés de premier plan, 21,47 % de la Siam Commercial Bank pour une valeur estimée de 1,1 milliards de dollars,

 

 

30,76 % de The Siam Cement Group (énorme conglomérat fondé par Rama VI) pour une valeur estimée de 1,9 milliards de dollars

 

 

et 98,54 % de The Deves Insurance, l’une des plus importantes compagnies d’assurances du pays pour une valeur estimée de 600 millions de dollars. Le total des dividendes perçus en 2010 a été de 200 millions de dollars (environ 6 milliards de bahts).

 

 

Ces revenus sont évidemment sinusoïdaux en fonction de la loi du marché. Lors de la crise de 1997, ils ont été nuls et le Bureau a dû se séparer de quelques actifs immobiliers pour ne pas se trouver en difficultés. Ce sont des sociétés commerciales qui publient leurs bilans, et ils sont donc disponibles sur Internet, et donc loin de l’opacité déclarée par certains. [...]

 

Soulignons enfin que les dépenses de la « liste civile » destinée à financer les interventions de tous les membres de la famille royale sont prélevées sur les recettes du Bureau et se seraient élevées pour l’année 2015 à la somme de 170 millions de dollars, avec donc  le mérite de ne pas être financée par le contribuable. C’est toutefois un domaine sur lequel plane une certaine discrétion puisque, si nous connaissons le détail de activités du Bureau, celui-ci ne dévoile sauf au Roi ni le détail de ses comptes ni ses bilans ni sa comptabilité. »

 

 

 

(3) Pour essayer de comprendre la crise de 1997, Cf. :

241. LE GOUVERNEMENT DU GÉNÉRAL CHAWALIT YONGCHAIYUT (25 NOVEMBRE 1996 – 09 NOVEMBRE 1997)  ET LA GRAVE CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE  DE 1997.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/08/241-le-gouvernement-du-general-chawalit-yongchaiyut-25-novembre-1996-9-novembre-1997-et-la-grave-crise-financiere-et-economique-de.html

 Extraits.

 

« Quand Chawalit prend le pouvoir, il peut constater à la fin 1996 que la Thaïlande connaît une perte économique de 9,4 % de son taux d’exportations. Mais Chawalit ne va pas  modifier les pratiques économiques de ses prédécesseurs, à savoir le clientélisme avec les milieux d’affaires (Cf. par exemple la proximité de Chawalit avec le groupe Charoen Pokphand), l’absence de mécanisme de surveillance des décisions prises par les institutions financières. Ainsi « Bangkok International Banking Facility » (BIBF) (une institution chargée de fournir du crédit à partir de fonds à l’étranger créé en 1993), la  Banque de Thaïlande et les banques commerciales, par exemple, purent allègrement continuer leurs opérations qui augmentèrent considérablement la dette du pays, notamment en dollars US, entraînant une série d’attaques sur le baht à la fin des années 1996 et au début de 1997, lorsque les investisseurs ont commencé à retirer leur confiance à l’économie thaïlandaise.

 

Face à la fuite des capitaux et aux ventes de baht, les autorités tentent de défendre leur monnaie (23 milliards de dollars épuisés par la Banque centrale thaïlandaise), mais rien n’y fait et le 2 juillet le gouvernement décide de laisser flotter sa monnaie, en raison du manque de devises étrangères pour soutenir un taux de change fixe au dollar américain. (Dont l’appréciation avait augmenté  de 40 % en 1995-96)

 

La crise explose et provoque un séisme.

 

Les spéculateurs se reportent alors sur les autres monnaies de la zone. [...] Seize compagnies financières sont déclarées insolvables alors que quarante-deux doivent être fermées (Sur un total de 91).

 

 

 

 

La dévaluation du bath va donc entraîner dans sa chute les monnaies indonésienne, malaise et philippine, et la crise va s’étendre à la Corée, à Taïwan, à Singapour et à Hong Kong. Entre le début juillet et la mi-octobre 1997, la dépréciation des taux de change de la zone atteignait 30% à 50%, celle des cours des actions entre 20% et 30%. La crise thaïlandaise devenait une crise asiatique.

 

 

Pourtant le gouvernement avait réagi en août en sollicitant une aide du FMI qui lui avait accordé une aide d’urgence de  16g $ pour mettre en œuvre un plan d’austérité et en faisant appel à l’aide étrangère comme celle du Japon par exemple. Il avait même levé «  les restrictions imposées aux investisseurs étrangers dans le secteur financier (dont les participations étaient jusque-là limitées à 25% du capital) en y autorisant jusqu’à 100 % de participation étrangère. » (p.408, in Marie-Sybille de Vienne, « Thaïlande contemporaine »). Mais en attendant les premiers effets, la Thaïlande était sous le choc et les conséquences étaient terribles.

 

 

 

 

La dévaluation va entraîner une baisse du crédit, des faillites, une récession. En 1998, la croissance du PIB est nulle. Le taux de chômage triple mais reste à un taux modéré de 3,4 %. Les prix augmentent en relation avec la dépréciation monétaire. Le gouvernement accaparé par la dette coupe dans les dépenses sociales. Ces mécanismes classiques touchent les nouvelles classes urbaines attirées à Bangkok par le boom économique.

 

Quant aux travailleurs non qualifiés venus des périphéries rurales, ils se retrouvent sans emploi. Le secteur de la construction perd 1/3 de ses emplois dans les deux années qui suivent la crise. L'industrie est moins touchée, bien qu'elle soit concurrencée par la Chine qui a dévalué sa monnaie en 1994. Le commerce au contraire se développe en absorbant une partie de la main d'œuvre dans des activités plus ou moins informelles. La crise touche inégalement les régions ; Bangkok est plus touchée que les régions touristiques du sud. Autre signe manifeste de la crise, le nombre de ménages endettés s'est accru et dépasse 60 % du total. Le prix du riz double dans les zones urbaines et augmente de 50 % en zone rurale.

(Source :

http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu05020/consequences-en-thailande-du-krach-financier-de-1997.html)

 

Des dizaines de milliers de travailleurs retournent dans leur village. (La Banque mondiale a évalué à 800.000 les pertes d’emploi au 1er janvier 1998.) ;  Plus de 600.000 travailleurs étrangers doivent retourner dans leurs pays.  »

 

 

 

243 - LE SECOND GOUVERNEMENT DE CHUAN  LIKPAI (9 NOVEMBRE 1997 – 17 FÉVRIER 2001) : LE TEMPS DES SCANDALES.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/09/243-le-second-gouvernement-de-chuan-likpai-9-novembre-1997-17-fevrier-2001-le-temps-des-scandales.html

 

 

(4) https://toutelathailande.fr/le-roi-du-developpement-durable-est-thailandais/

 

Pour avoir une idée des projets royaux. Cf. Office of Academic Resources Chulalongkorn University : http://tic.car.chula.ac.th/royal-projects?start=80

 

 

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