Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter . alainbernardenthailande@gmail.com

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 22:18

 

Le numéro 112 de Philao, troisième trimestre 2018, la revue de l’Association Internationale des Collectionneurs de timbres-poste du Laos (AICTPL) a publié un article de Sengdad Chantapanya  sous le double titre « Une ville et un roi – Un roi et une ville » concernant la construction de ce monument dans le parc du Denantou au bord du Lac Léman. Nous le reproduisons avec l’autorisation de Philippe Drillien et son épouse  Dominique Geay-Drillien, infatigables animateurs de l’association et de son auteur, architecte laotien vivant à Lausanne. Nous les remercions de leur accord ainsi que l’auteur pour sa relecture (1).

 

 

UNE VILLE ET UN ROI

 

Basée sur des personnages, des pays et des faits réels, cette histoire d'amitié entre une ville et un roi est si belle et si peu commune qu'elle est racontée ici comme un « conte populaire ». Le lecteur pourra découvrir quels sont ces pays et qui sont ces protagonistes.

 

L’ENFANCE  DES ROIS

 

 

Il était une fois une mère qui, après la mort de son prince, vint avec ces trois enfants s'installer au bord d'un grand lac dans un lointain pays montagneux. Le plus jeune avait six ans, son frère huit et sa sœur dix.

 

 

 

A l'abdication de leur oncle, l'aîné des deux frères devint roi. Le jeune monarque visita son pays trois ans plus tard et ne revint s’y installer qu'après la grande guerre. Il mourut tragiquement à l’âge de vingt ans avant d'avoir pu être couronné,

 

 

 

 

Suite à cette disparition, le prince cadet lui succéda et, pour lui permettre de poursuivre ses études, un proche de la famille fut nommé régent. Après son mariage et son couronnement, et au terme de presque dix-huit années passées dans cette lointaine et accueillante contrée, il rentra définitivement dans son royaume.

 

 

Le couple eut quatre enfants et vécut un long règne de plus de soixante-dix ans. Adulé par son peuple et considéré comme un demi-dieu tout au long de cette période, le monarque s’éteignit dans sa quatre-vingt neuvième année.

 

 

 

 

UNE VILLE ET UN ROI

 

Pour commémorer son 6e cycle de douze ans de vie et en souvenir de ses jeunes années passées dans cette terre d’accueil, le roi souhaita remercier la ville et sa population en leur offrant une Sala (2) de style Jaturamuk (3).

 

 

Mais dans cette contrée où la démocratie directe est érigée en dogme, rien n'est simple.  Quand on veut construire dans un site sensible, il faut s’attendre à quelques oppositions de la part des citoyens. Et là, on frôla l’incident diplomatique.

 

Magnanimement, pour désamorcer une situation conflictuelle, le roi retira son offre. Estimant qu’un cadeau royal ne se refuse pas, le Syndic (maire) de la ville se mit patiemment à reconstruire le dossier.

 

 

Plusieurs années passèrent. L'œuvre finalement réalisée dans la lisière du bois de la partie nord du parc fut présentée comme un don du gouvernement royal pour commémorer le 60e anniversaire de l'accession au trône du monarque et le 75e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays.

 

 

Pour son inauguration, une des princesses vint couper le ruban garni de fleurs de jasmin avec le Syndic qui à cette occasion remplaça sa légendaire cravate « chat » ...

 

 

 

 

par une cravate jaune (4).

 

 

 

 

Tout est bien qui finit bien. La construction maintenant adoptée par les habitants de la ville fait partie intégrante du paysage du parc qui descend en pente douce vers le lac.

 

 

Laïc et accueillant, le pavillon offre aux promeneurs un espace de détente et de repos protégé de la pluie et du soleil.

 

 

 

Identiques, les quatre façades sont composées de colonnes et d'une toiture à pans multiples recouverte de tuiles en céramique, ornée d'animaux mythiques et surmontée en son milieu d’un pinacle symbolisant le mont Meru.

 

 

Basé sur un plan en croix de six mètres de côté le pavillon mesure au bout de sa flèche, seize mètres de haut et pèse vingt-sept tonnes.

 

 

Sa construction traditionnelle en bois durs repose sur la technique à queue fourchue de l'assemblage de boiserie, sur la sculpture sur bois et sur la décoration de verres incrustés, de laques et de feuilles d'or.

 

 

 

Construit, démonté, numéroté, transporté et assemblé dans un parc situé entre collines et lac par une équipe de treize artisans venus spécialement de leur pays, ce bijou éclairé la nuit et surveillé en permanence par des webcams, est une véritable démonstration de l’excellence de l’architecture et de l’art traditionnels de ce royaume.

Passés la surprise et le choc entre deux cultures si différentes (la retenue protestante et la précieuse exubérance), dans la quiétude et la beauté de ce lieu, le promeneur peut découvrir la force symbolique d'un témoignage d’amitié entre une ville et un roi.

 

 

SPATIALITÉ ET DIALOGUE

 

 

On regretterait presque que cette Sala royale soit si pudiquement placée dans la lisière du bois.

 

 

A l’image de « La Vendangeuse » de Casimir Reymond et compte tenu de sa typologie à quatre faces et quatre accès identiques, ce pavillon aurait pu trouver sa place plus au sud entre deux grands arbres (l'un feuillu et l'autre résineux) et se connecter au cheminement existant pour amorcer un dialogue rapproché entre dépouillement et préciosité.

 

 

 

UN ROI ET UNE VILLE

 

Voici quelques repères historiques ayant servi de trame de fond pour raconter « Une ville et un roi » :

 

 

En 1929 meurt à 37 ans le prince Mahidol Adulyadej, prince de Songkla, fils de Chulalongkorn (Rama V).

 

 

En 1932, après un coup d'état militaire, le royaume de Siam transite de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle.

 

En 1933, Srinagarindra, la veuve du prince de Songkla, s'exile avec ses trois enfants à Lausanne en Suisse.

 

 

 

Galyani Vadhana l'aînée avait dix ans, Ananda Mahidol en avait 8 et Bhumibol Adulyadej 6.

 

 

 

 

Suite à l'abdication de son oncle Rama VII,

 

 

 

... Ananda Mahidol est nommé roi le 2 mars 1935 et porte le nom dynastique de Rama VIII. Il ne retourne s'installer dans son pays qu'en décembre 1945. Il meurt tragiquement le 9 juin 1946 avant d'avoir pu être couronné.

 

 

 

Bhumibol Adulyadej succède à son frère sous le nom dynastique de Rama IX. Il reste en Suisse pour poursuivre ses études à l'université de Lausanne. En attendant son retour au pays, un demi-frère de son père est nommé régent. Couronné en 1950, adulé et considéré comme un demi-dieu par son peuple, il est resté sur le trône de 1946 à 2016.

 

 

 

En 1999, année coïncidant avec son 6e cycle de douze ans de vie, en souvenir de ses jeunes années passées à Lausanne et pour remercier cette ville et sa population, il leur offre un pavillon de style Jaturamuk. Mais pour désamorcer une situation conflictuelle générée par l'opposition de certains riverains du parc de Denantou où le pavillon devait être construit, l'offre sera retirée.

 

Le 17 mars 2009, la princesse Sirindhorn, une de ses filles,

 

 

 

 

inaugure avec Daniel Brélaz, syndic de Lausanne, le nouveau pavillon qui est présenté comme un don du gouvernement royal pour commémorer le 60e anniversaire de l'accession du roi au trône et le 75e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays.

 

 

 

 

Remarque : le lecteur aura certainement noté la ressemblance entre le pavillon de Lausanne et la bibliothèque du Vat Sisaket de Vientiane. Le Ho Tai (pavillon pour les manuscrits) s’inspire du style Jaturamuk thaï. A l’exception de l’escalier d’entrée, son plan carré possède quatre faces quasi identiques avec des colonnes supportant quatre pans de toiture surmontés en son milieu d’un pinacle composé de toitures étagées et d’une pointe en forme de stupa.

 

Son sanctuaire à nef unique placé au centre d’une galerie formant enceinte s’inspire également de l’architecture thaïe.

 

On raconte que c’est pour cette raison que, contrairement aux autres pagodes de la capitale du Lane Xang, cet ensemble avec ses Thats et son Kouti (logement des bonzes), a été préservé des saccages et des incendies lors du sac de la ville en 1827 par les armées siamoises.

 

 

 

NOTES

 

(1) Contacts Dominique Geay-Drillien - Présidente par intérim - dominiquegeay@wanadoo.fr  ET Philippe Drillien Chargé des relations publiques philippedrillien@yahoo.com

 

 

(2) Une sala est une construction constituée d'un toit soutenu par des poteaux qui sert de lieu de repos pour les voyageurs et/ou pour diverses activités extérieures.

 

 

 

 

(3) Selon Thailex Travel Encyclopedia « Jaturamuk (จตุรมุข) : Thai-Pali. « Four porticos » (les Quatre piliers) : « An architectural style in which a building has four gable ends or four entrances, sometimes with each one pointed to a direction of the compass, like the wihaan of  Nan. Also tetrahedron ».

 

 

Dans une parure plus simple et dépouillée, le Ho Tai (pavillon abritant les manuscrits) de Vat Sisaket à Vientiane s'inspire du style Jaturamuk. Son plan carré possède, à l'exception de l'escalier d'entrée, quatre faces identiques avec des colonnes supportant quatre pans de toiture surmontés en son milieu, d'un pinacle composé de toitures étagées se terminant par une pointe en forme de stupa.  Ce pavillon a servi plusieurs fois comme sujet philatélique lao.

 

 

(4) Daniel Brelaz, syndic « vert » de Lausanne de 2002 à 2016 porte très régulièrement une cravate avec, comme motif, une tête de chat. Le jaune était la couleur de feu le roi Rama IX.

 

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires