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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 22:17

 

Après la mort du roi Ekathotsarot en 1610, les « Chroniques royales d 'Ayutthaya » vont évoquer le règne de  7 rois de 1610 à l'avènement du roi Naraï en 1656 en seulement 23 pages. Il est vrai que cinq d'entre eux seront exécutés (Si Saowaphak, Chettathirat II,  Phra Athittayawong, Chai, Si Suththamracha))  et ne régneront  que peu de temps comme le roi enfant Phra Athittayawong qui ne régna - dit-on - que 36 jours en 1628. (Cf. Chronologie (1))

 

Le roi Si Saowaphak, 1610 – 1611 (?) (Ou Phrabat Somdet Phra Sanphet IV  (พระบาทสมเด็จพระสรรเพชญที่ ๔) ou Somdet Phra Si Saowaphak สมเด็จพระศรีเสาวภาคย์) .(C’est le sous-titre de Wyatt qui comporte un point d’interrogation pour la date.)

 

 

Son règne dans les Chroniques royales sera évoqué en une page ; le temps de décrire  en un paragraphe la cérémonie d'incinération de son père devant tous les thao phraya, ministres, notables, patriarches, chefs de villages, et deux autres paragraphes racontant brièvement que le moine Phimontham fomenta un complot avec un dénommé Sararak avec ses fidèles  depuis un temple. Après avoir réuni les troupes nécessaires, le jour propice, ils s'emparèrent du palais royal et tuèrent le roi à coups de bâton de santal et l’incinérèrent dans un monastère. Il avait régné un an et deux mois.

 

Curieusement  B.J. Terwiel, dans une note  (p. 31)  nous apprend que de nombreux historiens remettent en cause l'existence même de Saowaphak, et que Phimontham devenu le roi Song Tham serait un fils du roi Ekathotsarot. Une façon de le légitimer ? (In « Thailand's Political History, From the  13th century 1y to recent times »)

 

 

 

Le roi Song Tham  (Ou Intharacha III (1610 ou 1611-1628).

 

Song Tham a régné 18 ans et pourtant les Chroniques ne lui consacreront que 2 pages et demie, n'abordant que « La rébellion des Japonais » et « La découverte de l'Empreinte de Bouddha », après avoir dit que le Saint Suprême Phimon Tham s'était rendu à la capitale, avait pris le nom de Song Tham, qu'il avait nommé Sararak vice-roi, mais que celui-ci une semaine plus tard, était tombé malade pendant trois jours et était monté au ciel. Le roi lui fit des funérailles selon la coutume.

 

 

 La révolte des Japonais selon les Chroniques royales. (Nous vous en donnons  une idée et non une traduction)

 

A cette époque, de nombreux navires japonais étaient venus commercer. Les Japonais étaient furieux, (de devoir payer l’impôt ?) affirmant que les ministres étaient injustes, et conspirèrent  avec le prince Phimon  (Ou Tham) (qui était-il ?) pour tuer le roi. Environ cinq cents japonais se rassemblèrent devant le palais et attendirent le roi, qui était allé écouter  une homélie des moines sur les livres saints.   Huit saints moines du monastère de l'arbre de Pradu (Le monastère de l’arbre de Pradu existe toujours près de Ayutthaya) et du hall de la loi  ( ?) sont intervenus en escortant Son Altesse face aux Japonais.

 

Les Japonais commencèrent à hurler ; les moines leur reprochèrent de rester assis, un tumulte s'ensuivit.

 

Pendant ce temps, le prince Maha Ammat  avait  réussi à rassembler des troupes qui  attaquèrent et tuèrent un grand nombre de Japonais. Les Japonais furent mis en déroute, chassés du palais royal, embarquèrent sur leurs jonques et prirent la fuite .

 

Depuis lors, aucune jonque japonaise des municipalités japonaises ne revint faire du négoce avec la capitalePhra Maha Ammat invita alors sa majesté à entrer dans son palais royalLe matin le roi tint une audience en compagnie de tous ses ministres dans le grand hall du palais royal et dit dans sa grande bonté : Nous avons une immense gratitude envers Phra Maha Ammat et nous le nommons Chaophraya Kalahom Suriyawong. Le roi prit ensuite un édit ordonnant que les moines du monastère de l’arbre de Pradu soient nourris jusqu’à la fin des temps. (In Notre Histoire, article 71)

 

Nous n'en saurons pas plus sur la présence des Japonais.

 

 

Nous avions noté  dans notre article « RH 38. Le règne de Naresuan (1590 – 1605) . 2 » que lors de la guerre de 1591-1592 contre les Birmans, les Chroniques faisaient mention  - pour la 1ère fois-  de la présence de 500 volontaires japonais  et de 500 volontaires Chams, auprès des Siamois. De même, nous avions signalé la présence de mercenaires portugais parmi les troupes birmanes en 1549 et en 1563.

 

Nous avions alors  regretté de n'avoir rien trouvé sur  les premières installations de Japonais  à Ayutthaya, bien qu'environ 56 navires japonais (Shuinsen)  avaient été enregistrés vers le Siam entre 1604 et 1635 et que  le commerce entre le Siam et le Japon était plus important que le commerce total du Siam avec toutes autres nations. (In wikipédia). Nous vous avions raconté cette histoire incroyable de Yamada Nagasama qui   réussit à devenir le général en chef de l'armée siamoise, fut récompensé par le roi Song Tham qui lui donna l'une de ses filles en mariage et le nomma en 1628 « djao » (vice-roi) du turbulent royaume tributaire de Nakhon Sri thammarat, appelé « Ligor » par les Européens et dont la gloire se répandit des Indes jusqu’au Japon. (Cf. Notre article (2))

 

 

Les annales nous apprennent ensuite qu’en 965 (1603 ?) le roi se fit construire un nouveau palais et reçut une lettre de la municipalité de Tenasserim, l'informant  qu'une  armée birmane et mône  l'entourait et demandait son aide.

 

Le roi envoya une armée commandée par le Praya Phichai Songkram. Quand celle-ci atteignit la municipalité de Singkhon, l'ennemi se retira.

 

 

La découverte de la sainte empreinte du pied de Bouddha.

 

La découverte de la sainte empreinte dans la forêt est le fait d’un chasseur. Les Chroniques vont raconter la joie du roi et comment il accéda sur le lieu  avec toute sa cour et son armée à Saraburi, non sans difficulté puisque il n'y avait pas de route. Il y fit construire une protection pour la sainte relique, de nombreux bâtiments pour les moines,  un hall de prières, une grande route pour aller de la rivière  à la sainte empreinte à travers la jungle, et  ensuite une résidence royale. Il y eut des célébrations et des festivités. On apprend que dans la même année, le stupa du Monastère s'effondra et qu'il fut reconstruit. Le roi fit éditer une royale édition des livres sacrés

 

(Pour en savoir plus sur les 108 signes propitiatoires et de bon augure gravés sur les empreintes sacrées du pied de Bouddha. Cf. Notre article 228 (3))

 

 

Le jeudi, du 6e jour de la lune croissante du second mois le roi tomba malade et un mois et 16 jours plus tard, il monta au ciel.

 

Il laissait trois fils, l'aîné le prince Chetthathirat, le second,  le prince Phra  Phan Pi Si Sin et le troisième le  prince Athittayawong.

 

 

Mais le livre du Prince Damrong  « Our wars with the Burmese »  propose une chronologie  complètement différente, (ce qui ne veut pas dire plus exacte comme nous le verrons),  et surtout d'autres versions de cette période, en utilisant des sources birmanes, hollandaises, portugaises, japonaises, et anglaises (Sans nommer les sources le plus souvent) qui vont lui permettre de remettre en cause certains  événements tels que rapportés par les « Chroniques royales d'Ayutthaya ». (Cf. Nos deux articles 106 et 107 (4))

 

 

En ouvrant le livre, nous étions curieux d'apprendre que pour la période considérée 1610-1628, le Prince Damrong présentait en 39 pages, trois attaques menées par les Birmans contre Muang Tavoy en 1613, Muang Chiang Mai en 1614, et de nouveau en 1622 contre Muang Tavoy.

 

Mais quelle ne fut pas notre surprise !

 

Dès la 1ère ligne de « Quand les Birmans attaquent Muang Tavoy en 1613 », le Prince Damrong annonce que le roi  Ekathotsarot était monté sur le trône en 1595 pour apprendre plus loin qu'il est décédé l'année du singe en 1620, alors que nous avions vu précédemment que  les « Chroniques royales d'Ayutthaya » situait son règne de 1605 à 1610. Pourtant dans l'introduction effectuée par Chris Baker, on peut lire une chronologie qui va du roi Chairacha (1534-1547) au roi Ekathat (1758-1767), et la chute d'Ayutthaya, qui reprend celle des chroniques royales, à savoir 1610-1628, comme les auteurs européens d'ailleurs.

 

Bref, au-delà des dates quelque peu erronées, il confirme qu'une ambassade siamoise fut envoyée en Hollande (Elle arriva le 8 septembre 1608) et qu'elle revint en 1611 avec des armes et une nouvelle alliance qui allait créée un conflit avec les Portugais qui se sentaient menacés. Le Prince Damrong qui n'a pas la cohérence chronologique  comme première qualité reviendra alors en arrière pour évoquer la guerre que le roi Naresuan avait mené contre Hongsawadi la seconde fois (Guerre 14), qui avait eu aussi comme conséquence la prise de Siriam par le roi d'Arakan avec la permission du vice-roi de Toungo, situé sur le golf en face de Martaban du côté siamois. (Cf. Ce que dit le Prince Damrong en note 5)

 

 

Le Prince Damrong nous confie que ce fut un événement si important que les archives hollandaises le relatent en ajoutant que les Birmans prirent Martaban la même année et qu'il y eut une rébellion des Japonais, qui prirent Phetchaburi et Muang Thonburi. De cela, les chroniques d'Ayutthaya ne disent mot. Poursuivant avec le roi Ekhatotsarot, Damrong nous dit qu'il fut furieux, craignant une révolte générale et qu'il demanda l'aide des Laos de Lan Chang qui devaient camper à Lopburi. Il les rejoindrait  lui-même avec une grande armée.

 

 

Dans le même temps il  envoya le 24 mars 1612 une lettre au roi de Hollande pour obtenir des hommes avec des armes à feu puissantes. Mais alors que le roi Ekhatotsarot ordonnait aux forces de Lang Chang d'attaquer le 5 avril au matin, ceux-ci s'étaient déjà retirées pendant la nuit du 4. (Pourquoi?) Il est dit que le roi retourna en sa capitale qu'il atteignit le 12 avril. (Damrong avance l'hypothèse qu'il dut sans doute revenir pour mâter une révolte en préparation.)

 

L'année suivante en 1613, va se jouer un autre épisode des relations entre Ava et Ayutthaya pour le contrôle du Sud. On apprend que Phraya Thala avant de devenir vassal d'Ava avait nommé son fils Phraya Phra Ram, gouverneur de  Muang Ré, qui était situé entre Martaban et Tavoy. Le roi d'Ava eut l'idée de convoquer Phraya Phra Ram à Hongsawadi, pour le retenir en otage et de nommer à sa place son jeune frère Takheng Meng. Mais Ekhatotsarot réagit rapidement et ordonna au gouverneur de Tavoy d'attaquer Muang Re. Takheng Meng fut arrêté et envoyé à Ayutthaya.

 

Le roi d'Ava furieux, forma une armée de 40 000 soldats pour attaquer Tavoy. Malheureusement le gouverneur de Tavoy fut tué sur le champ de bataille et Tavoy tomba.

Le roi d'Ava constatant qu'Ayuthaya ne réagissait pas, ordonna en mars d'attaquer Tenasserim, mais deux forces siamoises sous le commandement de Phraya Sawankalok  et de Phraya Phichat l'interceptèrent. Le roi d'Ava craignit l'encerclement, voulut battre en retraite, mais les deux commandants siamois l'en empêchèrent. Il y eut donc une bataille.

 

 

Les Siamois furent victorieux, mais  le roi d'Ava avec ses troupes purent forcer le passage et rejoindre Martaban. 

 

Mais ce n'était pas la fin des combats entre le roi d'Ava et d'Ayutthaya, et en 1614, selon Damrong, les Birmans attaqueront  Chiang Mai.

 

Après avoir échoué dans ses attaques contre Tavoy et Tenasserim et put battre en retraite à Martaban, le roi d'Ava apprit que des troubles avaient éclaté à Chiang Mai, qui à cette époque était sous le contrôle du Siam. Il vit là une opportunité de prendre sa revanche.

 

 

Le roi d'Ava  arrivé à Lamphun  apprit que le vice-roi de Chiang Mai Thado Kyaw avait quitté sa cité avec son peuple pour s'installer à Nakhon Lampang. Mais le roi d'Ava malgré de multiples attaques ne parvint pas à prendre la ville  et dut réunir son Conseil car les vivres manquaient désormais, pour savoir s'il fallait se retirer ou attaquer de nouveau. Les avis divergeaient, mais le Phraya Nan apporta des vivres, qui permirent d'attaquer de nouveau. Mais malheureusement, le vice-roi de Chiang Mai tomba malade et mourut. Les nobles se virent contraints de se soumettre. Le roi d'Ava nomma alors Phraya Nan (Gouverneur), pour service rendu, comme le nouveau chef de Chiang Mai et se retira à Hongsawadi.

 

 

Mais peu après, l'armée du Siam arriva et les habitants de Chiang Mai se soumirent et demandèrent qu'elle chasse tous les Birmans.

 

Mais Damrong nous apprend que cet épisode n'est pas relaté dans les annales siamoises, mais rapporté dans les archives hollandaises et anglaises, par des commerçants de ces pays, installés dans la capitale Ayutthaya et qui n'ont pas pu commercer pendant deux ans avec Chiang Mai jusqu'en 1618 alors en lutte contre Ava.

 

Damrong revient ensuite sur ce qui s'est passé en 1616  concernant le conflit entre les Birmans contre Tavoy et Martaban,  en utilisant les archives portugaises.

 

Elles relatent une ambassade siamoise envoyée auprès du vice-roi portugais à Goa, lui demandant l'appui d'une force navale pour protéger Tavoy et Tenaressim en lui accordant la possibilité de construire des forts à Martaban, juste situé en face de Siriam, que les Birmans avaient pris et  chassé les Portugais.

 

 

Le vice-roi de Goa avait envoyé le prêtre Francisco à la capitale d'Ayutthaya pour négocier un agrément qui comprenait trois clauses. Mais si les Siamois étaient d'accord sur les deux premières clauses qui prévoyaient l'appui des Portugais contre Ava et la liberté du commerce sans taxes douanières, ils refusèrent la troisième qui  les obligeait à chasser les Hollandais du Siam. Le roi d'Ayutthaya tenait à commercer avec tous les Européens et il était satisfait du comportement des Anglais et des Hollandais. La négociation échoua donc.

Apprenant cela, après son retour à Hongsawadi, le roi d'Ava en fut effrayé et envoya une ambassade également à Goa. Il expliqua au vice-roi que de Brito avait commencé les hostilités ; qu'il était prêt à laisser toutes les familles portugaises a quitté Siriam et à lui céder Muang Arakan. Le vice-roi de Goa envoya Martin de Costa pour trouver un accord avec le roi d'Ava, mais celui-ci échoua. Le vice-roi de Goa envoya une lettre au roi du Portugal, dans laquelle il expliquait qu'Arakan n'appartenait pas aux Birmans, que c'était un pays indépendant composé de multiples peuples.

 

 

 

De même il expliquait que Martaban était un pays môn et n'appartenait pas aux Siamois, qui certes l'occupaient mais n'arrivaient pas à le gouverner. De plus, accepter de construire des forts à  Martaban les obligeaient à se mettre du côté siamois et à combattre les Birmans. Il valait mieux conserver la neutralité. Il tenta toutefois d'obtenir la libération des Portugais retenus en otage à Siriam, mais échoua. Entre-temps Ava et Ayutthaya étaient redevenus « amis ». (Il est à signaler que Damrong évoque toujours pour cette période le roi Ekathotsarot. Il évoque même sa mort (p. 203) en l'an 1620)

 

Mais cela ne dura que deux ans car en 1622, les Birmans attaquaient de nouveau Tavoy.

 

 

Mais auparavant Damrong qui aime les retours en arrière, commence la description de cette nouvelle guerre en rappelant la succession d'Ekathotsarot, avec la révolte du moine respecté et éclairé Phra Phimontham du Wat Rakhang aidé par son fils adoptif Sorarak, qui vont capturer et tué le roi Phra Si Saowaphak. (Plus jeune fils qu'Ekathotsarot).  Phra Phimontham deviendra alors le roi Somdet Phrachao Songtham.

 

Mais le Prince Damrong estime ensuite que l'épisode de la révolte des 500 Japonais à Ayutthaya, telle que rapporté dans les « Chroniques royales d'Ayutthaya » n'est pas vrai. (Cf. Plus haut)

 

 

Il ne croit pas que le moine Phra Phimontham ait pu devenir roi, même s'il est possible qu'il ait pu mener une révolte, surtout en considérant les archives européennes et japonaises. (Il ne donne pas ses sources).  Ainsi, après avoir signalé que le roi Chaofa Si Saowaphak n'était pas respecté par son gouvernement, il rappelle que les Japonais qui faisaient du commerce avec la capitale -qui étaient avant tout des pirates- en profitèrent pour voler le peuple. Et qu'en fait, quand ils attaquèrent le palais royal, ils capturèrent le roi et le relâchèrent contre la promesse signée de son sang, qu'il n'y aurait aucunes représailles contre eux. Puis ils prirent le patriarche en otage jusqu'à qu'ils atteignirent la mer.  Le roi Chaofa Si Saowaphak fut tué plus tard après un règne de moins d'un an.

 

 

 

Ensuite, il revient sur le nom des trois fils du roi Ekathotsarot de sa première concubine, à savoir le plus vieux, le moine Phra Intharacha , le second Phhra Sisin et le plus jeune Phra Ong Thong, pour annoncer que  le moine Phra Intharacha devint roi en 1620 sous le titre de Phrachao Songtham à l'âge de 29 ans.

 

Pour revenir sur une nouvelle attaque des Birmans contre Tenasserim, alors que Songtham était sur le trône depuis un an (1621?). L'armée siamoise arriva trop tard et Tenasserim fut pris. Mais de nouveau,  Damrong va contester cette version en signalant que l'histoire birmane n'en parle pas et que d'autres sources européennes prétendent que l'attaque de Tenasserim n'a pas eu lieu durant le règne du roi Songtham (qui régna 8 ans pour lui jusqu'à son décès en 1628 (?)).

 

 

Le Prince Damrong, en hors-sujet, évoque alors la succession du roi Song Tham et le rôle joué par son chef des pages royaux Chamun Si Sorarak, chef des pages royaux, devenu  Phraya Siworawong. (Cf. Article suivant) Mais il ne sera jamais question  d'une attaque des Birmans contre Tavoy qui aurait eu lieu en 1622, que le Prince Damrong était censé nous raconter.

 

 

De même, les « Chroniques royales d'Ayutthaya » ne diront rien sur les relations diplomatiques et commerciales entre le roi Song Tham (1610-1628) et les Européens, et même avec le Japon. La petite chronologie de « Thaïlande contemporaine »,  signale qu'outre la présence de gardes royaux japonais, quatre ambassades siamoises seront envoyées  au Shogun entre 1621 et 1629.

 

 

 

Michel Jacq-Hergoualc’h,  in « L’Europe et le Siam du XVIe au XVIIIe siècle, Apports culturels » (6), rappelle ces relations , l'installation d'un résident hollandais permanent  à Ayutthaya en 1608, avec des succursales à Pattani, Keda, Phuket, Ligor, Songkla ; des réponses positives aux demandes du roi ( Envoi de charpentiers de navire, de menuisiers en bâtiments, d'émailleurs et autres artisans, envoi de canons, etc) ; Dans une lettre de l'administrateur hollandais  d'Ayutthaya datée du 3 mai 1612 « à son collègue de Pattani, Henrick Jannssen, il est fait mention de la demande du roi de se servir de ces canons  contre le peuple de Luang Prabang qui s'était révolté contre lui. De même, il le fit en 1620, contre le roi du Cambodge, il fut aidé à cette occasion par le gouverneur général Jan Pieterszon Coen qui envoya deux vaisseaux de Batavia pour soutenir les Siamois ». (p. 32). (En se souvenant que les deux premiers navires hollandais, étaient arrivés à Pattani le 7 novembre 1601, qu'en  mai 1604, l’ambassadeur du roi Naresuan avait rencontré les Hollandais à Pattani, et que le 9 juin 1604, la 1ère ambassade hollandaise avait été envoyée à Ayutthaya.)

 

 

 

Il signale également l'arrivée du premier navire anglais le 23 juin 1612 à Pattani ; la première audience auprès du roi à Ayutthaya le 17 septembre, qui leur donna la liberté de commerce et une jolie maison. Certes l'arrivée des Hollandais et des Anglais au Siam provoqua de nombreux conflits avec les Portugais dont la 1ère ambassade datait de 1511, surtout que le roi Song Tham favorisa l'établissement des Hollandais. (Cf. Sur ces rivalités, notre article « Les Hollandais et les Anglais au Siam au XVIIème siècle ». (7)

 

 

Bref. Si les « Chroniques royales d'Ayutthaya » disent peu sur le règne du roi Song Tham,     nous avons pu montrer que son règne (1610-1628) fut riche en événements, que différentes versions pouvaient exister, non seulement  avec les sources asiatiques, mais aussi désormais avec les sources européennes.

 

En 1627 donc, le roi Song Tham devint très malade et était anxieux pour sa succession. En effet, son aîné Phra Chettha n'avait que 14 ans et  sa préférence allait pour son jeune frère qui  était rentré au monastère. Craignant le désaccord du gouvernement, il consulta Phraya Siworawong, le chef des pages royaux … Cf. L'article suivant RH 43 )

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

 

(1) In « Chroniques royales d 'Ayutthaya » de Richard D. Cushman, édité par  David K. Wyatt.

Chronologie de la mort du roi Ekathotsarot en 1610 à l'avènement du règne du roi Naraï en 1656.

Le roi Si Saowaphak  (Ou Sanphet IV) (1610-1611?) (Point d'interrogation mis par Wyatt) (1p.) (Déposé et exécuté, fils d'Ekathotsarot)

Le roi Song Tham  (Ou Intharacha III (1610 ou 1611-1628) (2 p. et 1/2), incluant « La rébellion des Japonais » et « La découverte de l'empreinte de Bouddha ».

 (fils d'Ekathotsarot (?))

Le roi Chettathirat II (Ou Otsa) (1628-1629) (3 p.)

(Fils de Song Tham, règne 1 an et 7 mois, exécuté)

Le roi Phra Athittayawong (1629) (¾ de p.)

(Roi enfant, 11ans (?), déposé et exécuté, a régné 36 jours, usurpation, jeune frère de  Chettathirat II  et fils de Songtham )

Le roi Prasat Thong (Ou Sanphet V) (1629-1656) (14 p.), incluant la visite de l'empreinte de Bouddha à Saraburi par le roi.

(Usurpateur. Crée la dynastie Prasat Thong (1529-1688) • Chef des armées avant sa prise du pouvoir. Une rumeur le disait fils de Ekhathotsarot. A régné 27 ans)     
 
Le roi Chai (Ou Chao Fa Chai ou Sanphet VI) (1656) (¼ p.)

(Usurpateur, exécuté, a régné 7 ou  9 mois selon les sources, fils de Prasat Thong)
Le roi Si Sutham Racha (Ou Sanphet VII) (8 août-26 octobre 1656) (4 p.) (Ou sept 56-)

(Usurpateur, déposé et exécuté, oncle de Chai et jeune frère de Prasat Thong.)   
 

Et l'avènement du roi Narai (1657-1688)

 

(2) 73. Yamada Nagamasa, Le Japonais Qui Devint Vice-Roi Au Siam Au XVIIème Siècle.2)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-73-yamada-nagamasa-le-japonais-qui-devint-roi-au-siam-au-xviieme-siecle-115599893.html

 Aymonier, in  « Le Cambodge » volume III page 767, vaut d’être cité :

« Il n’y a pas lieu de s’étonner outre mesure de la présence de ces nombreux Japonais dans le royaume de Siam. Anglais et Hollandais emploieront des soldats Japonais dans plusieurs de leurs expéditions du XVIIème aux Indes orientales. Et vers 1615, un fameux boucanier japonais, Yamada Nagamasa, se rendit à Siam, dit-on, à bord d’un navire étranger. Il commanda et dirigea l’armée de ce pays contre un état voisin, devint célèbre par ses victoires continuelles, fut nommé général en chef de l’armée siamoise puis régent et « vice-roi » ( ?). Il convia un grand nombre de ses compatriotes, des samouraïs sans emploi à venir au Siam où les soldats japonais étaient redoutés de tout le monde ».

Cf. Le film de 2010 « Yamada Nagamasa, le samouraï d’Ayutthaya », (version française,   « Yamada, la voie du samouraï ») réalisé par Nopporn Watin célébrant le 124ème anniversaire du traité d’amitié entre le Siam et le Japon.

 

(3) A 228. Qu’en est-il des 108 signes propitiatoires et de bon augure gravés sur les empreintes sacrées du pied de Bouddha ?

http://www.alainbernardenthailande.com/2017/06/a-228-qu-en-est-il-des-108-signes-propitiatoires-et-de-bonne-augure-graves-sur-les-empreintes-sacres-du-pied-de-bouddha.html

 

 

(4)  106. « Nos guerres contre les Birmans » (1539-1767), du Prince Damrong.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-106-nos-guerres-contre-les-birmans-1539-1767-du-prince-damrong-120857499.html

 D'après le Prince Damrong Rajanubhab, « Our wars with the Burmese », « Thai-Burmese Conflict 1539-1767 », White Lotus, 2001.

Pour la période étudiée : 3 guerres : When the Burmese attacked Muang Tavoy,The year of the  cow. B.E. 2156 (A.D. 1613). When the Burmese attacked Muang Chiang Mai. The year of the tiger, B.E. 2165 (A.D. 1614). When the Burmese attacked Muang Tavoy. The year of the dog, B.E. 2165 (A.D. 1622).

« Il  est l’un des  livres d’histoire les plus populaires et les plus étudiés de Thaïlande. Son succès est sans nul doute dû aussi au prestige du Prince, qui était le 57ème fils du roi Mongkut (1804-1868) et le demi-frère du roi Chulalongkorn, qui a régné de 1868 à 1910, sous lequel il fut ministre de l’éducation et de l’intérieur. Le livre du Prince Damrong, aussi intitulé Thaï Rop Phama, est publié pour la première fois en 1917, et est sans doute le 1er livre d’histoire de type occidental, qui affiche ouvertement son désir d’écrire l’histoire de la nation thaïe.

 

(5) Mais une prise qui avait été effectuée par le Portugais Philippe de Brito, avec une force de trois frégates et 3000 hommes puissamment armés. Les Mons effrayés n'avaient pas résisté. Philippe de Brito avait accueilli de nombreux Portugais, fait construire de nombreux forts, établi une douane, fait commerce et était devenu très riche. Il n'avait pas hésité à déclarer son indépendance. Il était devenu une menace pour le roi de Toungo, qui envoya son fils Natshin Naung pour l'attaquer. Le vice-roi d'Arakan en avant-garde avait attaqué. Devant le nombre, de Brito s'enfuit en jonque, le vice-roi d'Arakan réussit à l'encercler, mais il put résister avec ses armes à feu et coula le bateau  et  le vice-roi d'Arakan fut capturé. 

 

Natshin Naung l'apprenant envoya des messages à Toungo pour se renforcer par une flotte importante. De Brito n'était pas inquiet car il avait le vice-roi d'Arakan en otage. De  Brito proposa au roi d'Arakan de lui échanger son fils contre l'indépendance de Syram. Ce qui fut fait avec l'accord du roi de Toungo. Cela se passa deux ans avant la mort de Naresuan. Mais selon l'histoire birmane, selon Damrong,  il est dit que de Brito se révolta et décréta son indépendance et qu'il fit alliance avec les Siamois. Damrong estime que cela est possible car Phraya Thala qui était le gouverneur siamois de Martaban avait tout intérêt à la paix. Damrong rajoute que le roi Ekathotsarot, de Brito et Phraya Thala  devinrent des grands amis. Ce dernier donna même sa fille en mariage au fils de de Brito.

 

 

Ensuite on passe dans une autre période, où on peut s'apercevoir que les différents royaumes sont toujours en conflits pour préserver leur royaume ou l'étendre. Ainsi, Saen Wi devenu Phra Maha Thammaracha veut étendre ses territoires et prend Prome, y place l'un de ses frères (1597 (?)) ; Natshin Naung devenu roi de Toungo, craignant une attaque du roi d'Ava envoie une ambassade  au roi Ekathotsarot pour devenir son vassal. Ce qui n'empêchera pas le roi d'Ava d'attaquer. Le roi de Toungo demandera l'aide du  roi Ekathotsarot qui n'enverra pas de force mais demandera à Phraya Thala et de Britto de mobiliser les Môns pour se mettre aux côtés de Toungo. Mais ils tardèrent à le faire et le roi d'Ava eut le temps de prendre Toungo et de faire de nombreux captifs. Il ordonna en outre au roi  de Toungo de bloquer la route qui menait au territoire môn. Mais les forces de Phraya Thala et de Britto purent prendre Toungo, brûler la cité et capturer le roi. Mais ils furent ensuite rivaux pour prendre le contrôle du territoire môn. De Britto, imbu de sa force fit l'erreur de commettre le sacrilège de piller des statues de Bouddha et des objets sacrés, brûler des pagodes, qui le fit haïr des Môns et l'éloigna de  Phraya Thala. Le roi d'Ava profita de cette discorde pour attaquer Muang Siriam (1612 (?)). Ayutthaya ne bougea pas et les renforts portugais demandés par de Britto n'arrivèrent pas à temps. De Britto et le roi de Toungo furent arrêtés. Ils furent exécutés, leurs biens confisqués et plus de 400 Portugais furent prisonniers.

 

Le roi d'Ava avait vaincu ses ennemis et pensa alors reconstruire la capitale d'Hongsawadi qui avait été abandonné. Il proposa à Phraya Thala de devenir son sujet et lui donna le pouvoir de régner en son nom les provinces mônes avec le titre de Phraya Thammaracha.

 

(6) Michel Jacq-Hergoualc’h, « L’Europe et le Siam du XVIe au XVIIIe siècle, Apports culturels », l’Harmattan, 1993.

 

(7) 81. Les Hollandais et les Anglais au Siam au XVIIème siècle.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-81-les-hollandais-et-les-anglais-au-siam-au-xviie-siecle-117708175.html

 

 

 

 

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