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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 22:13

 

Encore une période mouvementée avec des successions sanglantes puisque les rois Chetta  et  Phra Athittayawong (Roi enfant) seront exécutés en 1629, par le futur Prasat Thong,  alors chef des armées, créant une nouvelle dynastie.

 

 

En 1628 le roi Song Tham décédait. Il laissait trois fils : l'aîné le prince Chetthathirat, le second,  le prince Phra  Phan Pi Si Sin et le troisième, le prince  Athittayawong. Là encore, les « Chroniques Royales d'Ayutthaya » nous apprendront que fort peu sur ces trois rois. De plus le Prince Damrong in « Our wars with the Burmese », nous livrera une version très différente.

 

 

La version  du Prince Damrong in « Our wars with the Burmese » a ceci d'original qu'elle s'appuie sur les écrits du Hollandais Van Vliet,  qui était le chef du comptoir à Ayutthaya.

 

 

En 1627 donc, le roi Songtham (Ou Song Tham) devint très malade et anxieux pour sa succession. En effet, son aîné Phra Chettha n'avait que 14 ans et  sa préférence allait pour son jeune frère qui  était rentré au monastère. Craignant le désaccord du gouvernement, il consulta Phraya Siworawong, le chef des pages royaux …

 

Il était connu sous le nom de « Phra Onglai », était né en 1600 et était le fils de Phraya Sithammathirat, le plus jeune frère de la reine mère de Songtham. Durant le règne de Ekathotsarot, il devint page royal et à ses 17 ans, il fut promu pour devenir Chamun Si Sorarak, chef des pages royaux. Il était très intelligent et courageux, mais très querelleur. On se souvient que lors d'une cérémonie royale, il se prit de querelle avec un phraya et chassa avec une épée tous ceux qui y assistaient. Le roi Ekathotsarot en fut furieux et ordonna son arrestation, mais celui-ci se réfugia dans un temple. Le roi prit alors alors son père en otage, et Chamun Si Sorarak se rendit et fut mis en prison. Après 5 mois, la veuve du roi Naresuan obtint sa grâce. Il fut promu sous le règne de Songtham et devint  Phra Siworawong.

 

 

 

Phraya Siworawong consulta donc le gouvernement qui était très divisé. Une partie était en faveur du fils aîné, mais une autre partie conduite par Chaophraya Maha Senabodi, qui était le ministre de la guerre et d'autres phraya et phra estimaient que Phra Sisin était trop jeune pour conduire les affaires du royaume. Mais il fut conclu qu'ils s'en remettaient au vouloir du roi. Mais celui-ci n'était pas rassuré et demanda à Siworawong de protéger son fils, qui engagea à son service Phraya Senaphimuk, un Japonais connu sous le nom de Yamada, qui avait sous ses ordres 600 Japonais. (Cf. Notre article sur Yamada (3))

 

 

A la mort du roi Songtham, Phraya Siworawong intronisa Phra Chettha devant le  gouvernement, qui procéda à la cérémonie d'allégeance. Mais ensuite  Phraya Phraya Siworawong ordonna l'arrestation et l'exécution de Chao Phraya Maha Sena et de ses fidèles qui avaient été opposés à l'avènement de Phra Chettha. Celui-ci nomma  Phraya Siworawong, comme nouveau ministre de la guerre avec le titre de Chaophraya Maha Sena.

 

Par la suite,  Chaophraya Kalahom (Chaophraya Maha Sena)  envoya le japonais Phraya Maha Senaphimuk (Yamada) pour convaincre Phra Sisin, qui était l'oncle du roi, de venir au palais avec ses fidèles et  les volontaires japonais à son service. Quand il vint, Chaophraya Kalahom le captura et voulut le faire exécuter, mais le roi Chetthathirat épargna sa vie et le plaça en détention à Phetchaburi. Luang Mongkhon, qui était de sa famille, réussit son évasion. Il réunit alors des forces en secret en vue d'une révolte.

 

Ensuite Damrong nous signale que Van Vliet rejoint l'histoire royale, pour nous dire que  le roi envoya une  force pour arrêter et faire exécuter Phra Sisin.
 

 

Puis après un an de règne, il présida la cérémonie de crémation de la mère de Chaophraya Kalahom, qui dura plusieurs jours, en présence de tous les membres du gouvernement et des notables  dont certains dormirent sur place. Puis, le roi vint dans la salle d'audience pour décider des mesures à prendre pour le commerce, mais il ne vit personne de haut rang. Il en fut furieux et décida que tous les absents seraient punis. Ceux-ci allèrent se plaindre auprès de Chaophraya Kalahom, qui vint dire au roi qu'il était le seul responsable de ce fait. Lors de l'audience suivante le roi constata que personne n'était venue. Il en fut effrayé et confia à ses servants qu'il était convaincu que  Chaophraya Kalahom s'était révolté. Il ordonna  alors à ses gardes de protéger le palais et convoqua Chaophraya Kalahom.  Ses partisans le prévinrent et celui-ci  déclara que tous avaient servis le roi avec honnêteté, mais que le roi les soupçonnait de préparer une révolte. Ils n'avaient donc pas le choix. En conséquence, ils attaquèrent le Palais avec leurs forces, capturèrent le roi et l'exécutèrent en juillet 1630. Il avait régné un an et sept mois. 

 

 

Chaophraya Kalahom installa alors son jeune frère Phra Athittayawong sur le trône, qui n'avait que 10 ans, et  prit en charge l'administration du royaume.

 

 

Van Vliet  rapportera également comment Chaophraya Kalahom qui n'avait pas confiance aux Japonais nomma  Phraya Senaphimuk, (Yamada) gouverneur de Nakhon Sithammarat ; ce qui vida les Japonais de la capitale. A sa mort, de nombreux Japonais quittèrent  Nakhon Sithammarat ; certains rentèrent au Japon, d'autres s'installèrent au Cambodge. Et il n'y eut plus de commerce entre les Japonais et la capitale d'Ayutthaya. Mais cela pour d'autres raisons, nous dit Damrong.

 

Le gouvernement japonais n'aimait pas que ses nationaux travaillent dans d'autres pays car ils pouvaient être convertis au christianisme et importer leur nouvelle religion. D'ailleurs les Japonais chrétiens furent chassés de leur pays.

 

(Chassés ? En 1614, le shogunat Tokugawa interdit le christianisme : les missionnaires sont expulsés, ainsi que les Espagnols en 1624, après une rébellion chrétienne réprimée en 1636-1637, ce sont les Portugais qui sont expulsés. Pire, entre 1641 et 1853 le pays est fermé : aucun étranger ne peut entrer, ni aucun japonais ne peut sortir sous peine de mort. In Wikipédia)

 

 

Aussi décida-t-il l'interdiction de construire de grands bateaux pour aller au large. C'est pour cette raison que le commerce cessa. (En contradiction avec Wikipédia qui annonce environ 56 navires japonais (Shuinsen)  enregistrés vers le Siam entre 1604 et 1635)

 

Puis ensuite, on apprend qu'après un mois de règne du jeune roi, le gouvernement aurait convaincu (sic)  Chaophraya Kalahom de se faire roi. Ce qui fut fait en 1630. Il prit le nom de  Somdet Phrachao Phrasat Thong. Il avait environ 30 ans.

 

 

Le Prince Damrong nous dit également que durant le règne du roi Somdet Phrachao Phrasat Thong, Tani (Pattani) se révolta, s'allia à Uyongtanak (En Malaisie); Ils capturèrent Songkhla et Phatthalung. Il fallut plusieurs années avant que ces cités ne redeviennent siamoises.(Remarquez la précision!)  Puis ll y eut une expédition contre le Kampuchéa (Quand ?) qui devint son vassal. Prasat Thong s'inspira du modèle de Nakhon Thom au Kampuchéa pour sa capitale d'Ayutthaya et aussi pour construire le palace pour protéger l'empreinte de Bouddha. Il régna 25 ans. Sérieusement malade, il nomma son plus jeune frère Chaofa Chai comme son successeur. (1656)

 

 

 

 

Version des « Chroniques royales d'Ayutthaya ». (4)

 

Phra Chettathirat (สมเด็จพระเชษฐาธิราช) ou encore Chetthakuman (พระเชษฐากุมาร) « Chettha l’infant ». (1628-1629)

 

Il est appelé sur le trône par l’ensemble des dignitaires civils ou religieux « pour recevoir l’onction royale et gouverner la sainte métropole conformément à la tradition ».

 

Sept jours ne s’étaient pas  écoulés que Phra Pan Pi Si Sin, le frère cadet, furieux que les notables ne l’aient pas choisi conduisit furtivement une troupe de ses fidèles à Phet(cha)buri et y forma une armée dans le but de s’emparer de la capitale.  Le « suprême et  saint seigneur du royaume » en fut avisé et envoya à son tour une armée  qui put cerner les rebelles et s’en emparer avant de les conduire sous bonne garde devant le roi.  

 

Le roi les fit exécuter (Probablement en compagnie de Phra Pan Pi Si Sin ) au monastère de la butte de Phraya. (Il s’agit probablement du monastère de Khok Saeng วัดโคกแสง toujours existant). Quant aux habitants de Phte(cha)buri qui s’étaient joints aux rebelles, ces « misérables » furent condamnés à devenir « coupeurs d’herbes pour les éléphants ».

Quatre mois plus tard (un mois selon une partie des annales) la mère de Chaophraya Kalahom  organisa une crémation (de qui ?) au monastère du pic ( ?). Civils et militaires de haut rang, « personnes importantes et personnes sans importance », tous étaient présents en grand nombre.

 

En attendant, les officiers royaux se prosternèrent et incitèrent le roi à l'action en lui disant que « Chaophraya Kalahom Suriyawong était occupé à une affaire fort importante mais s'il n’est pas là, c’est probablement qu’il a de mauvaises intentions à l’égard de votre Altesse ».

Le roi, effrayé mais ne pouvant enquêter sur la question, ordonna à ses troupes de rester à leur poste, il prépara d’autres forces et envoya un seigneur, Khun Maha Montri, convoquer Chaophraya Kalahom Suriyawong. Mais dès qu'il le sut, Camun Sanphet Phakdi ( ?) prévint l’intéressé en lui envoyant secrètement  une lettre l'avisant d’avoir à prendre ses précautions s’il répondait à la convocation qu’il allait recevoir.

 

Sachant donc qu’il allait recevoir l’ordre royal, Chaophraya Kalahom Suriyawong, interrogea ses féaux. S'apercevant qu’ils resteraient probablement et prudemment neutres,  il disposa ses hommes d’armes pour procéder à l’arrestation de l’envoyé et de ses serviteurs. Tous les féaux en pâlirent d’effroi. Il leur dit encore :« le Roi m’accuse d’avoir réuni une assemblée pour comploter, mais je vois que je ne peux pas compter sur votre bonne foi ». Après une longue discussion exégétique concernant un épisode symbolique du Ramakien, les nobles lui dirent : « Si votre grâce vénérée meurt, nous l’accompagnerons dans la mort, si vous y échappez, nous y échapperons aussi ».

 

Cette réponse fit sourire Chaophraya Kalahom Suriyawong, qui leur dit « Le roi m’accuse de rébellion, qu’avez-vous à dire ? ». « SI votre révérence saute le pas, nous lui rembourserons ses bienfaits en mourant les premiers pour elle ». 

 

Après s’être ainsi assuré de ses cœurs pusillanimes, Chaophraya Kalahom Suriyawong marcha avec ses troupes, s’empara du palais, mais le roi  avait pris la fuite. Il fut rattrapé et exécuté selon la tradition royale, (i.e. à coups de bâton de santal) après être resté sur le trône un an et sept mois.

 

 

Le roi Phra Athittawong (1629).

 

Les Chroniques ne lui consacrent que ¾ de page. Il est vrai que Phra Athittawong  สมเด็จพระอาทิตยวงศ์ est le plus jeune frère du monarque assassiné « selon la tradition » et est un enfant  de 9 (ou 11 ans)  qui n'aurait régné que  6 mois (ou 36 jours selon une autre source).

 

 

Sans doute du fait de son jeune âge, l’ensemble des dignitaires civils ou religieux proposèrent la couronne à Chaophraya Kalahom Suriyawong (alors tout puissant), mais celui-ci refusa en disant : « Nous n’avons pas agi pour nous emparer du pouvoir mais pour protéger notre personne qui était en danger. Phra Athittawong  est le fils du grand roi, vous devez l’élever au trône mais après que je l’ai décidé ».

 

Le petit roi avait alors 9 ans, ignorait évidemment tout des affaires royales et ne pensait qu’à jouer. Au bout de six mois, les notables se consultèrent, les affaires du royaume se détériorant, et se  convinrent de la nécessité de chasser le petit roi du trône et de le remplacer par Chaophraya Kalahom Suriyawong considérant qu’il tenait déjà les rênes du pouvoir. Les notables, toujours selon la même procédure, lui offrirent le trône et l’on prépara les cérémonies du couronnement.

 

Le petit roi fut -royalement- exécuté au temple de Kok Phraya (วัดโคกพระยา) mystérieusement « spécialisé » en quelque sorte dans les exécutions royales.

 

Ainsi finissait tristement la dynastie des rois de Sukhotai. (1569–1629)

 

 

Le roi Prasat Thong (Ou Sanphet V) (1629-1656)

 

ll est le fondateur de la dynastie qui porte son nom et qui durera  jusqu’au règne de Naraï le grand, son fils, quatrième monarque de la dynastie. (1629-1688)

 

 

 

Les « Chroniques royales d'Ayutthaya » lui consacreront 14 pages, réservées essentiellement à de longues descriptions de cérémonies religieuses, de festivités (cérémonies du couronnement ou hommages rendus par les vassaux), constructions ou inaugurations de temples, de palais ou statues du Seigneur Bouddha, et, naturellement, plusieurs visites en grande pompe à la sainte empreinte de Saraburi.

 

Nous vous en donnons (supra) un aperçu en vous épargnant les longs titres de noblesse du roi qui apparaissent toutes les 5 lignes, alourdissant le style déjà exagérément pompeux.

 

Ainsi les Chroniques commenceront avec la description de la cérémonie du couronnement sur deux jours, avec les rituels traditionnels, la magnificence, avec chaque corps constitué (Prêtres, famille royale, ministres, armées, thaophraya, rois vassaux, nobles, etc) placé selon son ordre hiérarchique, et venu rendre hommage au nouveau roi, paré de toutes les vertus bouddhistes.

 

Puis comme d'habitude, les Chroniques iront d'un événement à l'autre, sans transition avec  la promotion en grande pompe de Sanphet Phakdi, pour service rendu, de ministre du trésor, avec le titre de Phraya Ratcha Phakdi ; L'information que le plus jeune frère du roi, en raison de sa cruauté et des soucis qu'il causait, ne pouvait devenir vice-roi ; Qu'il reçut le nom de Phra Si Suthammaracha et fut installé dans un nouveau palais à côté du monastère de la Pure Résidence ; Que le roi ordonna la construction d'un grand reliquaire  dans le palais de sa mère, avec un temple nommé le monastère de la Victoire et de la Prospérité avec de belles pagodes, un hall de prières, une académie bouddhiste et des dortoirs pour de nombreux moines, dirigé par un abbé prestigieux ; Qu'il envoya des artisans à la capitale du Kampuchéa,  pour recueillir des plans afin de construire un palais derrière  le temple de la Divine Lune afin qu'il puisse s'y reposer lorsqu'il viendrait rendre hommage à l'Empreinte de Bouddha.

 

On apprendra ensuite que le peuple était en paix et prospère, que les maladies avaient diminuées ; Que l'armée était puissante avec ses troupes d'éléphants et de cavaliers ; les récoltes abondantes ; que le commerce avec les Européens et autres marchands étaient florissants. Bref, que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

 

 

 

Une vision quelque peu  idyllique, que  François-Henri Turpin ne partage pas :« Dès lors qu’il eut abattu tous ses rivaux de sa grandeur, il s’abandonna à toute la férocité de son caractère... Ce tyran, fécond dans la recherche de supplices, en inventait de nouveaux. Les uns étaient écrasés sous les pieds des éléphants, les autres enterrés jusqu’aux épaules, imploraient la mort qui seule pouvait mettre un terme à leurs souffrances... Il fit usage d’un genre de supplice qui fait frémir la nature : On serrait si fortement le corps du malheureux avec un linge, qui semblait n’être plus qu’un fragment de lui-même. On le piquait avec des espèces d’aiguilles pour lui tirer du sang. Ensuite on le coupait en deux et l’on mettait la partie supérieure sur une plaque de cuivre qui arrêtait le sang et prolongeait la vie de l’infortuné. » ( In « Histoire du royaume de Siam » tome II de François-Henri Turpin, 1771.) (4)

 

 

Bref. Les Chroniques poursuivent avec un rêve que le  roi  aurait eu en 1632 (L'année du singe, de la 4e décade du 11e mois ), où Indra lui-même lui aurait demandé de changer le nom du grand palais ; Que la même année, la reine  royale a donné naissance à un fils que le roi nomma Narai ; Que le roi construisit une royale résidence sur une île charmante  avec une pagode et hall de prières  nommés le temple de la Congrégation de l'Armée  Unie; Que « le second mois à la fin de cette année »(sic) le roi  procéda à la cérémonie de tonsure du prince Chai, son demi-frère, née d'une mère différente, dans l'île de du village Mud ; L'année suivante, le roi fit restaurer en 9 mois le stupa du temple de la Grande Relique (Des précisions sont données sur l'ornementation)  avec -bien sûr- une cérémonie à la fin des travaux ; Que cette même année, le roi eut trois fils avec des concubines royales ;  puis à la saison des pluies, il présida la cérémonie des lanternes en présence de belles femmes royales,  durant laquelle  son jeune fils Athittayawong tomba du mur de cristal. Il fit construire ensuite deux  maisons en bambou et mis à son service deux personnes.

 

Après la moisson, les Chroniques vont raconter longuement la visite du roi, avec tout le palais, ministères, notables, etc,   à « L'empreinte du Bouddha »  à Saraburi :

 

 

Proclamation , ordres donnés pour la préparation du voyage, par terre et fleuve (Il fallut 3 mois pour finir la route) , l'organisation pour chaque ministère, les constructions, à prévoir  pour chacun .

 

On suivra le cortège royal, étape par étape. ainsi le 2e jour de la  lune montante du mois Phalguna après l'aube (On précise « à 2 nalika et 8 bat »), le roi, après avoir procédé à des dons aux moines, embarqua dans le fastueux bateau royal, au milieu d'une flotte haute en couleur, avec les concubines de tous les ministères, les différentes formations militaires, tous placés selon le protocole et rang. Il fera une halte de deux jours, puis la procession repartira. Une autre description racontera tout le soin apporté aux concubines (musique, mets raffinés et fruits, etc.), sans oublier de mentionner leur admiration de la végétation et des fleurs, pour se reposer dans sa  résidence. Il y eut ensuite un magnifique festival durant sept jours.

 

Et puis, on passe à l'année 1635, où le roi procède à la crémation de son fils dont la mort aurait été causée par un ensorcellement. En 1636, le roi établit un nouveau sanctuaire à Chikun. Plus tard (Quand?), on évoque le roi ravi par les yeux mis sur sa barge, puis l'inquiétude  du roi pour la maladie de son fils Narai, qui avait alors 5 ans (1638?) ; que ce jour il y avait une bruine constante, que le jeune Narai n'écoutait pas les servantes qui voulaient l'empêcher de jouer sur la plate-forme de la montagne, qu'il leur refusa de prendre le parapluie, les obligea à jouer, etc.

 

En 1637, Phra Athittawong conspira avec des nobles et fut déchu de ses fonctions royales. Mais celui-ci tenta de prendre le palais avec 200 hommes. Il échoua, fut fait prisonnier, ses soldats furent interrogés et exécutés.

 

En l'an 1000 de l'ère du tigre, de la 10e décade (1638), le roi consulta ses plus vieux courtisans et ses chapelains pour savoir comment faire face à cette nouvelle ère où le diable allait agir dans tout le pays. Il estima qu'il devait invoquer tous ses mérites pour supprimer ses méfaits à venir. Tous les ministres, chefs, notables le remercièrent pour sa compassion et les actions qu'il allait mener pour eux et le peuple et ils estimèrent que les dieux l'aideront à réaliser tous ses désirs.

 

 

 Le roi fut touché et décida de faire construire devant son palais un mont semblable au Mont Meru, dont on va préciser avec force détails, sur toute une page, l'architecture, les dessins des figurines, leurs ornementations précieuses, les inscriptions, décorations, les statues (8 éléphants, 8 chevaux)  avec ombrelles et drapeaux, leurs emplacements, etc., correspondant à un plan, une géographie sacrée, aux points cardinaux,  qui sera suivi par une cérémonie fastueuse. Une autre page sera consacrée à la procession du roi en palanquin sur la plate-forme avec les brahmanes, les dignitaires, les soldats, son hommage rendu à Bouddha, tout cela aux sons des conques, des gongs, et des tambours ; suivi le lendemain  par une proclamation du roi ordonnant  à ses conseillers de préparer en 3 jours la route avec de  belles décorations, des bananiers, des ombrelles et des drapeaux, afin qu'il puisse solennellement faire des dons aux mendiants de la capitale. Et les chroniques rajoutent encore deux  paragraphes, pour s'attarder sur la description de cette cérémonie, en signalant la présence d'éléphants royaux richement ornés et 4 divisions de braves soldats, les haltes, puis le lendemain, de nouvelles festivités pour 3 jours où une centaine de donations furent faites aux brahmanes, là encore au milieu du faste avec 100 éléphants, 100 chevaux, 100 esclaves mâles, 100 esclaves femelles, et 100 chars royaux.  Et on a droit encore ensuite à une épître du roi envoyée à toutes les municipalités du royaume, à Toungu et Ava, à sa gloire, ses pouvoirs, ses souhaits de bonheur, en un  jour particulier de la nouvelle ère.

En 1641, nous avons toute une page qui nous donne le contenu d'une épître du roi d'Ava  présentée par une ambassade à la Cour avec des cadeaux royaux  pour honorer la mémoire de Song Tham décédé. Le roi en fut offensé surtout que l'épître derrière des chaleureux hommages  était très ambigüe. Il refusa les présents et renvoya l'ambassade.

 

 

On saute une année pour apprendre qu'en 1642, le prince Narai, en voulant rejoindre son père, chuta et cassa le fil des lumières  sur lequel étaient accrochés des miroirs et des figurines d'animaux. Il fallut l'intervention du patriarche et de l'astrologue Phra Hora, pour interpréter cet événement, qui prédisait une très grande chance pour le Prince, beaucoup de mérites et une aubaine qui viendrait d'un pays étranger.

 

On est ensuite en 1644 (A l'ère de l'année de la chèvre, de la 5ème décade) avec plus d'une page consacrée à un grave incendie dans le palais royal. L'astrologue Phra Nora prévient le roi que dans 3 jours, un grand incendie aura lieu dans le palais royal. Le roi en est effrayé. Alors qu'il était bien assis sur son trône, un rat tombe d'une poutre, il le couvre alors avec une bassine en or. L'astrologue lui dit alors, après des calculs, qu'il en avait quatre. « Combien ? » lui dit le roi. « Quatre » lui répète Phra Nora. Le roi lui répond que 4 pattes est correct, 4 animaux est incorrect. On souleva la bassine pour voir qu'il y  avait 3 petits ratons rampant autour de leur mère. Le roi fut impressionné et récompensa l'astrologue.

 

Par peur de l'incendie annoncé,  on déplaça, avec de grandes barges, les trésors au temple de la Victoire ; il fut interdit de cuisiner dans le palais et  3000 personnes furent mobilisés avec de nombreux seaux d'eau.

 

 Après 3 jours, on prévint le roi que tout était normal. Le roi remarqua que cette fois Phra Hora avait eu tort. Mais celui-ci lui dit d'attendre dans sa barge jusqu'au gong du soir.  En fin d'après-midi, des nuages noirs apparurent et une bruine régulière tomba. Le roi dit alors à Phra Hora, que le danger était passé. Mais celui-ci lui répondit d'attendre un peu. Et effectivement, à peine avait-il fini de parler, que le tonnerre éclata, avec des grands éclairs et la foudre tomba sur le toit du palais. Les flammes se répandirent très vite et une centaine de bâtiments furent touchés avant que l'on ne puisse les éteindre. Phra Hora en conclut devant le roi, que cet événement ne pouvait que contribuer à sa gloire et à son pouvoir dans son royaume et auprès de ses ennemis. Le roi en fut flatté. Seul le Palais d'Or et la salle du trône du Palais royal furent brûlés. En trois mois, ils furent reconstruits. Et on ajouta même un grand hall de prières au Grand Palais.

 

Puis les Chroniques consacrent le dernier paragraphe du règne, par l'évocation des grands mérites du roi qui ont donnés le bonheur à tous et au royaume en 1645.  (Pourquoi cette date? Que s'est-il passé ?)  

 

Surtout qu'on passe directement  à la phrase suivante en 1655 (1656), avec l'annonce de la mort du roi Prasat Thong, qui avait régné 26 ans. Les Chroniques passent donc allègrement sur 10 ans de règne ; c'est dire leur pertinence.

Le roi Prasat Thong avait donc régné 26 ans et les Chroniques ne diront rien sur les conflits, les rebellions et les guerres, ni sur les relations diplomatiques, militaires et commerciales que le roi avait surtout établi avec les Hollandais.

 

En effet, Michel Jacq-Hergoualc’h, in « L’Europe et le Siam du XVIe au XVIIIe siècle, Apports culturels », nous apprend, qu'après un repli d'une quinzaine d'années, dès 1633, la Hollande rétablit ses relations commerciales avec le Siam, après que le Japon ait procédé à la réouverture au commerce international, après 5 ans de fermeture. Le gouverneur-général Brouwer envoya Loost Shouten renégocier un nouveau contrat avec Prasat Thong dans lequel les Hollandais « pour un an tout d'abord, obtenaient le monopole du commerce des peaux et aussi la propriété d'une  pièce»  dans la capitale et près du Chao Praya. En 1634, une maison avec des magasins étaient construits et en 1636, le comptoir était achevé. De même, un bureau et un entrepôt appelé Amsterdam avait aussi été installé à Paklat (Samutprakan) non loin de l'estuaire de la rivière.

 

 

Mais on apprend aussi que Prasat Thong fut en guerre avec le Portugal au début de son règne et « que l'un de ses premiers actes fut d'enfermer tous les Portugais du royaume en prison, où ils restèrent trois ans. » (Aucune date n'est donnée) De même, on apprend également qu'en 1630 et 1632, que la Hollande envoya plusieurs vaisseaux au Siam pour aider Prasat Thong dans ses conflits contre les Portugais et Cambodgiens (Citant Wood W.A.R., « History of Siam »), et  qu'elle intervint contre la reine de Pattani, qui en avril 1636, envoya un ambassade au roi du Siam pour demander pardon et se soumettre. B.J. Terwiel in « Thailand's Political History, From the 13th century to recent times », p. 33) ajoute que les Hollandais soutinrent également Prasat Thong contre Kedah et Songkla. Bref, les événements ne manquèrent pas.

 

 

Le roi Prasat Thong, après 26 ans de règne meurt donc en 1656.  Chaofa Chai sera son successeur. Mais il ne régnera que peu de temps … en cette année sanglante. (Cf. Notre prochain article RH. 44)

 

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

(1) Rappel de la chronologie de la mort du roi Ekathotsarot en 1610 à l'avènement du règne du roi Naraï en 1656, in « Chroniques royales d 'Ayutthaya » de Richard D. Cushman, édité par  David K. Wyatt.

 

Le roi Si Saowaphak  (Ou Sanphet IV) (1610-1611?)(Point d'interrogation mis par Wyatt) (1p.) (Déposé et exécuté, fils d'Ekathotsarot)

Le roi Song Tham  (Ou Intharacha III (1610 ou 1611-1628) (2 p. et 1/2), incluant « La rébellion des Japonais » et « La découverte de l'empreinte de Bouddha ».

 (fils d'Ekathotsarot (?))

Le roi Chettathirat II (Ou Otsa) (1628-1629) (3 p.)

(Fils de Song Tham, règne 1 an et 7 mois, exécuté)

Le roi Phra Athittayawong (1629) (¾ de p.)

(Roi enfant, 11ans (?), déposé et exécuté, a régné 36 jours, usurpation, jeune frère de  Chettathirat II  et fils de Songtham )


Le roi Prasat Thong (Ou Sanphet V) (1629-1656) (14 p.), incluant la visite de l'empreinte de Bouddha à Saraburi par le roi.

(Usurpateur. Crée la dynastie Prasat Thong (1629-1656) • Chef des armées avant sa prise du pouvoir. Une rumeur le disait fils de Ekhathotsarot. A régné 27 ans)    
 
Le roi Chai (Ou Chao Fa Chai ou Sanphet VI) (1656) (¼ p.)

(Usurpateur, exécuté, a régné 7 ou  9 mois selon les sources, fils de Prasat Thong)
Le roi Si Sutham Racha (Ou Sanphet VII) (8 août-26 octobre 1656) (4 p.) (Ou sept 56-) (Ou juin 1656-26 octobre 1656), selon les sources.

(Usurpateur, déposé et exécuté, oncle de Chai et jeune frère de Prasat Thong.)   
Et l'avènement du roi Narai en 1656.

 

(2) Prince Damrong Rajanubhab, « Our wars with the Burmese », « Thai-Burmese Conflict 1539-1767 », White Lotus, 2001.

 

(3) 73. Yamada Nagamasa, Le Japonais Qui Devint Vice-Roi Au Siam Au XVIIème Siècle.)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-73-yamada-nagamasa-le-japonais-qui-devint-roi-au-siam-au-xviieme-siecle-115599893.html

 

(4) 72. Les  huit rois du début du XVIIème (1605-1656). (suite et fin)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-72-les-huit-rois-du-debut-du-xvii-eme-siecle-1605-1656-suite-et-fin-115599736.html

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

marianna 17/05/2019 10:10

Merci pour cet article !

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 17/05/2019 13:57

Merci de votre "merci".

Pourriez-vous en dire plus afin de nous aider dans notre démarche ?