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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 22:01

 

Avec « Les Thaïlandais, Lignes de vie d'un peuple » (1) nous vous présentons ici le troisième livre d'Eugénie Mérieau, après « Les Chemises rouges de Thaïlande » et « Idées reçues sur la Thaïlande », mais en choisissant de traiter le point de vue politique. (2) 

 

 

Sa « Note d'intention » annonce son objectif : mettre en relief les contradictions, les paradoxes et les contrastes du pays, dont elle donne d'entrée quelques éléments, à savoir : l'apparente liberté/joug d'une dictature militaire ; pays du sourire, bonhomie légendaire/réalité de la misère, des bordels, de la drogue et de la corruption ; deux Thaïlande (L'urbaine (Avec Bangkok) / la rurale, néanmoins unis par un sentiment national ; « une Thaïtude » (La thainess) définie par la devise « Nation, Religion, Monarchie » qu'il faut interroger dans l'exclusion  des millions de minorités lao ou malaise, dans le bouddhisme qui légitime les inégalités, dans la monarchie qui unit « quatre régions aux identités si fortement différenciées : le Nord, le Nord-Est (Isan), le Sud et le Centre qui abrite Bangkok ».

 

 

Avec le constat que la Thaïlande du XXIe siècle « craquelle» dans ses mythes fondateurs traditionnels, ciment du nationalisme, que le bouddhisme perd son autorité morale sous l'effet du capitalisme et de l'individualisme, que les fondements de la monarchie sont remis en question  .....

 

(Lesquels ? Par qui?),

 

... . que le pays traverse une crise identitaire, hésite dans ses choix politiques, ses valeurs …

 

 

Son introduction présentera « Les mythes fondateurs de l'identité thaïlandaise » (Le nom du pays, la grandeur des rois thaïlandais, l'indépendance de nation thaïe) en montrant leurs limites avec le « patchwork d'influences étrangères »,  la thainess aux formes floues qui se crispe aux frontières comme le Sud musulman, rebelle à l'autorité bouddhiste de Bangkok,

 

 

 

le Nord-Est au passé communiste, les ethnies des hauts plateaux du Nord aux pratiques animistes, mais aussi à d'autres marges comme les terres d'exil où vont se réfugier les opposants politiques, ou même certains étudiants au sein des universités ; une thainess aux mains des militaires qui se servent de la loi de lèse-majesté pour punir ou faire taire tout opposant.

 

 

Mais curieusement E. Mérieau ne dit rien sur ce qui fait l'originalité de ce livre - divisé en 6 chapitres -  composés de  28 questions suivies soit d'un entretien (12), ou d'une rencontre (8), ou d'un portrait, ou bien encore d'une évocation d'une personnalité thaïlandaise ; certains très connus comme les historiens Thongachai Winichakul et Somsak Jeamteerasakul, l'économiste et historienne Phongpachit, le cinéaste Apichatpong (Grand prix au festival de Cannes) ou de simples agitateurs ordinaires (C'est le nom donné par E. Mérieau), comme Pangsak Srithep, chauffeur de taxi, ou Nethiwit Chotiratphaisan, étudiant, ou une figure transgenre du féminisme.

 

 

 

Ils proviennent de milieux différents, de formation et  de régions différentes. Ils sont censés représentés le peuple, d'être -  pour reprendre le beau titre - les « Lignes de vie d'un peuple ». (Cf. (3) pour le sommaire)

 

 

 

Le peuple ! Est-ce si sûr ?

 

 

La 2e de couverture ne va pas dans ce sens en nous livrant l'opinion d'Arkanee, Thaïlandais, vivant en France, naturalisé français : « Pour l'heure, dit-il, la Thaïlande ne me manque pas. Je me considère comme chanceux de ne pas vivre dans un pays où des généraux font la loi, où des élus, des activistes et des universitaires sont arrêtés pour leurs opinions, où des journalistes pratiquent l'autocensure pour leur sécurité et où la population est privée de droit de décider du sort de son pays par les urnes. Je me joins à mes compatriotes thaïlandais qui sont, comme moi, désespérés et impuissants face au nouveau régime autoritaire, soutenu par les élites traditionnelles et une grande partie des classes moyennes urbaines. ».

 

 

On peut quelque peu douter qu'Arkanee, un Thaïlandais, vivant en France, naturalisé Français, soit un authentique  représentant du peuple thaïlandais, qui - quoi qu'il dise- n'est pas dans une situation « désespérée».

 

 

(D'ailleurs sont-ils bien représentatifs du « peuple » ceux qui font leurs études au Collège de l’Assomption, le plus distingué du pays (la scolarité n’y est que de 150.000 bahts par an) ou à Thammasat (la scolarité n’y est que de 400.000 bahts par an, à peine plus coûteuse qu’à « Sciences Po » Paris, 10.000 euros) ?)

 

 

 

 

On ne peut pas ici, au vu des 6 chapitres si différents, les aborder tous, surtout qu'E. Mérieau ne propose nulle synthèse  qui pourrait, comme elle le souhaite, « mettre en relief les contradictions, les paradoxes et les contrastes du pays ». Aussi, laisserons-nous des sujets que nous avons maintes fois traités comme « le règne de l'argent », « Bangkok, la folle mégalopole », « Fantômes et esprits en Isan », « Genre(s) et sexualité(s) », pour  repérer et commenter le parti-pris politique d'Eugénie Mérieau dans le choix de ses interlocuteurs qui lui ont accordé un entretien ou une rencontre, dont nombre d'entre eux sont des opposants au régime militaire ou des réfugiés politiques…

 

 

et l’un tout simplement son mari......

 

 

On peut en juger avec son premier chapitre intitulé « Mais comment peut-on être Thaïlandais aujourd'hui ?» et son 6e et dernier chapitre « Être un Thaïlandais en exil à Paris ».

 

 

« Mais comment peut-on être Thaïlandais aujourd'hui ?»

 

 

Le chapitre comprend « Aux marges de la thaïtude », avec un entretien du célèbre historien Thongchai Winichakul qui vit aux États-Unis ; puis « Unis contre le crime de lèse-majesté » avec une rencontre du groupe de juristes Nittirat, dont l'un des 7  fondateurs est  Piyabut Saengkanokun, et secrétaire général du nouveau parti politique Anakot Mai (« Pour un nouveau futur »), un des principaux partis d'opposition  à celui de Prayut, , et « Un voile noir contre les disparitions forcées » avec un portrait d'Angkhana Nilaphaichit, présentée comme « veuve de disparu et défenseur des droits de l'homme ».

 

 

La question de savoir « qui est Thaïlandais ? » est certes légitime, mais on peut constater qu'elle est présentée sous un angle quelque peu partisan. (Cf. Notre article « A.57 Qui est Thaï ? Qui est Thaïlandais ? (5))

 

Le premier entretien est donc réalisé avec l'historien  Thongchai Winichakul avec des questions qui  permettent de rappeler que son livre le plus connu «  Siam Mapped : A History of the Geo-body of the Nation », publié en 1994, conteste l'historiographie officielle de la Thaïlande », basée sur une vision nationaliste-royaliste qui « perdure encore, notamment sur cette idée absurde et simpliste selon laquelle la Thaïlande ne fut jamais colonisée et ce grâce à l'habilité des rois. », qui ont su « sélectionner et adapter des éléments de l'Occident pour moderniser le pays » (E. M.). « Un discours d'une efficacité pratique en ce qu'il légitime les élites royales ». (Cf. sur ce sujet un de nos articles  les plus populaires : A 38.  La Thaïlande n’a jamais été colonisée ? Avec sa suite A 218. (6))

 

 

Ensuite l'entretien, s'engage sur une conception de la thainess que Thongchai  semble limiter à la construction d' « une certaine réalité utile aux élites » et associée « historiquement à la modernité occidentale » et d'E. Mérieau de lui demander « Quels contours départagent ce qui est thaï de ce qui ne l'est pas ». Mais pour Thongchai, « Il n'existe rien d'intrinsèquement thaï, rien de naturellement thaï -  ni la cuisine ni la musique ni même le bouddhisme ou la monarchie. Presque tout ce qui est considéré thaï aujourd'hui - les vêtements, la danse, les traditions, et même la langue - est le fruit de l'hybridation d'influences diverses. »  (Certes, comme tous les pays.)

 

 

A quoi E. Mérieau rétorque « Etes-vous en train de dire que les Thaïlandais ont tout emprunté et n'ont rien inventé ? » et  Thongchai de rajouter - avec humour-  « Mélanger des emprunts, c'est aussi inventer, n'est-ce pas ? ».

 

 

Nous constatons ici une présentation quelque peu limitée de la Thainess, en omettant de l'inscrire dans son historicité, ce qui peut paraître étonnant pour un historien, et une confusion entre « Thaï et Thaïlandais», avec une vision restrictive de ce qui peut être thaï et thaïlandais en jouant sur le  mot « nature » qui est de plus une notion polysémique. (Il vaut mieux, comme Dovert évoquer « de l'usage intensif des étrangers dans un processus de construction nationale ». In "Thaïlande contemporaine")

 

 

 

Ensuite l'entretien va aborder les enjeux de  la critique de « la version officielle de l'émergence de l’État-nation thaïlandais, représentative de l'historiographie  « nationale-royaliste ». (C'est la question d'E. Mérieau)

 

 

Thongachai va répondre simplement sans donner d'arguments ni d'exemples, que « Le récit de l’État-nation en Thaïlande est plus idéologique qu'historique » et de rappeler  qu'en 1976, les étudiants de Thammasat se sont fait tuer contre la domination de ce récit.

 

 

Franchement la réponse est quelque peu simpliste, pire, indécente.

 

 

Il aurait pu au moins rappeler les « événements d'octobre 1973 » pendant lesquels les étudiants et une partie du peuple se sont fait tuer, non pour un récit, mais pour chasser du pouvoir les deux dictateurs, le maréchal Thanom et le général Praphat qui « régnaient » depuis presque 10 ans sur le pays, et installer la démocratie et/ou vivre « l'idéal communiste ». On sait ce qu'il advint du communisme et de la « démocratie » dans les trois années de chaos jusqu'en 1976, qui furent certes gouvernées  par les civils Sanya Thammasak (Du 14/10/1973 au 15/02/1975) ; Seni Pramot (Du 15/02/1975 au 14/03/1975) ; Kukrit Pramot (Du 14/03/1975 au 20/04/1976) ; et de nouveau Seni Pramot (20/04/1976) pour se terminer par un nouveau  coup d’Etat le 6 octobre 1976,  qui loin de rétablir la « démocratie » dans « le calme et la sérénité » comme le souhaitait le roi, va être le théâtre de crises sociales, d’ assassinats politiques, de répressions policières, des combats des ouvriers, des étudiants , de la révolte des paysans, et de la « guerre » des militaires contre les zones contrôlés par les communistes. (Cf. Nos articles sur cette période (7))

 

 

 

Puis, après 6 lignes, on passe à une autre question sur le rôle de la géographie sur la construction du Siam en tant que Nation, pour apprendre que la géographie a été instrumentalisée pour servir de fondement au nationalisme, à l'idée d'un état unitaire et homogène.

 

(Pourquoi « instrumentalisée »?)

 

 

Il donne ensuite l'exemple des Thaïlandais  soudés lors de l'affaire du temple de Preah Vihar, mais « unis dit-il - dans la paranoïa de séparatisme ». (Il évoque  les trois provinces à majorité musulmane de l'extrême-sud du pays). 

 

 

Pourquoi « paranoîa » ? De plus, si effectivement, toute Nation se construit sur un Territoire, « une « géographie », elle nécessite bien d'autres éléments communs  (ethniques, sociaux (langue, religion, etc.) et subjectifs (traditions historiques, culturelles, etc.) dont la cohérence repose sur une aspiration à former ou à maintenir une communauté, et une « idéologie », une « fiction », un « récit » … Les conflits naissent, quand sur  ce Territoire » vivent d'autres peuples qui ont d'autres « histoires », d'autres religions, d'autres récits...

 

 

 

 

On peut rappeler ce qui reste la meilleure définition d’une Nation, quoique venant de Staline, elle n’est ni politique ni marxiste :

 

 

« La nation est une communauté humaine, stable, historiquement constituée, née sur la base d’une communauté de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique qui se traduit dans une communauté de culture... seule la présence de tous les indices pris ensemble nous donne une nation »

 

 

Ensuite E. Mérieau l'interroge sur ce qu'il entend par « l'hyperroyalisme », qui se serait, selon lui, manifesté à la fin des années 70, dans le rôle intrusif de la monarchie. (Aucun exemple n'est donné). Pour revenir sur ce qu'il pense de la Thainess avec deux de ses piliers : la monarchie et le bouddhisme.

 

 

Il estime que la Thainess aujourd'hui se définit davantage par rapport à la monarchie qu'au bouddhisme.

 

 

(Là encore aucun argument ou exemple n'est donné).

 

 

Ensuite citant G. Quariche Wales, elle lui demande si l'abolition de la monarchie n'entrainerait pas  l'écroulement de la société siamoise. Ce qu'il admet  étant donné « l'hyperroyalisme » présent, rappelant que le choc aurait été moindre lors de la révolution de 1932.

 

 

(On peut signaler que nous n’avons trouvé rien de tel à la lecture de Quariche Wales dont d’ailleurs les ouvrages ne sont pas d’une actualité brûlante puisque datant de 1931)

 

 

 

 

Une dernière question lui permet de dire qu'il n'est pas en exil aux États-Unis, qu''on lui a offert  une vie meilleure, et qu'il périrait en Thaïlande entre la nécessité de s'abstenir de penser et dans la crainte de retourner en prison.

 

Ensuite E. Mérieau met en titre « Unis contre le crime de lèse-majesté », pour évoquer l'action  du groupe Nittirat.

 

 

 

 

Déjà dans son étude sur « Les chemises rouges », E Mérieau définissait ainsi le groupe Nittirat, « (de « nittirat  phuea ratsadon », « la science juridique pour le peuple »), est un groupe de sept juristes de l’université de Thammasat. Ayant pour la plupart suivi leurs études en Europe, en France – Piyabut Saengkanokkul – ou en Allemagne – Vorajet Pakirat – ils mènent campagne pour l’abolition de la loi de lèse-majesté et l’annulation de la légalité du coup d’État, avec toutes les conséquences que cela implique. Ils militent pour une limitation des prérogatives royales. Créé le 19 septembre 2010 à l’occasion du 4e anniversaire du coup d’État, le groupe a connu un succès et une médiatisation croissante à partir du lancement de la campagne de pétitions pour l’amendement de la loi de lèse-majesté. Parfois appelés « Nittired », ils se défendent de toute affiliation politique. Néanmoins leur audience est composée principalement de Chemises rouges. »

 

 

 

 

Nous vous invitons à lire nos  deux articles, très critiques,  sur  le groupe Nittirat pour leurs positions idéalistes et  peu réalistes. Nous rappelions dans l’un d’entre eux que ce groupe, composé de vaillants et argentés membres d’une aristocratie de professeurs porteurs de ce que Renan appelait la « pédantocratie » a reçu sans sourciller et surtout  sans jamais le dénoncer le soutien du sulfureux américain Noam Chomskyqui s’est rendu célèbre pour le soutien sans faille qu’il apporte au défunt professeur Faurisson, négationniste impénitent. Feu Ben Laden, orfèvre en matière de démocratie, considérait Chomsky comme le seul écrivain américain méritant lecture. (Cf. (8)).

 

 

 

 

 

Nous y disions aussi, entre autre, citant Piyabut (L'un des 7 juristes du groupe). « Le groupe Nittirat veut en effet » proposer, à partir d’une réécriture de la constitution de 2007, une nouvelle constitution, « vraiment démocratique que tous les représentants institutionnels, y compris le roi, devront s’engager à respecter par une prestation de serment », une constitution qui indiquera clairement la séparation des pouvoirs, où l’armée, la monarchie et le pouvoir judiciaire n’auront aucun rôle politique à jouer).

 

 

Une constitution où les juges seront indépendants,  jugeront au nom du peuple et non du roi. Ils ne seront plus au service d’une élite, ils ne devront plus  « instrumentaliser le droit à des fins politiques », ne plus intervenir pour éliminer des « adversaires » politiques.

 

 

Il donne trois exemples qui montrent que la Cour constitutionnelle n’a pas hésité à se mettre au service de l’armée ou d’un camp politique, oubliant que son rôle était de s’en tenir aux règles de l’État de droit. (Comme : En mai 2007, la Cour constitutionnelle a pris la décision de dissoudre le parti Thai Rak Thai et de déclarer inéligibles 111 membres de son bureau politique pour 5 ans. Cette décision a été prise en application d’un décret-loi adopté par le général Sonthi autorisant la dissolution d’un parti et le bannissement de la vie politique dans certains cas.)

 

 

 

 

Révolutionnaire ?

 

 

Le groupe veut donc que le Roi n’ait plus de rôle politique, que l’Armée reste dans les casernes, que les juges soient indépendants, que le Pouvoir ne soit plus au service des élites et des grands groupes financiers de Bangkok, que la  nouvelle monarchie constitutionnelle soit comme en Belgique, aux Pays-Bas, en Norvège, en Grande-Bretagne. Bref, il veut une autre Thaïlande. »

 

 

Ensuite, E. Mérieau fait un bref rappel des membres du groupe, de leur formation juridique en Europe, de leur objectif « de faire de la science juridique au service du peuple », de leur actions  menées en 2011, pour demander l'annulation de tous les actes juridiques issus du coup d'État de 2006

 

 

(« qui n'a eu aucun écho en dehors du cercle des lettrés de Bangkok » avoue-t-elle.),

 

 

...de leur volonté de  réformer l'article de lèse-majesté en 2012, de leur participation à « l'organisation d'une pétition nationale réclamant une réforme législative », signée par 40.000 personnes, qui ne sera jamais débattue au Parlement.

 

 

Après l'action, la réaction.  Ils seront déclarés ennemis de la thainess, des anti-royalistes, perdront  leurs subventions universitaires, ne pourront plus s'exprimer en dehors de leurs cours. Sont-ils étonnés ? Vorajet (Le leader) ne regrette rien, pouvant dire – naïvement - « Je me bats contre ce qui est profondément injuste et illégal ». Lors du nouveau coup d'État de 2014, Vorajet et Sawatree furent convoqués par l'Armée et « mis en examen pour violation de la « loi » du coup d'État ». Leur site internet fut bloqué. Depuis, nous dit E. Mérieau, ils refont le monde quand ils dînent ensemble et Piyabut

 

 

(marié à Eugénie Mérieau : celle- ci ne porte pas le nom de son mari, ce n’est pas une faute en soi, rien ne l’y oblige, mais en l’occurrence une réticence qui peut laisser penser que son jugement n’est pas empreint de la sérénité requise !),

 

 

 

 

.....a fondé un nouveau parti politique Anakhot Mai (Pour un nouveau futur) attendant les élections ; et elle précise « Prudence oblige, le jeune parti n'a pas inclus dans son programme la  réforme du crime de lèse-majesté ».

 

 

 

 

(E. Mérieau est certes l'épouse de Piyabut, ce qu’elle se garde de dire, mais elle aurait pu citer le fondateur du parti, le milliardaire Thanathorn Juangroongruangkit, 40 ans, héritier du géant thaïlandais des pièces automobiles Thai Summit. Depuis,  les élections ont eu lieu le 24 mars 2019 et le nouveau parti est devenu la 3e force du pays.)

 

 

Son dernier chapitre : « Être un Thaïlandais en exil à Paris ».

 

 

Après avoir rappelé « Une inamitié parisienne à l'origine de la chute de la monarchie absolue au Siam. Sur les traces de Pridi Phanomyong et Phibun Songkhram , révolutionnaires. », E. Mérieau va nous proposer quatre entretiens : avec Somsak Jeamteerasakul, historien,  Aum Neko, activiste pour les droits des transgenres,  Jaran Ditapichai, ancien commissaire aux droits de l'homme et Nopporn Suppipat, entrepreneur et investisseur.

 

 

« L'exil, la prison ou la mort? L'histoire, toute l'histoire, rien que l'histoire ! » avec Somsak Jeamteerasakul.

 

 

On va apprendre lors de cet entretien pourquoi il est considéré par la junte militaire comme l'ennemi numéro 1 du régime. « Je suis l'un des premiers universitaires thaïlandais à avoir adopté de manière systématique une approche critique de la monarchie, et ce dans toutes ses dimensions : la propagande de masse, la loi de lèse-majesté, le rôle du Palais dans les événements du 6 octobre 1976, le bureau des biens de la Couronne, ou encore le cas du régicide de Rama VIII ». Il deviendra plus populaire après 2010  avec ses articles sur Facebook invitant au débat public sur la monarchie, qui eurent un grand écho.

 

 

Auparavant, sa thèse amorcée en 1982-1883 portait sur le mouvement communiste thaïlandais  (« The communist movement in Thailand », Thèse de doctorat, 1991). Il avait été  étonné sur le fait que les communistes républicains s'étaient abstenus de toute attaque contre le bouddhisme et la monarchie. Puis en 1993, devenu professeur à l'université de Thammasat, il avait été surpris de constater que  « la génération de « gauche » qui avait mené les révoltes de 1973 était unanimement royaliste et contrôlait l'ensemble des organes de presse ; la mode était à la critique des hommes politiques et à l'éloge du roi ».

 

 

Quant-à lui, il consacrera son travail à la critique de la monarchie.  Son livre « L'Histoire qu'on vient de construire » sera un succès. Il s'exprimera à travers ses articles de 2006 à 2008 sur le forum de l'université de Minuit, et à partir de 2008  dans le magazine  Fa Diew Kan ; et puis, nous l'avons dit, en 2010 sur Facebook qui  le rendra plus populaire. Il fera  des « propositions concrètes pour réformer (voire abolir) la monarchie » (Aucune n'est donnée).

 

 

On ne sera pas surpris qu'après le coup d'État de Prayut en 2014, ayant refusé de conclure un accord avec l'armée, il  choisira l'exil et la  France, car ce fut le seul pays qu'il lui a donné un laissez-passer, précisera-t-il.

 

 

Wikipédia nous apprend : « En juillet 2015, la junte militaire thaïlandaise a fait une demande d'extradition pour Somsak Jeamteerasakul, ainsi que pour d’autres suspects accusés de crime de lèse-majesté vivant en France. C’est à cette date que le gouvernement français a accordé le régime de réfugié politique à Somsak Jeamteerasakul et aux autres (…) Par ailleurs, les soutiens de Somsak Jeamteerasakul sur les réseaux sociaux ont été convoqués et interrogés par la junte militaire. La Division thaïlandaise de la suppression de la criminalité technologique les a informés que le partage ou le fait d’« aimer » le contenu de Somsak Jeamteerasakul peut constituer un crime de lèse-majesté. En mai 2017, la junte militaire a interdit, via les réseaux sociaux, toute communication avec 3 dissidents dont Somsak Jeamteerasakul. » (9)

 

 

Ce qui fait désormais d'E. Mérieau une opposante à  la junte.

 

 

 

« La lutte, comme raison d'être » avec Aum Neko, militante pour la liberté d'expression et les droits LBBT (lesbiens, gays, bisexuels et transgenres).

 

 

Certes. Mais surtout « une figure essentielle de la résistance au coup d'État et un pilier du mouvement féministe radical en Thaïlande. ». Elle s'est réfugiée en France à la suite du coup d'État du 22 mai 2014. Elle a alors à peine 20 ans.

 

 

(Il faut savoir, ce que ne dit pas E. Mérieau, que le  7 mars 2018, M .Aum Neko est devenue légalement en France Madame Saran Chuichai.) (Cf. 10 et 11)

 

 

Madame Saran Chuichai donc, décrit son parcours  lors de cet entretien.

 

 

Elle nous apprend qu'après ses études secondaires, elle a été acceptée à  l'université de Chulalongkorn, la plus prestigieuse du pays, rajoute-elle fièrement.  Mais bien que  née avec un sexe d'homme, elle était une femme, dit-elle, et ne pouvait supporter de porter l'uniforme masculin, un pantalon et une chemise.  Elle n'y resta qu'un an,  et s'inscrivit à l'université de Thammasat, la croyant plus progressiste. Mais elle constata qu'elle transmettait les mêmes valeurs du paternalisme thaïlandais. Elle ne pouvait supporter le culte de la personnalité à l'endroit de Pridi (Fondateur de l'université) surtout que « les valeurs d'égalité promues par Pridi n'avaient pas supplanté les valeurs traditionnelles du respect de la hiérarchie, de la gratitude à l'égard des aînés », qui « faisait des nouveaux étudiants les inférieurs de leurs aînés. »

 

 

On aura compris son caractère et son comportement. Mais en 2012, elle poste sur Facebook, une photo d'elle en train d'éteindre la statue de Pridi à Thammasat, avec en légende, « Qu'est-ce que l'amour ? Qu'est-ce le fanatisme ? Il n'y a pas encore de lèse-majesté à l'encontre de Pridi Phanomyong ». On imagine la suite : les réseaux sociaux, des articles dans les journaux nationaux, avec des insultes et le constat que son « comportement constituait pour les Thaïlandais une déviance ». (Quelle découverte!)

 

 

(N'oublions pas qu'en 2012, Yingluck Shinawatra est première ministre et ne sera destituée que le 7 mai 2014. Ceci pour dire que nous n'étions pas en dictature militaire. )

 

 

L'année suivante, poursuit-elle, elle mène une campagne contre les uniformes scolaires, « Colporteurs de l'hétéronormativité » (sic).  Résultat : « j'étais devenu la cible d'une multitude de discours de haine ». A une question sur son rapport aux chemises rouges, elle tient à dire qu'elle est de gauche, mais qu'elle ne se situe pas par rapport aux mouvements des jaunes ou des rouges, tout en reconnaissant à ces derniers des forces de changement progressiste et démocratique, surtout depuis qu'une partie s'est détachée de Thaksin. Mais elle a repéré chez les « rouges » l'utilisation d'arguments sexistes, nationalistes et xénophobes.

 

 

Ensuite, elle explique dans quelles circonstances, elle a crû nécessaire de fuir le pays. Peu avant le coup d'État, un post réclamant son arrestation par l'armée  fut partagé 10 000 fois, alors que deux jours auparavant elle avait protesté contre la déclaration de la loi martiale (20 mai 2014). Elle contacta alors les ambassades de France et d'Allemagne. La France fut la plus rapide.  Depuis, elle apprécie la France, ses idéaux (égalité, fraternité), son histoire, un pays à découvrir, avec une nouvelle langue à apprendre (Elle maîtrise l'anglais et l'allemand, qu'elle a étudié à l'université). Une dernière question l'interroge sur la place des transgenres en Thaïlande. On peut deviner sa réponse.

 

 

 

« Le refus de la désillusion » avec Jaran Ditapichai.

 

 

L'entretien  permet de rappeler les combats politiques de Jaran, âgé aujourd'hui de 72 ans (Né en 1947) (En vérifiant sur wikipédia): figure du mouvement étudiant en 1976, rejoint le Parti communiste, passe  ensuite 7 ans dans la jungle dans les camps d'entrainements communistes. Est emprisonné deux fois. Trouve refuge à Paris  en 1984, étudie  la  philosophie à la Sorbonne (3ème cycle). On le retrouve en 1990–2000, professeur assistant à la faculté des sciences sociales de l'Université de Rangsit, puis en 1998,  Président de l'Union pour la liberté civile. Après l'élection de Thaksin en 2001, il est nommé commissaire national aux droits de l'homme,  jusqu'au coup d'Etat de 2006. (Il faut connaître ce qu'étaient « les droits de l'homme » pour Thaksin) Il continue le combat avec les  « Chemises rouges», partisans de l’ex-Premier ministre en exil, Thaksin Shinawatra. Après les événements sanglants de 2010, séjourne en France 8 mois.  « Après le coup d'État de mai 2014, avec le dirigeant du parti Phuea Thai Charuphong Rueangsuawan, il fonda « l'Organisation des Thaïs libres pour les droits de l'homme et la démocratie, mouvement de résistance en exil » ». Fuit la Thaïlande après une manifestation contre la  loi martiale dispersée par l'armée. Obtient en novembre 2014 son statut de réfugié politique  par la France.

 

 

Il nous apprend ensuite que sa prise de conscience politique a commencé lors du coup d'État du 17 novembre 1971 avec la nécessité de faire la révolution. Il est resté 14 ou 15 ans dans la lutte pour le communisme, puis devant la défaite du communisme, est sorti des camps d'entraînement,  a rejoint la France, « séduit pas son passé révolutionnaire ».

 

 

(Curieusement, il attribue l'échec du communisme aux « problèmes inhérents à la théorie du communisme », sans dire lesquels. Ce qui fait un peu court, non ?)

 

 

 

 

Il est revenu en Thaïlande, dit-il, pour reprendre ses activités militantes, en devenant commissaire national aux droits de l'homme. Mais là encore, aucun exemple n'est donné des actions entreprises. Il confirme ensuite qu'il a de multiples mandats d'arrêt contre lui, dont deux pour lèse-majesté, deux pour violation des interdictions de manifester … Malgré l'échec, les morts, il ne regrette rien de ses combats pour la démocratie, qui sont une nécessité. Il avoue même que la vie dans les camps d’entraînement, dans les maquis communistes furent les plus belles années de sa vie. Il y a même trouvé sa femme, « un mariage d'amour ».

 

 

(Ne revenons pas sur le passage des « intellectuels » dans les maquis, nous avons consacré deux articles à « la guérilla communiste dans le nord-est » forgé essentiellement sur les souvenirs d’anciens résistants. Ils ne reçurent pas forcément un accueil chaleureux, et, peu habitués à marcher pieds nus , à manger du riz gluant et des cafards et boire de l’eau croupie, la plupart retournèrent vite au confort citadin.)

 

 

 

Évidemment, nous sourions quand les communistes parlent de « démocratie ». Nous ne  pouvons que conseiller à Jaran Ditapichai. de lire  « Le Livre noir du communisme. Crimes, terreur, répression », qui dresse un bilan des régimes communistes avec ses massacres de masse, ses goulags, ses millions de morts. Se réjouir  des idéaux de jeunesse sont une chose, mais à 72 ans, on peut quand même opérer une autocritique. E. Mérieau ne lui posera aucune question sur ce sujet et préférera l'interroger sur l'histoire de ses évasions lorsqu’il était jeune, pour terminer sur l’évocation de ses journées de réfugié à Paris. Jaran est un peu désabusé, mais se dit encore « au service de la démocratie thaïlandaise »(sic). Décidément, la démocratie a bon dos.  

 

 

 

 

« Rendre à la France ce qu'elle lui doit » avec Nopporn Suppipat. (« Investisseur thaïlandais ayant réussi dans le commerce des éoliennes en Thaïlande »)

 

 

Nous avouons notre difficulté à prendre pour argent comptant  les propos rapportés par  Nopporn Suppipat. Certes, il a dû fuir après le coup d'État militaire de 2014 « comme de nombreuses autres figures progressistes et pro démocratie » dit-il, mais pour quelles raisons ? Pour ses idées démocratiques, nous en doutons. Dans son préambule, E. Mérieau nous apprend qu'il fut l'une des plus grosses fortunes du pays à moins de 40 ans (Il est né en 1971), mais que son édifice s'est craquelé « de toutes parts sur fond de rivalités  avec l'entourage du prince héritier. » Qui ? Objets des rivalités ?

 

 

(Il faut savoir que Wind Energy Holding (WEH), était le plus important acteur de l'énergie éolienne d’Asie du Sud-Est valorisé à 1,9 milliard de dollars en 2014 )

 

 

Il justifiera son choix de la France, comme le pays de droits de l'homme, le pays qui vit une révolution technologique, où il a investi dans « son » entreprise  Blade et son développement. (Il aurait pu signaler les fondateurs et  les deux autres gros investisseurs. (11) ) Une France, dit-il, qui a une vraie « culture » de l'investissement, et n'a pas, comme en Thaïlande, une importante connexion entre les politiques et les chefs d'entreprises, ni un business contrôlé par 20 familles.

 

 

(Evidemment les lobbies au parlement français et les grands groupes familiaux et leurs réseaux n'existent pas en France. Comment écrire de telles stupidités ? Ignorance ou mauvaise foi ?)

 

 

 

 

A une autre question, il affirmera qu'il est fier d'être Thaïlandais, mais ne peut supporter la tradition de la soumission à l'autorité, le manque cruel d'esprit critique, qui empêche la Thaïlande d'avancer. (Avancer en quoi ? Critères?) Bref, aujourd'hui Paris est sa maison et qu'il est prêt à rendre à la France tout ce qu'elle lui a donné.

 

 

 

Un cœur généreux et reconnaissant en quelque sorte, mais on peut douter du cœur populaire, non ? Mais pour E . Mérieau, (C'est sa phrase finale) :

 

 

« De ces entretiens avec les réfugiés politiques ressort un point commun : cette indéfectible conviction de lutter pour la Vérité, la Justice, et la Démocratie, sans compromission et au prix de leur exil. ».  Quel esprit critique !

 

 

 

 

 

Il ne  s'agit pas ici de déconsidérer ceux qui ont dû fuir la Thaïlande pour éviter la prison, voire un « accident », mais d'indiquer que ces entretiens nous apprennent très peu sur  leurs combats. De plus l'objectif annoncé d'E. Mérieau qui était de « mettre en relief les contradictions, les paradoxes et les contrastes de la Thaïlande, n'est nullement rempli.  Il aurait fallu des synthèses, des contextes, des compléments, relancer parfois de façon critique les interlocuteurs. Il ne suffit pas d'être opposant à la junte pour avoir une juste analyse de la situation historique, politique, et sociale du pays, ni les solutions pour son avenir, si l'on en juge, par exemple par les propositions du groupe Nittirat mises en exergue, en nous cachant d'ailleurs son mariage avec Piyabut Saengkanokkul, l'un des membres fondateurs ou encore des propos nostalgiques du vieux « révolutionnaire communiste »  Jaran Ditapichai, réfugié à Paris.

 

Mais ce livre a le  mérite d'exister, tant les livres sur la Thaïlande écrits en français sont rares. Et puis, il appartient à chacun de se faire une opinion, et vous trouverez -  via internet -  des critiques plus favorables, oubliant souvent tout esprit critique.

 

« Ce petit livre permet une lecture sociale et historique originale à travers des chapitres synthétiques donnant la parole à de nombreux acteurs de ce pays émergent d’Asie du Sud-Est. (La Cliothèque, service de presse) ».

 

Ou bien encore  l'article « Hors normes et Thaïlandais malgré tout !» d'Eric Deseut dans le « Le Petit Journal » :

 

« Chercheuse en sciences politiques, Eugénie Mérieau assume cette fois le rôle d’un metteur en scène. Elle use de différentes focales pour tantôt prendre du recul, tantôt se concentrer sur des expériences particulières, tout en diversifiant les perspectives. En alternant dialogues roboratifs et évocations de figures hautes en couleur, son scénario évite les limbes de l’abstraction pour proposer en 150 pages une sociologie à chaud. […] Au fil des pages, toutes ces visions s’enchevêtrent pour tisser une fresque de la Thaïlande d’aujourd’hui. […] Aux antipodes d’une critique dévalorisante, c’est en effet "une irrésistible fascination" que veut éveiller ou prolonger “Les Thaïlandais - Lignes de Vie d'un Peuple”. »(13)

 

Disons que nous n'avons pas été « fascinés », n'ayant pas vu  « les lignes de vie d'un peuple » promises. Elles nécessitaient, pour le moins, des analyses historiques,   géopolitiques et économiques avec l'impact  des nouvelles technologies et des réseaux sociaux dans le développement du pays. Il eut été aussi de bon ton d'évoquer la situation du Sud et de ses habitants qui sont toujours à ce jour, Thaïlandais.

 

 

 

 

Références et notes.

 

(1) Les Ateliers Henry Dougier, 2018, Paris. 155 p.

 

(2) « Idées reçues sur la Thaïlande », Le Cavalier bleu Éditions, collection « Idées reçues », 2018, 147 pages.

Nous lui avons consacré 8 articles :

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/11/a-282.idees-recues-sur-la-thailande-selon-eugenie-merieau.html

 

 « Les Chemises rouges de Thaïlande », Eugénie Mérieau,  2013,  lRASEC,

 

« Cette étude, dit-elle, retrace les différents événements fondateurs du mouvement dit des Chemises rouges, depuis leur création embryonnaire à la veille du coup d’Etat du 19 septembre 2006, jusqu’à leur écrasante victoire électorale du 3 juillet 2011. Offrant un examen détaillé des actions et des motivations des différentes organisations et groupuscules qui composent les Chemises rouges ».

Nous lui avons consacré deux articles :

A 124 - http://www.alainbernardenthailande.com/article-a123-les-chemises-rouges-de-thailande-1-119487000.html

A 125 - http://www.alainbernardenthailande.com/article-a125-les-chemises-rouges-de-thailande-2-119590962.html

 

(3) LES 6 CHAPITRES DU LIVRE.

 

CHAPITRE I

 

MAIS COMMENT PEUT-ON ÊTRE THAÏLANDAIS ?

 

Aux marges de la thaïtude. Entretien avec Thongchai Winichakul, historien. Unis contre le crime de lèse-majesté. Rencontre avec Nittirat, groupe de juristes.Un voile noir contre les disparitions forcées. Portrait d'Angkana Nilaphaichit, veuve           de disparu et défenseuse des droits de l'homme. De la transformation du Siam en Thaïlande. Voyage dans le temps à la rencontre de Plaek Phibunsongkhram.

 

CHAPITRE 2.

 

LE RÈGNE DE L'ARGENT.

 

Jalouse, la classe moyenne ? Entretien avec Pasuk Phongpaichit, économiste et historienne. Le bouddhisme de l'hyperconsommation. Rencontre avec Sulak Sivaraksa, intellectuel du bouddhisme. Business et politique, une affaire de famille. Portraits de Shinawatra, des Chidchob, des Silpa-archa et des Thueaksuban, ministres millionnaires de pères en fil(le)s.Des lois du marché à celles du foot. Rencontre d'Anucha Chaiyated, investisseur          propriétaire d'une équipe de foot.

 

CHAPITRE 3.

 

BANGKOK, LA FOLLE MÉGAPOLE.

 

Une ville anti-humaniste ? Entretien avec Niramon Kulsrisombat, professeur d'urbaniste. Des salons de massage aux bancs de l'Assemblée. Rencontre avec Chuvit Kamonwisit, baron des salons de prostitution bangkokois, ancien député de Bangkok. Folies et errements de la jeunesse dorée des beaux quartiers de Bangkok. Portraits des héritiers Chitpas Bhirombhakdi (bière Singha), Vorayut Yoovidhya (Red Bull) et Thanat Thanakitamnuay (Noble Home). « Résister un art de vivre ». Entretiens des agitateurs ordinaires bangkokois Pansak Srithep, chauffeur de taxi,et Netiwit Chotiratphaisan, étudiant. Vivre avec le VIH. Rencontre avec Kritthanan Ditthabanjong, séropositif et volontaire auprès des personnes atteintes du VIH.

 

CHAPITRE 4.

 

FANTÔMES ET ESPRITS D'ISAN.

 

Des néons blafards de Khon Kaen au tapis rouge de Cannes. Entretien avec le        cinéaste Apichatpong Weerasethakul, palme d'or. De la mélancolie joyeuse des chants d'Isan. Rencontre avec Rasmee Wayrana, chanteuse de molam. Les exils forcés des gens d'Isan, une fatalité ? Entretien avec Pu Kradat, écrivain. Des applications pour smartphone au service des riziculteurs. Rencontre avec Anukun Saipeth, entrepreneur social.

 

CHAPITRE 5.

 

GENRE(S) ET SEXUALITÉ(S)

 

Une grande liberté sexuelle … mais sans égalité des sexes ! Entretien avec Chalidaporn Songsamphan, politiste. « La prostitution, une fierté pour notre pays ». Portrait de de Lakkana Punwichai, figure du féminisme thaïlandais. Les salons de prostitution, une importation étrangère ? Rencontre avec Noi,  fondatrice du musée de la Prostitution et présidente de la fondation Empower. Du rire aux larmes chez les Miss Tiffany. Reportage au cœur du vingtième anniversaire du concours de beauté trans.

 

CHAPITRE 6.

 

ÊTRE UN THAÏLANDAIS EN EXIL À PARIS.

 

Une inamitié parisienne à l'origine de la chute de la monarchie absolue au Siam. Sur les traces de Pridi Phanomyong et Phibun Songkhram, révolutionnaires. L'exil, la prison ou la mort ? L'Histoire, toute l'Histoire, rien que l'Histoire! Entretien avec Somsak Jeamteerasakul, historien. La lutte comme raison d'être. Entretien avec Aum Neko, activiste pour les droits des transgenres. Le refus de la désillusion. Entretien avec Jaran Ditapichai, ancien commissaire aux droits de l'homme. Rendre à la France ce qu'on lui doit. Entretien avec Nopporn Suppipat, entrepreneur et investisseur.

 

(4) A.57 Qui est Thaï ? Qui est Thaïlandais ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-57-qui-est-thai-qui-est-thailandais-99435771.html

 

(5) « Qui est Thaï ? Qui est Thaïlandais ? »

 

En se rappelant que les Thaïs siamois sont minoritaires en Thaïlande (40%), que les Isan représentent 31% des 68 millions de la population thaïlandaise et qu’ « ils regroupent en fait des groupes ethniques très divers, aux origines,  traditions, coutumes, langues différentes, dont les trois  principaux sont les Thaïs Isan, les Thaïs Khmer, et les Thaïs  Kouis » ; Comment avec  Ivanoff la thainess « les Thaïs siamois avaient imposé leur langue, leurs normes et établit une « hiérarchie » avec ces autres peuples, comme avec les  Muangs, les Pak Tai, les Khmers, les Chinois, les Khaek, les groupes montagnards (Karens, Hmongs, Akhas …) Ils étaient tous Thaïlandais, mais pas tous des vrais Thaïs », n'oubliant pas  les migrations successives volontaires et souvent forcées (prisonniers, esclaves) avec les Laos, les Birmans, les Khmers, les Annamites, les Chinois, les Pégouans,  les Môns, les Malais, les Hindous et même les Japonais et les Portugais  …  Combien de fois sommes-nous revenus sur  l'idéologie de la thaïness qui définit ce qui est thaïlandais et ce qui ne l’est pas, sur cette histoire qui a tenté d’imposer une langue, le respect absolu de la monarchie et du roi, et des traditions bouddhistes, et UNE vision de l’Histoire inculquée à l’école. (Cf. ((5) Notre article « Le nationalisme et l’école ? »)

 

Une «  thaïness (qui) a servi aux «aristocrates» et aux élites urbaines des Thaïs siamois à construire « l’unité » de la Nation thaïe et à légitimer leur pouvoir sur le dos des identités régionales, que l’on considérait comme « cadettes » dans le meilleur des cas mais le plus souvent inférieures, incultes, « paysannes ». (Ollivier et de Narumon Hinshiranan Arunotai)

Cf. aussi Jacques Ivanoff, Construction ethnique et ethnorégionalisme en Thaïlande, Carnet de l’IRASEC n° 13

 

ARTICLE 13 : Le nationalisme et l’école ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-article-13-le-nationalisme-et-l-ecole-68396825.html

Lecture de l'article intitulé « Thaïlande : le complexe de l’altérité »  de  Waruni OSATHAROM, (chercheur au Thai Khadi Research Institute, Thammasat University, Bangkok.

 

(6) A 38. La Thaïlande n’a jamais été colonisée ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a38-la-thailande-n-a-jamais-ete-colonisee-vous-en-etes-sur-81581652.html

Et la suite : http://www.alainbernardenthailande.com/2016/07/a-218-la-thailande-n-a-jamais-ete-colonisee-suite.html

 

(7) 228. COMPRENDRE LA RÉVOLTE POPULAIRE DU 14 OCTOBRE 1973 EN THAÏLANDE QUI MIT FIN À LA DICTATURE DU MARÉCHAL THANOM.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/04/228-comprendre-la-revolte-populaire-du-14-octobre-1973-en-thailande-qui-mit-fin-a-la-dictature-du-marechal-thanom.html

 

« Cette date du 14 octobre 1973 marquait pour la première fois dans l’histoire de la Thaïlande la volonté des étudiants et du « peuple » de jouer un rôle dans cette histoire, et d’installer – enfin – une démocratie. Certes, on connaît la suite et le présent, mais à cette date l’espoir régnait. Il s’agissait alors de chercher à comprendre les raisons qui avaient permis  cette « révolution » étudiante et  populaire, qui s’était réalisée au nom de la « démocratie » et qui avait chassé du pouvoir les deux dictateurs, le maréchal Thanom et le général Praphat qui « régnaient » depuis presque 10 ans sur le pays. »

 

Et nos trois articles sur  LES ÉVÉNEMENTS  POLITIQUES DE 1973 A 1976 : DU 14 OCTOBRE 1973 AU 6 OCTOBRE 1976, TROIS ANS DE CHAOS : PREMIER ÉPISODE.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/05/229-1-les-evenements-politiques-de-1973-a-1976-du-14-octobre-1973-au-6-octobre-1976-trois-ans-de-chaos-premier-episode.html

 

(8) A  69.  Vous connaissez le groupe Nitirat de Thaïlande ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a69-vous-connaissez-le-groupe-nitirat-de-thailande-107595409.html

A70. Le groupe Nitirat  est sauvé.  Noam Chomsky vient à son secours.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a70-le-groupe-nitarat-est-sauve-noam-chomski-vient-a-son-secours-107765014.html

 

(9)https://fr.wikipedia.org/wiki/Somsak_Jeamteerasakul

 

(10) La militante Aum Neko "fête" 4 ans d’exil en France en tant que femme

Par Camille Thomaso | Publié le 14/03/2018 à 00:00 | Mis à jour le 16/03/2018 à 04:04

https://lepetitjournal.com/bangkok/la-militante-aum-neko-fete-4-ans-dexil-en-france-en-tant-que-femme-225679

Et  Pracatia, english, Thai trans political refugee Aum Neko and her fight to become a woman.

 

(11)  Wikipédia nous apprend que : Dès son départ de Thaïlande, Nopporn Suppipat quitte sa fonction de PDG de WEH, remplacé par Emma Collins, anciennement co-directeur général. Le 25 juin 2015, il vend ses parts s’élevant à 75 % de l’entreprise à KPN Group.

KPN Group a récemment été accusé à plusieurs reprises de mauvaise gestion financière de WEH, notamment suite aux déclarations de l’ancienne comptable de l’entreprise Asama Thanyaphan, forcée à falsifier les comptes pour masquer des prélèvements perpétrés par certains actionnaires. KPMG, auditeur externe de WEH, démissionne peu après, refusant d’endosser les comptes 2015/2016 de l’entreprise.

 

(12) « En 2015, Emmanuel Freund, Stéphane Héliot et Acher Criou décident de crée leur start-up Blade de PC dans le cloud "Shadow". Au début 2016, les fondateurs décident de faire une première levée de fonds de 3 millions d'euros, puis de 10 millions en octobre et enfin de 51 millions en 2017, auprès de Pierre Kosciusko- Morizet  (Priceminister.com), Michaël Benabou (Vente-privée.com) et de l'homme d'affaires thaïlandais Nopporn Suppipat. » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Blade_(entreprise)

 

(13) Hors normes et Thaïlandais malgré tout ! Par Eric DESEUT | Publié le 26/02/2019 à 00:00 | Mis à jour le 26/02/2019 à 01:02 https://lepetitjournal.com/bangkok/hors-normes-et-thailandais-malgre-tout-247408

 

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