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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 22:01
Respecter la vie

Respecter la vie

Respecter le bien d'autrui

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Respecter la vie conjugale

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Détester les propos déplacés

Détester les propos déplacés

Les conséquences de l'ivrognerie

Les conséquences de l'ivrognerie

Cette question fit  l’objet de deux articles dont nous pouvions penser qu’ils n’avaient en 2019 d’autre intérêt qu’historique. Un premier article de B.J. Terwiel date de 1972 (1). L’autre de Ruengdej Srimuni est également daté de 1972 (2). Deux études universitaires récentes nous démontrent que le sujet est récurent. La première concerne la province de Suphanburi. Certes, nous ne sommes plus en Isan mais nous n’en sommes pas loin (3). Une dernière, en thaï, date du 22 mai 2019. Elle concerne la province de Surin (4).

 

 

Ces cinq préceptes sont – mutatis mutandis - l’équivalent des 10 commandements de la loi mosaïque mais en diffèrent fondamentalement.

 

 

 

D’une façon plus générale, leur connaissance n’est peut-être pas inutile à ceux qui s’intéressent au bouddhisme tel qu’il est pratiqué chez nous en dehors des bouddhistes « de comptoir » qui en réalité en ignorent tout

 

 

 

 

...ou par les intellectuels occidentaux en mal de spiritualité qui ne connaissent que le Bouddhisme du dalaï-lama à la tête d’un fonds de commerce plus ou moins ouvertement stipendié par la C.I.A et que les vrais bouddhistes thaïs considèrent comme un imposteur.

 

 

D’OÚ VIENNENT CES CINQ PRÉCEPTES ?

 

 

Constituant un principe de cohérence qui couvre toute la vie humaine, il importe de décrire rapidement leur histoire depuis l'époque de Bouddha.

 

 

Les théologiens bouddhistes constatent leur apparition sous le règne du roi Satisirat (พระเจ้าสมสติราช) dont la datation est incertaine. Ils seraient apparus progressivement au fil des siècles, chacun ayant une origine légendaire (5). Les premières mentions des cinq préceptes (Leur nom vient du pali : panca sikkhapadani ou panca sila) se trouvent dans les textes canoniques de la première tradition bouddhiste initialement répandus par tradition orale. Lorsque le bouddhisme s'est répandu dans diverses nations, l'utilisation de la panca silani s'est progressivement diversifiée, par exemple en Chine ou dans les régions où le bouddhisme est la religion d'État depuis des siècles comme la Thaïlande.

 

 

 

LA CÉRÉMONIE RITUELLE

 

 

Dans les régions rurales, la cérémonie rituelle de « Khosila » (ขอศีล ๕ demander à recevoir les cinq préceptes) est un événement courant : Toute personne qui participe aux offices religieux habituels, soit dans des lieux privés soit dans les monastères, aura la possibilité de recevoir les cinq préceptes plusieurs fois par an. Lors des plus grandes fêtes religieuses, les ordinations en particulier, la réception des  préceptes peut être donnée plusieurs fois par jour, chaque fois au début d'une nouvelle cérémonie. Chaque fois qu'un chapitre de moines et un groupe de laïcs se réunissent pour un service religieux, les cinq préceptes peuvent être donnés selon un très long rituel toujours immuable. Avant l’arrivée des moines, les laïcs préparent l'estrade sur laquelle les membres du sangha (สังฆะ - le mot est d’origine pali) vont s'asseoir en plaçant une image de Bouddha à une extrémité en disposant les tapis et les coussins à gauche de l'image. A l’arrivée des moines, ceux-ci se placeront près de la statue de Bouddha, les jeunes moines et les novices plus éloignés, si possible sur une seule rangée.

 

 

 

Dès que les anciens parmi les laïcs estiment que la cérémonie peut commencer, l’un d’autre eux attirera l'attention de chacun en leur demandant de prononcer d’une voix claire la formule sacramentelle par trois fois en pali (6). On peut la traduire comme suit même s’il y a des divergences,  mais la plus souvent utilisée dans la Thaïlande rurale est la suivante : « 0h vénérables, nous demandons chacun pour soi les cinq préceptes et le triple refuge » (7). Les trois refuges, ce sont les trois pierres précieuses du bouddhisme. En réponse à l'une ou l'autre de ces formules, un des moines les plus âgés récitera clairement et également trois fois une autre formule sacramentelle en pali (8) que l’on peut traduire comme suit : « Hommage au bienheureux, à l’omniscient, à l’éveillé ». Après chaque phrase, le moine s’arrête pour laisser aux fidèles le temps de répéter après lui. Ceci fait, les cinq préceptes sont alors proclamés, toujours en pali (9).

 

 

 

LES CINQ PRÉCEPTES.

 

 

Nous pouvons les traduire comme suit, l’ordre dans lequel ils sont prononcés semble bien traduire un ordre hiérarchique dans leur importance :

 

 

Je m'engage à respecter la règle de m’abstenir  de prendre la vie.

Je m'engage à respecter la règle de m’abstenir de prendre ce qui n'est pas donné.

Je m'engage à respecter  la règle de m’abstenir du plaisir sensuel déplacé.

Je m'engage à respecter la règle de m’abstenir de prononcer de faux discours.

Je m'engage à respecter la règle de m’abstenir d’absorber des substances intoxicantes qui font perdre la tranquillité de l’esprit.

 

 

 Il faut évidemment noter une subtilité certaine : « s'abstenir de prendre la vie »  n'est pas la même chose que « ne pas tuer », de même pour les quatre préceptes restants.

 

Nous trouvons une traduction tout aussi orthodoxe dans un catéchisme illustré à l’usage des jeunes gens, répandu dans les écoles :

 

 

Je m’engage à ne tuer ni animal ni une autre personne.

 

 

 

 

Je  m’engage à ne pas voler et ne pas utiliser d’autres personnes pour cela.

 

 

 

Je m’engage à refréner les désirs de ma chair.

 

 

 

 

Je m’engage à ne pas mentir, à ne pas tenir des propos vulgaires sans nécessité, ou des propos désobligeants pour les autres.

 

 

 

 

Je m’engage à m’abstenir des excès de boisson et des excès de nourriture.

 

 

 

 

Les explications alors données à ces jeunes sont les suivantes et relèvent d’un certain bon sens :

 

Ne tuer ni êtres humains ni animaux vous prolongera la vie, vous évitera souffrance et maladie et donne la vertu et la grâce,

Ne pas voler les richesses des autres vous rendra riche et vous procurera le bonheur en vous donnant envie de travailler avec conscience,

Ne pas commettre l’adultère vous rendra serein et tranquille, conservera la pureté des lignages et vous donnera le bonheur conjugal.

Ne pas mentir fera de vous un homme comblé, à la bouche d’or, aimé des autres qui vous considérerons comme celui qui dit la vérité.

Ne pas commettre d’excès de table et de boisson vous laissera l’esprit tranquille, vous donnera la sagesse, l’imagination et l’intelligence. Ne pas être intempérant vous évitera de tomber dans l’erreur ou dans le vice et vous fera connaître le bonheur. Ces cinq préceptes conduisent, avec un bon comportement à la félicité, avec un bon comportement à la richesse et au succès, il nous permettent de purifier notre comportement ».

 

 

Naturellement, tout au cours de la cérémonie, les laïcs sont assis, les mains jointes devant la poitrine, les pieds repliés vers l’arrière.

 

 

 

 

Lorsque le cinquième précepte a été récité et répété, le moine qui préside la récite solennellement les paroles suivantes que les laïcs doivent écouter avec respect, toujours  en pali (10). Nous pouvons les traduire comme suit :

 

 

En observant les cinq préceptes,

nous renaîtrons en bien dans une autre vie,

nous obtiendrons la richesse,

nous atteindrons le nirvana,

c’est pourquoi nous les respectons.

 

 

Lorsque ces psalmodies sont terminées, tous les laïcs inclinent la tête et lèvent leurs mains jointes vers le front.

 

 

 

LES IMPLICATONS DANS LES CAMPAGNES

 

 

La question que posent (irrévérencieusement) nos auteurs est de savoir si les laïcs qui s’engagent dans ces préceptes sont conscients de ce qu’ils impliquent et plus encore les enfants lorsqu’ils les apprennent dans les écoles. La réponse est évidemment positive pour les profanes adultes, en particulier les hommes qui ont passé au moins une saison des pluies dans le sangha ou pour les personnes âgées confites en dévotion comme les femmes.

 

 

Qu’en est-il au quotidien ?

 

 

Les exégètes détaillent ces commandements comme suit :

 

 

Le premier précepte est violé lorsque la vie est prise, vie humaine ou vie animale. Frapper un moustique ou tuer le germe dans un œuf sont des infractions. L’interdiction de tuer les animaux relève en la croyance en la métempsychose, la renaissance sous une autre vie et qui se cache derrière l’animal que l’on tue.

 

 

 

L’interdiction du vol est le second précepte. S’emparer de biens matériels contre la volonté de leur propriétaire légitime ou emprunter sans prendre la peine de demander le consentement du propriétaire en est une violation. On conçoit généralement que le jeu  d’argent relève de cette règle.

 

 

 

 

Le troisième précepte n'interdit pas seulement les manquements évidents à une conduite appropriée tels que l'adultère, l'inceste et le viol, mais interdit également les actes montrant l'intention de se comporter de façon licencieuse, comme flirter avec une femme  mariée.

 

 

 

 

Le quatrième précepte est plus facilement brisé. Il couvre un large éventail de faussetés, exagérations, insinuations, commérages, rires sans retenue, discours trompeurs, plaisanteries douteuses. Sa violation se joint au manquement à la parole donnée.

 

 

 

 

Le dernier des commandements interdit l’utilisation de boissons alcoolisées et de toutes les autres substances stupéfiantes telles que l’opium et les drogues, à moins  que ce soit à des fins médicinales.

 

 

 

 

Une parabole très répandue dans tous les ouvrages pieux illustre les conséquences néfastes de sa violation :

 

 

Il était une fois un homme de  bien qui menait une vie exemplaire. Un jour, il fut mis au défi de violer un seul précepte. Il pensa « Le premier précepte ne peut pas être rompu, j’ai une grande compassion pour tous les êtres vivant. En ce qui concerne le vol, non, je ne peux pas prendre ce qui n’est pas à moi, ce qui causerait un dommage à ma victime. Violer le troisième précepte est hors de question, tout comme le mensonge, j’y répugne. Par contre, violer le dernier précepte ne nuit à personne, sauf à ma santé et à ma lucidité. C’est donc celui-là que je vais enfreindre  en prenant des boissons alcoolisées ». Il prit une bouteille et se servit un verre, curieux de connaître le goût de cette liqueur interdite. Quand il a eu terminé le premier verre, considérant que cela ne lui avait fait aucun mal, il en goûta un peu plus. Lorsque la bouteille fut vide, il remarqua la femme de son voisin, émerveillé par son charme. Il marcha vers elle en titubant et tenta de la violer. Le mari vint alors à son secours, il le tua. Pour échapper à sa vindicte, il prit la fuite et se fit voleur de grands chemins. Telles sont les terribles conséquences de la violation de ce précepte ».

 

 

 

Il est permis de conclure que les habitants des zones rurales sont généralement bien conscients de la portée de leur promesse d'adhérer aux cinq préceptes, la question qui se pose est de savoir s’ils essaient de se comporter conformément à ces règles, et si elles exercent une influence marquée sur leur vie quotidienne.

 

 

Un crime, un meurtre, un vol ou un viol impliquent nécessairement une violation des préceptes. S'il était possible de prouver que ces crimes se produisent moins parmi les bouddhistes que parmi les non-bouddhistes, cela pourrait être une indication de l’influence du respect des cinq préceptes sur le comportement humain. Or, s’il existe des statistiques sur la criminalité en zone rurale en particulier, notamment dans les études récentes que nous avons visées (3) et (4) elles ne permettent pas de répondre à cette question. Dans quelle mesure l’abstention des crimes est-elle causée par la peur de violer un précepte ou par celle des lourdes sanctions  de la loi ?

 

 

 

 

Or, certains comportements impliquent la violation d’un précepte sans entraîner automatiquement une sanction pénale, par exemple les commérages, la consommation de boissons alcoolisées ou la mise à mort d'animaux. Une communauté sans commérages dépasse l’imagination. Et si les moines y échappent, cela peut faire partie du comportement poli  dans une société verticale et hiérarchisée, de personnes inférieures vis-à-vis de personnes supérieures. Faire des blagues sur une victime sans méfiance est appréciée de tous sauf peut-être de la victime. Le commerce est en soi une sorte de tromperie, mais tant qu’elle reste une forme légère, elle est admise bien qu’elle contrevienne à un précepte. Les boissons alcoolisées sont vendues sans limites et peuvent être consommées dans tous les cafés et restaurants. Les personnes en état d’ivresse ne sont pas rares. Sauf si un invité a un motif médical, il serait insultant pour l'hôte qui vous reçoit de refuser de partager un verre. Bien que la consommation d’alcool soit en principe interdite dans l’enceinte des temples, au cours de certaines grandes cérémonies communautaires, de nombreuses personnes boivent de l'alcool dans l'enceinte d'un monastère et de nombreuses processions ne seraient pas aussi gaies et spontanées sans le stimulant des boissons enivrantes.

 

 

Le comportement à l’égard des moustiques est impitoyable et l'agriculteur qui peut se permettre d'acheter un insecticide n'hésitera pas à traiter ses cultures, tuant ainsi des milliers de petites créatures vivantes. Le comportement à l'égard de la mise à mort d'animaux plus gros que des insectes s'accompagne toutefois d'une gêne marquée et souvent d’un voile hypocrite. Un écureuil sera piégé et tué car il dévore les meilleurs fruits. Un serpent venimeux sera tué à mort sans pitié comme les rats. Voile hypocrite ? Il est fréquent de voir un paysan à la pèche, il ne tuera pas le poisson tiré de son filet, il le laissera mourir hors de l'eau. Lorsque qu’un poulet doit être tué pour la consommation domestique, cela se fait en dehors de la maison, de sorte que l'esprit des ancêtres ne puisse assister à ce spectacle. Terwiel cite une anecdote significative : Un vieil homme discutait avec un moine. Quand celui-ci lui demanda comment il gagnait sa vie, il répondit « Je travaille sur l'eau ». Le moine pensa qu'il était un marin et lui demanda s'il appartenait à la marine ou s'il travaillait sur un navire marchand. Le vieil homme, gêné, expliqua qu'il était pêcheur et qu'il avait évité de le dire parce que ce n'était « pas bien de dire à un moine qu'on vit du poisson que l’on  tue ».

 

 

Les animaux plus gros que les poulets, comme les cochons et les buffles, ne sont généralement pas abattus par les agriculteurs. Souvent, lorsque les buffles sont trop vieux pour travailler, ils restent à la ferme jusqu'à leur mort. Les gros animaux sont souvent vendus à des bouchers professionnels. La plupart des agriculteurs hésitent à s’attirer le mauvais karma qu'un boucher accumule tout au long de sa vie. Il semble d’ailleurs que le personnel des gigantesques abattoirs, de Bangkok en particulier, soit systématiquement composé de chrétiens.

 

 

 

 

C’est donc le premier précepte, ne pas porter atteinte à la vie, que la population rurale dans son ensemble renonce à enfreindre. Faut-il y voir un symptôme dans le fait que lors des guerres féroces le vainqueur de massacre pas la population vaincue mais la conduit en esclavage dans son territoire ? Ne citons que les dizaines de milliers de captifs emmenés en captivité par les vainqueur Birmans lors de la chute d’Ayutthaya en 1767 et les Laos conduits de l’autre côté du Mékong après le sac de Vientiane par les Siamois en 1828.

 

 

Elle explique aussi incontestablement et sans qu’il n’existe de statistiques précises, le végétarisme qui est présent dans pratiquement toutes les cartes de restaurants sous deux formes, la première est le mangsawirat (มังสวิรัติ) qui est le végétarisme comme nous l’entendons en France le seconde est le che  (เจ) qui prohibe en sus de l’interdiction de consommer la viande, le lait, les œufs, les légumes à forte odeur (ail et oignon) sans que nous ayons trouvé la moindre explication à cette exclusion. La pratique du végétarisme chez les Thaïs ne relève certainement pas de fuligineuses considérations diététique mais tout simplement de scrupules religieux.

 

 

 

 

Il est plus facilement passé outre aux autres préceptes qui n’entraînent pas les lourdes sanctions du code pénal et ne sont pas incompatibles avec une vie quotidienne normale sans que cela manifeste une quelconque perversité. Après tout, il n’y a pas de réticence apparente à casser certains de ces préceptes. La raison principale pour laquelle la mise à mort d'animaux est entourée de manifestations de sentiments de culpabilité semble être la croyance aux répercussions sur le karma de cet acte. Les Jataka regorgent d'exemples de souffrances extrêmes infligées à la personne qui avait tué un animal dans une vie antérieure. Les axiomes concernant la renaissance, toujours vivaces, n'excluent pas la possibilité qu'un être humain puisse renaître sous la forme d'une poule, d'un chien, etc., ce qui ajoute au malaise quant au fait de tuer ces animaux.

 

 

Tous les Thaïs, petits et grands, connaissant l’histoire de Phra Malai (พระมาลัยบ)

 

 

 

 

...qui, sur le chemin de la visite rendue à Indra et bénéficiant de pouvoirs surnaturels dus aux mérites qu’il avait acquis, put visiter les enfers bouddhistes et notamment celui qui est réservé aux personnes ayant tué des animaux où ils souffrent d’épouvantables tourments, affligés des têtes  de leurs victimes, buffles, chats,  chiens, poulets et canards.

 

 

 

 

La crainte des conséquences néfastes sur le Karma est probablement tout aussi pesante que la peur de briser un précepte. Si les agriculteurs sont obligés de tuer les animaux pour vivre ou pour survivre et que cela entraîne un sentiment de culpabilité, s’ils peuvent commettre des infractions légères, plaisanter au détriment du voisin, abuser d’alcool lors des fêtes ou tenter le sort en jouant aux jeux d’argent, ils peuvent se racheter en acquérant des mérites, ce qui leur permettra de renaître dans une condition meilleure leur évitant devoir tuer des animaux, de chercher l’oubli dans l’ivresse ou la fortune à la loterie. L’acquisition de mérites,....

 

 

 

n’est-ce pas très exactement ce que l’Église catholique avait organisé avec le régime des indulgences, toujours en vigueur dans l’actuel code du droit canonique  ?

 

 

 

 

Les détails exégétiques détaillés par Terwiel en particulier montrent clairement que chaque précepte est interprété aussi largement que possible dans la mesure où ils sont, au quotidien, difficiles à observer scrupuleusement dans la lettre et dans l’esprit.

 

Les ressources de la casuistique sont inépuisables et les bouddhistes ne les ignorent pas.

 

Si le premier de leur commandement peut se résumer très simplement par ces mots « Vous ne tuerez point », il ne faut pas oublier qu’il fut aussi la première et l’unique défense que Dieu fit aux hommes ainsi que la rappelle la Genèse. Il devint non pas le premier mais le cinquième de la loi mosaïque, le décalogue, et maintes fois rappelé dans les évangiles. En dépit d’interprétations contraires, il n’interdit pas de tuer les animaux pour que l’homme les utilise pour se nourrir et se vêtir. Le Christ lui-même fit une pêche miraculeuse pour nourrir ses disciples.

 

 

Lorsque le christianisme se répandait dans l’Empire romain, ses adeptes se refusèrent à participer au service armé qu’ils devaient à l’empereur ce qui fut partiellement au moins  à l’origine des persécutions dont ils firent l’objet. Les pieux exégètes, Saint Augustin, lorsque l’Empire croulait devant les invasions barbares, développa alors la notion de « guerre juste » au bénéfice de laquelle on s’entre-tue encore au XXIe siècle.

 

Nécessité fit loi !

 

 

Il est en définitive difficile de savoir au vu des considérations de Terwiel et de Ruengdej Srimuni (1) et (2) si le respect par les Thaïs de ce code de bonne conduite - qui représente un fonds incompressible des règles nécessaires  à la vie en société depuis la nuit des temps – est le fruit de l’enseignement des cinq préceptes, du souci de vivre un bon Karma pour se réserver une nouvelle existence sous une autre forme, probablement des deux à la fois ou peut-être aussi plus concrètement de la peur du gendarme. Les deux études plus récentes (3) et (4) ne sont pas sans intérêt mais donnent surtout les statistiques de la criminalité que l’on trouve sans difficultés sur un site officiel (11).

 

Par exemple, Province de Kalasin, 2006-2015 :

 

 

Il est incontestable qu’il existe une délinquance en Thaïlande  ou, comme ailleurs, le juste pèche sept fois par jour (12). Il est en tous cas difficile de dire dans quelles mesures les préceptes religieux mettent un frein aux actes malfaisants.

 

 

NOTES

 

(1) « THE FIVE PRECEPTS AND RITUAL  IN RURAL THAILAND » publié dans le Journal de la Siam society, volume 60-1 de 1972).

 

(2) « Leadership and development in North East Thailand  », c’est une publication de l’Université anglaise de Durham qui consacre la seconde partie  de cette thèse à ce sujet.  Elle est disponible sur  Durham E-Theses Online:

http://etheses.dur.ac.uk/10250/

(3) Veridian E-Journal, Silpakorn University ISSN 1906 – 3431 International (Humanities, Social Sciences and Arts)  Volume 11 numéro  5  de juillet – décembre 2018 « A Study to Observance of Five Precepts Behavior of the Buddhists in Suphanburi Province ».

 

(4)  « A Study on the Practice of the Five Precepts Apply to Daily Life for The Buddhist way of Life School, Surin province », publication de l’Université Silapakorn, (Vol 6 ฉบับพิเศษ (2019): ปีที่ ๖ ฉบับพิเศษ เนื่องในงานพิธีปะจำปี ๒๕๖๒ระสาทปริญญา ปร)

 

(5) Voir le site (en thaï) : https://www.sanook.com/horoscope/98197/

 

(6) Mayam bhante visum visum rakkhanathaya tisaranena saha panca silanim : il peut y avoir des variantes signalées B.J. Terwiel (1) et Ruengdej Srimuni (2).

 

Le pali qui reste la langue sacrée du bouddhisme thaï s’écrit à l’aide de l’alphabet thaï simplifié : Il n’utilise que 33 consonnes au lieu de 44 et 8 voyelles au lieu de 32. Il comporte deux signes diacritiques spécifiques présents sur les claviers d’ordinateurs. Les livres de prière usuels (หนังสือสวดมนต์ - Nangsue Suatmon) comportent quelques lignes d’introduction pour expliquer l’utilisation des diacritiques, le texte pali transcrit en lettres thaïes sur la page de gauche et sa traduction en thaï en face sur la page de droite, très exactement comme les « Missiles des diocèses » latin-français avec que l’Eglise n’abandonne le latin.

 

 

 

(7) La cérémonie est longuement décrite et plus encore dans la notice พิธ๊แสดงตนเป็น พุทธมามกะ  (Phithi Buddhamamaka-Vidhi - Requesting to declare as a Buddhist – Comment se déclarer bouddhiste)  in www.suddhavasa.org

Il est en anglais, donne la transcription du pali en caractères romains et sa transcription en caractères thaïs.

 

(8) namo tassa bhagavato arahato samma sambuddhassa

 

(9)

Panatipata wérama sikkhapathang samathiyami
Atinthana wéramani sikkhapathang  samathiyami
Kamésoumittchadjara  wéramani sikkhapathang  samathiyami
Mousawatha  wéramani sikkhapathang  samathiyami
Wéramani sikkhapathang  samathiyami

 

(10)

imani panca sikkhapadani

silena sugatim yanti

silena bhogasampada

sliena nibbutim yanti

tasma silam visodhaye.

 

(11) http://service.nso.go.th/nso/web/statseries/statseries13.html

 

(12) «  Car sept fois le juste tombe, et il se relève, Mais les méchants sont précipités dans le malheur » (Proverbes – 24 – 16).

 

 

 

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commentaires

Mikaël 25/07/2019 22:03

Un grand merci pour vos articles.
La liste des interdits culinaires des Brahmanes en Inde comprend entre autre, les racines végétales (ail, oignon, carotte, betterave, pomme de terre, gingembre, ...). Impureté à consommer des végétaux restés "sous-terre". Peut-être y a-t-il un lien historique à cette exclusion dont vous faîtes allusion ...

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 26/07/2019 02:10

Merci de ces précisions. Il y a de nombreux sites Internet consacrés au « mang – มัง» (végétarisme) et au « che - เจ » (peu ou prou ce qu’on appelle maintenant véganisme) mais ces derniers ne donnent aucun précisions sur les origines de l’interdit pesant sur l‘ail et sur l’oignon (auquel il faut rajouter le tabac et l’alcool ce qui ne nécessite pas d’explications autres que le bons sens) alors qu’il n’en pèse aucun sur les autres légumes-racines ? Ce n’est pas faute d’avoir cherché. Est-ce tout simplement en raison de l’odeur (mais l’explication est insuffisante car les « che » mangent du durian qui pue plus que l’ail) ou en raison de lointains souvenirs des origines brahmaniques du bouddhisme local ? C’est une hypothèse en tous cas que nous vous remercions de nous avoir signalée.