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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 03:42

 

In chapitre 3 du livre « L'Espace social. À propos de l'Asie du Sud-Est », (pp. 259-316) (1)

 

 

Il faut connaître le prestige et l'œuvre de Georges Condominas pour comprendre l'intérêt que nous avions de savoir ce qu'il avait écrit sur l'évolution des systèmes politiques thaïs, certes écrit en 1976 ; Un article du chapitre 3 de son livre « L'Espace social. À propos de l'Asie du Sud-Est », (pp. 259-316). (Pour le concept d'espace social, Cf. (2)) Mais il ne s'agissait pas d'en faire un compte-rendu (3), vu que Georges Condominas dans cet article précise (p. 304) que son étude est surtout consacrée aux müöng  (ou muang ou mueang) accrochés aux montagnes et vallées d'Indochine septentrionale (Le Vietnam du nord actuel). Nous n'avons donc relevé que ce qui concerne les relations des müöng  dans  l'État siamois,  en renvoyant nos lecteurs  à nos  articles que nous avons déjà publiés sur les sujets qu'il aborde, en sachant, dit-il, que la documentation concernant les systèmes politiques créés par les Thaïs est assez abondante, mais qu'elle se limite au roi et à la cour, et que  le peuple y est peu mentionné.

 

 

 

Georges Condaminas constate « la remarquable unité de la langue thaïe, à travers cet immense territoire que constitue l'Asie du Sud-Est continentale » et la rapidité avec laquelle ces peuples ont réalisé cette expansion. (Il clarifie en note les différentes orthographes du mot thaï, qui est la famille de langues et l'ensemble des locuteurs, tandis que tay, est employé pour les dialectes des groupes ethniques qui les parlent (« tay blanc, tay noir, etc))

 

 

Une expansion qui s'est concrétisée par différents royaumes thaïs « dans la région où se rencontrent actuellement la Chine, le Laos, la Thaïlande et la Birmanie ». Toutefois les Tai se constituèrent en petites communautés autonomes et seul le Siam put se constituer en  un grand État. (Nous en avons étudié les étapes dans « Notre Histoire »  en commençant avec la création des royaumes indépendants de Sukhotai et du Lanna.)

 

 

Le müöng. (Orthographe de Georges Condominas) (Ou muang  ou müang  ou meuang – la transcription officielle - ou moeuong (Aymonier))>

 

 

Nous avions remarqué dans « Notre Histoire » que le muang était une clé essentielle, reconnue par tous, pertinente depuis l’origine jusqu’ à nos jours, couvrant tous les Territoires des Taï, pour comprendre leur identité, leur organisation territoriale, politique et religieuse.  Nous avions alors signalé que  de nombreux auteurs citaient la notion « de système à emboîtement » de Georges Condominas, pour expliquer le modèle pyramidal d’intégration des territoires conquis et de hiérarchie des catégories sociales :

 

 

« On a ainsi une société « englobante » et hiérarchisée : le phi müöng, le génie tutélaire de la principauté « couvre » les différents phi ban, les génies tutélaires de chacun des villages que contient le müöng. » 

 

 

 

Georges Condominas rappelle donc cette notion qui confirme que « le müöng comporte un ensemble de traits communs aux populations de langue thaïe », précisant qu'il  « désigne d'une part à la fois le chef-lieu et la principauté, mais d'autre part et surtout, des circonscriptions de tailles différentes dont les plus larges englobent les plus petites (…) Il désigne [aussi bien] un État puissant comme la Thaïlande qu'une principauté sur laquelle cet État exerce son autorité. (Cf. Notre article (4)). Mais il évoque d'autres traits caractéristiques comme les chefs apparentés et la cohésion dont font preuve ces chefs de guerre dans leur expansion. Les chefs apparentés entre eux, se sont lancés à l'aide de petites troupes à la conquête des vallées et ou de terres basses  aménageables en rizières  avec leurs mythes d'origine. (Il signale l'histoire de Khun Borom, sur lequel il reviendra au cours de l'article. (Cf. Notre article « Les origines mythiques de la Thaïlande ? » (5))

 

 

 

Il donne l'exemple de Pha Müöng, chef de Müöng Rat et Bang Klang Thao, chef de Ban Yang, qui se sont associés pour combattre et vaincre le Résident cambodgien de Sukhotai. Bang Klang Thao fondera le premier royaume indépendant thaï. Son troisième fils Rama Khamheng « fera figure de véritable créateur du Royaume thaï ». Ce qui n'empêchera pas ensuite des ruptures, des guerres, un müöng réussissant à imposer sa suzeraineté à d'autres müöng, reposant sur « un système d'emboîtements » pour aboutir à des États comme le Lanna autour de Chiangmai, le Lane Xang autour de Luang Prabang, puis de Vientiane et le Siam autour d'Ayutthaya. Ces guerres ont constitué d'ailleurs l'essentiel de notre histoire d'Ayutthaya relaté abondamment dans les « Chroniques royales d'Ayutthaya ». (Cf. Notre article « La conquête du « Siam » par les muang. »)(6)

 

 

 

Les Thaïs ont formé leurs royaumes sur les débris des États de haute civilisation à leur déclin, ainsi en a-t-il été pour le royaume de Sukhotai qui a été fortement influencé par l'organisation de l'Empire khmer, mais aussi rajoute Georges Condominas, par celle des Môns notamment pour l'introduction du bouddhisme (Cf. Le royaume môn d'Haripünjaya). Ils  avaient d'ailleurs, avant leurs migrations déjà été influencé par les  systèmes étatiques  de l'empire des Hans et du Nan-tchao. Mais l'histoire écrite, dit-il, ignore totalement les Proto-Indochinois qui ont aussi constitués des espaces sociaux conséquents comme par exemple les Lawas du Nord-Thaïlande.

 

 

 

 

« Les Thaïs ont [ensuite] consolidé leurs pouvoirs par une politique concertée de thaïsation des populations assujetties dont Rama Khamheng a fourni une excellente illustration », en prescrivant par exemple un système d'écriture notant les tons pour renforcer l'utilisation du siamois chez les sujets non-Tai qui parlaient des langues dépourvues de tons. Ce qui ne les a pas empêchés de pratiquer leur langue et leurs coutumes.

 

 

(Il faudra attendre l'année 2017 pour que la Thaïlande reconnaisse officiellement, légalement  et administrativement  62 ethnies. Cf. Notre article sur le sujet qui indique, tout en modulant,  que les deux tiers de la population n’ont pas le « thaï standard » comme langue maternelle. ) (7)

 

 

 

De plus, il faut considérer que les populations soumises (ou du moins les classes dirigeantes), que ce soit au niveau des espaces sociaux des villages, chefferies, ou même des principautés, durent adopter la langue du vainqueur et son système de valeurs pour sortir de leur état servile, et gravir ensuite les différents niveaux du système hiérarchique des müöng, sans oublier que même les royaumes puissants étaient eux-mêmes dans un état d'allégeance avec des États plus puissants. (On peut penser à la Chine pour les  royaumes de Sukhotai et d'Ayutthaya). Mais le plus souvent, « les anciens chefs gouvernaient toujours leurs compatriotes. » (Nous l'avions vu  de façon plus explicite en lisant les « NOTES SUR LE LAOS », d’Etienne Aymonier, qui décrivaient  le Laos siamois (L'Isan) de 1885.) (8)

 

 

La puissance et le pouvoir.

 

 

Comme nous l'avons maintes fois rappelé, les frontières bien délimitées n'ont été un enjeu pour le Siam qu’à partir de la colonisation anglaise et française (Cf. Traité franco-siamois de 1893), auparavant ce qui était essentiel était le contrôle de la main-d'œuvre  contrairement à l'Occident. Les guerres perdues se payaient par des déplacements de population que le roi distribuait pour récompenser ses subordonnées et exploiter de nouvelles terres.(Cf. Le Laos siamois (8)) Georges Condominas ne peut que confirmer que « C'est en effet le nombre de « main-d'œuvre qu'il a sous son contrôle qui donne tout son poids au chef tay. ». Il signale que certains déplacements de population furent parfois catastrophiques, comme par exemple, « la déportation par les Siamois, après la victoire sur Chang Anou, de toute la population de la plaine de Vientiane », expliquant « une importante implantation lao dans la province de Phetchaburi, au nord de l'isthme de Kra, a près de 1.000 kilomètres de leur lieu d'origine ».

 

 

 

 

 

Cette main-d'œuvre va s'inscrire dans une organisation hiérarchique du royaume basée sur un système de grades appelé « sakdina ». Georges Condominas va citer  H. G. Wales qui dans Lois sur les hiérarchies civiles, militaires et provinciales de 1454, nous donne quelques exemples.  « Un homme libre ayant le grade de 25 voulait dire qu'un individu de cette condition ne pouvait posséder plus de 25 rai.  (Un rai équivaut à 1.600 m2). Cela permettait de déterminer le nombre de « clients » qu' « un patron » pouvait mettre à la disposition du service gouvernemental régi par un système de corvées civiles et militaires. « Ainsi, en supposant que chacun de ses clients possédait 25 rai, un patron de 400 en sakdina contrôlait 16 hommes tandis qu'un ministre de grade 10.000 en sakdina contrôlait 400 clients. » » La puissance se comprend donc aussi bien par une évaluation territoriale que par le nombre d'hommes qui lui correspond.

 

 

Mais nous avions vu avec l' « Etude sur le système de sakdina  en Thaïlande » de Suthavadee Nunbhakdi, paru dans le livre « Formes extrêmes de dépendance », Contributions à l’étude de l’esclavage en Asie du Sud-est »,(1998) sous la direction justement de Georges Condominas,  que le système de la sakdina est plus complexe.

 

 

 

 

Il  est effectivement un système hiérarchique qui attribue un rang, un grade donnant droit à une surface donnée et un nombre de paysans (Phraï ou hommes libres et That ou esclaves) correspondant, mais il régule aussi  le système foncier et gère le système « politique » qui permet de s’attacher les guerriers valeureux, méritants ou de « punir » les hommes ayant failli ou « dangereux ».

 

 

 

La sakdina est donc un des moyens qui permet au chef du mueang d’assurer son pouvoir en gérant  son territoire (son foncier), son « pouvoir économique », « ses subordonnées », de répondre aux « exigences « impôts et corvées) du muang supérieur. Elle constitue l’un des moyens d’organisation et d’exercice du pouvoir, avec les mariages les alliances, les « vassalisations » et les guerres …  En sachant  que « Le roi à  Ayutthaya, est  en sa qualité de Devarâja, le dieu-roi hérité de la tradition khmère, le « Seigneur de la Vie » (Chao Chiwit), et commande en principe à tous les êtres, humains et autres, du royaume. Il est  aussi Chao Phendin, « le Maître de la Terre ». Autrement dit,  la terre du royaume appartient au souverain, et ses sujets qui l’exploitent et n’en ont que l’usufruit. Le souverain  dispose donc  en maître absolu des biens fonciers, de son droit d’octroyer ou de confisquer les terres, de son droit de percevoir l’impôt sur toutes les terres. Il incarne l’Etat. » (In notre article «  La sakdina, le système féodal du Siam ? » et 3 autres articles sur la place du peuple et l'esclavage) (9)

 

 

 

 

Ensuite, après avoir indiqué que la rizière (irriguée ou pluviale) est l'élément essentiel de l'économie des Tay, tant dans leurs mythes que dans leur organisation sociale, Georges Condominas nous rappelle que la forêt joue un rôle important d'appoint avec la cueillette, la chasse, et la pêche dans ses cours d'eau. Mais si au début des migrations, les ban (villages) furent autonomes, tout changea » lorsque des chefs thaïs atteignirent les espaces ouverts, tel le moyen Mékong, le bassin de Chiangmai, Lamphun ou celui de Sukhotai, non pas tant pour le contrôle de plus vastes régions, ainsi parce qu'ils rencontrèrent avec les Môns et les Khmers, des États hiérarchisés et centralisés, « un système politique  et une organisation de l'espace qui relèvent de ce que Marx a appelé le mode de production asiatique » .

 

 

Georges Condominas se contentera  de relever quelques écarts qui apparaissent entre les sociétés thaïes à petits espaces sociaux (les müöng « tribaux ») à celles qui sont formés par les États (Les müöng  États), où les relations personnelles ont disparu avec le souverain thaï « isolé de ses sujets par un système hiérarchique rigide et une étiquette extrêmement stricte qui ne permettent qu'à quelques dignitaires de haut rang de l'approcher ». Un dieu roi qui a un pouvoir absolu sur ses sujets, encadré par le système de sakdina. Il est « Le Maître de la Vie » (Chao Chivit) (Georges Condominas rappelle le décret du roi Taksin (1767-1782) qui avait imposé à chaque phray d'être marqué des noms de son maître et de la ville où il réside). 

 

 

 

Toutefois ce pouvoir absolu ne s'exerçait que fort peu sur les minorités intégrées aux müöng éloignés de la capitale de l'État, ou certains müöng vaincus qui sauvegarderont leur indépendance en payant un tribut annuel [Ou tri-annuel].

 

 

 

 

(Nous avions appris par Etienne Aymonier dans ses  « NOTES SUR LE LAOS » (De fait le Laos siamois) que « Le pouvoir siamois n’intervient pas pour imposer ses mœurs, ses coutumes, ses  valeurs et laissent les Laociens  vivre en Laociens. ». (8)  De même, dans notre article sur « La nouvelle organisation administrative du roi Chulalongkorn », nous disions : « Certains mueangs dépendaient donc directement de la capitale, mais d’autres, d’un plus grand mueang  et d’autres enfin de royaumes tributaires. Plus précisément, le territoire était divisé en plusieurs catégories en fonction de l’éloignement de Bangkok, les « provinces de l’intérieur », celles de l’extérieur et au-delà, les états tributaires. Si les provinces de l’intérieur, proches de Bangkok, étaient administrées directement par la capitale, les « provinces extérieures » et les états tributaires étaient relativement indépendants dans la gestion de leurs affaires internes et avaient pour obligation de payer un tribut annuel à la capitale tous les trois ans et de prêter assistance en cas de guerre.

 

 

Avant les réformes, les postes de gouverneur des mueangs étaient devenus, de façon plus ou moins informelle, héréditaires et les dits gouverneurs vivaient des taxes perçues dans leur mueang, retransmises plus ou moins fidèlement à Bangkok. Sur d’autres, régnaient comme monarques tributaires de véritables monarques et non des « chaos mueang » comme au Lanna par exemple, des Rajahs dans les principautés malaises du sud.  Le premier souci de la réforme fut de supprimer cette féodalité au profit de fonctionnaires du gouvernement désignés par le pouvoir central, dépendant de lui et rémunérés par lui. » (10)

 

 

 

Georges Condominas terminera son article en rappelant  que si le roi est le « Maître de la vie » , il est aussi « le Maître de la terre », rappelant que « Toute la terre du royaume appartient au souverain, et ses sujets qui l'exploitent n'en ont que l'usufruit », ce qui signifie que le produit du surtravail lui revient de droit, et que les princes et  les nobles ne prélèvent leur part que par délégation, sans oublier la paie des artisans, l'entretien  de la bureaucratie de lettrés et le clergé bouddhique, dont une partie sera prise en charge par les villages,  sur lesquels il ne donnera aucune information.

 

                                                       

-

 

 

Il faut avouer que nous n'avons rien appris de nouveau dans cet article sur  « l'évolution des systèmes politiques thaïs » concernant l'État thaï, avec ce qui le caractérise comme les  pouvoirs du roi, le müöng, la sakdina, etc, surtout que Georges Condominas n'évoque même pas le pouvoir du sacré et du religieux. Mais il nous a permis de relire et de vous renvoyer à quelques-uns de nos articles qui abordent les sujets suscités avec d'autres auteurs aussi pertinents. Mais Georges Condominas  nous avait avertis que son étude était surtout consacrée aux müöng accrochés aux montagnes et vallées d'Indochine septentrionale [Nord du Vietnam], dont il est l'un des plus grands spécialistes. Claude Lévi-Strauss ne le décrivit-il pas comme le « Proust de l'ethnologie ».

 

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

Quelques éléments biographiques et bibliographiques :

 

D'après Wikipédia :

 

Georges Condominas (abrégé en « Condo » pour ses intimes et ses étudiants), né le 29 juin 1921 à Hai Phong et mort le 16 juillet 2011.  Il  est l'ethnologue français  considéré comme le spécialiste incontesté de  l'Asie du Sud-Est et en particulier des sociétés traditionnelles de cette aire, ainsi que de Madagascar. Il est surtout connu pour ses travaux sur les Mnong notamment via son ouvrage Nous avons mangé la forêt qui fut  dès sa sortie, en 1957, considéré comme un chef-d'œuvre, renouvelant totalement le genre de la littérature ethnographique, absolument nouvelle à son époque, au point que Claude Lévi-Strauss le décrivit comme le « Proust de l'ethnologie ».

 

Il résulte du terrain de Sar Luk une œuvre scientifique abondante d'où se dégagent deux livres au fort retentissement : Nous avons mangé la forêt de la pierre-génie Gôo (1957) et L'exotique est quotidien (1965).

 

 

 

Georges Condominas poursuit sa carrière d'ethnographe à travers plusieurs séjours de recherche entre 1957 et 1960. Il est successivement :

Il est nommé en 1960 directeur d’études à l'École des hautes études en sciences sociales où il crée en 1962, avec André-Georges Haudricourt et Lucien Bernot, le Centre de documentation et de recherche sur l'Asie du Sud-Est et le monde insulindien (CeDRASEMI). Le CeDRASEMI est un lieu d'accueil pour de nombreux chercheurs français et internationaux travaillant sur cette aire géographique.

 

 

Pour Georges Condominas l'ethnologie est un genre de vie à part entière qui justifie ses engagements :

Une œuvre reconnue à travers le monde

Le rayonnement de l'œuvre de Georges Condominas dépasse l'Hexagone. Ancien vice-président de l'Union internationale des sciences anthropologiques et ethnologiques, il est plusieurs fois visiting professor aux universités Columbia et Yale entre 1963 et 1969 puis Fellow du Center for Advanced Studies in the Behavioral Sciences de Palo Alto en 1971. En 1972, à Toronto, il a eu l'honneur d'être le premier ethnologue étranger invité à prononcer le discours inaugural ou « distinguished lecture » de l'American Anthropological Association (AAA). Au Japon, il est considéré comme un maître de l'ethnologie et il est le premier étranger à prononcer un discours au 50e anniversaire du Nihon Minzoku Gakkai (Association japonaise d’ethnologie) à Tokyo en 1983. Il est également invité à l’Australian National University en 1987 et à l’université japonaise de Sophia en 1992.

 

 Cf. L'Hommage à Georges Condominas de Yves Goudineau. (Cet article est paru dans Le Monde du 24 juillet 2011 )

 http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.reseau-asie.com%2Fmedia3%2Finformations-diverses%2Fcondominas-deces-hommage-1%2F_mot_cle_show%3DCONDOMINAS%2F

 

 

(1)  Georges Condominas,  « L'Espace social. À propos de l'Asie du Sud-Est », Les Indes savantes, 2006.

 

(2) Le concept d' « espace social »  répond à tant de définitions, selon les auteurs et la taille des espaces sociaux étudiés (restreints, larges), les relations retenues (espace, temps, environnement, échanges de biens, communications (langues et écritures), parentés et de voisinage) que Georges Condominas consacre son introduction de plus de 60 pages  (pp. 11-73) à en faire le point, pour finalement proposer une définition pragmatique : « L'espace social est l'espace déterminé par l'ensemble des systèmes de relations , caractéristiques du groupe considéré »

 

Wikipédia le rappelle :

 

« Il est le créateur du concept d' « ethnocide ». Georges Condominas l'a défini comme une volonté de détruire ou au moins d'amoindrir la culture d'un peuple minoritaire en vue d'assimilation au peuplement principal ; il est également l'inventeur du concept d'« espace social » défini comme « espace déterminé par l'ensemble des systèmes de relations, caractéristique du groupe considéré » en lieu et place du mot « ethnie », trop vague et inopérant à refléter la complexité de la réalité ethnographique dans de nombreuses sociétés d'Asie du Sud-Est (et ailleurs), sans doute son apport conceptuel le plus important ; il est enfin l'auteur de celui de « technologie rituelle » exprimant la réelle symbiose entre technologie, croyances et rites dans la plupart des sociétés traditionnelles. » (Wikipédia)

 

(3) Cf. Le compte-rendu de Pierre Brocheux sur ce livre :

ttps://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1983_num_38_2_410978_t1_0305_0000_002?q=georeges+condominas

Pierre Brocheux se demande « si l'espace social n'est pas un substitut ou une alternative à la notion de mode de production ».

 

Et celui de Robert Creswel :

https://www.persee.fr/doc/hom_0439-4216_1983_num_23_2_368377?q=georeges+condominas

 

(4) Notre Histoire. Le  muang ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-15-notre-histoire-de-la-thailande-le-muang-99007801.html

Un concept essentiel pour comprendre l’Histoire de la Thaïlande. Nous avions alors tenté une définition : « Un muang est un système pyramidal politico-religieux hiérarchisé, de type féodal et esclavagiste, exerçant son pouvoir sur tous les sous-systèmes connus définissant la représentation de l’espace des Tai, à savoir : le cosmos, la Nature, le Royaume (et/ou l’Etat), région, le district, le village … sans oublier les « marges », et les  nouveaux « territoires et peuples conquis » sur lesquels s’exercera une « intégration » ou un rapport de vassalité … »

 

(5) 13. Notre Histoire. Les origines mythiques de la Thaïlande ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-13-les-origines-mythiques-de-la-thailande-98283503.html

 

(6) La conquête du « Siam » par les muang.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-16-notre-histoire-la-conquete-du-siam-par-les-muang-99006690.html

 

(7) INSOLITE 25 -  LES ETHNIES OFFICIELLEMENT RECONNUES EN THAÏLANDE POUR LA PREMIÈRE FOIS EN 2017.

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/04/insolite-25-les-ethnies-officiellement-reconnues-en-thailande-pour-la-premiere-fois-en-2017.html

Nous vous avons présenté une quinzaine d'ethnies. Cf. La catégorie insolite.

 

(8) Lecture de  « NOTES SUR LE LAOS », d’Etienne Aymonier (Saïgon, Imprimerie du Gouverneur, 1885), In 11. L’Isan  était lao au XIXe siècle.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-11-l-isan-etait-lao-au-xix-eme-siecle-72198847.html

« L’Isan de 1885 se vit bien comme un pays lao , mais un pays éclaté sans roi reconnu, sans pouvoir central. Tous les clans, Moeungs (province, districts) et villages  reconnaissent leur vassalité auprès du roi de Siam. Elle prend la forme de capitation / tribut, reconnaissance des pouvoirs des chefs lao selon une hiérarchie et un cérémonial  siamois, de recours à la justice siamoise  pour les conflits majeurs. Le pouvoir siamois n’intervient pas pour imposer ses mœurs, ses coutumes, ses  valeurs et laissent les Laociens  vivre en Laociens. »

 

(9) Le livre « Formes extrêmes de dépendance », Contributions à l’étude de l’esclavage en Asie du Sud-est »,1998, sous la direction de Georges Condominas, propose en 20 articles, d’en cerner toutes les composantes. Nous vous présenté deux de ses articles. L'un de  Andrew Turton intitulé  « Thai institutions of slavery ». (Où Il reconnait au début sa dette au travail monumental de Lingat, qui a recensé entre autre, toutes les lois ayant trait à l’esclavage de 1805 (« L’esclavage privé dans le vieux droit siamois », publié en 1931, qu’il considère comme la source étrangère la plus importante) et l'autre de Suthavadee Nunbhakdi consacré à l' « Etude sur le système de sakdina  en Thaïlande ». (pp. 460- 481).

Cf. Nos articles : 48. La sakdina, le système féodal du Siam ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-48-la-sakdina-le-systeme-feodal-du-siam-110214155.html

 

 

 

110. La place du  peuple et des esclaves au Siam.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-110-la-place-du-peuple-et-des-esclaves-au-siam-121390588.htm

 

111. L’esclavage au Siam.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-111-l-esclavage-au-siam-121488465.html

 

141. L’esclavage est aboli définitivement au Siam en 1905.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-141-l-esclavage-est-aboli-definitivement-au-siam-en-1905-123721727.html

 

(10) 139. La nouvelle organisation administrative du roi Chulalongkorn.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-139-la-nouvelle-organisation-administrative-du-roi-chulalongkorn-123663672.html

 

 

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