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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 22:04

Nous avons consacré il y a peu un article aux deux rois qui régnèrent à Ayutthaya de 1610 à 1628, le roi Si Saowaphak et le roi Song Tham (1), rappelant que B.J. Terwiel dans une simple note d’un ouvrage de 2011 (2)

 

 

 

 

nous apprenait que de « nombreux historiens » remettaient en cause l'existence même de Saowaphak : Le court règne de Saowaphak est clairement décrit dans les « Chroniques royales » et a donné lieu à un débat animé entre historiens. La plupart ont décidé que, faute de récits de témoins oculaires étrangers, Saowaphak devait être un roi fictif (Wyatt l'appelle un fantôme). Cependant, personne n'a été en mesure d'expliquer pourquoi les « Chroniques royales » inventeraient un personnage. Le fait que des étrangers ont ignoré les détails sur la façon dont Songtham est arrivé sur le trône n'a guère de poids, compte tenu du fait que les étrangers connaissaient relativement peu ce qui s'était passé à la cour d'Ayutthaya en 1610 ».

 

 

Ajoutons que Saowaphak a régné trop peu de temps pour avoir pu marquer l’histoire.

 

 

UN ROI FANTME ?

 

 

B.J. Terwiel s’était toutefois déjà penché sur cette singulière histoire d’un « roi fantôme » à l’occasion d’une conférence tenue à Hambourg le 8 mai 2010 et ensuite dans un article en publié l’année suivante (3). Ses conclusions sont d’un vif intérêt car elles sont une leçon sur la manière dont nous devons comprendre l’histoire de ce pays et une leçon sur la manière de l'écrire.

 

 

Rappelons ce que disait Monseigneur Pallegoix, nous l’avons souvent cité, dans le second volume de son ouvrage fondamental  (4) : « L'abrégé de l'histoire de Siam, qui fait la matière de ce chapitre, est tiré des annales de ce pays. Ces annales se divisent en deux parties; la première partie, composée de trois volumes seulement, ou histoire du royaume du Nord, donne l'origine des Thai, et un abrégé de leur histoire jusqu'à la fondation de Juthia. Cette première partie est pleine de fables, et présente peu de faits historiques. La seconde partie, qui commence à la fondation de Juthia, forme quarante volumes, et donne l'histoire bien suivie de la nation thai jusqu'à nos jours ».s.

 

 

Bien qu’il ne cite pas ses sources, il est permis de penser que sa profonde amitié avec le roi Rama IV et sa parfaite connaissance de la langue thaïe et du pali font que les propos qu’il tient sur ce « fantôme » qui ne l'était pas pour lui ne sont pas sorti de son imagination dans le chapitre qu’il consacre à la chronologie des rois d’Ayutthaya : « Eka Thotsarot étant mort après un règne paisible de six ans seulement, son fils Chao-Fa, le Borgne, lui succéda; mais, l'année suivante, il périt victime d'une conjuration ourdie contre lui. Son oncle Phra-Si-Sin fut élu roi sous le nom de Phra  Chao Songthtam ». Cette qualité (si l’on peut dire) de « roi borgne »  va nous conforter,  nous le verrons plus loin, dans la croyance en son existence.

 

 

 

Mais le prélat ne fut pas le premier à déplorer le peu d’intérêt que les Siamois portaient à leur histoire et leur totale absence de curiosité historique chez les lettrés. Jeremias van Vliet qui fut le chef du comptoir hollandais à Ayutthaya de 1636 à 1641 ne fut pas le premier européen à avoir visité le Siam mais le premier à s’être consacré à la description scrupuleuse du pays et le premier à s’être intéressé à son histoire  bien avant l’arrivée des Français un demi-siècle plus tard.

 

Jeremias van Vliet vu par les Thaïs : 

 

 

Dans le texte de sa description du royaume, souvenirs de son passage au Siam entre 1633 et 1642, publiés pour la première fois en 1647, il écrit :

 

 

« Si de nombreuses chroniques anciennes et des histoires sérieuses du passé sont les témoins de leur époque et contiennent des conseils pour le présent et des repères pour l’avenir, les Siamois en ont peu de connaissance. Leur position géographique, leur gouvernement, le pouvoir, la religion, les mœurs et leurs coutumes et de biens d’autres éléments remarquables des nationalités étrangères ne leur sont pas inconnus, mais ils n'ont pas la curiosité d'enquêter sur eux ni  sur les antiquités de leur pays,  ni sur les dates du début des guerre et de la conclusion de la paix, de la perte d’une région ou d’une ville, des victoires ou des défaites, de leurs héros célèbres ou de leurs personnalités exceptionnelles en vertu et en savoir, etc.. Ils ne font peu de descriptions, de sorte que leurs descriptions principales consistent en  leurs lois, les fondements de leur religion, les vies, les actes et les louanges de certains rois morts dont la renommée était moins fondée sur le respect royal que sur le service rendu aux dieux, aux temples et aux prêtres. Ces descriptions étaient principalement confiées aux soins des prêtres, par lesquels sont également décrits leurs cérémonies, les punitions, les exhortations, les consolations et les instructions religieuses. Ainsi, pour la noblesse, la population riche ou la population ordinaire, il existe peu de chroniques ou de témoignages historiques connus, à l'exception de ceux qui sont rapportés verbalement ou qui sont rapportés dans des discours »  (5).  

 

 

 

L’expression de « roi fantôme » (Phantom-King)  est tirée de la plume (inspirée ?) de David K.Wyatt (6). Que faut-il en penser ?

 

 

 

 

LA « DÉFANTMISATION » DE SI SAOWAPHAK

 

 

Terwiel nous fait remarquer à très juste titre que la conception locale de l’histoire siamoise pour la période antérieure au XIXe siècle, diffère essentiellement de celle des historiens occidentaux. Il n’existe que peu de documents anciens en dehors de quelques documents légaux, aucun recensement des populations, aucune généalogie des personnages des hautes sphères de la société, aucun registre des naissances, des mariages ou des décès, aucun registre foncier, et pour les archives des particuliers, aucun testament, aucun contrat, aucun journal, nul n’y écrit son « livre de raison ».

 

 

Avant 1800, il n’existe que peu d’écrits en thaï. En dehors des Chroniques royales et de peut-être une centaine d’inscriptions épigraphiques, les historiens disposent seulement de quelques textes anciens au contenu religieux ou magique, de quelques fragments de textes légaux.

 

Bien sûr les Chroniques royales doivent être lues avec circonspection. Les exploits martiaux y sont le plus souvent exagérés, les liens de famille et les dates mentionnées sont presque tous fantaisistes sinon inexacts même si la publication  en 2000 de Richard Cushman a ouvert de nouvelles perspectives aux historiens traitant de l'histoire thaïe (7). Il faut donc pour la période antérieure à 1800 s’appuyer sur des sources étrangères, les plus importantes étant chinoises, japonaises, birmanes, portugaises, néerlandaises, françaises et anglaises, chacune de ces sources devant  doit être lue et comprise dans son propre contexte.

 

 

 

Qu’en est-il donc de cette période de 1610 à 1612 ? Il s’agit d’un roi, Si Saowaphak, dont l'existence est mentionnée dans les Chroniques royales mais dont le règne fait l'objet de controverses depuis le début de l'écriture de l'histoire thaïe. Deux points de vue diamétralement opposés s’affrontent, Terwiel nous cite tous les historiens qui considèrent Si Saowaphak comme une invention ou qui se contentent de l’ignorer. D'autres, tout aussi nombreux, acceptent ce règne tel qu'il a été rapporté dans les Chroniques royales et sont également unanimes à dire que ce malheureux roi a été déposé par son demi-frère Songtham. Maintenant, laquelle de ces histoires peut-on croire ? 

 

 

Terwiel pose la bonne question :   Comment pouvons-nous arriver à un jugement ?

 

Il est donc nécessaire de déterminer quelles sources les historiens ont utilisées pour tirer leurs conclusions.

 

Les Annales chinoises (Mina Shi Lu) ne mentionnent pas le Siam dans la période 1610-1612.

 

 

Il y avait beaucoup de Japonais à l'époque  à Ayutthaya. Cependant, mis à part une lettre de Shogun Leyasu qui remercie le roi Ekathotsarot en 1610 pour une lettre des Phrakhlangs et l'arrivée d'un navire de commerce en 1612 sous le règne du roi Songtham, Terwiel nous dit n’avoir trouvé aucune autre information  (8). Les Annales de Phattalung, Pattani, Nakhon Si Thammarat, Chiangmai, Nan  n’évoquent que très rarement le début du 17e siècle et ne mentionnent pas plus Ayutthaya que Si Saowaphak. 

 

 

 

 

Les Anglais sont arrivés trop tard à Ayutthaya pour avoir été des témoins oculaires des événements politiques à cette époque: Terwiel cite l’arrivée du navire « Le Globe » à Pattani le 23 juin 1612 et par la suite la rencontre de  cinq Anglais dans la capitale avec le roi Songtham le 17 septembre 1612.

 

 

Jérémias Van Vliet enfin est l’auteur de la première chronologie royale écrite en 1647 dans laquelle il ignore Si Saowaphak mais nous y trouvons confirmation au moins indirecte de son existence : Il mentionne qu'après la mort du roi Songtham en 1628, l'usurpateur, le roi Prasatthong a ordonné l'exécution de la progéniture de Songtham et qu'il ne restait que « le fils de l'aveugle ou du demi roi aveugle » (9).  Il précise par ailleurs que le roi pendant la courte période oú il régna, tomba malade et fut délibérément tenu à l’écart par Siworrawong pour l'isoler de tous : « Oya Siworrawongh faisait si bien garder toutes les avenues du palais pendant la maladie du roi que personne n'en pouvait approcher sans sa permission, et il n'y eut pas un mandarin qui, pendant ce temps-là, pût voir Sa Majesté ». 

 

 

 

Si Saowaphak est par contre présent dans les Chroniques royales en presque toutes leurs versions.  Ne revenons pas sur son histoire (1).

 

Terwiel note que de nombreux historiens qui pensent que Si Saowaphak n’a jamais été roi mais ne donnent aucune information sur les raisons de leur choix, et aucun ne semble s'être demandé pourquoi un roi fantôme et borgne aurait été inventé par les auteurs des Chroniques et, après l'avoir inventé, pourquoi un personnage aussi singulier puisqu’il était borgne. Or, si les chroniques siamoises ont tendance à omettre, embellir ou exagérer, nul n’y a jamais relevé d’inventions pures et simples. Si Saowaphak, dont la présence dans l’histoire d’Ayutthaya fut fugace, est signalé dans cinq d’entre elles. Il est impossible de penser que les rédacteurs de ces textes dont la rédaction s’étend sur deux cent ans à partir de 1680 aient pu se concerter pour inventer et faire perdurer la légende du roi borgne. 

 

La manière dont on écrit l'histoire peut être ravageuse. N'en citons qu'un exemple tiré de notre propre histoire et de la manière dont on nous enseignait à l'école primaire quand on y enseignait encore l'histoire, pour démontrer le symbole de la courtoisie française et le panache de nos militaires au temps de Louis XV à la bataille de Fontenoy : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers » aurait dit le Duc de Biron qui commandait nos troupes. Il aurait en réalité dit « Messieurs, les Anglais, tirez les premiers ». Cette première salve fit tomber les premiers rangs des ennemis anglo-hollandais comme des mouches. La vérité historique tient à l'emplacement  d 'une virgule.

 

 

NOTES

 

 

(1) Voir notre article RH 42  « LES ROIS SI SAOWAPAK (1610) ET SONG THAM (1610-1628) »

http://www.alainbernardenthailande.com/2019/03/rh-42-les-rois-si-saowapak-1610-et-song-tham-1610-1628.html

 

(2) « Thailand's Political History, from the 13th century to recent times »  

 

(3) « Si Saowaphak: The ‘Phantom King’ in Thailand’s History » in, Indian Journal of Tai Studies, Vol. 11, 2011, pp. 131-6.

 

 

 

(4) « Description du royaume Thaï ou Siam », 1854, tome II, pp. 86.s

 

 

 

(5) Nous avons traduit de l’anglais au français (bien ou mal ?) le texte de Van Vliet (Beschryving van het Koningryk Siam  - description du royaume de siam) dans une première traduction en anglais : «  TRANSLATON of Jeremias van Vliet's DESCRIPTION OF THE KINGDOM OF SIAM » par L. F. Van Ravenswaay effectuée à la demande du Prince Damrong et publiée en 1910 dans le journal de la Siam Society (volume 7).

 

 

Le texte original en néerlandais archaïque a été traduit dans une version de 1692  par François Lagirarde d’une façon qui n’en est pas contradictoire dans laquelle il souligne l'absence de curiosité historique chez les lettrés siamois: « Bien que les chroniques anciennes et les histoires dignes de foi soient les annonciateurs du passé, les témoins des siècles, les conseillers du présent et les présages de l'avenir, les Siamois n'en ont que peu de connaissance. La situation, le gouvernement, le pouvoir, la religion, les coutumes, le commerce et les autres aspects remarquables des nations étrangères leur sont totalement inconnus et ils n'en ont aucune curiosité. Aussi ont-ils peu de descriptions des antiquités de leur pays, comme les causes des guerres, les traités de paix, les conquêtes ou les pertes de provinces et de villes, la victoire ou les défaites, les batailles, les héros intrépides, les personnages qui ont excellé par leurs exploits ou par leur science, etc. Il se trouve peu de gens parmi la noblesse ou les riches bourgeois qui ont d'autres connaissances des chroniques ou de l'histoire relatée que ce qui se transmet oralement  » : Voir  François Lagirarde « Temps et lieux d'histoires bouddhiques. À propos de quelques « chroniques » inédites du Lanna »  In Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 94, 2007. pp. 59-94. Lagirarde utilise la version néerlandaise publiée en 1692.

 

(6) In « Van Vliet's Siam »  de Chris Baker, Dhivarat Na Pombejra, Alfons van der Kraan et David K.Wyatt  qui, un siècle plus tard se sont contentés de reproduire la traduction de 1910 sans en proposer une nouvelle soit du texte anglais soit de l’original hollandais. 

 

 

(7) Terwiel est par ailleurs l’auteur d’un très intéressant article de 2002 : « TESTING THE VERACITY OF THAI ANNALS » :

https://www.academia.edu/12556035/Testing_the_Veracity_of_Thai_Annals

Il distingue plusieurs périodes, celle antérieure à 1351 qui n’est que légendes, une autre de mélanges d’histoires et de légendes et enfin une autre plus narrative. Dans ces deux dernières, il existe une histoire européenne corroborant peu ou prou la partie narrative des annales avec certitude des événements qui ont eu lieu. Dans un article précédent « Richard D. Cushman, The Royal Chronicles of Ayutthaya edited by David K. Wyatt » In : Aséanie 7, 2001. pp. 220-221, il souligne que diverses traductions seraient à revoir et que l’index final des noms cités en fin d'ouvrage  comporte de nombreuses insuffisances. Si Saowaphak en est d’ailleurs absent. Pour la traduction, il est permis de penser que l’anglais d’Amérique n’est pas l’anglais d’Oxford ?

 

(8)  Cette correspondance est citée dans un article de  Yoneo Ishii  « Seventeenth Century Japanese Documents about Siam », Journal of the Siam Society, Vol 59 -2 de juillet 1971.

 

(9) Van Vliet est l’auteur d’un autre document, une correspondance de 1647 qui relate l’usurpation de Prasat Thong. Ce manuscrit, après on ne sait quelles péripéties fut traduit en français par le diplomate Néerlandais Abraham de Wicquefort et publié à Paris par Jean du Puis en 1663. Cette traduction française fut  ensuite traduite en anglais par W. H. Mundie, à la demande du prince Damrong et publiée en 1938 dans le Journal of the Siam Society  (volume 30-2). La traduction de 1663 porte le titre bien almabiqué de « Relation historique de la maladie et de la mort de Pra-Inter-Va-Tsia-Thiant-Siang Pheeugk, ou du grand et juste roi de l'éléphant blanc, et des révolutions arrivées au royaume de Siam jusqu'à l'avènement à la Couronne de Pra Ongly, qui y règne aujourd'hui, et qui prend la qualité de Pra Tiauw, Prasat Hough, Pra Tiauw Tsangh, Pra Tiavw Isiangh Ihon Dengh – Pra Thiangh Choboa, c'est-à-dire Roi du trône d'or, comme aussi du rouge et blanc éléphant à la queue entortillée Ecrit en l'an 1647  par Jérémie van Vliet et dédié à Antoine van Diemen, Gouverneur général de l'État des Provinces Unies des Pays-Bas dans les Indes orientales ».

 

 

Il existe toutefois un autre manuscrit daté de 1640 découvert en 1934 aux Archives Royales de La Haye par Seiichi Iwao, un chercheur japonais, Alfons van der Kraan a récemment réalisé une nouvelle traduction anglaise, publiée aux éditions Silkworm Books en 4, 2005.

La version française de 1633 écrite en français contemporain avec de judicieux commentaires, est disponible sur le site

http://memoires-de-siam.net/relations/vanvliet/vanvliet_presentation.html

 

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