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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 22:49

 

 

La venue du Souverain Pontife en Thaïlande en novembre 2019 nous est l’occasion de raconter en quelques pages l’histoire de cette petite communauté catholique forte aujourd’hui d’environ 600.000 fidèles dans ce pays de 70 millions d’habitants. Elle avait été précédée par celle au mois de mai du cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, comme s’intitule aujourd’hui l’ancienne congrégation pour la propagation de la foi  à l’occasion du 350e anniversaire de la  création du premier vicariat apostolique du Siam en 1669 (1).

 

 

 

 

LES PRÉMICES : LES NESTORIENS

 

 

Le moine Cosma Indicopleustès, probablement égyptien, est allé en évangélisation jusqu'aux Indes dans les années 520-525.

 

 

 

 

Lui-même appartenant à l’église nestorienne a signalé la présence de communautés nestoriennes aux Indes, au Pegu, en Cochinchine, au Siam et au Tonkin.

 

 

 

 

L’Église nestorienne s’étant incontestablement répandue jusqu’en Chine, les jésuites à leur arrivée au XVIe siècle en trouvèrent des traces à leur immense stupéfaction ; Il est plausible que ses missionnaires aient essaimé au passage. Notons que lors du périple de Cosma Indicopleustès le nestorianisme n’avait pas été condamné comme doctrine hérétique, il ne le fut qu’en 533.

 

 

 

 

 

D’autres sources font état de communautés chrétiennes au IVe siècle au Champa et au Tenasserim, et aux XIV-XV siècles, encore au Champa, au Tonkin, et au Siam.

 

 

Lodovico di Varthima, négociant de Bologne, dit  avoir rencontré en 1503 au Bengale des Nestoriens négociants à Ayuthaya.

 

 

 

 

Il faut croire en  la présence probablement ponctuelle d’une petite communauté de marchands nestoriens hérétiques à Ayuthaya en 1503 sur laquelle on ne sait rien. Ils venaient probablement du Moyen-Orient oú cette hérésie était largement répandue. Les Nestoriens ayant l’esprit évangélique missionnaire, cette expansion vers l’Est avant celle des explorateurs européens est plausible même s’il n’en reste aucune trace tangible (2). Il est une explication possible à cette disparition comme nous le verrons plus bas.

 

 

 

 

LES DÉBUTS DE L’ÉVANGÉLISATION CATHOLIQUE : LE MONOPOLE PORTUGAIS.

 

 

Les missions du « Padroado »

 

 

Le régime du Padroado ou Patronage est tout à la fois une forme de patronage royal et un contrat entre l'Église et État qui permet à celui-ci de jouer un rôle actif dans l'administration et le soutien aux missions.

 

 

 

 

Il s'est largement développé dans les empires coloniaux du Portugal et de l'Espagne. C’était un système complexe de droits et obligations concédés, ou formellement imposés par les papes aux souverains des deux pays dans le cadre de l'évangélisation des territoires nouvellement découverts et colonisés. Né au XVIe siècle l'Église catholique y mit fin au XIXe siècle. Formellement, le Portugal accepta sa disparition seulement au XXe siècle. Ses origines plus lointaines remontent au XIVe siècle lorsque, après la suppression de l'ordre des Templiers, ses biens furent transférés à un ordre portugais de substitution, l’ordre de la « Militia Christi » par le Pape Jean XXII en 1319  chargé de lutter contre les Maures  et les hérétiques.

 

 

 

Le Padroado comprenait à la fois le Jus Praesentandi  et le Jus Honorifica résumé dans la formule Patrono debetur  honos, onus, emolumentum, praesentet, praesit, defendat, alatur egenus. Concrètement le roi avait l’obligation de construire et d’entretenir les églises, couvents et oratoires pour ce qui concerne le ministère des âmes ; Il avait le droit de présenter des candidats aux bénéfices ecclésiastiques ;  il prenait charge les frais du culte et soutenait financièrement tous ceux qui y étaient employés, de l’évêque au bedeau;  il devait enfin fournir un nombre suffisant de prêtres pour le serivce divin et le ministère pastoral et missionnaire . Une longue série d’encycliques ou de lettres pastorales confirmèrent ces privilèges.

 

 

 

 

Le 3 mai 1493, le Pape Alexandre VI

 

 

 

 

...publia la Bulle Inter Caetera organisant en quelque sorte le partage des empires coloniaux entre l’Espagne et le Portugal dans la plénitude du pouvoir apostolique, de toutes les terres découvertes, ou à découvrir ultérieurement par eux. L’Est appartenait donc au Portugal. Par le traité de Tordesillas du 7 juin 1494, la ligne fut déplacée de 370 lieues à l’ouest pour inclure le Brésil dans la zone portugaise.

 

 

 

Espagne et Portugal devinrent ainsi les instruments de l'expansion de l'Église dans les pays récemment découverts. En 1580, le Portugal tomba sous la couronne espagnole et le resta jusqu'en 1640.

 

 

 

Mais au cours de cette période  la congrégation pour la propagation de la foi avait été créée en 1622, prenant la direction de toutes les tâches missionnaires en ordonnant aux prêtres d’évangéliser les terres autres que celles appartenant déjà au Padroado ce qui n’empêcha pas les relations entre les deux corps de missionnaires d’être sérieusement minées.

L’établissement d’évêques portugais en Asie

 

 

Les Portugais furent donc les porteurs de la flamme pour apporter « la lumière de la foi à des millions de païens ». Goa, Malacca et Macao devinrent les trois grands centres de l’évangélisation de l’Asie. Goa est l'une des régions de l'Inde où il y a toujours un grand nombre de chrétiens,  dû au fait qu’elle est restée colonie portugaise de 1510 à 1961 et fut longtemps Rome de l'Est. Le pape Clément VII

 

 

 

 

. ..érigea Goa en diocèse le 31 janvier 1533 et sa bulle fut confirmée par Paul III la même année.

 

 

 

 

Auparavant,  la métropole devait envoyer des évêques à l'Est afin de conférer les sacrements qui leur étaient réservés (confirmation et ordination), mais sans pouvoir prendre de décision. Le diocèse de Goa devint ainsi évêché In perpetuum.

 

 

 

 

Le nouveau diocèse s’étendait du cap de Bonne Espérance à la Chine. Il fut élevé au rang d’archevêché par Paul IV le 4 février 1557 et  les deux évêchés de Cochin et de Malacca devinrent ses suffrageans.

 

 

 

 

La juridiction de celui de Malacca s’étendait  aux royaumes de Malaisie, du Siam, du Tonkin, de la Cochinchine, du Cambodge, de Champa et des îles d'Acheh, ainsi que des Mollusques et d'autres îles voisines.

 

 

 Malacca devint donc le centre de la diffusion du catholicisme au Cambodge, au Siam, à l'Indochine, à l'Indonésie, aux Moluques, à Timor, à la Chine et au Japon.  Le diocèse de Macao reçut juridiction sur la Chine et le Japon dont l’évangélisation avait été réservée aux Jésuites par le pape Grégoire XIII  par bref du 28 janvier 1585. 

 

 

 

 

 

Au Siam, au moment de l'accession du roi Phra Chairacha en 1533  le nombre des Portugais s’était accru  - commerçants et mercenaires -  et, en 1538, le roi en engagea 120 pour former une sorte de garde du corps et instruire le siamois à la mousqueterie. Ils assistèrent le roi dans la guerre contre la Birmanie et reçurent divers avantages en contrepartie. Ces Portugais avaient leurs aumôniers ou leurs chapelains, probablement les aumôniers des navires envoyés à Bayreuth portant les plénipotentiaires lusitaniens. Il a été dit que le roi se serait fait secrètement baptiser ce qui expliquerait son  assassinat. (?) (3)

 

 

 

 

Les dominicains.

 

 

Les deux premiers missionnaires catholiques dont le nom nous soit connu furent les pères Jéronimo da Cruz et Sebastião da Canto, tous deux dominicains. Venus de Malacca en 1567, ils furent envoyés par leur supérieur le père Fernando di Santa Maria, qui était également vicaire général à Malacca pour s’occuper des nombreux Portugais alors présents à Bayreuth Ils furent tous deux assassinés par des Maures mais avant d’expirer, le père Sebastião da Canto demanda au roi de ne pas exercer de représailles car il ne voulait pas être la cause d’une effusion de sang. Il bénéficiait en effet de l’amitié du roi et obtint de lui l’autorisation d’aller à Malacca pour y ramener des missionnaires dont les noms restent inconnus. Ils purent commencer à prêcher l'évangile ouvertement non seulement auprès de leurs compatriotes mais aussi des Siamois. Le succès fut néanmoins limité compte tenu du fait que le peuple n'osait pas embrasser la foi chrétienne sans l'autorisation du roi. Pendant la guerre avec la Birmanie en 1569 qui devait aboutir à la chute d’Ayutthaya, les Birmans trouvèrent trois missionnaires priant dans l’église et les décapitèrent le 11 février 1569.

 

 

 

Les franciscains

 

avaient également ouvert une mission au Siam : le père Antonio da Madalena de 1585 à 1588, le père Gregorio Ruiz de 1593 à 1603, le père  André do Espírito Santo de 1606 à1611, le père André de Santa Maria de 1610  à 1616 et le père  Luis da Madre de Deos de 1673 à1689 et encore en 1755 Agostinho de Santa Mónica et Francisco de San Bonaventura. Ils durent quitter Ayuthaya après la chute de 1767 et il n’y a pas trace de leurs œuvres.

 

 

 

Il est une question qui reste sans réponse concernant l’inquisition qui s’était installée au Portugal tout autant qu’en Espagne et s’est exportée outre-mer. Elle fut confiée aux dominicains et accessoirement aux franciscains. La présence de ces deux ordres aux débuts de la mission explique-t-elle la disparition des nestoriens hérétiques qui étaient encore signalés en 1503 ? C’est un sujet sur lequel l’histoire de ces deux ordres garde un silence pudique.

 

 

 

 

Si ce fut les inquisiteurs locaux qui firent disparaître les nestoriens, ils n’eurent aucun succès avec les Mauresques probablement trop bien implantés. Si le Siam a échappé à l’islamisation, ce n’est pas aux inquisiteurs dominicains qu’il le doit mais à un corsaire provençal, le Chevalier de Forbin (4).

 

 

 

Les jésuites sont également présents, le premier jésuite venu au Siam, était le père. Balthasar Sequeira cité en 1606-1607. Ils s’y établirent  une première fois entre 1626 et 1632, avec les pères espagnols  Pedro Morejon et  António Francisco Cardim, et le père Romão Nixi, japonais plus spécialement affecté à la colonie japonaise d’Ayutthaya.  Ils s’y établirent à nouveau entre 1655 et 1709 avec les pères João Maria Leria, Giovanni Filippo de Marini et Thom Vals Valguarnera.

 

 

 

 

La première période de l’évangélisation qui dura un siècle se déroula sous la seule procédure du Padroado portugais, avec des missionnaires en majorité portugais. N’oublions pas que la langue portugaise fut à cette époque la lingua franca de la région

 

 

 

Mais le système devint très rapidement un obstacle : Les missionnaires d'autres pays, membres de divers ordres religieux, n'étaient autorisés à travailler que dans les conditions du Padroado et en nombre limité.  Après le Concile de Trente, le Saint-Siège prit de plus en plus conscience de son devoir de diriger le travail missionnaire au lieu de le laisser au Padroado espagnol ou portugais. La congrégation pour la propagation de la foi créée en 1622

 

 

 

 

et l'institut des Missions Étrangère de Paris (M.E.P.)

 

 

 

 

co-fondé en 1658 par Monseigneur Pallu, vont  changer fondamentalement les données du problème.

 

 

 

 

L’échec de la christianisation s’est alors heurté à des obstacles fondamentaux dont il est délicat de donner un ordre de priorité.

 

 

Le système du Padroado tout d’abord était en fait d’essence purement et simplement coloniale puisque la menace d’un soutien armé de la mère patrie, qu’elle soit espagnole ou portugaise était toujours sous-jacente. Les prêtres venus d’Espagne ou du Portugal étaient étroitement liés à la politique de leur nation et en outre n’entretenaient pas entre eux des rapports cordiaux. La découverte inattendue de populations jusqu’alors inconnues par les marins portugais et espagnols, exigeait de l’Eglise un nouvel effort d’évangélisation. Au XVIe siècle elle n’était pas préparée à assumer cette tâche. C’est pourquoi les papes, imprudemment, confièrent au Portugal et à l’Espagne la charge de faire connaître l’Évangile aux populations récemment découvertes. En retour, ils leur octroyèrent un certain nombre de droits sur l’administration de l’Eglise. De ce fait, les papes n’avaient plus qu’un pouvoir indirect et très limité sur les territoires portugais et espagnols hors d’Europe. Au commencement, la collaboration des rois fut satisfaisante mais aboutit à des déceptions. La faible population du Portugal en effet ne lui permettait pas d’assurer l’envoi de nombreux missionnaires dans toutes les directions de la planète. Au milieu du 17e siècle, l'empire portugais de l'Est, était en déclin. La plupart de ses possessions avaient été perdues au profit des Hollandais et des Britanniques. De nombreuses régions conquises par les Portugais avaient alors recouvré leur indépendance et il était pratiquement impossible pour le Portugal d'exercer un patronage effectif dans les territoires occupés. La Congrégation pour la propagation de la foi refusera donc par la suite de reconnaître le droit de patronage dans les terres qui n'avaient jamais été conquis par les Portugais, dans des terres qui avaient recouvré leur indépendance et étaient sous souverains autochtones, et dans les territoires occupés par les Hollandais et les Britanniques.

 

 

 

La situation conflictuelle de guerres permanentes à cette époque dans la région ne favorisait pas la stabilisation de l’installation des missionnaires qui n’avaient dès lors guère le loisir d’apprendre la langue alors que l’on ne peut pas prêcher l’évangile en portugais et encore moins en latin.

 

 

 

 

Les Maures mahométans, omniprésents et puissants à Atythaya ne favorisaient pas non plus l’installation des chrétiens « polythéistes » qu’ils haïssent.

 

 

Il est encore un problème qui fut peut-être le problème fondamental : la liberté de conscience n’existait pas, le monarque devant lequel on doit ramper est bouddhiste et le peuple doit suivre la religion de son roi. C’est en tous cas un argument développé tout au long des décennies par les missionnaires pour expliquer sinon leur échec du moins leur peu de succès et qui justifiera les projets de conversion avortés du roi Narai.

 

 

Le roi Narai ne fut pas le Constantin du Siam

 

 

 

L’arrivée vers l’année 1600 marqua l’entrée en lice de deux principaux rivaux des Portugais : les Anglais et les Hollandais protestants, marchands sans visée missionnaire mais qui mirent les Siamois en garde contre les missionnaires catholiques ; les protestants haïssant  plus encore les catholiques « papistes » que ne le font les mahométans. Les Européens avaient donc réussi à exporter leurs querelles religieuses en Asie, ce qui évidemment contribua à l’échec de la mission siamoise.

 

 

 

LA CONGRÉGATION POUR LA PROPAGATION DE LA FOI ET LES MISSIONS ETRANGÈRES DE PARIS.

 

 

Rappelons que Les Missions étrangères de Paris  sont un institut de catholique dont le but est de réaliser un travail d'évangélisation dans les pays non chrétiens, spécialement en Asie. À ce titre, elles ne constituent, au sens canonique du terme, ni une congrégation ni un ordre, pas plus que ses membres ne sont considérés comme des religieux. Ce sont des prêtres séculiers spécialement formés par l’Institut à la vie missionnaire.

 

 

 

Le 22 juin 1622, l’acte fondateur de Acta Sacrae Congregationis de Propaganda Fide commence par ces mots  In Christi nomine, Amen. Anno ab ejusdem Nativitate 1622, die 6. Januarii. Acta Sacrae Congregationis Cardinalium de Propaganda Fide. Sub Gregorio XV PontificeMaximo.

 

 

 

 

 

Les tâches assignées à la nouvelle congrégation consistaient à faire tout ce qui pouvait aider à répandre la foi catholique. Son domaine d'activité était le monde entier face aux deux événements les plus importants du XVIe siècle, l'expansion du monde à travers les découvertes géographiques et la réforme protestante.

 

 

 

Une première difficulté opposa le Portugal à la Congrégation, l’institution de vicaires apostoliques puisqu’elle envoya des prélats dotés du caractère épiscopal et consacrés au titre de diocèse In partibus infidélium. Ils n’avaient de comptes à rendre qu’à Rome. 

 

 

Le premier devoir de l’Eglise est de proposer l’Évangile à toutes les nations (« Allez évangéliser les nations » - Marc, XVI, 15). 

 

 

 

 

La Congrégation pour la propagation de la foi eut donc pour mission de prendre l’évangélisation en main, malgré l’opposition du Portugal et de l’Espagne qui ne voulaient pas abandonner leurs droits acquis. Elle passa outre et à partir de 1660 et envoya des Vicaires apostoliques en Asie. Leur rôle était essentiel puisqu’ils pouvaient conférer les sacrements que ne peuvent pas conférer les simples prêtres. Ils étaient en fait des évêques sans en avoir le nom établis dans les régions en voie de christianisation et qui n'ont pas encore de diocèse en attendant que la région puisse engendrer un nombre suffisant de catholiques pour permettre l'érection d'un diocèse « à part entière ». L’Assemblée des évêques de France mit à la disposition du Pape ses propres ecclésiastiques  soutenue en cela par de nombreuses et pieuses associations de prêtres et de laïcs.

 

 

Les instructions données aux premiers Vicaires envoyés par le Pape étaient claires et  résultaient d’une instruction de 1659 destinée aux vicaires apostoliques d'Indochine, intitulée Instruction variorum Apostolicorum ad regna Sinarum Tonchini et Cocincinae proficiscentium  et donnée par la congrégation à Monseigneur François Pallu, évêque d'Héliopolis, Monseigneur Pierre Lambert de la Motte, évêque de Bérythe

 

 

 

 

et Monseigneur Ignatius Cotolendi, évêque de Métellopolis.

 

 

 

 

Nous pouvons la résumer  en trois parties :

 

 

1) Antequam discernant (« avant de partir ») concerne le choix des hommes.

 

2) In ipso itinere (« sur le voyage lui-même ») : Il fallait éviter les régions et les lieux portugais, et la direction et la route qu'ils devaient emprunter étaient celles qui passe par la Syrie et la Mésopotamie et non celles de l'océan Atlantique et du cap de Bonne-Espérance, et donc par la Perse et les royaumes mongols. Pendant le voyage, il leur faudrait faire une brève description du voyage et des régions qu’ils traversaient et  observer également ce qui pourrait être intéressant pour la propagation de la foi. Ils devaient l’écrire et l'envoyer à la Congrégation.

 

3) In Ipsa Missione (« dans la mission ») : Les points importants concernent la nécessité de former un clergé local autonome, l’interdit aux missionnaires de participer à la vie politique et au commerce, l’obligation de se tenir à l'écart des questions politiques et commerciales et l’obligation de ne pas s’immiscer dans des affaires civiles, sous  peine de renvoi immédiat de la mission. Les Missionnaires doivent s'adapter à la culture et aux coutumes du peuple, en privé et en public, et ils ne doivent pas les critiquer.

 

 

 

La tâche principale reste de former des prêtres autochtones dans chaque pays, tâche délibérément négligée par les religieux missionnaires. Les nouveaux missionnaires devaient également s’adapter aux coutumes des pays auxquels ils étaient chargés d’annoncer l’Évangile et non de répandre la civilisation européenne. L’apprentissage de la langue était donc un préalable. Ces instructions furent rappelées en 1920 encore (était-ce nécessaire ?) par la lettre pastorale du Pape Benoît XV Maximum illud dont quelques extraits sont significatifs : « Bannir tout exclusivisme national et tout esprit de corps religieux » « Oublie ton pays et la maison de ton père, souvenez-vous que vous avez un royaume à étendre, non celui des hommes mais celui du Christ; une patrie à peupler, non celle de la terre mais celle du ciel » « Donner une formation complète au clergé indigène ». L’anticolonialisme de ce pape qui fut considéré comme progressif est sous-jacent.

 

 

 

Nous avons un bon exemple des effets néfastes de l’esprit de corps profondément ancré  dans les ordres missionnaires rivaux avec la controverse entre les Jésuites et les vicaires apostoliques. Le 22 février 1633, le pape Urbain VIII,

 

 

 

 

dans sa lettre apostolique Ex debito pastoralis officii, interdisait sous peine de mort aux missionnaires des Indes orientales de traiter dans les affaires et le commerce avec pour conséquence l’expulsion de l’ordre missionnaire du pays.  En 1663, Monseigneur Pallu arriva à Tenasserim en route vers le Siam. Il rencontra un jésuite, John Cardoso et discuta ouvertement avec lui de la question. Celui-ci connaissait le sujet puisque présent depuis 3 ans à Macao. Cette province – dit-il -  négociait et il était impossible qu'elle subsistât par autre voie. Monseigneur Lambert et Monseigneur Pallu furent scandalisés, car il était clair que les Jésuites enfreignaient la règle pontificale.

 

 

La guerre fut déclarée entre les Jésuites essentiellement portugais et les vicaires apostoliques, sur ordre du gouverneur de Goa, qui donna ordre d’arrêter les vicaires apostoliques  au cas où ils traverseraient les territoires du Portugal. Le résultat de ce conflit a été la publication d’une lettre pastorale de Monseigneur Lambert de la Motte du 15 octobre 1667, dans laquelle il accusa formellement les Jésuites d’être impliqués dans le commerce et de détruire l’œuvre missionnaire. La contestation des Jésuites fut virulente. Ils prétendirent – casuistique jésuite – que l’ordre avait reçu un énorme héritage d’un Portugais nommé Sebastião Andres, que cet héritage consistait en une grande quantité de marchandises qu’il fallait bien les vendre. Le Père Manuel Rodrigues, provincial du Japon, avait également protesté de l’innocence  de ses frères jésuites du Siam. Il est évidemment difficile de savoir où se situe la vérité .  Le 17 juin 1669 en tous cas, le pape Clément IX

 

 

 

 

publia la Constitution Sollicitudo pastoralis dans laquelle il réitèra l'interdiction du commerce et ordonna aux missionnaires religieux de se soumettre aux vicaires apostoliques. La tension diminua d’autant que la présence des Jésuites au Siam ne fut pas continue, mais cet événement fut significatif. Pas plus que les  historiens des dominicains ne s’appesantissent sur leur rôle néfaste d’inquisiteurs, pas plus ceux des jésuites ne s’appesantissent sur leur rôle allégué de mercantis (5).

Le premier Vicaire apostolique à partir pour l’Asie fut Monseigneur Lambert de la Motte.  Le 29 juillet 1658, il avait été nommé évêque in partibus de Bérythe, et, le 9 septembre 1659, vicaire apostolique de la Cochinchine. Comme les navires portugais n’acceptaient pas à leur bord des prêtres qui n’auraient pas fait allégeance au roi du Portugal, et que les Anglais et Hollandais protestants refusaient d’embarquer des missionnaires catholiques, force fut de voyager par voie terrestre et en secret, selon les directives de ses supérieurs. L'évêque quitta Marseille le 27 novembre 1660 accompagné de deux missionnaires,  les Pères de Bourges et Deydier, tous deux des missions étrangères. Il débarqua à Alexandrette le 11 janvier 1661, traversa l’Égypte, la Perse, partit de Gameron le 29 novembre, et arriva le 23 décembre à Surate. Il reprit la route de terre, et le 6 mars, il entrait à Masulipatam, d'où, en trente-trois jours, sur un vaisseau musulman, il atteignit Mergui. Il était à Ayuthaya 22 août 1662, deux ans, deux mois et quelques jours après son départ de Paris.

 

 

 

Le Siam n'était pas sous sa juridiction, mais offrait à tous les missionnaires qui l'habitaient la paix religieuse. D'autre part, la mission de Cochinchine, où il devait se rendre, était en butte aux persécutions. L'évêque se fixa donc provisoirement à Bayreuth. Il y logea d'abord chez les religieux, puis s'installa dans la partie de la ville habitée par les Annamites, et qu'on appelait le camp des Cochinchinois. Puisqu'il était vicaire apostolique de Cochinchine, il s'occupa d'abord des indigènes de ce pays qu'il rencontra les premiers sur sa route. De là il examina, comme Rome le lui avait ordonné, la situation des missions. Celle du Siam lui parut attristante ; il trouvait que les missionnaires manquaient de zèle, faisaient « certaines choses défendues par le droit canonique », et en particulier le commerce. Il en avertit le Souverain Pontife et la Congrégation par lettres du 10 octobre 1662, du 6 mars et du 11 juillet 1663. En retour, il fut bientôt en butte à l'inimitié et aux vexations des Portugais civils et religieux, qui jugeaient sa présence et ses pouvoirs spirituels contraires aux droits de leur roi ; sa vie même fut menacée. Il informa le Pape de l'état des esprits, et dans une lettre du 3 octobre 1663 offrit sa démission. Il avait trouvé une petite communauté de 2.000 chrétiens portugais, métis, japonais, sous la direction de 11 prêtres en majorité portugais qui dépendaient du Padroado. Les Portugais apprirent bientôt que Monseigneur Lambert n’était pas passé par Lisbonne. Ils se préparaient à l’arrêter et à le renvoyer au roi du Portugal quand des chrétiens cochinchinois, réfugiés au Siam, vinrent l’enlever à main armée pour l’installer dans leur camp. Ce fut le début d’une lamentable rivalité entre les prêtres du Padroado et les prêtres envoyés par la congrégation sous les yeux des Siamois qui ne comprenaient rien à ces guerres de religion. L’ambiance fut-elle que les seuls Pères Jésuites non portugais acceptaient d’enterrer en terre chrétienne les Français alors que les Portugais proclamaient qu’il fallait les jeter dans la rivière.

 

 

 

Le 2 janvier 1662, Monseigneur Pallu, co-fondateur de la Société des Missions Étrangères avec Monseigneur Lambert de la Motte,  s'embarquaient à Marseille le 2 janvier 1662, avec 7 prêtres et 2 laïques ; mais 5 prêtres moururent dans le voyage et un des auxiliaires laïques abandonna à Tauris, et, à son arrivée à Bayreuth le 27 janvier 1664, l'évêque n'avait plus avec lui que deux missionnaires, les Pères Laneau et Brindeau. Monseigneur Pallu ne put rejoindre sa mission du Tonkin et de la Chine méridionale, les persécutions l’empêchant d’y pénétrer. Avec Monseigneur Lambert et les missionnaires présents, ils se réunirent en synode pour fixer les modalités d’application des directives romaines. Monseigneur  Pallu revint à Rome en 1665 pour faire approuver les décisions prises, tandis que Monseigneur Lambert, après avoir obtenu le rattachement du Siam à la mission de Cochinchine commençait à réaliser les fondations décidées au synode. Ce fut d’abord celle du séminaire Saint Joseph, l’ancêtre du Collège Général de Penang, qui ouvrit ses portes en 1665.

 

 

Les deux premières ordinations sacerdotales eurent lieu en 1668. Dans l’intention de se rendre utile au pays et de manifester la charité évangélique, Monseigneur Lambert ouvrit un hôpital à Ayuthaya vers 1671. Il institua également une congrégation de religieuses autochtones, les « Amantes de la Croix », d’abord au Tonkin en 1670, puis en Cochinchine et enfin à Ayuthaya en 1672.


 

 

 

Il pensait avoir recours à leurs services pour le soin des femmes malades et l’éducation des jeunes filles. Les premiers missionnaires des Missions Étrangères, à la différence des prêtres de Padroado en général cantonnés dans leur camp au service de leurs coreligionnaires, se répandirent à travers la capitale et les environs, et allèrent même jusqu’à Bangkok et à Phisanulok dans le nord mais sans grand succès auprès des Siamois, non par opposition de ces derniers mais à cause de l’encadrement de la population pour la corvée au service du pays et l’hostilité des autorités qui voyaient l’abandon du bouddhisme comme une trahison envers le pays et un facteur de division. Constatant que tous les Siamois vivaient dans une dépendance absolue de leur prince bouddhiste, Monseigneur Lambert pensa que tant que le roi ne serait pas chrétien, l’évangélisation du Siam serait impossible. C’est pourquoi il écrivit à Monseigneur Pallu, alors en Europe, pour lui suggérer l’établissement de relations diplomatiques entre Louis XIV et le roi Narai afin que le roi de France proposât à ce dernier de bien vouloir embrasser la religion catholique. Pour comble de malheur, l’aventurier grec Phaulkon avait réussi à devenir favori du roi au Siam. Il se fit catholique et protecteur de la religion catholique au Siam. Il encouragea les relations diplomatiques et militaires avec la France après avoir écarté Monseigneur Lambert. Il réussit à se faire haïr des mandarins et du même coup fit détester la religion catholique.  Le coup d’état qui fut consécutif à la fin de Narai en 1688  entraîna avec la mort de Phaulkon la répression des catholiques. Aux yeux des Siamois, la France et la religion catholique étaient liées à une tentative de colonisation du pays. Ce préjugé défavorable resta un obstacle à l’évangélisation. Le Siam avait été érigé en vicariat apostolique détaché de la Cochinchine en 1669. Son premier titulaire fut Monseigneur Laneau, ordonné évêque en 1674. Après la mort de Monseigneur Lambert en 1679, il devint responsable de la mission. C’est lui qui avec ses prêtres dut subir le contrecoup du coup d’état de 1688. Les vexations furent dures mais sans effusion de sang pendant 21 mois. Après cette persécution, Monseigneur Laneau rassembla son petit troupeau. Des 600 chrétiens siamois il en restait une centaine et la communauté des chrétiens cochinchinois. Lui et ses successeurs s’efforcèrent de renouer des relations amicales avec le palais. Il fallait également reconquérir la confiance des Siamois. Le nombre des chrétiens siamois alla toujours en diminuant. Monseigneur Laneau avait une bonne connaissance de la langue thaïe et du bouddhisme. Il écrivit 26 opuscules  pour expliquer les dogmes chrétiens et traduire les prières chrétiennes. L’un d’eux était une réfutation de la doctrine bouddhiste assez défavorable à la religion des Thaïs.

 

 

 

Trente-cinq ans après la mort de Monseigneur Laneau survenue en 1696, le palais eut connaissance de cet écrit. Le roi, les princes et les moines bouddhistes en conçurent une grande irritation.

 

Aussi, en 1731 fut proclamée l’interdiction faite à tous les Siamois, Laotiens, Mons de se faire chrétiens, et aux missionnaires de prêcher le christianisme aux Siamois ainsi que d’écrire des livres en caractères siamois. Bientôt les missionnaires n’eurent à s’occuper que de quelques centaines de Cochinchinois chrétiens réfugiés dans le pays. Les rares Siamois qui demandaient à se faire chrétiens étaient baptisés en secret. Les missionnaires dont le nombre s’élevait à une vingtaine à la fin du règne de Narai, n’étaient plus que quelques unités. Ils avaient la charge du séminaire régional fondé par Monseigneur Lambert. Par ailleurs les supérieurs de mission depuis le Père Brad successeur du Père Ferreux en 1698 jusqu’à Monseigneur Condé nommé en 1782 ne savaient pas parler le thaï. A certaines époques aucun missionnaire ne pouvait enseigner le catéchisme en siamois. L’invasion birmane, qui détruisit Ayuthaya en 1767, brûla la mission et le camp portugais. Monseigneur  Brigot, vicaire apostolique de l’époque, fut déporté à Rangoon avec quelques chrétiens tandis que le Père Corre et un Père jésuite du camp des Portugais avec 300 Portugais s’enfuyaient au Cambodge. Il ne restait en tout et pour tout qu’une petite communauté de Vietnamiens réfugiés à Chanthaburi, chrétienté fondée en 1707 et qui eut pour premier pasteur le Père Nicolas Tolentino, prêtre d’origine espagnole, venu des Philippines et ancien élève du séminaire d’Ayuthaya. La destruction d’Ayuthaya ne fut toutefois pas le signe de la disparition définitive de la mission catholique

 

 

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En 1769, le Père Corre revint du Cambodge avec quelques chrétiens d’Ayuthaya. Le nouveau roi, Taksin, libérateur du pays, leur accorda un terrain, non loin du palais pour y élever une église. C’est l’actuelle paroisse de Sainte-Croix à Thonburi, nouvelle capitale du pays. On y regroupa les chrétiens dispersés, presque tous portugais du camp d’Ayuthaya. En 1771, arriva le nouveau Vicaire apostolique. Les rapports de l’évêque avec le roi furent d’abord excellents, mais  ne tardèrent pas à se dégrader. Le franc parler de l’évêque qui se refusait de croire aux phénomènes de lévitation dont se vantait le roi très adonné à la méditation bouddhique, le refus des prêtres catholiques de participer au serment de fidélité au roi selon le modèle bouddhiste irritèrent profondément le roi qui fit emprisonner et frapper à coup de bâtons l’évêque et les deux missionnaires présents à Thonburi. A l’instigation d’un ministre musulman, le roi chassa de son pays l’évêque et les deux missionnaires en 1779.

 

Le siècle suivant sera celui de l’apaisement marqué par l’amitié que le roi Mongkut porta à Monseigneur Pallegoix, vicaire apostolique

 

 

 

et les liens sinon d’amitié sinon d’estimes réciproques de Monseigneur Vey et du roi Chulalongkorn.  L’œuvre immense accomplie par le prélat alors même qu’il vécut la période de tension entre la France et le Siam en 1893 fut essentielle pour le maintien de rapports cordiaux entre le Siam et l’église catholique siamoise (6).

 

 

 

N’oublions pas un événement  significatif dont la portée ne fut peut-être pas soulignée : Lors de la première visite du Roi Rama V en Europe, il se rendit en particulier en Italie où il rencontra les souverains et ensuite se rendit au Vatican où il fut reçu par le Pape Léon XIII. Celui-ci, conformément à la ligne établie depuis 1870 par son prédécesseur, s'affirmait prisonnier au Vatican, revendiquant ainsi ses droits à la souveraineté temporelle sur les États pontificaux toujours considérés comme usurpée par Victor-Emmanuel II d'Italie, qui fut d'ailleurs avec  sa famille solennellement excommuniés. Il refusait en conséquence de recevoir tout chef d’État qui allait rendre visite aux souverains italiens. Il fit une notable exception pour le souverain siamois. (7)

 

 

 

A la mort du prélat en 1909, un an avant celle du roi Rama V, le Prince Thevavong Varoprakan, ministre des affaires étrangères, envoya une lettre au père Colombet, successeur de Monseigneur Vey dans les termes suivants : « Nous, Sa Majesté et ses Ministres, sentons que dans Sa Grandeur, le Siam a toujours eu un ami très sincère, dont le dévouement à l'avancement moral du pays fut  constant. Le regretté Monseigneur Vey ne fut jamais considéré comme un Étranger par Sa Majesté ni par son Gouvernement ». Le même ministre écrivit au Ministre Plénipotentiaire de la République Pierre de Margerie 

 

 

 

« Nous sommes tous particulièrement émus à la pensée que les fructueux et si  méritoires travaux de Sa Grandeur ont été contemporains de la période la plus marquante de l'histoire du peuple Siamois ».

 

 

Le 17 novembre 1896, Monseigneur Vey avait été élevé au rang de chevalier de la légion d’honneur au titre du ministère des affaires étrangères « pour services rendus à la cause française ». Ce fut un bel hommage de la république franc-maçonne et anticléricale.

 

 

 

 

La question de l’évangélisation de la Thaïlande n’est plus d’actualité. La congrégation pour la propagation de la foi est devenue Congrégation pour l’évangélisation des peuples. Il n’est plus question pour l’Eglise catholique d’inculturation de la foi chrétienne dans de nouvelles cultures mais de « s’ouvrir à la relation aux autres, dans un esprit de dialogue et de partage », ce que souligne l’encyclique « Populorum progressio » de Paul VI en 1967.

 

 

 

 

Ces missionnaires partis au loin dans des pays où ils risquaient leur vie s’engageaient – pensaient-ils - dans un combat contre l’erreur et le mal destiné à sauver des populations vivant dans les ténèbres et le péché et risquant l’enfer. L’entreprise sûre d’elle-même se développa historiquement il est vrai dans un contexte de colonisation et d’expansion occidental. C’est peut-être ce qui explique son échec ?  Le changement de terminologie est fondamental, on ne parle plus de conversion des non-chrétiens – le mot païen avait été depuis longtemps abandonné - mais de dialogue avec des  croyants d’autres traditions religieuses. Gardons-nous de juger.

 

 

SOURCES CONSULTÉES

 

 

Nous avons abordé ce sujet dans une optique différente en 2013 : Notre article 88. « L'échec des Missionnaires français au Siam (XVII et XVIII èmes Siècles) »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-87-l-echec-des-missionnaires-fran-ais-au-siam-xvii-et-xviii-emes-siecles-118521756.html

 

Nous y citons d’abondance la thèse d’Etat d’Alain Forest, « Les missionnaires français au Tonkin et au Siam. XVIIe XVIIIe siècles, Analyse comparée d’un relatif succès et d’un total échec », préface de Georges Condominas, publiée en trois volumes  en 1998, L’ Harmattan.

 

 

La thèse de Surachai Chumsriphan (1) est précieuse et repose en particulier sur de nombreux documents provenant les Archives des missions étrangères dont beaucoup non publiés ni numérisés, les archives des Jésuites, celles de l’archidiocèse de Bangkok, celle de la congrégation pour la propagation de la foi, celles des sœurs de Saint-Paul de Chartres ainsi que le texte des bulles pontificales concernant l’évangélisation portugaise comportant 5 énormes volumes publiés à Lisbonne entre 1868 et 1879. Il a le mérite dans sa bibliographie de ventiler systématiquement les sources primaires des secondaires.

 

 

Le site des dites Archives (https://missionsetrangeres.com/archives/) donne une bibliographie aussi complète que précieuse sur chacun des membres de la mission.

 

 

Adrien Launay a publié en deux volumes en 1920  une « Histoire de la mission de Siam » contenant la reproduction d’une foule de documents d’archives. 

 

 

Il avait publié en 1896 « Siam et les missionnaires français ».

 

 

 

Monseigneur Pallegoix dans le second volume de sa « Description du Siam » décrit longuement l’histoire de la mission.

 

 

Monseigneur Vey, s’il n’a pas fait d’étude synthétique sur l’histoire du catholicisme siamois a remanié le dictionnaire de Monsieur Pallegoix, traduit de nombreux textes religieux en thaï et adressé une volumineuse correspondance reproduites dans le Bulletin de la MEP.

 

 

 

NOTES

 

(1) L’histoire de l’implantation du catholicisme en Thaïlande fait l’objet d’une thèse monumental de Surachai Chumsriphan « THE GREAT ROLE OF JEAN-LOUIS VEY, APOSTOLIC VICAR OF SIAM (1875-1909), IN THE CHURCH HISTORY OF THAILAND DURING THE REFORMATION PERIOD OF KING RAMA V, THE GREAT (1868-1910) » publiée à Rome en 1990 par la faculté d’histoire ecclésiastique (Facultate Historiae Ecclesiasticae Pontificiae Universitatis Gregorianae). Son contenu  excède largement les limites que le titre pouvait laisser envisager.

 

 

(2) Voir, cité par Surachai Chumsriphan

B.C. Colless, « The Trades of the Pearl: The mercantile and Missionary Activities of Persian and Armenian Christians in South East Asia » 1973. Et Wanda Wolska  « La topographie chrétienne de Cosmas Indicopleustès » in Revue belge de Philologie et d'Histoire,  Année 1963  41-2  pp. 525-526

 

 

(3) Nous avons consacré de nombreux articles aux Portugais qui furent les premiers visiteurs occidentaux au Siam. Voir en particulier :

H 33 - 508 ANS D’AMITIÉ ENTRE LA THAÏLANDE ET LE PORTUGAL - มิตรภาพ ๕๐๘ ปี ระหว่างประเทศไทยกับโปรตุเกส

http://www.alainbernardenthailande.com/2019/06/h-33-508-ans-d-amitie-entre-la-thailande-et-le-portugal.html

 

 

(4) Voir notre article H 45 – « UNE TENTATIVE D'ISLAMISATION DU SIAM DU 15 AOÛT AU 24 SEPTEMBRE 1686 ÉRADIQUÉE ».

http://www.alainbernardenthailande.com/2019/08/h-45-une-tentative-d-islamisation-du-siam-du-15-aout-au-24-septembre-1686-eradiquee-avec-l-aide-majeure-d-un-noble-provencal-le-chev

 

 

(5) Il n’y en a aucune trace dans la monumentale « Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus »  en 6 épais volumes dont le 5e concerne le Siam de Jacques Crétineau-Joly en 1851.

 

 

(6) Voir notre article A140  « 1898. Saint Louis, le premier hôpital français catholique à Bangkok ».

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a140-1898-le-premier-hopital-fran-ais-catholique-a-bangkok-12148.1

 

 

(7) Voir notre article « Le Premier  voyage en Europe du Roi Chulalongkorn en 1897 » :

http://www.alainbernardenthailande.com/article-148-1-le-premier-voyage-en-europe-du-roi-chulalongkorn-en-1897-124232693.html

 

 

 

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