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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 15:38

 

 

Nous avons déjà rencontré le roi Rama Ier, fondateur de la présente dynastie (1).

 

Thong Duang  (ทองด้ว)ง naquit le 20 mars 1736 et quitta sa vie terrestre le 7 septembre 1809.  Son père était Akson Sunthon Sat (อักษรสุนทรศาสตร์) ou Thong Dee (ทองดี). Celui-ci avait servi  à la cour royale d’Ayutthaya et aurait été descendant de l’ambassadeur Kosapan. Sa mère nommée Dao ruang (ดาว เรือง)  ou Yok  (หยก  « jade ») aurait été en partie chinoise.  Il fut considéré par Taksin comme l’un de ses meilleurs chefs de guerre

 

 

 

 

Lorsque Taksin se fit  couronner roi, il l’honora du titre de Chao Phraya Chakri Maha (เจ้าพระยาจักรีมหา). Il s’empara du trône à la date officielle de 6 avril 1782. Bénéficiant d’un incontestable soutien populaire, il fut immédiatement apprécié des catholiques puisqu’il avait rompu avec la politique brutale de son prédécesseur à leur égard (2).

 

Nous avions découvert un chef de guerre, un législateur,

 

 

 

 

un écrivain et enfin un théologien.

 

 

Le rénovateur du bouddhisme siamois

 

 

La révision des canons bouddhistes fut – pour les bouddhistes - le plus important des actes de son œuvre de reconstruction. Il commença par financer sur sa propre cassette une édition des canons bouddhistes du Tipitaka. Six ans après son accession au pouvoir, il réunit un concile comportant 250 moines ou hommes de loi qui travaillèrent pendant six mois à reconstituer les textes sacrés en langage sacré, le pali, un ensemble de 45 volumes in octavo de chacun 500 pages publié en 1788 dont le dernière réédition, celle de 1925, se trouve actuellement dans la bibliothèque du plus modeste des temples et les manuscrits originaux bibliothèque royale Vajiranana. Après avoir été surnommé par ses ennemis Birmans « le tigre », il reçût de ses sujets le titre de « défenseur de la religion » ou «  défenseur de la foi ». Ce qualificatif ne l’empêcha pas de manifester la plus grande tolérance à l’égard des chrétiens comme nous venons de le voir mais aussi des sectateurs de la religion du Bédouin et des hindouistes.

 

 

 

 

La révision des canons bouddhistes fut – pour les bouddhistes - le plus important des actes de son œuvre de reconstruction. Il commença par financer sur sa propre cassette une édition des canons bouddhistes du Tipitaka. Six ans après son accession au pouvoir, il réunit un concile comportant 250 moines ou hommes de loi qui travaillèrent pendant six mois à reconstituer les textes sacrés en langage sacré (le pali), un ensemble de 45 volumes in octavo de chacun 500 pages publié en 1788 dont le dernière réédition, celle de 1925, se trouve actuellement dans la bibliothèque du plus modeste des temples et les manuscrits originaux à la bibliothèque royale Vajrayana. Après avoir été surnommé par ses ennemis birmans « le tigre », il reçût de ses sujets le titre de « défenseur de la religion » ou «  défenseur de la foi ». Ce qualificatif ne l’empêcha pas de manifester la plus grande tolérance à l’égard des chrétiens comme nous venons de le voir pais aussi des sectateurs de la religion du Bédouin et des hindouistes.

 

Comment ce défenseur de la foi a-t-il pu être baptisé ?

 

 

 

Reçut-il le baptême secret ?

 

 

Cette question singulière à laquelle il faut probablement apporter une réponse positive fut en particulier probablement éludée par Monseigneur Pallegoix (pouvait-il l’ignorer ?) et W. A. R. WOOD, qui a consacré au roi une large partie de son ouvrage (3).

 

Nous en trouvons la trace dans les archives des Missions étrangères dans un courrier adressé par Monseigneur GARNAULT (4) à MM. BOIRET et DESCOUVRIERES  daté du 3 juillet 1802 :

 

« Je dirai en passant que le roi ayant été baptisé dans son enfance par le médecin Sixte Ribeiro, celui-ci, se trouvant bien malade, se crut obligé de déclarer au roi son baptême ce dernier n'en fit pas grand cas. Peu de temps  après, le roi se trouvant à son tour dangereusement malade envoya prier Monseigneur d'Adran de se rendre auprès de lui. Monseigneur était trop occupé. Le  roi se voyant mourant fit son testament eu deux mots. Il remettait son corps à son père nourricier, et son âme à Sixte Ribeiro » (5).

 

 

Statue aujourd'hui disparue de Monseigneur d'Adran à Saigon

 

 

La première question qui se pose est de savoir si la parole de Monseigneur GARNAULT qui ne donne aucune autre précision peut être mise en doute ? Cela nous semble difficile dans la mesure où pour lui il ne s’agit que d’un détail « au passage » dont il ne tire singulièrement aucune conséquence.

 

La suivante est de savoir qui était ce médecin portugais nommé Sixte Ribeiro. Nous n’avons strictement rien trouvé à son sujet. Tout ce que nous pouvons affirmer est qu’il appartenait à la colonie portugaise omniprésente depuis le début du XVIe siècle qui, en sus des mercenaires, des missionnaires et des commerçants comportait de nombreux médecins tous certainement bons catholiques. A cette époque, la médecine portugaise fortement arabisée jouit d’une solide réputation en Europe

 

 

 

La troisième est de savoir quelle fut la portée de ce baptême

 

Il importe de préciser le contexte dogmatique applicable à cette époque, nous ne sommes pas au XXIe siècle sous le règne du Concile Vatican II pour lequel les non croyants ne sont plus voués aux flammes de l'enfer.

 

 

 

Nous sommes dans le cadre du Concile de Trente dont le catéchisme date de 1566 (6), qui confirme la doctrine du péché originel déjà affirmée lors du concile de Carthage en 418,

 

 

 

C’est le sort des enfants non baptisés qui est directement en cause : Le limbus puerorum  (limbe des enfants) reçoit les âmes des enfants morts avant d'avoir reçu le baptême. Ces âmes ne sont pas destinées à souffrir dans l'au-delà, mais sans autre précision.  Dans  nos vieux catéchisme des diocèses, à la question « Où vont les enfants morts sans baptême ? » la réponse était « Les enfants morts sans baptême vont aux Limbes, où il n'y a ni récompense surnaturelle ni peine ; car, souillés du péché originel, et celui-là seul, ils ne méritent ni le paradis ni non plus l'enfer ou le purgatoire ». Sans faire formellement partie du dogme cette notion fut universellement admise au moins jusqu’à Vatican II en 1965. Elle entrainait donc l’impérieuse obligation de baptiser les enfants au plus vite dès leur naissance d’autant plus lorsqu’ils étaient en danger de mort.

 

 

 

C’est de toute évidence le dilemme qui se posa à ce médecin portugais lorsqu’il fut conduit à soigner – nous ne savons à quelle date – un enfant dont il était conduit à penser qu’il était en danger de mort. Nous sommes à une époque où la mortalité infantile était effrayante. Il avait donc non seulement la possibilité mais l’obligation – en conscience – de le baptiser, ce qu’il fit.

 

 

 

Si l’Église post-conciliaire ne croit plus guère aux Limbes, le droit canon en vigueur précise toujours  que si l'enfant se trouve en danger de mort, il sera baptisé sans aucun retard et que dans ce cas, l'enfant de parents catholiques, et même de non-catholiques, est licitement baptisé, même contre le gré de ses parents.

 

 

Avait-il la possibilité d’administrer le sacrement ?

 

 

Le Catéchisme du Concile de Trente précise que le baptême doit être conféré de plein droit par les Evêques et les Prêtres. Il peut ensuite l’être par les diacres mais seulement avec le consentement de l’Evêque, ou du Prêtre. En dernier lieu, dit toujours le catéchisme viennent ceux qui dans le cas de nécessité, peuvent administrer ce Sacrement, sans les cérémonies habituelles (7). Référence est faite à la haute autorité de Saint Augustin qui considère comme valides les baptêmes conférés par Judas lui-même (8). Une fois la formule sacramentelle prononcée « Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » pendant que le ministre fasse du pouce un signe de croix sur le front de l’enfant, celui-ci appartient de plein droit à l’Eglise catholique. Nous avons connu jusque dans la première moitié du siècle dernier la cérémonie de l'ondoiement, cérémonie simplifiée du baptême utilisée souvent par les sages-femmes en cas de risque imminent de décès et dans l’impossibilité de faire venir rapidement un prêtre.

 

 

 

Le rituel consistait à verser de l’eau sur la tête de l'enfant en prononçant les paroles sacramentelles : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Les registres de catholicité en sont pleins. En cas de survivance de l’enfant, une nouvelle cérémonie de réhabilitation était organisée selon les formes rituelles, en public avec présence d’un prêtre, d’un parrain et d’une marraine mais l’enfant ondoyé était d’ores et déjà affranchi de la tâche du péché originel (9). Les ricanements voltairiens sur le baptême in articulo mortis de ces enfants ne relève pas de l’ignorance des règles canoniques – Voltaire ne les ignorait pas – mais de la plus totale mauvaise foi.

 

 

 

Avait-il la possibilité d’administrer le sacrement « sub secreto » ?

 

 

Le « baptême sub secreto »  est un baptême gardé secret que n’ignore pas l’Eglise. Il est toujours fréquent : Cela peut se faire dans un pays dans lequel il y a des persécutions religieuses à l'égard des chrétiens ou pour d'autres raisons, ou encore dans certaines situations familiales extrêmes. En l’occurrence et en fonction du contexte  géo politique local, il ne pouvait en être autrement (10). Si l’existence de ce baptême avait été connue dans l’entourage royal, Sixte Ribeiro risquait sa tête.

 

 

Quelles furent les conséquences de ce baptême ?

 

C’est bien la question fondamentale qui, canoniquement, se pose. En effet, le sacrement du baptême était considéré comme définitif du moment que les conditions de validité énoncées par le droit canonique avaient été respectées et elles le furent (11).

 

Pour en détruire les effets, encore eut-il fallu que Rama Ier apostasie, ce qu’il ne pouvait faire étant resté ignorant de son baptême. Pour en conserver le bénéfice, il eut encore fallu qu’il se conduise en bon chrétien. Sa conduite ultérieure en défenseur de la foi bouddhiste peut-elle être considérée comme une apostasie implicite d’un baptême dont il ignorait l’existence ?

 

Il ne l’apprit en effet que lorsque le médecin qui l’avait baptisé, Sixte Ribeiro, avec lequel il devait avoir conservé des rapports de confiance, se trouvant bien malade, se crut obligé de déclarer au roi son baptême ce dernier n'en fit pas grand cas.   Nous ignorons à quelle date celui-ci lui fit cet aveu. Que le roi n‘en ait pas fait  grand cas ne signifie pas grand-chose mais il ne l’oublia pas puisque Peu de temps  après, le roi se trouvant à son tour dangereusement malade envoya prier Monseigneur d'Adran de se rendre auprès de lui.

 

Comment le Roi connaissait-il ce prélat qui se fit connaitre en Cochinchine et qui, sauf erreur, ne posa jamais sa soutane au Siam ? (12).

 

Monseigneur était trop occupé. Le roi se voyant mourant fit son testament eu deux mots. Il remettait son corps à son père nourricier, et son âme à Sixte Ribeiro » (5).

 

Tombe de Monseigneur d'Adran aujourd'hui disparue (province de  Gia-Dinh)

 

 

Si l’existence de ce baptême secret ne semble guère faire de doutes, un certain nombre de questions restent posées :

 

Pourquoi tout d’abord est-il passé inaperçu auprès des érudits qui se sont consacré à l’étude de cette période ?

 

La monumentale thèse du  R.P Paul Surachai Chumsriphan n’y faut qu’une allusion basée  sur les correspondances que nous avons citées mais il est vrai qu’elle concerne surtout l’œuvre de Monseigneur VEY(13). Il cite toutefois une source portugaise à laquelle nous n’avons pas eu accès (14).

 

 

 

 

A quelle date eut lieu cette cérémonie secrète ? Probablement dans la petite enfance du souverain (entre 1736 et 1740 ?). A cette date les persécutions frappaient les catholiques.

 

 

A quelle date Sixte Ribeiro, lui-même « bien malade » fit-il l’aveu de ce baptême au Roi ?

 

Pour quelles raisons le monarque sur son lit de mort souhaita—t-il faire venir Monseigneur d’Adran (Pigneau de Behaine) et à défaut « remit son âme à Sixte Ribeiro »  et qui était son « père nourricier »?

 

 

Si enfin ce baptême a été célébré, il n’a pas eu la portée de celui de Constantin sur son lit de mort

 

 

 

 

ou de celui de Clovis mais il méritait toutefois ces quelques lignes.

 

 

 

NOTES

 

(1) Voir notre article 116 « Rama 1er. (1782-1809) » :

http://www.alainbernardenthailande.com/article-116-rama-1er-1782-1809-122265066.html

 

(2) Jean-Joseph DESCOURVIÈRES appartenait aux Missions Etrangères et était attaché à la mission de Siam. : Dans un volumineux document intitulé « JOURNALDE M. DE8COUVIERE » du 21 décembre 1782 et adressé aux Missions étrangères celui-ci nous dit « On a écrit directement à Monseigneur Coudé de Bangkok à Jongselang, que le  nouveau roi de Siam, dès la première audience qu’il a donnée aux chrétiens de Siam, a commencé par leur dire qu'il voulait qu'ils rappelassent à Siam l'évèque et les missionnaires que l'ancien roi en avait chassés ce qu'il leur a répété fort souvent dans la suite », cité par Adrien Launay « Histoire de la mission de Siam – 1662-1811 – documents historiques » 1920, page 315 s.

 

Joseph-Louis COUDÉ, évêque in partibus de Rhési et vicaire apostolique du Siam avait refusé comme de nombreux de se rendre à la pagode pour y boire l'eau lustrale préparée par les bonzes. Le roi Taksin se vengea sur les missionnaires. Coudé eut les fers aux pieds et aux mains, la cangue au cou et subit la bastonnade. Au bout de quelques mois, le roi le fit délivrer ainsi que l'évêque et son compagnon ; mais trois ans plus tard, en 1779, sa colère se ralluma contre les missionnaires et il les fit expulser. Joseph-Louis Coudé se réfugia à Jongselang (Phuket), où il reçut la bulle datée du 20 janvier 1782, qui le nommait évêque de Rhési et vicaire apostolique du Siam.

 

(3) W. A. R. WOOD, CONSUL-GENERA, CHIENGMAI : « A HISTORY OF SIAM FROM THE EARLIEST TIMES TO THE A.D. 1781, WITH A SUPPLEMENT DEALING WITH MORE RECENT EVENT », 1924.

 

 

(4) Arnaud-Antoine GARNAULT subit les mêmes persécutions que Monseigneur Coudé et se réfugia à Kedah. Il fut en 1786 nommé évêque de Métellopolis  et vicaire apostolique du Siam. Denis Boiret, également des Missions étrangères, appartenait à la mission de Cochinchine.

 

(5) Ce courrier est cité par Adrien Launay « Histoire de la mission de Siam – 1662-1811 – documents historiques », volume II, 1920, page 335 s.

 

(6) Le concile de Trente fut convoqué par le pape Paul III le 22 mai 1542, en réponse aux demandes formulées par Martin Luther dans le cadre de la réforme protestante. Il débuta le 13 décembre 1545 et se termina le 4 décembre 1563. Il se déroula sous cinq pontificats étalés sur dix-huit ans en vingt-cinq sessions (Paul IIIJules IIIMarcel IIPaul IV et Pie IV).

 

 

(7) Le Catéchisme précise : « De ce nombre sont tous les humains, hommes ou femmes, même les derniers du peuple et de quelque religion qu’ils soient. En effet, Juifs, infidèles, hérétiques, quand la nécessité l’exige, tous peuvent baptiser, pourvu qu’ils aient l’intention de faire ce que fait l’Eglise, en administrant ce Sacrement. Ainsi l’avaient déjà décidé plusieurs fois les Pères et les anciens Conciles. Mais la sainte Assemblée de Trente vient au surplus de prononcer l’anathème contre tous ceux qui oseraient soutenir que le Baptême donné par les hérétiques au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise, n’est pas un Baptême valide et véritable. Cependant les sages-femmes qui sont accoutumées à baptiser ne sont nullement répréhensibles, si dans certains cas, et en présence d’un homme qui ne sait pas conférer ce Sacrement, elles se chargent elles-mêmes de cette fonction, qui dans d’autres circonstances semble convenir beaucoup mieux à l’homme ».

 

 

 

(8) Saint Augustin eut ces paroles remarquables : « Dédit  baptismum Judas, et non baptizatum  est post Judam : dédit Joannes, et baptizatum est post Joannem : quia,  si datum est à Juda, baptisma Christi erat : quod autem à Joanne datum  est, Joannis erat non Judam Joanni, sed baptismum Christi etiam per Judae manus datum, baptismo Joannis, etiam per manus Joannis dato, rectè prseponimus.

 

 

 

 

Judas a donné le Baptême, et l’on n’a point baptisé après Judas. Jean l’a donné aussi, et l’on a baptisé après Jean. C’est que le Baptême que donnait Judas était le Baptême de Jésus-Christ, tandis que celui que donnait Jean était le baptême de Jean. Certes, nous ne préférons point Judas à Jean, mais nous préférons à bon droit le Baptême de Jésus-Christ, donné par Judas, au baptême de Jean donné par les mains de Jean lui-même.

 

 

 

(9) Dans les deux volumes de son recueil de documents relatifs aux missions, Adrien Launay cite de très nombreuses correspondances  adressées par les missionnaires Nous n’en citons qu’un seul (volume II page 329), C’est un courrier du père Liot adressé aux pères Boinet et Descouvières le 10 novembre 1788 : 

« ....452 enfants Siamois et Laotiens baptisés à Bangkok par deux femmes Portugaises de Siam. Il s'y trouve 4 à .5 adultes baptises à l'article de la mort.  1.933 enfants Siamois, Malais, Laotiens et Barmas baptisés deux par Portugais-Cambodgiens, médecins du roi de Siam, dans les différentes guerres que tes Siamois ont faites aux  Barmas et aux Malais depuis 1785 jusqu'en 1788 : TOTAL 2.481. Baptêmes faits depuis le commencement de septembre 1788 que je suis arrivé à Bangkok, jusqu'en novembre de la même année : 2 Siamois adultes. 4 Cochinchinois adultes. 179 enfants Siamois, Laotiens et Pégous baptisés dans Bangkok  par deux Portugaises de Siam. 1.346 enfants Cambodgiens baptisés par deux médecins Portugais-Cambodgiens dont il est parlé ci-dessus, et par les autres  Portugais du Cambodge. TOTAL 1531 ».

 

Jacques Liot opéra d’abord en Cochinchine d’où il fut chassé par les persécutions et navigua ensuite entre Chantaboun et Bangkok.

 

(10) Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a assisté une messe du Noël orthodoxe à Saint Petersburg, révélant à cette occasion qu'il y avait été baptisé secrètement du temps de Staline et confia aux journalistes présents : « Cette cathédrale est spéciale pour moi, car j'y ai été baptisé. Accompagnée d'un voisin, ma mère m'a emmené secrètement me faire baptiser, craignant l'opposition de mon  père, inscrit au Parti communiste, officiellement athée. Mon père était membre du PC, et c'était quelqu'un de strict et de cohérent. Ils l'ont fait en secret -- ou au moins ont-ils cru que c'était en secret », Cela se passait en 1952, un an avant la mort de Staline.

 

 

 

Des cérémonies similaires se déroulent au quotidien dans les pays en proie à des dirigeants mahométans forcenés.

 

(11) Tous les théologiens et père de l’Eglise s’accordent à reconnaître les effets perpétuels du baptême sauf hérésie ou apostasie.

 

(12)   Pierre Joseph-Georges Pigneau de Behaine martyrisé en Cochinchine pour y avoir donné l'hospitalité à un prince siamois se réfugia à Malacca puis à Pondichery. Il fut nommé vicaire apostolique de la Cochinchine en 1774.

 

 

 

(13) Surachai Chumsriphan « THE GREAT ROLE OF JEAN-LOUIS VEY, APOSTOLIC VICAR OF SIAM (1875-1909), IN THE CHURCH HISTORY OF THAILAND DURING THE REFORMATION PERIOD OF KING RAMA V, THE GREAT (1868-1910) » publiée à Rome en 1990 par la faculté d’histoire ecclésiastique (Facultate Historiae Ecclesiasticae Pontificiae Universitatis Gregorianae) ».

 

 

 

 

(14) Père Manuel TEIXEIRA « Portugal na Tailândia », Macau, Imprensa Nacional de Macau, 1983, p. 110.

 

SOURCES

 

 

La seule version canonique du Catéchisme du Concile de Trente est en latin. Les traductions françaises doivent avoir fait l’objet d’un visa de la hiérarchie (« Nihil obstat » et « imprimatur ». Nous avons utilisé la version bilingue de l’abbé Gagey de 1903 dument visée par la hiérarchie.

 

 

 

Le second volume de l’ouvrage d’Adrien Launay Adrien Launay « Histoire de la mission de Siam – 1662-1811 – documents historiques », contient des centaines de correspondances des Missionnaires à leur hiérarchie parisienne ou locale concernant cette époque.

 

 

 

L’Institut de recherche France-Asie est celui des archives des Missions étrangères.

 

Il contient de très précises notices biographies sur chacun des participants à l’œuvre de mission (https://www.irfa.paris/fr). La thèse du R.P. Surachai Chumsriphan (13) y fait de perpétuelles références.

 

 

 

 

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