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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 22:21

 

 

Nous poursuivons « notre récit historique » du royaume d 'Ayutthaya avec l'avénement du roi Sorasak en 1703, qui succède donc au  roi Petracha (1688-1703) que nous vous avons présenté dans notre article précédent (RH 49 (1) ).  Comme tous nos récits  antérieurs, il s'appuie sur d'autres articles que nous avons déjà écrit, à savoir ici, sur  celui de « « Notre » histoire de la Thaïlande » (2) basée essentiellement sur « Les Chroniques royales d’Ayutthaya » traduites par Cushman  qui lui consacre 17 pages en son chapitre  9 (3). Mais avions aussi vu qu'il apparaissait  dans  les Chroniques dans le chapitre 7 du roi Narai et dans le chapitre 8 du roi Petracha. (Cf. Notre article  « La fin du règne du roi Naraï et la « révolution » de 1688. » (4). Et plus récemment  notre article présentant le chapitre d'Alain Forest  « De la révolution de Siam à la chute d'Ayutthaya. (1688-1767) » évoquait également, bien  que brièvement, le roi Suraçak. (Cf. Notre article (5))

 

 

 

 Alain Forest, disions-nous,   nous apprend que :

 

« Sorasak, le fils de Petracha, laisse courir la rumeur pendant un mois qu'il va se contenter d'être le tuteur des petits-fils de Phra Narai, afin que ses concurrents se dévoilent. Il fera exécuter l'aîné de ces princes - et, peut-être le second - et leurs partisans (le phra klang et une vingtaine de mandarins).  Un autre prince survivra en prenant l'habit de moine jusqu'à sa mort (Pas de noms donnés). Sorasak reprend pour épouse en tant que « reine de gauche » la fille de Phra Narai. Son pouvoir sera contesté par les gouverneurs du Sud et le gouverneur de Ligor refusera de le reconnaître, et se révoltera  jusqu'en juin 1704.» (In (5)) Plus loin, dans le chapitre sur « Les souverains bouddhiques. », il notera que « Des années 1720 à la chute d'Ayutthaya, les Siamois se replient sur les affaires intérieures. Dès l'avènement de Petracha en 1688, les rois siamois ne sont plus fascinés par le modèle des rois étrangers pour affirmer un retour énergique au bouddhisme.

 

 

 

Ce qui ne veut pas dire, nous dit A. Forest que le roi Narai ait été un mauvais souverain bouddhiste, si l'on en juge par « les importants examens et épurations de clergé, avec renvoi de plusieurs milliers de moines à la vie laïque, en 1675 et 1687 ». « En 1687, l'examinateur des moines, qui en fait sortir 3 ou 4 000 des monastères, est d'ailleurs Sorasak, le « fils » de Petracha », qui affichera un bouddhisme militant en obligeant les moines à approfondir l'étude des textes sacrés et d'avoir une attitude exemplaire. Il multiplie les dons, les mérites (« tambon». fait visiter les malades par ses médecins. A l'occasion des terribles sécheresses et épidémies de 1695-1696, les missionnaires vont louer le soin paternel et la bonté avec lesquels il vient en aide à son peuple. » (In notre article H 43. (5))

 

 

 

« La fin du roi Petracha et la « succession ». (In 100 suite (7) )

 

« Le roi est malade depuis 15 jours et les proches envisagent sa mort prochaine. C’est le temps où les prétendants s’observent, envisagent les possibilités, font les alliances, doivent se décider. C’est le temps disent les annales, où Luang Sorasak sachant que le roi Petracha allait aller au ciel dans un ou deux jours, prépare un plan en secret, avec la complicité passive de deux autres enfants royaux (Phet et Phon) pour exécuter un prétendant sérieux au trône, à savoir le seigneur Kwan (Trat Noi ?), fils de la reine Yota Thip. Il est effectivement exécuté en se rendant à une fausse invitation du roi. La reine très affectée ayant appris la mort de son fils ira informer le roi, qui mourant, promis que les trois misérables, père et enfants (ce qui semble suggérer que Phet et Phon sont les fils de Sorasak) n’auraient pas le pouvoir et qu’il allait faire venir son neveu Phra Phichai Surin, pour lui succéder ; mais le roi mourut dans la nuit. Il avait 71 ans et avait régné 15 ans, précise-t-on.

 

 

 

 

Les annales sur le règne du roi Petracha se terminent sur une page quelque peu confuse, où on apprend que Phra Phichai Surin refuse le trône. On peut supposer, mais cela n’est pas dit, que Luang Sorasak, ne devait pas être étranger à cette décision. Désormais, plus personne ne pouvait s’opposer à ce qu’il devienne le successeur du roi Petracha ; le deuxième roi de la dynastie  « Ban Phlu Luang ». »

 

 

 

« Les Chroniques royales d’Ayutthaya » traduites par Cushman  consacrent donc 17 pages à Luang Sorasak (Roi Süa).

 

La première page et demie, dans un style particulier qui s'apparente pour nous à la confusion avec des titres pompeux et répétitifs, confirme que  Phra Phichai Surin, qui avait été pourtant désigné par Petracha pour devenir son successeur, « persuade » Sorasak de prendre le trône. On le voit même procéder  à une cérémonie en grande pompe, accompagné de tous les Praya, ministres, hauts fonctionnaires et brahmanes, avec procession, proclamation … Bref, le jour convenu par les astrologues, Sorasak pouvait savourer sa victoire et son couronnement, au milieu de toutes les personnalités du royaume (hauts dignitaires, militaires, civils, religieux) et de ses invités, en suivant dans le moindre détail, tous les rituels de la tradition. (Si  vous consultez ces Chroniques, vous comprendrez pourquoi nous n'explicitons pas les détails donnés.)

 

 

 

Ensuite, les chroniques décrivent en une demi page les funérailles du roi Petracha, qui furenrt grandioses, avec parade, procession, et feux d'artifices, suivis durant sept jours avec le roi et 10 000 clercs par une retraite de méditation qui se termina en offrant un feu royal qui permit une fois éteint, de  mettre les os du roi dans une urne funéraire et de procéder à la dernière procession l'emmenant dans l'enceinte du palais royal.

 

L'année suivante, les chroniques signalent en une page que le roi repense à son lieu de naissance. Il se souvient que 17 ans auparavant,  le  roi Narai était venu rendre hommage au Bouddha à Phitsalunok, durant une célébration de 3 jours, et qu'ensuite la reine avait accouché au village de Fig de la municipalité de Phichit.

 

 

 

 

Il y avait pris son placenta, placé dans une boite en argent et enterré entre deux arbres, celui de la halte aux éléphants et celui des oiseaux. Aujourd’hui il y était revenu, avait convoqué le chef pour qu'il recrute tout le peuple afin qu'il construise près de l'arbre des éléphants, un temple,  un hall de récitation, un autre pour la prière, mais aussi un grand reliquaire, un monument funéraire, un séminaire et des dortoirs pour les moines. Cela prit plus de deux ans pour tout réaliser. Puis dans « l'année du serpent, de la 3e décade », le roi revint et organisa une procession navale pour honorer le temple qui fut suivie d'un festival de trois jours. Le roi offrit aux moines et au peuple de nombreux cadeaux et nomma l'abbé Tham Ruci Ratcha Muni. Le temple fut nommé  le monatère de Fig pour la halte des éléphants.

 

 

 

Puis les Chroniques, qui sont une suite d'événements n'ayant aucun rapport entre eux, signale qu'en « l'année de l'ère du dragon de la 2e décade » que le temple du monastère de la bonne fortune brûla et s'effondra, et que le roi affligé le fit reconstruire en plus grand et plus haut avec un grand hall de prière. La reconstruction fut terminée « l'année du cheval à la 4e décade » et  fut inauguré par le roi lors d'un grand festival de trois jours, au cours duquel il offrit de nombreux ustensiles aux moines venus nombreux.

 

 

 

 

Puis nous passons à la reine mère, pour apprendre qu'elle va s'installer au temple des 4 paradis.  On rappelle qu'elle fut la nourrice du jeune roi Narai et la mère de Kosa Pan. Elle demande pardon au roi en rappellant que Kosa Pan fut au même poste que lui. (Kosa Pan fut exécuté par le roi Petracha pour trahison) Le roi, par compassion la nomma au département du second rang Thepphamat. (?) Ensuite suit une page, où on apprend que Yotha Thip et Yotha Thep avec le Prince « Petite parole » quittent la capitale pour s'installer près du temple du Bouddha suzerain. (Rappelons que le roi Petracha avait épousé Yotha Thip, la soeur de Naraï  et Yotha Thep la fille de Naraï et que Sorasak    avait  exécuté un rival pour le trône, le seigneur Kwan, fils de la reine Yota Thip. Bref, les reines prennent leur distance. )  Puis on signale que le Prince « Petite parole » est tonsuré  et devient novice. Un portrait hagiographique le présente comme un étudiant très intelligent avec de grandes capacités et qu'il pratique l'ascétisme. Après avoir étudié le bouddhisme, il quitte le monastère à ses 18 ans pour poursuivre d'autres études (Où?), apprendre l'art de combattre à dos d'éléphant et à cheval, tout en continuant à étudier l'écriture khmère, lao, yuan, birmane, chinoise, sans oublier les sciences astrologiques et la médecine, et la science bouddhique, jusqu'au jour (Quand?) il se trouva prêt pour se faire ordonner moine (Où ?) et pratiquer les lois ascétiques de subtile manière. Que devint-il ? Pourquoi cet éloge ?

 

 

 

Puis les Chroniques, qui sont une suite d'événements n'ayant aucun rapport entre eux, signale qu'en « l'année de l'ère du dragon de la 2e décade » que le temple du monastère de la bonne fortune brûla et s'effondra, et que le roi affligé le fit reconstruire en plus grand et plus haut avec un grand hall de prière. La reconstruction fut terminée « l'année du cheval à la 4e décade » et  fut inauguré par le roi lors d'un grand festival de trois jours, au cours duquel il offrit de nombreux ustensiles aux moines venus nombreux.

 

 

 

Puis nous passons à la reine mère, pour apprendre qu'elle va s'installer au temple des 4 paradis.  On rappelle qu'elle fut la nourrice du jeune roi Narai et la mère de Kosa Pan. Elle demande pardon au roi en rappellant que Kosa Pan fut au même poste que lui. (Kosa Pan fut exécuté par le roi Petracha pour trahison)

 

 

 

 

Le roi, par compassion la nomma au département du second rang Thepphamat. (?) Ensuite suit une page, où on apprend que Yotha Thip et Yotha Thep avec le Prince « Petite parole » quittent la capitale pour s'installer près du temple du Bouddha suzerain. (Rappelons que le roi Petracha avait épousé Yotha Thip, la soeur de Naraï  et Yotha Thep la fille de Naraï et que Sorasak  avait  exécuté un rival pour le trône, le seigneur Kwan, fils de la reine Yota Thip. Bref, les reines prennent leur distance. )  Puis on signale que le Prince « Petite parole » est tonsuré  et devient novice. Un portrait hagiographique le présente comme un étudiant très intelligent avec de grandes capacités et qu'il pratique l'ascétisme. Après avoir étudié le bouddhisme, il quitte le monastère à ses 18 ans pour poursuivre d'autres études (Où?), apprendre l'art de combattre à dos d'éléphant et à cheval, tout en continuant à étudier l'écriture khmère, lao, yuan, birmane, chinoise, sans oublier les sciences astrologiques et la médecine, et la science bouddhique, jusqu'au jour (Quand?) il se trouva prêt pour se faire ordonner moine (Où ?) et pratiquer les lois ascétiques de subtile manière. Que devint-il ? Pourquoi cet éloge ?

 

 

 

Le jour venu, la procession s'engagea avec le roi et ses fils montés sur leurs éléphants, avec les praya, les troupes royales et les soldats à pied. Mais arrivés au milieu du marais, le premier éléphant s'enfonça profondémént dans la boue mais put s'en sortir. Le roi eut une violente colère contre ses deux fils, les traitant de misérables et les accusant de rébellion, et d'avoir volontairement laisser ce trou de boue pour le tuer, croyant qu'il n'avait plus assez de force. Il traversa ensuite le marais, atteignit la rive, puis de nouveau manifesta  sa colère contre ses fils. Il prit sa faux et tenta de les sabrer, mais ses fils étaient aussi  de bons guerriers et purent bloquer ses coups avec leurs armes à crochet et  se dégager du combat. Le roi tenta en vain de les poursuivre, mais ordonna de les capturer avec leurs servants. Ce qui fut fait. Les fils furent présentés au roi qui ordonna  de les fouetter 30 fois le matin, de les mettre en prison avec des chaînes, et de les refouetter le soir jusqu'à ce qu'il reparte à la capitale. (Combien de temps cela dura?)

 

Mais maître Phon, qui était un servant original de la Cour, obtint une audience auprès des deux Princes qui l'informèrent  de leur situation et de leur crainte de perdre la vie. Ils lui demandèrent alors s'il avait une idée pour les sauver. Maître Phon leur conseilla d'envoyer au plus vite un soldat sur un bateau rapide auprès de la reine mère qui habitait  près du temple du Joyeux Paradis, car elle était la seule qui pouvait obtenir le pardon du roi.

 

 

 

La chronique oublie la capture des éléphants pour continuer sur deux pages avec « l' Intervention de la princesse Thephamat ».

 

Les deux Princes envoyèrent donc Luang Raksa (ou Kaset) informer  la reine mère et plaider leur cause pour qu'elle puisse intervenir auprès du roi pour obtenir son pardon.  Luang Raksa redescendit en bateau rapide à la capitale en trois jours et obtint une audience auprès de la reine mère. Elle fut effrayée d'apprendre la situation et décida  immédiatement de se rendre  en urgence auprès du roi. Le voyage à bord de la barge royale dura 4 jours. La reine se présenta devant le roi et après les salutations d'usage présenta sa requête. Le roi lui raconta ce qui s'était passé et comment il avait fait face avec ce qu'il considérait comme une rébellion. Le reine mère le supplia et sut trouver les mots pour obtenir leur libération. Les deux Princes purent repartir avec elle à la capitale.

 

Le roi put ensuite procéder à la capture d'une centaine d' éléphants sauvages et retourna à la capitale. (Qu'en fit-il?) La chronique se termine sur une audience des deux Princes devant le roi qui leur accorda leur grâce. Ils purent ensuite reprendre leurs fonctions comme auparavant.

 

 

 

« LE ROI TIGRE » (Phra Chao Sua)

 

 

 A. Forest avait précisé que son surnom de « roi-tigre »  était dû  dû à la crainte qu'il inspirait, sa brutalité, ses exigences en jeunes filles et garçons qu'il fait enlever, ses incessantes réquisitions  de main-d’œuvre. (In (5))

 

Les  Chroniques  royales confirment ce portrait peu flatteur et le décrivent comme un  : « esprit vulgaire et incivil, égoïste et tyrannique, sauvage et cruel, il n’avait jamais le moindre geste charitable contrairement à la tradition royale. Il était coutumier de l’abus d’alcool » [...] « Il se complaisait à avoir des rapports sexuels avec des enfants de sexe féminin impubères. Si l’une d’entre elles ne supportait pas ses assauts et se tordait de douleur, furieux, il la punissait en la piétinant jusqu’à la mort. Mais celles qui le satisfaisaient étaient comblées de riches présents. Il pratiquait également le péché contre nature. En outre, lorsqu’il voyageait sur des canaux, des rivières ou en mer, sur des eaux peuplées de poissons féroces, de requins, de poisson-scie ou d’autres créatures aquatiques, qu’il était sous le coup d’un excès de boisson, et qu’un passager quelconque de sa barge royale (concubine, dame, page, fonctionnaire) faisait un mouvement quelconque et l’irritait, furieux et sans la moindre pitié, il ordonnait qu’il – ou elle - soit lié à un crochet attaché par une corde à son embarcation, et soit jeté dans l'eau pour servir de pâture aux requins, crocodiles, poissons scies ou autres créatures aquatiques féroces. Peu soucieux de respecter les cinq préceptes, il avait des relations sexuelles avec les femmes de ses fonctionnaires. Tous les jours des cercueils quittaient le palais royal en passant par ce que peuple appelait « la porte des fantômes ». (in (2))

 

De même M. Axel Aylwen dans son roman  « Le Faucon du Siam, L'Envol du Faucon, et Le Dernier Vol du Faucon »  « le présente à 25 ans comme un redoutable lutteur invaincu de boxe thaïe dont le surnom « Le Tigre » fait trembler tous les boxeurs, et comme un jeune homme brutal, sadique, cruel, violeur et sodomite de jeunes enfants ! » (6)

 

 

 

 

Mais les Chroniques royales d'Ayutthaya donnent aussi un autre portrait plus flatteur du roi-tigre : son courage, ses talents certes de lutteur, mais aussi de pêcheur et de chasseur (et non de petits gibiers, mais d'éléphants et de rhinocéros) et aussi  un roi capable d'actes généreux, et pieux. Étonnnant, non ?

 

 

 

Le lutteur.

 

 

Les Chroniques nous racontent : « Depuis que nous occupons nos royales fonctions, nous n’avons plus participé à un combat de lutte, serions-nous devenu faible, serions-nous usé par l’âge, il nous faut demain aller prendre du bon temps ».

 

Il apprit qu'une grande fête devait avoir lieu à l’occasion de l’inauguration d’un temple à Wiset Chaichan (วิเศษชัยชาญ) (actuel amphœ de la province d’Angthong). Il se rendit dans ce village à bord de sa barge royale, déguisé en homme du peuple, accompagné de seulement quatre ou cinq gardes, eux-mêmes travestis en gens du commun, et se mêla à la foule. Seul le « maître de l’arène » comme l’appellent les annales était informé de ses royales qualités et « se prépara à faciliter sa victoire », ce que le roi refusa.

 

Il  défit ses adversaires, les champions locaux, les uns après les autres. Il était, il est vrai « muni de pouvoirs surnaturels ». Et il devint habitué de ces escapades incognito et lorsqu’il tombait sur un adversaire qu’il ne pouvait vaincre, il le couvrait de richesses et le faisait entrer à son service dans des fonctions de confiance. (In 101)

 

 

 

Une autre histoire, une légende diront d'autres,  illumine l’histoire de son règne, celle de Phanthaïnarasing (พันท้ายนรสิงห์) auquel on accole souvent la qualificatif de toeï (เต้ย) « le magnifique ».

 

 

Encore aujourd'hui, tous les petits thaïs la connaissent, et elle est toujours citée en exemple. Nous vous l'avions raconté dans notre article 101 consacré au règne de Sorasak.

 

 

 

 

« Elle se serait déroulée, selon les annales, en 1704. Phanthaïnarasing est un modeste boxeur de village originaire des environs de Samut Sakon qui  a combattu et vaincu le roi. Pour le récompenser, celui-ci en fit le pilote de sa barge royale. Vint un jour où, guidant la barge sur un khlong, au cours d’une royale partie de pêche à Sakhon Buri, dans le village de Ban Khok Kham exactement, survint un imprévu, un cas de force majeure, un courant contraire inhabituel ou un écueil surgi des eaux. La barge se renverse, les occupants tombent à l’eau mais sont sauvés.

 

 

 

 

La sanction est cruelle, selon la tradition, le pilote de la barge est passible de la peine de mort. Le roi, dans sa « grande compassion » fait grâce de la vie à son pilote en considérant qu’il n’était pas responsable de l’accident. Mais l’héroïque timonier préfère le respect de la loi et de la tradition à sa propre vie. Il supplie le roi de se conformer à cette tradition, faute de quoi, dans l’avenir, tous se permettraient de la transgresser. Le roi dut céder à ses objurgations et le fit décapiter.

 

 

 

 

Mais il entreprit immédiatement des travaux pharaoniques pour améliorer la navigation sur le khlong et en changea symboliquement le nom : C’est aujourd’hui le khlongmahachaï (คลองมหาชัย) qui relie l’embouchure de la rivière Tha Chin à la Chaophraya. Il lui fit faire des funérailles royales, il couvrit d’or sa famille, et fit construire sur les lieux de son exécution un temple et un monument à sa gloire, pour que perdure son souvenir à l’intention des générations futures. » (9)

 

 

 

Un roi bouddhiste.

 

 

A. Forest nous a appris qu'il est « En 1687, l'examinateur des moines, qui en fait sortir 3 ou 4.000 des monastères ». (Cf. supra)

 

Les annales nous apprennent également qu'il ne manque pas de faire des oraisons à un sanctuaire abritant une sainte empreinte de Bouddha, après une chasse à l’éléphant, au tigre ou au rhinocéros réussie. Il suit aussi  la tradition en rénovant la célèbre Empreinte de Bouddha (p.384) et en y accomplissant un pélerinage royal. (Une page y est consacrée . p. 395) Il apprécie de mêler le plaisir à ses devoirs religieux, ainsi par exemple lors d'une grande fête pour  l’inauguration d’un temple à Wiset Chaichan (วิเศษชัยชาญ) (actuel amphœ de la province d’Angthong) il alla  se frotter aux lutteurs de la région. On lui doit le plus beau monument de la province de Phichit, le Wat Phophratapchang (วัดโพธิ์ประทับช้าง) situé à une vingtaine de kilomètres de la ville.

 

 

 

 

Bref, comme son père et ses prédécesseurs, il accomplira, aux dates favorables choisies par les brahmanes, les actes religieux de la fonction, comme les constructions  ou restaurations de temples, de palais et accomplira  des  pèlerinages, comme le plus prestigieux celui de l'Empreinte de Bouddha à Saraburi.

 

Son règne n’a duré que six ans (7?). Il disparut en 1709 de tuberculose probablement, dont les annales nous apprennent qu’elle existait à l’état endémique dans sa famille. Il ne fut marqué par aucun de ces événements marquants dont les annales sont pourtant friandes, et est  resté dans l’histoire sous le nom de Phrachaosua « le Roi tigre » (พระเจ้าเสือ).

 

 

 

 

NOTES ET REFERENCES.

 

 

(1) RH 49- LE ROI PHETRACHA (1688-1703)

 

(2) 101. Le roi Luang Sorasak. (1703-1709)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-101-le-roi-luang-sorasak-1703-1709-120614322.html

 

(3) A Synoptic Translation by Richard D. Cushman, The Royal Chronicles of Ayutthaya, Edited by David K. Wyatt, The Siam Society, Under Royal Patronage, 2006.

 

(4) 99.  La fin du règne du roi Naraï et la « révolution » de 1688.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-99-la-fin-du-regne-du-roi-narai-et-la-revolution-de-1688-120200350.html

 

(5) H 43 - ASPECTS DE L'HISTOIRE DU SIAM AUX  XVIIe-XVIIIe SIÈCLES. 2.

http://www.alainbernardenthailande.com/2019/08/h-43-aspects-de-l-histoire-du-siam-aux-xviie-xviiie-siecles.2.html

 

Tirés de la lecture « De la révolution de Siam à la chute d'Ayutthaya. (1688-1767) »  in la 2e partie du livre 1 d'Alain Forest,  « Les missionnaires français au Tonkin et au Siam. XVIIe- XVIIIe siècles ». (pp.81-164).  L’ Harmattan, 1998.

 

(6) Cf. Notre article A99 sur  « Le Faucon du Siam, L'Envol du Faucon, et Le Dernier Vol du Faucon,  d’Axel Aylwen.

 

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a99-le-faucon- 

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a99-le-faucon-du-siam-d-axel-aylwen-116169404.html"du-siam-d-axel

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a99-le-faucon-du-siam-d-axel-aylwen-116169404.html"-aylwen-116169404.html)

« Aylwen met en scène au chapitre 21 l’ambition de Sorasak qui se sait fils de Naraï et qui veut se faire reconnaître par celui-ci comme le successeur et futur roi. Pour l’heure, on le présente à 25 ans comme un redoutable lutteur invaincu de boxe thaïe dont le surnom « Le Tigre » fait trembler tous les boxeurs, et comme un jeune homme brutal sadique, cruel, violeur et sodomite de jeunes enfants ! On le voit quitter Phitsalunok pour rejoindre Petraja réfugié au monastère de Louvo après sa fuite du palais. (Tous les monastères étaient des refuges sacrés et inviolables.) Evidemment, il intercepte à la porte du monastère, un message du frère du roi Chao Fa Noï destiné à Petraja, qui lui permet de connaître  le plan de celui-ci. Petraja lui confie deux missions : éliminer Somchaï, le meurtrier du père Malthus, prisonnier chez Phaulkon et de chercher à savoir pourquoi le roi a ordonné son arrestation. En échange Sorasak lui demande de le reconnaître comme le futur roi !  »

 

(7) 100. Suite.  Le règne de Phetracha. (1688-1703).

http://www.alainbernardenthailande.com/article-100-suite-le-regne-de-phetracha-1688-1703-120596112.html

 

(8) Ses exploits sont toujours exaltés et glorifiés dans la littérature populaire et les bandes dessinées. Une tradition populaire le présente même comme « l'inventeur » de la boxe thaïe.)

 

 

 

 

(9) Ils sont toujours en place et sont toujours un lieu de pèlerinage. On y trouve la barge (ou sa reconstitution à l’identique). Sa modeste maison natale (probablement aussi authentique que celle de Jeanne d’Arc !) est située non loin de là,  est aussi un lieu de culte. Tous ces hauts lieux de la tradition siamoise sont totalement ignorés des guides touristiques usuels.

 

 

 

 

On ne compte pas les écoles qui portent son nom. Il a même depuis peu sa page sur « facebook ». Un film à grand spectacle a été tourné en 1982, พระเจ้าเสือ พันท้ายนรสิงห์, (Phrachaosua – Phanthaïnarasing), vous en trouverez la version originale sur Youtube malheureusement ni sous-titrée ni à fortiori traduite. D’innombrables การ์ตูน « cartoons » (C’est ainsi qu’on appelle les B.D en thaï) nous content cette symbolique histoire. On les trouve pour quelques dizaines de bahts dans toutes les échoppes des marchés ambulants qui vendent de la littérature pour les enfants.

 

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