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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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25 décembre 2019 3 25 /12 /décembre /2019 22:56

 

LE TATOUAGE DANS NOTRE HISTOIRE, LE BLASON DES MAUVAIS GARÇONS

 

La pratique du tatouage avait au moins jusque dans le courant du siècle dernier assez mauvaise presse au moins en France.

 

Apache parisien au début du XXe siècle :

 

 

Sans revenir à l’interdiction formelle du Lévitique  qui date d’au moins 500 ans avant Jésus Christ (1), elle intéressa surtout les anthropologues, l’ethnologue et les criminologues après les voyageurs et explorateurs qui l’avaient découvert avec curiosité en particulier dans les îles polynésiennes (2), tous en cherchant les buts, les origines et le sens. Il fallut que les grands navigateurs du XVIIIe siècle apportassent  de l'Océanie, non seulement la description de tatouages surprenants, mais aussi le mot d’origine polynésienne qui permettait de les désigner, pour que les auteurs et le public consentissent à s'intéresser aux tatouages de notre  pays.

 

 

Il fut signe d’esclavage chez les Romains comme il le fut d’ailleurs au Siam oú les esclaves étaient tatoués, signe d’esclavage qui évoque à notre mémoire la fable du bon La Fontaine narrant la rencontre d’un loup famélique mais libre avec un chien de garde bien gras et bien nourri, « aussi puissant que beau » mais enchaîné (3).

 

 

C’était par un tatouage infamant que la Justice marqua pendant longtemps ses coupables  (4). Il fallait mettre dans la même lignée de ce signe de dépendance le tatouage des prostitués, signe de dépendance volontaire ou imposée à l’égard de leur « protecteur » qui a longtemps perduré au cours du siècle dernier (5).

 

Tatouage relevé par Albert Leblond (5)  :

 

Fort répandu dans le monde de la criminalité, il a évidemment attiré l’attention des criminologues (6). Bien que nous ne disposions pas d’étude récente à ce sujet, on tatoue toujours à la sauvette dans les prisons françaises au XXIe siècle ce qui devient le blason du jeune délinquant.

 

 

Rappelons le triste exemple du tatouage des déportés par les Allemands entre 1933 et 1945.

 

 

Toutes ces formes de marquage indélébiles ne peuvent être considérées que comme ôtant à l’homme les plus précieux attributs de son individualité,  l’indépendance et la liberté !

 

Il est une autre forme de tatouage qui marque la dépendance étroite à un groupe et qui  caractérise, qu’on le veuille ou non, une altération plus ou moins complète de sa liberté ! On le trouvait dans une fraction de l’armée, la marine, les troupes coloniales et aujourd’hui la légion étrangère (7).

 

 

D’autres corps de métier spécifiques pratiquaient le tatouage probablement comme signe de reconnaissance. Ne citons que les bateliers du Rhône dont parlait Frédéric Mistral, chantre d’une Provence qui n’existe plus en 1897 (8).

 

 

Il est certain que jusqu’à un passé récent, les honnêtes gens ne se tatouaient pas, le tatouage avait mauvaise réputation. Le Docteur Lacassagne (6) prête ce mot à Guignol « Méfiez-vous des gens qui se petaftnent la peau, c'est de la graine de vaurien ! ».

 

 

 

Il était enfin un élément dissuasif marqué tout simplement par le risque sanitaire qui est toujours d’ailleurs omniprésent même s’il est sous d’autres formes qu’à la fin du siècle dernier (9). Ils ont d’ailleurs conduit à l’interdiction pure et simple du tatouage  dans l’Archipel des Marquises en 1898 (10).

 

 

Longtemps signe de vulgarité, de marginalité  ou d’infamie, pied de nez aux conventions, le tatouage s’est banalisé aujourd’hui en Thaïlande, en particulier où il a une longue histoire et où les officines se multiplient. Devenu symbole de rébellion chez les « bad boys », les « bikers » les repris de justice jouant les blousons noirs, il suscite un engouement qui dépasse le phénomène de mode mais dans une version le plus souvent totalement dépravée de son sens originel.

 

Dessin de Reiser pour "le nouvel observqteur" : 

 

 

LE TATOUAGE RITUEL EN THAÏLANDE

 

Il a évidemment frappé les premiers visiteurs. Ne citons que La Loubère : « Les femmes ne mettent ny fard ny mouches. j'ay vu un Seigneur, qui avoir les jambes bleues d'un bleu mat, comme celuy que laisse la poudre, quand on a été brûlé d'un coup d'arme à feu. Ceux qui m'en firent apercevoir me dirent que c’était une chose affectée aux grands, qu'ils avaient plus ou moins de bleu selon leur  dignité et que le roy de Siam était bleu depuis la plante des pieds jusqu'au creux de l'estomac.  D'autres m'ont assuré que ce n'êtoit pas par grandeur mais par sùperstition ; & d'autres m'ont voulu faire douter que le Roy de Siam fut bleu, je ne fay ce qui en est » (11).

 

Mission d’exploration du Mékong (1866-1868). D'apres un dessin de L.Delaporte, planche XIX de l’Atlas du voyage d'exploration en Indo-Chine de Doudart de Lagree et Francis Garnier  : 

 

 

Dans un article de 1989, François Lagirarde  nous donne un aperçu synthétique da l’histoire des tatouages en Asie-du-sud-est (12).

 

Les explications sur les raisons de ces tatouages à notre époque encore, relèvent de plusieurs séries d’explications : la première touche au conformisme social  lié à l'idée de la dignité virile, la seconde est une protection magique assortie de la nécessité exceptionnelle d'un d'appui surnaturel. La personnalité du tatoueur, moine ou sorcier, maître en tous cas, est évidement essentielle. L'anthropologue Marcelle Bouteiller nous rappelle quelques règles fondamentales  (13).

 

 

Le conformisme social

 

Il en est une explication comme une autre, elle est en tous cas de bon sens.  Le tatouage est inséparable de la majesté masculine. Le tigre se distingue de sa femelle par la richesse de son pelage, le coq de la poule ou le faisan de la faisane par un  brillant plumage.

 

 

Le tatouage rituel féminin est inexistant. Il l'était du moins à la date à laquelle écrivait Marcelle Bouteiller, en 1953. Et on n'acceptait pas jadis un époux non tatoué. Les femmes ne portent pas de tatouages ornementaux comme par exemple en Afrique oú toutefois elles ne représentent qu'une faible proportion des tatoués à l'inverse d'ailleurs de la Polynésie (14). Dans la Malaisie – nous ne sommes pas éloignés du Siam - les plus courageux, en récompense d’un fait d’armes, avaient seuls le droit d’être tatoués. Le vulgaire se teint des pieds à la tête. Les femmes  ne jouissant pas du même privilège, ne peuvent se peindre que la main gauche ou la moitié de la main droite (15). S’il existe des tatouages féminins, ce fut dans les îles de la Sonde au XIVe siècle (12). L’élément féminin en ce qui concerne le tatouage est radicalement absent dans le compte rendu de la mission d’exploration de Francis Garnier et Doudard de Lagrée  (16).

 

Les tatouages des jambes et du buste mettent en valeur ce jeune homme dans son entreprise de duction. Peinture rnurale de la chapelle d’ordination  du Vat  Phumin (วัดภูมินทร์) à  Nan  : 

 

 

La protection magique

 

L'idée de tatouage viril se confond d’ailleurs plus ou moins avec celle  d'immunisation et avec la valeur religieuse. Celui qui se fait tatouer parce qu'il atteint l'âge d'homme, choisit pour l'opération une circonstance marquante de sa vie spirituelle, le plus souvent l’admission  au noviciat de la pagode. Il marque ainsi son désir d'abandonner provisoirement le monde pour la vie monastique et reconnaît en outre à certains tatouages une vertu protectrice. Il est incontestable que la mentalité populaire associe le prestige du mâle et les forces tutélaires surnaturelles. Marcelle Bouteiller cite une chanson rituelle de mariage chez les Palaung, une ethnie birmane que l’on trouve aussi dans le nord-ouest de la Thaïlande :

 

Quand j’étais toute petite (on chante ici le nom de la mariée),

Ma mère prenait soin de moi,

Elle m'aimait et me portait dans ses bras.

Si j'étais malade, elle me veillait toute la nuit.

Pourtant, quoique je l'aime, je la quitte pour toi, le tatoué,

Pour te suivre le long de la grande route,

Pour te suivre à travers la jungle épaisse.

Certes, tu es tatoué d'un millier de charmes magiques,

Certes tu en as dix milliers,

Certes je vois le tatouage rouge,

Certes je dois te suivre.

 

Peinture murale représentant une opération de séduction au Vat Phra Singh de  Chiang-Mai : 

 

 

LE TATOUAGE RITUEL EN 2019

 

Si la plupart des occidentaux sombrent dans l’incontestable ridicule de la mode des tatouages s’imaginant jouer les rebelles en se faisant graver sous la peau des motifs auxquels le plus souvent ils ne comprennent rien – les idéogrammes chinois par exemple – ils apportent la preuve par neuf de la réalité de ce qu’on pouvait lire au XIXe siècle : le tatouage est l’apanage des groupes humains aujourd’hui souvent représentés par des touristes fatigués et dépressifs en mal d’exotisme !

 

 

Certains par contre, ont une démarche plus saine en ne faisant pas de leur tatouage un souvenir de vacances.

 

 

Ils connaissent  ces tatouages rituels appelés sak yan (สักยันต์) parfois transcrits sak yantra, leur portée et leur  sens et tentent l’expérience souhaitant s’attirer les pouvoirs magiques associés à la guérison, à la chance, à la force et à la protection contre le mal. Ils savent qu’à l’origine les moines bouddhistes gravaient ces symboles sur la peau des guerriers pour leur apporter protection et force au combat. Recouverts de ces tatouages de la tête aux pieds, ce que constatait La Loubère, les couteaux et les flèches ne pouvaient transpercer cette armure magique.

 

Ces tatouages se font sans machines avec des aiguilles en métal ou des bambous taillés en pointe.  Beaucoup choisissent le Wat Bang Phra (วัดบางพระ) situé dans le district de Nakhon Chaisi  dans la province de Nakhon Pathom à quelques dizaines de kilomètres de Bangkok qui  a la réputation d’être l'u n des meilleurs endroits de Thaïlande pour recevoir un tatouage rituel.

 

 

Il est en tous cas le plus connu. Depuis des siècles, il accueille les Siamois souhaitant recevoir la protection d'un tatouage protecteur, certains traversant tout le pays pour ce faire. C’est dans l’enceinte de ses murs qu’opère actuellement des moines pratiquant le Sak Yan, L'aiguille est trempée dans de l'encre porte-bonheur bénie par les moines avant d’être plantée dans la chair. Les moines choisissent souvent les dessins sacrés ainsi que l'emplacement du tatouage en fonction de l’aura du candidat. Première constatation d’évidence, l’hygiène autour du Sak Yan est discutable. Le risque du VIH ou de l'hépatite est évident . Ce risque sanitaire, à une époque où on ne parlait pas de sida, était déjà connu comme nous l’avons vu (9) ! Un moine peut juger une personne indigne de recevoir le  Sak Yan s’il ne lui montre pas suffisamment de respect, il refuse alors catégoriquement de lui faire son tatouage

 

 

Chaque moine tatoueur concocte son propre mélange d'encre mais garde sa recette secrète. Il est probable qu’elle contient du charbon de bois ou de l’encre de Chine, de l’huile de palme et – dit-on – du venin de serpent et même des restes humains ?

 

La présence de venin de serpent ne doit pas nous étonner, peut-être version locale de la mithridatisation qui avait la réputation plus ou moins méritée de procurer une insensibilité ou une résistance vis-à-vis des produits toxiques.

 

 

 

Il doit toutefois être complété  par le khatha (คาถา), des incantations prononcées par le moine pour libérer les pouvoirs magiques du tatouage. Elles le sont en général en pâli.

 

 

L’un des plus célèbres tatouages rituels est le  Kao  Yot  Sak Yan (เก้า ยอด สักยันต์) « le tatouage des neuf sommets ».  Appelé aussi le Yan Khru (ยันต์ครู), « le maître yan » ; il est de tous les tatouages le plus sacré. Il est le plus souvent choisi pour ses pouvoirs universels. C’est celui que vous rencontrerez souvent au dos des Thaïs.

 

 

Sacré, il est censé protéger son porteur des attaques physiques violentes et des attaques magiques en sus de sa qualité de porte–bonheur. Les neuf flèches représentent les neuf sommets du mont Meru, la montagne légendaire de la mythologie bouddhiste et hindoue qui serait le centre de l'univers. Au sommet de chacune d’entre elles se trouve un petit Bouddha, avec des spirales au-dessus de la tête qui symbolise le chemin vers l'illumination. Les symboles à l’intérieur du tatouage sont écrits en khom  (ขอม), l’ancien alphabet sacré cambodgien, mais la langue utilisée est le pali. Un même mantra (มนต์) est écrit de chaque côté du tatouage sacré.

 

 

Il est enfin une dernière formalité impérative, le maître qui a réalisé le réalise un sak yan doit aussi fixer des règles auxquelles le disciple doit se conformer, faute de quoi le tatouage perdra ses pouvoirs.  Les deux auteurs que nous avons cité, François Lagirarde et Marcelle Bouteiller (12 et 13) nous parlent de ces exigences sans toutefois en donner le détail. Elles paraissent relever des cinq règles que doit respecter tout bon bouddhiste : ne pas faire de mal aux êtres vivants, ne pas voler, ne pas avoir de comportement sexuel inconvenant, ne pas mentir et ne pas consommer de drogues ni de boissons enivrantes.

 

D’ailleurs ces effets magiques doivent pour perdurer, recevoir la bénédiction annuelle d’un moine.

 

 

D’autres tatouages rituels se rencontrent également souvent,  citons en deux qui sont fréquents :

 

Le tatouage des cinq lignes (ห้าแถว - ha thaeo). Elles procurent à son porteur autant d’avantages. La première rangée éloigne les esprits malfaisants du domicile. La seconde dissipe les mauvais sorts et un mauvais karma. Il en est de même de la troisième qui en outre protège contre la magie noire.  La quatrième procure succès, chance et fortune. La dernière rend séduisant et conforte par ailleurs la troisième et la quatrième.

 

 

Le tatouage des huit directions (แปดทิส - paet thit).

 

 

Ce tatouage géométrique contient huit mantras  (มนตร์) écrits en écriture khom et en pâli en cercles concentriques au centre du dessin et huit représentations de Bouddha. Nous savons qu’il existe une posture de Bouddha pour chaque jour de la semaine, huit puisque deux pour le mercredi.

 

 

La roue sacrée a également huit rayons. 

 

 

 

 

Il est encore huit pierres sacrées disposées aux huit points cardinaux autour des chapelles d’ordination de nos temples.

 

 

Ce tatouage protège en particulier le voyageur dans toutes les directions et éloigne les esprits malfaisants.

 

 

Il est encore des tatouages purement picturaux. Nous trouverions souvent Hanuman, (หนุมาน) le roi des singes verts du Ramakian, symbole de dévouement.

 

 

Les deux tigres représentant la force et l’autorité. Ce tatouage a la prédilection de ceux qui exercent une profession dangereuse, militaires autant que bandits et, bien sûr- de ceux qui pratiquent la boxe thaïe.

 

 

Notons enfin quelques symboles géométriques,  ils ont tous un sens,  un cercle symbolise bouddha, un triangle les trois pierres précieuses du bouddhisme et un  carré les quatre éléments (terre, air, feu et eau).

 

 

QU’EN EST-IL DES FEMMES ?

 

L’ostracisme dont nous venons de parler à l’égard des femmes perdure-t-il en ce siècle ?

 

Il est toutefois probable sinon certain que vous ne rencontrerez pas beaucoup de femmes thaïes portant l’un de ces tatouages rituels ainsi dessiné par un moine tatoueur dans un temple. Il en est une raison première d’ordre matériel, c’est que les moines ont l’interdiction de toucher une femme. Elles porteront plus volontiers une amulette autour du cou. Le tatoueur en chef du temple de Wat Bang Phra tatoue des personnes du sexe mais doit donc le faire avec des gants ce qui ne doit pas faciliter sa tâche.

 

Par ailleurs la place particulière que tiennent les femmes dans le bouddhisme thaïe qui leur confrère un rôle subalterne qu’elles n’ont pas dans la vie courante au demeurant, semble encore un obstacle fondamental. L’actualité nous en a donné un exemple caractéristique lors des cérémonies funéraires de feu le roi Rama IX le 9 décembre 2016 lorsqu’un groupe de religieuses voulut rendre hommage à sa dépouille et fut traité comme un groupe de laïcs (17).

 

 

Il nous faut bien évidemment citer l’exemple d’Angelina Jolie  mais il n’est probablement qu’un épiphénomène ! L’illumination de nature purement commerciale qui a frappé David Beckham l’a–t-elle également touchée ? En dehors du nom de ses enfants ou de celui de l’un de ses époux qu’elle fait effacer lorsqu’elle divorce, elle porte effectivement le tatouage bouddhiste rituel des cinq rangés mais qui lui a été dessiné au Cambodge. Elle porte aussi d’autres tatouages cabalistiques dont elle ne dit pas le sens – peut-être tout simplement parce qu’elle l’ignore ? Après avoir adopté un petit cambodgien, elle prétend avoir passé beaucoup de temps à lui apprendre ce qu’elle savait du bouddhisme, et que son fils avait passé beaucoup de temps dans des temples avec des moines pour apprendre. Elle dit s’être fait tatouer cette prière de protection pour son fils en langue traditionnelle bouddhiste, le sanskrit. Ne nous attardons pas, le tatouage rituel qu’elle porte comporte des caractères khoms (ขอม) archaïques et des écrits en langue traditionnelle bouddhiste, le pâli et non le sanskrit.

 

 

VERS UNE INTERDICTIO N DU TATOUAGE RITUEL POUR LES TOURISTES ?

 

De nombreux Thaïs s’irritent de voir de nombreux occidentaux en rupture avec leur propre tradition se précipiter et se prosterner sans discernement auprès d’un moine et se faire graver des tatouages rituels. Le ministère de la culture reçoit de nombreuses plaintes concernant des boutiques de tatouages qui proposent des tatouages de Bouddhas et d'autres images religieuses pour des visiteurs qui ne sont pas bouddhistes. Selon le ministre, les touristes considèrent ces images comme des symboles non religieux et cherchent simplement à suivre une mode. Ils ne sont pas conscients du besoin de respecter la religion locale et ne se rendent pas compte qu'ils choquent les bouddhistes du pays. Or seule une infime minorité de ceux qui se font tatouer un symbole bouddhiste observent les préceptes et cette religion et en connnaissent  le B.A.BA

 

Doit-on souscrire à cette condamnation brutale ? Si elle s’adresse aux officines purement mercantiles qui graveront indifféremment un svastika ou une obscénité, pourquoi pas ? Leur interdire l’utilisation de symboles religieux bouddhistes n’aurait rien pour nous choquer. En ce qui concerne les moines tatoueurs des temples, leur prestation n’est pas dictée par la cupidité et ils savent, nous l’avons vu, discerner ceux des candidats dont les motifs sont obscurs. Pourquoi ne pas confier la charge et le monopole des tatouages rituels aux moines appartenant au Sangha .

 

Si un occidental  a reçu sur son dos le tatouage des neuf sommets par un vénérable moine sans se heurter à un refus, c’est que celui-ci l’en a jugé digne. Il sait d’ailleurs que les pouvoirs de son tatouage vont diminuer avec le temps et qu’il lui faudra revenir au temple fin mars au festival annuel de fin mars, dit wai kru (ไหว่ครู), littéralement « le salut au maître ». Ce jour-là, les dévots se réunissent dans les salons de leurs maîtres tatoueurs pour les honorer, se faire bénir et redonner du pouvoir à leurs tatouages.

 

 

LE TATOUAGE RITUEL  VU PAR UN OCCIDENTAL

 

L’un de nos lecteurs, appelons le Cyril, nous a fait part de son expérience. Notre blog n’a pas pour but de récolter des souvenirs de voyages en Thaïlande, il en est de nombreux et certains sont même intéressants. Ce récit est toutefois en lien direct avec notre article ce qui le rattache à notre blog et ce d’autant que les motivations de votre jeune tatoué ne furent pas un phénomène de mode et son récit original. Nous vous le livrons  avec ses photographies.

 

Ayant appris l’existence de ces tatouages rituels appelés sak yan (สักยันต์) parfois transcrits sak yantra dont il connaissait la portée, il voulut tenter l’expérience souhaitant s’attirer les pouvoirs magiques associés à la guérison, à la chance, à la force et à la protection contre le mal. Il savait que cette pratique était multi séculaire et qu’à l’origine les moines bouddhistes gravaient ces symboles sur la peau des guerriers pour leur apporter protection et force au combat. Notre voyageur  curieux se décida donc à recevoir un tatouage ayant un sens qu'il comprenait.

 

Ces tatouages se font sans machines avec des aiguilles en métal ou des bambous taillés en pointe. Il choisit pour ce faire le Wat Bang Phra (วัดบางพระ) situé dans le district de Nakhon Chaisi et dans la province de Nakhon Pathom à quelques dizaines de kilomètres de Bangkok.

 

 

C’était le bon  choix puisque nous savons que ce temple a la réputation d’être le meilleur endroit de Thaïlande pour recevoir un tatouage rituel. Il est en tous cas le plus connu. Depuis des siècles, il accueille les Siamois souhaitant recevoir la protection d'un tatouage protecteur, certains traversant tout le pays pour ce faire. C’est dans l’enceinte de ses murs qu’opère actuellement le moine le plus célèbre pratiquant le Sak Yan, luang phi nueng  (หลวงพี่หนึ่ง).

 

 

En entrant dans le temple, l'une des premières choses qu'une personne voit sur le mur est une très grande bannière représentant les tatouages disponible.

 

 

La salle de tatouage est située à l'arrière du temple.  Devant l’entrée du temple, il faut acheter une  offrande composée de fleurs d'orchidées, de bâtons d'encens et de cigarettes mentholées pour 75 bahts (2 euros) avant de retirer les chaussures comme il se doit et pénétrer à l'intérieur. Tout le monde se doit de respecter ces formalités, paiement symbolique du tatouage rituel. Les objets sont ensuite entreposés à l’entrée du temple, l'argent des ventes aidant à son entretien.

 

 

Un don supplémentaire est de rigueur en fonction de la taille et de la complexité du sak yan. Dans cette atmosphère de ferveur religieuse, un vieil homme thaï a conduit notre impétrant dans une pièce sombre remplie de statues de Bouddha dorées accompagnée de photos du roi et de moines anciens sur les murs. La pièce n’est pas climatisée, les ventilateurs de plafond tournoient lentement dans une chaleur humide. Il y a quelques dizaines de personnes à l’intérieur. Il n’était pas le seul à vouloir un tatouage ce jour-là. Luang phi nueng est très recherché et réalise plusieurs dizaines de tatouages rituels par jour. Il est indispensable d’arriver tôt le matin pour ne pas être renvoyé au lendemain. Il dut donc attendre son tour pendant quatre heures assis par terre ce qui lui permit de rencontrer d’autres personnes, étrangères ou locaux, intéressés par cet aspect de la culture thaïe. Il fallut attendre assis en écoutant les chants d'oiseaux et les miaulements des chats avant que n’opère le maître. L'aiguille est trempée dans de l'encre porte-bonheur bénie par les moines avant d’être plantée dans la chair. Les moines choisissent souvent les dessins sacrés ainsi que l'emplacement du tatouage en fonction de l’aura du candidat. Pourquoi ne pas laisser cette responsabilité à un moine alors que notre ami nous dit avoir toujours eu du mal à se décider dans la vie ! Première constatation d’évidence, l’hygiène autour du Sak Yan est discutable. L'aiguille en elle-même est généralement essuyée avec un tampon d'alcool après chaque tatouage ou peut être placé dans une bouteille d'alcool pendant qu'une autre aiguille est utilisée pour la personne suivante. Mais le même pot d'encre sacrée est le même pour tout le monde, et le sang peut facilement se mélanger à l'encre. Le risque du VIH ou de l'hépatite est évident mais il n'y a cependant aucune statistique fiable sur le sujet. Ce risque sanitaire, à une époque où on ne parlait pas de sida, était déjà connu comme nous l’avons vu (9) ! L'espace de travail se compose de quelques coussins entourés de morceaux de papier sanglants en boule, d'un vieux seau d’encre, de quelques bouteilles en plastique pleines d'alcool et de crasse incrustée dans les  murs.

 

 

Avant notre futur tatoué, douze personnes se sont fait piquer avec la même paire d'aiguilles et combien avant elles ? C’est au tour du candidat qui doit aider à maintenir tendue la peau de la personne le précédant ce qui lui a donné une excellente vision de l'ensemble du processus. Quand vint son tour, il doit tout en retirant sa chemise s’incliner respectueusement trois fois selon le rite du triple prosternement. Un moine peut juger une personne inapte à recevoir le  Sak Yan s’il ne lui montre pas suffisamment de respect, il refuse alors catégoriquement de lui faire son tatouage rituel. Les candidats suivants tiennent la peau de notre ami tendue en attente du premier sang et sans que celui-ci sache encore le motif qui allait être tatoué. Chaque moine tatoueur concocte son propre mélange d'encre mais garde sa recette secrète. Confirmant ce que nous écrivîmes, il nous confirme que le mélange  contient du charbon de bois ou de l’encre de Chine, de l’huile de palme et – dit-on – du venin de serpent et même des restes humains ?

 

Notre nouveau tatoué nous dit avoir ressenti lorsque l'aiguille a percé ma peau pour la première fois, comme une piqûre d'abeille... suivie rapidement par un essaim d'abeilles lançant une attaque à grande échelle. Muscles tendus et transpirant, il serait un oreiller entre les genoux pour éviter que les quarante Thaïs qui le regardaient ne voient chez le « farang » le moindre signe de faiblesse. Mais la douleur fut surmontable et il se retrouva dix  minutes et mille coups d'aiguille plus tard, son Sak Yan terminé. Il doit toutefois être complété  par le khatha (คาถา), des incantations prononcées par le moine pour libérer les pouvoirs magiques du tatouage. Elles le sont en général en pâli.

 

Le moine avait tatoué l’un des plus célèbres tatouages rituels, le  Kao  Yot  Sak Yan (เก้า ยอด สักยันต์) « le tatouage des neuf sommets ».  Appelé aussi le Yan Khru (ยันต์ครู), « le maître yan » ; il est de tous les tatouages le plus sacré. Il est le plus souvent choisi pour ses pouvoirs universels. C’est celui que vous rencontrerez souvent au dos des Thaïs.

 

Sacré, il est censé protéger son porteur des attaques physiques violentes et des attaques magiques en sus de sa qualité de porte–bonheur. Les neuf flèches représentent les neuf sommets du mont Meru, la montagne légendaire de la mythologie bouddhiste et hindoue qui serait le centre de l'univers. Au sommet de chacune d’entre elles se trouve un petit Bouddha, avec des spirales au-dessus de la tête qui symbolise le chemin vers l'illumination. Les symboles à l’intérieur du tatouage sont écrits en khom  (ขอม), l’ancien alphabet sacré cambodgien, mais la langue utilisée est le pali. Un même mantra (มนต์) est écrit de chaque côté du tatouage sacré.

 

Il est enfin une dernière formalité impérative, qui a étonné notre nouveau tatoué, le maître qui a réalisé le réalise un sak yan doit aussi fixer  des règles auxquelles le disciple doit se conformer, faute de quoi le tatouage perdra ses pouvoirs. Elles furent pour lui singulières et débordant largement le cadre des cinq commandements de bon bouddhiste.

 

Ne pas manger de fruits étoilés, de citrouille ou de tout autre légume  en forme de gourde. La raison de cet interdit nous échappe.

Ne pas avoir de relations avec une femme mariée. Nous ne voyons là que le rappel d’un principe bouddhiste (et pas seulement bouddhiste !) élémentaire.

Ne pas calomnier la mère de quiconque. Mauvaise traduction de notre nouveau tatoué d’une règle générale que doit respecter tout bon bouddhiste ?

Ne pas manger de nourriture lors d'un mariage ou d'un banquet funéraire. Les motifs de cet interdit restent pour nous mystérieux.

Ne pas manger de restes. Les motifs de cet interdit restent également pour nous mystérieux.

Ne pas passer sous une corde à linge ou un bâtiment en surplomb. Pourquoi pas ? Certains hésitent à passer sous une échelle !

Ne pas se cacher sous un bananier. Il s’agit peut-être tout simplement d’un judicieux conseil pour éviter l’attaque du dangereux serpent de bananier ?

Ne pas traverser un seul pont de tête; mais les grands ou petits ponts ne sont pas interdits. Il est difficile de savoir ce que recouvre cet interdit ?

Ne pas s’asseoir sur une urne en céramique surtout fissurée ou cassée. On peut penser qu’il s’agit d’urne funéraire ?

Ne pas laisser une femme se coucher ni m'asseoir sur soi.

Ne pas frôler le chemisier ou la jupe d'une femme, surtout pendant ses règles.

 

Ces quelques règles peuvent sembler un peuvent étranges mais elles sont le prix à payer pour conserver les vertus du tatouage.

 

Pour notre nouveau tatoué, ce  fut une expérience folle qu’il n’oubliera jamais qu’il oubliera jamais surtout avec le souvenir permanent qu’il a sur le dos.

Le site qu'il anime porte un nom parlant et mérite une visite  :

 

Remercions-le de sa collaboration 

 

 

NOTES

 

(1) Lévitique XIX-28 «... Vous  ne ferez point d’incision dans votre chair pour un mort ; vous n’imprimerez pas de tatouage sur vous ... ». Le Deutéronome (XIV-2) donne les raisons de cette prohibition, il s’agit simplement pour les descendants de la tribu de Levi de se distinguer des peuples voisins.

 

(2) Le mot serait d’origine tahitienne.

 

(3) « Le loup et le chien »

...Chemin faisant il vit le col du chien, pelé : - Qu'est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? Rien ? Peu de chose - Mais encore ? Le collier dont je suis attaché - De ce que vous oyez est peut-être la cause - Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas où vous voulez ? -  Pas toujours, mais qu'importe ? - Il importe si bien, que de tous vos repas je ne veux en aucune sorte,

 

(4) Le fer servant à marquer les condamnés prenait en France la forme d’une fleur de lys  puis d'une triple lettre (flétrissure lettrée : V pour voleur, M pour mendiant L'article 20 du Code pénal de 1810 prévoit la flétrissure au fer brûlant en place publique sur l'épaule droite : les condamnés sont marqués de l'empreinte des lettres T. P. pour travaux forcés à perpétuité, de la lettre T pour travaux forcés à temps. La lettre F est ajoutée à l'empreinte pour les faussaires, la lettre V pour les voleurs et le numéro du département où siège la Cour criminelle qui a rendu le jugement.

 

 

(5) Albert Leblond  « du tatouage chez les prostituées » 1899  

et  Jean Fauconney,  «  Les tatouages : tatouages, tatoueurs, tatoués, les tatouages chez les prostituées » 1908.

 

 

 

(6) Citons le plus célèbre d’entre eux César Lombroso « L'anthropologie criminelle et ses récents progrès » 1890. Voir du Docteur J. Lacassagne « les tatouages du milieu » 1934.

 

 

(7) Voir Octave Guiol « Tatouage dans la marine ». 1896. Là encore, il n’y a pas d’études récentes sur le sujet. Disons simplement qu‘il est difficile de ne pas rencontrer un ancien légionnaire qui ne porte pas de tatouage

 

 

(8) Frédéric Mistral : « Lou pouèmo dou Rose -  le poème du Rhône »  Cant X : la fiero de Bèu-Caire - chant X : La foire de Beaucaire, édition bilingue de 1897.

« Un martegau, frounsi coume unau figo

« Viéi poujaire de mar au tour d’àu mounde

« A flour de peu, me ‘un pincèu d’aguïo

« Pér uno pèço aqui vous mascaravo

« Touto sorte de signe vo d’istori

 

« Un martégal ridé comme une figue ;

« Vieux routier de la mer au tour du monde,

« Pour uno pièce, là, de son pînceau d’aiguilles,

A fleur de peu vous tatouait

« Toutes sortes d’emblème et d’histoires.

 

 

(9) Jules Converser « Syphilis et tatouage » : thèse présentée à la Faculté de médecine de Lyon, 1888.

 

 

(10) « Bulletin officiel des Établissement français de l'Océanie ». Arrêté 276 du Gouverneur du 15 septembre 1898.

 

(11) « Du royaume de Siam » tome I, pages 100-101.

 

(12) « NOTE SUR LE TATOUAGE EN PAYS THAI - Récits de voyages et regards d'ethnographes jusqu'à la fin du XVIIe siècle » in Journal de la Siam Jet-society,  volume 77-2 de 1989.

 

(13)  Voir Marcelle Bouteiller « Le tatouage : technique et valeur sociale ou magico-religieuse, dans quelques sociétés d'Indochine (Laos, Siam, Birmanie et Cambodge) » In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, X° Série. Tome 4, fascicule 5-6, 1953. pp. 515-534;

 

(14) Voir la thèse d’Étienne Sergent « Les tatouages dans les pays chauds », Montpellier 1901.

 

(15) Voir P. Cocheris « Les parures primitives » 1894.

 

 

(16)  « VOYAGE D'EXPLORATION  EN INDO-CHINE  EFFECTUÉ PENDANT LES ANNÉES 1866, 1867 ET 1868 PAR UNE COMMISSION FRANÇAISEPRÉSIDÉE PAR M. LE CAPITAINE DE FRÉGATE  DOUDART DE LAGRÉE  ET PUBLIÉ PAR LES ORDRES DU MINISTRE DE LA MARINE SOUS LA DIRECTION DE M. LE LIEUTENANT DE VAISSEAU  FRANCIS GARNIER » publié à Paris en 1873.

 

Cet ouvrage remarquable comporte 250 précieuses gravures sur bois de Delaporte et un  atlas.

 

 

(17) Le débat avait été lancé en 2003 lorsqu’une professeure de philosophie de l’université Thammasat, Chatsumarn Kabising (ฉัตรสุมาลย์ กบิลสิงห์) avait été la première femme thaïe ordonnée moine (ภิกษุณี - bhikkhuni) depuis le début du XXe siècle sous le nom de Thamnantha  - ธรรมนันทา.

 

 

Elle n’a pas été ordonnée en Thaïlande mais au Sri-Lanka. Elle est actuellement abbesse du temple de Songdhammakalyan (ทรงธรรมกัลยาณีภิกษุณีอาราม) dans la province de Nakhon Phatom seul temple du pays qui contient des femmes ordonnées au Sri-Lanka selon le rite du bouddhisme theravada.   Le 9 décembre 2016 elle voulut rendre hommage à la dépouille du roi avec 71 autres bhikkhunis et novices de son monastère. Un officiel gardant l’entrée du Palais a refusé de les laisser entrer par la porte réservée aux moines les accusant de conduite illégale. Elles durent rebrousser chemin, car elles ne voulant pas utiliser l’entrée réservée aux laïcs. Elles ne sont pas reconnues légalement comme religieuses, ni par les autorités étatiques ni par la hiérarchie religieuse. Ne rentrons pas dans un débat historique sur la position de Bouddha par rapport  aux femmes. Une première polémique a eu lieu dans les années 1920. Narin Phasit (นรินทร์ ภาษิต)  un ancien gouverneur de province original, avait fait ordonner en 1928 ses deux filles par un moine. L’affaire avait fait scandale et le patriarche suprême lui-même  avait ordonné que les filles de Narin soient défroquées de force par la police. La même année, le patriarche suprême avait pris un décret interdisant aux moines d’ordonner des femmes.   Beaucoup se posent toutefois la question de la validité doctrinale de la résurgence de l’ordre des bhikkhunis en Thaïlande. La question reste très sensible en Thaïlande où la majorité des habitants ne conçoivent pas qu’une femme puisse être ordonnée moine. Ces dames se gardent de mener une campagne tapageuse pour réclamer la reconnaissance légale de leur statut et l’incident susvisé n’a pas fait la une de la presse.

 

 

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