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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 22:34

 

 

Le temple Wat Phraram kao Kanchaniphisek  (วัดพระราม๙  กาญจนิภิเษก)  qui porte le nom du regretté roi Rama IX

 

 

 

 

appartient à l’ordre Thammayut Nikaya (ธรรมยุติกนิกาย),

 

 

 

et se caractérise entre autres par ses règles monastiques strictes et un soin particulier accordé à l’étude des textes sacrés. Il présente un aspect singulier car son Ubosot (พระอุโบสถ), la chapelle d’ordination, porte une phrase inscrite sur son fronton dans une langue inconnue qui semble emprunter ses lettres aux alphabets à la fois romain, grec et cyrillique, mais elles ne proviennent d’aucun d’entre eux.

 

 

 

Il s’agit en réalité d’un alphabet que le roi Mongkut (Rama IV),

 

 

 

 

... a mis au point alors qu’il était prince, mais surtout moine et premier abbé du temple Wat Bowonniwet Ratchaworawihan (วัดบวรนิเวศราชวรวิหาร).

 

 

 

 

Instigateur de l’ordre Thammayut Nikaya, il avait alors construit au XIXe siècle un alphabet nouveau, appelé Ariyaka (อักษร​อริยกะ), composé en imitation de l’alphabet latin, afin de faciliter l’impression à l’époque et lire plus aisément le khmer ainsi que le pali, la langue liturgique du bouddhisme theravada qui n’a pas d’écriture spécifique. Bien que l’on parle d’« alphabet ariyaka  », la formule doit se traduire par « alphabet des Aryens » en référence à la pureté des origines de Bouddha qui appartenait à la caste  supérieure  des Aryas.

 

 

 

Pour le dictionnaire de l’Académie royale, les Ariyaka sont les anciens habitants de l’Inde, de l'Iran et de l’Europe et les Ariya sont les aristocrates.

 

 

 

Quelle est l’histoire de cette écriture aujourd’hui confidentielle mais pas encore morte?

 

Elle aurait été créée à une date incertaine (vers 1847) alors que le prince était le moine  Phra Wachirayayan Phikkhu (พระวชิรญาณภิกขุ)

 

 

 

 

...  pour transcrire le pali  utilisait alors l’alphabet khom (ขอม), le très complexe alphabet khmer archaïque.

 

 

 

 

Elle se caractérise au premier chef, à la différence du thaï classique qui s’écrit sur plusieurs lignes, certaines voyelles pouvant être posées dessus ou dessous la consonne que les supportent avec éventuellement un signe diacritique au-dessus ce qui posait des problèmes pour l’imprimerie et la dactylographie. La première machine à écrire opérationnelle ne le fut qu’en 1892 à la demande du prince Damrong.

 

 

 

Cette écriture toutefois ne fut utilisée que par l’ordre Thammayut Nikaya et uniquement dans l’enceinte du temple  Wat Bowonniwet Ratchaworawihan (วัดบวรนิเวศราชวรวิหาร)

 

 

 

 

et dans celle du temple Wat Rachaprradit Sathitmahasimaram Ratchaworawihan (วัดราชประดิษฐสถิตมหาสีมารามราชวรวิหาร) qui dépend du même ordre.

 

 

 

 

Elle est encore étudiée à l’Université bouddhiste Mahamakut (มหาวิทยาลัยมหามกุฏ)  à Khonkaen qui dépend aussi de l’ordre.

 

 

 

 

Le roi fit établir une presse dans l’enceinte du temple Bowonniwet où furent imprimés un petit nombre de textes sacrés.

 

 

 

 

Donnons quelques caractéristiques.

 

Comme les alphabets romains, on écrit de gauche à droite. L’alphabet contient 33 consonnes et 8 voyelles seulement alors que le thaï comprend toujours en principe  44 consonnes et 32 voyelles même si certaines de ces lettres sont devenues obsolètes (1). Il est donc insuffisant pour écrire le thaï d’autant que certains sons consonantiques spécifiques au thaï ont également disparu et qu’il n’y a pas de signes diacritiques qui servent au moins pour partie à déterminer la tonalité de la syllabe. Le positionnement des voyelles est effectivement beaucoup plus simple qu’en thaï puisqu’elles se posent derrière la consonne. A l’inverse du thaï, une syllabe peut commencer par une voyelle. Si une consonne n’est pas suive d’une voyelle, elle est consonne et donne le son final. A l’inverse du thaï, elle sépare les mots entre eux  (2) que  le roi Rama VI avait tenté d’imposer en vain.  Il n’y a pas de signes diacritiques mais il y a des signes de ponctuation.

 

 

Qu’en est-il aujourd’hui?

 

La transcription du pali?

 

Comme les missels catholiques de notre enfance comportaient à la fois le texte des écritures ou des prières en latin avec en face leur équivalent en français

 

 

 

 

de même les manuels religieux thaïs comportent le texte pali avec son équivalent en langue vernaculaire. Le texte pali avec ses 33 consonnes et ses 8 voyelles est inscrit en tête de tous les ouvrages de prière en quelques lignes qui expliquent le mode de lecture le quel est accessible à quiconque sait lire le thaï (3). La traduction en thaï est donnée en face.

 

 

 

 

Le fidèle peut donc prier en pali même s’il ne le comprend pas et le comprendre grâce à la traduction. Le paragraphe suivant l'explique :

 

Le passage à l’informatique

 

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, l’écriture thaïe a parfaitement dominé le passage à l’informatique depuis la fin du siècle dernier. Les claviers de nos ordinateurs ne laissent échapper aucune consonne même obsolète, aucune voyelle même obsolète, aucun signe diacritique même obsolète (4). Aussi singulier que ce soit, les traitements de texte (Word ou ODT) ont un compteur de mots infaillible alors que la langue ne sépare pas les mots dans la phrase. Le Roi Rama IX lui-même s’est intéressé à la  création de nouvelles fontes à partir de 1987 (5).

 

 

 

 

En ce qui concerne l’écriture des Aryens, la difficulté majeure était celle de sa possible informatisation pour lui permettre d’échapper à l’oubli (6). Or, les fontes ont été mises au point par un érudit en 2010 et peuvent être installées sans la moindre difficulté ce qui permettra probablement à cette écriture de retrouver une nouvelle jeunesse (7).

 

 

 

NOTES

 

(1) Le Maréchal Phibun a introduit en 1942 un certain nombre de règles simplificatrices en préconisant la suppression de certaines consonnes qui font double et parfois triple emploi et de certaines voyelles pour les mêmes raisons. Il ne fut que partiellement suivi puisque certaines voyelles et certaines consonnes ne sont plus utilisées mais leur connaissance reste indispensable  pour lire les textes antérieurs. Cette complexité est un tribut payé à l’étymologie. C’est la même question qui se pose en français oú les doublons rh, th et ph nous indiquent que le mot vient du grec. La France a environ 60 millions d'habitants qui ne parlent plus que SMS. Sur ce nombre, 59 millions 500  mille ne soupçonnent pas même l'existence  du grec. Quelques centaines voire quelques milliers de savants lisent le grec à livre ouvert. Eh bien ! C’est pour faire plaisir à ces citoyens, que notre langue est grevée du rh, du th et du ph.  N’entrons pas dans ce débat.

 

Ah! permettez de grâce, - Que pour l'amour du grec, Monsieur, on vous embrasse (Molière)

 

 

 

(2) Le roi Rama VI avait tenté d’imposer la séparation des mots entre eux mais il ne fut pas suivi.

 

(3) Pour ceux qui connaissent peu ou prou l’écriture, ces explications sont les suivantes : Le Pali comporte 41 lettres: 8 voyelles อะ อา อิ อี อุ อู เอ โอ et 33 consonnes : ก ข ค ฆ ง จ ฉ ช ฌ ญ ฎ ฐ ฑ ฒ ณ ต ถ ท ธ น ป ผ พ ภ ม ย ร ล ว ส ห ฬ อํ (อัง).

Les consonnes qui ne portent pas de voyelles se lisent avec un อะ comme ปฎิปทา aui se lit dont ปะฎิปะทา  (la conduite). Les consonnes qui portent sous elle un petit point sont signalées : 

soit comme consonne finale de la syllabe : อตฺตา  soit อัตตา.

soit comme première d'un couple de consonnes

soit comme muette พฺรหฺมา c’est à dure  พรัมมา Brahma.

Les consonnes qui supportent une voyelle et sont elles-mêmes surmontées d’une petite boule forment une syllabe ayant le son final : ริ est ri et รี est ring ตํุา est  tang.

Les consonnes qui ne supportent pas de voyelle et sont elles-mêmes surmontées de la petite boule forment une syllabe ayant le son อัง : กํ est กัง.

Le lecteur n’a donc à apprendre l’utilité  d’un petit point sous la consonne ou d’une petite boule au-dessus.

Ces deux signes sont naturellement présents sur le clavier de nos ordinateurs.

 

(4)  Voir sur ce sujet: 

THÈSE pour obtenir le grade de Docteur de l’Université de Marne-La-Vallée - Discipline : Informatique présentée et soutenue publiquement par Krit KOSAWAT le 8 septembre 2003 «Méthodes de segmentation et d’analyse automatique de textes thaï  - Automated methods of segmentation -  and analysis of Thai texts»

Université Joseph Fourier, Grenoble 1 -  Ufr d'informatique et mathématiques appliquées - THÈSE  présentée et soutenue publiquement le 18 mai 2004 par Vincent BERMENT pour obtenir le titre de Docteur de l’université Joseph Fourier Spécialité Informatique: «Méthodes pour informatiser des langues  et des groupes de langues « peu dotées».

 

(5) Voir publié en 2013 «Thai Script: A 730-year History» numérisé sur le site

http://www.daoreuk.com/index.php/?option=com_content&view=article&id=83

 

(6)  Voir l’article de Neha Gautam, R.S. Sharma et Hazrati Garima: «Ariyaka: A PALI alphabet Recognition Script» une publication de Computer Science &   engineering - Rajasthan Technical University 6 Kota, India:

https://www.researchgate.net/publication/306304500_Ariyaka_A_PALI_Alphabet_Recognition_Script

 

(7) https://www.omniglot.com/writing/ariyaka.php

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