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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 22:53

 

 

Nous avons dans un article du mois d’octobre 2017 posé une question à à laquelle nous avons tenté d’apporter une réponse : « LE ROI DE THAÏLANDE EST-IL BIEN L’HOMME LE PLUS RICHE DU MONDE ? » (1).

 

 

 

Notre intention n’était certes pas de prétendre qu’il était pauvre comme Job puisqu’il est riche, très riche, immensément riche mais de nous étonner d’une affirmation du magazine Forbes datée de février 2015, non reprise d’ailleurs les années suivantes, évaluant sa fortune à 35 milliards de dollars US. Cet article reposait sur les investigations de l’une des collaboratrices de la revue, une dame Cunninghamm professeur de biologie animale à l’Université sud-africaine du Cap, apparemment spécialiste dans l’étude des perroquets !

 

 

 

Il faut le voir pour le croire.

 

La réponse à la question est en réalité d’une relative simplicité,  la confusion fut faite, incompétence ou mauvaise foi, entre la fortune personnelle du monarque (sur laquelle plane tout autant de mystère que sur celle de toutes les têtes couronnées du monde) et le patrimoine du « Bureau des propriétés de la couronne » (Crown property bureauสำนักงาน ทรัพย์สินส่วนระมหาษัตริย์ - Samnakngan Sapsinsuanphra Mahakasat). Cet organisme est l’héritier d’un premier organisme créé par le roi Rama V destiné à enlever toute opacité sur la gestion de la fortune royale, devenu ensuite le Bureau des propriétés de la couronne qui gère depuis 1936 ensuite du coup d’état de 1932 un patrimoine énorme, constitué en particulier de celui du roi et des princes de la famille royale ayant alors pris la fuite, prince Damrong et prince Paribatra en particulier.

 

 

Nous savons que le Bureau gère depuis lors un patrimoine immobilier gigantesque, à Bangkok et dans le reste du pays. Pour en connaître le détail et les profits qu’il en retire, un journaliste d’investigation, espèce en voie de disparition, devrait prendre la peine, travail de titan, d’aller compulser les land offices de Bangkok et de toutes les provinces pour y trouver les fiches du Bureau comprenant également le détail des baux qu’il consent – puisqu’il consent le plus souvent des baux de 30 ans – donnant le détail des redevances locatives. Nul ne l’a fait à cette heure.

 

 

Le Bureau gère également un patrimoine mobilier, plusieurs sociétés commerciales, générant des dividendes fastueux.

 

Ne revenons pas sur ce que nous avons écrit, le bureau a un site Internet, il est bilingue mais la partie la plus intéressante est en langue locale, quoi d’étonnant ?

 

Nous y apprenons que les bénéfices procurés par ce patrimoine sont affectés à des projets d’intérêt général.

 

Cette situation est singulière dans laquelle des actifs ayant appartenu de façon incontestable au roi et à sa famille ont été purement et simplement expropriés puis transférés à un organisme sur lequel le roi a actuellement  la maitrise en ce qui concerne les revenus, rendant difficile de la qualifier dans un cadre juridique qui nous est propre autrement que par celui d’une espèce d’usufruit. Ce n’est donc pas un droit de propriété. Relevons d’ailleurs que ce sont les revenus du Bureau qui financent les listes civiles du Roi et des membres de sa famille qui en bénéficient et non le budget national.

 

 

Cette question est toutefois revenue sur le tapis à la suite des « événements » du premier trimestre de l’année 2020 où nous vîmes refleurir nombre d’articles au titre alléchant sinon provocateur « le roi de Thaïlande, plus riche souverain du monde : découvrez le montant de sa fortune ». Voilà qui nous a intéressés ! Nous avons appris que le monarque était toujours en tête sans qu’il soit donné la moindre explication mais que – le malheureux – son patrimoine n’étais plus que de 30 milliards de dollars, 5 milliards disparus depuis 2015 ? Nous ne changerons pas un iota de nos explications du mois d’octobre 2017. Tous ces articles sont tombés de la presse à scandale, celle qui alimente les loges de concierges et les salles d’attente des salons de coiffure pour dames, Gala, Voici, Closter, Bild  faisant tous références à une revue américaine Business insider, qui ne vaut pas plus cher que Forbes, même Paris-Match s’y est mis, mais il n’est plus depuis longtemps un véritable journal d’investigations.

 

 

 

Nous en serions restés sur notre article sans voir à en rien ajouter si la même presse à scandale n’avait repris  - tous se recopiant entre eux- ces mêmes affirmations en lien en général avec la présence du roi dans son hôtel de Bavière en compagnie de son sérail, de ses gardes du corps et de ses domestiques. Notre propos n’est pas de juger le monarque, qu’il entretienne un sérail est le dernier de nos soucis. Il ne semble pas d’ailleurs que cela impressionne outre mesure les citoyens thaïs qui ne paraissent pas s’en être indignés pas plus qu’ils ne s’indignent des 42 enfants du roi Rama Ier, des 73 de son successeur, des 51 du troisième et des 77 du grand Chulalongkorn, le tout avec leurs épouses principales ou secondaires, le record semblant être celui de Rama II qui eut 10 épouses enregistrées. Les Français sont au demeurant indulgents devant les galipettes de leurs chefs d’état, depuis Henri IV jusqu’à certains des présidents de la présente république. Le roi n’a pas la même conception de la vie conjugale que son père, l’affirmer n’est pas le critiquer.

 

 

Nous voyons toutefois apparaître une nouvelle affirmation, celle selon laquelle le roi serait le propriétaire du « plus gros diamant taillé à facette du monde », affirmation péremptoire s’il en est puisque l’histoire de ce merveilleux joyau est parfaitement connue. Il s’appelle Phet kanchanaphisek (เพชรกาญจนาภิเษก), le diamant du jubilé d’or, le 50e anniversaire de la montée du regretté roi Rama IX sur le trône. Il a été découvert en 1986 dans les mines de De Beer en Afrique du sud.

 

 

A l’origine, c’était un caillou de 755,50 carats soit 109,134 grammes. Sa taille pour un tel caillou était énorme, 53,66 x 49,20 x 34,3 mm.

 

 

Sa découpe posait d’énormes difficultés techniques. Chez De Beers, on considéra qu’il n’y avait qu’un homme au monde susceptible d’y procéder: Gabi Tolkowsky, d’une dynastie célèbre de tailleurs de pierres.

 

 

Compte tenu de la taille de la pierre brute, celui-ci dut utiliser de nouveaux outils de son invention et travailla pendant deux ans, de mai 1988 à mai 1990, dans une salle souterraine stérile à l’abri des mouvements du sol pour en faire cette pierre de 273,85 carats, de 143 facettes toutes parfaitement symétriques, d’une splendide couleur brun-jaune doré. Il baptisa alors le diamant «brun  sans nom». Elle fut finalement achetée à De Beers par un groupe d'hommes d'affaires thaïs, dirigé par Henry Ho. Le prix n’a pas été divulgué car lui et ses amis avaient l’intention de l’offrir à leur roi pour célébrer son jubilé d’or, le 50e anniversaire de son couronnement survenu en 1950.

 

 

C'est lors de la présentation du joyau au roi en 1997 qu'il reçut son nom actuel. Pendant un certain temps et compte tenu de la crise économique qui frappait le pays de plein fouet, on ne parla pudiquement pas de diamant mais de topaze dorée de taille exceptionnelle. Il fut peut-être alors envisagé de le monter sur le sceptre ou le sceau royal? Il fut reçu au nom du roi par sa fille la princesse Maha Chakri Sirindhorn en 2000. Il avait reçu successivement la bénédiction du Pape Jean-Paul II, du patriarche suprême du pays et de son équivalent musulman.

 

 

Il fait partie des bijoux de la couronne exposés au Musée royal du Temple d'or de Pimammek, Salle du Trône à Bangkok. Il ne semble pas à cette heure l’avoir quitté pour se retrouver dans le gousset du roi? Ce serait d’ailleurs fort mauvais calcul car, selon les «experts» au vu de diverses comparaisons à l’occasion de ventes publiques portant sur des pièces similaires, sa valeur serait de  l’ordre de 4 à 12 millions de dollars, bien peu de chose dans une fortune de 30 milliards!  (2)

 

 

 

NOTES

 

(1) Voir notre article  A 236 – « LE ROI DE THAÏLANDE EST-IL BIEN L’HOMME LE PLUS RICHE DU MONDE ? » :  http://www.alainbernardenthailande.com/2017/08/a-266-le-roi-de-thailande-est-il-l-homme-le-plus-riche-du-monde.html

 

(2) Pour en savoir plus sur le «système royal»du pouvoir et et les finances royales. Cf. notre lecture du  livre de Marie-Sybille de Vienne, «Thaïlande, une royauté bouddhique aux XXe et XXIe siècles.»

A 298. « LE SYSTÈME ROYAL »  DU POUVOIR EN THAÏLANDE.

http://www.alainbernardenthailande.com/2019/02/a-298.le-systeme-royal-du-pouvoir-en-thailande.html

 

 

 

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