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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 22:14

 

 

 

Nous nous étions arrêtés  dans notre dernier article consacré au dernier roi du royaume d’Ayutthaya, Ekkathat, juste avant  l'attaque finale qui aura lieu  le 7-8 avril 1767. (1)  Une attaque finale qui avait été lancée en fait en mars 1767 après un siège de 14 mois, contre les quartiers extérieurs des Chinois et Malais au nombre de 2.000 qui avaient résisté 18 jours, avant d'obtenir, ensuite la reddition du quartier portugais (21 mars) puis celle du quartier du séminaire -le quartier des Cochinchinois et des Français- qui avait été pris, pillé et incendié le  23 mars 1767. (Selon Forest (2))

 

 

 

Turpin sur des informations données par Mgr Brigot en donne une autre version.(Cf.Notre article (3)):

 

 

«   Le 7 mars, les Birmans sont à 500 mètres de la ville et dressent une batterie de canons sur des collines élevées qui les rend maîtres de la rivière. Le dernier espoir de la population est entre les mains des chrétiens «dont on avait éprouvé la valeur héroïque lors de la dernière révolution ». Ils sont chargés de la défense des bastions, on leur confie 30 canons et des munitions. Les chrétiens sont 80 aux côtés de 6.000 Chinois, ils sont inexpérimentés mais ils sont l’élite de l’armée siamoise. Le 8 mars, on apprend que les Birmans se disposent à donner l’assaut final. Les chrétiens et les Chinois font une sortie et un carnage de Birmans. Une attaque birmane est par ailleurs repoussée par les Portugais. Mais les Birmans réussissent à s’emparer du quartier français. Ils s’attaquent alors au quartier hollandais où s’étaient réfugiés Portugais et Chinois. Le quartier tombe. Les Siamois ne peuvent compter sur aucun secours de l’extérieur. L’évêque de Tabraca (Mgr Brigot) escomptant alors que les Birmans avaient le sens de l’honneur, fait sa reddition au bénéfice de vagues promesses. Aucune ne sera tenue, le quartier chrétien est réduit en cendres, l’église et le séminaire sont pillés, les prêtres enchainés. Ils ont juste le temps de marier en catastrophe les jeunes vierges à de jeunes ouailles pour leur éviter d’avoir à subir les derniers outrages, d’«échapper aux caresses brutales».

 

 

Mais quelles que soient les versions,  les Birmans pouvaient  dès lors attaquer au cœur de la ville, protégée par le fleuve et les fortifications.

 

 

« Le mardi 7 avril 1767, l’assaut final fut lancé par les assaillants, allumant des incendies au pied des murailles et faisant donner les canons de toutes parts. Une brèche fut ouverte et la ville tomba après un siège de quatorze mois. Les vainqueurs se comportèrent comme des Vandales.

 

 

 

 

Le palais, les bâtiments principaux, des milliers de maisons privées furent bientôt la proie des flammes. « Ils n’épargnèrent pas les temples dédiés au culte de leur propre foi ». Toutes les statues, les plus grandes et les plus belles de Bouddha furent détruites, brûlées après avoir été dépouillées de la feuille d'or dont elles étaient recouvertes. Pillage et plus encore pillage, c’était le mot d'ordre. Hommes, femmes et enfants ont été fouettés et torturés pour leur faire révéler les cachettes où leurs quelques trésors ou économies ont été dissimulés. Les Birmans s’emparèrent ainsi d’une grande quantité de trésors, d'or et de bijoux trouvés dans le palais, également des quantités d'armes et de munitions dont les plus précieuses furent emmenées en Birmanie et les autres jetées à la rivière. 

 

 

D’autres irremplaçables trésors furent purement et simplement brûlés, comme presque tous les documents écrits du royaume. « Mais plus tard nos rois purent recueillir et rassembler des fragments épars, jusqu'à ce que, peu à peu, quelques détails de l'histoire de notre vieille capitale aient pu être écrits, avec des lacunes et d'erreurs, mais en conservant un semblant de vérité ».

 

 

Le roi réussit à s’échapper sur un petit bateau, mais, nous apprennent les annales, mourut de faim quelques jours plus tard, caché dans la forêt de Ban Chik (ป่าบ้านจิก), à côté du temple de Sangkhawat (วัด สังฆาวาส). Son cadavre y fut alors découvert par un moine et aurait été incinéré au sommet d’une colline appelée «Khok Phramen» (โคก พระเมรุ), face à un temple vénéré appelé «Phra Wihan Phra Mongkhonlabophit» (พระวิหาร พระมงคลบพิตร) dans les environs d’Ayutthaya. Une fin misérable pour le successeur même indigne de tant de grands rois.

 

 

De rage de n’avoir pu le capturer, le roi birman se vengea indignement: L'ex-roi Uthumphon fut arraché du refuge de l'abri de son temple et déporté en Birmanie, comme nous le savons, où il finit ses jours en captivité en 1796. Le Birman s’empara de tous les membres de la famille royale, de centaines de militaires, de fonctionnaires et de 20 ou 30.000 «gens du commun». (In notre article 105 (4) )

 

 

 

 

Forest, quant-à lui, dans son chapitre « La fin d'Ayutthaya» (pp. 128-130) précise que la plupart des habitants faits prisonniers à Ayutthaya furent emmenés vers le Pégou et la Birmanie, même si dans le désordre beaucoup purent s'échapper. Ils furent transférés en barque dans la nouvelle ville birmane de « Chaktret » -qu'ils brûleront après leur repli-, d'où ils emprunteront ensuite le col des trois Pagodes vers le Pegou. Les Birmans vont s'installer solidement dans les provinces de Mergui et de Tenasserim, et confier à des auxiliaires siamois la garde de certaines places importantes comme celle de Ban Xang (Kanchanaburi?). Mais ceux-ci se retourneront contre eux en octobre 1767, en repoussant une attaque du gouverneur de Tavoy auquel le roi d'Ava avait donné l'ordre de retourner occuper le Siam.

 

 

 

 

Mais Forest, s'appuyant surtout sur la correspondance du missionnaire Corre revenu à Bangkok le 4 mars 1769,  signale également que l'on prêtera aux Birmans dans la mise à sac de la capitale et la prise des richesses plus que ce qu'ils ont réellement  effectuées. Effectivement, après le départ des Birmans, des mains siamoises et chinoises  continueront à piller, fouillant palais, monastères, chedi, églises, statues de Bouddha, jardins, fondant sur place, or, argent, cuivre. Il constate que toutes les murailles sont noires, le pavé couvert de charbon et de morceaux d'idoles. Il cite la pagode d' Uthumpon, où ils auraient trouvé jusqu'à cinq jarres d'argent. M. Corre, nous dit Forest, « attribue aux richesses retirées de ce pillage, le rapide relèvement des affaires des Chinois, la reprise du commerce (…) le rapide rétablissement économique de royaume. » B.J. Terwiel accréditera les propos du père Corre dans son article, Who destroyed Ayutthaya. (Cf. Notre article ' «Qui a détruit Ayutthaya en 1767 ? Les Birmans, mais pas qu'eux. » sur cette lecture (5) )

 

 

 

 

Le royaume d'Ayutthaya qui avait été fondé en 1351 par Ramathibodi I, il y avait 406 ans n'était plus. Sa capitale ne fut jamais reconstruite.

 

 

 

 

Notre récit sur le royaume d'Ayutthaya s'achève, mais vous pouvez vous reporter à « Notre histoire de la Thaïlande » où en 75 articles, nous avons raconté  «L'Histoire» du royaume d’Ayutthaya, qui a vu se succéder 34 rois de 1351 à sa fin le 7 avril 1767, de la 1ère dynastie Uthong (1350–1370), à la 1ère dynastie  Suphannaphum dynasty (1370–1388), la 2ème dynastie Uthong (1388–1409), la 2ème dynastie Suphannaphum (1409–1569), la 1ère chute d'Ayutthaya, vassal de la Birmanie (1564-1568), la dynastie Sukhothai  (1569–1629), mais encore vassal de la Birmanie  (1569–1584), la dynastie Prasat Thong (1630–1688) et enfin la dynastie Ban Phlu Luang (1688–1767). (Cf. Nos deux articles pour le bilan en 30 pages (6)) 

 

                              

 

 

Mais au moment où le royaume d'Ayutthaya s'achevait, nul n'aurait pu prévoir que le  gouverneur de Tak  qui avait réussi à fuir Ayutthaya  assiégé par les Birmans, en janvier 1767 avec 500 hommes, aurait pu reconquérir Ayutthaya le 7 novembre 1767, fonder une nouvelle capitale à Thonburi, et devenir le roi Taksin le 28 décembre 1768. ((1768-1782). Une aventure fabuleuse qui lui vaudra en 1981 d'être appelé désormais  « Taksin le Grand». Une histoire qui mérite d'être racontée.

 

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES

 

 

(1) RH 53. LE ROI UTHUMPHON (AVRIL 1758-MAI 1758) ET LE DERNIER ROI D'AYUTTHAYA, EKATHAT (MAI 1758-7 AVRIL 1767)

 

(2) Alain Forest,  « De la révolution de Siam à la chute d'Ayutthaya. (1688-1767) », in la 2e partie du livre 1, «Les missionnaires français au Tonkin et au Siam. XVIIe- XVIIIe siècles». (pp.81-164),  L’ Harmattan, 1998.

 

(3) 109. La chute d’Ayutthaya vue par Monseigneur Brigot et racontée par M. Turpin.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-109-la-chute-d-ayutthaya-de-1767-121330085.html

 

(4) 105. Le dernier roi d’Ayutthaya. Ekkathat (mai 1758-7 avril 1767)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-105-le-dernier-roces.i-d-ayutthaya-le-roi-ekkatat-mai-1758-avril-1767-120770682.html

 

(5) H 35- QUI A DÉTRUIT AYUTTHAYA  EN 1767 ? LES BIRMANS,    MAIS PAS QU'EUX ?

http://www.alainbernardenthailande.com/2019/06/h-35-qui-a-detruit-ayutthaya-en-1767-les-birmans-mais-pas-qu-eux.html

 

Basé sur l'article de B.J. Terwiel, Who destroyed Ayutthaya ,  Indian journal of thai studies  publié à Moranhat – Assam – Indes,  le 9 octobre 2009.

 

« Le père Corre fit probablement le premier européen à visiter Ayutthaya après sa chute. Terwiel cite son courrier du 1er novembre 1769. (...)

 

« L'année dernière, et même cette année, les Chinois et les Siamois ne faisaient point d'autre métier que celui de renverser les idoles et les pyramides. Les Chinois ont fait rouler l'or et l'argent à Siam c'est à leur industrie que l'on doit le prompt rétablissement de ce royaume. Si les Chinois n'étaient pas si âpres au gain, il n'y aurait aujourd'hui ni argent, ni monnaie à Siam. Les  Birmans avaient tout emporté c'est aux travaux des Chinois en déterrant l'argent caché sous terre et dans les pyramides (les chedis), que l'on doit le commerce que l'on  fait ici tous les jours. J'étais déjà de retour à Siam quand les Chinois ont détruit Vat Phu Thai, cette grande pagode qui est auprès du séminaire. Ils ont trouvé de l'or pour charger trois ballons (navires). Dans la pagode du roi talapoin Vat Padu, on a trouvé jusqu'à cinq jarres d'argent, et dans les autres à proportion. Ils ont fait la guerre aux idoles d'étain et de cuivre, celles de bronze n'ont pas été respectées. Les portes, les fenêtres, les colonnes, tous les bois  des pagodes ont été les matériaux avec lesquels on a fondu et fait couler ces colosses d'airain. L'état piteux où sont réduites les pagodes ne peut être mieux représenté que sous la figure de nos fourneaux. Les murailles sont toutes noires, le pavé couvert de charbons et de morceaux d'idoles. Le nouveau roi ne protège la religion siamoise qu'autant qu'il faut, dans le commencement, pour ne pas aliéner les esprits».

 

(6) Nos deux articles d'une trentaine de pages: Pour un bilan de nos 75 articles, de « notre » histoire du royaume d’Ayutthaya,  qui a vu se succéder 34 rois de 1351 à sa fin en 1767.

112.1 Le royaume d’Ayutthaya (1351-1767).

http://www.alainbernardenthailande.com/article-112-1-le-royaume-d-ayutthaya-1351-1767-122070155.html

 

112.2 Le royaume d’Ayutthaya (1351-1767).

En guise de bilan. Suite et fin.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-112-2-le-royaume-d-ayutthaya-1351-1767-122070212.html

 

Cf. aussi  W. A. R. Wood «A history of Siam from the earliest time to the year A.D. 1781 with a supplement dealing with more recent events»,  Chiangmaï en 1924.

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